« LE sujet de ce dialogue est en effet la nature humaine, ou la connaissance de soi-même, considérée comme le principe de toute perfection, de toute science, et particulièrement de la science politique. […]
La conséquence de toute cette discussion, est qu’Alcibiade a beaucoup à apprendre avant d’être un homme d’État, et qu’il faut d’abord qu’il s’instruise et se perfectionne.
Or, la perfection d’un être n’est point ailleurs que dans la fidélité à sa propre nature, et qui ne sait quel il est, ne peut concevoir quel il doit être : le point de départ de toute perfection est la connaissance de soi-même. C’est là le fond de l’Alcibiade. |…]
Mais celui qui ne se connaît pas lui-même, ignore la perfection qui lui est propre. Incapable de se perfectionner lui-même, il l’est, à plus forte raison, de perfectionner les autres et de se mêler utilement de leurs affaires. Il est donc nécessairement un mauvais homme d’État. »
D’après Victor Cousin (Argument philosophique du Premier Alcibiade)