Chanson folk, poétique, guitare, piano. Paroles : Quand le paysan sème, et qu'il creuse la terre, Il ne voit que son grain, ses bœufs et son sillon. — La nature en silence accomplit le mystère, — Couché sur sa charrue, il attend sa moisson.

Quand sa femme, en rentrant le soir, à sa chaumière, Lui dit : « Je suis enceinte », — il attend son enfant. Quand il voit que la mort va saisir son vieux père, Il s'assoit sur le pied de la couche, et l'attend.

Que savons-nous de plus ?... et la sagesse humaine, Qu'a-t-elle découvert de plus dans son domaine ? Sur ce large univers elle a, dit-on, marché ; Et voilà cinq mille ans qu'elle a toujours cherché !

Alors que sur les monts l'ombre s'est abaissée, Des jours qui ne sont plus s'éveille la pensée ; Le temps fuit plus rapide, il entraîne sans bruit Le cortège léger des heures de la nuit.

Un songe consolant rend au cœur solitaire Tous les biens qui jadis l'attachaient à la terre, Ses premiers sentiments et ses premiers amis, Et les jours de bonheur qui lui furent promis.

Quand on est sur la terre étendu sans bouger, Le ciel paraît plus haut, sa splendeur plus sereine ; On aime à voir, au gré d'une insensible haleine, Dans l'air sublime fuir un nuage léger ;

Tel change incessamment mon être avec mon âge ; Je ne suis qu'un soupir animant un nuage, Puis, la nuit vient, gazant sous ses voiles bénis Et je vais disparaître, épars dans l'infini.