Grand reportage: Recent Episodes

France Médias Monde

L'actualité sur le terrain avec les reportages et enquêtes de nos correspondants. RFI propose, du lundi au vendredi, un grand reportage et des enquêtes réalisés par les envoyés spéciaux et les correspondants de la rédaction, partout dans le monde. *** À partir du 28 octobre 2019: diffusions du lundi au vendredi à 05h37 TU vers le monde sauf Paris sauf Afrique, 12h10 TU et 17h10 TU vers toutes cibles ; le vendredi à 19h10 TU vers toutes cibles.     Retrouvez les sujets traités par cette émission sur RFI SAVOIRS = http://savoirs.rfi.fr/

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Bienvenue dans le Grand reportage, le supplément avec Coralie Pierret pour parler d'Ebola en RDC ; et Nathalie Versieux avec l'armée allemande, en seconde partie d'émission. La Bundeswehr se renforce, l'Allemagne change de cap face à la guerre qui dure en Ukraine, face aux menaces du président russe, à la prise de distance de Donald Trump à l'égard de ses alliés. Et d'un sérieux doute quant à la solidarité de l'Otan.

«Pourquoi eux ?» En RDC, ces familles décimées par Ebola en Ituri, déjà meurtries par la guerre Ebola sévit en République Démocratique du Congo. Cette 17ème épidémie en RDC a été officiellement déclarée le 15 mai. Jamais les habitants de l’Ituri, la province qui concentre plus de 90% des cas, n’ont connu une telle vague d’Ebola. Il n’y a à ce jour, aucun vaccin contre la souche qui s’étend dans l’est du pays.

Le pic de l’épidémie reste à venir, assurent des soignants. Et sa propagation pourrait toucher rapidement les zones isolées qui connaissent des conflits meurtriers depuis plusieurs années.

Un Grand reportage de Coralie Pierret qui s'entretient avec Jacques Allix.

Branle-bas de combat pour la Bundeswehr Il y a 4 ans, la Russie envahissait l’Ukraine. Depuis, l’Europe tout entière frissonne. Le lâchage des Américains et leurs exigences sont venus accélérer la prise de conscience du danger. Les Armées européennes ont donc décidé de monter en puissance. En Allemagne, dès la fin février 2022, Olaf Scholz alors chancelier annonce devant le Bundestag un changement d’époque pour la Bundeswehr.

L’Allemagne -convaincue depuis la chute du Mur que la paix serait éternelle- se découvre vulnérable. Et va réagir.

Un Grand reportage de Nathalie Versieux qui s'entretient avec Jacques Allix.

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Le Laos et la Bolivie au sommaire du supplément du Grand reportage. Direction le Laos avec Jean-Pierre Fage, sur l'une de ces nouvelles routes de la soie lancées tel un filet sur le monde par la Chine. C'est en 2013 que le président Xi Jinping lance la nouvelle initiative, la bonne idée d'influence sur ses voisins et au-delà. En 2è partie : une montagne qui s'effondre sur elle-même, minée depuis des siècles, par l'exploitation de filons prometteurs, le Cerro Rico en Bolivie, avec Nils Sabin.

Laos: sur la voie des investissements chinois Au Laos, la Chine est devenue le premier investisseur, mais aussi le principal créancier du pays. Un des effets des tentaculaires Routes de la Soie développées par Pékin. Plus de 140 pays, plus de 4 milliards d’habitants sont maintenant concernés par ces coopérations avec le géant asiatique. Une conquête chinoise à bas bruit, antérieure à l’expansionnisme claironnant de Donald Trump.

Le petit Laos et sa large dette est pris dans cette dynamique, où s’affiche le train à grande vitesse Vientiane / Kunming. Et cela transforme en profondeur le paysage socio-économique du pays.

Un Grand reportage de Jean-Pierre Fage qui s'entretient avec **Jacques Allix.

Cerro Rico en Bolivie: la montagne minée par l’argent Dans le sud de la Bolivie, le Cerro Rico est une montagne surexploitée. Creusée depuis 480 ans pour ses ressources minières : argent, étain, plomb ou zinc. Ses mines ont enrichi l’empire espagnol et toute l’Europe pendant l’époque coloniale et tout le secteur de la ville de Potosi est classé patrimoine mondial de l’Unesco. La montagne est devenue un gruyère. Elle menace de s'effondrer sur elle-même. Mais difficile de vraiment calmer le jeu, tant les mines sont essentielles à l’emploi et l’économie.

Un Grand reportage de Nils Sabinqui s'entretient avec *Jacques Allix.*

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Ebola sévit en République Démocratique du Congo. Cette 17ème épidémie en RDC a été officiellement déclarée le 15 mai. Jamais les habitants de l’Ituri, la province qui concentre plus de 90% des cas, n’ont connu une telle vague d’Ebola. Il n’y a à ce jour, aucun vaccin contre la souche qui s’étend dans l’est du pays.

Le pic de l’épidémie reste à venir, assurent des soignants. Et sa propagation pourrait toucher rapidement les zones isolées qui connaissent des conflits meurtriers depuis plusieurs années.

« Pourquoi eux ? » En RDC, ces familles décimées par Ebola en Ituri, déjà meurtries par la guerre, un Grand reportage de Coralie Pierret.

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Direction Libreville. À l'instar de nombreuses sociétés d'Afrique centrale, mais plus qu'ailleurs, la société gabonaise est meurtrie par les crimes rituels. Chaque année, ils font leur lot de victimes au nom de croyances pour des raisons politiques ou à cause de réseaux de crime organisé. On retrouve des corps abandonnés avec des organes manquants. En 2è partie, le Kosovo vit très mal les accusations de crimes de guerre portées contre les leaders de l'UCK qui ont mené le pays à l'indépendance.

Gabon: la détresse sans fin des familles de victimes de crimes rituels C’est une plaie de nombreuses sociétés d’Afrique centrale, mais elle est particulièrement vive au Gabon : les crimes rituels font chaque année des victimes. Des corps retrouvés sans vie, auxquels on a ôté des organes comme le cœur, les yeux ou le pénis. Dans bien des cas, ces crimes ne sont jamais punis, ou alors seul l’exécutant est arrêté, et pas le commanditaire. Les familles des victimes, elles, se sentent abandonnées face à ces actes qui associent spirituel, politique et criminalité organisée.

Un Grand reportage de François Mazet qui s'entretient avec Jacques Allix.

Héros ou criminels, les leaders de l’UCK face aux juges C’est le dernier grand procès lié aux guerres qui ont déchiré l’ex-Yougoslavie. Vingt-sept ans après le conflit au Kosovo, le verdict est attendu normalement dans les toutes prochaines semaines pour les anciens dirigeants de l’UÇK, l’Armée de libération. Ils risquent jusqu’45 ans de prison, eux, les premiers dirigeants du Kosovo indépendant. Mais ce tribunal spécial, de droit kosovar, avec juges internationaux à La Haye, suscite une profonde indignation dans le jeune État.

Pour beaucoup, les 4 accusés ont libéré le pays de l’oppression du régime de Milošević et porté la cause de l’indépendance.

Un Grand reportage de Louis Seiller qui s'entretient avec Jacques Allix.

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Bienvenue dans le supplément de Grand reportage. Nous partons tout d'abord pour les États-Unis, les Américains célèbrent aujourd'hui les 250 ans de leur indépendance. Le 4 juillet 1776, un congrès réuni à Philadelphie adopte la déclaration d'indépendance des 13 colonies britanniques d'Amérique du Nord, c'est l'officialisation de la rupture avec la Grande-Bretagne. En 2è partie, il s'agira de la montée en puissance militaire du Japon face à la Chine.

250 ans des États-Unis: en Pennsylvanie, la bataille de l'identité américaine Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025, Donald Trump, et plus généralement l'ensemble de la sphère Maga, s'emploient à imposer leur propre vision de l'Amérique. Illustration en Pennsylvanie, là où la Déclaration d'Indépendance des États-Unis fut signée le 4 juillet 1776.

Un Grand reportage de François-Damien Bourgery qui s'entretient avec Jacques Allix.

Yonaguni, îlot fragile entre la Chine et le Japon, divisée par la militarisation Sanction contre un proche de la Première ministre japonaise, incursion d’un militaire japonais dans l’ambassade de Chine à Tokyo, la tension est vive entre les deux plus grandes économies d’Asie. Des propos de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi évoquant une potentielle réaction de son pays en cas de blocus ou d’invasion de Taïwan ont ouvert une phase gel dans les relations sino-nippones. RFI s’est rendu au Japon à l’invitation du FPCJ (Foreign Press Center Japan), une institution en partie financée par le gouvernement japonais.

Un Grand reportage de Nicolas Rocca qui s'entretient avec Jacques Allix.

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Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025, Donald Trump, et plus généralement l'ensemble de la sphère Maga, s'emploient à imposer leur propre vision de l'Amérique. Illustration en Pennsylvanie, là où la Déclaration d'Indépendance des États-Unis fut signée le 4 juillet 1776.

De notre envoyé spécial de retour de Pennsylvanie,

Elles sont alignées comme à la parade, le nom de leur propriétaire collé sur le pare-brise, le capot relevé pour mieux apprécier ce qu'elles ont dans le ventre. Il y en a pour tous les goûts : un antique pick-up Chevrolet bleu turquoise, un coupé Buick de 1973, plusieurs Dodge Challenger, et même un corbillard. Des dizaines au total. Penchés au-dessus des moteurs, des visiteurs de tous âges. Beaucoup arborent des tee-shirts aux couleurs des États-Unis ou floqués du mot « liberté ».

Le parti républicain du comté de Lackawanna a choisi ce cinéma en plein air pour célébrer les 250 ans de l'Indépendance du pays. Le 4-Juillet n'est que dans trois semaines, mais ici, sur les hauteurs de Dickson City, la fête bat déjà son plein. Tout a été prévu pour la rendre mémorable : un défilé de motos, de quoi se restaurer, des concerts, deux films sur écran géant… Mais le clou de la journée, c'est cette exposition de véhicules d'exception.

Tout un symbole. « C'est une part d'histoire. Ce sont des voitures qui ont marqué notre jeunesse. Ce sont aussi des voitures qui ont été construites ici et exportées partout dans le monde. Cela permet de montrer aux jeunes ce qui a contribué à faire la richesse de notre pays », s'enthousiasme Dan Naylor, le président des Républicains du comté de Lackawanna, avant de s'adresser à la petite foule présente pour convoquer une nouvelle fois l'histoire, plus ancienne celle-là.

« Le plus grand pays au monde » Il y est question de Paul Revere, un orfèvre de Boston devenu célèbre pour avoir averti les patriotes américains de l'arrivée imminente de l'armée britannique à Lexington en 1775. « Et qui répondit à ce cri ? Ce furent des gens ordinaires, qui se mobilisèrent, qui vainquirent les Anglais et qui fondèrent ce pays ! », lance Dan Naylor au micro. « Nous devons donc être reconnaissants envers ces personnes qui ont sacrifié leurs vies pour faire de ce pays ce qu'il est, et nous devons le préserver. Et souvenez-vous : nous sommes le plus grand pays au monde et c'est ce que nous pouvons célébrer aujourd'hui. »

Un discours en écho à celui de la Maison Blanche, bien décidée à faire de ce 250è anniversaire celui d'une nation glorieuse, purgée de l'esclavage et du racisme. « Je ne vois pas les couleurs. Ok ? Pour moi, on a tous le sang rouge », balaie ainsi JoAnne Mayer, l'organisatrice de l'événement, lorsqu'on l'interroge sur cette Amérique blanche et chrétienne que cherchent à promouvoir Donald Trump, son administration et le mouvement Maga en général.

« Cette administration met l’accent sur les valeurs de l’individu, indépendamment de sa race, de son âge, de son origine ethnique, de son sexe ou de toute autre caractéristique qui fait de lui ce qu’il est », défend Rob Coco, responsable de la branche locale de l'association ultra-conservatrice Turning Point USA. Enveloppé dans un drapeau américain, l'étudiant de 22 ans semble oublier les attaques contre les droits des femmes et des personnes LGBTQIA+, les opérations de la police de l'immigration apparemment guidées par le simple délit de faciès, ou encore le redécoupage électoral favorable aux Afro-Américains remis en cause en Louisiane.

« Je pense qu’il ne faut pas catégoriser les gens. Nous sommes tous des habitants de cette Terre, s'enflamme le jeune homme dans un élan missionnaire. Nous venons tous du même Créateur, et nous avons tous la chance d’être ici aujourd’hui, car la vie est sacrée. Alors, au lieu de juger, au lieu de parler de ce qui nous différencie, nous devrions simplement apprécier le fait d'être ici aujourd’hui et d'avoir la possibilité de l'être. » Une ode à l'unité qui peine à masquer la réalité d'un pays fracturé.

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Progressisme et armes à feu À 200 kilomètres de là, une dizaine de personnes se sont donné rendez-vous dans une armurerie de Lancaster. Elles sont toutes membres du Liberal Gun Club (LGC), un club de tir classé à gauche. « C’est une association de possesseurs d’armes à feu qui partagent les mêmes convictions, qui croient aux droits civils et aux droits constitutionnels. C’est un groupe composé de personnes vraiment, vraiment formidables ! », vante Christopher Caruana, le secrétaire de la branche pennsylvanienne du LGC. Sa longue barbe blanche, son verre de lunette fumé et ses bras tatoués donnent à ce septuagénaire un air de pirate.

L'endroit fait aussi stand de tir. Au bout de la rangée, Molly teste des pistolets de différents calibres avec son père. À 22 ans, elle vient de terminer le college, le premier cycle universitaire, et s'apprête à quitter le domicile familial. Il lui faut donc une arme. Reste à trouver la bonne. « Je fais 1 mètre 50 et je ne me sens pas capable de me défendre toute seule sans une arme », justifie la jeune femme. Un sentiment d'insécurité renforcé, dit-elle, par la façon dont « Trump et son entourage ont encouragé les hommes à considérer les femmes comme inférieures à eux et comme des objets sexuels ».

Le Liberal Gun Club compte aujourd'hui quelque 5 000 adhérents à l'échelle nationale. En novembre 2024, juste avant la seconde élection de Donald Trump, ils étaient moins de 3 000. Ceux qui sont là aujourd'hui sont quant à eux des membres de plus longue date. Mais tous font part de leur inquiétude au sujet de ce président que certains qualifient de « fasciste ».

C'est le cas de Sam, longtemps opposé aux armes à feu, jusqu'à ce que la première élection de Donald Trump et l'attaque à la voiture-bélier commise par un sympathisant néo-nazi à Charlottesville en 2017 le fassent changer d'avis. « Je suis juif, ma femme est d'origine portoricaine, témoigne-t-il. J'ai acheté des armes par précaution lors du premier mandat, mais quand il a été réélu, avec ma famille, on a songé à quitter le pays. Aujourd'hui, on essaie d'avoir des amis partout où l'on peut. »

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Des livres interdits Tandis que certains songent à quitter le pays ou à se battre arme au poing, d'autres résistent déjà. Liz et Linda sont de ceux-là. Les deux vénérables retraitées font partie des Freedom Readers, un club de lecture fondé il y a quatre ans. « À la base, c'est juste un petit groupe de dames intéressées par la lecture de livres susceptibles d’être contestés ou qui l’ont déjà été par des personnes cherchant à promouvoir cette idée d’une Amérique blanche et chrétienne », explique Liz, chemisier imprimé léopard et brushing impeccable.

Ce jour-là, c’est dans sa maison d’un quartier cossu d’Elizabethtown qu’elles tiennent salon. Deux livres sont posés sur la table basse : Le Château de verre, de Jeannette Walls, et La Petite Fille de la rue Mango, de Sandra Cisneros. En novembre 2025, les deux ouvrages ont été bannis du programme et des bibliothèques scolaires d’Elizabethtown, au même titre que le film Roméo et Juliette et La Haine qu’on donne, un roman d’Angie Thomas sur la question du racisme et des violences policières.

Pourquoi ? Mystère. « Le conseil d'établissement ne donne jamais les raisons de ces interdictions. Mais l’un de ses membres a apporté une image déformée du personnage central de ce livre, relate Liz à propos de La Petite Fille de la rue Mango. Il a affirmé qu'elle cherchait à attirer l'attention des hommes pour les manipuler. C'était une description complètement faussée. »

L'association Etown Common Sense s'est aussi emparée de la question, l'une des nombreuses sur lesquelles elle ferraille avec ceux qu'elle désigne comme des « nationalistes chrétiens ». « En tant que parents et citoyens, nous voulons que nos écoles publiques restent véritablement publiques, ouvertes, libres et impartiales pour l’ensemble de notre communauté », insiste Kelly Fuddy, présidente de l'association et mère de deux enfants scolarisés au collège du district.

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Le tournant Covid L'interdiction des livres par les conseils d'établissement n'est pas un phénomène nouveau, que ce soit en Pennsylvanie ou ailleurs aux États-Unis. Mais le « Keystone State » est l'un des plus touchés. En 2022, il figurait même à la deuxième place du classement établi par PEN America des États recensant le plus grand nombre de livres interdits. Un comble pour ce territoire fondé par William Penn selon les principes de tolérance et de liberté. « Cela a vraiment pris de l’ampleur en 2020 et 2021 avec le Covid-19, observe Kelly Fuddy. Beaucoup de gens qui n'étaient peut-être pas impliqués politiquement se sont mobilisés et continuent de l'être. Il s'agit pour l'essentiel d'électeurs de Donald Trump. »

La mère de famille pointe aussi la responsabilité d'organisations nationales, telles que Moms for Liberty ou la Heritage Foundation, qui ont trouvé dans ce comté de Lancaster « un terrain fertile » pour cultiver leur projet politique. Les ouvrages jugés contraires aux bonnes mœurs ou faisant l'apologie de « l'idéologie woke » sont les premiers ciblés. « Ils prétendent défendre les enfants, mais ils déforment en réalité la définition de ce qui est sexuellement explicite, de ce qu'est la pornographie, reproche Kelly Fuddy. Et ils nient l'expertise professionnelle de nos éducateurs à qui nous confions nos enfants. »

Et gare aux enseignants qui tentent de faire barrage aux censeurs. Kristy Moore l'a appris à ses dépens. Cette professeure d'anglais raconte avoir été victime de menaces de mort et de violences. Elle a aussi été la cible de photomontages publiés sur les réseaux sociaux, l'accusant de vouloir permettre aux collégiens d’accéder à des contenus pornographiques. Mais pas question pour elle d'abdiquer : « Si je les laisse m'intimider, je ne pourrai plus continuer à faire mon travail. »

Nous avons contacté l’organisation Moms for Liberty et la présidente du conseil d’établissement d’Elizabethtown. Toutes deux ont répondu qu'elles ne souhaitaient pas participer à ce reportage.

Des esclaves invisibilisés Au-delà de ces interdictions menées à l'échelle locale, le pays est aussi le théâtre d'une vague de censure dirigée depuis le sommet de l'État. Ce sont des milliers de photos d’archives de l’armée rendues inaccessibles, des dizaines et des dizaines de mots bannis de la communication gouvernementale. Ou encore ce décret signé par Donald Trump en mars 2025 pour « rétablir la vérité et le bon sens dans l'histoire américaine ». L'ordre est donné de retirer des parcs nationaux et des sites historiques tous contenus qui « dénigre de manière inappropriée les Américains, qu'ils soient vivants ou décédés ».

À Philadelphie, cela se traduit par le retrait de l'exposition consacrée aux neuf esclaves de George Washington à la President's House, l'ancienne demeure du premier président des États-Unis et de son successeur John Adams. « Une super exposition, estime Dan, qui en assure la visite. Elle raconte qui étaient ces neuf esclaves et quel était leur rôle. » La ville et différentes organisations contre-attaquent au tribunal. Ordre est donné de la réinstaller, avant qu'une nouvelle décision de justice ne stoppe tout. Dan ne s'en remet pas. « Il y a encore des murs vides, des vidéos qui ne fonctionnent pas… Je trouve ça plutôt horrible au moment où l'on célèbre nos 250 ans. »

Namrta, elle, est parfaitement remontée. Les yeux braqués vers la caméra d'un téléphone portable, la responsable de Get Free Philly dit tout le mal qu'elle pense de cette censure à ses abonnés. « Ce que vous voyez, vitupère la jeune femme, c'est juste un nouvel exemple de la façon dont le mouvement Maga et le gouvernement révisent l'histoire. Aujourd'hui, nous sommes à l'heure du choix : continuer ainsi pendant 250 ans à faire l'autruche ou alors nous ranger du bon côté de l'histoire en assumant et en réparant nos erreurs. »

Le décret de Donald Trump ordonne aussi au ministère de l'Intérieur, qui gère les parcs nationaux et les espaces publics, de remettre en place les statues et monuments démontés ou dégradés lors du mouvement Black Lives Matter. Il cible également les musées de la Smithsonian Institution, notamment le futur Musée national de l'histoire des femmes à Washington, pour l'empêcher de « reconnaître les hommes comme des femmes ». Référence aux femmes transgenres.

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« L'Amérique n'a jamais été un grand pays » Dans la capitale fédérale, malgré les tentatives de l’administration de l’effacer, la mémoire de l'esclavage reste vive dans le quartier d'Anacostia. Et particulièrement en ce 19 juin. Les habitants célèbrent Juneteenth, le jour de l’Émancipation. Le 19 juin 1865, à Gavelston, au Texas, les esclaves afro-américains apprenaient qu'ils étaient libres. « Mais que signifiait être libre pour les personnes noires à cette époque ? », s’interroge Sir Harvey Fitz, l’animateur de la journée.

C’est précisément la question à laquelle doivent répondre les quelques centaines de personnes qui font face à la scène. « La liberté, c’est l’amour », affirme quelqu’un. « La liberté, c’est avoir suffisamment d'espace pour être soi-même », estime un autre. À l’ombre d’un arbre, Maleka écoute en souriant.

Lorsqu’on lui demande si elle se sent libre, elle, aujourd’hui, aux États-Unis, la quadra aux grandes boucles d’oreilles colorées pousse d’abord un long soupir. « Je suis libre de plein droit, mais je ne me sens pas toujours libre certains jours, à cause de la nature oppressive de notre régime politique. » Elle dénonce pêle-mêle les atteintes aux libertés civiles et individuelles, la remise en cause de l’héritage du mouvement pour les droits civiques, qu’elle pensait pourtant acquis. « Même si je suis libre, poursuit Maleka, je suis très consciente que c’est une chose fragile et que je dois continuer à me battre pour ça, à m’exprimer et à m’opposer aux injustices. »

Elle juge aussi le mouvement Maga – Make America Great Again – totalement absurde. « À quel moment l'Amérique a été grande ? Ça a toujours été un pays en quête de grandeur, mais ça n'a jamais été un grand pays, considère-t-elle. C’est insupportable, en tant que femme noire, de vivre littéralement à moins de sept kilomètres de la Maison Blanche et de celui qui y réside. Alors que ce sont des esclaves qui l’ont construite, la Maison Blanche ne reconnaît pas que le pays a construit son économie sur le dos de l’esclavage. »

De l'autre côté du fleuve, le National Mall se prépare à accueillir la grande foire imaginée par Donald Trump pour célébrer le 4-Juillet. Plusieurs États démocrates ont d'ores et déjà annoncé la boycotter. La Pennsylvanie, elle, a finalement choisi d'y participer.

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C’est le dernier grand procès lié aux guerres qui ont déchiré l’ex-Yougoslavie. Vingt-sept ans après le conflit au Kosovo, le verdict est attendu normalement dans les toutes prochaines semaines pour les anciens dirigeants de l’UÇK, l’Armée de libération. Ils risquent jusqu’45 ans de prison, eux, les premiers dirigeants du Kosovo indépendant. Mais ce tribunal spécial, de droit kosovar, avec juges internationaux à La Haye, suscite une profonde indignation dans le jeune État.

Pour beaucoup, les 4 accusés ont libéré le pays de l’oppression du régime de Milošević et porté la cause de l’indépendance.

« Héros ou Criminels, les leaders de l’UCK face aux juges », un Grand reportage au Kosovo de Louis Seiller.

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C’est une plaie de nombreuses sociétés d’Afrique centrale, mais elle est particulièrement vive au Gabon : les crimes rituels font chaque année des victimes. Des corps retrouvés sans vie, auxquels on a ôté des organes comme le cœur, les yeux ou le pénis. Dans bien des cas, ces crimes ne sont jamais punis, ou alors seul l’exécutant est arrêté, et pas le commanditaire. Les familles des victimes, elles, se sentent abandonnées face à ces actes qui associent spirituel, politique et criminalité organisée.

De notre envoyé spécial de retour du Gabon,

Paulin Boukika ouvre sur sa table basse le dossier dans lequel il conserve les documents relatifs à la mort de son fils. Cet agent des forces de l’ordre partage le récit macabre du jour où le corps inerte de Darlin, 14 ans, a été retrouvé, parmi d’autres, devant un célèbre restaurant de plage de la capitale du Gabon, en 2018 : « J'étais au travail. La mère de l’enfant m’appelle en pleurant : "On a retrouvé les enfants morts à la plage. Il faut venir parce qu'on a retrouvé des corps, je ne sais pas s'il est parmi eux." » Paulin Boukika se rend à Gabosep, une des morgues de Libreville : « On m'accompagne là où ils mettent les corps dans les tiroirs. On commence par le premier. J'ai dit "non, ce n'est pas lui". Le deuxième, ce n’est pas lui, etc. C'est au neuvième tiroir que je vois qu'il était là, déjà identifié parce qu'il portait un autre nom. J'ai dit : "Non, ça, ce n’est pas son nom, il s'appelle Boukika Darlin Stessi." »

« La première version, c'était qu'il s'est noyé » Paulin Boukika conserve notamment les photos prises à la morgue du corps mutilé. Il n’y a jamais eu d’autopsie : « La première version qui m'a été donnée, c'était qu'il s'est noyé. Mais quand je suis retourné à la morgue la deuxième fois pour l’examiner, j’ai bien vu qu'il n'avait pas d'yeux, que le sexe était mutilé, qu'il y avait des parties entaillées. C'est là que j'ai compris que l'enfant ne s’était pas noyé parce qu'il avait des cicatrices un peu au front, au niveau des mains. Il y avait des blessures qui montraient qu'il avait été ligoté et s'était débattu. »

À l’époque, le procureur parle de trois morts par noyade et le gouvernement s’inquiète d’une « récupération politicienne », à quelques mois des élections législatives. Alors que selon certains protagonistes, une quinzaine de corps ont été retrouvés ce jour-là. « La réaction officielle, c'était de nier la situation, se remémore Paulin Boukika. Ils ont masqué en disant qu'ils étaient à la plage, qu’ils se sont noyés à la plage. Et ils ont maintenu ce cap-là. On m’a dit : "Les poissons peuvent manger les yeux, les poissons peuvent manger le sexe." Mais est-ce qu'on peut manger le sexe de quelqu'un sans déchirer la culotte ? Mais il avait encore le slip ! Mais le poisson est rentré où et il est sorti comment ? »

« La réaction officielle, c'était de nier la situation » La plainte de Paulin n’a jamais débouché. Pour lui, aucun doute, l’affaire a été enterrée : « J'ai continué à faire des recours au tribunal, à faire des plaintes, tout ça n'a jamais abouti. Il n'y a pas eu d'enquête. J'ai été obligé d'abandonner. Ils ont dû couvrir les commanditaires de ces crimes-là, car quand on camoufle, ça veut dire qu'on connaît les commanditaires, on connaît les gourous qui ont fait ça. Les parents victimes, on n'a jamais eu satisfaction. Darlin était mon fils ainé, j’avais beaucoup à lui transmettre. La blessure revient comme si c'était hier. »

Des questions sans réponses et des crimes sans coupables. Et pas de statistique officielle. C’est aussi ce que déplore Germaine Bita. Sur sa terrasse qui surplombe les pistes de l’aéroport, elle ressasse encore les conditions de la disparition de son fils Guy-Léandre, en 2008 : « Un matin, il est parti. Après, je ne l'ai plus jamais revu. Et j'ai trouvé son corps à la plage. C'est là-bas qu'on a balancé son corps. On avait enlevé ses organes. Il n'avait que 18 ans. L'enfant n'avait plus de langue. Son sexe était élevé. Il était nu. Donc je suis allé à la police, j'ai porté plainte. » Malgré un témoin oculaire et plusieurs déplacements au commissariat, aucune enquête n’est entreprise, selon Germaine : « Il y a un monsieur qui a dit qu'il avait vu trois personnes balancer des choses à l’eau. On a dit ça à la police. Rien n'a été fait. C'est resté comme ça. »

« Le corps de mon frère a été retrouvé en brousse, sans cœur » Une douleur que partage aussi Marie-Anne Minkoue qui reçoit RFI devant sa modeste maison du quartier de Nzeng Ayong, et exhume des archives des photos de journaux relatant des assassinats : « Le corps de mon frère a été retrouvé en brousse, sans cœur, sans une goutte de sang restant. Des hommes l’avaient invité à aller à la chasse avec eux. Il a fallu payer 300 000 francs [457 euros, NDLR] pour l’autopsie. Mais ça n’a rien donné. Un des assassins a été arrêté, placé en préventive, mais il a fini par sortir, et il est rentré au village. Il avait un frère bien placé. C’est de la corruption pure et simple. »

C’était en l’an 2000. Quelques années plus tard, c’est son fils qui disparait. Sans nouvelles, elle a un jour découvert la photo de son corps illustrant un article dans le quotidien gouvernemental L’Union. Mais elle n’a jamais su d’où venait la photo, récupérée sur Internet, ni ce qui est advenu de son fils. Aujourd’hui âgée, c’est elle qui a dû élever ses petits-enfants. Elle raconte un enfant disparu dans le quartier récemment, une jeune femme dépecée dans un hôtel.

Le sang pour servir les génies des eaux Si les crimes rituels touchent d’autres pays d’Afrique centrale et du golfe de Guinée, la situation au Gabon est mieux connue grâce au travail et à la ténacité d’un homme. En face de l’un de plus grands hôtels de Libreville, Jean-Elvis Ebang Ondo aime à regarder les cocotiers dont on débite les noix pour les passants du bord de mer. C’est lui qui les a plantés, en souvenir de son fils, Éric, retrouvé là, sur cette plage, en 2005 : « C'est là où on a découvert le corps de l'enfant. Ils étaient au nombre de deux qu'on a enlevés. On tue la personne ailleurs et on vient déposer le corps au niveau de la mer ou bien au niveau des fleuves, pour servir les génies. Parce qu'on signe le pacte avec les forces du mal. L'élément essentiel qu'on retire, c'est le sang. Le sang, c'est le carburant dans le monde mystique. »

Cet endroit, il l’a baptisé le « Jardin des innocents ». Contrairement à beaucoup de familles de victimes, cet enseignant a choisi de ne pas se taire et de ne pas tomber dans la fatalité face à ces crimes qui n’ont rien de traditionnel. « Selon nos études, le phénomène des crimes rituels date des années 1930. Ce sont des pratiques importées et qui persistent. Ce genre-là fonctionne en réseau. Il y a les commanditaires, il y a l'exécutant, il y a les démarcheurs. Le plus souvent, ce sont les proches qui passent à l'acte. Le commanditaire est servi à travers le marabout qui essaie d'exécuter en fonction des besoins de ce commanditaire », affirme Jean-Elvis Ebang Ondo.

Suite à ce drame, il a fondé l’Association de lutte contre les crimes rituels, organisé des manifestations régulières et suivies, mené le plaidoyer auprès des autorités nationales et des partenaires du pays, jusque dans l’enceinte du Sénat de transition où il a siégé de 2023 à fin 2025. Il a écrit plusieurs livres qui font autorité sur le sujet. Il a remarqué la concomitance entre vagues de crimes rituels et périodes de forte activité politique, tels que des élections ou des remaniements. Les commanditaires seraient donc massivement des personnalités puissantes issues du monde politique, de l’élite économique. Jean-Elvis Ebang Ondo parle de dizaines de cas en année électorale, mais ne publie plus de statistiques par crainte de récupération politique.

Le difficile accès à la justice pour des familles sans moyens Autre problème : la justice qui manque de moyens et d’indépendance. « Les officiers de police judiciaire (OPJ) qui sont chargés de mener ces études-là, ces enquêtes-là, ne sont pas bien documentées, estime Jean-Elvis Ebang Ondo. Techniquement, ils n'ont pas assez de matériel. Parce que chez vous, on parle de l'ADN, vous pouvez classer un dossier pendant X temps… La conservation des dossiers, ça manque chez nous. Le second point, c'est que les juges reçoivent des coups de fil anonymes, ils ne sont pas à l'aise pour traiter un tel dossier. Les procédures ne vont nulle part. Dans mon cas personnel, nous avons donné tout ce qu'il y avait comme indices, ça n'a pas abouti. Au niveau de la justice, ça a été bien verrouillé pour que les commanditaires ne soient pas arrêtés. Pour qu'un dossier soit bien traité au niveau du tribunal, il faut un rapport d'un médecin légiste, mais il n’y en a même pas cinq au Gabon et il faut les payer ».

La question des moyens, le magistrat Eddy Minang la partage. Auteur d’une thèse devenue un livre l’an dernier (2025) sur les crimes rituels, il estime que le cadre juridique renforcé est suffisant : « C'est à partir de 2019 que le législateur a introduit dans le code pénal le terme de "meurtre à des fins rituelles, meurtre à des fins de prélèvement d'organes ou de tout autre tissu, de cession de chair humaine, etc". Cela renvoie à un certain nombre de meurtres, des meurtres ésotériques, qui sont commis simplement dans le but de prélever des organes humains. Et ces organes humains servent à concocter, à préparer ce qu'on appelle vulgairement des "pièces détachées". Et dans l'imaginaire collectif, les auteurs pensent qu'en utilisant ces pièces détachées – ça peut être le cœur, ça peut être le cerveau, ça peut être même le sang et d'autres organes du corps humain –cela donne un certain nombre de pouvoirs, que ce soit le pouvoir spirituel, que ce soit le pouvoir économique, que ce soit également le pouvoir politique. »

De l’argent pour les exécutants, des fétiches pour les commanditaires Pour les exécutants, l’argent est sans aucun doute la motivation. Pour les commanditaires, c’est le pouvoir, avec l’appui du sorcier. « La particularité avec le crime rituel, c'est que le prélèvement d'organes se fait souvent à vif, détaille le procureur de la république, actuellement suspendu de ses fonctions. Plus la personne souffre, parce que la personne doit dégager une force qu'on appelle l'énergie vitale, plus le fétiche sera puissant. Tout le problème, c'est souvent de remonter jusqu'au commanditaire. On se retrouve souvent entre la parole de l'un contre celle de l'autre. L'exécutant va dire, c'est M. Untel qui m'a envoyé, alors qu'il n'y a pas de preuve. Le plus souvent, l'exécutant ne connaît même pas le commanditaire. Il connaît celui qui a servi d'intermédiaire et tout cela pose problème ».

Dernier cas très médiatisé de crime rituel au Gabon : en décembre 2025, le corps d’un adolescent de 13 ans retrouvé dans la fosse septique de son immeuble, cinq jours après sa disparition. Aux enquêteurs, un des quatre suspects interpellés dit avoir agi sur ordre d’un présumé commanditaire à des fins fétichistes. Dans la foulée, certains appellent au rétablissement de la peine de mort, abolie en 2010. Le président du Gabon, Brice Clotaire Oligui Nguema, demande au Conseil économique et social (Cesec) d’organiser une consultation sur le sujet.

Aujourd’hui, la consultation a eu lieu, l’attention médiatique est retombée, et l’idée d’un retour de la peine capitale semble enterrée, nous explique Geoffroy Foumboula, 2è vice-président du Cesec : « Nous avons écouté tout le monde et je pense que l'opinion elle-même s'est rétractée parce qu'elle a compris que la peine de mort n'était pas du tout la solution, mais qu'il fallait par contre simplement travailler dans le sens que la justice fasse convenablement son travail, améliorer le dispositif juridique, le code pénal, le code de procédure pénale pour que les responsables soient identifiés, que ces responsables soient condamnés. »

Crimes rituels, trafic d’organes et violence social symbolique La société gabonaise est si traumatisée par ces crimes dits rituels que, selon plusieurs spécialistes, des réseaux criminels transfrontaliers de trafic d’organes jouent de cette psychose, explique Geoffroy Foumboula : « On peut se retrouver dans des situations où, pendant l'élection, comme on sait que de façon psychologique, s'il y a des crimes de sang qui sont opérés, on va les attribuer aux acteurs politiques, on peut avoir des réseaux transfrontaliers qui en profitent pour faire des crimes de sang, des abus de trafic d'organes, de façon à ce que dans la psychologie générale de la population, on puisse attribuer cela aux crimes rituels, qui s'inscrivent souvent dans une approche soi-disant d'ascension sociale à travers des sacrifices humains. »

Généralement, les victimes sont issues des populations défavorisées, ce qui accentue encore les difficultés pour recourir à la police et à la justice. À la violence physique, s’ajoute donc une violence sociale exercée par des élites qui, en plus de prendre possession des richesses du pays, s’octroieraient un véritable droit de vie et de mort sur les corps des Gabonais.

C’est l’analyse du sociologue et anthropologue Joseph Tonda. Pour lui, c’est un rapport de domination entre héritage des sociétés traditionnelles et coloniales : « Le pouvoir ici est la continuation du domaine de la chasse. Celui qui a le pouvoir, c'est le chasseur, c'est le guerrier, c'est celui qui doit conquérir l'autre, qui doit assujettir l'autre, qui doit dominer l'autre, qui doit détruire l'autre pour sa propre consommation. On peut dire que ces comportements – anthropophagie, prélèvement d'organes – existaient auparavant, mais qu'ils ont été transformés et massifiés par l'État moderne. Il revendique le monopole de l'exercice du pouvoir physique, matériel, mais il y a aussi le pouvoir symbolique. Donc, les deux doivent être associés. C'est comme si le pouvoir était une machine à reproduire l'inégalité. Ces pratiques d'une violence extrême amènent aussi à une forme de peur permanente et quasiment de complotisme. On entend des choses, ça prend des proportions incroyables parce que les masses, elles extrapolent, elles exagèrent. Il y a de l'amplification par le peuple qui n'a pas les moyens de contrôler la machine. C'est difficile dans ce domaine-là de discerner ce qui est réel et ce qui est irréel. »

Les religions traditionnelles gabonaises rejettent la pratique des sacrifices Depuis le renversement du pouvoir des Bongo en août 2023, le discours d’un retour aux traditions progresse au Gabon. Mais pour les défenseurs des rites traditionnels, être associé aux crimes rituels est infamant. Ni le bwiti – le rite le plus présent – ni les autres mysticismes gabonais ne permettent les sacrifices, rappelle Jean François Ndong Ebe, président de l’association Vanga Tsengue, qui promeut le bwiti : « Les crimes rituels ont toujours concerné toutes les religions. On a vu ici certains pasteurs qui ont été condamnés. Donc, c'est la déviance de certains individus. Il y a des gens, des imposteurs, des charlatans qui s'érigent en soignants, en guérisseurs, alors qu'ils ne le sont pas. En réalité, le bwiti ne reconnaît pas les sacrifices. Le sacrifice est condamné, le sang est condamné. C'est pourquoi il y a certains soi-disant bwitistes qui ont fait des sacrifices au nom du bwiti alors qu'ils ne le sont pas. Ce ne sont que des malfaiteurs, tout simplement. »

Derrière des justifications mystiques, œuvrent des réseaux criminels qui, chaque année, laissent des corps sans vie et mutilés. Et, pour les familles, des blessures que l’absence d’accès à la justice empêche de soigner.

Lors d’une récente interview à Jeune Afrique, le président Oligui Nguema a dénoncé une « abomination » : « Chaque enfant enlevé, chaque vie brisée par ces pratiques barbares est un échec collectif. Trop de dossiers de crimes rituels dorment dans les tiroirs des tribunaux. Trop de coupables échappent à la justice. Ce qui doit changer immédiatement, c’est l’impunité. Quand un crime rituel est commis, l’enquête doit aboutir, le procès doit avoir lieu et la sanction doit être exemplaire. Plus personne au Gabon ne doit pouvoir commettre un tel acte en pensant qu’il s’en tirera. »

Pour aller plus loin ► Gabon: la disparition de plusieurs élèves après une baignade fait polémique

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Direction une Italie rurale qui tente de réduire sa pollution des sols en seconde partie d'émission, mais tout d'abord en Équateur. Dans la forêt amazonienne et dans les Andes, point commun : l'or. Valeur refuge par excellence, les crises mondiales lui profitent, les cours se sont envolés et, donc, l'exploiter hors de toute règle peut vraiment valoir le coup. La montée en puissance des mafias de l'or a amené les autorités équatoriennes à décréter objectif militaire toutes les mines illégales.

Équateur : L'or de la guerre et du sang L'Équateur, en Amérique du Sud, exporte plus d’or qu’il n’en produit... officiellement. Pour comprendre, il faut compter avec l’extraction illégale du métal jaune dont l’envol des cours à dopé les convoitises. Les conséquences du trafic sont terribles : sur l’environnement, la cohésion sociale, la violence et la délinquance.

Le phénomène ne date pas d’hier, mais l’argent des organisations criminelles leur a donné des ailes, à tel point que les autorités équatoriennes ont décrété toutes les mines illégales de minerai : objectifs militaires.

Entre communautés indigènes et patrouilles de l’armée, Eric Samson a suivi la trace de cet or de la guerre, et du sang...

Un Grand reportage d'Éric Samson qui s'entretient avec Jacques Allix.

Italie : la révolution silencieuse des engrais La flambée du prix des engrais provoque une crise dans précédent pour les agriculteurs, en particulier les céréaliers de la Plaine du Pô, en Italie. Très dépendants de l’urée, l’engrais azoté dont le prix a doublé depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, ils tentent de trouver des alternatives plus naturelles. Un reportage d’Anne Verdaguer et Caroline Bordecq, cofinancé par l'Union européenne.

Un Grand reportage d'Anne Verdaguer qui s'entretient avec Jacques Allix.

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Direction l'Espagne pour notre premier reportage, une destination pour des Israéliens qui préfèrent quitter leur pays et migrer de l'autre côté de la Méditerranée. Depuis le début de la guerre à Gaza, l'Espagne s'est imposée sur la scène internationale en soutien à la cause palestinienne. Pedro Sanchez a qualifié Israël d'État génocidaire, ce qui lui a valu d'être accusé d'antisémitisme... En 2è partie, dans le port de Dublin, un écosystème économique et social irrigue la capitale irlandaise.

Juifs en Espagne : les échos du conflit israélo-palestinien et le poids de l'histoire Depuis le début de la guerre à Gaza, l’Espagne s’est imposée sur la scène internationale en soutien à la cause palestinienne. Le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez a ouvertement qualifié Israël d’« État génocidaire ». Un positionnement qui lui a valu d’être accusé d’antisémitisme par les autorités israéliennes.

Malgré tout, des familles israéliennes continuent de s’installer dans ce pays méditerranéen.

Mais alors quelle est la réalité de cet antisémitisme vécu par les communautés juives en Espagne ? Cette réalité est-elle réellement liée à la lutte pour la cause palestinienne ? Nous sommes allés chercher des réponses dans la grande ville de Barcelone.

Un Grand reportage de Oriane Verdier qui s'entretient avec Jacques Allix.

Dublin, capitale irlandaise et ville portuaire : malédiction ou opportunité ? Ils sont la cheville ouvrière des échanges à travers le monde, nœuds stratégiques entre immensités maritimes et réseaux terrestres de transport, pivot de la mondialisation. Les ports. Entre quais et bassins, ils sont aussi un microcosme, ils ont une réalité sociale qui rayonne sur la ville avoisinante. Exemple Dublin. Durant des siècles, le port de la capitale de la République d’Irlande, a régi la vie de ses habitants.

Pratiquement tous les corps de métiers qui gravitaient autour du port avaient un lien avec la mer. Que sont devenus ces liens aujourd’hui ? Comment le patrimoine social, historique et culturel du port de Dublin est-il devenu le moteur d’une croissance économique ?

Un Grand reportage d'Agnieszka Kumor qui s'entretient avec Jacques Allix.

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L'Équateur, en Amérique du Sud, exporte plus d’or qu’il n’en produit... officiellement. Pour comprendre, il faut compter avec l’extraction illégale du métal jaune dont l’envol des cours à dopé les convoitises. Les conséquences du trafic sont terribles : sur l’environnement, la cohésion sociale, la violence et la délinquance.

Le phénomène ne date pas d’hier, mais l’argent des organisations criminelles leur a donné des ailes, à tel point que les autorités équatoriennes ont décrété toutes les mines illégales de minerai : objectifs militaires.

Entre communautés indigènes et patrouilles de l’armée, Eric Samson a suivi la trace de cet or de la guerre, et du sang...

« Équateur : l'or de la guerre et du sang », un Grand reportage d'Eric Samson.

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La flambée du prix des engrais provoque une crise dans précédent pour les agriculteurs, en particulier les céréaliers de la Plaine du Pô, en Italie. Très dépendants de l’urée, l’engrais azoté dont le prix a doublé depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, ils tentent de trouver des alternatives plus naturelles. Un reportage d’Anne Verdaguer et Caroline Bordecq, cofinancé par l'Union européenne.

Les agriculteurs italiens subissent en moyenne depuis quelques mois des surcoûts d’environ 30%, en raison de la hausse du prix des engrais. L’Italie, deuxième puissance agricole de l’Union européenne, importe 70% de ses engrais minéraux (azote, phosphate, potassium), dont près de 50% proviennent d'Égypte, suivie de l'Algérie, de la Libye, de la Turquie et du Maroc.

Pour Cesare Fedeli, céréalier près de Milan : « Si on considère seulement l’utilisation de l’urée, qui est l’engrais azoté que nous utilisons le plus, pour 200 hectares de riz et 100 hectares de maïs, il y a eu une augmentation des coûts d’environ 35 à 40 000 euros. Par rapport à 2025, les prix des fertilisants ont augmenté de 50%. Cette augmentation, on ne peut que la subir et la peur aujourd’hui, c’est de produire à perte : que la valeur de la récolte ne permette plus de couvrir les coûts de production. Malheureusement, il n’y a pas d’alternative : nous sommes dépendants de ce type de produit. »

EN IMAGES

Une taxe carbone sur les engrais controversée L’Italie a réclamé la mise en place d’un corridor humanitaire sur le détroit d’Ormuz pour les engrais, alors que les craintes de crise alimentaires se renforcent.

Le puissant syndicat agricole italien Coldiretti s’est rendu au Parlement européen à Strasbourg, le mois dernier (mai 2026) pour réclamer notamment la suspension de la taxe carbone aux frontières, sur les engrais.

Pour Luigi Simonazzi de Coldiretti Lombardie : « En Lombardie, les céréales sont principalement destinées à l’alimentation animale. Je ne peux pas renoncer à produire mon maïs, parce que je sais qu’une vache laitière consomme chaque jour plusieurs kilos de maïs. Donc même si l’engrais coûte deux fois plus cher, je dois continuer à l’acheter. Et ensuite je dois espérer pouvoir vendre mieux mon lait, ma viande ou mes œufs. C’est là tout le problème : les coûts de production augmentent immédiatement, mais les prix agricoles ne suivent pas toujours ».

En attendant une réponse à la demande de suspension temporaire de la taxe carbone aux frontières de l'UE, l'Italie a remporté une victoire en suspendant les droits d'importation sur l'ammoniac et l'urée en provenance de pays non membres de l'UE, à l'exception de la Russie et du Bélarus, qui resteront soumis à des sanctions en raison de la guerre en Ukraine.

Nourrir 10 milliards d’êtres humains sans engrais La vraie question est la suivante : pourra-t-on un jour se passer des fertilisants chimiques pour nourrir 10 milliards d’êtres humains sur terre d’ici 2050 ?

Dans la plaine du Piémond au pied des Alpes, Mara Stocchi et Manuele Mussa ont repris la ferme rizicole des grands-parents Una Garlanda, une exploitation de 130 hectares qui a pris un tournant radical après 40 ans de monoculture, car aujourd’hui, ils n’utilisent plus de fertilisants. Pour Mara Stocchi : « c’est un changement qui veut porter un message beaucoup plus large, parce que l'agriculture sert à nourrir les personnes. Et les personnes, pour être bien nourries, doivent manger de la nourriture saine, la nourriture que la terre leur donne. On peut aider les agriculteurs à faire des choix plus conscients, des choix plus en ligne avec ceux de nos ancêtres qui ont toujours cultivé la terre et n'avaient pas besoin de substances chimiques. »

L’Italie, 1er producteur européen de riz et de fruits, et 2è producteur de légumes derrière l'Espagne, est aussi l'un des leaders du bio. L’agriculture régénératrice se développe également à grands pas.

Une révolution qui prendra du temps mais qui, à l’heure du changement climatique, semble nécessaire.

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Depuis le début de la guerre à Gaza, l’Espagne s’est imposée sur la scène internationale en soutien à la cause palestinienne. Le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez a ouvertement qualifié Israël d’« État génocidaire ». Un positionnement qui lui a valu d’être accusé d’antisémitisme par les autorités israéliennes.

Malgré tout, des familles israéliennes continuent de s’installer dans ce pays méditerranéen.

Mais alors quelle est la réalité de cet antisémitisme vécu par les communautés juives en Espagne ? Cette réalité est-elle réellement liée à la lutte pour la cause palestinienne ? Nous sommes allés chercher des réponses dans la grande ville de Barcelone.

« Juifs en Espagne : les échos du conflit israélo-palestinien et le poids de l'histoire », un Grand reportage d'Oriane Verdier.

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Une édition spéciale consacrée à l'actuelle République démocratique du Congo au temps de la colonisation belge. Nous sommes avec Florence Morice qui va nous accompagner pendant toute cette émission. Production exceptionnelle sur les mères oubliées de la colonisation belge avant l'indépendance de 1960. Ce qui allait devenir Zaïre et République démocratique du Congo, c'était le Congo belge et tout un pan de la vie sociétale du pays est resté dans l'ombre...

Les mères oubliées de la colonisation belge : «Je l'appelais Papa» (1/2) Au Congo Belge, avant l'indépendance de 1960, ces femmes ont porté, élevé, parfois perdu des enfants dont l'existence dérangeait l'ordre colonial. Ces femmes congolaises sont devenues mères à 13, 14 ou 15 ans d'un enfant métis avec un colon belge. Alors que la parole des enfants métis commence peu à peu à émerger, celle de leurs mères est encore largement dans l'ombre.

Les témoignages de ces mères aujourd'hui âgées de 80, parfois 90 ans, racontent une époque où le pouvoir colonial s'exerçait aussi dans l’intimité, sur les corps des femmes.

Les mères oubliées de la colonisation belge : maternités confisquées (2/2) Ces femmes ont porté et mis au monde des enfants qui dérangeaient l'ordre colonial d’avant 1960. Certaines ont dû les cacher, fuir avec eux ou vivre dans la peur qu'on vienne les leur prendre. D'autres les ont vus partir sans savoir où ils grandiraient ni même si elles les reverraient un jour.

Ils sont des milliers, enfants métis, à avoir été séparés de leur mère au Congo, au Rwanda et au Burundi. Pour cette politique de ségrégation et de séparation, la Belgique a été condamnée en 2024 pour crime contre l'humanité.

Depuis plusieurs années, cette histoire émerge grâce au combat des personnes métisses qui réclament vérité et reconnaissance.

Mais qu'en est-il des mamans ? Avec African futures lab, RFI a enquêté pour retrouver celles qui sont encore en vie.

Des Grands Reportages de Florence Moricequi s'entretient avec Jacques Allix.

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Coupe du monde et présence chinoise en Afrique au sommaire de ces 50 minutes. La Coupe du monde de football pour commencer. Au Mexique, Canada, États-Unis, les matches s'enchainent. Finale le 19 juillet. Chaque pays vibre à son heure. Cette semaine France/Sénégal. Score 3-1 pour la France avec un doublé de Mbappé. Sur le sol français, un moment fort... En seconde partie d'émission, Igor Strauss nous transportera en Zambie, un des pays africains toutes proportions gardées qui connait une des plus fortes présences, voire une des plus fortes pressions chinoises. L'emprise se fait notamment par les mines et nous reviendrons également sur la catastrophe de Sino-Metals...

France-Sénégal : une histoire de binationalité Parmi les 1 248 footballeurs sélectionnés, 75 sont nés en France, mais représentent une autre nation. À elle seule, la sélection du Sénégal compte 10 joueurs dont le cœur et surtout le passeport auraient pu valoir un appel pour défendre le maillot Bleu et son Coq.

24 ans après la victoire des Lions de la Teranga au Mondial 2002, le Sénégal et la France se retrouvent ce soir dans le New Jersey. Une rencontre qui dépasse le sport entre deux pays, toujours liés depuis la colonisation… Ce qui rend difficile le choix pour certains supporters.

Un Grand reportage de Babacar Diarra qui s'entretient avec Jacques Allix.

Zambie : dans la Copperbelt, des minerais et des larmes Frontalière de la République démocratique du Congo, la province de la Copperbelt, en Zambie, possède d’immenses réserves de cuivre et d’autres minerais essentiels pour la transition énergétique. Une région stratégique pour toutes les grandes puissances mondiales qui souhaitent accaparer ces minerais, utilisés notamment pour la construction des batteries électriques.

Un Grand reportage de Igor Strauss (en compagnie de Yang Mei) qui s'entretient avec Jacques Allix.

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Ces femmes ont porté et mis au monde des enfants qui dérangeaient l'ordre colonial d’avant 1960. Certaines ont dû les cacher, fuir avec eux ou vivre dans la peur qu'on vienne les leur prendre. D'autres les ont vus partir sans savoir où ils grandiraient ni même si elles les reverraient un jour.

Ils sont des milliers, enfants métis, à avoir été séparés de leur mère au Congo, au Rwanda et au Burundi. Pour cette politique de ségrégation et de séparation, la Belgique a été condamnée en 2024 pour crime contre l'humanité.

Depuis plusieurs années, cette histoire émerge grâce au combat des personnes métisses qui réclament vérité et reconnaissance.

Mais qu'en est-il des mamans ? Avec African futures lab, RFI a enquêté pour retrouver celles qui sont encore en vie.

« Les mères oubliées de la colonisation belge ». Une série de 2 Grands reportages de Florence Morice, réalisée avec l'African Futures Lab.

Réalisation : Pauline Leduc.

À écouter aussiLes mères oubliées de la colonisation belge : «Je l'appelais Papa» (1/2)

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Au Congo Belge, avant l'indépendance de 1960, ces femmes ont porté, élevé, parfois perdu des enfants dont l'existence dérangeait l'ordre colonial. Ces femmes congolaises sont devenues mères à 13, 14 ou 15 ans d'un enfant métis avec un colon belge. Alors que la parole des enfants métis commence peu à peu à émerger, celle de leurs mères est encore largement dans l'ombre.

Les témoignages de ces mères aujourd'hui âgées de 80, parfois 90 ans, racontent une époque où le pouvoir colonial s'exerçait aussi dans l’intimité, sur les corps des femmes.

« Les mères oubliées de la colonisation belge ». Une série de 2 Grands reportages de Florence Morice, réalisée avec l'African Futures Lab.

Réalisation : Pauline Leduc.

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Parmi les 1 248 footballeurs sélectionnés, 75 sont nés en France, mais représentent une autre nation. À elle seule, la sélection du Sénégal compte 10 joueurs dont le cœur et surtout le passeport auraient pu valoir un appel pour défendre le maillot Bleu et son Coq.

24 ans après la victoire des Lions de la Teranga au Mondial 2002, le Sénégal et la France se retrouvent ce soir dans le New Jersey. Une rencontre qui dépasse le sport entre deux pays, toujours liés depuis la colonisation… Ce qui rend difficile le choix pour certains supporters.

« France-Sénégal, une histoire de binationalité », un Grand reportage de Babacar Diarra.

Réalisation : Jérémie Boucher.

► Le calendrier Coupe du monde

► Notre dossier spécial.

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Frontalière de la République démocratique du Congo, la province de la Copperbelt, en Zambie, possède d’immenses réserves de cuivre et d’autres minerais essentiels pour la transition énergétique. Une région stratégique pour toutes les grandes puissances mondiales qui souhaitent accaparer ces minerais, utilisés notamment pour la construction des batteries électriques.

Dans cette course effrénée, la Chine a plusieurs longueurs d’avance sur ses concurrents et a fait main basse sur une grande partie des ressources du pays, en accord avec les différents gouvernements zambiens. Mais l’exploitation de ces mines n’est pas sans danger. Le 18 février 2025, la Zambie a été frappée par l’une des pires catastrophes écologiques de son histoire. La rupture partielle du barrage d’une mine de cuivre appartenant à l’entreprise chinoise Sino-Metals a libéré au moins 50 millions de litres de déchets toxiques dans l’environnement et provoqué de terribles dégâts pour les populations locales. Les autorités zambiennes et Sino-Metals ont tout fait pour minimiser ce drame. Un an et demi après, quelle est la situation ? Retour sur un scandale d’État.

Au départ de Kitwé, petite cité minière de la Copperbelt, il faut une grosse demi-heure pour rejoindre Chambishi, la localité touchée par la rupture du barrage de Sino-Metals, filiale de la société d’État China Nonferrous Metals Industry Group. Sur la route, les nombreux terrils qui déforment les paysages sont les vestiges d’une extraction minière qui bat son plein depuis tant d’années. Autre particularité observée de la fenêtre de notre véhicule : l’omniprésence de panneaux écrits en chinois. Dans la Copperbelt, comme dans le reste du pays, hôtels, sociétés en tout genre, zones industrielles, casinos, tout appartient aux Chinois, symbole de leur influence grandissante en Zambie. Arrivé à Chambishi, il faut emprunter un petit chemin de terre pour s’approcher de la mine.

Dans cette zone autrefois recouverte de champs de maïs, c’est un paysage de désolation. Plus de trace de végétation, la terre est morte, brûlée par les millions de litres d’acide qui s’y sont déversés à la suite de la catastrophe. Des ouvriers zambiens, employés par Sino-Metals, répandent de la chaux sur le sol pour réduire la pollution. Nous les dépassons. Nous avons rendez-vous 400 mètres plus loin, chez un agriculteur d’une soixantaine d’années, vivant au milieu de ce chaos. Il a tout perdu lors de la rupture du barrage. Mais lorsque nous arrivons enfin à destination, tout ne se passe pas comme prévu. Nous sommes quatre à sortir du véhicule. Vladimir Chilinya, directeur de l’ONG FIAN International en Zambie, qui se bat contre les pratiques injustes et oppressives qui empêchent les communautés de se nourrir ; Félix Chipoya, directeur de l’Alliance territoriale du district de Kitwe, une ONG qui travaille sur le droit à la terre des populations de la Copperbelt ; ma collègue Yang Mei du service environnement de RFI et moi-même. Nous n’avons pas le temps de saluer l’agriculteur que nous souhaitions interviewer. Des agents de sécurité de Sino-Metals nous en empêchent. D’abord courtois, les échanges s’enveniment avec l’arrivée du directeur de sécurité de la compagnie chinoise. Nous sommes arrêtés, au motif que nous sommes sur une propriété privée, et conduits au commissariat le plus proche. Nos passeports sont confisqués. Nous subissons interrogatoires et tentatives d’intimidation par les agents de Sino-Metals eux-mêmes avec la complicité de la police zambienne. Encore un indice de l’influence chinoise. La mascarade dure deux jours. Il faudra l’intervention d’un avocat zambien pour que nous récupérions nos passeports et notre liberté de mouvement sans qu’aucune charge ne soit retenue contre nous.

