Fermez vos gueules un peu,rangez vos dieux, vos livres et vos drapeaux,vous criez tous si fortqu’on n’entend même plus les vivants.Vous parlez de lumièreavec du sang collé partout aux mains,vous jurez par l’amouren préparant la guerre du matin.Fermez vos gueules.Le premier commandement d’abord.Aime avant de régner.Aime avant de punir.Aime avant d’avoir tort en chœur.Et quand vous saurez tenir un frère deboutsans lui planter votre vérité dans le cou,alors on reparlera du ciel.J’veux plus vos véritésquand elles arrivent en colonnes et en flammes,j’veux plus vos grands sermonssi l’homme y sort plus petit que vos dogmes.Le sacré sans bontéc’est juste une arme avec de belles phrases,et vos temples trop sûrssentent souvent le feu sous la gaze.Fermez vos gueules.Le premier commandement d’abord.Aime avant de juger.Aime avant de choisir ton camp.Aime avant d’ouvrir la fosse.Et quand vous saurez laisser un enfant dormirsans bénir le canon qui vise son avenir,alors on reparlera du ciel.Je n’ai pas votre carte,mais j’ai vu mieux que vos croisades :des mains, du pain,du silence,des gens qui sauvent sans parade.Alors fermez vos gueules.Le premier commandement ou rien.Pas vos foules.Pas vos chefs.Pas vos morts brandis comme permis.Aime d’abord.Le reste attendra.Et si ton dieu veut parler par ta bouche,qu’il commence par désarmer ton bras.