Corneille nous livre avec Horace une tragédie où ce que nous appellerions aujourd’hui le nationalisme et le patriarcat sont portés à un point ultime. Horace, et peut-être pire encore, son vieux père, nous apparaissent moins comme des héros que comme des fanatiques. Les femmes sont les victimes impuissantes de cet ordre social implacable et meurtrier, et la plus belle tirade de la pièce est sans conteste celle qui vaudra à Camille de se faire tuer par son propre frère. Ce meurtre d’une femme sans défense, tuée pour avoir osé blasphémer contre Rome, est mollement condamné, et finit par être traité comme un crime d’honneur…
Voilà une pièce dont la réception doit varier du tout au tout selon les cultures et les époques. Je veux croire que Corneille lui-même, par les deux derniers vers, indique sa sympathie pour Camille et en fait discrètement la véritable héroïne de la pièce.