Un drame resté dans les mémoires Ne pouvant pas faire témoigner les victimes sur les lieux du drame, nous les faisons venir dans un lieu sûr, à l’abri des regards. Tous se souviennent avec émotion de ce 18 février 2025. Voici leurs témoignages volontairement anonymes :

« C’était un midi. J’étais dans mes champs. Le ciel était très clair et soudain j’ai entendu un bruit, comme si une forte pluie allait arriver. Mais ce n’était pas la pluie. C’était le son des boues libérées par la rupture du barrage de Sino-Metals. Et les boues se sont répandues avec une force incroyable. C’était tellement puissant que même les épis de maïs d’un à deux mètres de haut ont été arrachés. Et tout de suite après, tout est devenu extrêmement sec, comme si un incendie avait tout ravagé. Quand je suis retourné dans mes champs, je n’entendais plus le moindre insecte. Il n’y avait plus du tout d’insectes. Et ensuite, j’ai observé le ruisseau, car mes champs sont collés à un ruisseau. Il y avait seulement des poissons morts. Des grenouilles mortes. Il n’y avait plus aucune forme de vie dans le ruisseau. Il était donc clair qu’il y avait eu de gros dégâts sur l’environnement. »

Autre témoin : « Je n’étais pas dans mes champs ce jour-là, mais on m’a averti au téléphone. Alors, j’ai couru avec d’autres agricultrices pour voir l’état de nos champs. Et comme on ne savait pas ce qui s’était passé, on a marché dans ces boues qui étaient pleines d’acides. Nos chaussures ont fondu et on a été brûlés aux jambes. Tous nos champs étaient détruits, pleins d’acides. On ne pouvait plus rien en tirer. C’était terrible, car ces champs sont nos seuls revenus. Ils nous permettaient d’envoyer nos enfants à l’école. » 

Malgré l’ampleur du désastre, Sino-Metals et l’État zambien tentent de minimiser les faits. Le rapport d’une société sud-africaine, Drizit, qui affirme que la pollution est beaucoup plus importante que celle déclarée par la société chinoise, est jeté aux oubliettes au profit d’un autre rapport, plus clément, effectué par les autorités zambiennes. Et alors que la pollution a touché tous les cours d’eau environnants et s’est infiltrée dans les nappes phréatiques, un haut responsable zambien vient boire un verre d’eau devant les caméras, assurant qu’elle est potable. À Lusaka, la capitale zambienne, nous rencontrons le Dr Titus Haakondé de l’université de Zambie. Il est toxicologue, président de l’Institut zambien de la santé environnementale. Il nous rappelle en préambule qu’on ne peut pas parler d’exploitation minière sans parler de pollution et nous parle de quatre autres accidents dans des mines pour la seule année 2016. Puis, il s’épanche sur le cas Sino-Metals :

« Quand on lit le rapport fait par le gouvernement sur les métaux lourds qui ont été lâchés dans l’environnement et la rivière Kafoué, on s’aperçoit qu’il y en a cinq principalement : du cobalt, du manganèse, du chrome, du cuivre évidemment, du zinc et une petite quantité de plomb. Et ce qui est intéressant d’un point de vue toxicologique, c’est que quand un individu est exposé à de petites concentrations de ces métaux sur une longue période, son corps n’a pas les capacités d’éliminer ces métaux. Donc, ils se renforcent dans le corps, c’est ce qu’on appelle la bio-accumulation. Ces métaux s’accumulent dans notre organisme jusqu’à un certain niveau. Et une fois ce niveau atteint, ils provoquent des maladies. Par exemple, une exposition au manganèse sur une longue période provoque un ralentissement du développement du cerveau chez les enfants. Il a aussi des effets sur la reproduction avec des risques d’infertilité. Et en cas de grossesse, le risque d’avoir un enfant prématuré est élevé. Ça, c’est pour le manganèse. Le plomb a des effets similaires : déficience mentale, problème de développement osseux chez les enfants. Et quand les os ne se développent pas, ils sont fragiles, ce qui entraîne d’autres complications par la suite. Il y a donc un grand nombre de problèmes de santé qui résultent de cette exposition aux métaux lourds.»

L’Institut zambien de la santé environnementale fait donc du plaidoyer pour limiter ces expositions. Pour cela, il est impératif de s’assurer que les compagnies minières respectent toutes les normes quand elles fabriquent les barrages à résidus miniers et quand elles rejettent des eaux usées dans l’environnement. Il faut également un bon système de contrôle des barrages pour être sûr que tous les polluants sont bien retenus et ne se retrouvent pas dans la nature. Or, selon plusieurs témoins rencontrés dans la Copperbelt, ces contrôles n’ont pas eu lieu. Pour justifier la catastrophe, Sino-Metals a mis en avant de fortes pluies, soi-disant inhabituelles pour la saison, qui auraient provoqué la rupture du barrage. Mais un témoin nous a livré une autre grille de lecture :

« La présence des Chinois dans la Copperbelt est associée à ce qu’on pourrait appeler une institutionnalisation de la corruption. Ils se sont littéralement emparés de tous les ministères du gouvernement, jusqu’à un point où leur influence ne peut plus être remise en question. Quand une institution est corrompue, elle devient incapable de faire son travail. La rupture du barrage de Sino-Metals, par exemple. La question, c’est combien de fois ce barrage a-t-il été contrôlé par les instances gouvernementales censées le faire ? Et on découvre ensuite qu’apparemment, personne n’est venu jusqu’ici faire le moindre contrôle.»

L’épineuse question du dédommagement Sino-Metals fournit de l’eau potable à certaines familles et en a dédommagé d’autres financièrement pour la perte de leurs récoltes. Mais toutes ces terres polluées ne peuvent plus être cultivées. Des centaines de familles se retrouvent donc sans terre et sans revenus, avec la détresse pour seule compagnie. Une victime nous confie :

« J’ai été très affecté, je ne faisais que pleurer en répétant : mais qu’est-ce qui s’est passé ? Je pensais que c’était la fin de ma vie. Et aujourd’hui encore, je pleure toujours. Les compensations sont vraiment très minimes. Sino-Metals me fournit de l’eau trois fois par semaine. C’est tout. Mais moi, je veux qu’ils me dédommagent, qu’ils me donnent suffisamment d’argent pour que je puisse aller m’installer ailleurs. Je ne peux pas rester ici. Toute la zone est polluée. »

Un autre témoin raconte : « Sino-Metals nous a donné 78 000 kwatcha, environ 3 800 euros, ce qui est très inférieur à ce que nous attendions, étant donné la surface des champs que nous avons perdus. C’est pour cela que nous sommes dévastés. Nous ne savons pas où aller et nous n’avons plus de terre à cultiver. Et sans terre, notre avenir est très sombre ! » 

À cette détresse s’ajoute un terrible sentiment d’injustice :

« Nous souffrons et, pendant ce temps-là, ceux qui exploitent nos minerais sont contents. Ils s’enrichissent en exploitant nos ressources, mais nous, les Zambiens, les propriétaires de cette terre, nous souffrons sans pouvoir nous projeter dans le futur. » 

Mais comment expliquer que des Zambiens installés sur un lopin de terre depuis des décennies, et dont ils s’imaginaient propriétaires, se retrouvent expropriés et considérés comme des squatteurs ? Pour répondre à cette question, il faut remonter le temps et faire un peu d’histoire. Sous Kenneth Kaunda, premier président de la Zambie, resté au pouvoir pendant vingt-sept ans entre 1964 et 1991, les Zambiens pouvaient s’installer sur les terres inoccupées pour y vivre, faire leurs champs et devenir de facto propriétaires des lieux. Puis dans les années 1990, avec l’avènement du multipartisme et du système capitaliste, ces terres inoccupées sont devenues des biens de valeur, et donc commercialisables. Enfin, la loi foncière de 1995 change totalement la donne. Elle indique que sans acte de propriété, toute personne y vivant sera désormais considérée comme un squatteur. Des milliers de Zambiens, sans papiers officiels, se retrouvent vulnérables, menacés d’être délogés au nom du développement économique. Directeur de l’Alliance territoriale du district de Kitwe, une ONG qui travaille sur le droit à la terre des populations de la Copperbelt, Félix Chipoya nous reçoit dans son bureau décati, en plein centre de Kitwé :

« Le désastre qui a eu lieu avec Sino-Metals a affecté plus de 1 400 personnes qui vivaient là. Donc, la compagnie doit leur trouver des terres pour que ces habitants puissent continuer à vivre. Parce que sans terre, où est-ce qu’ils vont aller ? C’est un vrai problème. Une compagnie donne du travail à 500 personnes mais elle en déplace 1 500. Pour moi, ce n’est pas du développement. Qu’importe qu’ils aient un papier ou non, ils vivent sur ces terres depuis toujours, donc ils doivent être considérés comme les propriétaires de cette terre et recevoir des dédommagements. Sinon, ils vont sombrer dans la pauvreté alors qu’ils sont déjà pauvres. On parle de démocratie, du peuple, par le peuple et pour le peuple, donc ce développement doit être équilibré entre le peuple et les investisseurs étrangers. Car le développement, c’est de permettre au peuple de gagner sa vie. » 

Face à ce qui est considéré comme un drame humain et environnemental, il existe peu de recours pour les populations concernées. En Zambie, il n’est pas possible d’attaquer en justice les grandes compagnies minières. Seule solution : se saisir d’un tribunal arbitral qui tranchera le litige entre les deux parties. Vladimir Chilinya est le directeur de l’ONG FIAN International en Zambie qui se bat contre les pratiques injustes et oppressives qui empêchent les communautés de se nourrir.

« C’est très injuste pour les communautés qui sont affectées. Car les arbitrages sont difficiles à obtenir, ils sont très chers, et la plupart des arbitres se trouvent dans les grandes villes. Donc, si un incident se produit en dehors de Lusaka ou d’une grande ville où il n’y a pas d’arbitres, le plaignant va devoir payer le coût du transport pour rencontrer un arbitre qui coûte également très cher, ce qui réduit la possibilité pour ces gens d’avoir recours à la justice. Et il n’est pas normal que les gens soient si pauvres dans un pays qui possède tant de ressources. Juste à côté de Lusaka, et il n’y a pas besoin d’aller très loin, vous pouvez voir dans quelle pauvreté vivent les gens. Sans accès à l’eau potable, dans des conditions sanitaires déplorables, sans la moindre route digne de ce nom. Dans un pays aussi riche, il revient au gouvernement de faire profiter les Zambiens de ces ressources et pas uniquement les investisseurs étrangers. Il faut que l’État zambien agisse en ce sens.»

C’est tout le paradoxe de la Zambie. Un État qui possède d’immenses richesses avec ses réserves de cuivre et ses minerais très convoités, mais qui s’est déclaré en faillite en 2020, avec une dette extérieure évaluée à plus de 10 milliards de dollars. Élu en 2021, le président, Hakainde Hichilema est candidat à sa propre succession lors de la prochaine élection présidentielle d’août 2026. Son programme économique est connu : tripler la production de cuivre du pays avec l’aide de la Chine. Une manne financière pour l’État qui pourrait être un fardeau pour les populations de la Copperbelt.

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La Coupe du monde de football est en cours depuis jeudi soir (11 juin 2026). Au total : 39 jours, 104 matchs pour 48 équipes en compétition à suivre sur nos antennes africaines. Un Mondial en partage, américain, mexicain et canadien. Le 15 juin à 18h à Atlanta (États-Unis), le Cap-Vert a rendez-vous avec l'Espagne (champion d'Europe en titre)... En 2è partie, nous parlons du charbon, très dévastateur pour l'atmosphère et le climat. L'Europe veut son abandon, la Roumanie résiste.

Le Cap-Vert à la Coupe du monde : petit pays, très grand événement La Coupe du monde, c’est à partir de ce soir. Aux États-Unis, au Mexique et au Canada. Dans 2 heures, le coup d’envoi du match d ouverture : Mexique / Afrique du Sud aura été donné, à Mexico. Ce sera parti pour 39 jours, 104 matches et pour 48 équipes en compétition à suivre sur nos antennes africaines. Il y a les grosses machines du football. Il y a les plus modestes.

Nous nous intéressons au Cap-Vert dont le nouveau format de la compétition a permis d’entrer dans la danse. Les Cap-Verdiens joueront lundi prochain le 15 juin 2026 à 18 h face aux Espagnols champions d'Europe en titre.

Un Grand reportage de Pauline Guillou qui s'entretient avec Jacques Allix.

► Le calendrier Coupe du monde

► À lire aussi Coupe du monde de football 2026 : notre dossier

La Roumanie ne veut pas dire adieu au charbon Le charbon est l'énergie qui contribue le plus au réchauffement de la planète. Pour respecter l'accord de Paris de 2015 sur le climat, les pays de l'Union européenne devraient l'abandonner avant 2030. Beaucoup s'y sont engagés. Mais après l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en 2022, et la hausse des prix de l'énergie, certains ont repoussé l'échéance ou revu leur calendrier. La Roumanie en fait partie.

Le pays touche des aides de Bruxelles pour sortir du charbon, mais a obtenu en octobre 2025 un délai supplémentaire de la part de la Commission européenne, pour reporter la fermeture de plusieurs de ses mines et centrales, malgré les conséquences pour l'environnement.

Ce reportage a bénéficié d'un financement de l'Union européenne.

Un Grand reportage de Justine Fontaine qui s'entretient avec Jacques Allix.

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Bienvenue dans cette émission consacrée à l'immigration en Europe. L'Europe qui redéfinit sa politique migratoire dans un sens restrictif, des nouvelles règles du Pacte européen sur la migration et l'asile sont entrées en vigueur, ce vendredi 12 juin 2026, 2 ans après le vote du Parlement. But annoncé par Bruxelles : oeuvrer pour que l'Europe dispose de frontières sûres et solides... L'Espagne, dans le même temps, choisit une autre méthode, une régularisation massive des migrants.

Italie : la laborieuse intégration des migrants africains L’Italie est une des portes d’entrée des migrants en Europe. Le gouvernement d’extrême droite de Giorgia Meloni tente de freiner l’immigration clandestine, venue d’Afrique notamment. Mais dans le même temps, les autorités font venir des centaines de milliers de personnes pour occuper des emplois dont l’Italie a besoin, une immigration choisie qui a ses limites.

Les migrants vivent dans des conditions précaires, et peuvent être victimes d’exploitation, sans compter le racisme. Nous nous sommes rendus dans la région agricole des Pouilles, dans le sud du pays.

Un Grand reportage de Murielle Paradon qui s'entretient avec Jacques Allix.

L’Espagne, à contrecourant, régularise un demi-million de sans-papiers Une régularisation massive des migrants est en cours en Espagne, à une échelle exceptionnelle. 500 000 des 800 000 personnes en situation irrégulière vont obtenir des papiers. Il s’agit le plus souvent de Latino-Américains. Une décision du gouvernement espagnol de Pedro Sanchez, sans approbation du Parlement. L’exécutif explique que l’économie a le vent en poupe, et que les entreprises sont prêtes à embaucher.

Pas besoin de contrat de travail préalable. Le casier judiciaire doit être vierge. Une régularisation spectaculaire qui soulève un débat de société.

Un Grand reportage de François Musseau qui s'entretient avec Jacques Allix.

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La Coupe du monde, c’est à partir de ce soir. Aux États-Unis, au Mexique et au Canada. Dans 2 heures, le coup d’envoi du match d ouverture : Mexique / Afrique du Sud aura été donné, à Mexico. Ce sera parti pour 39 jours, 104 matches et pour 48 équipes en compétition à suivre sur nos antennes africaines. Il y a les grosses machines du football. Il y a les plus modestes.

Nous nous intéressons au Cap-Vert dont le nouveau format de la compétition a permis d’entrer dans la danse. Les Cap-Verdiens joueront lundi prochain le 15 juin 2026 à 18 h face aux Espagnols champions d'Europe en titre.

« Le Cap-Vert à la Coupe du monde : petit pays, très grand événement », un Grand reportage de Pauline Guillou qui a sillonné un archipel, tout en bleu.

Réalisation : Jérémie Boucher.

► Le calendrier Coupe du monde

À lire aussiCoupe du monde de football 2026 : notre dossier

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L’Italie est une des portes d’entrée des migrants en Europe. Le gouvernement d’extrême droite de Giorgia Meloni tente de freiner l’immigration clandestine, venue d’Afrique notamment. Mais dans le même temps, les autorités font venir des centaines de milliers de personnes pour occuper des emplois dont l’Italie a besoin, une immigration choisie qui a ses limites.

Les migrants vivent dans des conditions précaires, et peuvent être victimes d’exploitation, sans compter le racisme. Nous nous sommes rendus dans la région agricole des Pouilles, dans le sud du pays.

« Italie : la laborieuse intégration des migrants africains », un Grand reportage de Murielle Paradon.

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Une régularisation massive des migrants est en cours en Espagne, à une échelle exceptionnelle. 500 000 des 800 000 personnes en situation irrégulière vont obtenir des papiers. Il s’agit le plus souvent de Latino-Américains. Une décision du gouvernement espagnol de Pedro Sanchez, sans approbation du Parlement. L’exécutif explique que l’économie a le vent en poupe, et que les entreprises sont prêtes à embaucher.

Pas besoin de contrat de travail préalable. Le casier judiciaire doit être vierge. Une régularisation spectaculaire qui soulève un débat de société.

« L’Espagne, à contrecourant, régularise un demi-million de sans-papiers », un Grand reportage de François Musseau.

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Au sommaire de cette émission, le jeu des influences géopolitiques et les tensions qui vont avec, tensions entre des titans, la Russie, la Chine, leurs alliés et le camp occidental. En seconde partie d'émission, lutte d'influence dans le Pacifique avec Emma Garboud-Lorenzoni, nous irons au Tuvalu, aux Fidji et en Nouvelle-Zélande où la Chine et les grandes puissances occidentales manœuvrent leurs pions pour ne pas perdre ou gagner en influence

La Moldavie en proie à la guerre d’influence russe La Moldavie a choisi de maintenir un cap européen. Lors des élections législatives du 28 septembre, le parti au pouvoir, le PAS, qui milite pour une adhésion à l’Union européenne, a remporté la majorité des sièges au Parlement. Le scrutin et la campagne électorale ont été tendus, marqués par des ingérences russes sans précédent. La Moldavie, petit pays de 2,4 millions d’habitants, considéré comme le plus pauvre d’Europe attise les convoitises de Moscou.

Coincé entre la Roumanie et l’Ukraine, elle occupe une place stratégique. Ancienne République soviétique, c’est une zone tampon entre l’Ouest et l’Est, un levier pour la Russie, dans sa confrontation avec l’Union européenne.

Un Grand reportage de Murielle Paradon qui s'entretient avec Jacques Allix.**

Quand les grandes puissances se déchirent dans le Pacifique À l’image des îles Salomon, la plupart des pays situés dans l’océan Pacifique sont dépendants des aides au développement. Longtemps tournés vers les puissances occidentales, ils voient désormais la Chine s’imposer comme un partenaire de premier plan. Il y a des soubresauts, et toute la région se retrouve ainsi au cœur d’un bras de fer géopolitique qui s’intensifie.

Un Grand reportage d'Emma Garboud-Lorenzoniqui s'entretient avec *Jacques Allix.*

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Dans le courant de la semaine, vous avez pu découvrir des reportages consacrés aux réfugiés gazaouis et à la capitale indienne. Nous avons rendez-vous avec leurs auteurs, Martin Dumas Primbault et Côme Bastin qui nous a fait découvrir l'étouffante ville de New Delhi entre chaleur et pollution, encore et toujours malgré l'engagement du Premier ministre d'en faire une vitrine en matière d'environnement.

Égypte : la vie en suspens des exilés de Gaza Il y a 2 ans, l’attaque terroriste du Hamas sur Israël à la frontière de Gaza va être le déclencheur d’une terrible spirale. La réplique d'Israël, à force d’offensives de chars, de bombardements aériens ; d’assauts de fantassins sur un petit territoire fort peuplé et bouclé, va conduire à une guerre d’anéantissement de la population de cette bande de Gaza. Malgré tout, au moins 100 000 Palestiniens ont pu trouver refuge en Égypte. Faisant du pays, celui qui accueille le plus de Gazaouis.

Installés pour la plupart au Caire, ces exilés vivent sans statut légal : l’État égyptien ne leur accorde aucun permis de résidence. Indésirables et au quotidien précaire, ils sont partagés entre l’espoir de rentrer à Gaza quand les armes se tairont et le désir de reconstruire ailleurs une vie nouvelle.

Un Grand reportage de Martin Dumas Primbault qui s'entretient avec Jacques Allix.**

À New Delhi, les nationalistes hindous s’improvisent écologistes Des montagnes de déchets, l’air ambiant ultra-toxique, un fleuve empoisonné… New Delhi, la capitale indienne, fait face à une situation environnementale apocalyptique. Ses 30 millions d’habitants perdraient plus de 10 ans d’espérance de vie à cause de cette pollution. Les politiques publiques ont, pour l’instant, échoué à enrayer cette catastrophe écologique et sanitaire. Lors des élections municipales de mars 2025, le parti du Premier ministre Narendra Modi, le BJP, a été élu avec la promesse d’agir enfin. Mais ses solutions ou ces semblants de solutions peinent pour l’instant à convaincre les experts.

Un Grand reportage de Côme Bastin qui s'entretient avec Jacques Allix.**

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La Moldavie a choisi de maintenir un cap européen. Lors des élections législatives du 28 septembre, le parti au pouvoir, le PAS, qui milite pour une adhésion à l’Union européenne, a remporté la majorité des sièges au Parlement. Le scrutin et la campagne électorale ont été tendus, marqués par des ingérences russes sans précédent. La Moldavie, petit pays de 2,4 millions d’habitants, considéré comme le plus pauvre d’Europe attise les convoitises de Moscou.

Coincé entre la Roumanie et l’Ukraine, elle occupe une place stratégique. Ancienne République soviétique, c’est une zone tampon entre l’Ouest et l’Est, un levier pour la Russie, dans sa confrontation avec l’Union européenne.

«La Moldavie en proie à la guerre d’influence russe», un Grand reportage de Murielle Paradon.

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Il y a 2 ans, l’attaque terroriste du Hamas sur Israël à la frontière de Gaza va être le déclencheur d’une terrible spirale. La réplique d'Israël, à force d’offensives de chars, de bombardements aériens ; d’assauts de fantassins sur un petit territoire fort peuplé et bouclé, va conduire à une guerre d’anéantissement de la population de cette bande de Gaza. Malgré tout, au moins 100 000 Palestiniens ont pu trouver refuge en Égypte. Faisant du pays, celui qui accueille le plus de Gazaouis.

Installés pour la plupart au Caire, ces exilés vivent sans statut légal : l’État égyptien ne leur accorde aucun permis de résidence. Indésirables et au quotidien précaire, ils sont partagés entre l’espoir de rentrer à Gaza quand les armes se tairont et le désir de reconstruire ailleurs une vie nouvelle.

«Égypte : la vie en suspens des exilés de Gaza», un Grand reportage de Martin Dumas Primbault.

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Des montagnes de déchets, l’air ambiant ultra-toxique, un fleuve empoisonné… New Delhi, la capitale indienne, fait face à une situation environnementale apocalyptique. Ses 30 millions d’habitants perdraient plus de 10 ans d’espérance de vie à cause de cette pollution. Les politiques publiques ont, pour l’instant, échoué à enrayer cette catastrophe écologique et sanitaire. Lors des élections municipales de mars 2025, le parti du Premier ministre Narendra Modi, le BJP, a été élu avec la promesse d’agir enfin. Mais ses solutions ou ces semblants de solutions peinent pour l’instant à convaincre les experts.

«À New Delhi, les nationalistes hindous s’improvisent écologistes», un Grand Reportage de Côme Bastin.

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À l’image des îles Salomon, la plupart des pays situés dans l’océan Pacifique sont dépendants des aides au développement. Longtemps tournés vers les puissances occidentales, ils voient désormais la Chine s’imposer comme un partenaire de premier plan. Il y a des soubresauts, et toute la région se retrouve ainsi au cœur d’un bras de fer géopolitique qui s’intensifie.

« Quand les grandes puissances se déchirent dans le Pacifique », un Grand reportage d’Emma Garboud-Lorenzoni.

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En première partie, nous partons tout d'abord en Afghanistan. Le 15 août 2021, les talibans y prenaient le pouvoir ou le reprenaient. Depuis, les droits des femmes sont bafoués, les Afghanes visées par de nombreuses restrictions ont progressivement disparu de l'espace public (du gouvernement, de nombreuses entreprises, des collèges, des universités). Parmi les nombreux drames, politiques, sociaux, humains, tout simplement que cela engendre, une étude menée par l'ONU révèle une crise de santé mentale liée à la perte de leurs droits, 78% des femmes ont déclaré avoir une santé mentale mauvaise ou très mauvaise, et 8% ont dit connaître au moins une autre femme ou fille qui aurait tenté de se suicider. Un reportage rendu possible grâce à des témoignages de femmes en Afghanistan, récoltés par téléphone par Hasina Akbari qui a collaboré avec notre correspondante au Pakistan. ... En seconde partie d'émission, nous serons dans le Parc de la Lopé, au Gabon, avec François Mazet. Le Parc de la Lopé, un des plus beaux parcs naturels du pays qui recèlent une part de l'histoire, ou plutôt de la préhistoire du Gabon. François Mazet répond également à nos questions en fin d'émission.

Afghanistan, la longue nuit des femmes Le 15 août 2021, les talibans prenaient le pouvoir en Afghanistan. Ou reprenaient le pouvoir. Depuis, les droits des femmes sont bafoués. Les Afghanes, visées par de nombreuses restrictions, ont progressivement disparu de l’espace public : du gouvernement, de nombreuses entreprises, des collèges, des universités. Parmi les nombreux drames, politiques, sociaux, (humains tout simplement) que cela engendre, une récente étude menée par l’ONU révèle une crise de santé mentale.

Une crise de plus en plus grave chez les femmes, liée à la perte de leurs droits. 78% des femmes ont déclaré avoir une santé mentale « mauvaise » ou « très mauvaise », et 8% ont dit connaître au moins une autre femme ou fille qui avait tenté de se suicider. Un reportage rendu possible grâce à des témoignages de femmes en Afghanistan récoltés par téléphone par Hasina Akbari qui a collaboré avec notre correspondante au Pakistan.

Un Grand reportage de Sonia Ghezali qui s'entretient avec Jacques Allix.**

Le parc de la Lopé, sauvegarder le patrimoine naturel et humain du Gabon Il est le plus ancien et le plus connu des parcs nationaux du Gabon. Le parc national de Lopé-Okanda en plein cœur du pays, abrite sur 5.000 km² une faune et une flore d’une grande richesse. Mais aussi un patrimoine archéologique qui lui vaut d’être classé à l’UNESCO depuis 2007. Malgré des moyens limités, les équipes des parcs nationaux font de leur mieux pour défendre l’intégrité de ce havre de savanes et de forêts baigné par les eaux du fleuve Ogooué.

Un Grand reportage de François Mazet qui s'entretient avec Jacques Allix.**

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En première partie, nous voici en Ukraine aujourd'hui. C'est la guerre ouverte, violente, guerre de conquête à coups de chars, de drones, de missiles depuis plus de 3 ans et demi. Donetsk perdue, Kramatorsk est devenue de fait la capitale du Donbass ukrainien, elle voit le front se rapprocher. À vol d'oiseau, il est à une quinzaine de kilomètres et la ville elle-même est régulièrement bombardée. Face aux grignotages incessants du territoire par les forces russes, cette question est de plus en plus prégnante pour les Ukrainiens. Partir ou rester ? La Russie contrôle plus de 70% de la région de Donetsk et la quasi-totalité de celle de Louhansk, elle veut aller plus loin, de gré ou de force. Une perspective redoutée, mais espérée également par certains... En seconde partie d'émission, la réunification allemande, 35 ans après, que reste-t-il de la RDA, l'Allemagne de l'Est, un reportage de Nathalie Versieux.

Est de l’Ukraine, lâcher du terrain ou combattre jusqu’au bout ? Plus de trois ans et demi après la percée des chars russes et 11 ans après le début du conflit, Kramatorsk, devenue de fait la capitale du Donbass ukrainien, voit le front se rapprocher. Les premiers combats sont à une quinzaine de km à vol d’oiseau et la ville elle-même est régulièrement bombardée. Partir ou rester ? La question se fait de plus en plus pressante pour de nombreux habitants de la partie du Donbass sous contrôle ukrainien.

À mesure que le front se rapproche, et avec lui, les destructions, des centaines de personnes sont obligées de prendre la route de l'exil.

La Russie contrôle plus de 70% de la région de Donetsk et la quasi-totalité de celle de Louhansk. Elle cherche à s’emparer de la totalité de ce territoire par la force ou la négociation. Une perspective terriblement redoutée mais espérée aussi par certains, alors que les conditions de vie se dégradent chaque jour un peu plus.

Un Grand reportage d'Anastasia Becchio et Julien Boileau qui s'entretiennent avec Jacques Allix.**

Réunification allemande: 35 ans plus tard, que reste-t-il de la RDA? 3 octobre 1990. L’Allemagne divisée depuis 1949 est désormais réunifiée, un peu moins d’un an après l’ouverture du Mur de Berlin en novembre 1989. Fin de 40 ans de partition du pays. 35 ans plus tard, que reste-t-il de l’ex-RDA ? À Berlin, des quantités de traces ont disparu, notamment de nombreux symboles politiques du régime. En province, le passé est-allemand est souvent plus visible. Aujourd’hui, une nouvelle génération semble redécouvrir la valeur architecturale et artistique de la RDA.

Mais le débat reste vivace. L’ouest de l'Allemagne ne cède rien de son rejet du communisme. Et l'est du pays dénonce une forme de colonialisation par ses colocataires de l'Ouest.

Un Grand reportage de Nathalie Versieux qui s'entretient avec Jacques Allix.**

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Il est le plus ancien et le plus connu des parcs nationaux du Gabon. Le parc national de Lopé-Okanda en plein cœur du pays, abrite sur 5.000 km² une faune et une flore d’une grande richesse. Mais aussi un patrimoine archéologique qui lui vaut d’être classé à l’UNESCO depuis 2007. (Rediffusion)

Malgré des moyens limités, les équipes des parcs nationaux font de leur mieux pour défendre l’intégrité de ce havre de savanes et de forêts baigné par les eaux du fleuve Ogooué.

«Le parc de la Lopé, sauvegarder le patrimoine naturel et humain du Gabon», un Grand reportage de François Mazet.

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3 octobre 1990. L’Allemagne divisée depuis 1949 est désormais réunifiée, un peu moins d’un an après l’ouverture du Mur de Berlin en novembre 1989. Fin de 40 ans de partition du pays. 35 ans plus tard, que reste-t-il de l’ex-RDA ? À Berlin, des quantités de traces ont disparu, notamment de nombreux symboles politiques du régime. En province, le passé est-allemand est souvent plus visible. Aujourd’hui, une nouvelle génération semble redécouvrir la valeur architecturale et artistique de la RDA.

Mais le débat reste vivace. L’ouest de l'Allemagne ne cède rien de son rejet du communisme. Et l'est du pays dénonce une forme de colonialisation par ses colocataires de l'Ouest.

«Réunification allemande: 35 ans plus tard, que reste-t-il de la RDA ?», un Grand reportage de Nathalie Versieux.

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Plus de trois ans et demi après la percée des chars russes et 11 ans après le début du conflit, Kramatorsk, devenue de fait la capitale du Donbass ukrainien, voit le front se rapprocher. Les premiers combats sont à une quinzaine de km à vol d’oiseau et la ville elle-même est régulièrement bombardée. Partir ou rester ? La question se fait de plus en plus pressante pour de nombreux habitants de la partie du Donbass sous contrôle ukrainien.

À mesure que le front se rapproche, et avec lui, les destructions, des centaines de personnes sont obligées de prendre la route de l'exil.

La Russie contrôle plus de 70% de la région de Donetsk et la quasi-totalité de celle de Louhansk. Elle cherche à s’emparer de la totalité de ce territoire par la force ou la négociation. Une perspective terriblement redoutée mais espérée aussi par certains, alors que les conditions de vie se dégradent chaque jour un peu plus.

«Est de l’Ukraine, lâcher du terrain ou combattre jusqu’au bout ?», un Grand reportage d’Anastasia Becchio et Julien Boileau.

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RFI vous a proposé ces dernières semaines une série de reportages et analyses sur les trafics de drogue à travers le monde. Cette semaine, nous sommes au coeur du système de production, une sorte d'agriculture intensive de la plante de coca qui va devenir cocaïne après maintes manipulations chimiques. Nous sommes en Colombie, premier producteur mondial de cocaïne et en Equateur devenu la première porte de sortie de la drogue d'Amérique du Sud, un reportage d'Eric Samson. En seconde partie d'émission, direction Pékin où nous serons en ligne avec notre correspondante permanente Clea Broadhurst après son reportage sur la natalité. En Chine, il est loin le temps de la règle d'or de l'enfant unique mais ce n'est pas évident de remotiver les Chinois sur la voie de la famille plus ou moins nombreuse.

Coca, basuco et cocaïne: une frontière sous influence La cocaïne est devenue une drogue du quotidien si l’on peut dire. Il y a quelques décennies, elle était chère, et plutôt réservée à certains milieux privilégiés. Son usage s’est considérablement popularisé, notamment en Europe. Plus forte, moins chère, très abondante grâce à la mondialisation du commerce et très bien distribuée. Qui dit cocaïne dit Colombie. Premier producteur mondial. Cet homme que nous venons d’entendre est Colombien. Il préfère ne pas donner son vrai nom. Installé dans le sud du pays, à quelques mètres de la frontière équatorienne, il cultive depuis des années de la coca qu’il transforme ensuite en pâte base de cocaïne dans un petit laboratoire de fortune. Notre correspondant en Équateur s’est arrangé pour passer la frontière, aller sur place sur le sol colombien, recueillir les témoignages de ces petites mains de la poudre blanche en fabrication, qui inonde la planète.

Un Grand reportage d'Eric Samson qui s'entretient avec Jacques Allix.**

Naissances en Chine : quand l'intime défie la politique Le vent tourne en Chine en termes de natalité. L’enfant unique fut longtemps une obligation. Aujourd’hui, l’inverse est presque de mise : l’État s’inquiète de voir les naissances chuter. En 2024, le pays n’a enregistré que 9 millions et demi de bébés, très peu à l'échelle du pays. Un des niveaux les plus bas depuis la fondation de la République populaire. Les autorités multiplient les incitations. Mais les jeunes, eux, y regardent à deux fois. Grandir, aimer et transmettre. Ils s’interrogent.

Un Grand reportage de Clea Broadhurst (et Chi Xiangyuan) qui s'entretient avec Jacques Allix.**

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En première partie, nous discutons avec Lila Olkinuora pour ce reportage à la frontière entre Finlande et Russie, Itäraja en français : la frontière de l'Est. Elle est fermée depuis presque 2 ans, en toile de fond, bien sûr, la guerre en Ukraine. En novembre 2023, en l'espace de quelques jours, plus de 1 300 demandeurs d'asile ont tenté de quitter la Russie au moment où la Finlande adhérait à l'OTAN. Pour les Finlandais, Moscou utilisait ainsi l'immigration massive comme arme de rétorsion à cette adhésion. Des points de passage sont alors immédiatement verrouillés. En seconde partie d'émission, nous serons en ligne avec Siam Spencer à Marseille pour parler trafic de drogue. Un véritable système très efficace et particulièrement meurtrier.

Frontière entre Finlande et Russie: l'ombre de la guerre en Ukraine Itäraja en français: la frontière de l’Est. Nous voici sur cette ligne qui sépare la Finlande et la Russie. Itäraja est fermée depuis novembre 2023. Quand, en l’espace de quelques jours, plus de 1 300 demandeurs d’asile ont tenté de quitter la Russie. L’administration finlandaise, débordée, estime alors que Moscou orchestre délibérément cette pression migratoire en représailles à l’adhésion de la Finlande à l’Otan. La riposte est immédiate : les 1 340 kilomètres de frontière - la plus longue entre la Russie et l’Union européenne - sont verrouillés.

Un Grand reportage de Lila Olkinuora qui s'entretient avec Jacques Allix.**

Drogue à Marseille, anatomie d’un système urbain Nous sommes en France aujourd’hui dans Grand reportage. À Marseille et la région PACA, Provence Alpes Côte d’Azur. Depuis plus de cinquante ans, Marseille est considérée comme la «capitale» française de la drogue. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, des parrains, corses ou italiens, y ont développé le narcotrafic en créant la célèbre «French connection». Avec des liens puissants avec les États-Unis pour le marché de l'héroïne.

De nos jours encore, la cité phocéenne est gangrénée par le narcotrafic qui fait beaucoup parler. Comment s’organise ce trafic, quelles en sont les causes et les conséquences ? RFI est allé à la rencontre de : consommateurs, trafiquants, policiers, riverains de points de deal.

Un Grand reportage de Siam Spencer qui s'entretient avec Jacques Allix.**

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Nous sommes en France aujourd’hui dans Grand reportage. À Marseille et la région PACA, Provence Alpes Côte d’Azur. Depuis plus de cinquante ans, Marseille est considérée comme la «capitale» française de la drogue. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, des parrains, corses ou italiens, y ont développé le narcotrafic en créant la célèbre «French connection». Avec des liens puissants avec les États-Unis pour le marché de l'héroïne.

De nos jours encore, la cité phocéenne est gangrénée par le narcotrafic qui fait beaucoup parler. Comment s’organise ce trafic, quelles en sont les causes et les conséquences ? RFI est allé à la rencontre de : consommateurs, trafiquants, policiers, riverains de points de deal.

«Drogue à Marseille, anatomie d’un système urbain», un Grand reportage de Siam Spencer.

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La cocaïne est devenue une drogue du quotidien si l’on peut dire. Il y a quelques décennies, elle était chère, et plutôt réservée à certains milieux privilégiés. Son usage s’est considérablement popularisé, notamment en Europe. Plus forte, moins chère, très abondante grâce à la mondialisation du commerce et très bien distribuée. Qui dit cocaïne dit Colombie. Premier producteur mondial. Cet homme que nous venons d’entendre est Colombien. Il préfère ne pas donner son vrai nom.

Installé dans le sud du pays, à quelques mètres de la frontière équatorienne, il cultive depuis des années de la coca qu’il transforme ensuite en pâte base de cocaïne dans un petit laboratoire de fortune. Notre correspondant en Équateur s’est arrangé pour passer la frontière, aller sur place sur le sol colombien, recueillir les témoignages de ces petites mains de la poudre blanche en fabrication, qui inonde la planète.

«Coca, basuco et cocaïne: une frontière sous influence», d’Éric Samson.

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Itäraja en français: la frontière de l’Est. Nous voici sur cette ligne qui sépare la Finlande et la Russie. Itäraja est fermée depuis novembre 2023. Quand, en l’espace de quelques jours, plus de 1 300 demandeurs d’asile ont tenté de quitter la Russie. L’administration finlandaise, débordée, estime alors que Moscou orchestre délibérément cette pression migratoire en représailles à l’adhésion de la Finlande à l’Otan. La riposte est immédiate : les 1 340 kilomètres de frontière - la plus longue entre la Russie et l’Union européenne - sont verrouillés.

«Frontière entre Finlande et Russie : l'ombre de la guerre en Ukraine, un Grand reportage de Lila Olkinuora».

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Le Grand reportage week-end de ce dimanche est consacré en première partie à la Tunisie sur la grande route de l'immigration Sud-Nord. La Tunisie qui refuse d'être un pays d'accueil et un pays de transit pour les migrants subsahariens. Le président Kais Saïed étant même allé jusqu'à considérer qu'il y avait un risque de changement démographique pour la Tunisie à cause de cette immigration. Une politique très dure est à appliquer, et elle fait le jeu des Européens. En deuxième partie, nous serons en ligne avec Sarah Cozzolino pour parler du Brésil où les femmes déjouent par l'artisanat la pauvreté de leur région du nord de l'État du Minas Gérais. (Rediffusion)

Tunisie : une lutte contre l’immigration, au bénéfice de l’Europe La Tunisie refuse d'être un pays d'accueil et de transit pour les migrants subsahariens. Une politique martelée par les autorités depuis 2023, dans la foulée des propos polémiques du président Kaïs Saïed sur le risque d'un changement démographique de la Tunisie à cause de l’immigration. Depuis, les contrôles des migrants en situation irrégulière se sont accentués. Leur vie est devenue quasi-impossible. La gestion de ce flux migratoire venu du Sud fait polémique en Tunisie, mais reçoit le soutien implicite des puissances européennes, soucieuses d'endiguer les nombreuses arrivées à leurs frontières.

Un Grand reportage de Lilia Blaise qui s'entretient avec Jacques Allix.**

Brésil: l’artisanat, planche de salut, pour les femmes de la vallée du Jequitinhonha Elle est surnommée la Vallée de la misère. Au Brésil, dans le nord de l’État du Minas Gérais, la vallée du Jequitinhonha s’étend sur 50 000 km2, le long du fleuve du même nom. Elle est connue pour son climat aride et ses populations rurales, la pauvreté pousse une partie des habitants à émigrer. Mais c’est sans compter l’incroyable richesse de l’artisanat de la région, réalisé par ses femmes.

Un Grand reportage de Sarah Cozzolino qui s'entretient avec Jacques Allix.**

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Demain, c'est un événement pour le continent africain : le premier championnat du monde de cyclisme sur route organisé en Afrique. Coup d'envoi à Kigali, terrains et dénivelés spectaculaires, des côtes sévères, des descentes techniques en ville et campagne. En seconde partie, nous revenons sur le parcours que la cocaïne emprunte à travers l'Afrique, à partir de l'Afrique de l'Ouest et en direction de l'Europe qu'elle pénètre chaque année un peu plus avec son lot de violence et de corruption. Nous suivrons la route avec 6 correspondants de RFI.

Le Rwanda au centre du monde cycliste C’est un événement historique pour le cyclisme, pour le Rwanda et pour l’Afrique. Les Mondiaux à Kigali. Les premiers sur le continent. Une semaine de compétitions à partir de dimanche prochain (21 septembre 2025) dans un pays où l’objet vélo est depuis longtemps un moyen de déplacement, un outil de travail. On transporte sur sa bicyclette une récolte ou du matériel. Le sport cycliste est une tradition beaucoup plus récente, à l’essor spectaculaire porté par des passionnés, et encouragé par un gouvernement désireux de soigner son image sur la scène internationale...

Un Grand reportage de Thomas de Saint Leger. qui s'entretient avec Jacques Allix.**

Cocaïne : la route africaine vers l'Europe La cocaïne s'est frayé un nouveau chemin ces toutes dernières années vers l’Europe : une route africaine. Un tiers de la poudre blanche consommée en Union européenne passerait par l’Afrique selon l’Observatoire européen des drogues, par la mer le long des côtes ouest-africaines, par avion de ligne ou jet privé et par la terre, en jouant à saute frontière à travers les déserts notamment, puis la Méditerranée.

C’est ce trajet que nous avons décidé de suivre dans ce Grand reportage avec 6 correspondants de RFI. Reportages : Eric Samson, Léa-Lisa Westerhoff ; Allen Yero Embalo, Serge Daniel, François Musseau et Laurence Théault. Récit : Jacques Allix.

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C’est un événement historique pour le cyclisme, pour le Rwanda et pour l’Afrique. Les Mondiaux à Kigali. Les premiers sur le continent. Une semaine de compétitions à partir de dimanche prochain (21 septembre 2025) dans un pays où l’objet vélo est depuis longtemps un moyen de déplacement, un outil de travail. On transporte sur sa bicyclette une récolte ou du matériel. Le sport cycliste est une tradition beaucoup plus récente, à l’essor spectaculaire porté par des passionnés, et encouragé par un gouvernement désireux de soigner son image sur la scène internationale...

«Le Rwanda au centre du monde cycliste», un Grand reportage de Thomas de Saint Leger.

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La cocaïne s'est frayé un nouveau chemin ces toutes dernières années vers l’Europe : une route africaine. Un tiers de la poudre blanche consommée en Union européenne passerait par l’Afrique selon l’Observatoire européen des drogues, par la mer le long des côtes ouest-africaines, par avion de ligne ou jet privé et par la terre, en jouant à saute frontière à travers les déserts notamment, puis la Méditerranée.

C’est ce trajet que nous avons décidé de suivre dans ce Grand reportage avec 6 correspondants de RFI. Reportages : Eric Samson, Léa-Lisa Westerhoff ; Allen Yero Embalo, Serge Daniel, François Musseau et Laurence Théault. Récit : Jacques Allix.

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Le Grand reportage week-end de ce dimanche est consacré à l'Afrique. En première partie, des anciennes colonies portugaises célèbrent un demi-siècle d'indépendance. Cinq pays sont concernés, l'Angola, le Cap-Vert, la Guinée-Bissau, le Mozambique et Sao Tomé-et-Principe. La chute du régime autoritaire de Salazar en 1974 et la Révolution des Oeillets ont signé la fin de la colonisation portugaise et l'avènement des indépendances jusqu'à l'année suivante. Au Portugal, la diaspora des anciens colonisés reste importante (entre 180 000 et 230 000 personnes), il y a toujours de nouveaux arrivants qui se mêlent à ceux arrivés dans les années 70 et plus tard... En seconde partie, direction la région d'Agadir, au Maroc, dans ce qu'on appelle parfois le grenier de l'Europe. Dans des champs immenses ou des serres gigantesques, y poussent fruits et légumes. Une particularité, ils sont récoltés en très grand partie par des migrants subsahariens.

Portugal : les déracinés des indépendances africaines 5 pays africains : l’Angola, le Cap-Vert, la Guinée-Bissau, le Mozambique et São Tomé et Principe, commémorent cette année les 50 ans de leur indépendance. Les guerres coloniales se sont arrêtées avec la chute du régime autoritaire de Salazar en 74, et la révolution démocratique du 25 avril. Les guerres civiles et les soubresauts politiques des anciennes colonies poussent toujours hommes et femmes vers l’ancien pays colonisateur. Certains sont arrivés dans les années 70, d’autres bien plus tard, et d’autres encore sont nés au Portugal. Ils y vivent entre indépendance, intégration, nostalgie et conviction.

Un Grand reportage de Marie-Line Darcy qui s'entretient avec Jacques Allix.**

Récolter pour survivre : le quotidien des migrants subsahariens au Maroc Au Maroc, la région d’Agadir dans le sud-ouest du pays, concentre une part importante des travailleurs migrants irréguliers. Ils seraient plus de 10 000, selon les ONG, parmi ces subsahariens entre 90 000 et 300 000, qui y font escale. Beaucoup d’autres poursuivent leur migration vers l'Europe. Ils se sont installés dans ce que certains surnomment le « potager de l’Europe » : 20 000 hectares de serres où fruits et légumes poussent toute l’année. Sans papiers, ils sont mal payés, travaillent dur et s’intègrent très difficilement. Même si des associations sont présentes.

Un Grand reportage de François Hume Ferkatadjiqui s'entretient avec Jacques Allix.**

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Le Grand reportage week-end de ce samedi est consacré à l'Afrique du Sud puis à la France. 30 ans après la création par Nelson Mandela de la fameuse Commission Vérité et Réconciliation, une innovation en matière de justice pour essayer de panser les plaies de l'apartheid, mais des suspects de crimes n'ont toujours pas été inquiétés... En seconde partie, nous revenons sur la situation dans les campagnes françaises où Justine Rodier nous entraine dans un de ces déserts médicaux, là où les médecins manquent.

30 ans plus tard, l’ombre des crimes de l’apartheid continue de planer sur l’Afrique Le 19 juillet 1995 était signée, par Nelson Mandela, la loi qui créait la Commission vérité et réconciliation. Une expérience de justice restaurative pour tenter de panser les terribles plaies de l’apartheid. Une dynamique qui a créé des émules partout dans le monde. Mais aujourd’hui, le bilan est finalement assez mitigé, car les suspects qui n’ont pas obtenu d’amnistie n’ont jamais été inquiétés par les tribunaux. Le temps n’efface pas tout et désormais, les familles des victimes veulent des réponses.

Un Grand reportage de Claire Bargelès et Vincent Hugues qui s'entretiennent avec Jacques Allix.**

Alerte aux soins en zones rurales La désertification médicale touche 85% du territoire français, 9 millions de personnes sont concernées. Selon le ministère de la Santé, cela devrait s'aggraver. En Lozère, département le moins peuplé de France, il n’y a qu’une maternité, et qu’un seul centre d’urgence, à l’hôpital de Mende. Les pompiers mettent en moyenne 25 minutes pour toucher au but, contre 14 minutes à l’échelle nationale. Une proposition de loi, la loi Garot chemine entre les assemblées pour essayer d’amener les professionnels de santé à tenter l'aventure.

Un Grand reportage de Justine Rodier qui s'entretient avec Jacques Allix.**

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5 pays africains : l’Angola, le Cap-Vert, la Guinée-Bissau, le Mozambique et São Tomé et Principe, commémorent cette année les 50 ans de leur indépendance. Les guerres coloniales se sont arrêtées avec la chute du régime autoritaire de Salazar en 74, et la révolution démocratique du 25 avril. Les guerres civiles et les soubresauts politiques des anciennes colonies poussent toujours hommes et femmes vers l’ancien pays colonisateur. Certains sont arrivés dans les années 70, d’autres bien plus tard, et d’autres encore sont nés au Portugal. Ils y vivent entre indépendance, intégration, nostalgie et conviction.

«Portugal : les déracinés des indépendances africaines», un Grand reportage de Marie-Line Darcy.

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La désertification médicale touche 85% du territoire français, 9 millions de personnes sont concernées. Selon le ministère de la Santé, cela devrait s'aggraver. En Lozère, département le moins peuplé de France, il n’y a qu’une maternité, et qu’un seul centre d’urgence, à l’hôpital de Mende. Les pompiers mettent en moyenne 25 minutes pour toucher au but, contre 14 minutes à l’échelle nationale. Une proposition de loi, la loi Garot chemine entre les assemblées pour essayer d’amener les professionnels de santé à tenter l'aventure.

«Alerte aux soins en zones rurales», un Grand reportage de Justine Rodier.

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Le 25 juin, le Mozambique célèbrera le cinquantième anniversaire de son indépendance. La guerre de libération du pays a duré 10 ans pendant lesquels la guérilla du Frelimo, le Front de libération du Mozambique, a affronté le colon portugais. Après la signature des accords de Lusaka, le 25 septembre 1974, et six mois de transition, le Frelimo prend le pouvoir le 25 juin 1975. Depuis lors, il ne l’a jamais quitté. Fin 2024, le pays a pourtant été secoué par une violente crise post-électorale, réprimée dans le sang. Le Frelimo est de plus en plus contesté.

«Mozambique : la promesse trahie de l’Indépendance», un Grand reportage de Gaëlle Laleix.

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Longtemps cantonnés aux mégapoles et aux banlieues urbaines, les réseaux de trafic de stupéfiants n’en finissent plus d’étendre leur emprise vers les villes moyennes et les campagnes françaises. En province, en région, dans les territoires, en zone rurale. Si les produits stupéfiants sont les mêmes qu'ailleurs : héroïne, cocaïne, drogues de synthèse, cannabis, les structures spécialisées d'aide aux usagers y sont rares.

Dans le centre de la France, Châteauroux – 43 000 habitants, à 270 kilomètres de Paris – un centre d’accueil et d'accompagnement y vient en aide aux usagers, sur place, mais également par des tournées en camion pour toucher les consommateurs les plus éloignés en milieu rural.

« Drogue à Chateauroux : approcher pour soigner », un Grand reportage de Laurence Théault.

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Vols à l’arrachée, cambriolages nocturnes, combats de rue à coups de machette… À Juba, la capitale du Soudan du Sud, la criminalité des jeunes explose. Des dizaines de gangs quadrillent la ville. Leurs membres sont en majorité des adolescents ayant fui leurs familles démunies, voire maltraitantes, souvent durement frappées par la guerre civile. Pour eux, le gang est une nouvelle famille, et c’est une source de subsistance. Mais c’est surtout un univers violent, un piège. Nous sommes allés à la rencontre de ces jeunes gangsters de Juba, que l’ONG Gredo, soutenue par l’Unicef, tente d’aider à s’en sortir.

«Soudan du Sud : à Juba, les jeunes sous l'emprise des gangs», un Grand reportage de Florence Miettaux.

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Au Venezuela, bien des familles de migrants sont en colère et se mobilisent ! Leurs proches font partie de ces dizaines d’hommes et de femmes (un chiffre de 252 circule) qui avait demandé l’asile aux États-Unis, et que le président américain a fait interner dans une prison de haute sécurité au Salvador. Un petit arrangement entre chefs d’États. Donald Trump les soupçonnait de faire partie d’une organisation criminelle de renom. Mi-mars 2025, sans jugement, le transfert a eu lieu sous les critiques des défenseurs des droits de l’homme.

Les familles souvent modestes, démentent l’appartenance des leurs à des gangs, et se retrouvent prises dans la tourmente diplomatique, entre le très médiatique salvadorien Bukélé, le polémique américain Trump, et le controversé vénézuélien Maduro.

«Migrants vénézuéliens emprisonnés au Salvador : les familles s'insurgent», un Grand reportage d'Alice Campaignolle.

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Dans le supplément de ce dimanche, en première partie, direction l'est de la RDC, en Ituri. Là où en 1998, a éclaté une seconde guerre du Congo qui s'est poursuivie jusqu'en 2003, entre Hémas et Lendus. Les rivalités ethniques et économiques ont dégénéré en nombre d'atrocités. Près de 30 ans plus tard, les mêmes seniors de guerre congolais réapparaissent, Thomas Lubanga en tête condamné par la CPI. Et la même armée ougandaise a franchi la frontière. La violence, depuis le début de l'année, frappe les civils de toutes les communautés... En seconde partie, direction Tuvalu, dans l'océan Pacifique. La conférence des Nations unies sur les océans s'est refermée, il y a quelques jours à Nice, sur la côte méditerranéenne française. Les 7/10e de notre planète sont recouverts par mers et océans et l'eau monte à cause de la fonte des pôles due au changement climatique à tel point que des pays et leurs cultures sont menacés de disparition.

En Ituri, les fantômes du passé resurgissent Grand reportage nous emmène aujourd’hui en Ituri dans l’est de la République démocratique du Congo. C’est dans cette province que les rivalités économiques et foncières entre l’ethnie des Hémas et celle des Lendus ont explosé à la fin des années 90, et ont fait basculer cette région, riche en or, dans la seconde guerre du Congo (1998-2003). Les atrocités commises par les milices des 2 communautés ont été d’une extrême violence et continuent encore aujourd’hui de marquer les esprits.

Près de 30 ans plus tard, les mêmes seigneurs de guerre congolais réapparaissent… En tête ? Thomas Lubanga qui avait été condamné à 14 ans de prison par la Cour pénale internationale, notamment pour enrôlement d’enfants.

La même armée étrangère, l’armée ougandaise, s’est déployée et a largement étendu sa présence en Ituri, ces derniers mois. Depuis le début de l’année 2025, une nouvelle flambée de violence secoue la province et touche les civils de toutes les communautés.

Un Grand Reportage de Coralie Pierret qui s'entretient avec Jacques Allix**.

Disparition des Tuvalu avant 2100: le compte à rebours a commencé C’est une première dans l’Histoire moderne, un pays va disparaître à cause du changement climatique. L’archipel des Tuvalu, isolé au milieu de l’océan Pacifique, se bat face à des problématiques sans précédent : peut-on retarder l’inévitable montée des océans ? Comment conserver sa souveraineté et son identité sans territoire ? Si le gouvernement a déjà réussi à signer un traité avec l’Australie pour garantir l’asile climatique à l’ensemble de sa population, certains espèrent finir leurs jours sur la terre de leurs ancêtres.

Un Grand reportage d’Emma Garboud-Lorenzoni qui s'entretient avec Jacques Allix.

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Dans le supplément de ce samedi, en première partie, l'océan. Vient de s'achever à Nice, en France, la 3è conférence des Nations unies sur l'océan alors que le changement climatique rend plus difficiles les nombreux défis à relever dans cet espace qui représente tout de même 70% de la planète. À l'ordre du jour, entre autres, les menaces sur la pêche nourricière. Exemple, en Afrique de l'Ouest, où les communautés de pêcheurs ont été très fragilisées ces dernières années. Plusieurs de nos reporters sont partis recueillir des témoignages de pêcheurs sur les rivages ouest-africains. En deuxième partie, nous traitons de l'immigration venue d'Afrique à destination de l'Europe. La Tunisie est un point de passage privilégié avant la très risquée traversée de la Méditerranée, et les autorités tunisiennes sont engagées dans un processus d'endiguement de cette migration Sud-Nord.

Communautés de pêcheurs ouest-africaines, menace sur la ressource Toute cette semaine, la ville de Nice dans le sud de la France accueille la troisième conférence des Nations unies sur l’océan. L’océan, qui occupe 70% de notre planète, est sous pression du changement climatique et malmené par l’activité humaine. Au point, parfois, de ne plus offrir aux populations des littoraux les ressources nécessaires. C’est le cas en Afrique de l’Ouest, où les communautés de pêcheurs ont été très fragilisées ces dernières années. Plusieurs reporters de RFI sont allés à leur rencontre en Guinée, en Sierra Leone, au Ghana et au Sénégal.

Un Grand reportage de Laurent Correau. Avec Lizza Fabbian, Léa-Lisa Westerhoff, Juliette Dubois, Kpénahi Traoré, Tangi Bihan, Victor Cariou.

Entretien avecJacques Allix.

Tunisie : une lutte contre l’immigration, au bénéfice de l’Europe La Tunisie refuse d'être un pays d'accueil et de transit pour les migrants subsahariens. Une politique martelée par les autorités depuis 2023, dans la foulée des propos polémiques du président Kaïs Saïed sur le risque d'un changement démographique de la Tunisie à cause de l’immigration. Depuis, les contrôles des migrants en situation irrégulière se sont accentués. Leur vie est devenue quasi-impossible. La gestion de ce flux migratoire venu du Sud fait polémique en Tunisie, mais reçoit le soutien implicite des puissances européennes, soucieuses d'endiguer les nombreuses arrivées à leurs frontières.

Un Grand reportage de Lilia Blaisequi s'entretient avec Jacques Allix.

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C’est une première dans l’Histoire moderne, un pays va disparaître à cause du changement climatique. L’archipel des Tuvalu, isolé au milieu de l’océan Pacifique, se bat face à des problématiques sans précédent : peut-on retarder l’inévitable montée des océans ? Comment conserver sa souveraineté et son identité sans territoire ? Si le gouvernement a déjà réussi à signer un traité avec l’Australie pour garantir l’asile climatique à l’ensemble de sa population, certains espèrent finir leurs jours sur la terre de leurs ancêtres.

«Disparition des Tuvalu avant 2100: le compte à rebours a commencé», un Grand reportage d’Emma Garboud-Lorenzoni.

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Grand reportage nous emmène aujourd’hui en Ituri dans l’est de la République démocratique du Congo. C’est dans cette province que les rivalités économiques et foncières entre l’ethnie des Hémas et celle des Lendus ont explosé à la fin des années 90, et ont fait basculer cette région, riche en or, dans la seconde guerre du Congo (1998-2003). Les atrocités commises par les milices des 2 communautés ont été d’une extrême violence et continuent encore aujourd’hui de marquer les esprits.

Près de 30 ans plus tard, les mêmes seigneurs de guerre congolais réapparaissent… En tête ? Thomas Lubanga qui avait été condamné à 14 ans de prison par la Cour pénale internationale, notamment pour enrôlement d’enfants.

La même armée étrangère, l’armée ougandaise, s’est déployée et a largement étendu sa présence en Ituri, ces derniers mois. Depuis le début de l’année 2025, une nouvelle flambée de violence secoue la province et touche les civils de toutes les communautés.

«En Ituri, les fantômes du passé resurgissent», un Grand reportage de Coralie Pierret, réalisation : Pauline Leduc.

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La Tunisie refuse d'être un pays d'accueil et de transit pour les migrants subsahariens. Une politique martelée par les autorités depuis 2023, dans la foulée des propos polémiques du président Kaïs Saïed sur le risque d'un changement démographique de la Tunisie à cause de l’immigration. Depuis, les contrôles des migrants en situation irrégulière se sont accentués. Leur vie est devenue quasi-impossible. La gestion de ce flux migratoire venu du Sud fait polémique en Tunisie, mais reçoit le soutien implicite des puissances européennes, soucieuses d'endiguer les nombreuses arrivées à leurs frontières.

«Tunisie : une lutte contre l’immigration, au bénéfice de l’Europe», un Grand reportage de Lilia Blaise.

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Toute cette semaine, la ville de Nice dans le sud de la France accueille la troisième conférence des Nations unies sur l’océan. L’océan, qui occupe 70 % de notre planète, est sous pression du changement climatique et malmené par l’activité humaine. Au point, parfois, de ne plus offrir aux populations des littoraux les ressources nécessaires. C’est le cas en Afrique de l’Ouest, où les communautés de pêcheurs ont été très fragilisées ces dernières années. Plusieurs reporters de RFI sont allés à leur rencontre en Guinée, en Sierra Leone, au Ghana et au Sénégal.

La lourde embarcation, poussée, tirée, glisse sur cette plage. Les cris des pêcheurs en plein effort percent le grondement des vagues. Les pirogues qui partent et reviennent ont cousu ensemble, au fil des siècles, l’histoire de la communauté Lébou et l'océan. L'océan est tellement au cœur de la vie Lébou qu’une confrérie soufie, tournée vers les flots, est née ici : les Layènes.

