C’était un brave médecin de campagne qui battait campagne pour soigner les souffrants… Il allait et venait ou tenait cabinet et il y allait de sa science qu’il estimait infuse…
Il n’avait pas vu sa patientèle diminuer.
Il n’avait pas vu sa patientèle s’en aller.
Il n’avait pas vu sa patientèle le quitter.
Il aurait cru tout au plus que les gens vivant les gens mourant dans cette ville de province, il était dans l’ordre des choses de retrouver au cours de son parcours de moins en moins des gens qui jalonnaient sa vie et son travail.
Car il semblait encore ignorer se refuser à cette évidence que les gens autour de lui parlaient. Que les gens parlaient de lui.
Il n’avait pas peur de parler.
Il s’était fait l’ange de l’amour et l’ange de la mort. Celui qui annonçait à ses patients qu’il leur était temps de passer le péage et de quitter la grande autoroute de la vie…
Il leur annonçait leur mort prochaine.
Comme ça, sans qu’on lui ait demandé, il leur annonçait qu’ils allaient le quitter, tout quitter, quitter ce monde et sa folie de vivre… Comme si le livre de la vie établissait la liste des résidents…