Barnabé Rudge, paru en 1841, est un roman historique relatant les émeutes « anti-papistes » du 2 au 10 juin 1780, où le peuple londonien, fanatisé par le chimérique Lord George Gordon, conduisit la ville au bord de l’abîme.
L’action débute en 1775, dans l’entrecroisement de destins familiaux autour d’un meurtre ancien, au premier rang desquels celui de Mary Rudge et de son fils idiot, Barnabé, hantés tous deux par un passé terrifiant. Cinq années plus tard, la survenue, un soir d’orage, de Lord Gordon jette tous les protagonistes au cœur du bruit et de la fureur.
Dickens nous fait parcourir l’ensemble de la société anglaise, des bas-fonds à la gentry, alternant les registres – sentimental ou cruel, drôle ou pathétique – associant critique sociale et une verve éminemment théâtrale, féconde en caractères de toutes sortes, dont il a le secret. Son récit, à l’instar des plus grands, est aussi celui d’un poète et d’un visionnaire.
Pour finir, le dernier mot reviendra à l’insubmersible bonhommie de l’artisan-serrurier Varden, à l’amour éperdu de Joe, l’aubergiste, pour Dolly, la fille de ce dernier, à la passion de Barnabé, le simple d’esprit, pour tout ce qui porte la vie… et à son compère, Grip, corbeau doué de parole, qui inspira à Edgar Poe son plus célèbre poème.