Yoff. Une commune de Dakar, Sénégal. Le vendredi, un haut-parleur diffuse dans les rues, à 100 mètres de la plage, la prière du vendredi. Face à l’océan, Seydina Diop, un érudit layène, évoque l’histoire du fondateur de la confrérie, Seydina Limamou Laye (1843-1909). Et son lien avec la mer. « C'est, explique-t-il, comme si l’océan avait signé un pacte avec Seydina Limamou Laye et sa famille. Tôt après la prière du matin, il s’est dirigé vers la mer en compagnie de ceux qui priaient derrière lui. Arrivé à la mer, il lui intime l’ordre de reculer. Et la mer recule comme une natte sur plusieurs dizaines de mètres. Il a dit, "j’espère que ça suffit ici pour installer ma maison ici". Et s’adressant à ses compagnons : "Vous, vous ne me connaissez pas, mais la mer me connaît, connaît ma dimension et respectera mes ordres". »

Depuis l’époque du fondateur, les vagues ont épargné le sanctuaire Layène. Mais Seydina Diop en convient, ailleurs dans le pays, l’océan n’est plus tout à fait le même. « C’est comme si effectivement la mer était en colère. Cette côte va passer par le village de Kayar, une zone poissonneuse, et les gens sont très inquiets. Vous continuez à Thiaroye c’est la même situation, vous continuez à Mbao c’est la même situation. Donc pourquoi ? »

De plus en plus loin pour trouver du poissonKayar, aux eaux réputées poissonneuses… Le quai de pêche est bondé de monde, mais la localité, située à une soixantaine de kilomètres de Dakar, se nourrit de plus en plus difficilement de l’océan. Les sécheuses de poisson se plaignent d’attendre de plus en plus longtemps l’arrivée de la matière première : « Comme vous le voyez, nous sommes assises ici à discuter, explique l’une d’elles, Khoudia Touré, installée sous un parasol. Cela veut dire qu’il n’y a pas de poisson ; il arrive parfois que nous passons des journées entières sans aucune activité parce qu’il n’y a pas de poisson, alors que c’est notre matière première et qu’on a des commandes à honorer. Quand les pêcheurs partent en mer, ils restent plusieurs jours d’affilée, car il n’y a plus rien. »

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Les conséquences se font également sentir au Ghana, à Tema, le plus gros marché de pêche artisanale du pays. Une femme, vendeuse depuis 28 ans, regrette les bacs de poisson qu’elle vendait par le passé : « Quand j’ai commencé à travailler, dit-elle, les revenus étaient bons, mais aujourd’hui ce n’est plus le cas. On ne reçoit plus beaucoup de poisson. Quand on recevait beaucoup de poisson, nous avions de l’argent pour mettre nos enfants à l’école. Maintenant, vu que les pêcheurs n’en ramènent plus, nous n’avons plus grand-chose à vendre. Nous n’avons plus d’argent, nous sommes fatigués. »

Même chose en Sierra Leone. Tombo, à une cinquantaine de la capitale, Freetown, était autrefois un port de pêche prospère. La ville est aujourd'hui en déclin. Les pêcheurs y sont de plus en plus nombreux, les poissons de plus en plus rares, et les conditions de travail de plus en plus difficiles. « Nous avons beaucoup de soucis aujourd'hui, confie Chernor Bah, le capitaine du port de Tombo. Mais surtout, il n'y a plus de poisson et nous avons du mal à survivre. Maintenant, pour trouver du poisson, on est obligé de brûler beaucoup d'essence. On part tôt le matin, mais ce n'est pas avant 10 heures ou 11 heures qu'on arrive à trouver un endroit avec du poisson... Autrefois, on dépensait peut-être 20 litres, 30 litres d'essence pour aller attraper du poisson... C'était possible de faire des affaires. Mais aujourd'hui, il faut peut-être utiliser 100 litres... 150 litres de carburant pour arriver au même résultat. » La raréfaction du poisson menace, selon certaines études, la sécurité alimentaire de la Sierra Leone. Les produits de la mer représentent en effet 80% des apports en protéines dans le pays.

Toute la région est concernée par l’épuisement de la ressource. Boulbinet est l’un des principaux ports de pêche artisanale de Conakry, la capitale guinéenne. Les prises sont versées à même le sol, sur des bâches tendues sur la digue. Les pêcheurs guinéens doivent, eux aussi, aller de plus en plus loin. Prendre de plus en plus de risques pour trouver le poisson. « Vous savez que cette pêche-là, ça représente un danger, indique Abdoulaye Camara, membre de l’Union des pêcheurs artisanaux, parce que, vous savez, la mer a sa façon de faire. Même le temps où il n’y a pas de pluie, la mer peut s’agiter elle-même. Au fur et à mesure que l’embarcation va très loin, c’est là qu’elle se retrouve en danger. Parce que la mer, c’est la mer. Cette méthode d’aller pêcher loin, c’est pas parce qu’ils veulent aller loin, mais le poisson est un peu éloigné maintenant. »

Soumah Seny, alias « Tozo », a une cinquantaine d’années. Il est responsable de l’association des doradiers de Boulbinet. Avec la chute des prises, il explique que de nombreux pêcheurs connaissent une situation financière difficile : « Si vous sortez faire quatre à cinq, six jours, le sixième jour vous rentrez. Si vous enlevez la dépense, tu peux te retrouver avec 50 000 dans ta main. Ça permet difficilement de pourvoir aux dépenses de la maison ! Les pêcheurs ne gagnent pas beaucoup d’argent. On peut faire un an sans acheter de viande, parce qu’on n’a pas d’argent pour en acheter. Le prix d’un sac de riz, quand tu reviens de la mer, des fois, tu ne peux même pas gagner ça. »

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Effondrement de la ressourceCette raréfaction de la ressource, constatée en mer par les pêcheurs, a été documentée par des recherches de l’IRD, l’Institut de recherche pour le développement. « On a étudié un peu les quantités débarquées dans chaque pays au fil des années, explique Timothée Brochiet, chercheur à l’IRD. On s’est rendus compte que pour le Sénégal, les quantités maximales qui ont été débarquées étaient tombées en 2011. Et on s’est rendus compte qu’à partir de 2019, on tombe en dessous de 10% de cette quantité-là. Et selon une définition qui a été donnée en halieutique, on peut parler d’un stock "écroulé" quand, après quatre années d’affilée, les quantités débarquées sont inférieures à 10% du maximum. » La situation est à ce point alarmante qu’une mobilisation se met en place pour propager la voix des communautés menacées.

Ce jour-là, à Ngor au Sénégal, il s'agit de faire entendre le cœur de l’océan aux jeunes générations, grâce à un enregistrement sous-marin, réalisé avec un hydrophone. Fabrice Monteiro, photographe engagé, participe ce jour-là à l’animation. « Ça m’évoque le pouls de la planète, qu’on partage tous un monde commun et que même sous l’eau, il y a toute une vie, il y a des échanges, il y a des tas de choses auxquelles on ne pense pas parce qu’on nous a expliqué qu’on pouvait disposer de tout et que finalement la vie comptait pour très peu si ce n’est la nôtre. » Pour cet artiste, l’humanité doit « changer de logiciel ». Et le photographe dit vouloir utiliser ses images pour participer à cette conversation.

Comment expliquer ces difficultés croissantes à trouver du poisson ? Les pêcheurs artisanaux mettent régulièrement en cause la pêche industrielle. Une critique partagée par le chercheur sierra-léonais Salieu Kabba Sankho : « Quand nous avons commencé la lutte contre la pêche illégale, de nombreux navires sont venus s'enregistrer. Mais cela a fait augmenter de manière conséquente le nombre de bateaux de pêche industriels. Ces navires achètent un permis qui correspond à la taille du bateau, pas au nombre de poissons qu'ils pêchent. Cela va peut-être couter 15 ou 20 000 euros par an, pour un permis qui permet de pêcher 365 jours sur une année et autant de poissons que vous pouvez en attraper. C'est comme un chèque en blanc pour les industriels. Il y a un gros risque de surpêche et d'effondrement des réserves de poisson. »

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Trop de bateaux de pêche ?Mais le problème semble aller au-delà de la pêche industrielle : trop de bateaux cherchent désormais à puiser les ressources de l’océan. Cette surexploitation a conduit à une véritable bataille du poisson entre pêcheurs industriels et artisanaux, mais aussi entre pêcheurs artisanaux de nationalités différentes. « Les pêcheurs industriels, comme les pêcheurs artisanaux, sont coresponsables de la baisse des réserves de poissons, indique Thomas Turay, le président d’un syndicat de pêcheurs sierra-léonais qui essaie de promouvoir des pratiques plus respectueuses de l’océan. Il y a vingt ans, ici même, dans ce bureau, on avait 75 000 pêcheurs enregistrés et maintenant, on compte 150 000 personnes qui dépendent de la pêche... Il y a beaucoup de chômage, donc les gens viennent ici pour devenir pêcheurs. La fermeture des mines a aussi joué un rôle. Avant, on voyait des "mango fish", c'est-à-dire des espèces de poissons qui apparaissaient au début de la saison des mangues, qui précède la saison des pluies. Mais aujourd'hui, on ne voit plus ça. C'est quand il pleut seulement qu'on comprend que c'est le début de la saison des pluies. »

Dans ce contexte de compétition, les règles sont de moins en moins respectées. « Il y a le problème des chalutiers, poursuit Thomas Turay, qui viennent pêcher jusque dans la Zone d'exclusion côtière, qui nous est réservée, plutôt que d'aller au large, dans la Zone économique exclusive où ils sont autorisés à pêcher. Et puis, il y a des braconniers ! Et notre marine n'est pas équipée pour surveiller la mer pendant toute une journée. Donc, dès que la marine s'en va, les braconniers viennent depuis la Guinée ou le Sénégal. À cela s’ajoute la corruption. Des étrangers viennent et enregistrent leurs bateaux comme s’ils étaient des Sierra-Léonais. Ils paient une commission, c'est tout. »

À cette compétition pour la ressource, s’ajoute le dérèglement climatique qui provoque le réchauffement des océans. Ces changements de températures provoquent la migration de certaines espèces vers des eaux plus froides. Le chercheur ghanéen John Kusimi, professeur associé de géographie physique au département de géographie et développement des ressources à l'Université du Ghana, a travaillé sur le phénomène. « Au cours des dernières décennies, indique-t-il, la température à la surface de la mer dans le golfe de Guinée a augmenté de 0,2 à 0,4 degré Celsius. Cette augmentation de la température a poussé les petits poissons pélagiques, ceux que pêchent les pêcheurs artisanaux, à migrer des eaux tropicales vers des mers plus tempérées, où l’eau est plus froide. Cela a également eu pour effet de pousser ces poissons, qui ont le sang froid, à plonger dans les profondeurs des mers tropicales pour réguler leur chaleur corporelle, les rendant souvent inaccessibles aux pêcheurs traditionnels. Donc tout cela, en ajoutant d’autres facteurs humains, a provoqué un déclin de 60 à 80 % de la population de poissons pélagiques depuis les années 90 jusqu’à aujourd’hui. »

Un phénomène chimique menace également la biodiversité de l’océan : son acidification, le fait que sa composition chimique devienne de plus en plus acide. Les premières mesures ont été faites au large des côtes californiennes, mais le professeur Malick Diouf, de biologie animale à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, craint que le phénomène n’en vienne à se répandre : « S’il y a acidité, ça veut dire que tous ceux qui ont une coquille calcaire ont leur vie qui va être hypothéquée, parce que le calcaire est attaqué par l’acide. Et si on regarde les animaux qui ont un test calcaire, aussi bien unicellulaires que pluricellulaires, il y en a des masses. On va vers une perte drastique de la biodiversité. »

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Mieux contrôler qui pêche quoiQue faire face à l’effondrement en cours et aux menaces futures ? Depuis ses bureaux de Dakar, l’ONG Greenpeace appelle les autorités à mieux contrôler qui pêche quoi… Le Dr Aliou Ba est responsable de la campagne « Océans » pour Greenpeace Afrique. « La majeure partie de nos pêcheries sont en situation d’accès libre. L’accès libre conduit à la surpêche, à la surexploitation des ressources. Donc, pour parer à cela, il faudrait que l'on contrôle la capacité de pêche dans ces pêcheries, mais aussi accentuer la surveillance pour baisser vraiment ce qu’on appelle la pêche INLA. » Greenpeace essaie aussi d’obtenir une régulation des usines de farine de poisson qui sont à terre et qui sont en concurrence avec le marché local.

Reprendre le contrôle ? Les gouvernements de la région disent qu’ils ne cherchent pas autre chose. Le ministère des Ressources maritimes et de la Pêche sierra-léonais est installé au Youyi building, le grand immeuble gouvernemental de la capitale, Freetown. Sheku Sei reçoit à la sortie d’un entretien avec la ministre. Il est responsable de l'aquaculture et de la pêche artisanale au ministère : « Nous avons en tant que pays commencé à mettre en place un système de "saison fermée", durant laquelle les pêcheurs artisanaux ne peuvent plus aller en mer – et au mois d'avril, nous faisons la même chose pour la pêche industrielle. L'idée, c'est qu'il y ait une période de repos biologique pour que les poissons puissent grossir et que la population cesse de décliner, comme ça, on aura plus de poissons dans nos eaux et on pourra produire plus de nourriture. Car un des objectifs, c'est de garantir la sécurité alimentaire et la nutrition. Donc, la fermeture saisonnière de la pêche, les aires marines protégées, mais aussi, nous aimerions avoir plus de fonds pour opérer des patrouilles de surveillance de nos côtes. Donc, nous allons prendre des contacts pendant la conférence de Nice. Nous allons aussi voir si l'on peut améliorer notre système de surveillance à distance, le moderniser, pour pouvoir suivre les opérations des navires en mer, sans avoir à nous déplacer. »

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Certaines solutions dorment également aux portes de l’océan, dans ces zones charnières que constituent les mangroves. Malmenées par les exploitants miniers, surexploitées par les communautés locales, elles sont pourtant essentielles. En Guinée, des associations s’activent pour les défendre, comme Guinée écologie. Aboubacar Soumah, l’un de ses cadres, guide le visiteur sur un débarcadère de Dubreka. Ici, les communautés pratiquent la pêche artisanale, mais également la riziculture, et elles mènent des activités de reboisement de la mangrove.

Aboubacar Soumah longe la digue d’une aire de riziculture abandonnée. À gauche, des terres en friche. À droite, les terres en cours de restauration. Les jeunes pousses de mangrove pointent déjà vers le ciel et le militant écologiste espère que, d'ici à quelques années, cet espace redeviendra propice pour la reproduction des poissons. À marée basse, l’eau s’engouffre dans un petit chenal. Quand la marée monte, l’océan inonde la mangrove et emmène avec lui les poissons, qui y trouvent un milieu favorable pour se reproduire. « Restaurer la mangrove, dit Aboubacar Soumah, ça a beaucoup d’avantages. C’est un espace vital pour les poissons juvéniles. C’est dans ces milieux, dans les zones de mangrove, les zones ombragées, que les gros poissons viennent pondre les œufs. C’est dans cet espace aussi que les juvéniles grandissent jusqu’à atteindre un certain stade de maturité avant de migrer en mer. »

Les mangroves grouillent encore de vie, de crabes et d’insectes, dans des sols riches de nutriments et de minéraux charriés depuis l’amont, un écosystème fixé par les racines des palétuviers. Les mangroves sont de véritables incubateurs de vie marine. Leur restauration, explique Aboubacar Soumah, est indispensable pour protéger l’avenir des communautés de pêcheurs.

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Dans le supplément de ce dimanche, en première partie, l'océan. Entre le sommet de demain (lundi 9 juin 2025) à Nice et les travaux préparatoires de ces derniers jours, la tâche est importante, l'océan recouvre 70% de la planète, il est victime du changement climatique et de toutes les pollutions. La haute mer demeure encore vierge de réelle réglementation et cet espace est pourtant un gros atout pour la planète Terre. Entre autres, bien des populations vivent de la pêche. Exemple : le Groenland autonome du Danemark et lié à l'Union européenne, le secteur de la pêche est essentiel pour la population... En seconde partie, une rébellion nationaliste et musulmane, une guérilla oubliée à l'ordre du jour aujourd'hui, nous serons dans le sud profond de la Thaïlande.

La pêche, quel avenir pour la mer nourricière du Groenland?Grand reportage vous emmène aujourd’hui au Groenland... Le territoire est autonome du Danemark et lié à l’Union européenne par un statut spécial, mais géographiquement il fait partie de l’Amérique du Nord. Et il intéresse le président américain… « Nous l’aurons d’une manière ou d’une autre », a même déclaré Donald Trump, n’excluant pas la force.

Ses minerais, sa position stratégique, ce carrefour des routes de l’Arctique font rêver la Maison Blanche.

Mais loin des projecteurs et des tensions géopolitiques de premier plan, la grande richesse du Groenland, en réalité, c’est la pêche.

Dans le contexte de la conférence internationale sur les océans qui se tient en France, nous plongeons dans un secteur qui fait vivre la majeure partie de cette gigantesque île du grand Nord.

Un Grand Reportage de Justine Fontaine, avec la collaboration de Patrick Abrahamsen. Entretien avec Jacques Allix**.

Grand Sud thaïlandais: l'insurrection oubliéeC’est une guérilla dont on parle peu. Dans la longue pointe sud de la Thaïlande, à la frontière de la Malaisie, loin des caméras, les provinces thaïlandaises de Yala, Pattani et Narathiwat sont en proie à un conflit entre l'État central de Bangkok et un groupe armé séparatiste musulman. Bilan : plus de 7 700 morts depuis 2004. Le massacre, cette année-là, de manifestants musulmans d'origine malaise, toujours impuni, a laissé des traces. Elle continue de hanter toute la région. En témoigne la résurgence des violences meurtrières depuis le début de cette année.

Un Grand reportage de notre correspondant à Bangkok, Valentin Cebron qui s'entretient avec Jacques Allix.

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Dans le supplément de ce samedi, en première partie, l'océan. Le premier grand sommet international sous l'égide de l'ONU lui est consacré. Ce sera la semaine prochaine à Nice, en France. Et déjà, cette semaine, scientifiques et société civile se sont penchés sur cette immensité de bleu dont la souffrance a plus d'un impact sur l'ensemble de la population mondiale. 2 semaines d'intenses travaux pour parler de changement climatique, de pêche, de pollution, d'exploitation des grands fonds entre autres... Grand reportage sur ce thème nous transportera la semaine prochaine en Afrique et en Océanie. Aujourd'hui direction la France, peut-on contrer la montée du niveau des mers, non pas à grands renforts de digues mais grâce à des solutions beaucoup plus naturelles. Réponse, plutôt oui, en métropole et aux Antilles... En deuxième partie, direction la Turquie qui est devenue une terre d'asile pour certains Français à la recherche d'éthique islamique, nous les retrouvons à Alanya.

Face à la montée des eaux, la nature peut nous rendre serviceD’ici la fin du siècle, les scientifiques estiment que le niveau des mers pourrait augmenter d’1 mètre à cause du réchauffement climatique.

11% de la population et 14% du PIB mondial pourraient ainsi prendre l’eau. Des centaines de km de digues et de barrières ont été construites.

Mais pour faire barrage, d’autres territoires optent plutôt pour des solutions plus naturelles. Exemple en France.

Un Grand reportage de Jeanne Richard qui s'entretient avec Jacques Allix.

Alanya, le refuge turc des musulmans qui ont choisi de quitter la FranceGrand reportage nous emmène aujourd’hui en Turquie, à la rencontre de ces Français de confession musulmane qui ont choisi de quitter la France. Ils se sont installés à Alanya, station balnéaire du sud du pays, connue pour ses plages de sable banc et son eau cristalline. Et plus précisément dans des résidences francophones dites résidences islamiques. Cette initiative est unique en Turquie.

Les résidences ont été conçues de manière à respecter l’éthique islamique, avec une piscine réservée aux femmes, un spa et une salle de sport séparés en fonction du sexe, ou encore un accès direct à la mosquée d’à côté.

Sur le papier, tout cela promet de pouvoir vivre sa foi loin des controverses liées à l’islam.

Mais sur place, ces Français font face à quelques difficultés…

Un Grand reportage de Manon Chapelainqui s'entretient avec Jacques Allix.

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Grand reportage nous emmène aujourd’hui en Turquie, à la rencontre de ces Français de confession musulmane qui ont choisi de quitter la France. Ils se sont installés à Alanya, station balnéaire du sud du pays, connue pour ses plages de sable banc et son eau cristalline. Et plus précisément dans des résidences francophones dites résidences islamiques. Cette initiative est unique en Turquie.

Les résidences ont été conçues de manière à respecter l’éthique islamique, avec une piscine réservée aux femmes, un spa et une salle de sport séparés en fonction du sexe, ou encore un accès direct à la mosquée d’à côté.

Sur le papier, tout cela promet de pouvoir vivre sa foi loin des controverses liées à l’islam.

Mais sur place, ces Français font face à quelques difficultés…

«Alanya, le refuge turc des musulmans qui ont choisi de quitter la France», un Grand reportage de Manon Chapelain. (Rediffusion)

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C’est une guérilla dont on parle peu. Dans la longue pointe sud de la Thaïlande, à la frontière de la Malaisie, loin des caméras, les provinces thaïlandaises de Yala, Pattani et Narathiwat sont en proie à un conflit entre l'État central de Bangkok et un groupe armé séparatiste musulman. Bilan : plus de 7 700 morts depuis 2004. Le massacre, cette année-là, de manifestants musulmans d'origine malaise, toujours impuni, a laissé des traces. Elle continue de hanter toute la région. En témoigne la résurgence des violences meurtrières depuis le début de cette année.

De notre correspondant à Bangkok,

Des dizaines d’hommes, torse nu, mains ligotées, sont jetés un à un par des militaires dans une benne d’un camion. Entassés les uns sur les autres, ils reçoivent des volées de coups à mesure que l’arrière du véhicule se remplit. Puis le silence. Le moteur démarre. Durant le trajet qui semble interminable, on entend gémir, suffoquer. Avant que les cris s’estompent peu à peu. À nouveau, le silence.

En cette soirée tiède, un court métrage diffusé en plein air aux abords du Patani Artspace, un centre culturel à Pattani, dans l’extrême sud de la Thaïlande, retrace la tragédie survenue il y a 20 ans, jour pour jour, à Tak Bai.

Le 25 octobre 2004, devant le commissariat de cette ville paisible, une manifestation virait au drame. Et devenait le symbole le plus brutal des violations des droits de l’homme perpétrées dans le « Sud profond » de la Thaïlande, où vivent une majorité de musulmans d’ethnie malaise (minorité musulmane au sein d’une nation thaïlandaise de 71 millions d’habitants à plus de 90% bouddhiste).

Ce jour-là, pour disperser la foule, l’armée intervient : 7 manifestants musulmans malais tombent sous les balles. Et 1 300 autres sont interpellés. Ligotés. Puis jetés à l’arrière de fourgons militaires, empilés comme des bûches. Pendant le trajet qui les mène à une base militaire, 78 d’entre eux meurent asphyxiés.

Deux décennies plus tard, devant le film, les visages sont fermés. Certains trahissent quelques larmes qui coulent pendant le générique, où des archives défilent sur fond d’une chanson évoquant le massacre de Tak Bai.

« La douleur est encore vive aujourd’hui », confie Maliki Doloh, debout grâce à deux béquilles et vêtu du Baju Melayu, costume traditionnel. L’homme, qui avait 27 ans à l’époque, a cru voir la mort. Ce survivant repense encore à ses semblables, écrasés par le poids des corps, et dont la respiration s’est tue, lentement. « C’était le Ramadan », se souvient-il, indiquant avoir rompu le jeûne en léchant la sueur qui dégoulinait sur son visage, avant de s’évanouir. À son réveil, les médecins lui ont dit qu’il fallait l’amputer.

Le massacre de Tak Bai a soufflé sur les braises d’une insurrection séparatiste née des années plus tôt et plongé la région dans un conflit entre l’État central et le BRN (Barisan Revolusi Nasional), le principal groupe armé actif.

Véhicules piégés, fusillades, assassinats ciblés : depuis le tournant de 2004, ce conflit peu médiatisé a fait plus de 7 700 morts et près de 15 000 blessés, principalement des civils, recense l’ONG Deep South Watch. La mort d’une fillette tuée par balle et celle d’un jeune moine, il y a peu, rappelle que les habitants des trois provinces de Yala, Pattani et Narathiwat, tout au sud du royaume, vivent dans la violence permanente.

À Yala, une femme au foulard pastel dont la silhouette présage l’arrivée prochaine d’un second bébé décrit ses angoisses de jeune mère. « J’en ai marre ! Parfois, je perds espoir, témoigne Azura Cheaauma, 35 ans. J’ai peur que quelque chose arrive à mes enfants. J’aimerais qu’ils grandissent dans un environnement sûr, où ils pourront jouer, étudier, sans avoir à entendre résonner le bruit des armes ».

Les trois provinces à la pointe sud de la Thaïlande sont ainsi soumises à une loi martiale et à l’état d’urgence, prolongé maintes fois depuis 2004, lorsque 75 000 soldats, policiers et paramilitaires ont investi la région pour endiguer les violences. Les forces de sécurité sont tombées au nombre de 50 000, indique BenarNews, mais leur omniprésence continue d’être une source de tension.

Les points de contrôle militaires quadrillent les villes, bordent les routes. Ici, un véhicule blindé, là une tour de guet. Sur la ligne de train qui relie Yala à Sungai Kolok, dernier arrêt avant la Malaisie, des soldats, mitraillettes sous le bras, sont stationnés à chaque village doté d’une gare. Souvent, ils montent à bord pour fouiller, interroger.

Ici, « les violations des droits de l’homme sont nombreuses », affirme la militante Anchana Heemina. Visage connu de tous, elle a fondé en 2010 Duay Jay, une ONG locale qui, depuis sa création, a recensé 168 cas de torture et 444 exécutions extrajudiciaires. L’an passé, l’un de ses bénévoles a été abattu dans d’étranges circonstances : « Voilà les risques auxquels sont confrontés les défenseurs des droits humains dans le sud ».

Loin des caméras, ce conflit insurrectionnel s’enracine dans le passé. Régie des siècles durant par des Rajahs musulmans, la région fut jadis le prestigieux sultanat de Patani. Avant d’être attachée de force en 1902 au royaume de Siam, ancien nom de la Thaïlande.

Mais « la véritable rupture entre l’État central et les Malais du Sud intervint toutefois plus tard, sous la férule des gouvernements ultranationalistes de Phibun Songkhram [premier ministre et dictateur militaire de la Thaïlande de 1938 à 1944, puis de 1948 à 1957, ndlr] », écrivait le spécialiste du royaume et ancien correspondant de RFI Arnaud Dubus dans l’ouvrage Thaïlande : histoire, société, culture (2011). « Avides d’imposer à l’ensemble du pays une même identité thaïe, ajoutait-il, les agents du gouvernement central interdirent aux Malais — dont la plupart ne parlaient pas thaï — d’employer leur langue dans leurs démarches administratives, les forcèrent à quitter le sarong pour la nouvelle ‘tenue nationale’ et obligèrent les enfants musulmans à se prosterner devant des statues de Bouddha ».

Pour Don Pathan, expert sécuritaire à The Asia Foundation, il s’agit d’un conflit « ethno-nationaliste », qui « découle de l'échec de la politique d'assimilation visant à transformer les Malais en quelque chose qu'ils ne sont pas ».

Lancé en 2013 et supervisé par la Malaisie voisine, le processus de paix entre le gouvernement thaïlandais et le BRN patine. Coups d'État, destitutions, dissolutions de partis et successions de gouvernements : l’instabilité politique de la Thaïlande, liée à la prédominance de l’armée, n’aide pas.

Parmi les militants du Sud, nombreux sont conscients que le combat pour la paix ne se mène pas seul : « On doit participer, plus largement, à la démocratisation de la Thaïlande ! Le pays a besoin de changements structurels », soutient Arfan Wattana, qui reçoit dans le café qu’il tient à Sungai Kolok. Avec The Patani, l’organisation pacifique qui milite pour l’auto-détermination de la région dont il fait partie, ce père de famille souhaite retenir la jeunesse tentée de rallier le groupe armé séparatiste : « L’un des défis majeurs sur lequel on travaille, ce sont les jeunes qui soutiennent l’indépendance via des modes d’action violents. On leur dit que ce chemin n’est possible qu’à travers la non-violence. »

« C’est notre responsabilité de dialoguer avec les groupes armés, les gens en colère contre les injustices qu’ils subissent et de leur dire que la violence ne nous fera pas gagner », abonde Artef Sokho, président de The Patani. ONG et pacificateurs s’efforcent de discuter avec toutes les parties prenantes du conflit. « Mais c’est loin d’être facile », concède ce militant, que le spécialiste Don Pathan qualifie de « Mandela du Sud de la Thaïlande ».

En cette année 2025, la résurgence d’attentats, embuscades et tueries n’augure en effet rien de bon. Les perspectives de paix semblent encore s’éloigner.

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Grand reportage vous emmène aujourd’hui au Groenland... Le territoire est autonome du Danemark et lié à l’Union européenne par un statut spécial, mais géographiquement il fait partie de l’Amérique du Nord. Et il intéresse le président américain… « Nous l’aurons d’une manière ou d’une autre », a même déclaré Donald Trump, n’excluant pas la force.

Ses minerais, sa position stratégique, ce carrefour des routes de l’Arctique font rêver la Maison Blanche.

Mais loin des projecteurs et des tensions géopolitiques de premier plan, la grande richesse du Groenland, en réalité, c’est la pêche.

Dans le contexte de la conférence internationale sur les océans qui se tient en France, nous plongeons dans un secteur qui fait vivre la majeure partie de cette gigantesque île du grand Nord.

«La pêche, quel avenir pour la mer nourricière du Groenland», un Grand reportage de Justine Fontaine, avec la collaboration de Patrick Abrahamsen.

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L’océan est menacé. La semaine prochaine, se tiendra à Nice, le sommet de l'ONU, consacré aux mers et aux océans. Dès aujourd’hui, se retrouvent sur cette côte méditerranéenne française : société civile et experts. Durant cette quinzaine, nous vous proposons 4 Grands reportages sur ce qui fait le bleu de notre planète. La mer y monte, de plus en plus vite, et partout. D’ici la fin du siècle, les scientifiques estiment que le niveau des mers pourrait augmenter d’1 mètre à cause du réchauffement climatique.

11% de la population et 14% du PIB mondial pourraient ainsi prendre l’eau. Des centaines de km de digues et de barrières ont été construites.

Mais pour faire barrage, d’autres territoires optent plutôt pour des solutions plus naturelles. Exemple en France.

«Face à la montée des eaux, la nature peut nous rendre service», un Grand reportage de Jeanne Richard.

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Dans le supplément de ce dimanche, une émission aux couleurs des matières premières, du blanc avec le coton du Cameroun, du noir avec le pétrole du Texas.

Cameroun, nuages sur l’or blancCoincée entre le Tchad et le Nigeria, la région de Garoua est le bassin cotonnier du Cameroun… Le coton, introduit à l’époque de la colonisation, fait vivre encore plus de 2 millions de personnes. Il nourrit la région, mais également une partie du pays grâce à une filière très structurée. Le coton profite également aux caisses de l’État : dans le secteur agricole, il est le troisième pourvoyeur de devises après le cacao et la banane. Produire l’or blanc n’est pas pour autant l’assurance de bons revenus. Beaucoup de petits producteurs peinent à joindre les deux bouts et passent leur vie à rembourser certains produits indispensables comme les engrais.

Un Grand reportage de Charlotte Cosset qui s'entretient avec Jacques Allix.

Texas : énergies vertes au pays de l’or noir « Drill, baby drill », un slogan qui résume toute la politique énergétique de Donald Trump. Forez encore et encore : un choix clair pour l’exploitation du pétrole et du gaz et la multiplication des forages, dans un pays devenu le premier producteur mondial devant l’Arabie saoudite. Avec près de 18 millions de barils par jour. Un discours du président des États-Unis qui résonne au Texas, bien sûr : cet État du sud conservateur est le principal producteur de pétrole et de gaz naturel liquéfié du pays. Mais le Texas, c’est aussi le leader incontestable des énergies vertes aux États-Unis. Une transition ? Pas vraiment, plutôt une addition.

Un Grand reportage de Nathanaël Vittrant qui s'entretient *avec Jacques Allix*.

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Dans le supplément de ce samedi, l'Amérique du Sud avec ces Équatoriens qui se battent contre les mines d'or légales ou illégales et le football parisien avec l'émergence d'un second grand club dans la capitale française.

Le combat des paysans équatoriens contre les mines d'orEn Équateur, petit pays d'Amérique du Sud, l'exploitation illégale de l'or a rapporté aux trafiquants environ 1,3 milliard de dollars ces deux dernières années. Une activité lucrative souvent contrôlée par des mafias. Activité qui détruit l'environnement et provoque bien souvent le mécontentement des communautés paysannes. C'est le cas dans le Choco Andino, à l'ouest de la capitale, Quito. Dans cette réserve de biosphère, les habitants ont réussi à faire interdire les nouvelles concessions minières par référendum. Mais la soif de l'or reste forte.

Un Grand reportage de Raphaël Morán *qui s'entretient avec Jacques Allix*.

Paris FC : l'autre pari du footballUn petit vent d'air frais commence à souffler sur le football français. Paris aura un second club de foot au plus haut niveau, aux côtés du PSG. Deux grands clubs pour une capitale dans la lignée de Londres, Madrid. Voici le Paris Football Club. Né en 1969, il a connu une histoire contrariée, longtemps dans l'ombre du Paris Saint-Germain. Alors que l’équipe féminine du Paris FC a remporté la Coupe de France, l'équipe masculine vient de vivre cette épopée : la montée en Ligue 1. Le rachat du club par la famille de la cinquième fortune mondiale, Bernard Arnault, laisse entrevoir un futur radieux. Et pour se démarquer du puissant voisin en place, le Paris FC entend miser sur la formation, le temps long, et s’appuyer sur son identité populaire.

Un Grand reportage de Victor Missistrano qui s'entretient avec Jacques Allix.

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« Drill, baby drill », un slogan qui résume toute la politique énergétique de Donald Trump. Forez encore et encore : un choix clair pour l’exploitation du pétrole et du gaz et la multiplication des forages, dans un pays devenu le premier producteur mondial devant l’Arabie saoudite. Avec près de 18 millions de barils par jour.

Un discours du président des États-Unis qui résonne au Texas bien sûr : cet État du sud conservateur est le principal producteur de pétrole et de gaz naturel liquéfié du pays. Mais le Texas, c’est aussi le leader incontestable des énergies vertes aux États-Unis. Une transition ? Pas vraiment, plutôt une addition.

« Texas : énergies vertes au pays de l’or noir », c’est un grand reportage de Nathanaël Vittrant.

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Un petit vent d'air frais commence à souffler sur le football français. Paris aura un second club de foot au plus haut niveau, aux côtés du PSG. 2 grands clubs pour une capitale dans la lignée de Londres, Madrid. Voici le Paris Football Club. Né en 1969, il a connu une histoire contrariée, longtemps dans l'ombre du Paris Saint-Germain. Alors que l’équipe féminine du Paris FC a remporté la Coupe de France, l'équipe masculine vient de vivre cette épopée : la montée en Ligue 1.

Le rachat du club par la famille de la cinquième fortune mondiale, Bernard Arnault, laisse entrevoir un futur radieux.

Et pour se démarquer du puissant voisin en place, le Paris FC entend miser sur la formation, le temps long, et s’appuyer sur son identité populaire.

«Paris FC : l'autre pari du football», un Grand reportage de Victor Missistrano.

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Coincée entre le Tchad et le Nigeria, la région de Garoua est le bassin cotonnier du Cameroun… Le coton, introduit à l’époque de la colonisation, fait vivre encore plus de 2 millions de personnes. Il nourrit la région mais également une partie du pays grâce à une filière très structurée… Le coton profite également aux caisses de l’État : dans le secteur agricole, il est le 3è pourvoyeur de devises après le cacao et la banane.

Produire l’or blanc n’est pas pour autant l’assurance de bons revenus… Beaucoup de petits producteurs peinent à joindre les deux bouts et passent leur vie à rembourser certains produits indispensables comme les engrais…

«Cameroun, nuages sur l’or blanc», un Grand reportage de Charlotte Cosset.

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En Équateur, petit pays d'Amérique du Sud, l'exploitation illégale de l'or a rapporté aux trafiquants environ 1 milliard 300 millions de dollars, ces deux dernières années. Une activité lucrative souvent contrôlée par des mafias. Activité qui détruit l'environnement et provoque bien souvent le mécontentement des communautés paysannes. C'est le cas dans le Choco Andino, à l'ouest de la capitale, Quito.

Dans cette réserve de biosphère, les habitants ont réussi à faire interdire les nouvelles concessions minières par référendum. Mais la soif de l'or reste forte.

«Le combat des paysans équatoriens contre les mines d'or», un Grand reportage de Raphaël Morán.

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Dans le supplément de ce dimanche, en première partie, direction l'est de l'Europe. Chaque jour, la Russie est à l'offensive contre l'Ukraine. Missiles, drones, artillerie, le nombre des victimes, le plus souvent des civils, ne cesse d'augmenter et pour l'Europe, le risque d'une extension du conflit au-delà de l'Ukraine est très prégnant. L'Estonie est déjà en position défensive, mais pour s'armer, il faut de l'argent, la part du PIB réservée à l'armement va donc passer de 3 à 5%. En seconde partie, direction le Cameroun, à Buea, dans l'ouest du pays non loin de la zone côtière, dans l'une des 2 régions anglophones. Buea tangente la zone chaude du conflit séparatiste.

Estonie : la Défense à tout prix C’est une ex-République de l’URSS située au nord de l’Europe : l’Estonie, l’un des trois pays baltes vit avec la crainte de subir à son tour une attaque de son grand voisin russe. Le pays qui dépense déjà beaucoup pour sa défense - plus de 3% de son PIB - a décidé d’aller encore plus loin. Dès l’année prochaine, le pays va consacrer plus de 5% de son PIB à la défense. C’est d’après le gouvernement, le prix à payer pour assurer sa sécurité, tout en gardant le soutien de l’allié américain.

Un Grand Reportage de Nicolas Feldmann qui s'entretient avec Jacques Allix**.

Buea, les échos d'une crise oubliée au Cameroun anglophone Au Cameroun, les autorités viennent de célébrer (le 20 mai) la Fête de l'Unité nationale. Mais dans les deux régions à majorité anglophone du pays, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, la violence est toujours une réalité, huit ans après le début de la lutte armée. Face à face : groupes séparatistes réclamant l’indépendance du Cameroun anglophone et forces gouvernementales. En 8 ans, la nature de la crise a changé. Les mouvements armés se sont fragmentés. Le front s’est dilué en diverses zones d’insécurité.

Les civils restant les premières victimes.

L’impact est réel, même dans les zones calmes des régions anglophones.

En cette année électorale au Cameroun, Amélie Tulet s’est rendue fin février 2025 à Buea, capitale du Sud-Ouest, relativement sûre et terre d’accueil de nombreux déplacés. La population y souffre de la crise en termes de santé, de sécurité, ou d’économie.

Un Grand reportage d'Amélie Tulet, avec Alphonse Tebeck. Entretien avec Jacques Allix.

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Dans le supplément de ce samedi, en première partie, nous partons en Chine avec son milliard trois cent millions d'habitants, tente en effet de prendre un virage majeur depuis plusieurs années, celui de la relance de la natalité. Face aux 9 millions et demi de bébés seulement en 2024, un des niveaux les plus bas depuis la fondation de la République populaire de Chine, l'État multiplie les incitations mais les jeunes ont plutôt d'autres projets... En deuxième partie, une page nature et culture dans le parc de la Lopé, un des plus beaux parcs naturels du pays qui recèle une part d'histoire, ou plutôt de la préhistoire du Gabon. Avec peu de moyens, les gardes du parc tentent de préserver et développer ce patrimoine.

Naissances en Chine : quand l'intime défie la politiqueLe vent tourne en Chine en termes de natalité. L’enfant unique fut longtemps une obligation. Aujourd’hui, l’inverse est presque de mise : l’État s’inquiète de voir les naissances chuter. En 2024, le pays n’a enregistré que 9 millions et demi de bébés, très peu à l'échelle du pays. Un des niveaux les plus bas depuis la fondation de la République populaire. Les autorités multiplient les incitations. Mais les jeunes, eux, y regardent à deux fois. Grandir, aimer et transmettre. Ils s’interrogent.

Un Grand reportage de Clea Broadhurst et Chi Xiangyuan.Entretien avec Jacques Allix.

Le parc de la Lopé, sauvegarder le patrimoine naturel et humain du GabonIl est le plus ancien et le plus connu des parcs nationaux du Gabon. Le parc national de Lopé-Okanda en plein cœur du pays, abrite sur 5.000 km² une faune et une flore d’une grande richesse. Mais aussi un patrimoine archéologique qui lui vaut d’être classé à l’UNESCO depuis 2007.

Malgré des moyens limités, les équipes des parcs nationaux font de leur mieux pour défendre l’intégrité de ce havre de savanes et de forêts baigné par les eaux du fleuve Ogooué.

Un Grand reportage de François Mazetqui s'entretient avec Jacques Allix.

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Dans le supplément de ce dimanche, Grand reportage nous emmène en Chine qui est à la fois dépendante du charbon et qui se lance aussi le défi de la neutralité carbone avec les énergies renouvelables. En deuxième partie, direction l'Inde, au Kerala, où l'archipel Munroe Island est englouti par les eaux.

Énergie verte et dépendance au charbon : le paradoxe chinoisLa Chine en plein paradoxe. La Chine reste extrêmement dépendante du charbon… et à la fois elle tente de relever par tous les moyens le défi des énergies renouvelables. Gros enjeux : cela lui permettrait de dominer le marché mondial du solaire ou de l’éolien. Deux fers au feu : puisqu’elle s'est engagée à atteindre un pic d’émissions de dioxyde de carbone d'ici la fin de la décennie et à les éliminer d'ici 2060.

À l’heure de la Conférence internationale sur le Climat de Bakou, essentielle pour l’avenir, la Chine a adopté vendredi dernier (8 novembre 2024) une nouvelle loi sur l'énergie dans l'optique de «promouvoir la neutralité carbone».

Notre envoyée spéciale permanente à Pékin nous emmène à la rencontre d’une Chine volontaire, face à ses vieux démons…

Un Grand reportage de Clea Broadhurst, (avec la collaboration de Chi Xiangyuan) qui s'entretient avec Jacques Allix.

Kerala : le «pays des dieux» englouti par les eauxEn Inde, le Kerala est appelé le «pays de Dieu lui-même» pour ses sublimes paysages aquatiques tropicaux. Il est aussi en première ligne face au changement climatique. Symbole de cette menace : Munroe Island, un archipel intérieur inexorablement englouti par les eaux.

Premiers réfugiés climatiques du Kerala, plusieurs milliers d’habitants ont déjà quitté l'île qui se noie, comme on la surnomme ici. Ceux qui restent, cernés par les eaux, vivent dans des conditions de plus en plus éprouvantes.

Le destin de ce bout de paradis est un avertissement. Cochin, la plus grande ville du Kerala, est, elle aussi, menacée par l’océan. Pour s’adapter à cette nouvelle donne climatique, beaucoup reste à faire.

Un Grand reportage de Côme Bastin qui s'entretient avec Jacques Allix.

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Dans le supplément de ce samedi, Grand reportage week-end est entièrement consacré au changement climatique.En première partie, ce samedi, direction le Tchad qui est confronté à la montée des eaux. Et, en deuxième partie, direction Naxos en Grèce qui fait face à la sécheresse. Il ne pleut presque plus depuis 3 ans.

Au Tchad, les soldats de l'eau face au changement climatiqueÀ l’occasion de l’ouverture aujourd’hui de la COP29 à Bakou, Grand reportage vous emmène dans l’un des pays d’Afrique les plus touchés par les conséquences du réchauffement climatique. Après un épisode de chaleur extrême au mois d’avril, le Tchad fait désormais face à des inondations sans précédent qui ont déjà causé près de 600 morts et 2 millions de sinistrés, selon le dernier bilan officiel disponible, arrêté au 1er octobre.

Selon un rapport du groupe World Weather Attribution, la saison humide a gagné près de 18% en intensité depuis 1981 au Sahel central et la pluie pourrait encore augmenter de 30% d’ici 2050, selon les prévisions du GIEC qui annoncent également une multiplication des phénomènes extrêmes et moins prévisibles qui perturbent l’agriculture. Dans ce Grand reportage, nous suivrons notre correspondant Carol Valade à travers la vaste zone semi-urbaine qui entoure la capitale tchadienne à la rencontre de ceux qui se battent pour protéger leur quartier de la montée de eaux. Pour certaines zones agricoles, il est malheureusement déjà trop tard… et c’est donc à pirogue que débute ce Grand reportage… Embarquement.

Un Grand reportage de Carol Valade qui s'entretient avec Jacques Allix.

Péril sur Naxos, l'agriculture de l'île grecque menacée par la sécheresseLa Cop Climat - la 29è - vient de s’ouvrir à Bakou, en Azerbaïdjan, après l’été le plus chaud jamais enregistré dans le monde. Ce changement du climat s’accompagne notamment d’épisodes de sécheresse, comme au Brésil, ou dans le bassin méditerranéen. Sur l’île grecque de Naxos, fertile depuis l’Antiquité, il ne pleut ainsi presque plus depuis trois ans. La pénurie d’eau a notamment entraîné une chute vertigineuse de la production traditionnelle de pommes de terre - produit phare de l’île - mettant tout l’écosystème agricole en danger.

Un Grand reportage de Joël Bronner qui s'entretient avec Jacques Allix.

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La Chine en plein paradoxe. La Chine reste extrêmement dépendante du charbon… et à la fois elle tente de relever par tous les moyens le défi des énergies renouvelables. Gros enjeux : cela lui permettrait de dominer le marché mondial du solaire ou de l’éolien. Deux fers au feu : puisqu’elle s'est engagée à atteindre un pic d’émissions de dioxyde de carbone d'ici la fin de la décennie et à les éliminer d'ici 2060.

À l’heure de la Conférence internationale sur le Climat de Bakou, essentielle pour l’avenir, la Chine a adopté vendredi dernier (8 novembre 2024) une nouvelle loi sur l'énergie dans l'optique de «promouvoir la neutralité carbone».

Notre envoyée spéciale permanente à Pékin nous emmène à la rencontre d’une Chine volontaire, face à ses vieux démons…

«Énergie verte et dépendance au charbon : le paradoxe chinois ?», un Grand reportage de Clea Broadhurst, avec la collaboration de Chi Xiangyuan.

À écouter aussiLa Chine influenceuse du mouvement climatique mondial

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La Cop Climat - la 29è - vient de s’ouvrir à Bakou, en Azerbaïdjan, après l’été le plus chaud jamais enregistré dans le monde. Ce changement du climat s’accompagne notamment d’épisodes de sécheresse, comme au Brésil, ou dans le bassin méditerranéen. Sur l’île grecque de Naxos, fertile depuis l’Antiquité, il ne pleut ainsi presque plus depuis trois ans. La pénurie d’eau a notamment entraîné une chute vertigineuse de la production traditionnelle de pommes de terre - produit phare de l’île - mettant tout l’écosystème agricole en danger. ‘Sur l’île grecque de Naxos, la sécheresse menace l’avenir de l’agriculture’, c’est un Grand Reportage de Joël Bronner.

Ils sont trois anciens moulins à vent, quelque peu décatis, à donner son cachet à la commune de Tripodes, au cœur de Naxos, une île grecque réputée, depuis des siècles, pour la richesse de son agriculture. C’est ici que Stelios Zevgis élève 80 vaches. Grace à ses bêtes, il produit quotidiennement plus de 1 500 litres de lait, qu’il revend ensuite à la coopérative de l’île. Ce lait sert alors à produire la graviera, un fromage local réputé, membre de la famille des gruyères. Mais pour l’éleveur, la pénurie d’eau à Naxos vient tout remettre en cause : « Nous sommes confrontés à de gros problèmes d’eau. Au train où vont les choses, même les bêtes n’auront bientôt plus assez à boire et à manger. Nous avons besoin d’au moins 70 à 80 mètres cubes d’eau par jour pour subvenir à l’ensemble de leurs besoins, que ce soit pour leur donner à boire ou les laver. Mais il y a une autre conséquence négative de la sécheresse, c’est que nous ne produisons plus assez d’herbes ni de plantes fourragères pour nourrir nos vaches. L’an dernier par exemple, on en a récolté moitié moins que ce qu’on a semé. Et la différence, ce qu’il nous manque parce qu’il ne pleut pas, eh bien il faut qu’on l’achète. Donc l’orge, le maïs, etc. Il faut qu’on les importe depuis la Grèce continentale et ça nous coûte très cher. Une botte de paille d’orge qui coûte par exemple entre 50 et 60 euros sur le continent, nous ici nous la payons entre 120 et 130 euros. Avec le transport et le bateau, c’est le double du prix. »

Conséquence de la sécheresse, le prix de la graviera de Naxos tend donc pour l’heure à augmenter tandis que sa production, elle, diminue. La coopérative locale estime ainsi à près de 250 tonnes de fromage, au total, la baisse de production au cours des trois dernières années.

Mais là où la production agricole connait le ralentissement le plus brutal, c’est au niveau d’un autre emblème culinaire de l’île : les pommes de terres. À la sortie de la grande ville éponyme de Naxos, l’usine où elles sont traitées et stockées va maintenant devoir cesser de fonctionner de longs mois, jusqu’à l’été prochain. Dimitris Veniaris, le responsable de la chaîne de production, fait donc face, à présent, à une situation inédite : « D’habitude, on a du travail dans l’usine jusqu’à fin novembre. Et puis, début décembre, il y a une nouvelle récolte qui commence. En général, on avait donc, au maximum, un creux de 10 ou 15 jours sans pommes de terre. Mais là, pour la toute première fois, on se retrouve sans rien dès la fin septembre… et comme la production pour l’hiver n’a pas été plantée à cause de la sécheresse, il n’y aura bientôt plus du tout de pommes de terre sur le marché. »

« La pomme de terre a besoin d'eau »Traditionnellement, à Naxos, les agriculteurs récoltent en effet les pommes de terre deux fois par an. Une fois en été et une autre en hiver. Or à cause de la sécheresse, les tubercules n’ont pas pu cette fois être plantés, en prévision de l’hiver. Sur l’île, il n’y aura donc plus de production de pommes de terre jusqu’à la prochaine récolte d’été. Désabusé, le président de la coopérative agricole de l’île, Dimitris Kapounis, affirme que son collectif a pourtant tiré la sonnette d’alarme dès 2021, en alertant des risques de pénurie d’eau et en encourageant les pouvoirs publics à réaliser des travaux d’infrastructures. Il estime ne pas avoir été entendu, alors que le manque d’eau et ses conséquences sont à présent de plus en plus criants.

« En 2022, nous avons récolté 6 000 tonnes de pommes de terre. En 2023, seulement 4 000 tonnes et cette année, en 2024, la production n’a été que de 1 800 tonnes, pointe-t-il. On parle donc d’une baisse de 70% de la production en deux ans ! Et la cause, c’est simple, c’est le manque d’eau, la sécheresse : il ne pleut pas... Il y a deux ans, on a eu de la pluie, l’an dernier déjà nettement moins et là, cette année, il n’a presque pas plu du tout. En 2024, de la pluie, nous en avons eu deux fois en tout et pour tout : un jour en février et un autre jour en mars. Autant dire que de l’eau, il n’y en a pas du tout. Le résultat c’est qu’à Naxos, qui est la patrie de la pomme de terre, un produit IGP, on se retrouve sans pommes de terre… parce que la pomme de terre a besoin d’eau, de beaucoup d’eau ! »

Label européen, IGP signifie ‘Indication géographique protégée’. En face de l’usine, les chambres réfrigérées supposées stocker de grandes quantités de ces pommes de terre labellisées sont vides ou presque. Tout au fond, quelques rares sacs en toile de jute - remplis de celle qu’on appelle la ‘patata Naxou’ - rappellent la fonction du hangar.

« Cela fait 15 ans que nous organisons ici chaque année une grande fête de la pomme de terre en l’honneur de la ‘patata Naxou’, depuis l’époque où elle a été couronnée par une ‘indication géographique protégée’, explique encore Dimitris Kapounis. C’est la meilleure pomme de terre de Grèce, avec celle de la région de Nevrokopi, dans le nord du pays. Mais cette année, la fête a été annulée puisque nous sommes à court de pommes de terre. À la place, nous avons organisé un mouvement de protestation pour informer des problèmes auxquels nous faisons face. Cette pomme de terre, vous savez, elle est cultivée, avec de l’eau, dans un sol sablonneux, qui est fertilisé à plus de 70% avec du fumier animal. C’est cette association qui fait la différence de goût entre la pomme de terre de Naxos et toutes les autres pommes de terre de Grèce et du monde. »

Sur l’île, la pomme de terre est un produit qui fait vivre environ 300 familles et qui suscite la fierté des habitants. À défaut de pouvoir la faire goûter sur les ondes, on peut néanmoins demander à un restaurateur - qui la propose à sa carte - de décrire ce qui la caractérise. Manolis Solokos est copropriétaire d’une taverne sur le port de la ville touristique de Naxos, où il accueille en majorité des clients Grecs, Français et Italiens : « La pomme de terre de Naxos, pour moi, elle sort du lot. J’ai déjà goûté d’autres pommes de terre de Grèce et, je ne sais pas, les autres sont plus jaunes, plus sucrées… La pomme de terre de Naxos a un goût particulier, tout simplement délicieux. Oui, je pense que nous nous distinguons dans ce domaine et j’espère que nous pourrons continuer à en produire. »

Des investissements vains des agriculteurs Dans sa famille, Stamatis Sergis représente la 4e génération d’agriculteurs. Sur son champ tout sec de la commune de Livadi, il nous parle des mouches. Ces mouches qui sont là parce que c’est le fumier qui sert essentiellement ici d’engrais naturel. À la tête de 28 hectares, où il n’a pas pu planter la moindre pomme de terre pour cet hiver, l’agriculteur évoque surtout l’inflation et les surcoûts - liés à la chaleur et la sècheresse - qu’il estime à un tiers de dépenses en plus. Là, dans le coffre de son pick-up, il montre du doigt un moteur qui vient de griller. La faute au manque d’eau. Sur les sept puits que possède le producteur de pommes de terre, seuls deux sont d’ailleurs encore utilisables, les autres ont été infiltrés par l’eau de mer, en raison de la baisse de niveau de la nappe phréatique. Résultat des récoltes, au lieu d’une centaine de tonnes habituellement, il n’a pu sortir de terre cette année que 20 tonnes en tout et pour tout.

« Nous avons déjà dépensé beaucoup d’argent pour nos champs, en particulier pour y amener de l’eau ! Il a fallu installer des tuyaux pour transporter cette eau depuis le réservoir vers la plaine. Concrètement chaque agriculteur a déboursé de 3 à 500 000 euros pour pouvoir cultiver, rappelle Stamatis. L’équivalent de ce quelqu’un, dans le secteur du tourisme, va payer pour construire un hôtel. Le problème c’est que mon fils, par exemple, il a plus intérêt aujourd’hui à aller travailler comme serveur pendant la saison touristique. Il gagnera dans les 10 000 euros, ça lui fera son salaire annuel. S’il choisit au contraire de travailler dans les champs, il va bosser sans arrêt toute l’année et, au final, il ne gagnera pas autant. Nous nous dirigeons tout droit vers une désertification et un abandon de nos terres agricoles. Moi, j’approche de la retraite, mon fils, lui, va encore me donner petit un coup de main, mais pour combien de temps ? Le domaine est là, les machines sont là, je n’arrive pas à envisager de tout quitter, c’est désolant. C’est comme agrandir une maison pour au final, ne plus jamais y retourner. »

À Naxos, la radio locale porte un nom anglophone : ‘Aegean Voice’, la voix de l’Égée. Depuis plus de 30 ans, Popi Aliberti est l’une de ces voix, qui accompagnent les auditeurs du 107.5. Après une brève discussion à l’antenne, relative à la sècheresse, l’animatrice évoque, devant le studio, la vie sur son île, la plus grande de l’archipel des Cyclades : « L'île de Naxos a évolué rapidement ces dernières années. Le tourisme que nous avions ici il y a 10 ans n'a absolument rien à voir avec le tourisme que nous avons aujourd'hui. Presque tous les ans, un nouveau record est établi. Cette année encore la fréquentation de l’île a progressé de 3 à 4% par rapport à 2023… qui était déjà, ici, une année record. »

Ils sont aujourd’hui les deux piliers économiques de l’île, mais tandis que le tourisme est en plein essor et ne cesse de progresser, le secteur agricole, lui, tend à suivre la pente inverse. Non sans conséquence pour les habitants. « Les difficultés de l’agriculture locale, bien sûr qu’on les constate dans la vie quotidienne, indique la journaliste. Quand je vais au supermarché pour faire les courses, je vois bien qu’il n’y a plus assez de tomates de Naxos. Dans les rayons, on trouve soit des tomates d’autres régions de Grèce, soit des tomates importées de l’étranger. Le résultat, c’est que les tomates qu’on payait avant entre 50 et 80 centimes d’euros le kilo, elles nous coutent maintenant entre 3 euros et 3 euros 50. »

Au premier étage de la mairie, les fenêtres donnent sur la mer et sur une poignée de petites usines de dessalement portatives, logées dans des conteneurs préfabriqués. Il s’agit là d’une solution de facilité, temporaire, mise en place -pour l’instant- jusqu’en fin d’année. Il s’agit, malgré la sècheresse, de répondre aux besoins touristiques en eau, sur la côte, dans un rayon d’une dizaine de kilomètres autour de la ville de Naxos. Mais cette eau, dont la qualité a des limites, représenterait une solution insatisfaisante pour l’agriculture. De plus, les infrastructures pour amener cette eau jusqu’aux champs n’existent pas et son éventuel transport ferait donc exploser le prix des produits agricoles. Il faut donc chercher ailleurs.

Un défi : économiser l'eau « Je m’appelle Dimitris Lianos et je suis le maire de Naxos et des petites Cyclades. À l’heure où nous parlons, 70% de l'approvisionnement en eau de toutes les localités de Naxos, les 70% qui alimentent les maisons des particuliers, proviennent d’eaux souterraines, c’est-à-dire, des forages. Cela fait 35 ans que nous effectuons des forages sur l’île et jusqu’à présent ces réserves n’ont pas diminué significativement. Les scientifiques pensent donc qu’avec les infrastructures nécessaires, cette eau pourrait être dirigée vers d'autres régions, comme celle où l'on cultive des pommes de terre, pour enrichir la nappe phréatique sur place. »

Pour amasser l’eau nécessaire aux besoins agricoles, les solutions ont besoin d’être multiples et complémentaires. Autre piste importante envisagée à l’hôtel de ville, un plan de recyclages des eaux usées. C’est aussi ce que réclament les agriculteurs : une station d’épuration avec un traitement dit tertiaire, qui puisse permettre de réutiliser l’eau, au lieu d’en rejeter des milliers de mètres cubes à la mer. Une initiative supposée s’inscrire dans une politique de plusieurs travaux à mener à bien. « À Naxos, le relief nous pose toutes sortes de difficultés par rapport à la question de l’eau. Nous avons ici aussi bien de la montagne, de la semi-montagne, des secteurs rocheux que des zones de plaine, poursuit Dimitris Lianos, le maire. Et puis, à l’échelle de la Grèce, nous parlons d’une île relativement grande, qui nécessite des projets d’une autre envergure que pour les petites Cyclades par exemple. Ici, il y a donc tout un travail d’études, de forages exploratoires puis de forages à faire. Ensuite, des travaux pour le transport de l’eau seront obligatoires pour installer des tuyaux et les connecter au réseau hydraulique. Il faut aussi absolument que l’État achève le barrage de Tsikalari, dont la construction est planifiée depuis environ 25 ans ! C’est crucial. Et bien sûr, en complément, des unités de dessalement sont également nécessaires dans certains endroits comme dans notre ville de Naxos ou, près d’ici, dans les zones touristiques de la côte. »

À l’image du maire de Naxos, presque tous nos interlocuteurs se désolent qu’Athènes n’ait jamais terminé la construction d’un nouveau barrage, au niveau du village central de Tsikalari. Ce serpent de mer local leur semble pourtant riche d’une promesse, celle de pouvoir récolter puis redistribuer un précieux trésor aux agriculteurs : des perles de pluie.

Non loin des vestiges du temple de Déméter, déesse de la fertilité, s’étend la terre agricole de Mikri Farma, la ‘petite ferme’ en grec. Nous entrons ici dans le royaume de Konstantis Chouzouris, quadragénaire malicieux, à la barbe broussailleuse. Un souverain qui invite les visiteurs à écouter le chant de ses cannes à sucre, c’est-à-dire la musique que produit le vent au contact des herbes géantes. Au sein d’un collectif, le propriétaire de cette petite exploitation milite pour l’économie de l’eau à Naxos. À sa manière, l’agriculteur incarne la tension grandissante entre l’industrie du tourisme et celle de l’agriculture sur l’île : « Le problème principal de l’île, pour moi, c’est le détournement de l’eau. On vole l'eau des zones rurales pour remplir les piscines. Ce qui se passe c’est qu’un type arrive, il construit cinq villas avec une piscine par villas. Cinq grandes piscines de 80 mètres cubes d’eau chacune. Pour les remplir et les entretenir, il faut disons de 400 à 500 mètres cubes d’eau en tout. 500 mètres cubes d’eau, c’est en une seule fois toute la quantité d’eau que j’utilise en un été dans ma petite ferme ! Nous sommes en état d'urgence. Nous vivons l’une des pires périodes de pénurie d’eau de l’histoire de l’île. C'est la troisième année consécutive que nous avons très peu d'eau, comment pouvons-nous donner la priorité au remplissage des piscines ? »

Au-delà de son appel à ne pas gaspiller, l’agriculteur recommande, en ce qui concerne la terre, un retour à des cultures de fruits et de légumes moins gourmands en eau. Une direction également préconisée récemment, au niveau national, par le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis. Au vu des projections concernant le changement climatique en cours, tout porte à croire en effet que la sécheresse prolongée qui touche déjà Naxos et devrait concerner une bonne partie du bassin méditerranéen s’inscrit dans un temps long, auquel l’agriculture va devoir s’adapter… ou prendre le risque de disparaître.

