Tristan Bernard est plus connu pour ses bons mots et ses pièces de théâtre que pour le genre policier. « Mathilde et ses mitaines » est pourtant un roman du genre, avec une intrigue certes peu crédible, mais rondement menée et non dépourvue d’humour. Le brave étudiant Firmin Remongel est mêlé malgré lui à une sombre affaire tournant autour d’une jeune femme, dont il tombe évidemment amoureux. L’enquête est mené par l’inspecteur Gourgeot, de la Sûreté, mais surtout par sa femme Mathilde, « une espèce de paysanne du Morvan, au teint basané, aux durs yeux noirs, pas très fins au premier abord », mais qui se révèle une enquêtrice redoutable. Cadavre disparu, morts qui n’en sont pas, passage souterrain, enlèvement et poursuite de dangereux criminels, voilà les ingrédients d’un curieux roman policier daté de 1912…