« Dans ma zone, la mairie a récemment augmenté le coût de l’eau, qui a été multiplié par trois. Mais moi, je ne peux pas vendre mes légumes trois fois plus cher ! Je ne peux pas vendre des tomates à 7 euros 50 le kilo au lieu de 2 euros 50… Nous, les agriculteurs, nous devons à présent collectivement nous former à l’agriculture en sol aride et utiliser certains types de légumes spécifiques, qui peuvent se passer d’eau. Une certaine catégorie de concombres, de melons, de pastèques, d’oignons, de pommes de terre aussi… Il y a des tas de cultures de ce style qui existaient ici il y a encore quelques dizaines d’années et dont nous nous sommes coupés. Nous avons malheureusement perdu de nombreuses informations à leur sujet. Et nous les avons perdues parce que les gens ont déserté les champs et sont allés en ville pour devenir médecins, avocats, enseignants, professeurs, députés… Beaucoup sont partis pour occuper des postes de fonctionnaires, pour obtenir un salaire fixe. Et le résultat c’est qu’il n’est plus resté personne, parmi les jeunes, pour s'occuper des champs... », déplore l'agriculteur.

Un besoin urgent d'aide de l'ÉtatProduire, avec peu ou pas d’eau, certains légumes spécifiques en plus petites quantités… mais avant tout, continuer à produire. Voilà donc l’une des pistes avancées par ce travailleur de la terre. Quelles autres solutions privilégier pour récolter un peu de cette eau nécessaire à l’agriculture et à la vie lorsque sévit la sécheresse ? De passage dans les bureaux de la coopérative agricole de Naxos, Yannis Politis enseigne l’agronomie à la faculté d’Athènes. Le professeur suggère en premier lieu de s’inspirer des exemples déjà existants, dans les pays qui font face à des climats comparables voire encore plus arides : « À Chypre, la philosophie n'est pas de se concentrer uniquement sur de grands barrages, mais plutôt de construire de plus petits barrages au pied des montagnes pour que, les rares fois où il se met à pleuvoir, ces barrages retiennent suffisamment d’eau pour que celle-ci ait le temps de s'infiltrer dans la terre et puisse remplir les réservoirs souterrains de l'île. C’est de quelque chose comme ça dont nous avons aussi besoin, ici, à Naxos. Par ailleurs, de manière plus générale, le problème de l’agriculture grecque est que, par comparaison, notre production par hectares est bien inférieure à celle d'Israël ou à celle des Pays-Bas, que pourtant personne ne considère comme des pays idéaux pour l’agriculture. Donc là aussi il nous reste beaucoup de progrès à faire. Au niveau national, je pense que la proposition de notre Premier ministre de nous diriger vers des légumes qui nécessitent moins d'eau est la bonne. Mais en même temps, au vu du contexte agricole local, je ne suis pas prêt à soutenir que c'est la bonne voie pour la région de Naxos. »

Car à Naxos, l’agriculture s’appuie donc pour l’heure sur un écosystème entre la culture de la pomme de terre, qui a permis le développement de l’élevage - à l’origine du fromage graviera - et le fumier animal qui vient, en retour, fertiliser les pommes de terre. Faire disparaitre l’un de ces produits labellisés risquerait de déchirer tout le tissu économique local, d’où la frilosité de l’enseignant en agronomie. Dans tous les cas, à Naxos ou ailleurs, l’éventuelle reconversion de certains agriculteurs vers de nouvelles productions ne pourra pas se faire sans pédagogie politique ni soutien financier des États pour encourager et faciliter une telle transition. Autrement, la fertile Naxos, en première ligne face à la sécheresse qui touche le bassin Méditerranéen, pourrait bien se transformer rapidement en un champ de ruines agricole. Des vestiges devant lesquels les touristes pourront toujours à court terme venir se prendre en photos, comme ils le font devant la porte du temple d’Apollon, l’emblème de cette île grecque et de son passé.

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À l’occasion de l’ouverture aujourd’hui de la COP29 à Bakou, Grand reportage vous emmène dans l’un des pays d’Afrique les plus touchés par les conséquences du réchauffement climatique. Après un épisode de chaleur extrême au mois d’avril, le Tchad fait désormais face à des inondations sans précédent qui ont déjà causé près de 600 morts et 2 millions de sinistrés, selon le dernier bilan officiel disponible, arrêté au 1er octobre.

Selon un rapport du groupe World Weather Attribution, la saison humide a gagné près de 18% en intensité depuis 1981 au Sahel central et la pluie pourrait encore augmenter de 30% d’ici 2050, selon les prévisions du GIEC qui annoncent également une multiplication des phénomènes extrêmes et moins prévisibles qui perturbent l’agriculture. Dans ce Grand reportage, nous suivrons notre correspondant Carol Valade à travers la vaste zone semi-urbaine qui entoure la capitale tchadienne à la rencontre de ceux qui se battent pour protéger leur quartier de la montée de eaux. Pour certaines zones agricoles, il est malheureusement déjà trop tard… et c’est donc à pirogue que débute ce Grand reportage… Embarquement.

Au Tchad, les soldats de l'eau face au changement climatique, un Grand reportage de Carol Valade, réalisé par Guillaume Buffet et Alexandre Cayuela.

Merci aux associations Jeunesse active, et Anda, à la radio Terre nouvelle et à Médecins Sans Frontières.

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Dans le supplément de ce dimanche, Grand reportage nous emmène au Liban où les affrontements entre Israël et le Hezbollah font des milliers de victimes chez les civils. En deuxième partie, direction l'Irak, dans le Sinjar, où la communauté yézidie a subi les attaques de la part de l'organisation État islamique en 2014. 10 ans plus tard, après un bilan lourd de victimes, le retour des Yézidis demeure difficile.

Liban : les civils pris au piège de l’offensive israélienneLe Liban à nouveau ravagé par la guerre. Le conflit entre Israël et le Hezbollah embrase tout le pays. Tout commence au lendemain des attaques terroristes menées de Gaza par le Hamas, le 7 octobre 2023, contre Israël. Le Hezbollah allié libanais de l’Iran ouvre alors un front de soutien au Hamas. Pendant dix mois, les affrontements restent contenus le long de la frontière israélo-libanaise.

Mais, le 17 septembre 2024, des explosions de bipeurs et de talkies-walkies piégés touchent plusieurs milliers de combattants du Hezbollah. Attaque attribuée à Israël qui ne dément pas et accélère encore. Les frappes tuent Hassan Nasrallah, le leader du parti de dieu et les chars Israéliens entrent au pays du Cèdre.

Plus de 2 500 morts et 11 500 blessés, des milliers de disparus, 1,4 million de déplacés.

Un Grand reportage de Sophie Guignon qui s'entretient avec Jacques Allix.

10 ans après le génocide perpétré par l'État islamique : le déchirant retour des yézidis au Sinjar Akhlas Kairo fait partie de près de 7 000 femmes et enfants yézidis enlevées par l’organisation État islamique en 2014. Elle est restée entre leurs mains pendant plusieurs mois, 10 ans plus tard, elle lutte encore pour reprendre une vie normale, hantée par ses souvenirs, comme tous au Sinjar. Le 3 août 2014, l’État islamique lançait une attaque extrêmement coordonnée contre la communauté yézidie qui a alors peu de choix : se convertir, tenter de fuir ou mourir.

Plus de 5 000 personnes sont tuées en quelques semaines, des femmes et enfants capturés sont réduits en esclavage. 350 000 personnes ont fui, 150 000 seulement ont pu revenir.

Un Grand reportage de Marie-Charlotte Roupie qui s'entretient avec Jacques Allix.

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Dans le supplément de ce samedi, Grand reportage week-end est entièrement consacré à la présidentielle aux États-Unis. En première partie, nous revenons sur la campagne menée par 3 candidats (Trump, Biden et Harris). Et, en deuxième partie, l'un des États clés, la Caroline du Nord, que les démocrates espéraient remporter.

Présidentielle aux États-Unis : Trump, Biden et Harris, trois candidats pour une campagneCe mardi 5 novembre 2024, c'est le grand jour. Même si certains ont déjà voté en avance, c’est aujourd’hui que les Américains se choisissent un président, ou une présidente : leur 47è. La campagne a été agitée, entre les démêlés de l’ex-président et candidat Donald Trump avec la justice, la guerre à Gaza qui s'invite dans les primaires démocrates, et puis bien sûr, le président Joe Biden qui jette l’éponge et laisse la place de candidat à sa vice-présidente Kamala Harris.

Pour ce Grand reportage, RFI a décidé de vous faire revivre les moments-clé de cette campagne, en s’appuyant sur les propos qu’ont tenu les candidats, mais aussi sur les reportages et les analyses de nos correspondants sur place, et celles des spécialistes des États-Unis interrogés par RFI.

Un Grand reportage de Christophe Paget qui s'entretient avec Jacques Allix.

Les démocrates de Caroline du Nord à l’assaut des électeurs rurauxÀ la veille des élections aux États-Unis, suspense. Trump ou Harris ? 7 des 50 États américains concentrent toute l’attention. Parmi ces États clés, la Caroline du Nord est le seul à avoir choisi Donald Trump lors de la dernière élection présidentielle. 7 millions d’électeurs y sont enregistrés. 16 grands électeurs briguent les suffrages. Cette année, les démocrates espèrent remporter cet État, notamment grâce à une stratégie : mobiliser les électeurs des campagnes.

Sur ces terres conservatrices majoritairement acquises au Parti républicain et Donald Trump, les idées progressistes des démocrates en heurtent bien sûr, plus d’un.

Un Grand reportage d'Edward Maille qui s'entretient avec Jacques Allix.

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Akhlas Kairo fait partie de près de 7 000 femmes et enfants yézidis enlevées par l’organisation État islamique en 2014. Elle est restée entre leurs mains pendant plusieurs mois, 10 ans plus tard, elle lutte encore pour reprendre une vie normale, hantée par ses souvenirs, comme tous au Sinjar. Le 3 août 2014, l’État islamique lançait une attaque extrêmement coordonnée contre la communauté yézidie qui a alors peu de choix : se convertir, tenter de fuir ou mourir.

Plus de 5 000 personnes sont tuées en quelques semaines, des femmes et enfants capturés sont réduits en esclavage. 350 000 personnes ont fui, 150 000 seulement ont pu revenir.

«10 ans après le génocide perpétré par l'État islamique : le déchirant retour des yézidis au Sinjar», un Grand reportage de Marie-Charlotte Roupie.

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Le Liban à nouveau ravagé par la guerre. Le conflit entre Israël et le Hezbollah embrase tout le pays. Tout commence au lendemain des attaques terroristes menées de Gaza par le Hamas, le 7 octobre 2023, contre Israël. Le Hezbollah allié libanais de l’Iran ouvre alors un front de soutien au Hamas. Pendant dix mois, les affrontements restent contenus le long de la frontière Israélo-libanaise.

Mais, le 17 septembre 2024, des explosions de bipeurs et de talkies-walkies piégés touchent plusieurs milliers de combattants du Hezbollah. Attaque attribuée à Israël qui ne dément pas et accélère encore. Les frappes tuent Hassan Nasrallah, le leadeur du parti de dieu et les chars Israéliens entrent au pays du Cèdre.

Plus de 2 500 morts et 11 500 blessés, des milliers de disparus, 1,4 million de déplacés.

«Liban : les civils pris au piège de l’offensive israélienne», un Grand reportage de notre correspondante au Liban, Sophie Guignon avec Chloé Domat.

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Ce mardi 5 novembre 2024, c'est le grand jour. Même si certains ont déjà voté en avance, c’est aujourd’hui que les Américains se choisissent un président, ou une présidente : leur 47è. La campagne a été agitée, entre les démêlés de l’ex-président et candidat Donald Trump avec la justice, la guerre à Gaza qui s'invite dans les primaires démocrates, et puis bien sûr, le président Joe Biden qui jette l’éponge et laisse la place de candidat à sa vice-présidente Kamala Harris.

Pour ce Grand reportage, RFI a décidé de vous faire revivre les moments-clé de cette campagne, en s’appuyant sur les propos qu’ont tenu les candidats, mais aussi sur les reportages et les analyses de nos correspondants sur place, et celles des spécialistes des États-Unis interrogés par RFI.

« Présidentielle aux États-Unis : Trump, Biden et Harris, trois candidats pour une campagne », un Grand reportage de Christophe Paget.

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À la veille des élections aux États-Unis, suspense. Trump ou Harris ? 7 des 50 États américains concentrent toute l’attention. Parmi ces États clés, la Caroline du Nord est le seul à avoir choisi Donald Trump lors de la dernière élection présidentielle. 7 millions d’électeurs y sont enregistrés. 16 grands électeurs briguent les suffrages. Cette année, les démocrates espèrent remporter cet État, notamment grâce à une stratégie : mobiliser les électeurs des campagnes.
Sur ces terres conservatrices majoritairement acquises au Parti républicain et Donald Trump, les idées progressistes des démocrates en heurtent bien sûr, plus d’un.

«Les démocrates de Caroline du Nord à l’assaut des électeurs ruraux», un Grand reportage d’Edward Maille.

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Dans le supplément de ce dimanche, à quelques heures de l’élection présidentielle aux États-Unis, Grand reportage vous fait partager le quotidien des Américains dont le cœur balance entre Kamala Harris et Donald Trump. Tout d'abord, direction le sud, dans la campagne des oubliés de l'Amérique, où les habitants ont le sentiment d'être des laissés-pour-compte. En deuxième partie, nous partons à Détroit dans le Michigan. Onze ans après sa faillite, la ville reprend des couleurs.

La campagne des oubliés de l'AmériqueDans quelques jours, les Américains vont arbitrer l'une des campagnes les plus indécises de leur histoire contemporaine. Une nouvelle fois, l'élection présidentielle aux États-Unis va se jouer à quelques centaines de milliers de voix près dans les États clés, ceux qui basculent d'un camp à l'autre de scrutin en scrutin.

Kamala Harris et Donald Trump ont choisi d'y concentrer leurs déplacements et de faire l'impasse sur une autre Amérique : celle des anonymes du sud du pays, des ruraux, des villes moyennes de Louisiane et du Mississippi, dont les habitants ont le sentiment de ne plus exister sur la carte du gouvernement. Ils sont en majorité conservateurs, parfois progressistes, souvent perdus, et tous, bousculés par la hausse des prix, angoissés par l'avenir et laissés-pour-compte.

Un Grand reportage de Vincent Souriau et Julien Boileau qui s'entretiennent avec Jacques Allix.

Détroit : après le déclin, la RenaissanceAu centre de la campagne électorale, la réindustrialisation du pays. Nous voici dans un des États clé du vote du 5 novembre : le Michigan. Où la ville de Détroit, l’héroïne d’une gloire américaine passée, a su retrouver des couleurs.

Les images de son déclin ont marqué les esprits : quartiers entiers laissés à l’abandon, rangées de maisons en pleine décrépitude.

11 ans après avoir fait faillite, celle qui fut le berceau de l’industrie automobile semble avoir définitivement tourné la page : les gratte-ciel brillent de 1 000 feux dans le centre-ville, les avenues autrefois sordides ont laissé la place aux commerces branchés et aux hôtels de luxe.

Une renaissance qui a un prix, celui de la gentrification, l’arrivée de population aisée dans les quartiers modestes, qui font grimper les prix de l’immobilier.

Un Grand reportage d'Anne Verdaguer qui s'entretient avec Jacques Allix.

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Dans le supplément de ce samedi, Grand reportage week-end vous emmène en Éthiopie. Notre correspondante a recueilli des témoignages de migrants éthiopiens qui ont tenté de traverser illégalement la frontière entre le Yémen et l'Arabie entre 2022 et 2023. Et, en deuxième partie, plongée en 1974 dans le Zaïre de Mobutu, pour commémorer le 50è anniversaire du « combat du siècle ».

Du rêve au cauchemar, quand les Éthiopiens tentent le tout pour le tout en Arabie saouditeDes garde-frontières saoudiens auraient tué des centaines de migrants éthiopiens. Des migrants qui tentaient de traverser illégalement la frontière entre le Yémen et l'Arabie entre mars 2022 et juin 2023. De terribles accusations de Human Rights Watch qui publiait, il y a un peu plus d’un an, une enquête explosive… Face aux preuves fournies par l'ONG, l’Éthiopie a annoncé une enquête conjointe avec les autorités saoudiennes.

Rien n’a été rendu public. Et l’indignation finalement a laissé place au silence… La plupart des rescapés ont regagné leur village en Éthiopie. À quoi ressemble leur vie aujourd’hui ? Quel regard portent-ils sur ce qui leur est arrivé ? Seraient-ils prêts à repartir ?

Un Grand reportage de Clothilde Hazard qui s'entretient avec Jacques Allix.

Ali contre Foreman à Kinshasa : 50 ans après, souvenirs africains du « combat du siècle »C’était, il y a cinquante ans, la capitale congolaise Kinshasa accueillait l’un des plus prestigieux combats de boxe du XXe siècle, le face-à-face Mohamed Ali / George Foreman. Bien que ce combat ait opposé deux Américains et qu’il ait été calé aux horaires du public américain, il a eu un écho mondial et a suscité un considérable engouement sur le continent africain.

Sept correspondants de RFI en Afrique ont collecté ces dernières semaines des témoignages qui l’illustrent et qui font revivre ce moment de retrouvailles entre Africains et Afro-américains.

Au générique de ce Grand Reportage, Patient Ligodi à Kinshasa, Benoît Alméras à Abidjan, Denise Maheho à Lubumbashi, Victor Cariou à Accra, Matthias Raynal à Casablanca, Yves-Laurent Goma à Libreville et Joseph Kahongo à Kisangani. Au micro, Laurent Correau.

Un Grand reportage de Laurent Correau qui s'entretient avec Jacques Allix.

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Dans quelques jours, les Américains vont arbitrer l'une des campagnes les plus indécises de leur histoire contemporaine. Une nouvelle fois, l'élection présidentielle aux États-Unis va se jouer à quelques centaines de milliers de voix près dans les États-clés, ceux qui basculent d'un camp à l'autre de scrutin en scrutin.

Kamala Harris et Donald Trump ont choisi d'y concentrer leurs déplacements et de faire l'impasse sur une autre Amérique : celle des anonymes du sud du pays, des ruraux, des villes moyennes de Louisiane et du Mississippi, dont les habitants ont le sentiment de ne plus exister sur la carte du gouvernement. Ils sont en majorité conservateurs, parfois progressistes, souvent perdus, et tous, bousculés par la hausse des prix, angoissés par l'avenir et laissés-pour-compte.

«La campagne des oubliés de l'Amérique», un Grand reportage signé Vincent Souriau et Julien Boileau.

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À moins d’une semaine de l’élection aux États-Unis. 4 Grands Reportages vont nous faire partager le quotidien des Américains dont le cœur balance entre Kamala Harris et Donald Trump. Au centre de la campagne électorale, la réindustrialisation du pays. Nous voici dans un des États-clé du vote du 5 novembre : le Michigan. Où la ville de Détroit, l’héroïne d’une gloire américaine passée, a su retrouver des couleurs.

Les images de son déclin ont marqué les esprits : quartiers entiers laissés à l’abandon, rangées de maisons en pleine décrépitude.

11 ans après avoir fait faillite, celle qui fut le berceau de l’industrie automobile semble avoir définitivement tourné la page : les gratte-ciel brillent de 1 000 feux dans le centre-ville, les avenues autrefois sordides ont laissé la place aux commerces branchés et aux hôtels de luxe.

Une renaissance qui a un prix, celui de la gentrification, l’arrivée de population aisée dans les quartiers modestes, qui font grimper les prix de l’immobilier.

«Détroit : après le déclin, la Renaissance», un Grand reportage signé Anne Verdaguer, réalisation : Pauline Leduc.

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C’était, il y a cinquante ans, la capitale congolaise Kinshasa accueillait l’un des plus prestigieux combats de boxe du XXè siècle, le face-à-face Mohamed Ali / George Foreman. Bien que ce combat ait opposé deux Américains et qu’il ait été calé aux horaires du public américain, il a eu un écho mondial et a suscité un considérable engouement sur le continent africain.

Sept correspondants de RFI en Afrique ont collecté ces dernières semaines des témoignages qui l’illustrent et qui font revivre ce moment de retrouvailles entre africains et afro-américains.

Ali contre Foreman à Kinshasa : 50 ans après, souvenirs africains du « combat du siècle », un Grand reportage collectif présenté par Laurent Correau.

Au générique de ce Grand Reportage, Patient Ligodi à Kinshasa, Benoît Alméras à Abidjan, Denise Maheho à Lubumbashi, Victor Cariou à Accra, Matthias Raynal à Casablanca, Yves-Laurent Goma à Libreville et Joseph Kahongo à Kisangani. Au micro, Laurent Correau.

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Des garde-frontières saoudiens auraient tué des centaines de migrants éthiopiens. Des migrants qui tentaient de traverser illégalement la frontière entre le Yémen et l'Arabie entre mars 2022 et juin 2023. De terribles accusations de Human Rights Watch qui publiait, il y a un peu plus d’un an, une enquête explosive… Face aux preuves fournies par l'ONG, l’Éthiopie a annoncé une enquête conjointe avec les autorités saoudiennes.

Rien n’a été rendu public. Et l’indignation finalement a laissé place au silence… La plupart des rescapés ont regagné leur village en Éthiopie. À quoi ressemble leur vie aujourd’hui ? Quel regard portent-ils sur ce qui leur est arrivé ? Seraient-ils prêts à repartir ?

«Du rêve au cauchemar, quand les Éthiopiens tentent le tout pour le tout en Arabie Saoudite», un Grand reportage de Clothilde Hazard.

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Dans le supplément de ce dimanche, Grand reportage week-end vous emmène en Argentine sur la trace du plus grand félin d'Amérique, dont le territoire s'amenuise à cause de la déforestation. En deuxième partie, en Sicile, où des milliers d'hectares sont dévorés par les feux de forêt chaque année.

Sur la piste des derniers jaguars d’ArgentineAlors que la COP 16 sur la diversité biologique s’ouvre ce lundi (21 octobre 2024) à Cali en Colombie, RFI vous emmène sur la trace du jaguar. Le plus grand félin d’Amérique a perdu 50% du territoire qu’il occupait autrefois, à cause notamment de la déforestation et de la chasse.

Ce recul illustre le déclin de la biodiversité en Amérique latine, où la taille moyenne des populations d’animaux sauvages a diminué de 95% en 50 ans, selon le Fonds mondial pour la nature, plus que n’importe quelle autre région du monde.

Situé au sommet de la chaîne alimentaire, le jaguar joue un rôle essentiel dans la régulation des écosystèmes. En Argentine, l’espèce a été déclarée monument naturel en 2001, mais est aujourd’hui au bord de l’extinction, avec moins de 250 individus.

Un Grand reportage de Théo Conscience qui s'entretient avec Jacques Allix.

En Sicile, tout reconstruire après les flammes Dans le sud de l’Europe, l’été s’en est allé et a laissé derrière lui des centaines de milliers d’hectares de terres dévorées par les flammes. Ces dernières semaines, le Portugal a été particulièrement touché. Mais selon les chiffres de l’EFFIS, le Système européen d’information sur les feux de forêt, l’Italie est le pays de l’Union européenne qui compte le plus grand nombre d’incendies chaque année. En moyenne, 290 par an et près du double l’année dernière.

Une région est particulièrement touchée et regroupe près de 45% de la superficie réduite en fumée depuis le début de l’année. C’est la Sicile.

Comment la vie repart-elle après ces incendies ? Comment habitants et autorités locales tentent de prévenir ces feux, non sans mal ?

Un Grand reportage de Cécile Debarge qui s'entretient avec Jacques Allix.

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Dans le supplément de ce samedi, Grand reportage week-end vous emmène en Israël au coeur des affrontements contre le Hamas à Gaza, mais aussi au Liban ; et en deuxième partie, au sommet des Brics qui s'est tenu du 22 au 24 octobre 2024, à Kazan, en Russie.

Israël en guerre : l'économie accuse le coupIl y a un peu plus d'un an, l'organisation islamiste Hamas menait une série d'attaques inédites contre des villages proches de la bande de Gaza et un festival de musique en Israël. Bilan : près de 1 200 personnes tuées, et 251 otages dont 101 sont toujours retenus à Gaza, sans que leurs proches sachent s'ils sont encore en vie. L'attaque a déclenché des représailles d'une ampleur jamais vue de la part d'Israël, et dépasse maintenant les 42 000 morts à Gaza (bilan des autorités palestiniennes).

Il y a aussi des centaines de victimes au Liban où l'armée israélienne a ouvert un nouveau front, ces dernières semaines. En plus d'une situation humanitaire catastrophique, l'économie palestinienne est à genoux, et le Liban s'enfonce dans la crise. L'économie israélienne, elle, résiste mieux. Mais elle subit de plus en plus les effets de la guerre la plus longue de l'histoire du pays.

Un Grand reportage de Justine Fontainequi s'entretient avec Jacques Allix.

Chine-Russie, l’attelage anti-occidental à l’épreuve des sanctionsLe sommet des Brics s’ouvre aujourd’hui (22 octobre 2024) dans la ville de Kazan en Russie. BRICS ; historiquement pour Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud. Depuis janvier ; Iran, Égypte, Éthiopie, Émirats et Arabie saoudite ont rejoint le mouvement. Les BRICS ont des intérêts et des lignes diplomatiques bien loin de converger, certains se proclamant « non alignés ». À Kazan, Pékin comme Moscou veulent profiter de la rencontre pour durcir les messages contre l’occident ; c’est le fer de lance de leur entente affichée.

Depuis la guerre en Ukraine et les sanctions occidentales, les Russes ont dû se rapprocher plus vite que prévu des Chinois. Mais ces intérêts communs ont largement des limites !

Un Grand reportage de Anissa El Jabri qui s'entretient avec Jacques Allix.

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Dans le sud de l’Europe, l’été s’en est allé et a laissé derrière lui des centaines de milliers d’hectares de terres dévorées par les flammes. Ces dernières semaines, le Portugal a été particulièrement touché. Mais selon les chiffres de l’EFFIS, le Système européen d’information sur les feux de forêt, l’Italie est le pays de l’Union européenne qui compte le plus grand nombre d’incendies chaque année. En moyenne, 290 par an et près du double l’année dernière.

Une région est particulièrement touchée et regroupe près de 45% de la superficie réduite en fumée depuis le début de l’année. C’est la Sicile.

Comment la vie repart-elle après ces incendies ? Comment habitants et autorités locales tentent de prévenir ces feux, non sans mal ?

« En Sicile, tout reconstruire après les flammes », un Grand Reportage de Cécile Debarge.

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Il y a un peu plus d'un an, l'organisation islamiste Hamas menait une série d'attaques inédites contre des villages proches de la bande de Gaza et un festival de musique en Israël. Bilan : près de 1 200 personnes tuées, et 251 otages dont 101 sont toujours retenus à Gaza, sans que leurs proches sachent s'ils sont encore en vie. L'attaque a déclenché des représailles d'une ampleur jamais vue de la part d'Israël, et dépasse maintenant les 42 000 morts à Gaza (bilan des autorités palestiniennes).

Il y a aussi des centaines de victimes au Liban où l'armée israélienne a ouvert un nouveau front, ces dernières semaines. En plus d'une situation humanitaire catastrophique, l'économie palestinienne est à genoux, et le Liban s'enfonce dans la crise. L'économie israélienne, elle, résiste mieux. Mais elle subit de plus en plus les effets de la guerre la plus longue de l'histoire du pays.

« Israël en guerre : l'économie accuse le coup », un Grand reportage de Justine Fontaine, avec Yaëlle Ifrah.

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Le sommet des Brics s’ouvre aujourd’hui (22 octobre 2024) dans la ville de Kazan en Russie. BRICS ; historiquement pour Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud. Depuis janvier ; Iran, Égypte, Éthiopie, Émirats et Arabie saoudite ont rejoint le mouvement. Les BRICS ont des intérêts et des lignes diplomatiques bien loin de converger, certains se proclamant « non alignés ». À Kazan, Pékin comme Moscou veulent profiter de la rencontre pour durcir les messages contre l’occident ; c’est le fer de lance de leur entente affichée.

Depuis la guerre en Ukraine et les sanctions occidentales, les Russes ont dû se rapprocher plus vite que prévu des Chinois. Mais ces intérêts communs ont largement des limites !

« Chine-Russie, l’attelage anti-occidental à l’épreuve des sanctions », un Grand reportage d’Anissa El Jabri.

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Alors que la COP 16 sur la diversité biologique s’ouvre ce lundi (21 octobre 2024) à Cali en Colombie, RFI vous emmène sur la trace du jaguar. Le plus grand félin d’Amérique a perdu 50% du territoire qu’il occupait autrefois, à cause notamment de la déforestation et de la chasse.

Ce recul illustre le déclin de la biodiversité en Amérique latine, où la taille moyenne des populations d’animaux sauvages a diminué de 95% en 50 ans, selon le Fonds mondial pour la nature, plus que n’importe quelle autre région du monde.

Situé au sommet de la chaîne alimentaire, le jaguar joue un rôle essentiel dans la régulation des écosystèmes. En Argentine, l’espèce a été déclarée monument naturel en 2001, mais est aujourd’hui au bord de l’extinction, avec moins de 250 individus.

De notre envoyé spécial en Argentine,

Il faut s’armer de machette et de patience pour progresser à travers les arbustes, les ronces et les épines du Gran Chaco.

« Ce n’est pas un paysage accueillant », concède Lucero Corrales. À 28 ans, cette garde forestière est membre du Proyecto Yaguareté, un projet du Ceiba et du Conicet, l’Institut de recherche scientifique national argentin.

Nous sommes dans le nord de l’Argentine, la frontière avec le Paraguay est à une centaine de kilomètres. La province de Formosa où nous nous trouvons est au cœur du Gran Chaco. Cette immense région à cheval sur quatre pays abrite la deuxième plus grande forêt d’Amérique latine. Chaque mois, Lucero Corrales s’aventure à travers la végétation dense et sèche de cette forêt baptisée l’Impénétrable.

L’inhospitalité de cet écosystème en fait un sanctuaire pour le jaguar, qui y trouve l’un de ses derniers refuges. En Argentine, le plus grand félin d’Amérique du Sud a perdu 95% de son territoire qui s’étendait autrefois jusqu’à la Patagonie.

Mis à part l’homme, le jaguar n’a pas de prédateur. Il culmine au sommet de la chaîne alimentaire, et joue à ce titre un rôle essentiel de régulateur dans l’écosystème du Gran Chaco, où cohabitent plus de 700 espèces d’oiseaux, de mammifères, et de reptiles au milieu d’une flore composée de plus de 3 400 espèces de plantes. Une biodiversité foisonnante, actuellement menacée par la déforestation silencieuse à l’œuvre dans le Chaco qui a perdu plus de 8 millions d’hectares, au cours des 20 dernières années.

Lorsque l’on traverse la forêt, le « Monte » comme on l’appelle ici, la vue encombrée par la végétation se dégage parfois subitement. On débouche alors sur un large corridor débroussaillé au bulldozer qui coupe la forêt en deux.

La déforestation réduit et fragmente le territoire du jaguar et de ses proies. Selon les estimations du proyecto Yaguareté, il reste à peine une vingtaine d’individus dans la forêt chaqueña. Le travail de Lucero consiste en partie à essayer de les recenser et de cartographier leur territoire.

Pour remonter la trace du jaguar, Lucero Corrales s’appuie sur ceux qui vivent et traversent la forêt au quotidien. Professeurs ruraux, policiers, agriculteurs, guides, ils sont plus de 350 à lui faire remonter des informations sur la présence du jaguar. Un réseau que la garde forestière construit et entretient patiemment au fur et à mesure de ses visites sur le terrain.

Samuel Peralta, 15 ans, est l’un de ses collaborateurs. Employé agricole, il veille sur les bêtes d’un propriétaire terrien, seul au milieu de la forêt. Quelques jours auparavant, il a repéré sur le sol une empreinte qui pourrait bien appartenir à un jaguar.

À notre arrivée sur place, l’empreinte a été effacée par la pluie, mais elle était non loin d’un piège photographique que Lucero Corrales a installé quelques mois auparavant.

Lucero détache un boitier couleur camouflage fixé sur un arbre à une trentaine de centimètres du sol pour récupérer la carte mémoire du piège photographique.

Elle contient 85 photos qu’elle révisera plus tard, dans l’espoir de voir apparaître sur l’une d’entre elles le jaguar qui a laissé l’empreinte repérée par Samuel. Chaque fois que la présence d’un jaguar est vérifiée, Lucero note les coordonnées géographiques de la photo et l’envoie à l’équipe de chercheurs du Proyecto Yaguareté.

Mais la collecte de données pour la recherche scientifique n’est qu’une partie du travail de Lucero Corrales. Le Proyecto Yaguareté est également un projet de conservation et de sensibilisation auprès des populations qui vivent au contact de l’animal.

Si le contact avec la population est si important, c’est parce que la déforestation n’est pas la seule menace qui pèse sur le jaguar. Bien qu’interdite, la chasse reste la première cause de mortalité pour le félin. Fin juillet 2024, un jaguar a été abattu dans la province de Formosa et ses braconniers arrêtés.

Dans le Chaco, ceux qui s’en prennent au jaguar le font le plus souvent par peur. Une peur ancestrale, souvent infondée, qui se transmet de génération en génération. Le travail de Lucero Corrales consiste bien souvent à démystifier le jaguar.

Aureliano Zorrilla est éleveur. Il vit avec sa famille au milieu de la forêt, dans une maison sans eau courante ni électricité. Comme beaucoup de chaquenos, il parle du tigre pour désigner le jaguar.

Dans le Chaco, les histoires et les rumeurs sur les attaques de jaguar vont bon train. Ces récits sont le plus souvent faux, ou vieux de plusieurs décennies. Il arrive en revanche que le félin s’en prenne au bétail.

Quand elle est prévenue d’un conflit entre le jaguar et des éleveurs, Lucero Corrales tente de se rendre sur place le plus vite possible pour désamorcer la situation, et éviter que les éleveurs ne cherchent à tuer l’animal. C’est aussi souvent le point de départ d’une relation.

Pour Lucero Corrales, les pièges photographiques sont aussi une excuse pour venir rendre visite aux habitants du Chaco, établir un lien de confiance avec eux, les impliquer dans la conservation de l’espèce. Mais changer leur perception du jaguar requiert de la patience et de l’empathie.

La tâche est compliquée, mais pas impossible. Au fur et à mesure de ses visites et de ses missions sur le terrain, Lucero a réussi à transformer certains habitants du Chaco en véritables alliés dans la conservation du jaguar.

Don Pica Jaime est l’un de ces octogénaires qui ont passé toute leur vie dans le monte chaqueño. Lui aussi a craint le jaguar pendant de longues années.

Don Pica est le propriétaire de l’exploitation où nous sommes allés relever un piège photographique avec Samuel Peralta en début de reportage. Il a laissé ses jeunes années de déforestation derrière lui pour faire de ses terres une sorte de réserve naturelle pour « son » jaguar.

Lucero Corrales ne le reconnaitra pas au micro, mais Don Pica fait partie de ses chouchous au sein du groupe de collaborateurs, car il incarne mieux que personne la réussite de ce projet.

Le lien presque affectif entre Don Pica et le jaguar est l’objectif final de la stratégie de conservation du Proyecto Yaguareté. Et c’est aussi à cela que servent les pièges photographiques : faire connaitre l’animal à ceux qui le côtoient. D’autant que chaque individu est reconnaissable aux taches de son pelage, qui lui sont propres comme des empreintes digitales. Chaque fois qu’elle rend visite à quelqu’un, Lucero Corrales montre les clichés du jaguar qui vit dans la zone.

Lorsque Lucero Corrales arrive devant l’école de la colonie Union Escuela, une nuée d’enfants en blouse blanche se rue dans ses bras.

La garde forestière est déjà venue réaliser des activités d’éducation environnementale dans cette école à plusieurs reprises. La dernière en date avait à voir avec son projet de donner un nom au jaguar qui vit dans la zone.

Après cinq jours de porte à porte au milieu de la forêt pour faire voter plus de 127 personnes, le moment est venu d’annoncer le résultat du scrutin et le nom du jaguar.

En tout, les enfants avaient fait six propositions de nom :

Pavao, en référence à la rivière dans laquelle se désaltère le jaguar qui vit dans la zone. Tucha, qui signifie « grand » en guarani. Chirete, qui veut dire enfant dans la même langue. AMB Guardian, pour gardien de la forêt. Yenu, qui signifie Ami en langue Pilaga, et enfin, le grand gagnant. Capicua, un mot espagnol qui désigne un palindrome numérique, en référence à l’une des taches caractéristiques du jaguar de la zone, qui dessine le nombre 808.

La journée continue ensuite avec des activités de sensibilisation environnementale pour les enfants.

Pour l’aider à organiser et animer les ateliers, Lucero Corrales a fait venir une autre garde forestière, Mermela Martinez, qui fait un volontariat pour le Proyecto Yaguareté.

Des ateliers sur la biodiversité donc, sur la faune et la flore de la forêt, et bien sûr, sur le jaguar.

Griselda Gamarra, institutrice, se félicite de l’enthousiasme que génère le félin chez les enfants.

Autant de concepts que les enfants vont pouvoir intégrer dès le plus jeune âge, et qu’ils vont également pouvoir transmettre à leurs parents en rentrant chez eux, estime l’institutrice.

Lucero Corrales espère elle aussi que les enfants pourront être une courroie de transmission, une manière de faire arriver son message jusque dans les familles qu’elle ne peut pas aller rencontrer. Selon elle, commencer l’éducation environnementale dès le plus jeune âge est essentiel.

Mais même avec les enfants, les peurs et les croyances sont difficiles à déconstruire. Lucero Corrales se réjouit du chemin parcouru depuis la première fois qu’elle est venue les voir pour leur parler du jaguar.

La journée se termine, et les enfants rentrent chez eux avec un cahier de coloriage sur les animaux qui vivent dans le Gran Chaco. Sur les rotules, Lucero Corrales peut enfin souffler, épuisée mais satisfaite.

«Sur la piste des derniers jaguars d’Argentine», un Grand reportage de Théo Conscience, réalisation : Ewa Piedel.

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Dans le supplément de ce dimanche, Grand reportage week-end vous emmène au Congo-Brazzaville après les fortes inondations subies en fin d'année 2023. En deuxième partie, direction les îles Féroé, un archipel où les femmes sont en minorité.

Face aux inondations, le Congo-Brazzaville entre adaptation et résignationFin 2023, le Congo-Brazzaville a subi les pires inondations de son histoire récente. Les cours d’eau sont sortis de leur lit dans des proportions inédites, provoquant des dégâts considérables : 1,79 million de personnes ont été affectées, un Congolais sur 12 a eu besoin d’une assistance humanitaire. La Likouala, département le plus éloigné de la capitale, fut aussi le plus touché. Les envoyés spéciaux de RFI s’y sont rendus en septembre 2024 avec une équipe de l’Unicef.

Un Grand reportage d'Amélie Tulet qui s'entretient avec Jacques Allix.

Les îles Féroé, l'archipel qui manque de femmes Nous sommes en plein océan Atlantique-Nord, à 350 kilomètres de la première terre habitée, aux îles Féroé un archipel sous couronne danoise. Le phénomène, il y a quelques années, a été relayé par les médias : l’arrivée massive de femmes originaires d’Asie du Sud-Est et pour cause aux îles Féroé, les femmes sont en forte minorité. La réalité démographique est un petit peu plus complexe, les instances locales s’organisent d’ailleurs pour construire une société plus inclusive et pour convaincre les Féroïennes émigrées de revenir au pays…

Un Grand reportage d'Emilien Hofman et de Nicolas Taiana qui s'entretiennent avec Jacques Allix.

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Dans le supplément de ce samedi, Grand reportage week-end vous emmène dans les prisons au Brésil, en première partie, une prison pour mineurs et en deuxième partie, une prison pour femmes. Le point commun de ces établissements : traiter les détenus avec dignité.

Au Brésil, une prison pour mineurs fait figure d’exception [1/2]C’est une prison alternative qui traite ses détenus avec dignité. Au Brésil, l’association religieuse pour la protection et l’assistance des condamnés, l’APAC, promeut un système carcéral qui met l’accent sur la dignité et la réinsertion du détenu. Ce genre d’établissement existe depuis plus de cinquante ans au Brésil, et coûte moins cher que les prisons communes, aux conditions insalubres. Ici, pas de gardes armés, et les prisonniers, appelés de « récupérant », ont aussi la charge de la sécurité. Dans ce pays, troisième plus grande population carcérale au monde, avec 832 000 détenus, le système des prisons APAC fait figure d’exception. Plongée dans les prisons APAC de la ville de Frutal, dans le Minas Gérais.

Un Grand reportage de Sarah Cozzolinoqui s'entretient avec Jacques Allix.

Au Brésil, une prison qui traite les femmes avec dignité [2/2]Une prison sans gardes armés, où les détenus assurent la sécurité. Une prison différente, au Brésil, gérée par une association religieuse. Dans le premier volet de cette immersion dans les prisons de l'APAC, nous étions avec les mineurs. Cette fois, direction le Centre pénitencier pour femmes, contrairement au système carcéral commun, les 90 femmes qui purgent leur peine ne portent pas d'uniforme de prisonnier et elles sont appelées par leur nom et par leur matricule. Et les mères peuvent même partager leur cellule avec leur bébé.

Un Grand reportage de Sarah Cozzolino qui s'entretient avec Jacques Allix.

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Nous sommes en plein océan Atlantique-Nord, à 350 kilomètres de la première terre habitée, aux îles Féroé un archipel sous couronne danoise. Le phénomène, il y a quelques années, a été relayé par les médias : l’arrivée massive de femmes originaires d’Asie du Sud-Est et pour cause aux îles Féroé, les femmes sont en forte minorité. La réalité démographique est un petit peu plus complexe, les instances locales s’organisent d’ailleurs pour construire une société plus inclusive et pour convaincre les Féroïennes émigrées de revenir au pays…

«Les îles Féroé, l'archipel qui manque de femmes», un Grand reportage d’Emilien Hofman et de Nicolas Taiana.

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Une prison sans gardes armés, où les détenus assurent la sécurité. Une prison différente, au Brésil, gérée par une association religieuse. Dans le premier volet de cette immersion dans les prisons de l'APAC, nous étions avec les mineurs. Cette fois, direction le Centre pénitencier pour femmes, contrairement au système carcéral commun, les 90 femmes qui purgent leur peine ne portent pas d'uniforme de prisonnier et elles sont appelées par leur nom et par leur matricule. Et les mères peuvent même partager leur cellule avec leur bébé.

« Au Brésil, une prison qui traite les femmes avec dignité », un Grand reportage de Sarah Cozzolino.

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En Vendée, les 2/3 de l'île de Noirmoutier se trouve en dessous du niveau de la mer. Avec le dérèglement climatique, les côtes s'érodent sous l'élévation des océans et les tempêtes de plus en plus fréquentes frappent directement les maisons. Depuis 2015, un plan pour prévenir les risques existent, mais face à son impopularité, les objectifs ont été revus à la baisse pour finalement ne pas prendre en compte l'élévation du niveau de la mer. Aujourd'hui, le plan est révisé et les négociations s'annoncent tendues, notamment sous la pression immobilière, avec cette particularité, le nombre de résidences secondaires.

«Noirmoutier, une île contre la mer», un Grand reportage de Justine Rodier.

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Les Maldives sont menacées de disparition : 80% des terres de cet archipel de l’océan Indien se trouvent à moins d’un mètre au-dessus du niveau de la mer. Cela en fait le pays le plus bas du monde, et l’un des plus frappés par l’élévation du niveau des océans, causée par le réchauffement climatique et la fonte des glaces. Dans environ 30 ans, l’essentiel des terres des Maldives pourrait être submergé ou inhabitable, ce qui pousse les autorités à recourir à des mesures extrêmes: elles récupèrent du sable au fond de la mer pour faire émerger de nouvelles terres.

Des kilomètres carrés de territoire ont été ainsi été remblayés ces dernières années. Or, cette procédure est contestée, car ces travaux entraînent la destruction des coraux et de la vie marine, dont dépendent justement les Maldives.

«Maldives: l'utilisation massive du sable pour lutter contre la montée des mers, une méthode controversée», un Grand reportage de Sébastien Farcis.

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Aux États-Unis, le Michigan dans le nord-est du pays, fait partie des États-clés pour l’élection présidentielle de novembre 2024. Comme en Pennsylvanie, dans le Wisconsin, la Géorgie, le Nevada et l’Arizona, l’élection y est incertaine et l’État peut facilement basculer d’un camp à un autre.

Le vote y sera donc crucial, en particulier, celui de la classe moyenne et des ouvriers car le Michigan se situe dans la Rust Belt, la « ceinture de la rouille », surnom donné à la région industrielle du nord-est des États-Unis. Une classe moyenne désabusée qui souffre d’un contexte économique miné depuis quelques années par l’inflation.

«Michigan, l’inflation au cœur du vote ouvrier», un Grand Reportage signé Anne Verdaguer, réalisation : Pauline Leduc.

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Dans le supplément de ce dimanche, Grand reportage week-end vous emmène en Guinée, pour le procès du massacre du 28 septembre 2009. En deuxième partie, nous nous intéressons à ceux qui ont décidé de retourner vivre dans leur pays, la Tunisie.

Guinée, un procès contre l'impunitéLe procès du massacre du 28 septembre 2009 s'ouvrait, en 2022, en Guinée. Bilan de cette répression d'un meeting de l'opposition par les forces de sécurité : plus de 150 morts, plus d'une centaine de femmes violées. Pour la première fois, la justice du pays jugeait des crimes de masse. Pour la première fois, prenait place, dans le box des accusés, un ancien président. Après 22 mois d’audience, le verdict est tombé en juillet 2024 : 20 ans pour l'ex-chef d’État Moussa Dadis Camara. Sept hauts responsables ont également été reconnus coupables. Notre correspondant en Guinée, entre 2021 et 2024, a suivi toute la procédure.

Un Grand reportage de Matthias Raynal qui s'entretient avec Jacques Allix.

À contre-courant, quand la diaspora rentre au paysIl ne reste plus personne dans le pays, on peut l'entendre à longueur de journée en Tunisie, et pourtant alors que ce pays d'Afrique du Nord traverse une crise économique et politique intense et alors que l'émigration s'emballe qu'elle soit régulière ou irrégulière, certains ont fait le choix inverse. Ils sont à contre-courant et c'est à eux que nous avons décidé de nous intéresser. RFI est allé à la rencontre de ceux qui ont décidé d'investir, parfois de retourner vivre dans ce pays que tous veulent quitter. Pourquoi ce choix et à quoi ressemble leur vie en Tunisie ?

Un Grand reportage d'Amira Souilem qui s'entretient avec Jacques Allix.

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Dans le supplément de ce samedi, Grand reportage week-end vous emmène en Australie où la sécheresse impacte le secteur agricole. En deuxième partie, nous partons en Inde, où l'archipel de Munroe Island subit l'engloutissement par les eaux à cause du changement climatique.

En Australie, la guerre de l’eau a déjà commencéL’Australie, c’est le continent le plus aride du monde… C’est pourquoi une part significative de son agriculture se concentre autour de l’un des deux seuls bassins hydrographiques du continent, les rivières Murray-Darling et leurs multiples affluents, qui s’étendent sur plusieurs milliers de kilomètres… Mais il est de plus en plus difficile d’en vivre.

La sécheresse a fait baisser drastiquement son niveau ces dernières années, elle est par ailleurs surexploitée, et polluée, en amont, par des producteurs de coton, plaçant les éleveurs, et les communautés indigènes situées en aval dans une situation de stress hydrique de plus en plus intenable…

Nos reporters, Léo Roussel et Grégory Plesse, se sont rendus à Wilcannia, une petite ville majoritairement aborigène où l’eau en bouteille coûte plus cher que le diesel ainsi que dans la région de Menindee, aux confins de la Nouvelle-Galles-du-Sud.

Un Grand reportage de Grégory Plesse et Léo Rousselqui s'entretiennent avec Jacques Allix.

Kerala : le «pays des dieux» englouti par les eauxEn Inde, le Kerala est appelé le «pays de Dieu lui-même» pour ses sublimes paysages aquatiques tropicaux. Il est aussi en première ligne face au changement climatique. Symbole de cette menace : Munroe Island, un archipel intérieur inexorablement englouti par les eaux.

Premiers réfugiés climatiques du Kerala, plusieurs milliers d’habitants ont déjà quitté l'île qui se noie, comme on la surnomme ici. Ceux qui restent, cernés par les eaux, vivent dans des conditions de plus en plus éprouvantes.

Le destin de ce bout de paradis est un avertissement. Cochin, la plus grande ville du Kerala, est, elle aussi, menacée par l’océan. Pour s’adapter à cette nouvelle donne climatique, beaucoup reste à faire.

Un Grand reportage de Côme Bastin qui s'entretient avec Jacques Allix.

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Le procès du massacre du 28 septembre 2009 s'ouvrait, en 2022, en Guinée. Bilan de cette répression d'un meeting de l'opposition par les forces de sécurité : plus de 150 morts, plus d'une centaine de femmes violées. Pour la première fois, la justice du pays jugeait des crimes de masse. Pour la première fois, prenait place, dans le box des accusés, un ancien président. Après 22 mois d’audience, le verdict est tombé en juillet 2024 : 20 ans pour l'ex-chef d’État Moussa Dadis Camara. Sept hauts responsables ont également été reconnus coupables. Notre correspondant en Guinée, entre 2021 et 2024, a suivi toute la procédure.

« Guinée, un procès contre l'impunité », un Grand reportage de Matthias Raynal.

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En Inde, le Kerala est appelé le «pays de Dieu lui-même» pour ses sublimes paysages aquatiques tropicaux. Il est aussi en première ligne face au changement climatique. Symbole de cette menace : Munroe Island, un archipel intérieur inexorablement englouti par les eaux.
Premiers réfugiés climatiques du Kerala, plusieurs milliers d’habitants ont déjà quitté l'île qui se noie, comme on la surnomme ici. Ceux qui restent, cernés par les eaux, vivent dans des conditions de plus en plus éprouvantes.

Le destin de ce bout de paradis est un avertissement. Cochin, la plus grande ville du Kerala, est elle aussi menacée par l’océan. Pour s’adapter à cette nouvelle donne climatique, beaucoup reste à faire.

«Kerala : le "pays des dieux" englouti par les eaux», un Grand reportage de Côme Bastin.

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Il ne reste plus personne dans le pays, on peut l'entendre à longueur de journée en Tunisie, et pourtant alors que ce pays d'Afrique du Nord traverse une crise économique et politique intense et alors que l'émigration s'emballe qu'elle soit régulière ou irrégulière, certains ont fait le choix inverse. Ils sont à contre-courant et c'est à eux que nous avons décidé de nous intéresser. RFI est allé à la rencontre de ceux qui ont décidé d'investir, parfois de retourner vivre dans ce pays que tous veulent quitter. Pourquoi ce choix et à quoi ressemble leur vie en Tunisie ?

«À contre courant, quand la diaspora rentre au pays», un Grand reportage d'Amira Souilem.

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L’Australie, c’est le continent le plus aride du monde… C’est pourquoi une part significative de son agriculture se concentre autour de l’un des deux seuls bassins hydrographiques du continent, les rivières Murray-Darling et leurs multiples affluents, qui s’étendent sur plusieurs milliers de kilomètres… Mais il est de plus en plus difficile d’en vivre.

La sécheresse a fait baisser drastiquement son niveau ces dernières années, elle est par ailleurs surexploitée, et polluée, en amont, par des producteurs de coton, plaçant les éleveurs, et les communautés indigènes situées en aval dans une situation de stress hydrique de plus en plus intenable…

Nos reporters, Léo Roussel et Grégory Plesse, se sont rendus à Wilcannia, une petite ville majoritairement aborigène où l’eau en bouteille coûte plus cher que le diesel ainsi que dans la région de Menindee, aux confins de la Nouvelle-Galles-du-Sud.

En Australie, la guerre de l’eau a déjà commencé, un Grand reportage de Grégory Plesse et Léo Roussel.

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Dans le supplément de ce dimanche, Grand reportage week-end vous emmène en France, pour la commémoration de l'anniversaire du débarquement de Provence du 15 août 1944. Débarquement auquel ont participé plus de cent mille soldats d'origine africaine ou des colonies françaises. En deuxième partie, nous nous intéressons au football amateur en France et chez les enfants en particulier, enfants qui désirent faire de leur loisir leur profession. On parle alors de projets Mbappé.

Dans les pas des soldats africains du débarquement de ProvenceIl y a 80 ans, plus de 250 000 combattants débarquaient en Provence, au sud-est de la France, deux mois et demi après le D-Day en Normandie, pour libérer le pays occupé par l’Allemagne nazie. Dans les rangs de cette armée B française, plus de la moitié des soldats venaient des anciennes colonies françaises en Afrique… Le 15 août 1944, ces hommes, venus de loin, foulent les terres provençales ; puis, guidés par la Résistance, ils libèrent les villages les uns après les autres avant d'atteindre le port de Toulon, leur objectif.

Un Grand reportage de Théa Ollivier et Valentin Hugues qui s'entretiennent avec Jacques Allix.

Dans le football amateur, les projets MBappé signent la fin d’un loisir pour les enfantsSur les réseaux, dans les clubs, au sein des familles surtout on parle de projet Mbappé, et avoir un projet Mbappé, c'est être prêt à tout pour qu'un enfant devienne un joueur de foot professionnel. Foot passion qui rime avec pression sur les jeunes joueurs et tension avec l'entourage, les entraîneurs et désormais les arbitres jusqu'à la violence.

Un Grand reportage d'Emma Garboud-Lorenzoni qui s'entretient avec Jacques Allix.

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Dans le supplément de ce samedi, Grand reportage week-end vous emmène au Nigeria dans le monde imaginaire et créatif des super héros, et ce dans différents domaines (cinéma, BD, etc). En deuxième partie, nous partons en Centrafrique où les jeunes développent un grand intérêt pour les nouvelles technologies, notamment la robotique et l'intelligence artificielle.

Super héros made in NigeriaChanger les imaginaires en s'appuyant sur des super héros africains, évoluant surtout en Afrique. C'est la voie choisie au Nigeria depuis une quinzaine d'années par plusieurs dizaines de studios de création. Longtemps, ce pari est considéré comme fou dans un monde dominé par les univers des Marvels américains et des personnages de mangas japonais. Surfant notamment sur le boom des téléphones portables, des auteurs de BD, des développeurs de jeux vidéo et des illustrateurs de dessins animés ont donné vie à des personnages continentaux et typiques.

À partir de récits 100% africains, ces créatifs ont forgé sans faire de bruit une industrie culturelle aux solides fondations. À tel point que des plateformes américaines et européennes signent désormais des contrats avec cette avant-garde de Lagos.

Un Grand reportage de Moïse Gomis qui s'entretient avec Jacques Allix.

La robotique, un métier d'avenir pour une Centrafrique développéeÀ l’heure où le monde note des avancées scientifiques permanentes, de plus en plus de jeunes inventeurs centrafricains s'accrochent tant bien que mal à cette ère de transformation portée par les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle. Ils sont persuadés que leurs impacts sur la connaissance, l’apprentissage, l’emploi, la médecine, la science, les relations entre les hommes et les machines sont indispensables. Le centre des martyrs de FATIMA, créé il y a cinq ans, organise ces dernières années des camps de technologie pour former et initier les jeunes.

Un Grand reportage de Rolf Steve Domia-Leu qui s'entretient avec Jacques Allix.

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Sur les réseaux, dans les clubs, au sein des familles surtout on parle de projet Mbappé, et avoir un projet Mbappé, c'est être prêt à tout pour qu'un enfant devienne un joueur de foot professionnel. Foot passion qui rime avec pression sur les jeunes joueurs et tension avec l'entourage, les entraîneurs et désormais les arbitres jusqu'à la violence.

«Dans le football amateur, les projets MBappé signent la fin d’un loisir pour les enfants», un Grand reportage d'Emma Garboud-Lorenzoni.

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À l’heure où le monde note des avancées scientifiques permanentes, de plus en plus de jeunes inventeurs centrafricains s'accrochent tant bien que mal à cette ère de transformation portée par les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle. Ils sont persuadés que leurs impacts sur la connaissance, l’apprentissage, l’emploi, la médecine, la science, les relations entre les hommes et les machines sont indispensables. Le centre des martyrs de FATIMA, créé il y a cinq ans, organise ces dernières années des camps de technologie pour former et initier les jeunes.

«La Robotique, un métier d'avenir pour une Centrafrique développée», un Grand reportage de Rolf Steve Domia-Leu.

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Il y a 80 ans, plus de 250 000 combattants débarquaient en Provence, au sud-est de la France, deux mois et demi après le D-Day en Normandie, pour libérer le pays occupé par l’Allemagne nazie. Dans les rangs de cette armée B française, plus de la moitié des soldats venaient des anciennes colonies françaises en Afrique… Le 15 août 1944, ces hommes, venus de loin, foulent les terres provençales ; puis, guidés par la Résistance, ils libèrent les villages les uns après les autres avant d'atteindre le port de Toulon, leur objectif.

« Dans les pas des soldats africains du débarquement de Provence », un Grand reportage de Théa Ollivier et Valentin Hugues.

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Changer les imaginaires en s'appuyant sur des super héros africains, évoluant surtout en Afrique. C'est la voie choisie au Nigeria depuis une quinzaine d'années par plusieurs dizaines de studios de création. Longtemps, ce pari est considéré comme fou dans un monde dominé par les univers des Marvels américains et des personnages de mangas japonais. Surfant notamment sur le boom des téléphones portables, des auteurs de BD, des développeurs de jeux vidéo et des illustrateurs de dessins animés ont donné vie à des personnages continentaux et typiques.

À partir de récits 100% africains, ces créatifs ont forgé sans faire de bruit une industrie culturelle aux solides fondations. À tel point que des plateformes américaines et européennes signent désormais des contrats avec cette avant-garde de Lagos.

« Super héros made in Nigeria », un Grand reportage de Moïse Gomis.

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Dans le supplément de ce dimanche, Grand reportage week-end vous emmène en Côte d'Ivoire observer les évolutions des pratiques sociales traditionnelles dans les villes et les villages. En deuxième partie, nous partons à Medellin. Reportage dans une prison colombienne qui a recours aux ateliers de réinsertion.

Côte d’Ivoire : la dernière génération de griots ?Électrification rapide et quasi totale du pays, hausse du coût de la vie, amélioration de la mobilité, augmentation du nombre d’étudiants et de bacheliers : les changements que connaissent la Côte d’Ivoire ont un impact sur la structure traditionnelle des villes et des villages. La culture ancestrale tend à se recomposer à l’aune de ces évolutions, et certaines fonctions sociales coutumières semblent disparaître ou se modifier.

Même les langues vernaculaires des 69 ethnies du pays paraissent vulnérables devant les changements de pratiques sociales et les métamorphoses de la société. Pleureuses Bété, chanteurs traditionnels Dida ou griots-réconciliateurs en pays mandingue, nous voici à Odienné, Lakota, Daloa et Abidjan, pour sonder ces transformations.

Un grand reportage de François Hume-Ferkatadji qui s'entretient avec Patrick Adam.

Colombie : les prisons sous haute tensionLe grand reportage d’aujourd’hui nous emmène en Amérique du Sud. Surpopulation carcérale, hausse de la criminalité, corruption dans les prisons… En Colombie, depuis le début de l’année, l’ensemble des 125 établissements pénitentiaires ont été placés en alerte. Alors les institutions tentent par tous les moyens de réduire la population carcérale. Parmi eux, le recours aux ateliers de réinsertion.

Un Grand reportage de Najet Benrabaa qui s'entretient avec Patrick Adam.

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Dans le supplément de ce samedi, Grand reportage week-end vous emmène de Paris à Dacca. Notre grand reporter a pu accompagner le prix Nobel de la Paix, Muhammad Yunus, dans son voyage pour prendre les rênes du Bangladesh. En deuxième partie, nous partons en Indonésie, plus précisément à « Nusantara », la nouvelle capitale administrative du pays. La construction de cette nouvelle ville « verte », lancée par le président indonésien, fait pourtant débat auprès des ONG environnementales et de certains locaux…

Bangladesh : 36 jours pour une révolutionQuinze ans de pouvoir autoritaire, quinze années balayées en un peu plus d’un mois de manifestations. Le Bangladesh a écrit une page de son histoire cet été. Sheikh Hasina, fille du père de l’indépendance du pays, était fermement accrochée à la tête de l’État. La « Bégum de fer » n’a organisé aucune élection libre depuis son arrivée au pouvoir en 2009. Lorsque les étudiants se sont mobilisés en juillet, elle a répondu par une répression sévère qui a fait plus de 1 000 morts, avant d’être contrainte à l’exil. Elle part en Inde. C'était le 5 août.

En plus d’un mois de contestation, un désir de justice et d’égalité a traversé la société bangladaise. Appelé en sauveur, le prix Nobel de la paix, ancienne cible privilégiée de la justice de son pays, Muhammad Yunus est désormais à la tête du gouvernement de transition. Muhammad Yunus que Nicolas Rocca a pu accompagner de Paris jusqu’à Dacca, où il allait donc prendre les rênes du pays.

Un Grand reportage de Nicolas Rocca qui s'entretient avec Patrick Adam.

La construction de la future capitale indonésienne, un projet sous haute tensionL’Indonésie et ses 270 millions d’habitants ont fêté le jour de l ’indépendance de la nation le 17 août dernier. Une célébration dans des conditions particulières cette année 2024, puisque le chef de l’État, Joko Widodo, a tenu à commémorer cette fête d’indépendance à « Nusantara ». La nouvelle capitale administrative de l’Indonésie. La construction de la ville, qu’on appelle aussi IKN (Ibu Kota Nusantara en indonésien), a débuté sur l’île de Bornéo courant 2022. Objectif : bâtir une nouvelle capitale « verte » et avec pour perspective « zéro émission », au centre du plus grand archipel du monde.

Jakarta, située sur l’île de Java, connaît en effet de multiples problématiques : surpopulation, pollution ou encore des inondations très importantes au nord de la ville. Ce projet gigantesque de nouvelle capitale « verte », lancé par le président indonésien Joko Widodo lui-même, fait pourtant débat auprès des ONG environnementales et de certains locaux…

Un Grand reportage de Juliette Pietraszewski qui s'entretient avec Patrick Adam.

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Quinze ans de pouvoir autoritaire, quinze années balayées en un peu plus d’un mois de manifestations. Le Bangladesh a écrit une page de son histoire cet été. Sheikh Hasina, fille du père de l’indépendance du pays, était fermement accrochée à la tête de l’État. La « Bégum de fer » n’a organisé aucune élection libre depuis son arrivée au pouvoir en 2009. Lorsque les étudiants se sont mobilisés en juillet, elle a répondu par une répression sévère qui a fait plus de 1 000 morts, avant d’être contrainte à l’exil. Elle part en Inde. C'était le 5 août.

En plus d’un mois de contestation, un désir de justice et d’égalité a traversé la société bangladaise. Appelé en sauveur, le prix Nobel de la paix, ancienne cible privilégiée de la justice de son pays, Muhammad Yunus est désormais à la tête du gouvernement de transition. Muhammad Yunus que Nicolas Rocca a pu accompagner de Paris jusqu’à Dacca, où il allait donc prendre les rênes du pays.

« Bangladesh : 36 jours pour une révolution », un grand reportage de Nicolas Rocca.

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Surpopulation carcérale, hausse de la criminalité, corruption dans les prisons… En Colombie, depuis le début de l’année, l’ensemble des 125 établissements pénitentiaires ont été placés en alerte. Alors les institutions tentent par tous les moyens de réduire la population carcérale. Parmi eux, le recours aux ateliers de réinsertion.

« Colombie, les prisons sous haute tension », un Grand reportage signé par Najet Benrabaa.

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Électrification rapide et quasi totale du pays, hausse du coût de la vie, amélioration de la mobilité, augmentation du nombre d’étudiants et de bacheliers : les changements que connaissent la Côte d’Ivoire ont un impact sur la structure traditionnelle des villes et des villages. La culture ancestrale tend à se recomposer à l’aune de ces évolutions, et certaines fonctions sociales coutumières semblent disparaître ou se modifier.

Même les langues vernaculaires des 69 ethnies du pays paraissent vulnérables devant les changements de pratiques sociales et les métamorphoses de la société. Pleureuses Bété, chanteurs traditionnels Dida ou griots-réconciliateurs en pays mandingue, nous voici à Odienné, Lakota, Daloa et Abidjan, pour sonder ces transformations.

« Côte d’Ivoire : la dernière génération de griots ? », un Grand reportage de François Hume-Ferkatadji.

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L’Indonésie et ses 270 millions d’habitants ont fêté le jour de l’indépendance de la nation le 17 août. Une célébration dans des conditions particulières cette année 2024, puisque le chef de l’État, Joko Widodo, a tenu à commémorer cette fête d’indépendance à « Nusantara ». La nouvelle capitale administrative de l’Indonésie. La construction de la ville, qu’on appelle aussi IKN (Ibu Kota Nusantara en indonésien), a débuté sur l’île de Bornéo courant 2022. Objectif : bâtir une nouvelle capitale « verte » et avec pour perspective « zéro émission », au centre du plus grand archipel du monde.

Jakarta, située sur l’île de Java, connaît en effet de multiples problématiques : surpopulation, pollution ou encore des inondations très importantes au nord de la ville. Ce projet gigantesque de nouvelle capitale « verte », lancé par le président indonésien Joko Widodo lui-même, fait pourtant débat auprès des ONG environnementales et de certains locaux…

« La construction de la future capitale indonésienne, un projet sous haute tension », c’est un Grand Reportage de Juliette Pietraszewski.

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Dans le supplément de ce dimanche, Grand reportage week-end vous raconte l’histoire d’une femme, devenue une héroïne, dans un pays d’hommes. En deuxième partie, reportage à Marseille, dans le sud de la France, où entre 150 et 200 personnes se déclarant mineurs dorment dehors.

Les policières, héroïnes au PakistanC’est l’histoire d’une femme, devenue une héroïne, dans un pays d’hommes. Pays d’hommes parce que le Pakistan, dans le classement en matière d’égalité homme-femme, est à l’avant-dernière place mondiale. L’histoire mérite d’autant d’être contée que cette héroïne porte l’uniforme, elles ne sont pas si nombreuses, qu’elle a sauvé d’une mort probable une autre femme, victime de la vindicte masculine. Au Pakistan, seules 13% des fillettes vont au-delà du collège, alors quand une femme fait la différence et marque les esprits, elle est vite élevée au rang de modèle féministe.

Mineurs non accompagnés : non-assistance à personne en danger ? À Marseille, entre 150 et 200 personnes se déclarant mineurs dorment dehors. Le département doit les prendre en charge, mais se dit débordé et prêt à se mettre « hors la loi » en les refusant. En France, 16 700 mineurs étrangers sont arrivés en 2019 et 14 700 en 2022, après une baisse durant les années Covid.

Un Grand reportage de Justine Rodier qui s'entretient avec Patrick Adam.

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Dans le supplément de ce samedi, Grand reportage week-end vous emmène dans la ville de Tapachula, au sud du Mexique, « ville prison » pour les migrants ? En deuxième partie, nous partons au Portugal où notre reporter dresse le portrait d’une émigration mal connue.

Tapachula, entre gigantesque refuge et prison à ciel ouvertLeur souhait à tous : atteindre le rêve américain ou simplement vivre une vie digne. Depuis la pandémie, l’Amérique connaît une crise migratoire sans précédent. Les chiffres font tourner la tête : plus de 7 millions de personnes sans-papiers ont traversé la frontière américaine depuis 2021. Elles viennent de toute la planète, mais principalement d’Amérique centrale et des Caraïbes. Toujours, ce sont les violences ou la misère qui les poussent à partir. Très souvent, l’objectif final est d’arriver aux États-Unis, mais avant, il faut traverser le Mexique. Au sud, la ville de Tapachula, la ville du Chiapas vit au rythme de ces gens de passage qui s’accrochent à leur rêve. Sorte de gigantesque refuge, ou plutôt une prison à ciel ouvert…

Un Grand reportage de Gwendolina Duval qui s'entretient avec Patrick Adam.

L’émigration portugaise, le saut par-delà les montagnesC’est un petit pays d’Europe du Sud, pas très densément peuplé, le Portugal est pourtant connu comme une grande terre d’émigration. Depuis la dictature dans les années 60 et 70, pour ceux qui partent, on dit « faire le saut », c’est l’expression consacrée. La France est la première destination ! La révolution des Œillets, en avril 1974, change la donne, mais l’émigration reste forte. Entre les Portugais qui ne reviendront jamais et ceux qui retrouvent le chemin de leurs origines, portrait d’une émigration mal connue. (Rediffusion)

Un Grand reportage de Marie-Line Darcy qui s'entretient avec Patrick Adam.

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C’est l’histoire d’une femme, devenue une héroïne, dans un pays d’hommes. Pays d’hommes parce que le Pakistan, dans le classement en matière d’égalité homme-femme, est à l’avant-dernière place mondiale. L’histoire mérite d’autant d’être contée que cette héroïne porte l’uniforme, elles ne sont pas si nombreuses, qu’elle a sauvé d’une mort probable une autre femme, victime de la vindicte masculine. Au Pakistan, seules 13% des fillettes vont au-delà du collège, alors quand une femme fait la différence et marque les esprits, elle est vite élevée au rang de modèle féministe. (Rediffusion)

« Les policières héroïnes au Pakistan », un Grand Reportage de Sonia Ghezali, avec la collaboration de Shahzaib Wahlah.

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À Marseille, entre 150 et 200 personnes se déclarant mineurs dorment dehors. Le département doit les prendre en charge, mais se dit débordé et prêt à se mettre « hors la loi » en les refusant. En France, 16 700 mineurs étrangers sont arrivés en 2019 et 14 700 en 2022, après une baisse durant les années Covid. (Rediffusion)

Dans le hall d’un bel immeuble du boulevard Longchamp, à Marseille, un brouhaha monte des escaliers. En bas des marches, des néons tressautent et tentent d’éclairer les deux pièces exiguës du sous-sol. Une cinquantaine de jeunes attend d’atteindre l’une des deux bénévoles. « Et hier c’était pire ! », crie Monique Cherel depuis l’autre bout de la cave.

Deux fois par semaine, le Collectif 59 Saint-Just oriente les jeunes, fait le point sur leur situation, distribue des cartes téléphoniques. Parfois aussi, des tickets alimentaires de l’Abbé Pierre. C’est en réalité ce que beaucoup de jeunes sont venus chercher. « Je n’ai pas mangé depuis hier… » Mais Monique n’a plus de ticket, tout a été distribué la veille. « Je sais, j’étais là. Mais on était trop, je n’en ai pas eu. »

Leurs visages sont creusés, parfois à l’extrême, les yeux rougis, le regard vide. Un jeune garçon sautille sur place, compulsivement. « Tu n’as pas besoin de parler, regarde juste leur tête : tu vois que ça ne va pas », souffle un garçon. À défaut de pouvoir manger, ils essaient de se réchauffer. Entre 150 et 200 personnes dorment dans la rue ou dans des squats à Marseille, selon les collectifs.

Une majorité, reconnus mineurs en recoursLes jeunes se succèdent devant « Madame Catherine » qui remplit des fiches : « Tu as quel âge ? Tu dors où ? » Alassane a 16 ans, il dort dans une tente. « Je vais faire une demande d’avocate pour toi. Tu as déjà fait l’évaluation de ta minorité avec l’Addap 13* ? »

L’Addap 13 est l’association mandatée par le département des Bouches-du-Rhône (13) pour prendre en charge les mineurs non accompagnés (MNA). Mais ici comme ailleurs, les départements sont débordés. Pourtant, en 2022, le nombre de MNA est inférieur à celui de 2019, avant la crise sanitaire. De 16 700 à 14 700.

Quand une place se libère, les jeunes sont logés à l’hôtel puis convoqués pour réaliser une « évaluation », durant laquelle le Département vérifie qu’ils sont mineurs. David Lemonnier, directeur général adjoint de l’Addap 13 admet que la plupart des évaluations conduisent à « la majorité » : 7 jeunes sur 10 sont déboutés en 2022.

Politique de découragementCes jeunes attendent alors que leur demande de minorité soit réévaluée par le juge des enfants. En recours, 75% finissent finalement par avoir gain de cause, selon les associations. Une « politique de découragement », selon Jeanne, collectif 113. Ils ne sont pas les bienvenus : on les déclare majeurs pour qu’ils quittent le territoire. » Le sérieux des évaluations est aussi contesté. Sur celle de Moussa, il est écrit : « L’intéressé ne semble pas intimidé par l’évaluateur [...], son langage et sa posture ne font pas ceux d’un adolescent mais d’un adulte [...]. Il ne présente pas les caractéristiques physiques d’un adolescent de 15 ans.* » Sur la dernière page du dossier, la photocopie intégrale de son acte de naissance.

David Lemonnier réfute toute subjectivité : « Nous sommes régulièrement contrôlés et la procédure est conforme. Et l’Addap 13 n’a aucune consigne du Département. » Mais pour Marlène Youchenko, avocate, le fait que les départements soient juges et parties pose un problème d’impartialité.

En attendant leur recours, les jeunes ne sont plus protégés, sauf si le juge des enfants délivre une ordonnance de placement, ce qui arrive de moins en moins souvent, déplore l’avocate. « Juridiquement, c’est un trou dans la raquette », admet David Lemonnier. « Ils passent six mois ou un an dehors, dénonce Jeanne. Sans les bénévoles, ils mourraient et seraient en proie à tous les trafics. C’est de la non-assistance à personne en danger. »

Crise de l'accueilUn bras de fer se joue déjà entre les départements et l’État. L’Ain (01) a indiqué ne plus accueillir de MNA pendant trois mois. Martine Vassal, présidente du Conseil départemental (13) est prête à se mettre « hors la loi ». Ça ne serait pas la première fois : elle a déjà été plusieurs fois condamnée par le tribunal administratif. La question des MNA ne figure pas dans la loi immigration, ce que déplore l’Assemblée des départements de France (ADF). Gérald Darmanin leur a promis des aides financières.

La question des moyens est indéniable. Mais les collectifs dénoncent unanimement un manque de volonté politique, alors que Martine Vassal revendique de fortes positions anti-immigration. En septembre, avant l’arrivée du Pape à Marseille, 40 jeunes ont occupé une église. Pour éviter le scandale, le département les a relogés en quelques jours. « On entend parler d’une "crise migratoire", il s’agit en réalité d’une crise de l’accueil », estime Jeanne.

Au milieu du champ de bataille, des jeunes essaient de ne pas mourir. « Je ne pensais pas que ça allait être si difficile », murmure Joël, assis dans la cave du boulevard Longchamp. Après avoir quitté sa famille, traversé le désert et la mer sur une embarcation de fortune, il ne pensait pas dormir à la gare. « Là-bas, des inconnus nous donnent 5 euros pour manger. Le lendemain ils reviennent et nous proposent de vendre de la drogue. On refuse, mais on va manger comment ? » À l’autre bout de la cave, comme un disque fatigué, Monique Cherel répète en boucle : « Nous-n’av-ons pas-de-tic-kets-au-jour-d’hui ! ». Mais les jeunes ne peuvent pas l’entendre : « On a besoin d’aide* », implorent-ils en se faisant passer une boîte de Nesquik trouvée on-ne-sait-où qu’ils vident par poignées affamées.

*prénoms d’emprunt.

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C’est un petit pays d’Europe du Sud, pas très densément peuplé, le Portugal est pourtant connu comme une grande terre d’émigration. Depuis la dictature dans les années 60 et 70, pour ceux qui partent, on dit « faire le saut », c’est l’expression consacrée. La France est la première destination ! La révolution des Œillets, en avril 1974, change la donne mais l’émigration reste forte. Entre les Portugais qui ne reviendront jamais et ceux qui retrouvent le chemin de leurs origines, portrait d’une émigration mal connue. (Rediffusion)

« L’émigration portugaise, le saut par-delà les montagnes », un reportage de Marie-Line Darcy.

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Leur souhait à tous : atteindre le rêve américain ou simplement vivre une vie digne. Depuis la pandémie, l’Amérique connaît une crise migratoire sans précédent. Les chiffres font tourner la tête : plus de 7 millions de personnes sans-papiers ont traversé la frontière américaine depuis 2021. Elles viennent de toute la planète, mais principalement d’Amérique centrale et des Caraïbes. Toujours, ce sont les violences ou la misère qui les poussent à partir. Très souvent, l’objectif final est d’arriver aux États-Unis, mais avant, il faut traverser le Mexique. Au sud, la ville de Tapachula, la ville du Chiapas vit au rythme de ces gens de passage qui s’accrochent à leur rêve. Sorte de gigantesque refuge, ou plutôt une prison à ciel ouvert… (Rediffusion)

Tapachula, entre gigantesque refuge et prison à ciel ouvert, un Grand reportage de Gwendolina Duval.

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Dans le supplément de ce dimanche, Grand reportage week-end vous emmène en Guinée. Le 3 avril 1984, les militaires prennent le pouvoir en Guinée, ils décident alors de libérer les prisonniers détenus les camps d’internement. En deuxième partie, reportage dans les établissements d’enseignement supérieur publics français. Face aux difficultés, beaucoup d'étudiants en situation de handicap abandonnent leurs études.

Camp Boiro, dans l’enfer du goulag tropicalC’était il y a 40 ans, en Guinée. Après avoir renversé le régime de Sékou Touré, l’armée libérait les prisonniers des camps d’internement. Le pays découvrait alors, effaré, les récits des victimes du système répressif mis en place sous la première République. Aujourd’hui, il reste une poignée de ces survivants.

Un Grand reportage de Matthias Raynal qui s'entretient avec Patrick Adam.

Un fauteuil roulant à Sciences PoSelon les chiffres du ministère de l'Enseignement supérieur, à la rentrée 2021, on comptait 51 000 étudiants en situation de handicap dans les établissements d’enseignement supérieur publics, soit 2,2% de l'ensemble des étudiants. Face aux difficultés, beaucoup abandonnent leurs études. Laurence Théault a suivi Eymerick Truffert dans son quotidien à Sciences Po.

Un Grand reportage de Laurence Théault qui s'entretient avec Patrick Adam.

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Dans le supplément de ce samedi, Grand reportage week-end vous emmène au Tchad, où une femme sur trois est excisée. Pourtant, la loi tchadienne l'interdit depuis 2022. En deuxième partie, nous partons à Imsouane, une petite ville de pêcheurs et de surfeurs au sud-ouest du Maroc. Le mercredi 17 janvier 2024, les habitants et les commerçants du centre historique ont reçu l’ordre de quitter les lieux.

L'excision au Tchad : la jeune fille, les chouettes et les hommes lionsNous sommes dans la province du Mandoul, au Tchad. Une femme sur trois est excisée, mais la prévalence varie considérablement selon les régions du pays. Certaines l’ont presque totalement abandonné, tandis que dans la province du Mandoul, berceau de l’ethnie Sara, 80% des femmes sont encore excisées. Pourtant, la loi tchadienne l'interdit depuis 2022. Malgré des décennies de lutte, la pratique ne semble pas diminuer.

Un Grand reportage de Carol Valade qui s'entretient avec Patrick Adam.

Maroc : Imsouane, un village de pêche et de surf face aux bulldozersNous sommes à Imsouane, une petite ville de pêcheurs et de surfeurs au sud-ouest du Maroc. Depuis une vingtaine d’années, la vague d’Imsouane attire les surfeurs du monde entier et un tourisme alternatif, idéal pour les petits budgets et les amateurs d’un tourisme plus authentiques… Le mercredi 17 janvier 2024, les habitants et les commerçants du centre historique ont reçu l’ordre de quitter les lieux. L’ensemble des habitations et commerces construits sur le domaine public maritime sont concernés. (Rediffusion)

Ils n’ont pas de titre de propriété, la plupart louent les terrains auprès de la commune, certains ont réussi à légaliser leur activité, d’autres pas. Si les habitants d’Imsouane savaient qu’un jour on leur demanderait de partir, ils ne s’attendaient pas à avoir si peu de temps pour le faire. En 48 heures, les bulldozers arrivent et détruisent l’ensemble des habitations du village historique

Un Grand reportage de Nadia Ben Mahfoudh qui s'entretient avec Patrick Adam.

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Dans le supplément de ce dimanche, Grand reportage week-end vous emmène en Mongolie où un phénomène naturel appelé le «Dzud» tue des animaux en grand nombre. En deuxième partie, c'est de 7ème art en France dont il s'agit, mais d'un point de vue environnemental.

Réchauffement climatique en Mongolie, le Dzud décime les troupeaux des éleveurs nomades Les Mongols n’ont pas peur des tsunamis ou des tremblements de terre, mais ils craignent le « Dzud ». Ce phénomène naturel dont la fréquence augmente avec le réchauffement climatique, a tué plus de 6 millions de chèvres, moutons, vaches, chevaux et chameaux dans les steppes ces derniers mois. En cause : le froid extrême et d’importantes chutes de neige cet hiver dans un pays qui, pourtant, se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne.

Un Grand reportage de Stéphane Lagarde qui s'entretient avec Patrick Adam.

Comment réduire l’impact environnemental de la production d’un film ? Alors que le Festival de Cannes vient de dévoiler son palmarès, RFI s’intéresse ce mercredi (29 mai 2024) aux efforts du cinéma français pour réduire son empreinte environnementale. Émissions de gaz à effet de serre participant au réchauffement climatique, pollution, impact sur la biodiversité : l’industrie du 7è art a un impact considérable. 1,7 million de tonnes d’équivalents CO2 sont par exemple émises chaque année par le secteur audiovisuel français, a calculé le collectif ECOPROD en 2020. Mais le secteur commence à transformer ses pratiques…

Un Grand reportage de Lucile Gimberg qui s'entretient avec Patrick Adam.

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Dans le supplément de ce samedi, Grand reportage week-end vous emmène au Ghana dans un camp de réfugiés au nord. En deuxième partie, c'est de la santé mentale des jeunes dont il s'agit, avec des tentatives de suicides en hausse.

Dans le camp de Zebilla au Ghana, les réfugiés du Burkina s'adaptent à leur nouvelle vie Dans le nord du Ghana, une partie des réfugiés vivent dans le camp de Zebilla. Après avoir subi les traumatismes, ils vivent aujourd’hui en bonne entente avec les Ghanéens. Parmi les déplacés, seule la communauté peule se sent parfois mise à l’écart.

Un Grand reportage de Caroline Chauvet qui s'entretient avec Patrick Adam.

Santé mentale des jeunes, les difficultés de la prise en chargeC’est devenu un fait de société, en France, ailleurs aussi. Les jeunes vont mal, la santé mentale se dégrade avec notamment des dépressions de plus en plus tôt. Et la crise sanitaire liée au Covid a tout accéléré. Dans le nord de la France, les passages aux urgences pour gestes et idées suicidaires, les consultations pour troubles anxieux et angoisses ont augmenté chez les 10 ans et plus.

En 2021, les tentatives de suicides chez les jeunes étaient même 4 fois supérieures à la moyenne nationale. Une dégradation de la santé mentale qui se heurte à une dégradation du secteur psychiatrique en crise depuis plusieurs années.

Un Grand reportage de Lise Verbeke qui s'entretient avec Patrick Adam.

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Plus d’un quart des navires marchands du monde sont démantelés dans les chantiers de Chittagong, au sud du pays. À leur bord, se trouvent des tonnes d’amiante très difficiles à traiter. L’industrie essaie de se moderniser, mais l’essentiel du travail est encore dangereux et polluant. Reportage. (Rediffusion)

Un Grand reportage de notre envoyé spécial à Chittagong, sud du Bangladesh, Sébastien Farcis.(Avec Redwan Ahmed)

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En 1492, Christophe Colomb s’élançait des Canaries pour conquérir le Nouveau monde. Plus de cinq siècles plus tard, le port de Las Palmas, sur l’île de Gran Canaria, est toujours le principal point de rassemblement de tous les candidats à la transatlantique. Quand les Alizés s’établissent, à partir de fin novembre, l’activité redouble sur les quais. (Rediffusion)

Certains vont partir en flottille au sein d’un rallye, d’autres en solitaire ; sur des petits voiliers ou de majestueux yachts ; en famille ou entre amis. Les progrès de la technologie et des communications mettent le rêve de la transat à la portée de plus de monde aujourd'hui, mais pour tous, cette aventure sera le fruit d’une longue préparation, la concrétisation d’un rêve.

« Transatlantique… quand le rêve devient réalité », un Grand reportage de Frédéric Faux.

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Dans le supplément de ce dimanche, Grand reportage week-end vous emmène au Venezuela où le lac de Maracaibo, le plus grand lac d’Amérique latine, a tourné vert fluo, touché par une cyanobactérie, en juillet 2023. En deuxième partie, nous partons à Al-Ula, au nord de l’Arabie saoudite, un désert parsemé de sites préislamiques...

Au chevet du lac de MaracaiboEn juillet 2023, le plus grand lac d’Amérique latine, le lac de Maracaibo au Venezuela, a tourné vert fluo. Une cyanobactérie, appelée verdín par les Vénézuéliens, recouvrait 70% du lac. Un phénomène naturel, appelé eutrophisation, qui a été renforcé par la pollution. La teinte a attiré l’attention des Vénézuéliens, dont les yeux se sont tournés vers Maracaibo et vers toutes les menaces environnementales qui pèsent sur le lac. Des milliers de tonnes de déchets quotidiennes, les eaux résiduelles, des pesticides et du pétrole.

Un Grand reportage d'Alice Campaignolle qui s'entretient avec Patrick Adam.

Al-Ula, l’ambition culturelle de l’Arabie saouditeNous sommes à Al-Ula, au nord de l’Arabie saoudite. Une région immense de près de 23 000 km² pour 50 000 habitants. Un désert parsemé de roches gigantesques, sculpturales d’où émergent des sites archéologiques : Hegra, Dadane… Des sites préislamiques que l’Arabie saoudite met en valeur pour la première fois, signe d’une volonté affichée d’ouverture et de modernisation.

Un Grand reportage de Muriel Maalouf qui s'entretient avec Patrick Adam.

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Dans le supplément de ce samedi, Grand reportage week-end vous emmène dans l’extrême nord norvégien, à Kirkenes, une ville frontalière avec la Russie, où les habitants vivent avec l'ombre du rideau de fer. En deuxième partie, nous partons sur les rives du lac Titicaca, plus haut lac navigable au monde, à cheval entre le Pérou et la Bolivie.

Kirkenes, à l’ombre du rideau de fer dans l’Arctique norvégienNous sommes à Kirkenes, dans l’extrême nord norvégien, une ville frontalière avec la Russie. Depuis la guerre en Ukraine et la dégradation des relations entre l’Europe et la Russie, le quotidien est chamboulé. Dans cette petite ville de 3 500 habitants, on assiste en plein Arctique, au retour du rideau de fer, après 30 ans de cohabitation avec les Russes. La coopération transfrontalière était synonyme d’espoir et de prospérité dans la région, mais depuis février 2022, tout s’est arrêté ou presque.

Un Grand reportage de Carlotta Morteo qui s'entretient avec Patrick Adam.

Alerte sécheresse au lac TiticacaLe lac Titicaca, plus haut lac navigable au monde, à cheval entre le Pérou et la Bolivie, est en alerte sécheresse depuis quatre mois (mois de juillet 2023). Son niveau est historiquement bas, à cause du manque de pluies et de températures anormalement hautes. Une source d’inquiétude pour les habitants de la région de l’Altiplano. Grand reportage sur les rives du lac, côté péruvien.

Un Grand reportage de Juliette Chaignon qui s'entretient avec Patrick Adam.

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En juillet 2023, le plus grand lac d’Amérique latine, le lac de Maracaibo au Venezuela, a tourné vert fluo. Une cyanobactérie, appelée verdín par les Vénézuéliens, recouvrait 70% du lac. Un phénomène naturel, appelé eutrophisation, qui a été renforcé par la pollution. La teinte a attiré l’attention des Vénézuéliens, dont les yeux se sont tournés vers Maracaibo et vers toutes les menaces environnementales qui pèsent sur le lac. Des milliers de tonnes de déchets quotidiennes, les eaux résiduelles, des pesticides et du pétrole. (Rediffusion)

Le lac est assailli de toutes parts, et ce depuis des décennies. Après l’explosion du verdín en 2023, un grand plan public de récupération a alors été annoncé par le président Nicolas Maduro, lui-même, et des projets privés ont vu le jour. Un peu plus de six mois plus tard, quel bilan ?

« Au chevet du lac de Maracaibo », un Grand reportage d'Alice Campaignolle.

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Nous sommes à Al-Ula, au nord de l’Arabie saoudite. Une région immense de près de 23 000 km² pour 50 000 habitants. Un désert parsemé de roches gigantesques, sculpturales d’où émergent des sites archéologiques : Hegra, Dadane… Des sites préislamiques que l’Arabie saoudite met en valeur pour la première fois, signe d’une volonté affichée d’ouverture et de modernisation. (Rediffusion)

« Al-Ula, l’ambition culturelle de l’Arabie saoudite », un Grand reportage de Muriel Maalouf.

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Le lac Titicaca, plus haut lac navigable au monde, à cheval entre le Pérou et la Bolivie, est en alerte sécheresse depuis quatre mois (mois de juillet 2023). Son niveau est historiquement bas, à cause du manque de pluies et de températures anormalement hautes. Une source d’inquiétude pour les habitants de la région de l’Altiplano. Grand reportage sur les rives du lac, côté péruvien. (Rediffusion)

« Alerte sécheresse au lac Titicaca », un Grand reportage de Juliette Chaignon.

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Nous sommes à Kirkenes, dans l’extrême nord norvégien, une ville frontalière avec la Russie. Depuis la guerre en Ukraine et la dégradation des relations entre l’Europe et la Russie, le quotidien est chamboulé. Dans cette petite ville de 3 500 habitants, on assiste en plein Arctique, au retour du rideau de fer, après 30 ans de cohabitation avec les Russes. La coopération transfrontalière était synonyme d’espoir et de prospérité dans la région, mais depuis février 2022, tout s’est arrêté ou presque. (Rediffusion)

« Kirkenes, à l’ombre du rideau de fer dans l’Arctique norvégien », un Grand reportage de Carlotta Morteo.

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Dans le supplément de ce dimanche, Grand reportage week-end vous emmène au Sénégal où des voleurs ont été arrêtés avec 91 perruques de seconde main. Le vol de perruque, un phénomène récurrent dans la capitale sénégalaise. En deuxième partie, les citoyens du Kosovo peuvent enfin voyager librement dans tout l'espace Schengen, une mesure qui pourrait bien accélérer l'exode massif qui saigne le le petit pays des Balkans depuis de longues années.

Le marché lucratif des perruques Au Sénégal, des voleurs ont été arrêtés avec 91 perruques de seconde main. Ils ont été condamnés fin septembre 2023 à deux ans de prison, dont trois mois ferme. Un phénomène récurrent dans la capitale sénégalaise alors que les perruques de cheveux naturels coûtent très cher.

Un Grand reportage de Théa Ollivier qui s'entretient avec Patrick Adam.

Fin de visas Schengen pour le Kosovo, la crainte d'un nouvel exodeDepuis le 1er janvier 2024, les citoyens du Kosovo peuvent enfin voyager librement dans tout l'espace Schengen. Une mesure attendue depuis très longtemps, mais qui pourrait bien accélérer l'exode massif qui saigne le le petit pays des Balkans depuis de longues années. Les maigres salaires, la corruption et le manque de sécurité poussent les plus jeunes à tenter leur chance ailleurs.

Un Grand reportage de Jean-Arnault Dérens qui s'entretient avec Patrick Adam.

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Dans le supplément de ce samedi, Grand reportage week-end vous emmène au sud du Mexique. Au Chiapas, la région la plus pauvre du Mexique, la violence semble y gagner du terrain chaque jour. Face à la menace sécuritaire, seule l’armée renforce sa présence mais, la population, traumatisée par les massacres du passé, craint les militaires. En deuxième partie, c'est en Bulgarie que nous nous dirigeons, à Omourtag, où l’eau n’arrive pas jusqu’au robinet.

Le Chiapas, un État mexicain qui s’enfonce dans la violenceChaque jour la violence semble y gagner du terrain… Au sud du Mexique, l’État du Chiapas… La guerre entre les cartels qui se disputent le territoire fait vivre un enfer à la population. Le Chiapas est la région la plus pauvre du Mexique, oubliée des pouvoirs publics, victime de la corruption. Face à la menace sécuritaire, seule l’armée renforce sa présence, mais au Chiapas traumatisé par les massacres du passé, la population craint les militaires.

Un Grand reportage de Gwendolina Duval qui s'entretient avec Patrick Adam.

À Omourtag, l’eau n’arrive pas jusqu’au robinetL'eau sera un des grands enjeux du monde de demain. Le cycle de l'eau est complètement bouleversé par les changements climatiques. En plus de devoir faire face à cette nouvelle réalité, la Bulgarie doit également repenser la gestion stratégique de ses ressources hydriques. À commencer par l'accès à l'eau qui fait défaut depuis des décennies dans certaines régions du pays. Et trouver une solution est plus facile que de l'appliquer.

Un Grand reportage de Damien Vodénitcharov qui s'entretient avec Patrick Adam.

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Au Sénégal, des voleurs ont été arrêtés avec 91 perruques de seconde main. Ils ont été condamnés fin septembre 2023 à deux ans de prison, dont trois mois ferme. Un phénomène récurrent dans la capitale sénégalaise alors que les perruques de cheveux naturels coûtent très cher. (Rediffusion)

« Le marché lucratif des perruques », un Grand reportage de Théa Ollivier.

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L'eau sera un des grands enjeux du monde de demain. Le cycle de l'eau est complètement bouleversé par les changements climatiques. En plus de devoir faire face à cette nouvelle réalité, la Bulgarie doit également repenser la gestion stratégique de ses ressources hydriques. À commencer par l'accès à l'eau qui fait défaut depuis des décennies dans certaines régions du pays. Et trouver une solution est plus facile que de l'appliquer. (Rediffusion)

« À Omourtag, l’eau n’arrive pas jusqu’au robinet », un Grand reportage de Damian Vodénitcharov.

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Chaque jour la violence semble y gagner du terrain… Au sud du Mexique, l’État du Chiapas… La guerre entre les cartels qui se disputent le territoire fait vivre un enfer à la population. Le Chiapas est la région la plus pauvre du Mexique, oubliée des pouvoirs publics, victime de la corruption. Face à la menace sécuritaire, seule l’armée renforce sa présence, mais au Chiapas traumatisé par les massacres du passé, la population craint les militaires. (Rediffusion)

« Le Chiapas, un État mexicain qui s’enfonce dans la violence », un Grand reportage de Gwendolina Duval.

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Grand Reportage nous emmène au Tigré, dans le nord de l’Éthiopie. Vingt mois après la fin de la guerre et un accord de paix, la région est toujours face à d’immenses défis. Le conflit avait opposé les Tigréens au pouvoir central éthiopien, allié de l’Érythrée voisine et d’autres régions comme les Amharas.

La guerre de 2020 à 2022 pourrait avoir fait jusqu'à 600 000 morts selon l’Union africaine, avec des soupçons de génocide. Notre envoyé spécial Sébastien Nemeth s’est rendu dans cette région encore profondément marquée par la guerre.

« Sur les routes d'un Tigré ravagé », un Grand reportage de Sébastien Nemeth. Réalisation : Pauline Leduc.

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Dans le supplément de ce dimanche, Grand reportage week-end vous emmène au Soudan, à la rencontre des réfugiés de Renk. Ensuite, nous partons pour l'Egypte cette fois, où les réfugiés sont d'origine soudanaise.

Soudan : la vie en suspens des réfugiés de Renk Il y a un an, éclatait la guerre au Soudan. Deux généraux s’affrontent pour le pouvoir. Aujourd’hui le conflit a provoqué le déplacement de près de 8 millions et demi de personnes, selon les Nations unies. Près d’1 million et demi sont des réfugiés partis en Égypte, au Tchad, en Éthiopie ou encore au Soudan du Sud. C’est la plus importante crise de personnes déplacées au monde, dont l’impact régional est colossal.

Un Grand reportage de Gaëlle Laleix qui s'entretient avec Patrick Adam.

Soudanais réfugiés en Égypte : l’exil sans Terre promise C’était il y a un an, le 15 avril 2023, la guerre éclatait au Soudan entre l’armée du général Al Burhan et les Forces de soutien rapide. Depuis, 1 800 000 Soudanais ont fui leur pays. Beaucoup ont emprunté la route vers l’Égypte où leurs conditions de vie demeurent très précaires.

Un Grand reportage de Léonie Lebrun qui s'entretient avec Patrick Adam.

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Dans le supplément de ce samedi, Grand reportage week-end vous emmène au Soudan du Sud. Une maladie touche les enfants en bas âge, et elle provoque des symptômes effrayants. Il s'agit du syndrome du hochement de tête. En deuxième partie, c'est en Amérique du Nord que nous nous dirigeons, avec la réintroduction d'une espèce qui a failli disparaître, les bisons.

Soudan du Sud: les ravages du mystérieux syndrome du hochement de têteLe syndrome du hochement de tête touche les enfants à partir de trois ans. La maladie débute par des épisodes de hochement de la tête accompagnés de perte de connaissance. En l’absence de prise en charge médicale, les symptômes s’aggravent au fil des mois : crises d’épilepsie, retards de croissance, handicap mental... La Tanzanie, le Cameroun, la RDC ou encore la République Centrafricaine sont touchés. Mais c’est au Soudan du Sud que les cas sont les plus nombreux, on en dénombre au moins 6 000 dans la région d’Equatoria-Occidental.

Un Grand reportage de Florence Miettaux qui s'entretient avec Patrick Adam.

En Amérique du Nord, le retour vital du bison dans les Grandes PlainesLes bisons américains ont failli disparaître à la fin du XIXè siècle, et avec eux tout un pan de la culture autochtone du continent. Au Canada, ce lourd passé colonial est désormais un véritable moteur pour la réintroduction des bisons, entre réconciliation culturelle, écologique et économique, pour les descendants des colonisateurs et des peuples autochtones.

Un Grand reportage de Léopold Picot qui s'entretient avec Patrick Adam.

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Dans le supplément de ce dimanche, Grand reportage week-end vous emmène à bord du porte-avions français Le Charles de Gaulle qui sort d'entretien. Ensuite, nous partons en Corée du Sud où le recyclage des déchets alimentaires est pratiqué depuis une vingtaine d'années déjà.

Le Charles de Gaulle à l’heure des défis navals Après 8 mois au port pour entretien, le Charles de Gaulle a repris la mer ! Le navire amiral de la flotte française a appareillé de Toulon, en début d’année 2024. Il y a, quelques jours, les avions ont rejoint le bâtiment… Le groupe aéronaval remonte en puissance avant de partir en mission, dans un contexte international tendu où les conflits se déroulent désormais aussi en mer…

Un Grand reportage de Franck Alexandre qui s'entretient avec Patrick Adam.

Corée du Sud, reine du recyclage des déchets alimentaires Depuis le 1er janvier 2024, les Français doivent trier leurs déchets alimentaires. Une transition que la Corée du Sud a effectuée, il y a une vingtaine d’années, en modernisant son système à grande vitesse et avec des résultats impressionnants. En 1995, seuls 2% des biodéchets étaient recyclés, pour 97% à l’heure actuelle. Derrière ce succès, des déchets taxés, des poubelles intelligentes et du tri qui permettent de transformer les restes alimentaires en fertilisant et biogaz. Comment le pays a-t-il réussi une telle mutation ?

Un Grand reportage de Nicolas Rocca qui s'entretient avec Patrick Adam.

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Dans le supplément de ce samedi, Grand reportage week-end vous emmène au Bénin à la découverte du vaudou, et en particulier des «Vodun Days», festivités à Ouidah. En deuxième partie, c'est au nord-est de l'Espagne que nous allons pour découvrir comment les ours vivent aux côtés des hommes.

Bénin, dans le berceau du vaudouLes « Vodun days » : deux jours de festivités dans la ville de Ouidah (à une quarantaine de kms à l’ouest de Cotonou). Objectif : attirer les touristes et déconstruire ces clichés négatifs qui collent au vaudou. Alors pour mieux comprendre de quoi il s’agit, nous vous emmenons à la découverte de cette religion séculaire et des traditions qui l’accompagnent, parties intégrantes de l’identité béninoise.

Un Grand reportage de Magali Lagrange qui s'entretient avec Patrick Adam.

La cohabitation réussie des ours dans les AsturiesC’est l’histoire d’une renaissance. Il y a 30 ans, l’animal était en danger critique d’extinction. Aujourd’hui, au nord-est de l’Espagne, dans la cordillère Cantabrique, vivent environ 370 ours. La cohabitation de ces animaux sauvages et des êtres humains se développe donc depuis quelques années, faisant des Asturies un modèle à suivre, car ici à la différence de la France, l’ours n’est presque plus considéré comme une menace, mais plutôt comme une chance.

Un Grand reportage de Diane Cambon qui s'entretient avec Patrick Adam.

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Les « Vodun days » : deux jours de festivités dans la ville de Ouidah (à une quarantaine de kms à l’ouest de Cotonou). Objectif : attirer les touristes et déconstruire ces clichés négatifs qui collent au vaudou. Alors pour mieux comprendre de quoi il s’agit, nous vous emmenons à la découverte de cette religion séculaire et des traditions qui l’accompagnent, parties intégrantes de l’identité béninoise. (Rediffusion)

« Bénin : dans le berceau du vaudou », un Grand reportage de Magali Lagrange.

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Depuis le 1er janvier 2024, les Français doivent trier leurs déchets alimentaires. Une transition que la Corée du Sud a effectuée, il y a une vingtaine d’années, en modernisant son système à grande vitesse et avec des résultats impressionnants. En 1995, seuls 2% des biodéchets étaient recyclés, pour 97% à l’heure actuelle. Derrière ce succès, des déchets taxés, des poubelles intelligentes et du tri qui permettent de transformer les restes alimentaires en fertilisant et biogaz. Comment le pays a-t-il réussi une telle mutation ?

« *La Corée du Sud, reine du recyclage des déchets alimentaires* », un Grand reportage de Nicolas Rocca. (Rediffusion)****

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Après 8 mois au port pour entretien, le Charles de Gaulle a repris la mer ! Le navire amiral de la flotte française a appareillé de Toulon, en début d’année 2024. Il y a, quelques jours, les avions ont rejoint le bâtiment… Le groupe aéronaval remonte en puissance avant de partir en mission, dans un contexte international tendu où les conflits se déroulent désormais aussi en mer… (Rediffusion)

« Le Charles de Gaulle à l’heure des défis navals », un Grand reportage de Franck Alexandre.

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Cela fait bientôt un an qu'entre le Bénin et le Niger, la frontière est fermée. Un effet collatéral du coup d'État qui avait renversé le président Bazoum et qui s'était traduit par des sanctions de la part de la CEDEAO. Sanctions qui ont pourtant été levées en début d'année. Depuis, le Bénin a rouvert ses postes-frontière en février, mais le Niger refuse toujours de dégager les containers qui bloquent le pont reliant les deux pays. Niamey invoque des questions de sécurité.

Cette situation pèse sur les populations, particulièrement dans la commune frontalière de Malanville, à 700 km au nord de Cotonou, où les relations avec le pays voisin et la ville de Gaya sont très étroites.

«Au Bénin, Malanville attend impatiemment la réouverture de la frontière nigérienne», un Grand reportage de Magali Lagrange.

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Dans le supplément de ce dimanche, Grand reportage week-end vous emmène en Éthiopie, où depuis le début de la guerre au Tigré, plusieurs personnes ont été tuées à la suite d'appels au meurtre sur les réseaux sociaux... Ensuite, nous partons pour le Kenya, pays dont sont originaires de nombreux champions, médaillés aux Jeux Olympiques, mais un succès à quel prix ?

Éthiopie : quand la haine en ligne tueEn Éthiopie, les réseaux sociaux sont accusés d’exacerber les conflits interethniques qui minent le pays. Sur les plateformes, les discours de haine sont régulièrement mis en avant par les algorithmes. Depuis le début de la guerre au Tigré, plusieurs personnes ont été tuées à la suite d’appels au meurtre sur Facebook. Les réseaux sociaux sont omniprésents dans la vie des Éthiopiens et continuent d’influencer les rapports sociaux, parfois jusqu’à contribuer au crime…

Un Grand reportage de Clothilde Hazard qui s'entretient avec François Ballarin.

Au Kenya, les damnés de la courseEn quinze éditions des Jeux olympiques, le Kenya a remporté 113 médailles. 106 en athlétisme dont 69 sur des courses de fond et 28 de demi-fond. Pour les jeux de Paris, l’ambition du pays est grande. Eliud Kipchoge, ancien recordman mondial du marathon, tentera de remporter l’or pour la 3è fois consécutive et de rentrer ainsi dans l’histoire. Sur les hauts plateaux kényans, on raconte que la course à pied coule dans les veines… mais ce succès se paie en réalité très cher.

Un Grand reportage de Gaëlle Laleix qui s'entretient avec François Ballarin.

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Dans le supplément de ce samedi, Grand reportage week-end vous emmène aux Philippines à propos de la répression violente du trafic de stupéfiants qui a été menée par l'ex-président Rodrigo Duterte. Un bilan de dizaines de milliers de morts, dont les familles réclament justice. Deuxième partie : Chypre est divisée en deux depuis 1974, écartelée entre la Grèce et la Turquie, une situation qui soulève des traumatismes au sein des minorités.

Philippines : la quête de justice des victimes de la guerre contre la drogueEntre 20.000 et 30.000 morts. C’est le bilan estimé par les organisations des droits de l’homme de la guerre contre la drogue aux Philippines. Menée par l’ex-président Rodrigo Duterte, cette répression violente du trafic de stupéfiants a profondément traumatisé l’archipel. D’abord dans la ville de Davao, puis sur tout le territoire, à partir de juin 2016, des groupes armés abattent dans les rues des trafiquants ou consommateurs présumés hors de tout cadre légal.

L’actuel chef de l’État Ferdinand Marcos Jr n’a pas totalement mis fin aux exactions extrajudiciaires et protège encore son prédécesseur malgré des désaccords politiques. Les familles des victimes placent leur espoir dans la Cour Pénale Internationale qui a ouvert un dossier pour crimes contre l’humanité contre l’ancien président.

Un Grand reportage de Nicolas Rocca qui s'entretient avec François Ballarin.

Chypre coupée en deux, les 50 ans d’un écartèlement1960 : les colons britanniques plient bagage et l’île de Chypre devient officiellement indépendante. Vite, la situation devient instable, des heurts communautaires opposent alors les habitants d’origine grecque, majoritaires, à la minorité d’origine turque. En juillet 1974, un coup d’État téléguidé par Athènes -pour réunir Chypre à la Grèce- entraîne l’invasion des troupes turques, au motif officiel de protéger la minorité turcophone. Depuis lors, l’île est divisée en deux. Une plaie qui, du côté des Chypriotes grecs, ne s’est jamais refermée.

Un Grand reportage de Joël Bronner qui s'entretient avec François Ballarin.

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En quinze éditions des Jeux olympiques, le Kenya a remporté 113 médailles. 106 en athlétisme dont 69 sur des courses de fond et 28 de demi-fond. Pour les jeux de Paris, l’ambition du pays est grande. Eliud Kipchoge, ancien recordman mondial du marathon, tentera de remporter l’or pour la 3è fois consécutive et de rentrer ainsi dans l’histoire. Sur les hauts plateaux kényans, on raconte que la course à pied coule dans les veines… mais ce succès se paie en réalité très cher.

«Au Kenya, les damnés de la course», un Grand reportage de Gaëlle Laleix.

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En Éthiopie, les réseaux sociaux sont accusés d’exacerber les conflits interethniques qui minent le pays. Sur les plateformes, les discours de haine sont régulièrement mis en avant par les algorithmes. Depuis le début de la guerre au Tigré, plusieurs personnes ont été tuées à la suite d’appels au meurtre sur Facebook. Les réseaux sociaux sont omniprésents dans la vie des Éthiopiens et continuent d’influencer les rapports sociaux, parfois jusqu’à contribuer au crime…

«Quand la haine en ligne tue», un Grand reportage de Clothilde Hazard.

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1960 : les colons britanniques plient bagage et l’île de Chypre devient officiellement indépendante. Vite, la situation devient instable, des heurts communautaires opposent alors les habitants d’origine grecque, majoritaires, à la minorité d’origine turque. En juillet 1974, un coup d’État téléguidé par Athènes -pour réunir Chypre à la Grèce- entraîne l’invasion des troupes turques, au motif officiel de protéger la minorité turcophone. Depuis lors, l’île est divisée en deux. Une plaie qui, du côté des Chypriotes grecs, ne s’est jamais refermée.

« Chypre coupée en deux, les 50 ans d’un écartèlement », un Grand Reportage, en République de Chypre, de Joël Bronner.

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Entre 20.000 et 30.000 morts. C’est le bilan estimé par les organisations des droits de l’homme de la guerre contre la drogue aux Philippines. Menée par l’ex-président Rodrigo Duterte, cette répression violente du trafic de stupéfiants a profondément traumatisé l’archipel. D’abord dans la ville de Davao, puis sur tout le territoire, à partir de juin 2016, des groupes armés abattent dans les rues des trafiquants ou consommateurs présumés hors de tout cadre légal.

L’actuel chef de l’État Ferdinand Marcos Jr n’a pas totalement mis fin aux exactions extrajudiciaires et protège encore son prédécesseur malgré des désaccords politiques. Les familles des victimes placent leur espoir dans la Cour Pénale Internationale qui a ouvert un dossier pour crime contre l’humanité contre l’ancien président.

«Aux Philippines, la quête de justice des victimes de la guerre contre la drogue», un Grand reportage de Nicolas Rocca.

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Dans le supplément de ce dimanche, Grand reportage week-end vous emmène à Paris qui fait peau neuve pour les Jeux Olympiques 2024, et ressemble à un vaste chantier. Mais une partie de la population de la capitale ne collerait pas avec la carte postale... en deuxième partie, nous partons pour l'Espace, à la découverte de la fusée Ariane 6 qui va prendre son envol le 9 juillet prochain. Challenge des Européens vis-à-vis du reste du monde.

Paris 2024 : la crainte d'un «nettoyage social»Les Jeux Olympiques de Paris vont commencer maintenant dans 1 mois et deux jours exactement. Pour l'instant, la capitale française est encore un vaste chantier. Elle se fait belle pour l'occasion. Selon les projections, ce sont 15 millions de visiteurs qui sont attendus pour cette grand-messe du sport. Et elle sera sous l'œil des caméras du monde entier. Mais se faire belle à quel prix ? Depuis des mois, des voix s'élèvent pour dénoncer ce que l'on appelle l'invisibilisation d'une partie de la population, qui ne collerait pas avec la carte postale, en priorité : rendre invisible les sans-abri. Les migrants en seraient les premières victimes.

Un Grand reportage de Marie Casadebaig et Amélie Beaucour qui s'entretiennent avec Jacques Allix.

Ariane 6, une fusée pour renvoyer l’Europe dans l’Espace Depuis près d'un an, l'Europe n'a plus son propre accès à l'Espace. La fusée Ariane 5 est partie à la retraite l'année dernière (2023). Sa cadette, Ariane 6, doit s'envoler pour la première fois le 9 juillet 2024. Un premier lancement crucial pour les Européens, bousculés par la concurrence de l'américain Space X, l'essor du secteur spatial chinois, et la multiplication de start-ups qui promettent de révolutionner l'Espace avec de nouvelles fusées de (très) petite taille.

Un Grand reportage de Justine Fontaine qui s'entretient avec Jacques Allix.

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Dans le supplément de ce samedi, Grand reportage week-end vous emmène dans le nord-est syrien ciblé sans cesse par la Turquie, puis à la frontière entre l'Iran et la Turquie où de nombreux migrants tentent leur chance en se dirigeant vers l'Europe en quête d'une vie plus heureuse, mais à quel prix ?

Nord-Est syrien : la vie sous les feux de l’armée turqueC’est un conflit existentiel qui se déroule dans un pays meurtri par une décennie de guerre civile. Le Nord-Est de la Syrie et son administration autonome, créé il y a 10 ans, ciblé sans cesse par la Turquie. La Turquie qui accuse les Kurdes syriens de terrorisme… Et réplique par bombardements, occupations de territoires et embargo… Cette guerre opaque fait des dizaines de morts civils et militaires chaque année en Syrie. Et a de nombreuses conséquences sur des millions de Syriens, Kurdes et Arabes.

Un Grand reportage de Théo Renaudon qui s'entretient avec Jacques Allix.

Frontière Iran-Turquie, un mur et des centaines de vies d’exilés briséesEntre l’Iran et la Turquie, de nombreux migrants tentent chaque année le passage objectif vers l’Europe. Une migration risquée dont on parle moins que la très meurtrière traversée de la Méditerranée. Pour se protéger de ce flux de migrants partis du Pakistan, du Turkménistan, d’Iran et, surtout de l’Afghanistan, sous la férule des talibans, la Turquie érige un mur. 295 km de béton à travers les montagnes avec un financement européen. Tenter sa chance est très risqué, les conditions météo peuvent être terribles et gangs armés et armée turques sont en embuscade, les soldats allant jusqu’à faire feu. Les migrants arrêtés, eux sont expulsés, 142 000 l’an passé.

Un Grand reportage de Manon Chapelain qui s'entretient avec Jacques Allix.

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Depuis près d'un an, l'Europe n'a plus son propre accès à l'Espace. La fusée Ariane 5 est partie à la retraite l'année dernière (2023). Sa cadette, Ariane 6, doit s'envoler pour la première fois le 9 juillet 2024. Un premier lancement crucial pour les Européens, bousculés par la concurrence de l'américain Space X, l'essor du secteur spatial chinois, et la multiplication de start-ups qui promettent de révolutionner l'Espace avec de nouvelles fusées de (très) petite taille.

«Ariane 6, une fusée pour renvoyer l’Europe dans l’Espace», un Grand reportage de Justine Fontaine. Réalisation : Pauline Leduc.

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C’est un conflit existentiel qui se déroule dans un pays meurtri par une décennie de guerre civile. Le Nord-Est de la Syrie et son administration autonome, créé il y a 10 ans, ciblé sans cesse par la Turquie. La Turquie qui accuse les Kurdes syriens de terrorisme… Et réplique par bombardements, occupations de territoires et embargo… Cette guerre opaque fait des dizaines de morts civils et militaires chaque année en Syrie. Et a de nombreuses conséquences sur des millions de Syriens, Kurdes et Arabes.

«Nord-Est syrien : la vie sous les feux de l’armée turque», un Grand reportage de Théo Renaudon.

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Entre l’Iran et la Turquie, de nombreux migrants tentent chaque année le passage objectif vers l’Europe. Une migration risquée dont on parle moins que la très meurtrière traversée de la Méditerranée. Pour se protéger de ce flux de migrants partis du Pakistan, du Turkménistan, d’Iran et, surtout de l’Afghanistan, sous la férule des talibans, la Turquie érige un mur. 295 km de béton à travers les montagnes avec un financement européen. Tenter sa chance est très risqué, les conditions météo peuvent être terribles et gangs armés et armée turques sont en embuscade, les soldats allant jusqu’à faire feu. Les migrants arrêtés, eux sont expulsés, 142 000 l’an passé.

«Frontière Iran-Turquie, un mur et des centaines de vies d’exilés brisées», un Grand reportage de Manon Chapelain.

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Les Jeux Olympiques de Paris vont commencer maintenant dans 1 mois et deux jours exactement. Pour l'instant, la capitale française est encore un vaste chantier. Elle se fait belle pour l'occasion. Selon les projections, ce sont 15 millions de visiteurs qui sont attendus pour cette grand-messe du sport. Et elle sera sous l'œil des caméras du monde entier. Mais se faire belle à quel prix ? Depuis des mois, des voix s'élèvent pour dénoncer ce que l'on appelle l'invisibilisation d'une partie de la population, qui ne collerait pas avec la carte postale, en priorité : rendre invisible les sans-abris. Les migrants en seraient les premières victimes.

« Paris 2024 : la crainte d'un "nettoyage social" », un Grand reportage d'Amélie Beaucour et Marie Casadebaig.

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Dans le supplément de ce dimanche, Grand reportage week-end vous emmène en Colombie, qui pourrait renoncer à ses exportations de pétrole ; puis en Côte d'Ivoire, à la rencontre de deux taekwondistes Cheick Cissé et Ruth Gbagbi qui souhaitent réaliser leur rêve, un doublé cet été à Paris.

Colombie : l’expansion du tourisme pour contrer celle de l’exploitation pétrolièreLa Colombie pourrait être le premier pays producteur de pétrole à renoncer à ses exportations et tout projet d’exploitation de combustibles fossiles. C’est, en tout cas, le souhait du président de gauche Gustavo Petro. Il l’a annoncé dès janvier 2023. Son objectif est de lutter contre le réchauffement climatique. L’une des alternatives au pétrole serait alors le tourisme.

Dans la région du Casanare, une zone de forte exploitation pétrolière, les réserves naturelles ont déjà débuté cette transition. L’une d’entre elles, il y a plus de vingt ans. Ce secteur pourrait-il concurrencer celui du pétrole ?

Un Grand reportage de Najet Benrabaa qui s'entretient avec Jacques Allix.

De Koumassi aux Jeux de Paris, le fabuleux destin de Cheick Cissé et Ruth Gbagbi Derrière le football, qui brille de mille feux depuis la CAN remportée en février, le taekwondo est le deuxième sport le plus populaire de Côte d’Ivoire. Près de 64 000 Ivoiriens le pratiquent aujourd’hui, et nombre d’entre eux ont rejoint les tatamis en suivant les exploits de Cheick Cissé et Ruth Gbagbi. À eux deux, ils représentent trois quarts des médailles olympiques de l’histoire de la Côte d’Ivoire. Tous deux formés à Koumassi, commune populaire d’Abidjan, les champions s’entraînent depuis sept ans en Espagne, sur l’île de Majorque. Dans le calme des Baléares, les deux icônes murissent un rêve : réaliser le doublé cet été dans la capitale française.

Un Grand reportage de Youenn Gourlay et Martin Guez qui s'entretiennent avec Jacques Allix.

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Dans le supplément de ce samedi, Grand reportage week-end vous emmène en France pour une course à marche forcée de l'éolien en mer, puis au Kenya au sujet des mammifères marins en danger, en effet de nombreuses espèces meurent, prises au piège dans les filets des pêcheurs.

Éolien en mer : la course à marche forcée de la FranceL’éolien en mer, une source d’énergie essentielle face au changement climatique. Dans cette course, la France a un fort potentiel avec ses 4 façades maritimes mais elle accuse un retard conséquent face à ses voisins européens. Avec seulement 3 parcs offshore en activité, le pays ambitionne de livrer 50 parcs éoliens en mer d’ici 2050. Un véritable marathon a donc été lancé avec les industriels et les acteurs de la mer pour construire une filière qui en est encore à ses balbutiements. Les oppositions demeurent nombreuses également, autant que les questions sur l’impact environnemental de ces géants des mers..

Un Grand reportage d'Anne Verdaguer qui s'entretient avec Jacques Allix.

Kenya : les mammifères marins en dangerChaque année, près de 300 000 baleines et dauphins, meurent dans le monde, prisonniers de filets de pêche, selon la Commission baleinière internationale. Au Kenya, la pêche fait vivre près d’un million et demi de personnes, selon le ministère de la Pêche. Sur la côte qui borde l’océan Indien, elle se pratique artisanalement. Mais le matériel utilisé constitue parfois un danger pour la faune, notamment les mammifères marins.

Un Grand reportage de Gaëlle Laleix qui s'entretient avec Jacques Allix.

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Chaque année, près de 300 000 baleines et dauphins, meurent dans le monde, prisonniers de filets de pêche, selon la Commission baleinière internationale. Au Kenya, la pêche fait vivre près d’un million et demi de personnes, selon le ministère de la Pêche. Sur la côte qui borde l’océan Indien, elle se pratique artisanalement. Mais le matériel utilisé constitue parfois un danger pour la faune, notamment les mammifères marins.

«Au Kenya : les mammifères marins en danger», un Grand reportage de Gaëlle Laleix. Réalisation : Tiffanie Menta.

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L’éolien en mer, une source d’énergie essentielle face au changement climatique. Dans cette course, la France a un fort potentiel avec ses 4 façades maritimes mais elle accuse un retard conséquent face à ses voisins européens. Avec seulement 3 parcs offshore en activité, le pays ambitionne de livrer 50 parcs éoliens en mer d’ici 2050. Un véritable marathon a donc été lancé avec les industriels et les acteurs de la mer pour construire une filière qui en est encore à ses balbutiements. Les oppositions demeurent nombreuses également, autant que les questions sur l’impact environnemental de ces géants des mers.

«Éolien en mer : la course à marche forcée de la France», un Grand reportage d'Anne Verdaguer.

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Derrière le football, qui brille de mille feux depuis la CAN remportée en février, le taekwondo est le deuxième sport le plus populaire de Côte d’Ivoire. Près de 64 000 Ivoiriens le pratiquent aujourd’hui, et nombre d’entre eux ont rejoint les tatamis en suivant les exploits de Cheick Cissé et Ruth Gbagbi. À eux deux, ils représentent trois quarts des médailles olympiques de l’histoire de la Côte d’Ivoire. Tous deux formés à Koumassi, commune populaire d’Abidjan, les champions s’entraînent depuis sept ans en Espagne, sur l’île de Majorque. Dans le calme des Baléares, les deux icones murissent un rêve : réaliser le doublé cet été dans la capitale française.

« De Koumassi aux Jeux de Paris, le fabuleux destin de Cheick Cissé et Ruth Gbagbi », un Grand reportage de Youenn Gourlay et Martin Guez.

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La Colombie pourrait être le premier pays producteur de pétrole à renoncer à ses exportations et tout projet d’exploitation de combustibles fossiles. C’est, en tout cas, le souhait du président de gauche Gustavo Petro. Il l’a annoncé dès janvier 2023. Son objectif est de lutter contre le réchauffement climatique. L’une des alternatives au pétrole serait alors le tourisme.

Dans la région du Casanare, une zone de forte exploitation pétrolière, les réserves naturelles ont déjà débuté cette transition. L’une d’entre elles, il y a plus de vingt ans. Ce secteur pourrait-il concurrencer celui du pétrole ?

Réponse avec le Grand reportage de notre correspondante Najet Benrabaa. Réalisation : Tiffanie Menta.

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En Zambie, adapter l’agriculture face à la sécheresseC’est un pays au bord du gouffre. Un pays, où des millions de personnes sont menacées de famine. Confrontée à l’une des pires sécheresses de son histoire, renforcée par le phénomène climatique El Nino, la Zambie est, depuis avril 2024, en situation de catastrophe nationale. L’urgence est telle que le président, Hakainde Hichilema, a dû réclamer une aide d’urgence de 900 millions de dollars à la communauté internationale, seule et unique bouée de secours pour un État déclaré en état de faillite depuis 2020.

80% des récoltes de maïs ont été détruites, dans un pays où plus de 70% de la population dépend de l’agriculture pour survivre.

Mais la sécheresse a également provoqué l’assèchement des cours d’eau qui alimentent les barrages, privant le pays d’électricité et plongeant l’économie dans une crise sans précédent. Ces dernières années, les catastrophes climatiques se multiplient dans toute l’Afrique australe et ont contraint des États comme la Zambie à tenter d’adapter leur modèle agricole. Comment et pour quels résultats ?

Un Grand reportage d'Igor Strauss qui s'entretient avec Jacques Allix.

Les Champs-Élysées : dans les coulisses de la plus belle avenue du mondeD'où vient cette affirmation quand on sait que les Parisiens la boudent et que seuls les touristes semblent s'y précipiter pour se prendre en photo ou visiter les magasins de luxe ? Construite au XVIIè siècle, l’avenue n’a pas toujours été prestigieuse. Mais, depuis toujours en revanche, elle semble avoir été érigée en symbole de célébration de toutes sortes, on y fait le fête et on y manifeste.

Un Grand reportage de Laura Taouchanov qui s'entretient avec Jacques Allix.

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De Gaza aux Émirats, l’évacuation d’enfants palestiniens blessésÀ Gaza, les enfants sont les premières victimes de la guerre. Le conflit sanglant qui oppose Israël au Hamas a déjà fait plus de 36 000 morts, dont plus de 14 000 enfants d’après les Nations unies. Parmi eux, beaucoup sont décédés faute de soins. Pour tenter de sauver quelques jeunes vies, plusieurs pays organisent des évacuations d’enfants blessés ou victimes de maladies chroniques à partir de l’Égypte. Notre envoyée spéciale Sophie Guignon a suivi un vol organisé par les Émirats Arabes Unis. L’objectif de la pétromonarchie du Golfe est d’accueillir 2 000 Gazaouis.

Un Grand reportage de Sophie Guignon qui s'entretient avec Jacques Allix.

Tahiti surfe pour les J.O.Paris 2024, c’est aussi en Polynésie française. Tahiti accueille, du 27 au 30 juillet 2024, l’épreuve de surf des jeux Olympiques. C’est la première fois dans l’Histoire des Jeux qu’une épreuve se déroule aussi loin de la ville-hôte : 15 700 kilomètres séparent Paris de Tahiti !

À un peu moins de 2 mois de ce rendez-vous international, l’île est-elle prête ? Comment se préparent les habitants et les professionnels ? Des cuisines de restaurants aux chambres d’hôtes, en passant par la mobilisation des agriculteurs, nous voici donc à Tahiti.

Un Grand reportage de Margaux Bédé (avec l’appui de Quentin Pommier)qui s'entretient avec Jacques Allix.

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Paris 2024, c’est aussi en Polynésie française. Tahiti accueille, du 27 au 30 juillet 2024, l’épreuve de surf des jeux Olympiques. C’est la première fois dans l’Histoire des Jeux qu’une épreuve se déroule aussi loin de la ville-hôte : 15 700 kilomètres séparent Paris de Tahiti !
À un peu moins de 2 mois de ce rendez-vous international, l’île est-elle prête ? Comment se préparent les habitants et les professionnels ? Des cuisines de restaurants aux chambres d’hôtes, en passant par la mobilisation des agriculteurs, nous voici donc à Tahiti.

« Tahiti surfe pour les J.O », un Grand reportage de Margaux Bédé, avec l’appui de Quentin Pommier.

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D'où vient cette affirmation quand on sait que les Parisiens la boudent et que seuls les touristes semblent s'y précipiter pour se prendre en photo ou visiter les magasins de luxe ? Construite au XVIIè siècle, l’avenue n’a pas toujours été prestigieuse. Mais, depuis toujours en revanche, elle semble avoir été érigée en symbole de célébration de toutes sortes, on y fait le fête et on y manifeste.

«Les Champs-Elysées : dans les coulisses de la plus belle avenue du monde», un Grand Reportage de Laura Taouchanov.

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C’est un pays au bord du gouffre. Un pays, où des millions de personnes sont menacées de famine. Confrontée à l’une des pires sécheresses de son histoire, renforcée par le phénomène climatique El Nino, la Zambie est, depuis avril 2024, en situation de catastrophe nationale. L’urgence est telle que le président, Hakainde Hichilema, a dû réclamer une aide d’urgence de 900 millions de dollars à la communauté internationale, seule et unique bouée de secours pour un État déclaré en état de faillite depuis 2020.

80% des récoltes de maïs ont été détruites, dans un pays où plus de 70% de la population dépend de l’agriculture pour survivre.

Mais la sécheresse a également provoqué l’assèchement des cours d’eau qui alimentent les barrages, privant le pays d’électricité et plongeant l’économie dans une crise sans précédent. Ces dernières années, les catastrophes climatiques se multiplient dans toute l’Afrique australe et ont contraint des États comme la Zambie à tenter d’adapter leur modèle agricole. Comment et pour quels résultats ?

«En Zambie, adapter l’agriculture face à la sécheresse», un Grand reportage d’Igor Strauss réalisé par Donatien Cahu.

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À Gaza, les enfants sont les premières victimes de la guerre. Le conflit sanglant qui oppose Israël au Hamas a déjà fait plus de 36 000 morts, dont plus de 14 000 enfants d’après les Nations unies. Parmi eux, beaucoup sont décédés faute de soins. Pour tenter de sauver quelques jeunes vies, plusieurs pays organisent des évacuations d’enfants blessés ou victimes de maladies chroniques à partir de l’Égypte. Notre envoyée spéciale Sophie Guignon a suivi un vol organisé par les Émirats Arabes Unis. L’objectif de la pétromonarchie du Golfe est d’accueillir 2 000 Gazaouis.

« De Gaza aux Émirats, l’évacuation d’enfants palestiniens blessés », un Grand reportage de Sophie Guignon.

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Les Britanniques racontent leur D-DAYLors du Débarquement allié en Normandie en juin 1944 : 73 000 soldats britanniques ont été engagés aux cotés de tant d’autres ; c'est d'Angleterre que cette vaste opération de libération de l'Europe a été orchestrée. C'est d’Angleterre que les soldats ont approché les côtes normandes. Dans les années 2000, Jean-Marc Four devenu directeur général de RFI est correspondant de Radio France à Londres. Il rencontre alors celles et ceux qui ont participé au Débarquement et enregistre leurs témoignages. (Archives de Jean-Marc Four)

Un Grand reportage de Valentin Hugues qui s'entretient avec Jacques Allix.

Loin des plages du Débarquement, la bataille de la mémoireLe 6 juin 1944, au cours de la plus grande opération militaire du XXè siècle, les troupes alliées débarquaient en Normandie pour libérer la France occupée par l'Allemagne Nazie. 80 ans plus tard, les célébrations se succèdent. Elles sont particulières cette année : il n'y a presque plus de vétérans vivants. Que va devenir le souvenir sans ses témoins ?

Un Grand reportage de Valentin Hugues qui s'entretient avec Jacques Allix.

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Vers une régulation des armes non-déclarées en Irak : l'espoir des civilsLes témoignages comme celui que vous venez d’entendre, relèvent du quotidien en Irak. Après 40 ans de guerres presque sans interruption, des millions d’armes circulent dans le pays, certaines légalement, d’autres non, et nombre d’entre elles sont aux mains de civils. En l’absence de contrôle par l’État de la circulation de ces armes, elles sont à l’origine de centaines de morts chaque année. Parmi les victimes, des civils qui ne savent plus comment s’en protéger.

Un Grand reportage de Marie Charlotte Roupie qui s'entretient avec Jacques Allix.

L'île de La Réunion fait sa révolution verteLa transition énergétique, indispensable face au réchauffement climatique, demeure un véritable défi à La Réunion. Le département français d’Outre-mer, dans l’océan Indien, doit mettre les bouchées doubles pour réaliser cette transformation dans les temps. L’île de près de 860 000 habitants n’est interconnectée à aucun réseau électrique continental. Elle était jusqu’à récemment, très dépendante des énergies fossiles importées. L’objectif, c’est zéro carbone en 2050. Mais La Réunion fait face à d’importantes contraintes économiques et sociales mais aussi à des ouragans de plus en plus intenses.

Un Grand reportage d'Anne Verdaguer qui s'entretient avec Jacques Allix.

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Lors du Débarquement allié en Normandie en juin 1944 : 73 000 soldats britanniques ont été engagés aux cotés de tant d’autres ; c'est d'Angleterre que cette vaste opération de libération de l'Europe a été orchestrée. C'est d’Angleterre que les soldats ont approché les côtes normandes. Dans les années 2000, Jean-Marc Four devenu directeur général de RFI est correspondant de Radio France à Londres. Il rencontre alors celles et ceux qui ont participé au Débarquement et enregistre leurs témoignages.

« Les Britanniques racontent leur D-DAY », un Grand reportage de Valentin Hugues sur la base des archives de Jean-Marc Four.

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Le 6 juin 1944, au cours de la plus grande opération militaire du XXè siècle, les troupes alliées débarquaient en Normandie pour libérer la France occupée par l'Allemagne Nazie. 80 ans plus tard, les célébrations se succèdent. Elles sont particulières cette année : il n'y a presque plus de vétérans vivants. Que va devenir le souvenir sans ses témoins ?

« Loin des plages du Débarquement, la bataille de la mémoire », un Grand reportage de Valentin Hugues.

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La transition énergétique, indispensable face au réchauffement climatique, demeure un véritable défi à La Réunion. Le département français d’Outre-mer, dans l’océan Indien, doit mettre les bouchées doubles pour réaliser cette transformation dans les temps. L’île de près de 860 000 habitants n’est interconnectée à aucun réseau électrique continental. Elle était jusqu’à récemment, très dépendante des énergies fossiles importées. L’objectif, c’est zéro carbone en 2050. Mais La Réunion fait face à d’importantes contraintes économiques et sociales mais aussi à des ouragans de plus en plus intenses.

«L’île de La Réunion fait sa révolution verte», un Grand reportage signé Anne Verdaguer.

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Les témoignages comme celui que vous venez d’entendre, relèvent du quotidien en Irak. Après 40 ans de guerres presque sans interruption, des millions d’armes circulent dans le pays, certaines légalement, d’autres non, et nombre d’entre elles sont aux mains de civils. En l’absence de contrôle par l’État de la circulation de ces armes, elles sont à l’origine de centaines de morts chaque année. Parmi les victimes, des civils qui ne savent plus comment s’en protéger.

« Vers une régulation des armes non déclarées en Irak : l'espoir des civils », un Grand reportage de Marie-Charlotte Roupie.

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La Hongrie face à l’Europe : le défi souverainiste de Viktor OrbanFort d’une majorité absolue au Parlement hongrois, Viktor Orban entretient des relations tumultueuses avec Bruxelles, qui continue de bloquer quelque 20 milliards d'euros de fonds, en raison des atteintes répétées à l'État de droit. En croisade contre les valeurs libérales de l’UE, le dirigeant hongrois entend bien changer l’Union de l’intérieur. Son parti mène la course en tête pour les élections européennes du 9 juin. Le Fidesz, qui avait obtenu 12 sièges sur 21 lors du scrutin précédent, espère en emporter autant. Après avoir quitté le Parti populaire européen en 2021, ses élus pourraient rejoindre l’un des grands groupes de l’extrême-droite au Parlement de Strasbourg.

Un Grand reportage d'Anastasia Becchio et de Daniel Vallot qui s'entretiennent avec Jacques Allix.

Rassemblement national : le nationalisme nouvelle génération à la françaiseMarine Le Pen et Jordan Bardella, c'est ce duo qui a hissé depuis quelques années, le Rassemblement National au rang de premier parti d'opposition en France. La liste menée par le jeune patron du RN recueille jusqu'à 33% d'intentions de vote pour le scrutin du 9 juin prochain. Un parti longtemps ostracisé occupe désormais une place de premier plan dans le paysage politique français. Alors quels sont les ressorts de la popularité du Rassemblement National, quelle est la singularité du RN dans la grande famille nationaliste européenne ?

Un Grand reportage de Pierrick Bonno qui s'entretient avec Jacques Allix.

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Joe Biden et les électeurs arabo-musulmansIl y avait déjà son âge, la frontière et l’inflation, mais depuis le 7 octobre 2023, Joe Biden a un autre problème. La guerre à Gaza et son soutien à Israël dans sa réponse à l’attaque du Hamas. Traditionnellement, le soutien à Israël ne se discutait pas vraiment aux États-Unis. Mais une partie de la population ne veut plus se taire. Il y a le mouvement étudiant et il y a les Américains arabes et musulmans, qui se font entendre, par la voix et qui entend se faire entendre dans les urnes.

Un Grand reportage de Guillaume Naudin qui s'entretient avec Jacques Allix.

Comment réduire l’impact environnemental de la production d’un film ? Alors que le Festival de Cannes vient de dévoiler son palmarès, RFI s’intéresse ce mercredi (29 mai 2024) aux efforts du cinéma français pour réduire son empreinte environnementale. Émissions de gaz à effet de serre participant au réchauffement climatique, pollution, impact sur la biodiversité : l’industrie du 7è art a un impact considérable. 1,7 million de tonnes d’équivalents CO2 sont par exemple émises chaque année par le secteur audiovisuel français, a calculé le collectif ECOPROD en 2020. Mais le secteur commence à transformer ses pratiques…

Un Grand reportage de Lucile Gimberg qui s'entretient avec Patrick Adam.

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Marine Le Pen et Jordan Bardella, c'est ce duo qui a hissé depuis quelques années, le Rassemblement National au rang de premier parti d'opposition en France. La liste menée par le jeune patron du RN recueille jusqu'à 33% d'intentions de vote pour le scrutin du 9 juin prochain. Un parti longtemps ostracisé occupe désormais une place de premier plan dans le paysage politique français. Alors quels sont les ressorts de la popularité du Rassemblement National, quelle est la singularité du RN dans la grande famille nationaliste européenne ?

« Rassemblement National, le nationalisme nouvelle génération à la française », un Grand reportage de Pierrick Bonno.

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Alors que le Festival de Cannes vient de dévoiler son palmarès, RFI s’intéresse ce mercredi (29 mai 2024) aux efforts du cinéma français pour réduire son empreinte environnementale. Émissions de gaz à effet de serre participant au réchauffement climatique, pollution, impact sur la biodiversité : l’industrie du 7è art a un impact considérable. 1,7 million de tonnes d’équivalents CO2 sont par exemple émises chaque année par le secteur audiovisuel français, a calculé le collectif ECOPROD en 2020. Mais le secteur commence à transformer ses pratiques…

« Comment réduire l’impact environnemental de la production d’un film ? », un Grand reportage signé Lucile Gimberg, du service environnement de RFI.

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Fort d’une majorité absolue au Parlement hongrois, Viktor Orban entretient des relations tumultueuses avec Bruxelles, qui continue de bloquer quelque 20 milliards d'euros de fonds, en raison des atteintes répétées à l'État de droit. En croisade contre les valeurs libérales de l’UE, le dirigeant hongrois entend bien changer l’Union de l’intérieur. Son parti mène la course en tête pour les élections européennes du 9 juin. Le Fidesz, qui avait obtenu 12 sièges sur 21 lors du scrutin précédent, espère en emporter autant. Après avoir quitté le Parti populaire européen en 2021, ses élus pourraient rejoindre l’un des grands groupes de l’extrême-droite au Parlement de Strasbourg.

De nos envoyés spéciaux,

« Il faut renverser toute la clique, en commençant par Ursula ! Qu’est-ce qu’elle a trafiqué avec ces histoires de vaccins ? À Bruxelles, ils travaillent contre la Hongrie et ils bloquent les fonds qui nous reviennent », maugrée Zsuzsanna, une retraitée, arrivée avec quelques minutes de retard à un rassemblement électoral organisé par le Fidesz, dans un quartier résidentiel du sud-est de Budapest.

Si cette fidèle électrice du Fidesz, qui a noué un ruban aux couleurs du drapeau hongrois sur son sac à main, évoque spontanément la présidente de la Commission européenne, c’est peut-être parce que son image est partout, dans les rues, au bord des routes, sur les abribus. Les affiches électorales du Fidesz mettent en scène Ursula von der Leyen, assise dans un fauteuil rouge, entourée de ses « fidèles serviteurs », des figures de l’opposition, déguisés en majordomes, l’ex-Premier ministre Ferenc Gyurcsany, son épouse Klara Dobrev, tête de liste de l’alliance de gauche aux élections européennes, Gergely Karacsony, le maire écologiste de Budapest, et la nouvelle figure de l’opposition, Peter Magyar. Ils portent sur des plateaux en argent les mots « guerre », « immigration » et « genre », trois thèmes qui mobilisent l’électorat Fidesz.

« C’est horrible qu’à Bruxelles, ils soient favorables à la guerre en Ukraine. Comment des personnes normales peuvent-elles vouloir la guerre ? J’attends que Trump revienne au pouvoir et arrête la guerre en un jour, parce que si les États-Unis n’envoient plus d’armes, alors ce sera fini », confie Zsuzsanna, avant de rejoindre le reste de l’assistance. Un public d’âge mur, venu écouter les candidats du parti de Viktor Orban, à la mairie du XVIIIème, qui comptent bien reconquérir cet arrondissement perdu lors du scrutin de 2019.

Les orateurs dénoncent les projets immobiliers de l’équipe en place, les accusent de corruption, mais n’oublient pas aussi d’évoquer les sujets au cœur de la campagne européenne du Fidesz. « Je n’ai pas une bonne impression de Bruxelles, car il y a des procédures en cours contre la Hongrie, qui, de mon point de vue, ne sont pas correctes et là, je le dis très poliment. La Hongrie est particulièrement attaquée sur la question migratoire », souligne Attila Szarvas, directeur d’une école catholique et ancien maire adjoint du XVIIIème arrondissement de la capitale.

Ancien footballeur professionnel, László Dajka, 65 ans, est sur la même ligne : « Jusqu’à ce que la droite arrive au pouvoir, la gauche disait oui à tout le monde. Je suis très fier qu’on dise enfin non ! Les Hongrois disent non à l'immigration, les Hongrois disent non à tout ce qui n'est pas bon pour eux. Il y a enfin parmi les Hongrois quelqu’un qui ose tenir tête à Bruxelles ! », s’enthousiasme l’ancien milieu de terrain qui a joué à l’Unión Deportiva Las Palmas en Espagne et Yverdon en Suisse.

Immigration, genre, guerreSur la place des Héros à Budapest, des groupes de touristes chinois se prennent en photo. C’est ici qu’en juin 1989, un jeune homme aux cheveux longs prononce un discours qui marque. Viktor Orban, 26 ans, s’élève alors contre la dictature communiste. 35 ans plus tard, le libéral s’est transformé en « illibéral » assumé en conflit régulier avec l’Union européenne, qu’il compare à une « mauvaise parodie contemporaine » de l’Union soviétique.

Ancien conseiller en politique étrangère du Fidesz, numéro 10 sur la liste européenne du parti, Andras Laszlo appelle de ses vœux un « changement à Bruxelles », reprochant à la Commission et à sa présidente « la trahison des valeurs conservatrices », une politique environnementale « trop à gauche », « l’idéologie du genre » et un mauvais Pacte sur la migration et l’asile. « Les sanctions contre la Russie sont un échec énorme qui pèse sur l’économie européenne », regrette le candidat, estimant que « dans chaque crise sa Commission a pris une mauvaise direction ».

Régulièrement rappelée à l’ordre pour ses atteintes à l’État de droit, la Hongrie de Viktor Orban a fait de Bruxelles son principal cheval de bataille. « Lorsqu'une Commission est si hostile à un État membre, il n'est pas surprenant que ce pays critique également beaucoup la Commission. La question de l’État de droit relève davantage d'un débat idéologique et d'un outil dont dispose la Commission européenne pour influencer et modifier le comportement d'un État membre », estime le politologue Agoston Mraz de l’Institut Nézöpont, un cercle de réflexion conservateur.

« Tous les gouvernements conservateurs en Europe, qu'il s'agisse de l'ancien gouvernement polonais ou de l'actuel gouvernement hongrois, sont soumis au chantage politique et financier de Bruxelles parce qu'ils sont conservateurs, et non pour d'autres raisons », avance, pour sa part, Matyas Kohan, éditorialiste pour l’hebdomadaire Mandiner, proche du pouvoir.

Cap à droiteSur les 21 sièges d’eurodéputés hongrois, le Fidesz a de bonnes chances d’en décrocher plus de la moitié à l’issue des élections du 9 juin. Courtisé par les grands partis de l’extrême-droite européenne, qui ont le vent en poupe, comme celui de l’Italienne Giorgia Meloni, il pourrait rejoindre l’un des grands groupes nationalistes au Parlement européen. Une perspective qui n’a pas de quoi réjouir Gergely Toth, qui a décidé de se lancer en politique, lassé de l’omnipotence du Fidesz dans sa ville, au bord du lac Balaton. Candidat de l’opposition à la mairie de Keszthely, 20 000 habitants, il est venu écouter le discours de Peter Magyar, le nouvel opposant numéro un à Viktor Orban, avec lequel il espère pouvoir nouer des alliances dans l’avenir.

« J'ai toujours été très fier d’être Hongrois, mais maintenant, chaque fois que je vais à l'étranger, je dois expliquer que je ne suis pas favorable à notre gouvernement. J’ai honte que nous allions à l'encontre des valeurs européennes et je dis cela bien que ces valeurs de la famille, de l’église, soient aussi très importantes pour moi », explique Gergely Toth, alors que l’étoile montante de la politique hongroise, ancien cadre du Fidesz, signe des autographes, se fait prendre en photo à l’issue de son discours de plus d’une heure, prononcé sans notes.

Peter Magyar, dont le parti Tisza (Respect et liberté) est crédité de plus de 20% d’intentions de vote auprès des électeurs, devrait décrocher plusieurs mandats au Parlement européen, plaide pour une relation « critique mais constructive » avec l’UE. « Nous serions membres à part entière du club, nous rejoindrions immédiatement le parquet européen et notre parti serait membre du PPE. On aurait une relation assez différente de celle qu’entretient le gouvernement Orban », précise-t-il brièvement à RFI, avant de s’engouffrer dans le véhicule qui l’emmène vers la prochaine étape de sa tournée électorale marathon.

Venu assister à la prestation de Peter Magyar, Lajos Heder, compte voter pour Tisza, le 9 juin. Cet ancien membre du Fidesz, qui a rompu il y a longtemps avec le parti du pouvoir sans lui trouver d’alternative crédible, se dit « fâché contre Emmanuel Macron et contre l’UE », dont il regrette qu’ils ne soient pas « plus sévères avec Viktor Orban » qu’ils le « laissent cultiver son amitié avec la Russie. L’UE devrait appliquer des sanctions plus drastiques envers la Hongrie ».

L’UE trop conciliante ?Les dirigeants européens ont-ils été trop conciliants avec Viktor Orban ? Pour Gwendoline Delbos-Corfield, eurodéputée verte et rapporteuse au Parlement européen sur l’État de droit en Hongrie, la réponse est sans équivoque. « Ils auraient pu actionner l’article 7 du Traité de l’Union européenne pour suspendre les droits de vote de Viktor Orban au sein du Conseil européen, mais ils ont manqué de courage, c’est aussi simple que cela ». Et d’évoquer un précédent en matière, celui de Jörg Haïder le dirigeant autrichien d’extrême-droite arrivé au pouvoir en 2000.

« La réaction a été immédiate, instinctive, rappelle l’eurodéputée : tout le monde refuse alors ce qui est considéré comme un dangereux retour en arrière. Aussitôt, les autres dirigeants suspendent les droits de vote de l’Autriche, durant quelques mois, en attendant que la situation se stabilise et que Jörg Haider quitte le pouvoir. Aujourd’hui, on n’a plus cet instinct-là. Nous nous sommes habitués à avoir des gens qui vont vers l’autocratie et qui tiennent des discours de plus en plus d'extrême-droite. Parce que Viktor Orban dit des choses assez terrifiantes sur les droits humains, sur la différence de race ou sur la chrétienté. Et pourtant, il n'est jamais sanctionné ».

Autre voix critique à l’encontre de Viktor Orban au sein du Parlement européen, celle du Finlandais Petri Sarvamaa. Ancien journaliste, élu au Parlement européen depuis 2012, Petri Sarvamaa a une relation particulière avec le Fidesz, car il a siégé pendant des années avec les eurodéputés du parti hongrois, au sein du Parti Populaire Européen, le groupe de centre-droit. Le Fidesz en a fait partie jusqu’à la rupture consommée en 2021.

« Je ne cessais de dire au sein du groupe qu’il y avait un problème avec eux, que le parti ne répondait plus à nos valeurs, en particulier sur le respect de l’État de droit, se souvient l’eurodéputé. À l’époque, quand les choses ont commencé à empirer, j’ai dit à M. Orban durant une réunion de groupe : « si vous ne changez pas, si vous ne revenez pas à nos valeurs, votre place n’est plus parmi nous ».

Entre 2012 et la rupture avec le PPE, Petri Savarmaa observe la dérive progressive des élus du Fidesz vers un discours populiste et hostile à l’Union européenne. « J’ai vraiment eu l’impression à un moment de les voir s’éloigner de nous, avec leurs déclarations nationalistes et tout ce qu’ils disaient sur le fait que la Hongrie n’était pas respectée. Personne ne comprenait ce qu’ils disaient parce que la Hongrie n’était pas certainement pas maltraitée. Au contraire, elle recevait énormément d’argent du contribuable européen ! »

Les partis membres du PPE sont d’autant plus lents à réagir à cette évolution que Viktor Orban a longtemps été perçu comme un démocrate pro-européen. « Il était du bon côté de l’histoire au moment où l’URSS s’est effondrée, rappelle Petri Sarvamaa. Orban au début c’était un héros pour nous, quelqu’un qui s’est battu pour la démocratie ! Je ne sais pas ce qui s’est passé, mais je crois que c’est un politicien très malin qui voulait être sûr de rester au pouvoir. Et sa stratégie a été de faire croire aux Hongrois qu’il fallait les protéger de l'Europe et de son influence néfaste : il a construit méticuleusement un récit et une propagande dont il est devenu le maître absolu. »

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« Ils ont peur de Viktor Orban »Cette stratégie pour conserver à tout prix le pouvoir serait donc à l’origine de la posture hostile à l’UE adoptée depuis des années par Viktor Orban. Mais, les eurodéputés hongrois élus sous la bannière du Fidesz avancent une autre explication : le dirigeant hongrois se bat pour des valeurs traditionnelles et conservatrices qui ont été trahies par l'UE. « Les bureaucrates et les gauchistes de Bruxelles ont peur de Viktor Orban et de sa vision de l'Europe des nations », s’indigne Balazs Hidveghi, députés Fidesz au Parlement européen. « Notre vision, c'est la vision que la majorité des Hongrois soutiennent, et nous pensons que toutes ces attaques ont en fait comme racine une différence d'opinion politique et idéologique ».

Interrogé sur le projet européen de Viktor Orban, l’eurodéputé hongrois assure que celui-ci veut rester au sein de l’UE. « Nous sommes européens et nous sommes fiers de l'être. Mais voilà, nous voulons changer Bruxelles. Nous voulons changer la majorité actuelle au Parlement européen pour élargir la représentation des peuples qui représentent ces valeurs ». Pas de dérive autoritaire en Hongrie aux yeux de Balasz Hidveghi, qui trouve parfaitement justifiée la loi sur la souveraineté nationale adoptée en décembre 2023. « C'est tout à fait le même type de protection légale qu'on voit aux États-Unis, par exemple. Et c'est tout à fait normal. Il faut protéger notre pays contre l'influence politique, idéologique qui vient de l'étranger. »

Protéger la Hongrie de l’influence de l’étranger, l’un des maîtres-mots de Viktor Orban, n’a rien de rassurant pour les ONG et les médias indépendants, confrontés à cette nouvelle loi, qui fait l’objet d’une procédure d'infraction de la part de la Commission européenne et d’une résolution adoptée lors de la dernière session du Parlement européen en avril. Ces initiatives sont saluées par Márta Pardavi, la co-présidente du Comité Helsinki à Budapest : « Il est très important de montrer aux Hongrois et aux autres Européens que ce type de législation n'a pas sa place en Europe, qu’il va à l’encontre des valeurs fondamentales de l'Union et de son système juridique. La Hongrie est une démocratie malade au sein de l'Union européenne et cette maladie a de nombreuses répercussions non seulement pour les Hongrois, pour notre société, mais c'est aussi un problème qui touche assez directement tous les Européens et il est donc juste que l'Europe cherche également des réponses pour résoudre ce problème. »

À Budapest, Direkt 36, un média d’investigation en ligne, a multiplié les révélations dérangeantes sur l’enrichissement des proches du Premier ministre ou sur ses relations avec la Chine ou la Russie. Régulièrement sous pression, la rédaction n’attend rien de bon de cette nouvelle loi. András Pethö, l'un des fondateurs et directeur général de Direkt 36, la voit comme « une nouvelle tentative d'intimidation des organisations de la société civile ou des médias, car, avec sa formulation très vague, elle cible de manière très large toute personne qui accepte des dons, un soutien de l'extérieur de la Hongrie ou qui travaille avec des partenaires étrangers ».

Le journaliste s’inquiète aussi de la nouvelle autorité chargée d’appliquer cette loi, l'Office de protection de la souveraineté, qui « peut travailler en étroite collaboration avec les services secrets et d'autres agences étatiques. Elle a le pouvoir de mener des enquêtes sur des organisations ou des individus. » Et de conclure : « Ce n'est qu'un chapitre de plus des efforts du gouvernement pour réprimer les voix indépendantes mais cela ne rendra certainement pas les choses plus faciles pour nous. »

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Il y avait déjà son âge, la frontière et l’inflation, mais depuis le 7 octobre 2023, Joe Biden a un autre problème. La guerre à Gaza et son soutien à Israël dans sa réponse à l’attaque du Hamas. Traditionnellement, le soutien à Israël ne se discutait pas vraiment aux États-Unis. Mais une partie de la population ne veut plus se taire. Il y a le mouvement étudiant et il y a les Américains arabes et musulmans, qui se font entendre, par la voix et qui entend se faire entendre dans les urnes.

« Les électeurs arabo-musulmans américains et Joe Biden », un Grand reportage de Guillaume Naudin, réalisation : Tiffanie Menta.

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Les Démocrates de Suède, à l’assaut de la forteresse socialisteDans le bastion historique de la social-démocratie en Europe, la Suède, le parti nationaliste anti-immigration est devenu le premier parti de droite. Les Démocrates de Suède ont récolté 21% des voix aux dernières législatives de 2022, et sont ainsi devenus l’incontournable allié parlementaire du gouvernement actuel, une coalition de droite qui menace de tomber sans leur soutien. Plébiscité par les classes populaires et les jeunes, ce parti aux origines néo-nazies, jugé infréquentable il y a seulement une dizaine d’années, est désormais au centre du jeu politique suédois.

Un Grand reportage de Carlotta Morteo qui s'entretient avec Patrick Adam.

Vox,l’extrême droite à l’espagnole qui ne renie pas le franquismeDepuis dix ans, une nouvelle formation politique gravit les échelons en Espagne. Jeune parti d’extrême-droite, VOX est aujourd’hui la troisième force politique du pays et qui compte bien sur le prochain scrutin européen pour peser encore plus à Bruxelles et à Strasbourg avec son groupe ECR, les conservateurs et réformistes européens. Formation souverainiste, nationaliste, anti-immigration et anti féministe, VOX tente de séduire les jeunes électeurs et les sympathisants des conservateurs du Parti Populaire, accentuant encore plus la polarisation dans un pays qui fêtera l’année prochaine (2025) les 50 ans de la fin de la dictature franquiste.

Un Grand reportage de Romain Lemaresquier qui s'entretient avec Patrick Adam.

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Haïti, la vie sous l’emprise des gangsComment survivre en Haïti, un pays vérolé par les groupes armés, qui contrôlent l'essentiel de Port-au-Prince, la capitale, et sèment la terreur au sein d'une population déjà épuisée par des années d'instabilité politique ? Les déplacés racontent la terreur et l'exil, le dénuement et l'abandon d'un État incapable de les protéger, qui laisse les autorités locales en première ligne face au risque de la contagion de la violence.

Un Grand reportage de Vincent Souriau(*) qui s'entretient avec Patrick Adam.

() et Roméo Langlois, Catherine Norris-Trent, Marie-André Bélange, Boris Vichith.*

Réchauffement climatique en Mongolie, le Dzud décime les troupeaux des éleveurs nomadesLes Mongols n’ont pas peur des tsunamis ou des tremblements de terre, mais ils craignent le « Dzud ». Ce phénomène naturel dont la fréquence augmente avec le réchauffement climatique, a tué plus de 6 millions de chèvres, moutons, vaches, chevaux et chameaux dans les steppes ces derniers mois. En cause : le froid extrême et d’importantes chutes de neige cet hiver dans un pays qui, pourtant, se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne.

Un Grand reportage de Stéphane Lagarde qui s'entretient avec Patrick Adam.

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Les Mongols n’ont pas peur des tsunamis ou des tremblements de terre, mais ils craignent le « Dzud ». Ce phénomène naturel dont la fréquence augmente avec le réchauffement climatique, a tué plus de 6 millions de chèvres, moutons, vaches, chevaux et chameaux dans les steppes ces derniers mois. En cause : le froid extrême et d’importantes chutes de neige cet hiver dans un pays qui, pourtant, se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne.

« Réchauffement climatique en Mongolie, le Dzud décime les troupeaux des éleveurs nomades », un Grand reportage de Stéphane Lagarde.

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Depuis dix ans, une nouvelle formation politique gravit les échelons en Espagne. Jeune parti d’extrême-droite, VOX est aujourd’hui la troisième force politique du pays et qui compte bien sur le prochain scrutin européen pour peser encore plus à Bruxelles et à Strasbourg avec son groupe ECR, les conservateurs et réformistes européens. Formation souverainiste, nationaliste, anti-immigration et anti féministe, VOX tente de séduire les jeunes électeurs et les sympathisants des conservateurs du Parti Populaire, accentuant encore plus la polarisation dans un pays qui fêtera l’année prochaine (2025) les 50 ans de la fin de la dictature franquiste.

Nous sommes à Madrid, à quelques mètres du siège du Parti Socialiste espagnol, la fameuse rue Ferraz, proche du Palais de la Moncloa, la résidence officielle du président du gouvernement depuis le retour de la démocratie en Espagne. Plus d’une centaine de personnes, quelques-unes cachées derrière des lunettes noires, des drapeaux espagnols sur les épaules, prient. Certaines sont à genoux. Cette manifestation se tient tous les jours depuis plus de six mois. « Nous prions le Saint Rosaire depuis cent-soixante-douze jours pour la conversion de l'Espagne et du monde entier », explique José Andrés Calderon, l’organisateur de ce rassemblement. « Je crois que nous traversons un très grand processus de sécularisation. Nous l'avons vu en France récemment avec la constitutionnalisation de l'avortement, en tant que droit fondamental. Nous pensons donc que les catholiques doivent descendre dans la rue et défendre le message du Christ pour qu'il soit à nouveau présent dans la société, parmi les gens. »

El Yunque, une secte d’extrême-droite au service de VoxIl s’agit du rassemblement d’une secte connue sous le nom d’El Yunque. Une secte d’extrême-droite, ultra catholique, créée dans les années 1950 au Mexique, qui dénonce le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez et notamment la loi d’amnistie pour les dirigeants indépendantistes catalans. Un mouvement qui infiltre l’État et qui sert les intérêts de Vox, le jeune parti espagnol d’extrême-droite. Les membres d’El Yunque appellent la vierge Marie à sauver l’Espagne et le monde. Une fois les prières terminées, comme tous les jours depuis le mois de novembre, ils lancent des injures à l’encontre du gouvernement tout en bloquant le passage aux voitures qui souhaitent emprunter cette rue. Pourquoi : parce que le gouvernement de Pedro Sanchez a usurpé le pouvoir selon Gema, une élégante quadragénaire mère de deux enfants, qui avoue venir presque tous les jours de la semaine. « Nous sommes contre l'amnistie, contre ce gouvernement qui veut briser l'unité nationale, qui veut aller à l'encontre de la séparation des pouvoirs. Ils sont en train de détruire notre nation pour s'accrocher au pouvoir. C'est pourquoi nous manifestons. »

Alors que nous discutons, deux jeunes Espagnoles passent à côté et traitent les manifestants de fascistes. Ces derniers les insultent. Quelques manifestants les suivent et les invectivent, obligeant la police à intervenir, avant que Gema ne reprenne la discussion. « Pedro Sanchez est en train d’adopter une attitude de plus en plus dictatoriale ». Elle avoue qu’elle aurait préféré un gouvernement de coalition après les élections de juillet 2023, remportées par les conservateurs du Parti populaire. Une coalition avec Vox, qui était arrivé en troisième position avec plus de 12% des voix, derrière le PSOE, le parti socialiste. « Oui, parce que c'est vraiment la seule alternative aujourd'hui. En fin de compte, la base sociale est la même. Vox est apparu lorsque Mariano Rajoy (ancien président du gouvernement espagnol entre 2011 et 2018) était au pouvoir. Il avait pris des engagements qui n'ont pas été tenus. Vox était alors une scission du Parti Populaire original. Il a ensuite généré sa propre base qui s'est dotée d'une structure un peu différente de celle du Parti Populaire, mais la base initiale, la base idéologique est la même, l'électeur est le même. »

Un parti qui ravive la flemme des anciens franquistesEl Yunque a infiltré le pouvoir judiciaire, l’armée, la police, certains secteurs économiques, ainsi que le système éducatif en Espagne. Il s’agît d’un levier supplémentaire qui permet à Vox et aux nostalgiques du franquisme de faire infuser leurs idées, ce qui ravit Antonio Ruiz Hidalgo, un retraité qui a donc vécu la fin de la dictature et qui est venu manifester ce jour-là : « Si seulement on pouvait avoir un nouveau Franco ! », nous lance-t-il avant de préciser que « dès qu’ils auront viré ce mec du palais du gouvernement, je sais qu’on sera de retour à la Moncloa. »

El Yunque et Vox ont fait ressurgir les pires cauchemars chez certains Espagnols, notamment ceux qui ont vécu et souffert pendant la dictature franquiste. C’est le cas de Rafael, électeur socialiste de 68 ans, que nous avons rencontré juste avant ce rassemblement et qui est dépité d’assister à cette résurgence de l’extrême-droite en Espagne : « Des années de ténèbres nous attendent. Il existe un film intitulé « Le retour de la momie ». Et là : c’est exactement ça, le fascisme est de retour ! Il y a beaucoup de gens dans le système judiciaire, dans le système militaire et policier, beaucoup de geeks fascistes qui sont présents sur les réseaux sociaux. Et c'est une occasion qu’ils ne comptent pas manquer. »

VOX et le Parti Populaire : même combat ?À quelques semaines des élections européennes, et alors que Vox est relativement inconnu sur le continent, nous allons essayer d’en savoir plus sur cette formation d’extrême-droite. Créée en 2014 et qui a su en l’espace de dix ans ans s’imposer comme une alternative au Parti populaire pour des électeurs en quête de valeurs plus conservatrices. Des valeurs qui étaient celles du vieux parti conservateur détaille Antonio Sanahuja, politologue, grand spécialiste de l’extrême-droite espagnole et sud-américaine : « D'un point de vue historique, VOX est né d'une tradition de droite radicale en Espagne qui remonte aux années 1930, avant la guerre civile, qui a traversé le régime de Franco et qui était présente au sein du Parti populaire. Maintenant, ce qui déclenche la naissance de Vox en particulier, c'est une sorte de sentiment de menace existentielle pour la nation espagnole avec l'indépendance régionale. Dans d'autres pays européens, c’est plutôt le facteur migratoire qui a été un facteur-clé pour comprendre l'origine et le développement de l'extrême-droite. Il a certes aussi été important en Espagne, mais c’est bien la crainte d'une sécession de l'une des provinces autonomes qui a été primordiale »

Vox, créée il y a dix ans, a réellement décollé dans les enquêtes d’opinion en 2018, après la tentative de sécession des indépendantistes catalans en 2017. En 2019, ce parti obtient un peu plus de 10% des voix lors des élections générales, soit vingt-quatre députés au Parlement. La même année, Vox fait aussi son entrée au Parlement européen avec trois élus. Cette ascension se poursuit quelques mois plus tard avec de nouvelles élections générales en novembre 2019. Cette fois, avec plus de 15% des voix, Vox obtient cinquante-neuf députés. Son discours de plus en plus réactionnaire et révisionniste attire toujours d’avantage d’électeurs, selon José Antonio Sanahuja : « Ils ont une position relativement ambiguë. Mais je crois qu'on peut dire clairement qu'ils sont pro-franquistes. Ils le sont dans leur culture politique et dans leur revendication de la dictature. Et ils assument aussi ce révisionnisme historique de la droite espagnole dans lequel la dictature, le soulèvement militaire de juillet 1936, était un moindre mal face à une supposée révolution communiste qui était en train de se produire. »

VOX, formation révisionnismeUn révisionnisme auquel se prête également le parti Populaire, décidément très proche désormais de l’extrême-droite. Cette façon de remettre en question l’Histoire, Vox l’applique également aux théories et mouvement contemporains, comme le féminisme, très prégnant dans la société espagnole. L’Espagne, qui est très souvent citée en exemple dans le monde suite à l’’adoption dès le début des années 2000 d’une législation spécifique contre les féminicides, assiste pourtant, avec la percée de VOX, à un retour en arrière et ne s’en cache : « Le programme politique de l'ultra-droite est essentiellement antiféministe. » Ana de Blas, qui est porte-parole du mouvement féministe de Madrid qui regroupe de nombreuses associations de lutte pour les droits des femmes, explique son combat quotidien : « Nous sommes un mouvement pour l'égalité et nous sommes un mouvement enraciné dans la défense des femmes, contre la violence, c’est-à-dire la violence machiste qui est exercée spécifiquement contre les femmes et, dans de nombreux cas, contre leurs enfants. L'une des principales préoccupations de cette droite réactionnaire, de cette extrême-droite, est de mettre un terme aux lois spécifiques qui protègent les femmes contre cette violence. Il est évident que nous leur ferons toujours face. »

Vox compte parmi ses élus au niveau local des personnes qui ont été condamnées pour violence de genre ou violence conjugale. Et ce discours antiféministe n’a qu’un but, selon Ana de Blas : « Ce n'est rien d'autre qu'une réaction des milieux sociaux ultra-conservateurs pour défendre leurs privilèges. Et ces privilèges masculins et de classe sont ceux que VOX porte en étendard. C'est une option traditionaliste, ultra-conservatrice en matière sociale et ultra-néolibérale pour leurs affaires. » Si les nostalgiques du franquisme cherchent bien à protéger leurs intérêts, alors pourquoi autant de jeunes, qui n’ont pas connu la dictature, votent en faveur de VOX ? « L’extrême-droite pénètre facilement les plus jeunes par le biais d'Instagram, de Tiktok, de canaux qui ne sont pas les canaux traditionnels. C'est là que l'extrême-droite a pu trouver un moyen d'être influente, aussi parce qu'elle a de l'argent et qu'elle a les outils pour le faire. Comment lutter contre cette propagande ? Vous la combattez avec des faits, vous la combattez en étant efficace et vous la combattez en adoptant des lignes claires et nettes de tolérance zéro à leur égard. »

Une Espagne de plus en plus polarisée et des alliances dangereusesNous sommes le premier mai, fête du Travail et nous rejoignons les rangs des cortèges de syndicats et partis de gauche qui défilent dans les rues de la capitale espagnole. Des milliers de Madrilènes sont présents sous un soleil de printemps. VOX ayant refusé toutes nos demandes d’interviews, ou les ayant annulées au dernier moment (c’est le cas de Javier Buxadé, tête de liste de Vox pour les prochaines élections européennes), tout comme la fondation Disenso, une fondation créée en 2020 qui finance le parti et fait aussi office de groupe de réflexion de VOX, nous nous tournons vers les opposants à cette extrême-droite.

Javier Doz, syndicaliste au sein des Commissions ouvrières, une des plus grandes centrales syndicales du pays, arpente avec ses camardes la Gran Via, l’une des artères principales du centre-ville de Madrid. Il dit ne pas craindre une montée de VOX, mais plutôt du Parti Populaire, un parti qui « dérive vers l'extrême-droite, qui s'approprie une partie de son contenu idéologique, de ses propositions et de sa façon destructrice de faire de la politique. » Une évolution du discours qui met en danger la démocratie espagnole : « Nous voyons ces derniers temps un niveau de polarisation jamais atteint, l’utilisation systématique d’insultes, de la calomnie et le rôle négatif d’une partie de la presse numérique qui diffuse des mensonges, des accusations graves sans fondements. »

Cette polarisation du discours politique, les Espagnols en ont encore été témoins fin avril 2024 lorsque le président du gouvernement Pedro Sanchez a annoncé se donner une période de réflexion de cinq jours pour savoir s’il restait à son poste ou s’il jetait l’éponge. Une annonce qui faisait suite au dépôt d’une plainte par « Manos Limpias », mains propres, une association très proche de VOX et qui a avoué avoir eu recours à la justice sur la base d’informations erronées pour réclamer l’ouverture d’une enquête contre la femme du chef du gouvernement qu’elle accuse de trafic d’influence et de corruption.

Une tentative de déstabilisation du pouvoir qui n’est pas que l’œuvre de VOX, rappelle Javier Doz, mais aussi du Parti populaire qui n’hésite plus à s’allier au niveau local avec l’extrême-droite : « Des accords ont été scellés dans toutes les provinces autonomes, sauf à Madrid, où le Parti Populaire a obtenu la majorité absolue. Les deux partis ont conclu un pacte et les conséquences de ce pacte vont de l'interdiction insidieuse d'événements culturels et d'œuvres théâtrales, à la révision de toutes les règles qui touchent à la discrimination à l'égard des femmes ou à la mémoire historique. Ils s'emparent des aspects culturels qui intéressent VOX pour se faire remarquer, pour que leur façon de gouverner imprime. Et c'est très grave. J'espère qu'après la menace de démission du président du gouvernement, il y aura une réaction de la gauche, et pas seulement du mouvement syndical. Nous devons faire comprendre à une partie des électeurs de droite et de centre-droit, que cette dérive antidémocratique est extrêmement dangereuse et qu'ils ne peuvent pas continuer ainsi. »

L’Europe à la merci des conservateurs et de l’extrême-droiteAprès les élections municipales et régionales de 2023, VOX a fait son entrée dans différents gouvernements régionaux en s’alliant au Parti Populaire. L’extrême-droite dirige aussi désormais une trentaine de petites municipalités. Cette crainte des pactes entre droite traditionnelle et formation d’extrême-droite, fait peur aux électeurs de gauche dans la perspective des élections européennes. Hector, dix-huit ans, participe aux manifestations de ce premier mai, le corps enroulé dans un drapeau espagnol. Il se dit préoccupé par les élections du 9 juin au Parlement européen. « Il me semble bien qu’hier (le mardi 30 avril) Ursula Von der Leyen a déclaré qu'en vue de former une nouvelle Commission européenne après les élections du 9 juin, si les partis de droite et d'extrême-droite obtiennent un bon résultat, ils devront parvenir à un point d'entente. Cela me semble malheureusement plus probable qu'un accord entre les partis de droite et de gauche, ce qui serait pourtant selon moi, la meilleure solution. »

Les craintes d’Hector sont partagées par la plupart des électeurs centristes ou de gauche qui ne comprennent pas comment de jeunes électeurs peuvent se tourner vers VOX. Et pourtant, Angela, vingt et un ans, que nous avions rencontrée avant le début des manifestations de ce premier mai, assume avoir deux fois déjà, déposé un bulletin VOX dans l’urne : « auparavant, j'aurais peut-être été un peu plus tentée de soutenir le Parti populaire, mais parce que je ne connaissais pas encore Vox. Donc, dès que j'ai commencé à lire leur programme, pas seulement sur l'avortement, l'euthanasie, mais surtout la question des femmes, comment ils abordent la question de la violence masculine, la question du féminisme. Le féminisme d'aujourd'hui ne me représente pas. Selon moi : Vox est le parti qui défend le mieux les femmes. Et bien sûr, le fait qu'ils aient l'intention de réduire les impôts, qu'ils ne se battent pas seulement pour les hommes d'affaires, mais aussi pour la classe ouvrière. »

Parti nationaliste, souverainiste, néo libéral, islamophobe, anti féministe : Angela balaie d’un revers de main ces étiquettes collées par les médias selon elle à Vox. Mais les journalistes qui suivent l’extrême-droite en Espagne sont claires :« VOX est un parti d’extrême-droite, révisionniste, xénophobe, islamophobe surtout, suprématiste, autoritaire, ultra-conservateur sur les questions morales et ultra-libéral en matière économique. » Miquel Ramos est un journaliste d’investigation qui enquête sur l’extrême-droite depuis plus de vingt-cinq ans : « J’ai publié plusieurs livres et plusieurs rapports sur la droite radicale en Espagne et depuis que VOX est apparu, c’est l’un des partis que je suis le plus attentivement. »

DiaporamaVOX, une formation à l’image du RN ou du parti républicain américain ?Miquel Ramos a été agressé en 2017 lorsqu’il couvrait un rassemblement de l’extrême-droite à Valence, ce qui ne l’a pas empêché de poursuivre son travail. Le rendez-vous a été fixé dans un endroit discret, en dehors du centre-ville. Ce spécialiste de l’extrême-droite espagnol confirme à quel point il est très difficile pour la presse de travailler sur ce parti : « VOX a décidé d’adopter une position face au média où ce sont eux qui décident quand et avec qui ils parlent. Il est évident qu'ils ont un certain nombre de médias qui partagent leurs idées et sur lesquels ils savent qu'ils peuvent compter pour diffuser ces idées. Ils considèrent le reste des médias comme des ennemis, comme des activistes contre eux. »

Selon lui, VOX s’inscrit dans la droite ligne politique du Rassemblement national en France et des Républicains aux États-Unis : « Ce que fait VOX, alors qu’au niveau mondial les idées de l'extrême-droite commencent à imprégner une grande partie de la population et du débat public, c’est de mettre à l’ordre du jour en Espagne cette bataille culturelle contre les droits de l'homme. VOX reproduit les mêmes discours que Marine Le Pen en France, l'AFD en Allemagne, Donald Trump aux États-Unis ou encore Jair Bolsonaro au Brésil. VOX représente l'image espagnole de cette guerre qui se déroule déjà dans d'autres pays contre les droits et contre la démocratie. Il s'agit d'une droite qui s’affranchit des codes, plus radicale, plus axée sur les questions culturelles, un concept développé par la nouvelle droite française. VOX s'attaque avant tout aux droits des femmes, aux droits des personnes LGTBI, à l'immigration, à la peur d'une prétendue invasion et d'une prétendue conquête musulmane de la péninsule ibérique. Et ce qu'ils font, c'est que derrière ce discours empreint de panique, de sécurité et de perte d'identité, ils approuvent toutes les mesures néolibérales dont la droite a toujours rêvé. »

VOX veut désormais capitaliser et continuer à séduire des électeurs de plus en plus distants des partis traditionnels, même si le virage entrepris à droite par le Parti Populaire rassure les plus conservateurs. Les résultats des élections européennes sont donc très attendus, même si l’Europe n’est pas la priorité de ce parti : « au-delà de la rhétorique, Vox, comme le reste de l'extrême-droite européenne, n’est plus europhobe dans le sens où ils ne sont plus en guerre contre l'Union européenne », détaille Miquel Ramos. « Pourquoi ? Parce qu'ils sont sur le point d'obtenir une large représentation au sein de l’UE, ce qui leur permettra d'utiliser les fonds et les structures que l'Union européenne leur offre pour mettre en œuvre leur programme et leurs politiques. Ils peuvent utiliser une rhétorique anti-européenne pour leur clientèle. Mais fondamentalement, ils vont utiliser toutes les ressources que l'UE leur donne pour mettre en œuvre leur programme. Et aussi pour nourrir leurs groupes, leurs fondations et leurs élus qui en vivent. » Une vision qui a longtemps été celle d’autres formations d’extrême-droite en Europe.

La campagne européenne débute cette semaine en Espagne. Et VOX a très bien compris, à l’image des autres partis du groupe ECR dont il est membre au Parlement européen, le groupe de conservateurs et réformistes européens, que cette année l’extrême-droite pourrait bien devenir une force incontournable dans l’Union européenne et que la future Commission sera bien obligée de lui tendre la main. Reste que contrairement à des formations comme Fratelli d’Italia, le parti de Giorgia Meloni, ou du Fidesz, le parti du président hongrois Viktor Orban, VOX ne bénéficie pas encore du même soutien populaire, même si, en dix ans, cette formation est devenue la troisième force politique du pays.

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Comment survivre en Haïti, un pays vérolé par les groupes armés, qui contrôlent l'essentiel de Port-au-Prince, la capitale, et sèment la terreur au sein d'une population déjà épuisée par des années d'instabilité politique ? Les déplacés racontent la terreur et l'exil, le dénuement et l'abandon d'un État incapable de les protéger, qui laisse les autorités locales en première ligne face au risque de la contagion de la violence.

« Haïti, la vie malgré les gangs », un Grand Reportage de Roméo Langlois, Catherine Norris-Trent, Marie-André Bélange, Boris Vichith et Vincent Souriau. Réalisation : Tiffanie Menta.

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Dans le bastion historique de la social-démocratie en Europe, la Suède, le parti nationaliste anti-immigration est devenu le premier parti de droite. Les Démocrates de Suède ont récolté 21% des voix aux dernières législatives de 2022, et sont ainsi devenus l’incontournable allié parlementaire du gouvernement actuel, une coalition de droite qui menace de tomber sans leur soutien. Plébiscité par les classes populaires et les jeunes, ce parti aux origines néo-nazies, jugé infréquentable il y a seulement une dizaine d’années, est désormais au centre du jeu politique suédois.

C’est en Scanie, dans les plaines fertiles du Sud du pays, que les Démocrates de Suède (SD) ont connu leurs premiers succès, au début des années 1990. Et c’est là, à Trelleborg, une ville portuaire de 45 000 habitants, qu’a été élu le premier maire d’extrême-droite du pays, en avril dernier, après plusieurs années de gouvernance en coalition avec les partis de la droite libérale.

Mattias Andersson, homme jovial de 40 ans à la barbe pointue, aux cheveux laqués en arrière et aux poignets tatoués, est chez lui, dans la bâtisse qui abrite l’Hôtel de ville. « Vous savez… J’étais un jeune socialiste ! » souffle-t-il en souriant. « Je viens d’une vieille famille ouvrière. Mes parents étaient socio-démocrates, mes grands-parents aussi. Mais je ne me retrouvais plus dans les questions qui étaient soulevées. On ne parlait plus des travailleurs suédois, mais des LGBTQ. Et quand ils disaient, “ouvrons les frontières aux immigrés”, ça ne me semblait pas très astucieux. »

Le parti historique affaibli Le discours anti-immigré a fait mouche dans cette région dont le chef-lieu, Malmö, troisième plus grande ville du pays, qui se situe à 30 minutes d’ici, a accueilli un grand nombre de réfugiés. « En 2015, quand il y a eu la crise migratoire et que les frontières suédoises étaient grandes ouvertes, on a vu des milliers de migrants débarquer dans le port de Trelleborg et à Malmö. Les immigrés d’aujourd’hui, les musulmans, ils ne travaillent pas, ils touchent les aides sociales et forment des sociétés parallèles, avec leur propre police de la charia. Cette situation a rapproché les gens de notre parti. Il faut une nouvelle politique. C’est comme ça qu’on a viré les socialistes de leur piédestal. Ils étaient le plus grand parti depuis 99 ans, ils allaient fêter leur centenaire en 2018, et nous voilà ! » se réjouit Mattias Anderson.

À Trelleborg, et en Suède, le parti historique du centre-gauche reste la première force politique avec 30% d’électeurs. Mais il est affaibli. Avec la délocalisation des emplois industriels et l’ascension de SD, le vote ouvrier s’est progressivement détourné du parti social-démocrate. En 2022, un an avant les législatives, la première ministre socialiste, Magdalena Andersson, voyant le vent tourner, a décidé d’adopter un ton très dur sur l’immigration.

Suspicion de « fabrique à trolls »« Trop tard ! Nous ne sommes pas dupes ! » s’écrit Milton Kleimann, jeune homme aux rouflaquettes rousses de 24 ans, qui votera SD aux prochaines élections européennes. « Aujourd’hui, les socialistes et la droite sont tous d’accord avec les politiques migratoires de SD alors qu’ils refusaient de débattre avec eux pendant des décennies » constate-t-il. Comme beaucoup de jeunes de sa génération, cet employé d’une boulangerie locale s’est forgé son opinion sur internet. Très présents sur les réseaux sociaux, les Démocrates de Suède auraient même constitué une « fabrique à trolls » pour « manipuler l’opinion des jeunes électeurs », selon une enquête de l’émission d’investigation Kalla Fakta, parue le 14 mai dernier. Plus de 23 faux profils seraient animés secrètement par l’équipe de communication du SD, qui partagerait ainsi de la désinformation, des vidéos calomnieuses et des clips racistes.

Le leader du parti, Jimmie Åkesson, qualifie ses comptes « d'humoristiques » et estime que ces révélations font partie « d’une gigantesque opération d’influence intérieure de la part de l’establishment de gauche et libéral ». Originaire d’une petite ville côtière à deux heures de route à l’est de Trelleborg, Jimmie Åkesson a pris la direction des Démocrates de Suède en 2005. Il avait alors 26 ans. Aujourd’hui, ce tribun aux lunettes transparentes de 44 ans est crédité pour avoir réussi une stratégie de dédiabolisation du parti. Si l’Islam est toujours érigé comme une menace pour la laïcité suédoise, les éléments néo-nazis et les personnalités trop ouvertement racistes ont été écartés.

La coalition au pouvoir dépendante du SD« Ce sont des opportunistes » tranche Jonathan Leman, chercheur au sein du magazine anti-raciste Expo, qui suit de très près la résurgence des idées d’extrême-droite en Suède. « C'est vrai, les Démocrates de Suède ont mis de l'eau dans leur vin, quand ils en ont eu besoin. Mais maintenant qu’ils ont l’espace politique pour aller plus à droite, ils le font ». Il observe que depuis que l’extrême droite a fait son entrée au Parlement en 2010, avec l'élection de Jimmie Åkesson au poste de député, « les organisations néo-nazies, fascistes et ethno-raciales, trouvent que leurs idées - jugées trop extrémistes - se sont normalisées. Ils disent d'ailleurs qu’ils ont plus de facilités à recruter dans leurs rangs. Pour ces groupuscules, la stratégie c’est d’influencer le SD, pour qu’il se droitise. L'extrême droite radicale les utilise comme un cheval de Troie, puisqu'ils sont désormais fréquentables dans le paysage politique ».

Après les législatives d’automne 2023, la révolution qui grondait est arrivée : le parti des Démocrates de Suède est officiellement devenu le principal allié parlementaire de la coalition de droite, menée par le Premier ministre conservateur Ulf Kristersson. Le gouvernement composé des Modérés, des Chrétiens Démocrates et des Libéraux est donc pieds et poings liés, puisque sans le soutien de l'extrême droite, il n’a pas la majorité.

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Libéraux contre nationalistes, la Pologne est polarisée à la veille des élections européennesAvec les élections européennes du 9 juin 2024, la Pologne aura connu trois scrutins en huit mois. En octobre 2023, le pays a voté pour l’alternance après huit années de pouvoir ultraconservateur du parti Droit et Justice. C’est désormais l’ancien président du Conseil européen Donald Tusk qui occupe le poste de Premier ministre, à la tête d’un gouvernement de coalition centriste. Mais si le PiS n'a pu conserver le pouvoir, il n’en reste pas moins le premier parti du pays. Critiqué pour ses atteintes à l’État de droit, le parti nationaliste et ultraconservateur a laissé un héritage, dont le nouveau pouvoir a du mal à se défaire.

Un Grand reportage d'Anastasia Becchio qui s'entretient avec Patrick Adam.

La colère rurale, carburant du populisme aux Pays-BasSuite de notre série spéciale « Élections européennes : la montée des nationalismes en question ». Aux Pays-Bas, où l’agriculture intensive est la norme, les lois environnementales déclenchent la colère des agriculteurs. Un nouveau parti populiste, le BBB (Mouvement agriculteur-citoyen) prospère sur cette contestation. Mais cette colère dépasse les seules questions écologiques. Elle se nourrit aussi d’un discours anti-élite qui va peser lors des prochaines européennes.

Un Grand reportage de Julien Chavanne qui s'entretient avec Patrick Adam.

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Sang contaminé : quand les traitements tuentIls sont plusieurs dizaines de milliers, au moins 30 000 Britanniques, à avoir reçu du sang contaminé dans les années 70 et 80. Des patients transfusés, avec des poches de sang non testées… Et des hémophiles, traités avec du sang importé des États-Unis qui ont fini par contracter le Sida, des hépatites ou les deux… Ce lundi 20 mai 2024, cinquante ans après les premières contaminations reconnues, une enquête publique doit enfin rendre ses conclusions, très attendues par les survivants.

Un Grand reportage d'Emeline Vin qui s'entretient avec Patrick Adam.

Boxe : 4 ceintures pour un couronnementEn Arabie Saoudite, ce samedi 18 mai 2024, un nouveau roi sera couronné. Un roi de la boxe. Le Britannique Tyson Fury affronte l’Ukrainien Oleksandr Usyk, pour la réunification des quatre ceintures poids lourds. Le gagnant deviendra, comme on dit, le « champion incontesté » de cette catégorie considérée comme la plus prestigieuse. L’enjeu sportif est colossal et les promoteurs promettent « le combat du siècle ».

Un Grand reportage de Marion Cazanove qui s'entretient avec Patrick Adam.

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En Arabie Saoudite, ce samedi 18 mai 2024, un nouveau roi sera couronné. Un roi de la boxe. Le Britannique Tyson Fury affronte l’Ukrainien Oleksandr Usyk, pour la réunification des quatre ceintures poids lourds. Le gagnant deviendra, comme on dit, le « champion incontesté » de cette catégorie considérée comme la plus prestigieuse. L’enjeu sportif est colossal et les promoteurs promettent « le combat du siècle ».

« Boxe, 4 ceintures pour un couronnement », un Grand Reportage de Marion Cazanove.

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Suite de notre série spéciale « Élections européennes : la montée des nationalismes en question ». Aux Pays-Bas, où l’agriculture intensive est la norme, les lois environnementales déclenchent la colère des agriculteurs. Un nouveau parti populiste, le BBB (Mouvement agriculteur-citoyen) prospère sur cette contestation. Mais cette colère dépasse les seules questions écologiques. Elle se nourrit aussi d’un discours anti-élite qui va peser lors des prochaines européennes.

De notre envoyé spécial,

En 2019, la Cour suprême des Pays-Bas a pris une décision contre les rejets d’azote : trop d’agriculture intensive dans le pays, trop d’engrais, trop de bétails et trop de lisier… Le gouvernement a donc essayé de réduire la facture environnementale issue de l’agriculture. Pour Nanda, productrice de lait à Putten à 11 heures de route d’Amsterdam, cette décision revient à signer l’arrêt de mort de nombreux fermiers : « ils ont voulu se débarrasser des agriculteurs, en tout cas de beaucoup d’entre nous… À cause de la nature, pour faire de la place pour construire des maisons… Et maintenant on a vraiment un problème aux Pays-Bas mais aussi dans l’Union européenne parce que les règles, on n’arrive pas à les suivre… On veut le faire mais c’est impossible ! » Nanda et son mari ont participé aux manifestations organisées ces dernières années. Un parti politique est né pendant cette crise.

Le BBB, le mouvement agriculteurs et citoyens. À sa tête, une ancienne journaliste et ex-communicante dans le secteur de la viande : Caroline van der Plas.

« Caroline est très active », salue Nanda devant une immense banderole accrochée dans un de ses hangars. « Elle est vraiment connectée à la réalité. Elle vit dans une maison normale comme le reste des Hollandais. Pas dans un grand manoir ou un truc du genre. C’est ça que j’admire profondément chez elle : elle est comme nous. Et même si c’est une personnalité politique, elle est restée normale. J’aime vraiment ça chez elle. »

Une ascension surpriseLe BBB est sorti de nulle part, il a raflé la mise lors des élections locales de mars 2023 : un raz-de-marée dans l’intégralité des 12 provinces et au Sénat où le parti de Caroline van der Plas est le premier groupe avec 16 élus sur 75.

Une réussite phénoménale qui a pris de court la classe politique et les médias. « Tout le monde a été surpris par leur succès », abonde Frank Hendrikx, journaliste politique, l’une des grandes signatures du Volkskrant, le troisième quotidien du pays, classé à gauche. « Ils ont d’abord réussi à entrer au Parlement avec un siège. Ça nous a étonnés parce que le parti était sous les radars. Mais après bien sûr, on a vu que la cheffe du parti Caroline van der Plas était très compétente, très bonne dans les médias, très appréciée par beaucoup de personnes et par les électeurs. On s’attendait à ce qu’elle ait du succès mais elle a réussi à faire du BBB le plus grand parti des Pays-Bas et ça a surpris tout le monde. »

Le succès du BBB répond aussi à un sentiment de déclassement et anti-élites de la population rurale. « Au début, Caroline van der Plas représentait la communauté des agriculteurs. Mais ensuite, elle a eu une audience beaucoup plus large, plus seulement les agriculteurs, et elle a gagné de plus en plus de sympathisants. Et c’était clair que c’était parmi un électorat profondément déçu par le système politique et par le statu quo à la tête du pays. »

« Ramener du bon sens » à BruxellesNous rencontrons Caroline van der Plas à la Chambre basse du Parlement à La Haye. La patronne du BBB a un objectif clair aux européennes : « On veut ramener du bon sens dans les règlements et les politiques de l’Union européenne. C’est nécessaire quand vous voyez ce qui a été décidé ces dernières années. Les gens veulent voter autre chose, ils en ont marre de toutes les règles et de tous les plans sur l’environnement et la nature. »

Faire plier l’Union européenne, c’est ce que souhaite Wilco Brouwer de Koning. Ce producteur laitier à Heillo, dans le nord-ouest des Pays-Bas, a repris avec son frère la ferme familiale. Il espère que l’irruption du BBB sera « un réveil pour La Haye mais aussi pour toute l’Union européenne. Parce que beaucoup de gens ne sont pas contents des politiciens : trop de blabla et pas assez de vrai travail pour nous aider nous les agriculteurs. Le lien avec les politiciens s’est rompu. »

Réveil brutal pour les partis traditionnelsLe réveil a été brutal pour les partis traditionnels de gauche et de droite, mis sur la touche aux dernières élections. Le PVV du leader d’extrême-droite Geert Wilders est sorti grand vainqueur. Mais il doit composer avec d’autres partis pour former un gouvernement. Et les négociations s’éternisent… Le BBB est aujourd’hui un partenaire du PVV ce qui pousse le chercheur Koen Damhuis à classer Caroline van der Plas dans la catégorie populiste : « Le BBB est ouvertement populiste dans ses manières de caractériser le pouvoir politique en place. Les élites qui sont directement opposées à un peuple présupposé », estime ce maître de conférences en Sciences politiques à l’Université d’Utrecht. « Le BBB reste quand même beaucoup moins dur que le PVV ».

Dans les locaux du grand quotidien Volkskrant à La Haye, Frank Hendrikx est moins nuancé.« C’est un parti populiste », assène le journaliste. « Leur programme est comme un conte de fées, tout est possible. Par exemple, d’un côté ils vont dire qu’ils veulent moins d’immigration mais quelques pages plus loin, on lit qu’ils veulent plus d’immigration pour aider les agriculteurs ou le secteur agricole… Ils veulent baisser les impôts tout en dépensant plus… Ils promettent tout et son contraire, et c’est un point commun à tous les partis populistes. »

La principale intéressée, elle, n’a pas peur de l’étiquette populiste. « Si par populisme, vous voulez dire que vous écoutez les gens en Europe, alors oui nous sommes populistes. Mais quel est le problème d’écouter les gens », s’interroge faussement Caroline van der Plas. « J’aimerais que tous les autres partis fassent de même. Alors le BBB ne serait pas nécessaire. Le problème en Europe et aux Pays-Bas, c’est qu’ils n’écoutent pas les gens et ce dont les gens ont besoin. Nous on a vu leurs besoins, on les a identifiés et on a agi pour y répondre. »

Ambitions modestes au Parlement européenEn pleine négociation pour former un cabinet, le BBB comme le PVV ne s’occupe pas encore publiquement des élections européennes. Pas de campagne, pas de meetings, les partis se contentent des émissions politiques à la télévision.

Le mouvement de Geert Wilders a pourtant beaucoup à gagner en juin 2024. Il pourrait remporter 6 sièges sur les 14 occupés par les Pays-Bas.

Le BBB lui ne peut espérer qu’un seul siège. Mais le parti espère malgré tout peser à Bruxelles et à Strasbourg. « On veut moins de règles pour les entreprises. C’est le principal objectif. On veut que les plans de l’UE soient plus réalistes », nous glisse le députéHenk Vermeer entre deux réunions à la Chambre basse du Parlement. C’est lui qui dirige la campagne européenne du BBB : « Beaucoup de réglementations viennent de l’Europe, donc on doit négocier, on doit avoir de l’influence là où tous les plans sont préparés. »

Risque de normalisation ?Désormais bien installée dans le paysage politique néerlandais, Caroline van der Plas est menacée de normalisation. Au risque de perdre son authenticité dans les couloirs du Parlement à La Haye ?

« Il faut rester vigilant pour que ces partis continuent à défendre les droits des agriculteurs et ne se perdent pas en chemin. C’est un risque », s’inquiète Jos Ubels, un éleveur de vaches destinées aux boucheries, dans le nord du pays. « J’appelle ça le syndrome de Stockholm. Si vous vivez à La Haye, que votre appartement, vos bureaux sont à côté des autres politiques, que vous leur parlez tous les jours, que vous buvez un café avec eux le matin, vous leur dites « bonjour, bonjour ! »… Vous finissez par bien les connaître, vous vivez avec eux alors que ce sont vos adversaires parce que vous défendez d’autres idées. Mais je pense que tous les agriculteurs doivent se lever pour défendre leurs droits. Et que ce soit la Farmers Defence Force ou d’autres groupes, on doit maintenir les politiques sur la bonne voie. »

Jos Ubels est aussi le numéro 2 de la Farmers Defence Force, la force de défense des agriculteurs. Ce collectif a vu le jour en 2019 après l’occupation d’une ferme par des militants écologistes. Pour ce groupe, les agriculteurs doivent se défendre eux-mêmes. Et ils ne veulent faire aucune concession. Ils ont d’ailleurs prévu une grande manifestation à Bruxelles juste avant les élections de juin.

Caroline van der Plas ne craint pas de se perdre au contact des politiques et du pouvoir : « Je suis restée moi-même. Et ça rend la vie plus facile de rester qui on est. »

Avenir incertainÀ Putten, on retrouve Nanda, à côté de ses vaches qu’elle aime traire à la main, plutôt qu’avec un robot. Sa ferme, ses bêtes, son travail, c’est sa passion. Mais l’avenir l’angoisse. La jeune trentenaire ne sait pas si son fils de 3 ans reprendra, un jour, les rênes de la ferme comme elle et son mari : « Pour être honnête, j’espère que non. Je l’aime et parce que je l’aime, je veux le préserver de tout le bordel en ce moment. J’espère qu’il trouvera une autre passion. Mais oui, bien sûr, on aimerait lui léguer notre ferme, mais c’est si difficile et on a tellement de soucis avec notre ferme, tellement de tristesse… », confie Nanda, les larmes aux yeux. « J’espère qu’il fera quelque chose qui le rendra heureux. Si c’est la ferme, ce sera la ferme mais je ne veux pas qu’il ait autant de problèmes que nous maintenant. »

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Ils sont plusieurs dizaines de milliers, au moins 30 000 Britanniques, à avoir reçu du sang contaminé dans les années 70 et 80. Des patients transfusés, avec des poches de sang non testées… Et des hémophiles, traités avec du sang importé des États-Unis qui ont fini par contracter le Sida, des hépatites ou les deux… Ce lundi 20 mai 2024, cinquante ans après les premières contaminations reconnues, une enquête publique doit enfin rendre ses conclusions, très attendues par les survivants.

« Sang contaminé : quand les traitements tuent », un Grand reportage d’Emeline Vin.

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Avec les élections européennes du 9 juin 2024, la Pologne aura connu trois scrutins en huit mois. En octobre 2023, le pays a voté pour l’alternance après huit années de pouvoir ultraconservateur du parti Droit et Justice. C’est désormais l’ancien président du Conseil européen Donald Tusk qui occupe le poste de Premier ministre, à la tête d’un gouvernement de coalition centriste. Mais si le PiS n'a pu conserver le pouvoir, il n’en reste pas moins le premier parti du pays. Critiqué pour ses atteintes à l’État de droit, le parti nationaliste et ultraconservateur a laissé un héritage, dont le nouveau pouvoir a du mal à se défaire.

De notre envoyée spéciale,

Cinq mois après le retour au pouvoir d’une coalition pro-européenne à Varsovie, l’enthousiasme des débuts semble quelque peu retombé. « On vit une grande expérience politique », observe Jaroslaw Kuisz, le rédacteur en chef de Kultura Liberalna, un hebdomadaire en ligne centriste influent. « Le moment que nous vivons, nous offre l’occasion de nous débarrasser du pouvoir populiste qui, comme du lierre, s’est enroulé autour des institutions d’État. Mais, se débarrasser de ces personnes, de leur influence, de la corruption, s’avère très difficile », souligne le politiste, dans son bureau situé en plein cœur de Varsovie, où il analyse les changements en cours dans les institutions polonaises, depuis que le PiS a perdu les élections en octobre 2023 et que le gouvernement de Donald Tusk est entré en fonction deux mois plus tard.

Sur le modèle de la décommunisation, la Pologne libérale a entamé une « dépisacja », une tentative de se libérer de l’emprise du PiS sur le pays et ses institutions et de réparer les dommages causés à l'État de droit. Mais la comparaison avec les événements de 1989 s’arrête là, car contrairement au communisme lors de son effondrement, les idées antilibérales ne sont pas en recul. « L’idéologie des populistes reste très vivante. On n’est pas en présence de vieux communistes qui quittent le pouvoir, mais de gens qui ont envie de se battre pour le regagner et qui restent toujours dans le jeu », affirmeJaroslaw Kuisz.

De fait, les élections régionales du 7 avril ont montré que le PiS restait le premier parti du pays même s’il ne contrôle plus que 7 provinces sur 16 et qu’il n’a réussi à conserver une majorité absolue que dans quatre de ces régions. Le parti de Jarosław Kaczyński se maintient dans de nombreuses communes de l’est du pays. C’est le cas en Podlachie, cette région aux confins orientaux, qui partage sa frontière avec la Biélorussie et la Lituanie.

Employé des forêts domaniales, Rafal Supiński y a été élu conseiller régional. Les résultats des scrutins municipaux et régionaux qui ont vu son parti résister, le rassurent pour la suite, en particulier pour les Européennes : « cela signifie que Droit et Justice a ses électeurs fidèles, et qu’il est même en mesure d’en gagner d’autres. La société de Podlachie est très attachée à ses valeurs traditionnelles. Lui imposer une manière de penser ou de parler, cela provoque des réactions. Nous devons montrer à l'Union européenne qui nous sommes, nous devons afficher nos valeurs traditionnelles et conservatrices », affirme l’élu, aux côtés de son épouse et de la plus jeune de leurs filles, dans sa coquette maison d’un village paisible, entouré de champs et de bois.

Pologne A et BCes dernières années, dans la région, les investissements réalisés à l’aide, notamment, de fonds européens ont été nombreux. C’est le cas dans la commune de Wizna : routes rénovées, bâtiments publics mis aux normes écologiques, terrain de sport, école maternelle, cabinet de physiothérapie. « Les habitants ont commencé à être traités dignement, comme des sujets à respecter », affirme l’ancien maire Mariusz Soliwoda, battu, malgré tout, aux municipales du 21 avril. « Avant le PiS, l’argent n’allait qu’aux grandes agglomérations et alors qu’elles se développaient, les habitants des petits villages étaient oubliés. Ces huit dernières années, nos habitants ont récupéré leur dignité, ils ont été pris en compte ».

La Pologne reste un pays profondément divisé entre une Pologne A à l’ouest de la Vistule, plus aisée, où l’on vote davantage pour les partis progressistes et une Pologne B, à l’est, moins développée économiquement, plus tentée par le Parti Droit et Justice.

Dans le hall d’entrée de la mairie de Jedbawne, de nombreux panneaux détaillent les investissements réalisés grâce aux fonds gouvernementaux et européens. Le mois dernier (avril 2024), le maire Adam Niebrzydowski a été réélu sous l’étiquette du parti Droit et Justice avec 90,51 % des voix. Il faut dire qu’il était le seul candidat. Sur les 15 élus du conseil municipal, 14 sont du PiS.

L’édile reçoit dans son bureau où les drapeaux polonais entourent un grand crucifix. S’il reconnait que l’adhésion à l’Union européenne, il y a 20 ans, a donné une impulsion à la Pologne, il a une dent contre la politique bruxelloise qui « impose d’en haut une politique unificatrice. Si cela peut se comprendre pour certaines choses, dans beaucoup de domaines, il faut que cela reste la prérogative du pays et en particulier pour l’agriculture ». L’édile dit soutenir les récentes manifestations paysannes, y voyant plus que des « mouvements de contestation du monde agricole, ils défendent aussi les intérêts de notre pays et de notre société tout entière ».

Dans la région, Zbigniew Baginski est l’un des organisateurs du mouvement de contestation contre l’afflux de produits agro-alimentaires ukrainiens et contre le Pacte vert européen, qu’il trouve trop exigeant. « Ces règles qu’ils mettent à exécution visent très clairement à liquider l’agriculture dans toute l’Europe, pas uniquement en Pologne », s’insurge ce producteur de lait. « À Bruxelles, ils ont des idées qui vont incroyablement loin, qui s’ingèrent dans notre vie quotidienne. Les parlementaires européens se sont enfermés dans leur petite bulle, ne voient pas les manifestations agricoles, l’agitation sociale dans les rues, des gens qui sont solidaires avec nous, ils s’en moquent ».

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Green dealÀ quelques km de là, au bout d’une route fraîchement rénovée : l’exploitation d’Ireneusz Kossakowski, avec ses vaches qui sortent le museau de l’étable dès que l’agriculteur s’en approche. Lui aussi a manifesté contre le Pacte vert. « Tout fonctionne sur le principe de la grenouille ébouillantée : on ne cesse de la réchauffer et elle ne sait pas à quel moment elle va mourir ». L’éleveur, père de quatre enfants, cultive une trentaine d’hectares de céréales pour nourrir ses vaches laitières. Favorable à l’intégration européenne, il s’insurge contre « l’éco-terrorisme », estimant que « la lutte contre le changement climatique est devenue une religion, une idéologie et c’est précisément pour cette raison que les agriculteurs vont plutôt voter à droite, pour le PiS ou Konfederacja », ajoutant qu’il y verrait un « résultat satisfaisant ».

Les partis d’extrême droite comme le PiS ou la plus confidentielle Konfederacja, encore plus conservatrice sur le plan des valeurs, tentent de capitaliser sur la colère du monde paysan. « Plus les agriculteurs crient fort, plus ils engrangent des points », estime la politologue Renata Mienkowska, qui enseigne à l’Université de Varsovie. « C’est vraiment une excellente option pour les partis populistes comme Droit et Justice et Konfederacja, que l’agriculture reste un sujet brûlant. Ils vont exploiter le thème du Green Deal européen ». Aujourd’hui, la Pologne est le cinquième plus gros bénéficiaire des aides de la Politique agricole commune de l’UE. « Les agriculteurs sont le plus grand groupe bénéficiaire de l’adhésion de la Pologne à l’Union », souligne Renata Mienkowkska, « il y a deux ans, leurs revenus étaient énormes, ils se sont habitués à tout cela », mais l’agression russe de l’Ukraine a changé la donne.

En dépit des critiques formulées par les partisans des partis d’extrême droite, la Pologne reste l’une des sociétés les plus pro-européennes au sein des 27 et l’arrivée au pouvoir d’une coalition centriste avec à sa tête l’ancien président du Conseil européen, Donald Tusk ne fait que renforcer ce sentiment. Après des années de relations tumultueuses avec Varsovie, la Commission européenne a annoncé, le 6 mai 2024, son intention de mettre un terme à la procédure de l’article 7 du traité de l’UE. Cette procédure avait été déclenchée en décembre 2017 en raison d’inquiétudes sur les réformes judiciaires mises en place par le parti Droit et Justice.

Dans son bureau du tribunal d’instance de Varsovie, le juge Piotr Gaciarek a accroché des photos des manifestations pour la défense de l’État de droit, auxquelles il a pris part durant sa suspension. Pour avoir refusé de siéger avec un « néo-juge » nommé par un organe proche du PiS, le magistrat a été mis à pied. Il n’a retrouvé son poste que récemment. « J'ai eu l'impression d'être un chirurgien qui retourne dans une salle d’opération après 2 ans et demi d’interruption. C’était un sentiment mitigé, parce que d’un côté, j’étais heureux de revenir, mais d’un autre côté, je connais l’étendue des dommages infligés au pouvoir judiciaire ».

Le gouvernement du Pis qui a présidé aux destinées du pays ces huit dernières années, a mis la main sur le Conseil de la magistrature, l’instance qui donne aux juges leur affectation. Plus de deux mille juges entrés en fonctions depuis 2015 ont été nommés par cet organe réformé de façon inconstitutionnelle. Le PiS a profondément transformé l’institution judiciaire et a créé des postes destinés à sauvegarder les intérêts du parti en cas de perte du pouvoir. La tâche du nouveau ministre de la Justice Adam Bodnar est immense : « il essaie de faire ce qu'il peut, en tentant d'écarter les présidents de tribunaux nommés par l’ancien pouvoir et qui n’ont aucune autorité parmi les juges. La situation est délicate, tant sur le plan juridique que politique, parce que nous avons un chef de l’État qui, au lieu de faire respecter la Constitution, a soutenu le gouvernement précédent qui l’a violée, de façon à subordonner le pouvoir judiciaire au politique », soupire le magistrat.

« Pas de liberté pour les ennemis de la liberté »Autre symbole de la contestation contre la réforme de la justice, ce qui lui a aussi valu des poursuites et deux ans de suspension, le juge Igor Tuleya a été réintégré dès 2022, au moment où le précédent gouvernement de Mateusz Morawiecki négociait avec Bruxelles les fonds de relance de l’Union européenne. Il estime qu’il faudra du temps, peut-être une génération, pour rétablir la confiance envers l’institution judiciaire : « les gens du PiS au sein de l’appareil judiciaire se sont enterrés comme Hitler à Stalingrad. Ils ont bétonné le système, ils ont créé des règles, qui rendent difficile leur licenciement aux postes qu’ils occupent et le rétablissement de l’État de droit ».

D’autant que le PiS garde un précieux allié au sein du pouvoir, le président ultraconservateur Andrzej Duda, qui, par son droit de veto peut faire obstruction aux tentatives de réformes du gouvernement de Donald Tusk. Son mandat s’achève en 2025. « Même si l’on comprend que ces lois n’ont aucune chance d’aboutir, parce que le chef de l’État y mettra son veto, il est nécessaire de lancer le processus législatif et d’avoir ce débat », affirme le juge Gaciarek. Son homologue du tribunal d’instance de Varsovie abonde : « le rétablissement de l’État de droit par le professeur Bodnar ne va pas à un rythme effréné, mais c’est dû au fait qu’il veut rester dans un cadre légal. On peut discuter de ce bien fondé », avance Igor Tuleya, citant Saint Just : « pas de liberté pour les ennemis de la liberté ».

« Le parti PiS a laissé derrière lui un terrain juridiquement miné », obligeant le nouveau pouvoir à se lancer dans un « bricolage juridico-politique controversé », constate Jaroslaw Kuisz. Le remplacement sans ménagement des présidents des conseils d’administration de la télévision, des radios publiques, de l’agence de presse polonaise, et l’arrêt subit de la diffusion, en décembre 2023, ont donné lieu à des critiques y compris parmi les partisans du gouvernement de coalition et poussé les partisans du PiS à occuper temporairement le siège de la télévision publique.

Quelques mois après ces événements, de nouvelles têtes officient désormais dans les studios de TVP. Licencié de la radio publique à l’époque où le parti Droit et Justice était au pouvoir, Ernest Zozuń présente, depuis le début de l’année, une nouvelle émission de politique étrangère « Oko na Świat », un œil sur le monde. Ce quinquagénaire qui a été correspondant de guerre en Afghanistan, en Yougoslavie, en Tchétchénie et en Irak, se réjouit des changements opérés au sein des médias publics : « lorsqu’on allume la télévision, sur les chaînes d’informations il n’y a plus de propagande. L’information est objective et professionnelle ».

À l’heure du journal télévisé du soir, sur TVP info, large sourire aux lèvres, Jarosław Kret, « monsieur Météo », attend son tour pour entrer en plateau. Lui aussi a été banni des médias publics durant les années PiS. « La démocratie a gagné et me voilà de retour », lance le sexagénaire d’un air triomphal. « J’attendais impatiemment de revenir à la maison. Je suis un pur Européen. Et je n’étais pas considéré comme l’un des leurs. C’est étrange, cela m’a rappelé la période communiste. Ils ont sali le nom de cette télévision et maintenant nous la nettoyons. Ma mission à moi, c’est d’éduquer les gens qui me regardent derrière l’écran, de leur ouvrir l’esprit et non pas de leur faire un lavage de cerveau comme c’était le cas avant ».

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AfD, pourquoi l’extrême droite progresse en AllemagneDeuxième volet de notre série spéciale « Élections européennes : la montée des nationalismes en question ». Contrairement à d’autres pays européens, l’Allemagne a longtemps été épargnée par le populisme de droite. Cela a changé avec le parti AfD, l’Alternative pour l’Allemagne. Il pourrait devenir la deuxième force politique lors des élections européennes. Fondée, il y a 11 ans, cette formation classée « d’extrême droite avérée » par plusieurs gouvernements régionaux, ne cesse de gagner du terrain. Et cela malgré les scandales qui ont touché le parti, des procès pour incitation à la haine aux accusations récentes d’espionnage.

Un Grand reportage d'Achim Lippold qui s'entretient avec Patrick Adam.

Giorgia Meloni, les ambitions européennes de l’extrême droite italiennePremier volet de notre série spéciale : « Élections européennes : la montée des nationalismes en question ». En Italie, cela fait un an et demi qu'elle est au pouvoir et elle va affronter le 9 juin prochain, avec les élections européennes, son premier grand test électoral. Forte du soutien de sa base, confortée par le succès de sa stratégie de normalisation, Giorgia Meloni veut servir de référence à l'extrême-droite européenne et espère, à l’issue de ce scrutin, peser le plus possible sur les choix politiques de l'Union européenne.

Un Grand reportage de Daniel Vallot qui s'entretient avec Patrick Adam.

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Cameroun : les échos de la crise anglophone dans la région francophone de l’OuestNous sommes dans l’ouest du Cameroun, une région francophone qui, depuis 4 ans, subit des attaques attribuées aux séparatistes anglophones. Bilan de la dernière attaque : neuf morts et une dizaine de personnes enlevées. C’était à Bamenyam, un petit village enclavé dans l’arrondissement de Galim. Désormais, les populations des villages de l'ouest du Cameroun, limitrophes avec les régions anglophones, apprennent à vivre avec ce risque d'incursion.

Un Grand reportage de Richard Onanena qui s'entretient avec Patrick Adam.

L’Odyssée de la flamme d’Olympie à MarseilleElle annonce la tenue prochaine de chaque JO et veut transmettre un message de paix et d'amitié aux peuples, à travers les dizaines des milliers de relayeurs et relayeuses qui la portent. Jusqu'à la cérémonie d'ouverture le 26 juillet 2024, la flamme des JO de Paris 2024 va sillonner la France métropolitaine et l'outre-mer, en partant de Marseille, où elle arrive par bateau ce 8 mai après avoir été allumée en Grèce, berceau des Jeux de l'Antiquité.

Un Grand reportage de Christophe Diremszian qui s'entretient avec Patrick Adam.

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Les bisons américains ont failli disparaître à la fin du XIXè siècle, et avec eux tout un pan de la culture autochtone du continent. Au Canada, ce lourd passé colonial est désormais un véritable moteur pour la réintroduction des bisons, entre réconciliation culturelle, écologique et économique, pour les descendants des colonisateurs et des peuples autochtones.

Dans les vastes plaines jaunies du sud de l'Alberta balayées par le vent, le bâtiment du centre d'interprétation de Head-Smashed-In est parfaitement intégré dans l'une des falaises des plateaux situés au pied des montagnes des Rocheuses.

Quinton Crowshoe, membre de la communauté des Piikani, est guide à Head-Smashed-In, site inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco : c'est là, du haut de cette falaise, que ses ancêtres chassaient le bison. Rassemblés dans un bassin, les bisons étaient attirés jusqu'au bord des falaises au soleil levant. Éblouis et effrayés par des Piikanis, ils se précipitaient dans le vide. Au pied de la falaise, les autres membres de la communauté les achevaient, puis utilisaient l'intégralité des carcasses pour survivre au rude hiver du continent.

Le centre de Head-Samshed-In reçoit chaque année plus de 80 000 visiteurs. Pour Quinton, perpétuer cet héritage, c'est aussi reconnaître l'importance des bisons pour les écosystèmes des Grandes Plaines. « Lorsque le Créateur a créé les bisons, il a conçu leurs sabots de manière à ce que, lorsqu'ils se déplacent, ils aèrent naturellement le sol. Ils nourrissent le sol une fois qu'ils ont mangé toute l'herbe, puis se déplacent vers leur prochaine zone de pâturage. Ils laissent derrière eux une formidable fertilisation », explique le petit-fils de Joe Crowshoe Senior, qui a participé à la création de ce centre d'interprétation.

Un allié écologiqueLes peuples autochtones connaissent depuis toujours le potentiel écologique du bison, mais il a fallu qu'il manque de disparaître pour que les Blancs réalisent l'importance de leur rôle. Les bisons ont été presque annihilés pour leur cuir, utilisé dans les courroies des machines lors de la révolution industrielle en Europe, et pour chasser les peuples autochtones des plaines que les animaux avaient fertilisées. À la fin du XIXè siècle, il n'en restait plus qu'une poignée, contre des dizaines de millions un siècle plus tôt.

Dans le nord de l'Alberta, près du parc national de l'Île aux Élans, Wes Olson, ancien employé de Parc Canada et spécialiste du bison, a établi sa résidence. « Les bisons sont des espèces-clé, et lorsqu'ils ont été retirés des grandes plaines d'Amérique du Nord ou de tout autre endroit où ils vivaient, ces écosystèmes se sont généralement effondrés », explique le passionné. Wes Olson a participé à la réintroduction des bisons dans le parc national canadien de Banff, en 2017, aux côtés de Dillon Watt, toujours employé là-bas.

Casquette visée sur la tête, le travailleur de Parc Canada explique : « Aujourd'hui, il y a un peu plus de cent bisons dans le parc national de Banff. Nous avons commencé avec 16 animaux en 2017. On peut parler d'une réussite, même si beaucoup de choses restent à accomplir, notamment pour faire cohabiter l'homme et l'animal sauvage ».Aujourd'hui, le bison n'est plus une espèce en danger. Rien qu'au Canada, on compte plus de 12 000 bisons des plaines et des bois en liberté, et près de 150 000 bisons d'élevage.

Une économie écologique ?Dans un café de Calgary, la ville la plus peuplée de l'Alberta, le rendez-vous est pris avec Kelly Long. À la tête de l'entreprise Noble Premium Bison, la femme d'affaires exporte de la viande de bison jusqu'en Europe. Pour Kelly, cultiver le bison permet de promouvoir un élevage plus responsable : en moyenne un producteur canadien détient seulement 150 têtes dans sa harde. « Nous ne pratiquons pas d'insémination artificielle et nous ne donnons pas d'hormones de croissance. La façon dont nous élevons les animaux ajoute de la valeur à la terre, aide l'environnement, aide le sol, aide à séquestrer le carbone, aide le bassin versant, aide la diversité des plantes ».

George Briggs est éleveur de bisons depuis une trentaine d'années dans le centre de l'Alberta. Il a une harde qu'il ne touche pas, et des veaux qu'il envoie à la boucherie tous les dix-huit mois. Dans ses champs, une centaine d'animaux profitent d'un terrain de 250 hectares. Le mâle est gigantesque et sa fourrure est encore épaisse de l'hiver. Son garrot atteint la fenêtre de son pickup pourtant bien américain.

Pour George, le bison est clairement un allié écologique. « Avant, ce champ était un champ de culture intensive. Quand je l'ai acheté pour y mettre des bisons, le voisinage m'a pris pour un fou. Aujourd'hui, le champ respire, la terre est noire, les oiseaux sont revenus et j'ai pu y planter des arbres », explique l'éleveur, qui habite juste à côté de son champ. Élever le bison, c'est aussi faire sa part pour compenser la lourde responsabilité des Canadiens blancs dans sa disparition. « Ils essayaient de forcer les Premières Nations à se déplacer plus loin. Sans ces quelques personnes qui ont capturé ces animaux pour les placer dans des parcs, nous n'aurions probablement plus de bisons aujourd'hui, n'est-ce pas ? », soupire le rancher.

Il y a dix ans, un traité pour les bisons a été signé entre différentes Premières Nations pour encourager leurs réintroductions dans les Plaines. Les réserves autochtones sont de plus en plus nombreuses à en accueillir, même si la mer de bison décrite par leurs ancêtres dans les Grandes Plaines risque de ne jamais revenir.

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Nous sommes dans l’ouest du Cameroun, une région francophone qui, depuis 4 ans, subit des attaques attribuées aux séparatistes anglophones. Bilan de la dernière attaque : neuf morts et une dizaine de personnes enlevées. C’était à Bamenyam, un petit village enclavé dans l’arrondissement de Galim. Désormais, les populations des villages de l'ouest du Cameroun, limitrophe avec les régions anglophones, apprennent à vivre avec ce risque d'incursion.

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Elle annonce la tenue prochaine de chaque JO et veut transmettre un message de paix et d'amitié aux peuples, à travers les dizaines des milliers de relayeurs et relayeuses qui la portent. Jusqu'à la cérémonie d'ouverture le 26 juillet 2024, la flamme des JO de Paris 2024 va sillonner la France métropolitaine et l'outre-mer, en partant de Marseille, où elle arrive par bateau ce 8 mai après avoir été allumée en Grèce, berceau des Jeux de l'Antiquité.

« Paris 2024, l'odyssée de la flamme d'Olympie à Marseille », un Grand Reportage de Christophe Diremszian.

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Deuxième volet de notre série spéciale « Élections européennes : la montée des nationalismes en question ». Contrairement à d’autres pays européens, l’Allemagne a longtemps été épargnée par le populisme de droite. Cela a changé avec le parti AfD, l’Alternative pour l’Allemagne. Il pourrait devenir la deuxième force politique lors des élections européennes. Fondée il y a 11 ans, cette formation classée « d’extrême droite avérée » par plusieurs gouvernements régionaux, ne cesse de gagner du terrain. Et cela malgré les scandales qui ont touché le parti, des procès pour incitation à la haine aux accusations récentes d’espionnage.

Nous sommes sur le marché d’Oberursel, une ville dans la banlieue aisée de Francfort. C’est le début de la campagne électorale pour les Européennes. Les partis politiques ont installé leurs stands. Celui de l’AfD se trouve à côté d’un manège pour enfants. Peter Lutz de la section locale du parti distribue des brochures avec le slogan : « Pour une remigration légale au lieu d’une immigration illégale ». Il faut savoir qu’en Allemagne, le terme « remigration » fait polémique depuis quelques mois. En novembre dernier (2023), une réunion secrète révélée par la presse avait eu lieu à Potsdam, avec des néonazis et des cadres de l’AfD. L’objectif : discuter d’un « plan remigration », soit l’expulsion de millions d’étrangers et de personnes considéréees comme « non assimilées ». Cette réunion a provoqué un tollé mais n’a pas porté préjudice à l’AfD, explique Paul Beuter, un autre cadre du parti à Oberursel : « De plus en plus de gens se rendent compte que leurs préoccupations sont ignorées par les partis traditionnels. Ça commence par la politique d’immigration qui va au-delà de ce que ce pays peut supporter. »

Paul Beuter cite l’exemple de sa ville d’Oberursel qui a dû construire deux nouveaux centres d’accueil de réfugiés, pour un total de 550 personnes. Et en plus, trois nouveaux postes à la mairie pour gérer ce dossier. Selon Peter Lutz, « on a laissé entrer trop de migrants en Allemagne. Tous ceux qui n’ont plus le droit de rester, qui viennent des pays sûrs ou qui devraient être reconduits, doivent partir. »

En Hesse, l’AfD attire les cadres moyensL’AfD a été fondée ici à Oberursel, il y a onze ans, par une vingtaine de personnes, notamment des professeurs d’université et des intellectuels de droite. Parmi eux, Konrad Adam, ancien journaliste au quotidien conservateur et libéral Frankfurter Allgemeine Zeitung. Aujourd’hui âgé de 82 ans, il rappelle l’objectif de départ : « relancer la démocratie ». Déçus à l’époque de voir tous les partis « aller dans la même direction », les fondateurs de l’AfD voulaient créer un parti d’opposition national-conservateur pour « permettre aux citoyens d’avoir le choix lorsqu’ils se rendent aux urnes ». Mais pour Konrad Adam, le parti a pris un virage trop extrême. En 2020, il claque la porte de l’AfD, au moment de ses premiers succès électoraux.

En Hesse, l’une des régions les plus riches du pays, l’AfD est devenue la deuxième force politique, après le parti conservateur de la CDU. Parmi ses bastions, la Wetterau, une région rurale à une heure de route de Francfort. À Schotten, jolie bourgade avec ses maisons à colombages, Thomas est en train de charger ses courses sur un pick-up. Oui, cela fait des années qu’il vote pour l’AfD, explique ce sexagénaire. Et tous ses amis font pareil. Selon cet agent administratif, cadre moyen dans le service du ramassage des ordures, le pays va dans la mauvaise direction. Il refuse la politique « va-t-en guerre avec la Russie », pense que Moscou et Kiev devraient « gérer leurs problèmes entre eux ». Il est parti de Francfort où il a vécu 40 ans : « Il y avait trop de bars à chicha, je n’entendais plus ma langue. » Financièrement, explique-t-il, ça va, il s’en sort bien. Mais il a toutefois peur du déclassement social, une fois devenu retraité. « J’espère que vous n’allez pas déformer mes propos comme le fait souvent la presse », lance-t-il, à la fin de la conversation.

« Je voterai pour protéger la démocratie »Pourquoi un tiers des électeurs de cette région ont-ils voté pour l’AfD ? Difficile à comprendre pour cet agriculteur bio qui nous accueille dans sa ferme mais préfère rester anonyme. Voici tout ce qu’il sait : de plus en plus de personnes autour de lui, des clients, des fournisseurs, des ouvriers, des mécaniciens ou des collègues, sont attirés par l’AfD. Et cela lui pèse. « Avant, il n’y avait dans le coin que quelques types du NPD [Parti national-démocrate d’Allemagne, rebaptisé La Patrie, formation néonazie, NDRL]. On pouvait les ignorer. Mais avec les électeurs de l’AfD, toujours plus nombreux, ce n’est pas possible, surtout lorsqu’on est un entrepreneur comme moi. » Ce père de 6 enfants assure qu’il ira voter aux Européennes, car il faut « protéger notre système démocratique ».

Tensions en hausse entre pro et anti-AfDEn Saxe, le parti populiste est le grand favori lors des élections régionales en septembre prochain (2024). Ce qui n’est pas sans conséquences sur l’ambiance dans cette région de l’Allemagne de l’Est. La tension entre sympathisants et opposants de l’AfD est particulièrement tangible à Bautzen, ville médiévale de caractère près de la frontière tchèque. Soutenu par le parti d’extrême droite, des centaines de manifestants défilent tous les lundis à travers la ville.

C’est une procession étrange et menaçante qui inonde les rues pour converger vers la place centrale. Des jeunes néonazis côtoient parfois des membres du Black Block venus de Dresde, mais aussi de plus en plus de partisans de la Russie, sans oublier ceux qui forment la tête du cortège, portant des grandes croix blanches, pour dénoncer la politique sanitaire lors de la pandémie du Covid. Les orateurs et oratrices qui se succèdent à la tribune dénoncent pêle-mêle la politique allemande de soutien à l’Ukraine, un manque de liberté en général, l’Union européenne et l’éducation sexuelle dans les écoles.

« Pourquoi ils gagnent deux fois plus à l’Ouest qu’à l’Est ? »Un homme arbore fièrement le drapeau du premier empire allemand. Cela fait « plus de trois ans et plus de 160 fois », qu’il vient ici à Bautzen, toutes les semaines. Électeur fervent de l’AfD, il dénonce la précarité des retraités en Allemagne de l’Est. « J’ai travaillé pendant 43 ans sur des chantiers et je reçois moins de 1000 euros par mois. Et tous ceux qui viennent ici, ces migrants, ils s’en sortent mieux que moi. J’ai cinq petits-enfants mais je n’ai pas d’argent pour leur faire des cadeaux. Alors ils me demandent : « Mais grand-père, tu n’as pas travaillé ? - Ben si, je leur réponds, mais je me suis fait avoir ! » Son ami, lui aussi un sympathisant de l’AfD, regrette que le salaire à l’Est soit toujours inférieur à celui à l’Ouest. « Il y a 10 ans, j’ai travaillé à l’aéroport de Francfort-sur-le-Main, j’ai gagné plus de 2000 euros. Quand je suis retourné ici, après avoir rencontré quelqu’un, j’ai touché 1000 euros de moins. Ça me rend dingue : pourquoi ces différences ? Pourquoi il ne peut pas y avoir une seule Allemagne ? »

Ces manifestations d’extrême droite ont créé un climat pesant dans la ville, confie la directrice de « Willkommen in Bautzen » (Bienvenu à Bautzen), une association locale qui milite pour une ville ouverte et tolérante.

« Je ne sors plus le lundi soir et ne prends plus de rendez-vous chez le médecin », témoigne une autre habitante. Thilo Jung, un jeune responsable du parti de gauche Die Linke, acquiesce : « Une ambiance d’extrême droite s’est installée à Bautzen. Lorsque je me rends ici, je réfléchis à deux fois quel T-Shirt je mets pour ne pas provoquer de réactions violentes. »

Afin de ne pas laisser l’espace public à l’extrême droite, plusieurs associations de Bautzen ont créé un festival, le « Happy Monday ». Tous les lundis, des évènements culturels permettent aux habitants de sortir à nouveau « avec un sourire », comme le souligne une des organisatrices. Cette initiative déplait fortement aux milieux extrémistes de la ville qui envoient des jeunes néonazis « patrouiller » autour des concerts et autres spectacles, sous l’œil d’une dizaine de policiers qui font en sorte que le Happy Monday ne tourne pas au drame.

En images

Comment combattre l’AfD ?Réagir face à la montée de l’extrême droite peut prendre des formes différentes. La professeure d’histoire Katja Gerhardi a décidé de rejoindre la section locale du parti conservateur CDU de Bautzen, dont elle est devenue la présidente. « Quand j’entends les propos de l’AfD, explique-t-elle, et que je vois les groupuscules qui gravitent autour de ce parti, par exemple ici à Bautzen, j’ai très peur. Ce n’est pas un parti démocratique. Moi je suis profondément démocrate et je veux que notre démocratie continue à exister. Je veux aussi que mes trois fils continuent à vivre dans une démocratie ».

Comment ignorer un parti désormais solidement enraciné à l’échelon local ? N’en déplaise aux dirigeants de la CDU qui mettent en garde contre des collaborations avec l’AfD, la réalité ne laisse souvent guère de choix, selon Katja Gerhardi. « Je vous donne un exemple concret : l’AfD a présenté un projet qui visait l’installation d’un abribus pour protéger les enfants de la pluie. Moi, en tant que membre de la CDU, j’ai évidemment soutenu le projet. Je n’aurais jamais pu dire : « Ah non, je vote contre parce que ça vient de l’AfD et tant pis si les enfants attendent sous la pluie ! »

Ces débats pour savoir s’il faut ou non collaborer avec une formation que le gouvernement de la Saxe a qualifiée « d’extrême droite avérée » ne semblent pas impressionner l’électeur. Lui continue à cocher sa croix dans la case de l’AfD sur son bulletin de vote. Comme à Pirna, près de Dresde, où pour la première fois en Allemagne, le parti a conquis la mairie d’une grande ville. Tim Lochner a pris ses fonctions il y a tout juste deux mois et il est visiblement fier d’avoir fait la Une de la presse internationale.

« Que l’AfD fasse mouche notamment ici à l’Est est lié à une partie de la population, qui a vécu la chute du Mur, explique le maire. Ceux qui ont connu la RDA sont plus sensibles à ce que disent les médias publics. Ils se souviennent qu’à cette époque les médias officiels se sont bien moqués des citoyens. Donc aujourd’hui, si vous êtes un homme politique et que vous expliquez à un ancien citoyen de la RDA dans le journal d’information comment il doit se laver les mains pendant la pandémie du Covid, il décroche. »

Pour Tim Lochner, la politique du gouvernement comme le soutien aux grandes entreprises en difficulté rappellent le socialisme qu’il avait pensé avoir laissé derrière lui. « Quelle liberté a-t-on aujourd’hui encore ?, s’exclame-t-il. Vous pouvez vivre dans la plus belle démocratie du monde mais si vous n’avez pas d’argent, vous êtes limités dans vos mouvements ». Que ferait donc l’AfD pour aider les gens avec des revenus modestes ? « Si jamais l’AfD arrivait au pouvoir, il n’y aurait plus de taxe sur les émissions de CO2 », répond Tim Lochner qui se targue aussi d’avoir mis fin, dans une de ses premières décisions en tant que maire, à un projet de pistes cyclables dans les deux sens. « Cela aurait gêné les voitures. »

L’AfD aspire à prendre le pouvoir en SaxeAprès Pirna, la Saxe entière ? C’est le rêve de Jörg Urban, tête de liste de l’AfD pour l’élection régionale en septembre. Il pourrait obtenir plus de 30 % des voix mais il aura du mal à former une coalition pour gouverner. Proche de l’aile nationale-patriote du parti, il nie toute dérive extrémiste : « Pour moi, l’AfD est un parti du centre, nous ne défendons pas de positions radicales. Ce sont des légendes. » Selon Urban, ce sont les autres partis qui commencent à adopter les positions de l’AfD, notamment sur l’immigration.

La percée électorale de l’AfD est-elle irrésistible ? Difficile à dire aujourd’hui. Mais les migrants, eux, craignent déjà une victoire plus large. Sabri Assi est un jeune Kurde de Syrie qui vit depuis sept ans en Saxe. C’est en Allemagne qu’il a appris à lire et à écrire. Avec son certificat de fin d’études secondaires, il espère trouver une formation et aimerait bien rester dans le pays. L’AfD lui fait un peu peur : « Tant que je travaille bien et que je ne fais pas de bêtises, que je me comporte bien, alors ils ne peuvent pas m’expulser. » Le discours de l’AfD lui rappelle celui des Nazis contre les Juifs : « Ce sont toujours les étrangers qui sont pointés du doigt. »

Un étudiant en droit pakistanais rencontré à l’Université de Dresde confie : « je suis venu avec une haute opinion des Allemands, j’ai lu Nietzsche et Marx. L’avantage des pays européens, c’est que ce sont des sociétés ouvertes. Les gens sont guidés par la raison et la logique. Si à présent, un état d’esprit conservateur rétrograde se répand dans ces pays, ce serait très dangereux. Nous avons vu ce que cela donne chez nous. »

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Au Soudan du Sud, les ravages du mystérieux syndrome du hochement de têteLe syndrome du hochement de tête touche les enfants à partir de trois ans. La maladie débute par des épisodes de hochement de la tête accompagnés de perte de connaissance. En l’absence de prise en charge médicale, les symptômes s’aggravent au fil des mois : crises d’épilepsie, retards de croissance, handicap mental... La Tanzanie, le Cameroun, la RDC ou encore la République Centrafricaine sont touchés. Mais c’est au Soudan du Sud que les cas sont les plus nombreux, on en dénombre au moins 6 000 dans la région d’Equatoria-Occidental.

Un Grand reportage de Florence Miettaux qui s'entretient avec Patrick Adam.

En Amérique du Nord, le retour vital du bison dans les Grandes Plaines Les bisons américains, aussi appelés buffalos, ont failli disparaître à la fin du XIXè siècle et avec eux tout un pan de la culture de Quinton Crowshoe, membre de la communauté Piikani, une Première nation de l'ouest du Canada.

Ce lourd passé colonial est désormais un véritable moteur pour la réintroduction des bisons, entre réconciliation culturelle, écologique et économique, pour les descendants des colonisateurs et des peuples autochtones.

Un Grand reportage de Léopold Picot qui s'entretient avec Patrick Adam.

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Santé mentale des jeunes, les difficultés de la prise en chargeC’est devenu un fait de société, en France, ailleurs aussi. Les jeunes vont mal, la santé mentale se dégrade avec notamment des dépressions de plus en plus tôt. Et la crise sanitaire liée au Covid a tout accéléré. Dans le nord de la France, les passages aux urgences pour gestes et idées suicidaires, les consultations pour troubles anxieux et angoisses ont augmenté chez les 10 ans et plus.

En 2021, les tentatives de suicides chez les jeunes étaient même 4 fois supérieures à la moyenne nationale. Une dégradation de la santé mentale qui se heurte à une dégradation du secteur psychiatrique en crise depuis plusieurs années.

Un Grand reportage de Lise Verbeke qui s'entretient avec Patrick Adam.

Le supplice des migrants subsahariens en TunisieC’était l’an dernier (2023), le président tunisien s’en prenait aux migrants, établis ou de passage en Tunisie. Des propos qui avaient été suivis de semaines de violences anti-Noirs qui ont culminé, durant l'été 2023, avec des migrants déportés par centaines vers des zones désertiques ou vers les frontières avec l’Algérie et la Libye. Sans eau, sans nourriture, et en plein été. Aujourd’hui, les migrants sont moins nombreux dans les grandes villes de Tunisie, les tensions ont-elles pour autant disparu ?

Un Grand reportage d'Amira Souilem qui s'entretient avec Patrick Adam.

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Le syndrome du hochement de tête touche les enfants à partir de trois ans. La maladie débute par des épisodes de hochement de la tête accompagnés de perte de connaissance. En l’absence de prise en charge médicale, les symptômes s’aggravent au fil des mois : crises d’épilepsie, retards de croissance, handicap mental... La Tanzanie, le Cameroun, la RDC ou encore la République Centrafricaine sont touchés. Mais c’est au Soudan du Sud que les cas sont les plus nombreux, on en dénombre au moins 6 000 dans la région d’Equatoria-Occidental.

De notre correspondante,

À Mvolo, comme à Mundri et dans tous les villages lourdement touchés par le syndrome du hochement de tête au Soudan du Sud, les habitants prennent leur mal en patience. Les projets de recherche n’ont pour l’instant apporté qu’une partie des réponses, échouant jusqu’ici à percer le mystère de la cause de cette maladie. Et les questions sont nombreuses : la maladie est-elle contagieuse, se transmet-elle d’une personne à l’autre ? C’est une idée très répandue, qui conduit à l’isolement des enfants malades, mais elle est fausse.

« Les analyses montrent que le syndrome du hochement de tête est une forme d’épilepsie. Et donc, comme il s’agit d’une maladie neurologique, il est impossible qu’elle se transmette d’une personne à l’autre », affirme le chercheur Stephen Jada, un médecin sud-soudanais qui réalise sa thèse de doctorat sur le syndrome du hochement de tête tout en pilotant les recherches menées par l’ONG Amref Health Africa sur le sujet.

« Le fait, observé par les populations concernées, que dans une même famille, ou dans un même village, les enfants développent la maladie les uns après les autres, a été étudié, et la théorie d’une contagiosité a été écartée », poursuit-il. « Ce que les études ont confirmé, c’est que toutes les personnes ayant développé cette maladie ont été exposées aux mêmes facteurs environnementaux. Il y a donc quelque chose dans l’environnement qui déclenche la manifestation de la maladie chez elles », explique le docteur.

La théorie qui prédomine à l’heure actuelle, c’est que le syndrome du hochement de tête serait une forme d’épilepsie « associée » à l’onchocercose, la « cécité des rivières ». Maladie parasitaire endémique dans la région, elle est transmise par les morsures de mouches noires qui se reproduisent dans les hautes herbes au bord des cours d’eau à courant rapide, comme les rivières de Mundri, de Mvolo et de tous les villages sud-soudanais où les cas de syndrome du hochement de tête ont explosé depuis trente ans.

Mais aujourd’hui encore, tous les chercheurs ne sont pas d’accord. Et d’autres théories ont été avancées : des déficiences nutritionnelles parmi la population touchée, la consommation d’aide alimentaire contaminée par un germe, ou encore l’usage d’armes chimiques dans ces zones qui ont aussi pour point commun – outre leur proximité avec des cours d’eau – d’avoir été des zones de conflit…

En effet, au Soudan du Sud, la région d’Equatoria-Occidental a été une zone de combats intenses lors de la seconde guerre civile soudanaise (1983-2005). Le nord de l’Ouganda a lui aussi été un terrain de guerre, en proie aux violences de la Lord’s Resistance Army (LRA) dans les années 1990. Dans les deux régions, les cas de syndrome du hochement de tête se sont multipliés pendant ces conflits marqués par d’importants déplacements de populations.

Des causes inconnues« Ces autres causes possibles ont été analysées, sans succès », affirme pourtant le docteur Gasim Abd-Elfarag, autre spécialiste sud-soudanais du syndrome du hochement de tête. « De nombreuses recherches ont été consacrées à la cause du syndrome du hochement de tête. Nous avons cherché des virus, des bactéries, des parasites… Toutes ces recherches ont été réalisées, sans résultats concluants », avoue-t-il. « La cause exacte de cette maladie reste un mystère. »

Pour lui comme pour le groupe de chercheurs réunis au sein de la Nodding Syndrome Alliance, un consortium d’ONG et d’universités créé en 2019, il s’agit dès lors surtout de conduire « des études basées sur des interventions, pour voir lesquelles fonctionnent le mieux pour aider ces enfants, soulager leurs symptômes et soutenir la communauté affectée par la maladie ».

Les médicaments antiépileptiques permettent de fait une amélioration considérable de la qualité de vie des patients, et favorisent notamment leur retour à l’école. Et il s’agit également de contrôler l’onchocercose. Car le lien entre les deux maladies semble difficile à nier. « Parmi les communautés vivant près des rivières, où l’onchocercose est très répandue, les cas d’épilepsie et de syndrome du hochement de tête sont plus nombreux », explique Stephen Jada. « Plus vous vous éloignez de la rivière, plus le nombre de cas diminue. Et quand vous allez dans les villages où il n’y a pas de rivière, où vous n’observez pas de morsures de mouches noires, les cas de syndrome du hochement de tête sont rares voire absents ».

Pourtant, « nous ne savons pas comment l’onchocercose pourrait provoquer ça. Des tests ont été réalisés pour voir si les parasites atteignent le cerveau, ou s’ils libèrent une toxine qui provoque la maladie, sans succès. Tout cela est encore en cours d’investigation ». Malgré ces zones d’ombres, éradiquer le syndrome du hochement de tête reste pour Stephen Jada envisageable. C’est même son objectif proclamé.

Les résultats des interventions menées à Maridi ces dernières années donnent au chercheur de quoi rester optimiste. Dans cette autre ville d’Equatoria-Occidental très affectée par la maladie, des interventions de contrôle de l’onchocercose ont été mises en place : la coupe des herbes où se reproduisent les mouches noires, près de la rivière, a été menée conjointement à des campagnes d’administration de vermifuge à la population. Ces efforts ont porté leurs fruits : depuis 2018, le nombre de nouveaux cas de syndrome du hochement de tête a été divisé par quinze.

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Premier volet de notre série spéciale : « Élections européennes : la montée des nationalismes en question ». En Italie, cela fait un an et demi qu'elle est au pouvoir et elle va affronter le 9 juin prochain, avec les élections européennes, son premier grand test électoral. Forte du soutien de sa base, confortée par le succès de sa stratégie de normalisation, Giorgia Meloni veut servir de référence à l'extrême-droite européenne et espère, à l’issue de ce scrutin, peser le plus possible sur les choix politiques de l'Union européenne.

« Ici, avant, il n’y avait que des cabanes ! C’était une zone presque rurale, avec des champs tout autour de l’église et puis, petit à petit, cette partie de la ville est sortie de terre avec les logements construits par Mussolini ». Il est 9 heures du matin, Giuliana prend le temps de boire un petit café avec ses amies avant d’aller faire ses courses. Cette restauratrice à la retraite habite depuis les années 1980 à la Garbatella, un quartier populaire de Rome réputé pour ses petites ruelles et ses maisons typiques des années 1930. La Garbatella a servi de décor à de nombreux films italiens, dont le fameux « Journal Intime » de Nanni Moretti, mais est surtout connue désormais pour avoir été le quartier de jeunesse de Georgia Meloni, la dirigeante italienne arrivée au pouvoir à l’automne 2022. « Mon neveu est allé dans la même école », lance Guilana, tout sourire… « et quand le recteur est mort, elle est venue à la messe pour lui rendre hommage ! Je suis vraiment fière qu’elle soit de notre quartier. Et ce qui me rend fière c’est qu’elle est restée telle qu’elle était… Et puis j’aime sa façon de penser, je l’aime parce qu’elle fait beaucoup pour les gens… et qu’elle est restée proche de nous ! »

Lors des élections législatives de l’automne 2022, Georgia Meloni a obtenu 20% des voix à la Garbatella, un score inférieur à sa moyenne nationale mais très élevé pour un quartier qui a toujours voté à gauche. Venue de l’extrême droite et d’un parti néofasciste qui a renié ses origines sulfureuses, la cheffe de Fratelli d’Italia s’est imposée dans les urnes en prônant le retour aux valeurs familiales, et une lutte sans merci contre l’immigration illégale. Et c’est bien ce discours populiste et autoritaire qui a séduit Gerardo, un vendeur de fruits et légumes installé à la Garbatella depuis 25 ans. « Aujourd’hui, avec tous ces non-européens qui sont ici, vous ne pouvez plus circuler dans la rue à certaines heures parce que vous risquez d’être agressé, ou violée si vous êtes une femme », s’indigne-t-il entre deux clients. « Nous, en Italie, nous avons besoin de plus de sécurité, de surveillance. »

Autre attente des électeurs de Georgia Meloni : le changement, la rupture avec tous les partis qui ont dirigé l’Italie au cours des dix dernières années… « Moi j’ai voté pour elle parce que je veux qu’elle change le système », pointe Gerardo. « Avant elle, on a essayé le Mouvement 5 étoiles, la Ligue du Nord… mais on a bien vu qu’ils n’étaient pas à la hauteur ! Elle est partie du bas, elle est restée simple et elle a fait son chemin lentement… Et même si tout n’a pas changé depuis qu’elle est élue, il faut lui laisser du temps. C’est comme une plante qu’on a semée, il faut la laisser grandir, la laisser arriver à maturité. »

« Fasciste, raciste et homophobe »18 mois après sa victoire éclatante aux législatives, Georgia Meloni conserve le soutien de sa base électorale. Et à quelques semaines des élections européennes, les sondages annoncent un résultat supérieur aux 25% remportés par son parti, les Fratelli d’Italia, aux législatives de 2022. Face à cette victoire annoncée du parti d’extrême-droite, les électeurs de gauche ne cachent ni leur inquiétude ni leur découragement. « Je ne l’aime pas, je n’aime pas ce qu’elle dit, je n’aime pas sa politique, souffle Christina, une comédienne de 28 ans, lunettes noires et cheveux teintés en bleu. Elle est raciste, elle n’aime pas les homosexuels et dit vraiment des saloperies sur eux… » Même rejet, même inquiétude chez Rita, kinésithérapeute à la retraite qui vote communiste et se dit antifasciste : « ce qui m’inquiète c’est cette focalisation sur la famille traditionnelle, sur l’immigration. Meloni est insupportable dans sa façon de se comporter. Et puis elle est trop à droite, trop fasciste… ça ne me correspond pas du tout ». Pour ces deux électrices de gauche, Georgia Meloni n’a pas réellement rompu avec son passé de militante au sein du MSI, le parti néo-fasciste italien. En revanche, auprès de ses électeurs de droite, le travail de normalisation a fini par payer. À la tête des Fratelli d’Italia, Georgia Meloni se veut la championne d’une droite conservatrice, décomplexée, mais qui refuse d’être considérée comme un parti d’extrême-droite... et surtout qui assure avoir pris ses distances avec le passé fasciste de l’Italie.

Cette stratégie de normalisation, Georgia Meloni l’a d’abord mise en œuvre pour rassurer les électeurs italiens. Puis, une fois élue, elle l’a de nouveau employée, mais cette fois vis-à-vis de l’extérieur. « Elle a passé ces 18 derniers mois à essayer de se renforcer aux yeux de l’opinion publique internationale », décrypte l’historien Giovanni Orsina, de l’Université Luiss à Rome. « Elle a fait un travail énorme pour se légitimer et pour dissiper l’idée qu’elle était une dangereuse fasciste et qu’elle allait tout casser. Elle a voulu montrer qu’elle était une interlocutrice valable vis-à-vis de l’Europe, vis-à-vis de l’Otan. Et elle y est parvenue ! »

À l’extérieur de l’Italie, Georgia Meloni prend du galon et s’affiche aux côtés de Joe Biden, le président américain, ou d’Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne. Elle apparaît comme un fervent soutien de l’Ukraine, et affiche clairement son hostilité à la Russie de Vladimir Poutine. Elle joue aussi un rôle important dans les négociations entre dirigeants européens à Bruxelles, pour conclure le Pacte asile et migrations, ou pour convaincre Viktor Orban de ne pas entraver l’aide à l’Ukraine. À l’extérieur, Meloni offre donc le visage d’une droite fréquentable, et pas si radicale que cela. À l’intérieur en revanche, la dirigeante italienne donne des gages à son électorat et elle le fait sur deux grands thèmes : les valeurs familiales et la lutte contre l’immigration illégale.

« Un leurre pour l’opinion italienne »Dans le nord-ouest de Rome, juste en contrebas du Verano, le plus grand cimetière de la ville, un attroupement se forme à la tombée de la nuit, le long d’une large avenue embouteillée. C’est ici que tous les soirs les bénévoles de l’ONG Baobab Experience viennent en aide aux migrants illégaux que la route de l’exil a conduit jusqu’à Rome. « On leur apporte de quoi manger, des vêtements et aussi des couvertures ou des sacs de couchage pour la nuit, parce qu'il n'y a pas de centre pour les migrants en transit à Rome », explique Andrea Costa, président de Baobab Experience. « Depuis 2015 la majorité des personnes que nous aidons vient d’Afrique de l’Est : Ethiopie, Erythrée, Soudan, Somalie… »

Le long du mur, assis sur le trottoir, Jack vient de terminer son repas : des pâtes au pesto, un fruit et quelques biscuits. Maintenant rassasié, ce jeune Soudanais nous raconte son périple, de son pays en guerre à la Libye, puis à la Tunisie, et enfin la traversée de la mer Méditerranée. « Je suis arrivé à Lampedusa, et de Lampedusa ils nous ont emmenés en Sicile, à Catane, et ensuite à Rome. Ici je dors dans la rue, dans le froid… Il n’y a que ces gens qui nous aident, qui nous donnent à manger le soir. »

Durant la campagne électorale qui l’a menée au pouvoir, Georgia Meloni a promis un blocus maritime pour empêcher l’arrivée des réfugiés sur le sol italien. Une promesse radicale, que la dirigeante n’a jamais appliquée. Mais son gouvernement a rendu plus difficile le travail des ONG qui viennent en aide aux réfugiés, que ce soit en mer lors des sauvetages, ou sur terre, une fois débarqués. Quant à la situation en Italie des migrants illégaux, elle n’a fait qu’empirer. « Georgia Meloni est clairement en train d’aggraver les choses pour les réfugiés en rendant les voyages de moins en moins sûr, de plus en plus dangereux et mortels, dénonce Alice Basiglini de l’ONG Baobab Experience. Et puis, une fois arrivées, toutes ces personnes sont laissées dans un vide juridique pendant très longtemps, sans avoir la possibilité d'obtenir des documents, sans hébergement et sans possibilité de travailler légalement. Je pense que l’objectif principal de Meloni est de surfer sur la rhétorique de la prétendue « invasion de migrants » parce que c’est utile à son récit politique. Au niveau économique ou diplomatique, elle ne s’est pas vraiment différenciée des gouvernements qui l’ont précédée… donc elle se sert de ce thème comme d’un leurre pour l’opinion publique. »

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« Je suis une mère chrétienne et italienne ! »L’autre grand thème de prédilection pour Georgia Meloni sur la scène intérieure, c’est la défense des valeurs traditionnelles : la glorification d’une Italie chrétienne, attachée à la famille, et opposée à ce que la dirigeante italienne a qualifié de « lobby LGBT ». « Moi, je suis Georgia, je suis une femme, je suis une mère ! scandait-elle sur les tribunes électorales en 2022, pour le plus grand bonheur de ses partisans…. Je suis italienne ! Je suis chrétienne ! Et personne ne me l’enlèvera ! » Depuis son arrivée au pouvoir, dans les régions italiennes, l’accès à l’avortement n’est pas interdit, mais il est rendu plus difficile selon les associations féministes… quant aux familles homosexuelles, elles ont vu leurs droits parentaux remis en question devant les tribunaux italiens. « Quand mon fils est né, seule ma partenaire a pu le reconnaitre, raconte Alessia Crocini, militante LGBT et présidente de l’association Famiglie Arcobaleno (Familles Arc-en-Ciel)… J’ai dû faire une procédure d’adoption et j’ai finalement réussi… aujourd’hui il a deux parents et il porte mon nom de famille. » Alessia Crocini nous reçoit dans la chambre de son fils et s’excuse avec le sourire du désordre et des boîtes de lego qui s’empilent dans un coin de la pièce. Durant les huit années qui ont précédé l’adoption, Alessia a vécu le calvaire des « parents fantômes », sans aucun droit parental sur son fils. « Je ne pouvais pas prendre de décisions en matière de santé, je ne pouvais pas l’emmener se faire vacciner ou aller chez le pédiatre. Parce que vous n’êtes pas un parent légal vous n’êtes rien, vous êtes comme un baby-sitter ou un étranger. C’est difficile de devoir expliquer ça à son enfant, et lui expliquer ce qu’est l’homophobie. »

En janvier 2023, quelques mois après l’arrivée au pouvoir de Georgia Meloni, son gouvernement demande aux mairies italiennes de ne plus tolérer la double parentalité pour les familles homosexuelles… un cauchemar pour les mères qui ont dû alors défendre en justice leurs droits parentaux. « À Padoue, 38 certificats de naissance ont été contestés par le procureur qui a tenté d’annuler les actes de naissance d’enfants âgés de sept ou huit ans, s’indigne Alessia. En première instance, la justice a donné raison aux familles et a confirmé les actes de naissance. C’est une victoire mais la décision va être examinée en appel et cela ira sûrement jusqu’à la Cour de Cassation. »

Pour la militante, ce combat judiciaire est le premier acte d’une offensive anti-LGBT voulue par le gouvernement Meloni, une offensive qui évoque selon elle le climat homophobe régnant dans d’autres pays de l’Union européenne, tels que la Hongrie ou la Pologne avant la défaite du PiS (Parti Démocratie et Justice, droite conservatrice) à l’automne dernier. « Il suffit de penser à ce phénomène médiatique qui a explosé en Italie l’année dernière, avec le Général Roberto Vannaci. Ce général a publié un livre homophobe dans lequel il dit que les homosexuels ne sont pas des gens normaux. Ce type est invité à la télévision tous les jours… Et la Ligue du Nord et Fratelli d’Italia se le disputent pour qu’il soit candidat sur leur liste aux Européennes ! »

Double visage, double discoursUne approche modérée et conciliante à Bruxelles et sur la scène internationale, mais une politique intérieure beaucoup plus offensive sur l’immigration et sur les valeurs traditionnelles : c’est ce double visage, ce double discours, que dénonce la gauche italienne depuis que Georgia Meloni est arrivée au pouvoir. Dans une salle de réunion de la Chambre des députés à Rome, nous rencontrons Guiseppe Provenzano, parlementaire, ancien ministre, et membre du Parti Démocrate. « Il y a un fil rouge ou plutôt un fil noir qui relie toutes les politiques de ce gouvernement depuis le premier jour, c’est l’attaque contre l’égalité : l’égalité des droits et l’égalité sociale. Meloni a coupé dans les aides sociales, dans les soins de santé. Et les seuls qui ont bénéficié de sa politique ce sont les fraudeurs fiscaux ». La gauche italienne s’inquiète également du projet de réforme constitutionnelle de Georgia Meloni, qui veut renforcer les pouvoirs du chef du gouvernement – en le faisant élire directement par les Italiens. « C’est le projet le plus dangereux de Georgia Meloni, celui d’un présidentialisme sans contre-pouvoir. Elle veut faire cela parce qu’elle est l’héritière des néofascistes italiens, et parce qu’elle a besoin d’écrire une nouvelle Constitution pour se légitimer en tant que cheffe de file de la nouvelle droite italienne et européenne. »

De fait, Georgia Meloni espère accroitre son influence en Europe à l’issue des élections du 9 juin. Une ambition clairement assumée par Tommaso Foti, le chef du groupe Fratelli d’Italia à la Chambre des députés. « Notre objectif était de créer une droite moderne, une droite de gouvernement, une droite capable de redonner à l’Italie un rôle décisif en Europe, et je peux dire que notre objectif a été atteint, plastronne le député d’Emilie-Romagne, qui a participé à la fondation de Fratelli d’Italia en 2012, aux côtés de Georgia Meloni. À présent nous pensons que nous pouvons apporter à l’Europe un système équivalent à ce que nous avons réalisé en Italie. Notre projet est une Europe qui gouverne sans les socialistes et sans ces groupes qui se définissent comme écologistes mais qui sont en réalité des éco-extrémistes. »

Un trait d’union entre les droitesForte de son expérience gouvernementale et d’un résultat qui s’annonce prometteur aux Européennes du 9 juin, la dirigeante italienne pourra sinon jouer les « faiseuses de rois » au sein des institutions européennes, en tout cas s’imposer comme une interlocutrice cruciale, à Strasbourg comme à Bruxelles. Mais quelle sera la stratégie européenne de Georgia Meloni au sein du Parlement européen ? Que fera-t-elle du groupe ECR (Conservateurs et Réformistes Européens), le groupe de droite nationaliste dont les Fratelli d’Italia devraient devenir la principale composante après les élections ? Pour Giovanni Orsina de l’Université Luiss de Rome, la dirigeante italienne voudra en premier lieu défendre les intérêts italiens et accroitre son influence au sein des institutions. « Tout d’abord, elle voudra être un acteur majeur de la négociation pour la prochaine Commission. Il faudra sans doute qu’Usrula von der Leyen, la présidente de la Commission, élargisse vers la droite sa majorité… et en échange de son soutien Meloni voudra probablement son propre Commissaire. Bien entendu, je pense qu'une stratégie plus large sera de déplacer le plus à droite possible le curseur politique au sein du Parlement. »

À quelques semaines du scrutin les sondages accordent une large avance à Georgia Meloni et à son parti Fratelli d’Italie, une poussée à droite que la dirigeante italienne anticipe et espère également dans le reste de l’Union européenne. « L’idée de Georgia Meloni, c’est de devenir un trait d’union, un intermédiaire entre l’extrême-droite et la droite traditionnelle du PPE, le Parti Populaire européen », conclut Giovanni Orsina. « Elle veut être celle qui pourra dialoguer à la fois avec les chrétiens-démocrates allemands et avec le RN français. Aujourd’hui, ce dialogue est impossible parce que la droite traditionnelle considère que l’on ne peut pas discuter avec Marine Le Pen… Mais dans deux ou trois ans ? Nous n’en savons rien. Georgia Meloni pense que l’avenir appartient à la droite et qu’il y a des forces à droite qu’il faudra bien finir par accepter. »

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C’était l’an dernier (2023), le président tunisien s’en prenait aux migrants, établis ou de passage en Tunisie. Des propos qui avaient été suivis de semaines de violences anti-Noirs qui ont culminé, durant l'été 2023, avec des migrants déportés par centaines vers des zones désertiques ou vers les frontières avec l’Algérie et la Libye. Sans eau, sans nourriture, et en plein été. Aujourd’hui, les migrants sont moins nombreux dans les grandes villes de Tunisie, les tensions ont-elles pour autant disparu ?

« Le supplice des migrants subsahariens en Tunisie », un Grand reportage d'Amira Souilem.

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C’est devenu un fait de société, en France, ailleurs aussi. Les jeunes vont mal, la santé mentale se dégrade avec notamment des dépressions de plus en plus tôt. Et la crise sanitaire liée au Covid a tout accéléré. Dans le nord de la France, les passages aux urgences pour gestes et idées suicidaires, les consultations pour troubles anxieux et angoisses ont augmenté chez les 10 ans et plus.

En 2021, les tentatives de suicides chez les jeunes étaient même 4 fois supérieures à la moyenne nationale. Une dégradation de la santé mentale qui se heurte à une dégradation du secteur psychiatrique en crise depuis plusieurs années.

« Santé mentale des jeunes, les difficultés de la prise en charge », un Grand reportage de Lise Verbeke.

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Un fauteuil à Sciences PoSelon les chiffres du ministère de l'Enseignement supérieur, à la rentrée 2021, on comptait 51 000 étudiants en situation de handicap dans les établissements d’enseignement supérieur publics, soit 2,2 % de l'ensemble des étudiants. Face aux difficultés, beaucoup abandonnent leurs études. Laurence Théault a suivi Eymerick Truffert dans son quotidien à Sciences Po.

Un Grand reportage de Laurence Théault qui s'entretient avec Patrick Adam.

Dans le camp de Zebilla au Ghana, les réfugiés du Burkina s'adaptent à leur nouvelle vie Dans le nord du Ghana, une partie des réfugiés vivent dans le camp de Zebilla. Après avoir subi les traumatismes, ils vivent aujourd’hui en bonne entente avec les Ghanéens. Parmi les déplacés, seule la communauté peule se sent parfois mise à l’écart.

Un Grand reportage de Caroline Chauvet qui s'entretient avec Patrick Adam.

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Afrique du Sud : 30 plus tard, que deviennent les enfants de la liberté ?En Afrique du Sud, c’est le temps du bilan pour le Congrès National Africain, l’ANC. Il y a 30 ans, des files interminables se formaient à l’extérieur des bureaux de vote du pays, pour le tout premier scrutin multiracial. Avec l’élection de Nelson Mandela, les Sud-Africains écoutaient, pleins d’espoir, les promesses de son parti, et rêvaient d’une société arc-en-ciel pour tourner la page de l’apartheid. Aujourd’hui, la corruption et les limites des politiques publiques sont passées par là... les trentenaires à qui on avait prédit une vie meilleure ont vécu des expériences très différentes, qui reflètent les défis post-apartheid.

Un Grand reportage de Romain Chanson et Claire Bargelès qui s'entretiennent avec Patrick Adam.

Slovénie, la vallée de la Vipava s'adapte au changement climatiqueNichée entre les Alpes juliennes et la mer Adriatique, la vallée slovène de la Vipava subit de plein fouet les conséquences du changement climatique. Ses vergers, ses vignes souffrent de la sécheresse, ses habitants tentent d'y faire face par différentes actions.

Un Grand reportage d'Agnieszka Kumor qui s'entretient avec Patrick Adam.

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Nichée entre les Alpes juliennes et la mer Adriatique, la vallée slovène de la Vipava subit de plein fouet les conséquences du changement climatique. Ses vergers, ses vignes souffrent de la sécheresse, ses habitants tentent d'y faire face par différentes actions.

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Selon les chiffres du ministère de l'Enseignement supérieur, à la rentrée 2021, on comptait 51 000 étudiants en situation de handicap dans les établissements d’enseignement supérieur publics, soit 2,2 % de l'ensemble des étudiants. Face aux difficultés, beaucoup abandonnent leurs études. Laurence Théault a suivi Eymerick Truffert dans son quotidien à Sciences Po.

Diaporama

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Dans le nord du Ghana, une partie des réfugiés vivent dans le camp de Zebilla. Après avoir subi les traumatismes, ils vivent aujourd’hui en bonne entente avec les Ghanéens. Parmi les déplacés, seule la communauté peule se sent parfois mise à l’écart.

De notre envoyée spéciale,

« Nous nous sentons vraiment déprimés. Nous avons fui ici, quittant nos foyers, nos biens, et nos bétails, et nous nous retrouvons ici dans ce camp. Et nous avons vraiment peur de retourner chez nous, de peur qu’ils reviennent nous tuer… »

À 72 ans, Keke (nom d’emprunt) espérait ne pas avoir à fuir son village près de Bitta au Burkina Faso. Il a dû s’y résigner après avoir vu des voisins mourir devant lui. Arrivé au Ghana, il est accueilli dans une famille d’accueil dans le nord du Ghana, et a ensuite été approché par les autorités ghanéennes et le HCR pour être installé dans un vaste camp de réfugiés.

« En réalité, ces personnes n’ont pas le statut de réfugiés, mais ils sont enregistrés pour une attestation. Actuellement, plus de 3 000 Burkinabè au Ghana sont dans ce cas », explique à RFI Tetteh Padi, directeur du Ghana Refugee Board (GRB), l’Agence ghanéenne pour les demandeurs d’asile. C’est à quelques kilomètres de la frontière avec le Burkina Faso, près de la ville de Zebilla, dans le nord-est du Ghana, que des centaines de tentes ont été placées pour accueillir environ 4 000 personnes, et accueille aujourd’hui plus de 1 000 réfugiés qui ont fui les violences au Burkina Faso.

Keke n’est pas le seul réfugié du camp. Comme lui, Seone (nom d’emprunt) vient aussi de la zone de Bitta, avec ses sept enfants et son mari. Elle se souvient d’avoir vu ses deux voisins être assassinés par des attaquants au visage masqué.

Sugurunoma (nom d’emprunt) vient de la zone de Soudougui. Elle a vu une vingtaine de personnes de sa famille élargie se faire tuer lors d’une attaque. Alors enceinte, elle dit avoir quitté Bitta à pied. Au troisième jour de marche, elle a accouché. Elle a réussi à venir au Ghana avec toute sa famille de sept enfants.

Pour ces réfugiés, le camp de Zebilla est un havre de paix. Ils y sont nourris et logés. Seulement, ils se plaignent du manque d’activité. Pour l’instant, ils n’ont même pas de champ à eux et n’ont aucune activité. Le Ghana Refugee Board a indiqué à RFI que des terres agricoles ont été acquises pour les réfugiés pour qu’ils puissent avoir des revenus agricoles. Des projets sont en cours pour donner du bétail à ces réfugiés, leur faire développer divers métiers (coiffure, mécanique, etc). Une aide pour le commerce a commencé, ajoute le GRB.

Mais aujourd’hui, de nombreux réfugiés sont des femmes, des enfants et des vieillards. Les hommes ont pour beaucoup été tués lors des attaques, ou bien sont partis travailler ailleurs, sans toujours se rapprocher des services comme le GRB ou le HCR. Et au Ghana, la plupart des déplacés vivent dans des familles d’accueil. Le GRB estime qu’environ 15 000 Burkinabè ont fui les violences dans leur pays pour rejoindre le nord du Ghana. Un autre camp, équivalent à celui de Zebilla, vient d'être construit à Zini, dans le nord-ouest du pays.

Mixité avec les Ghanéens« Quand nous sommes arrivés au Ghana, ce n’était pas facile pour les Ghanéens. Ils ont eu peur que les attaquants nous suivent et arrivent jusqu’à chez eux. Mais ils ont aussi pris pitié de nous, certains ont même cuisiné pour nous », se souvient Seone.

Seone et les autres réfugiés ont vécu la même expérience lors de leur arrivée dans le camp de Zebilla, situé près du village de Tarikom. Ses 2 600 habitants, d’abord curieux et contents, ont eu rapidement peur que l’installation de ces Burkinabè ne soit source d’insécurité. « Mais les services de sécurité du Ghana, le chef de la sécurité, et même la sécurité de la présidence sont venus ici, et les villageois ont été rassurés », explique Isaac Angonwin, le « District Assembly Representative » de Tarikom, une sorte de leader communautaire élu. Aujourd’hui, « les enfants vont à l’école tous ensemble : les demandeurs d’asile et les villageois ! La clinique que nous avons ici est à la fois pour les réfugiés et la communauté. Nous faisons tout en commun ! », ajoute-t-il.

À Tarikom, les Ghanéens, par humanisme, ont accepté de donner leurs terres aux réfugiés. « J’ai eu pitié de ces gens quand j’ai appris qu’ils avaient besoin de ces terres pour leur permettre de s'installer », se souvient Abambilla Awale, le « land priest » de Tarikom. La plus belle preuve d’intégration vient souvent des enfants. Les jeunes réfugiés parlent déjà le Kusaal après moins d’un an dans le nord Ghana. Au milieu du camp, une vingtaine d’enfants - villageois et réfugiés - se sont placés en deux rangées. Au top, un jeune de chaque équipe essaye d’être le premier à attraper la bouteille d’eau vide au milieu du terrain.

L’arrivée des réfugiés a été bénéfique pour le moment pour le village. Elle a même permis d’étendre le réseau d'électricité de Tarikom et d’améliorer la clinique. Mais les villageois espèrent ne pas être laissés pour compte face aux réfugiés, qui n’ont par exemple pas de problème de nourriture. Eux-mêmes déjà pauvres, ils ont pourtant donné des terres aux réfugiés par fraternité. Mais ils souhaitent plus d’aide de la part des organisations internationales, ou encore une extension de leur électricité ou de la clinique, qui accueille aussi les déplacés maintenant.

Des Peuls qui se sentent marginalisés Une communauté se sent pourtant mise à l’écart par le Ghana, c’est la communauté peule. En juillet 2023, l’association des Peuls au Ghana, Pulaaku international Ghana, avait dénoncé le fait que des centaines de Peuls - dont des femmes, des enfants et des vieillards - avaient été forcés de retourner au Burkina Faso. Ces personnes étaient pourtant venues au Ghana fuyant les violences au Burkina.

Au-delà de l’association, un reportage de la Deutsche Welle avait aussi soutenu cette idée que seuls des Peuls ont été rapatriés vers le Burkina Faso. « On a été invités à discuter avec les forces de sécurité. Nous nous sommes assis et nous avons délibéré et ils ont accepté leur faute. Et c'est à ce moment-là qu'ils ont arrêté l’opération », se souvient Yakubu Musah Barry, secrétaire général de Pulaaku international Ghana. M. Barry ne cesse de plaider pour une meilleure intégration de sa communauté souvent marginalisée.

Le HCR avait dénoncé le renvoi de réfugiés du Ghana, ne mentionnant pas d'ethnie dans son communiqué de presse. (cf UNHCR). Le gouvernement avait réfuté toutes ces accusations de stigmatisation, et expliqué dans un communiqué du 13 juillet 2023 qu’il s'agissait d'un « processus de rapatriement » « conforme aux protocoles internationaux » institué « pour faciliter le mouvement des Burkinabè qui souhaitent retourner dans leur pays. »

M. Padi du Ghana Refugee Board, répond quant à lui que « ce sont les services de sécurité qui connaissent les personnes qui ont été renvoyées. Nous, au Ghana Refugee Board, nous enregistrons les personnes autorisées par les forces de sécurité à être enregistrées ».

Dans le camp de Zebilla, au moment du reportage en février 2024, aucun Peul n’était présent parmi les déplacés. La question des Peuls, ce peuple majoritairement nomade, est délicate en Afrique de l’Ouest. Souvent associés dans l'imaginaire collectif aux violences et au jihadisme extrémiste au Sahel, les Peuls n'en restent pas moins des victimes de ces mêmes violences.

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En Afrique du Sud, c’est le temps du bilan pour le Congrès National Africain, l’ANC. Il y a 30 ans, des files interminables se formaient à l’extérieur des bureaux de vote du pays, pour le tout premier scrutin multiracial. Avec l’élection de Nelson Mandela, les Sud-Africains écoutaient, pleins d’espoir, les promesses de son parti, et rêvaient d’une société arc-en-ciel pour tourner la page de l’apartheid.

Aujourd’hui, la corruption et les limites des politiques publiques sont passées par là... les trentenaires à qui on avait prédit une vie meilleure ont vécu des expériences très différentes, qui reflètent les défis post-apartheid.

« Afrique du Sud : 30 ans plus tard, que deviennent les enfants de la liberté ? », un Grand reportage de Romain Chanson et Claire Bargelès.

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Soudan : la vie en suspens des réfugiés de RenkIl y a un an… éclatait la guerre au Soudan. Deux généraux s’affrontent pour le pouvoir. Aujourd’hui, le conflit a provoqué le déplacement de près de 8 millions et demi de personnes, selon les Nations unies. Près d’1 million et demi sont des réfugiés partis en Égypte, au Tchad, en Éthiopie ou encore au Soudan du Sud. C’est la plus importante crise de personnes déplacées au monde, dont l’impact régional est colossal.

Un Grand reportage de Gaëlle Laleix qui s'entretient avec Patrick Adam.

Soudanais réfugiés en Égypte : l’exil sans Terre promiseC’était il y a un an, le 15 avril 2023, la guerre éclatait au Soudan entre l’armée du général Al Burhan et les Forces de soutien rapide. Depuis, 1 800 000 Soudanais ont fui leur pays. Beaucoup ont emprunté la route vers l’Égypte où leurs conditions de vie demeurent très précaires.

Un Grand reportage de Léonie Lebrun qui s'entretient avec Patrick Adam.

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Inde, entre le BJP et l'opposition, duel à mort à New DelhiD’un côté, L’Aam Aadmi Party, dont le dirigeant emprisonné est érigé en martyr politique. De l’autre, le BJP qui veut conserver la capitale. En se posant en gardienne de la démocratie, l’opposition espère infliger une sanction symbolique à Narendra Modi dans la capitale. Reste à voir si cette thématique mobilise des électeurs inquiets du chômage.

Un Grand reportage de Côme Bastin qui s'entretient avec Patrick Adam.

Belgique : faire de la prostitution, un métier presque comme les autresPeut-on considérer la prostitution comme un métier ? En Belgique, la réponse est oui ! Le royaume est devenu, en 2022, le deuxième pays au monde, après la Nouvelle-Zélande, à décriminaliser le travail du sexe... Une politique particulièrement souple, qui permet aux travailleuses et aux travailleurs du sexe d’exercer en toute légalité avec un statut d'autoentrepreneur et de bénéficier de droits sociaux. Les prostituées, qui sont très majoritairement des femmes, pourraient même à terme devenir salariées...

Un Grand reportage de Laure Broulard qui s'entretient avec Patrick Adam.

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Peut-on considérer la prostitution comme un métier ? En Belgique, la réponse est oui ! Le royaume est devenu, en 2022, le deuxième pays au monde, après la Nouvelle-Zélande, à décriminaliser le travail du sexe... Une politique particulièrement souple, qui permet aux travailleuses et aux travailleurs du sexe d’exercer en toute légalité avec un statut d'autoentrepreneur et de bénéficier de droits sociaux. Les prostituées, qui sont très majoritairement des femmes, pourraient même à terme devenir salariées...

« Belgique : faire de la prostitution, un métier presque comme les autres », un Grand reportage de Laure Broulard.

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D’un côté, L’Aam Aadmi Party, dont le dirigeant emprisonné est érigé en martyr politique. De l’autre, le BJP qui veut conserver la capitale. En se posant en gardienne de la démocratie, l’opposition espère infliger une sanction symbolique à Narendra Modi dans la capitale. Reste à voir si cette thématique mobilise des électeurs inquiets du chômage.

De notre correspondant en Inde,

Dans la cour du petit siège de L’AAP, les militants fébriles mais joyeux se prennent dans les bras. Sanjay Singh, le Lion comme on le surnomme ici, fait son entrée sous les lancers de fleurs. Voilà six mois qu’il était en prison, mais la Cour suprême de l’Inde vient de le libérer. « Merci à tous ceux qui luttent contre la dictature du BJP, lance le député depuis une petite tribune. Ils peuvent nous jeter en prison, mais pour quel crime ? Fournir une éducation de qualité, des soins, de l’eau, des bus gratuits, à 20 millions d’habitants de Delhi ? Ce soir, l’heure n’est pas aux réjouissances mais au combat ! ».

Le combat, c’est celui pour la libération d’Arvind Kejriwal, icône politique et fondateur de l'AAP, lui aussi emprisonné en mars pour corruption par l’Enforcement Directorate. Ici, on ne croit pas une seconde aux accusations de cette agence, accusée d'être aux ordres du Premier ministre. Kejriwal va devenir un martyr, prédit Charan, 50 ans. « Les Indiens savent que Kejriwal est un homme intègre, qui est ciblé parce qu’il dérange. Tous les partis d’opposition font face à des menaces similaires, et c’est pour ça qu’ils sont venus à sa défense et vont s’allier contre Modi qui se comporte en dictateur. »

Meeting unitaireCe dimanche, l’opposition affiche son d’unité dans la capitale. L’AAP mais aussi le parti du Congrès ou les partis régionaux DMK et TMC s’expriment devant des milliers de personnes. Autrefois rivaux, ils ont décidé de faire front commun au sein de la coalition INDIA. Dans plusieurs États, ils ne présenteront qu’un candidat par siège pour ne pas diviser les électeurs. « Mes amis, vous savez comme on peut truquer un match de cricket », lance la figure du parti du Congrès Rahul Gandhi, qui a lui été exclu du parlement pour diffamation. « Lors de ces élections, Narendra Modi s’est attribué le rôle d’arbitre. Dans notre équipe, avant même le début du match, des joueurs phares sont emprisonnés. »

Parmi la foule, de nombreux militants de l’AAP qui brandissent des photos de leurs leaders sous les barreaux comme Ayushi, 41 ans. « Je redeviens militante après 5 ans parce que moi et mon mari sommes très inquiets. Je soutiens l’alliance INDIA qui rassemble des partis différents mais unis par la défense de notre Constitution. »

Cette croisade démocratique peut-elle porter ? Tavleen Singh, analyste politique, en doute. « Les dérives autoritaires du gouvernement, les électeurs en entendent parler lors de chaque élection. De plus, les chefs de l'opposition, souvent des clans familiaux, sont loin d'être perçus comme des politiciens vertueux. »

Des électeurs troublésSur le marché populaire de Sarojini Nagar, l’arrestation d’Arvind Kejriwal jette cependant un certain trouble. « J’ai toujours voté Aam Aadmi Party car ils ont amélioré les écoles et les cliniques pour les pauvres », explique un couturier musulman. « Les habitants de New Delhi vont continuer à soutenir Arvind Kejriwal. »

Ram Singh, un policier à la retraite, votera Narendra Modi parce que « sa politique étrangère est bonne et qu’il développe les infrastructures ». Mais il confie apprécier Kejriwal. « Je ne sais pas trop pourquoi ils l’ont arrêté, on n'a toujours pas de preuve dans cette affaire ». D’autres affirment ne pas encore savoir pour qui ils voteront.

Pawan Khera, responsable média du Congrès, est convaincu que Narendra Modi paiera son autoritarisme dans les urnes. « Il n’y a pas que Kejriwal. Le dirigeant du Jharkhand a été emprisonné. Nos comptes en banque ont été gelés. L’opposition va gagner, sinon dans 5 ans, vous serez renvoyé dans votre pays, et moi en prison. »

Plusieurs études montrent des Indiens d’abord préoccupés par le chômage record. « La démocratie c’est abstrait, il faut parler de la vie quotidienne durant une campagne », juge Tavleen Singh. Entre la puissance triomphante mise en scène par Narendra Modi et la République au bord du gouffre décrite par l’opposition, les Indiens doivent trancher entre deux visions aux antipodes de leur pays.

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C’était il y a un an, le 15 avril 2023, la guerre éclatait au Soudan entre l’armée du général Al Burhan et les Forces de soutien rapide. Depuis, 1 800 000 Soudanais ont fui leur pays. Beaucoup ont emprunté la route vers l’Égypte où leurs conditions de vie demeurent très précaires.

« Soudanais réfugiés en Égypte : l’exil sans Terre promise », un Grand reportage de Léonie Lebrun.

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Il y a un an… éclatait la guerre au Soudan. Deux généraux s’affrontent pour le pouvoir. Aujourd’hui le conflit a provoqué le déplacement de près de 8 millions et demi de personnes, selon les Nations unies. Près d’1 million et demi sont des réfugiés partis en Égypte, au Tchad, en Éthiopie ou encore au Soudan du Sud. C’est la plus importante crise de personnes déplacées au monde, dont l’impact régional est colossal.

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Rwanda: 30 ans après le génocide, panser les blessures invisiblesAu Rwanda, ce dimanche 7 avril 2024 marque le début de cent jours de commémorations du génocide contre les Tutsis. Aujourd’hui, la population rwandaise est majoritairement née après 1994. Mais toutes les générations sont marquées. Rescapés, anciens bourreaux, enfants des uns et des autres… Chacun porte en lui une part du traumatisme.

Un Grand reportage de de Lucie Mouillaud et d'Amélie Tulet. Entretien avec Patrick Adam.

Rwanda : 30 ans après le génocide, un besoin de justice et de réponsesAu Rwanda, ce lundi 8 avril 2024 marque le début de cent jours de commémorations officielles du génocide de 1994 perpétré contre les Tutsi. Il y a trente ans, selon les Nations unies, plus d'un million de personnes - en majorité des Tutsi, mais également des Hutu, et d'autres opposants au génocide - ont été systématiquement tuées en moins de trois mois. 61 personnes ont été condamnées par le TPIR (Tribunal Pénal International pour le Rwanda). Plus d’un million de jugements ont été rendus par les Gacaca, ces tribunaux inspirés de la pratique coutumière. Mais il reste encore des fugitifs recherchés, des personnalités en exil qui ne sont pas inquiétées et des silences qui torturent toujours les rescapés.

Un Grand reportage de Lucie Mouillaud et d'Amélie Tulet. Entretien avec Patrick Adam.

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Mer de Chine : comment les Philippines organisent la réponse à PékinLes affrontements s’intensifient en mer de Chine méridionale. Alors que Pékin revendique 90% de cette zone riche en gaz naturel et en poisson. Pour faire valoir ce qu’elle considère être son droit territorial, la Chine occupe le terrain grâce à ses garde-côtes et à la présence de navires martiaux et commerciaux. Mais depuis l’arrivée au pouvoir du Président Ferdinand Marcos Jr les Philippines organisent la réplique. En se rapprochant des États-Unis et en cherchant l’aide d’autres démocraties, l’archipel cherche à attirer l’attention du monde sur la domination chinoise jugée illégitime par un tribunal d’arbitrage en 2016.

Un Grand reportage de Nicolas Rocca qui s'entretient avec Patrick Adam.

États-Unis-Mexique: la frontière, éternel enjeu électoralAux États-Unis, la campagne pour les élections générales de novembre prochain a commencé. Le camp républicain et le camp démocrate échangent coup pour coup. Comme à chaque scrutin, le bilan économique du président sortant est critiqué par ses adversaires. Mais rien n’occupe autant de place que la question de la gestion de l’immigration. La gestion de la frontière avec le Mexique est jugée calamiteuse par Donald Trump et son parti qui en ont fait un thème central de la campagne. Comment cela est-il vécu par ceux qui côtoient au quotidien cette frontière ?

Un Grand reportage d'Aabla Jounaïdi qui s'entretient avec Patrick Adam.

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Aux États-Unis, la campagne pour les élections générales de novembre prochain a commencé. Le camp républicain et le camp démocrate échangent coup pour coup. Comme à chaque scrutin, le bilan économique du président sortant est critiqué par ses adversaires. Mais rien n’occupe autant de place que la question de la gestion de l’immigration. La gestion de la frontière avec le Mexique est jugée calamiteuse par Donald Trump et son parti qui en ont fait un thème central de la campagne. Comment cela est-il vécu par ceux qui côtoient au quotidien cette frontière ?

« États-Unis-Mexique: la frontière, éternel enjeu électoral », c’est un grand reportage d’Aabla Jounaïdi et Julien Boileau.

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Les affrontements s’intensifient en mer de Chine méridionale. Alors que Pékin revendique 90% de cette zone riche en gaz naturel et en poisson. Pour faire valoir ce qu’elle considère être son droit territorial, la Chine occupe le terrain grâce à ses garde-côtes et à la présence de navires martiaux et commerciaux. Mais depuis l’arrivée au pouvoir du Président Ferdinand Marcos Jr les Philippines organisent la réplique. En se rapprochant des États-Unis et en cherchant l’aide d’autres démocraties, l’archipel cherche à attirer l’attention du monde sur la domination chinoise jugée illégitime par un tribunal d’arbitrage en 2016.

« Mer de Chine : comment les Philippines organisent la réponse à Pékin », un Grand reportage de Nicolas Rocca.

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Au Rwanda, ce lundi 8 avril 2024 marque le début de cent jours de commémorations officielles du génocide de 1994 perpétré contre les Tutsi. Il y a trente ans, selon les Nations unies, plus d'un million de personnes - en majorité des Tutsi, mais également des Hutu, et d'autres opposants au génocide - ont été systématiquement tuées en moins de trois mois. 61 personnes ont été condamnées par le TPIR (Tribunal Pénal International pour le Rwanda). Plus d’un million de jugements ont été rendus par les Gacaca, ces tribunaux inspirés de la pratique coutumière. Mais il reste encore des fugitifs recherchés, des personnalités en exil qui ne sont pas inquiétées et des silences qui torturent toujours les rescapés.

« Rwanda : 30 ans après le génocide, un besoin de justice et de réponses », un Grand reportage de Lucie Mouillaud et Amélie Tulet.

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Au Rwanda, ce dimanche 7 avril 2024 marque le début de cent jours de commémorations du génocide contre les Tutsis. Aujourd’hui, la population rwandaise est majoritairement née après 1994. Mais toutes les générations sont marquées. Rescapés, anciens bourreaux, enfants des uns et des autres… Chacun porte en lui une part du traumatisme.

« Rwanda, trente ans après le génocide, panser les blessures invisibles », un Grand reportage de Lucie Mouillaud et Amélie Tulet.

Notre dossier : 30 ans du génocide des Tutsis au Rwanda

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Ouganda : un modèle d’accueil des réfugiés à l’épreuve des crises internationalesL’Ouganda, pays de plus de 48 millions d’habitants, héberge la plus grande population de réfugiés du continent africain avec plus d’1,6 millions de personnes enregistrées. La raison : une politique d’accueil et d’ouverture des frontières unique au monde en place depuis plus de 60 ans. Un modèle qui n’a jamais été remis en question malgré les crises sociales, politiques, économiques qu’a vécues le pays, mais qui aujourd’hui est en danger. La multiplication des crises mondiales remet en cause son financement alors que le flux de réfugiés ne se tarit pas. Chaque jour, des Congolais qui fuient les conflits dans l’Est ou des Soudanais victimes de la guerre traversent la frontière avec comme espoir de trouver enfin la paix.

Un Grand reportage de Paulina Zidi qui s'entretient avec Patrick Adam.

24h sur un navire de la Marine française en mer BaltiqueAprès 2 mois à patrouiller dans les eaux de la mer Baltique, l’Aquitaine est de retour à Brest, grand port militaire de l’ouest de la France. L’Aquitaine, c’est ce que l’on appelle une Fremm, une frégate française multifonctions. Pourquoi la Baltique ? Il suffit de regarder une carte, tous les pays riverains sont désormais membres de l’Otan, sauf un, la Russie. On parle de mission de réassurance de l’alliance, en clair de renforcement des dispositifs militaires, ici avec 150 marins déployés.

Un Grand reportage de Marielle Vitureau qui s'entretient avec Patrick Adam.

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Camp Boiro, dans l’enfer du goulag tropicalC’était il y a 40 ans, jour pour jour, en Guinée. Après avoir renversé le régime de Sékou Touré, l’armée libérait les prisonniers des camps d’internement. Le pays découvrait alors, effaré, les récits des victimes du système répressif mis en place sous la première République. Aujourd’hui, il reste une poignée de ces survivants.

Un Grand reportage de Matthias Raynal qui s'entretient avec Patrick Adam.

«Décarboner l’industrie sidérurgique, un enjeu crucial pour la Slovaquie»2050, c’est la date que s’est fixée l’Union européenne pour parvenir à la neutralité carbone. Mais avant la réalisation de l’étape suprême du Pacte vert en 2050, l’Union européenne impose aux 27, de réduire dès 2030 leurs émissions de gaz à effet de serre, de 55% par rapport au niveau de 1990. Pour atteindre cet objectif, la Slovaquie comme tous les pays européens, est engagée dans un processus de décarbonation de son industrie.

Un Grand reportage de Sylvie Noël qui s'entretient avec Patrick Adam.

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Après 2 mois à patrouiller dans les eaux de la mer Baltique, l’Aquitaine est de retour à Brest, grand port militaire de l’ouest de la France. L’Aquitaine, c’est ce que l’on appelle une Fremm, une frégate française multifonctions. Pourquoi la Baltique ? Il suffit de regarder une carte, tous les pays riverains sont désormais membres de l’Otan, sauf un, la Russie. On parle de mission de réassurance de l’alliance, en clair de renforcement des dispositifs militaires, ici avec 150 marins déployés.

« 24h00 sur un navire de la Marine française en mer Baltique », un Grand reportage de Marielle Vitureau.

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C’était il y a 40 ans, jour pour jour, en Guinée. Après avoir renversé le régime de Sékou Touré, l’armée libérait les prisonniers des camps d’internement. Le pays découvrait alors, effaré, les récits des victimes du système répressif mis en place sous la première République. Aujourd’hui, il reste une poignée de ces survivants.

« Camp Boiro, dans l’enfer du goulag tropical », un Grand reportage de Matthias Raynal.

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L’Ouganda, pays de plus de 48 millions d’habitants, héberge la plus grande population de réfugiés du continent africain avec plus d’1,6 millions de personnes enregistrées. La raison : une politique d’accueil et d’ouverture des frontières unique au monde en place depuis plus de 60 ans. Un modèle qui n’a jamais été remis en question malgré les crises sociales, politiques, économiques qu’a vécues le pays, mais qui aujourd’hui est en danger. La multiplication des crises mondiales remet en cause son financement alors que le flux de réfugiés ne se tarit pas. Chaque jour, des Congolais qui fuient les conflits dans l’Est ou des Soudanais victimes de la guerre traversent la frontière avec comme espoir de trouver enfin la paix.

« Ouganda : un modèle d’accueil des réfugiés à l’épreuve des crises internationales », un Grand reportage de Paulina Zidi.

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2050, c’est la date que s’est fixée l’Union européenne pour parvenir à la neutralité carbone. Mais avant la réalisation de l’étape suprême du Pacte vert en 2050, l’Union européenne impose aux 27, de réduire dès 2030 leurs émissions de gaz à effet de serre, de 55% par rapport au niveau de 1990. Pour atteindre cet objectif, la Slovaquie comme tous les pays européens, est engagée dans un processus de décarbonation de son industrie.

De notre envoyée spéciale en Slovaquie,

Quand on parle de décarboner l’industrie, on cible notamment le secteur sidérurgique traditionnel qui se révèle très polluant. C’est le cas en Slovaquie, où cette activité représente un cinquième de la totalité des émissions de gaz à effet de serre du pays, avec un gros émetteur, l’usine U.S. Steel de Košice.

Quand on atterrit à l’aéroport de Košice, impossible de ne pas apercevoir par le hublot les cheminées élancées et les hauts fourneaux de l’usine U.S. Steel. L’histoire récente de la deuxième ville la plus importante de Slovaquie est intrinsèquement liée à l’activité sidérurgique. Il suffit de donner notre destination au chauffeur de taxi pour que celui-ci se perde dans ses souvenirs. Son père y a travaillé, a vécu le rachat par U.S. Steel, les restructurations, les licenciements. À l’arrivée de U.S. Steel, une poussière noire d’acier recouvrait les véhicules dans les années 90, nous raconte-t-il. Le ton se fait malicieux, quand il nous précise que la pollution ne restait pas sur la ville, mais gagnait la Hongrie voisine en raison des vents du Nord ! Dans les années 2000, la poussière a disparu. L’une des exigences posées au sidérurgiste américain, lors de l’achat de l’usine était de mettre l’entreprise aux nouvelles normes européennes.

C’est en l’an 2000 que U.S. Steel, qui fut longtemps le fleuron de la sidérurgie américaine, rachète le complexe slovaque après deux années en joint-venture. L’usine métallurgique n’a alors que 41 ans, car contrairement à d’autres villes industrielles, l’activité sidérurgique à Košice ne remonte pas à la révolution industrielle. C’est en 1959 que le régime communiste décide d’installer dans cette région plutôt rurale, une entreprise métallurgique qui prend le nom de Východoslovenské Železiarne (VSŽ, Métallurgies de l'Est slovaque en français).

L’arrivée de cette activité bouleverse la ville, qui passe de 60 000 habitants en 1960 à 240 000 aujourd’hui.

Une guérite avec une barrière marque l’entrée de l’usine. Nous la franchissons après avoir donné le nom de Juraj Varga, à l’interphone. C’est le responsable du principal syndicat de l’usine, Kovo qui regroupe 62% des salariés. Il nous a précisé la veille que pour des raisons de sécurité, c’est lui qui viendrait nous chercher. S’il a rapidement répondu à notre demande d’interview, la direction de U.S Steel, a pour sa part décliné toute rencontre.

« Notre usine souffre de sous-investissements »Nous sommes mi-janvier 2024, le thermomètre est en dessous de zéro, nous rentrons rapidement dans le bâtiment central de U.S. Steel. Nous avons pris rendez-vous avec Juraj Varga en décembre pour parler avec lui de la décarbonation de l’usine, mais entre temps, une annonce qui a sidéré beaucoup de monde notamment aux États-Unis est intervenue : à la surprise générale, le 18 décembre 2023, le Japonais Nippon Steel, 4e groupe mondial, a fait une offre d’achat de U.S. Steel, l’entreprise américaine, basée à Pittsburgh en Pennsylvanie, le berceau de la sidérurgie américaine. Je l’interroge donc d’abord sur le sentiment des salariés de Košice face à ce changement de propriétaire. « C’est une bonne nouvelle – nous confie-t-il - car notre usine souffre de sous-investissements. Depuis plusieurs années, il n’y a pas eu d'investissements pour moderniser nos processus de production. Pour parler clairement, nous avons une usine du siècle dernier ».

Qu’en est-il de la décarbonation de l’usine ? C’est un sujet qui préoccupe le gouvernement slovaque depuis plusieurs années. En 2019, le ministre des Finances de l’époque, Igor Matovic, avait fait le déplacement à Pittsburgh pour porter le message suivant : « La décarbonation est le seul moyen d’assurer un avenir à la filiale de Košice ». En 2021, le même ministre avait obtenu l’engagement de U.S. Steel de remplacer deux hauts-fourneaux traditionnels alimentés au coke par des fours à arc électrique, le 3e haut-fourneau n’était pas remplacé, mais modernisé. Les engagements se sont-ils concrétisés ? La réponse de Juraj Varga fuse : « Rien n'a été réalisé, même s’il y a eu annonce et médiatisation concernant la décarbonation ! Les employés sont déçus. Avec l'arrivée du nouveau propriétaire, on espère un développement positif pour l'usine ». Le responsable syndical nous précise que cela fait trois ans que les équipes planchent sur le processus de décarbonation, mais que tout est resté à l’état de plan. « D'un point de vue administratif et technique, on peut dire que l'usine est prête mais l'élément déclencheur, c’est l'argent », analyse-t-il. Le montant de la transition verte pour l’usine de Košice est en effet vertigineux, il s’élève à au moins, un milliard deux cents millions d’euros. Conscient de l’investissement que cela représente pour le groupe industriel américain, le gouvernement slovaque a œuvré auprès de Bruxelles pour obtenir des aides. 600 millions d'euros de fonds européens sont prêts à être investis, « mais il faut que l'employeur investisse la même somme et si le total s’élevait à un milliard deux cents millions d’euros, au départ, avec la flambée inflationniste et la crise énergétique c’est sans doute, maintenant, peut-être un milliard 400 millions. Nippon Steel devra dire quand et si elle est prête à investir dans ce projet », conclut Juraj Varga qui n’avait pas encore, à la mi-janvier, eu de contact avec les syndicats japonais du secteur sidérurgique.

« Ce genre d’entreprise aime avoir l'air très écologique, mais en fin de compte, ce n’est très souvent que de la com »Nous rejoignons le centre-ville de Košice, avec sa large artère centrale bordée de magasins, de restaurants et de cafés. Nous avons rendez-vous avec Zuzanna Kupcova à quelques encablures de là, dans une ancienne usine de tabac transformée en café branché. La jeune femme est la coordinatrice de Klima t’a potrebuje, une toute jeune organisation écologique locale qui a vu le jour en 2021. « Quand vous allez sur le site internet de U.S. Steel, cette entreprise se présente comme très verte et très engagée dans le développement durable. Ce genre d’entreprise aime avoir l'air très écologique, mais en fin de compte, ce n’est très souvent que de la com, de l'écoblanchiment », regrette-t-elle. Zuzanna Kupcova reconnait que l’investissement financier demandé se révèle conséquent, mais elle rappelle aussi que « U.S. Steel a le taux d'émissions de CO2, le plus élevé de Slovaquie. L’entreprise est proche de la ville et a donc un impact environnemental considérable. Ce que nous voulons c’est une véritable décarbonation et pas une politique de petits pas ».

U.S. Steel, l’usine la plus importante dans la région de KošiceU.S. Steel a donc débarqué en Slovaquie en 1998, dix ans après la sortie du pays de plus de 40 ans de régime communiste (1948-1989) et six ans après la dislocation de la Tchécoslovaquie.

« U.S. Steel est l’usine la plus importante pour notre région de Košice. En fait, il fut un temps où toute l'économie de la Slovaquie orientale reposait sur cette entreprise », rappelle Radislav Trnka, le président de la région de Košice. Il nous reçoit dans son vaste bureau. Hauteur sous plafond, moulures, le bâtiment qui abrite les bureaux de la présidence régionale appartient au patrimoine historique de Košice, qui fut au cours de son histoire mouvementée, dominée par les souverains hongrois. Radislav Trnka a 35 ans. En 2017, lors de sa première élection, il est devenu le plus jeune président de région de l’histoire de la Slovaquie. En quelques chiffres, on comprend l‘importance de l’usine U.S. Steel pour la région de Košice : « Actuellement, U.S. Steel emploie quelque 8 000 personnes. À cela, s'ajoutent quelque 20 000 personnes dans les entreprises de sous-traitance. C’est la plus grande usine de la Slovaquie orientale et donc un employeur important ». Pour compléter cette réalité sociale, il faut citer le chiffre d’affaires annuel de U.S. Steel Košice : environ trois milliards d'euros. Rapporté au PIB de la Slovaquie, qui est de 130 milliards d'euros, le gouverneur de la région de Košice insiste « cela représente presque deux pour cent du PIB slovaque. Vous comprenez son importance à l’échelle régionale ! ». Certes, au fil du temps, la région a développé un autre pilier économique, celui des technologies de l'information, une usine automobile Volvo s’est aussi installée, mais l'industrie sidérurgique reste essentielle pour l’économie locale. Des entreprises qui apportent une vitalité économique dans une région qui enregistre un taux de chômage inférieur à 6,5%, mais qui sont aussi source de pollution. Radislav Trnka nous explique que les entreprises de la région de Košice « produisent jusqu'à 30 % des émissions de gaz à effet de serre générées dans toute la Slovaquie ». Le gouverneur reconnait que Košice « est l'une des régions les plus polluées de Slovaquie et l’un des responsables de cette réalité peu flatteuse, c’est U.S. Steel. C'est donc le revers de la médaille de notre dynamisme économique. Statistiquement, dans notre région, l'incidence du cancer est beaucoup plus élevée en raison de la pollution de l'air ».

Si la décarbonation de l’usine U.S. Steel se réalise, la Slovaquie remplira ses objectifs 2030 fixés par l’Union européenneKošice est située à l’extrémité orientale de la Slovaquie, à l’extrême opposé de la capitale. Il faut donc 5 heures de train pour rejoindre Bratislava. Le gouvernement est très impliqué depuis plusieurs années dans la décarbonation de l’usine de U.S. Steel Košice, mais également de façon plus générale de l’économie slovaque. C’est l’Institut pour la politique environnementale, rattaché au ministère de l’Écologie slovaque, qui documente tout ce processus. Kristina Mojsezova est responsable du département en charge tout particulièrement de fournir pour le gouvernement et les entreprises, une modélisation de la décarbonation, ainsi que les scénarii possibles, tout en, insiste-t-elle « toujours mettre en parallèle, la décarbonation et les conséquences économiques et sociales ». Cette préoccupation est d’autant plus présente que l'industrie sidérurgique joue en un rôle très important dans l’économie slovaque. Kristina Mojsezova précise que « près de la moitié de notre économie est plus ou moins liée à ce type d'industrie et le secteur sidérurgique est responsable de près de la moitié des émissions de gaz à effet de serre en Slovaquie ». Nous en venons à l’impact de l’usine de U.S. Steel Košice. Kristina Mojsezova nous décrypte les diagrammes qu’elle nous présente : « sur cette moitié, plus d'un cinquième des émissions slovaques provient de notre production d'acier, autour principalement de l'usine de Košice ». Mais au niveau national, l’usine est le 3e ou 4e plus important employeur sur le marché slovaque, « donc, tant en termes d'emplois qu'en termes d'efforts de décarbonation, nous devons vraiment garder ces chiffres à l'esprit lorsque nous réfléchissons aux priorités dans notre effort de décarbonation de ce secteur ». Si U.S. Steel représente 20% des émissions de gaz à effet de serre produites en Slovaquie, on ne peut que s’interroger sur l’impact qu’aurait une décarbonation de cette seule usine. « Une baisse de 14% des émissions au niveau national », explique Kristina Mojsezova qui précise « la Slovaquie sera alors en mesure d'atteindre ses objectifs 2030 fixés par l’Union européenne de réduction de 55% des émissions par rapport à 1990 ». Mais malgré les efforts du gouvernement slovaque, malgré les annonces de U.S. Steel, la décarbonation n’est pas engagée « notre gouvernement tente actuellement de comprendre pourquoi, bien que le gouvernement ait alloué des fonds considérables à cette usine pour qu'elle lance sa décarbonation, aucuns travaux n'ont débuté ».

U.S. Steel s’est vu octroyer 600 millions d’euros par l’Union européenne pour remplacer deux des trois hauts-fourneaux par des fours à arc électrique : 300 millions proviennent du fonds du plan de relance et de résilience, les 300 autres millions du fonds de modernisation. « Notre gros problème – confie Kristina Mojsezova - c'est que si le fonds de modernisation court jusqu'en 2030, en revanche, le plan de relance et de résilience doit être réalisé d'ici la première moitié de 2026. Si les projets ne sont pas réalisés dans le délai, il n’y aura pas de financement et la Slovaquie ne pourra pas remplir ses engagements pour 2030. Donc, bien sûr, c’est une entreprise privée qui a le pouvoir de décision, mais notre gouvernement cherche à savoir, quelles options s'offrent à lui ». L’autre question qui se pose est de savoir si, malgré la date de 2026, Bruxelles pourrait envisager un nouveau délai et permettre aux 300 millions d’euros du fonds de relance et de résilience de rester disponibles.

L’offre d’achat de U.S. Steel par Nippon Steel a créé la sidération aux États-Unis, le soulagement à Košice.Fin 2023, une inconnue de taille s’est soudainement glissée dans les négociations entre le gouvernement et U.S. Steel. Le 18 décembre 2023, la nouvelle a fait la Une des médias américains, slovaques et japonais. Nippon Steel, le 4ème groupe sidérurgique mondial a annoncé mettre sur la table près de 15 milliards de dollars pour racheter son concurrent. Jamais une telle somme n’avait été évoquée par des repreneurs éventuels. Mais cette offre de rachat a tout autant suscité la sidération aux États-Unis, qui voit son fleuron sidérurgique passer sous pavillon étranger, que le soulagement en Slovaquie, car la filiale de Košice fait bien partie de la proposition de rachat. Si, pendant des années, le regard du gouvernement slovaque s’est tourné vers l’Ouest, vers Pittsburgh, virage à 180 degrés, c’est désormais vers Tokyo que les yeux du ministre des Finances est braqué. Il va falloir reprendre les discussions en vue d’une décarbonation et sonder le potentiel nouvel acquéreur. Potentiel nouveau propriétaire… car le rachat destiné à remettre à flot l’emblématique entreprise sidérurgique américaine, fondée en 1901, heurte le patriotisme économique américain, d’autant que le pays est en pleine campagne électorale. Le siège historique de U.S. Steel est situé en Pennsylvanie, l’État de naissance de Joe Biden et un des États-clé pour la prochaine élection présidentielle. Le président sortant sait qu’il doit absolument capter le vote des travailleurs syndiqués du secteur sidérurgique. À la mi-mars 2024, Joe Biden a déclaré qu’il était « vital que l’entreprise reste détenue et exploitée au niveau national », alors que Donald Trump promet d’ores et déjà de bloquer le rachat s’il est élu.

La décarbonation et l’enjeu de la compétitivité de l’industrie slovaqueQue pense le patronat slovaque de cette décarbonation de l’industrie nationale ? Nous poussons la porte du syndicat patronal, RUZ. Son siège est situé en dehors du centre-ville de Bratislava, dans un immeuble neuf, entouré de centres commerciaux et d’autoroutes. RUZ, regroupe 1 500 entreprises issues de tous les secteurs de l’économie, de l’industrie lourde et métallurgique, aux services, banques et compagnies d’assurance. C’est Martin Hošták, le secrétaire général de RUZ, qui nous reçoit. Il nous a prévenus lors de la prise de rendez-vous qu’il n’abordera pas la question de U.S. Steel car c’est un membre de son syndicat. Nous lui demandons quel regard porte son syndicat sur la décarbonation du secteur sidérurgique : « Bien sûr, ce sera un grand changement technologique pour le secteur industriel, mais c'est coûteux, très coûteux et rien n'est gratuit dans ce monde, n’est-ce pas ? C’est la raison de notre... Je ne dirais pas hésitation, mais inquiétude, car c’est la question de notre compétitivité qui se pose. À savoir si nous resterons compétitifs après avoir investi autant de moyens financiers dans la décarbonation vis-à-vis des entreprises dans le monde qui ne sont pas soumises à des obligations aussi strictes en matière de décarbonation. Nous sommes tout à fait conscients de la nécessité d’une transition verte. Nous avons besoin du Green Deal. Mais la question est de savoir s’il ne faut pas reconsidérer les étapes et le calendrier de ces objectifs qui sont peut-être trop ambitieux. Ils pourraient avoir comme conséquences de détériorer ou de détruire nos économies. Or, nous ne pouvons pas devenir un musée industriel, l’Europe ne peut pas se passer d’industries ». Ce discours est-il entendu à Bruxelles ? Martin Hošták nous confie constater « un léger changement de rhétorique chez certains élus européens, voire des membres de la Commission. Par ailleurs, nous nous attendons a priori à ce que le Parlement européen ne soit pas aussi vert qu'il l'est aujourd'hui, à l’issue des élections de juin ». La décarbonation est-elle un sujet de préoccupation partagé par d’autres syndicats d’employeurs ? La réponse du secrétaire national de RUZ fuse : « ​​​Bien sûr ! Nous sommes, par exemple, membre de l'initiative C, un groupe informel d'organisations d'employeurs de République Tchèque, de Slovaquie, d'Autriche, de Hongrie, de Slovénie, de Croatie et maintenant de Roumanie. Nous nous réunissons tous les six mois. Si je devais faire des statistiques, je dirais qu’à chaque rencontre, l’un des principaux points abordés concerne la décarbonation. De temps en temps, nous publions des communiqués de presse communs, car en tant qu’industriels d’Europe centrale, nous partageons le même point de vue ​​​​​​​».

La ville de Košice peut-elle s’imaginer un avenir sans activité sidérurgique ?Si le patronat s’interroge sur le rythme imposé par Bruxelles concernant la transition verte, d’autres à Košice voudraient profiter de ce tournant, pour faire acte d’ambition et révolutionner le tissu industriel de la région de Košice. C’est la position d’Andrej Šteiner. C’est le directeur de l’Institut du climat et du développement de Košice. Voici ce qu’il répond quand on lui demande si le remplacement des fourneaux traditionnels par des fours à arc électrique est la solution : « C’est le point de vue de U.S Steel et du gouvernement slovaque. Nous avons eu de nombreuses discussions entre experts à ce sujet. L’Institut que je représente et les experts qui pensent comme moi, estiment, pour leur part, que conserver U.S. Steel, dans notre environnement local, n’est pas une solution à long terme. Certes, c’est toujours un important pourvoyeur d’emplois, mais il faudrait une réflexion plus ambitieuse, au point de réfléchir à un avenir pour la région sans U.S. Steel. On pourrait miser sur l’industrie des technologies et de l’information moins polluantes et qui pourrait offrir autant d’emplois que U.S. Steel, à la différence qu’il s’agirait d’emplois qualifiés. La valeur ajoutée serait plus élevée que celle de U.S. Steel ».

Nippon Steel et la vallée de l’hydrogèneNippon Steel a donc annoncé en décembre 2023 une offre de rachat de U.S. Steel ainsi que de sa filiale slovaque. Les prochains mois sont consacrés à la concrétisation de cette fusion. Pour Radislav Trnka, le président de la région de Košice, qui connait l’usine, a eu accès aux rapports annuels, le constat est simple : cela fait longtemps que U.S. Steel n'a pas investi dans l'innovation. « Nous le déplorons car l'usine est devenue de moins en moins compétitive au fil des années. Quant à l’enjeu environnemental, c’était encore moins une priorité pour eux ».Quels espoirs place-t-il dans le potentiel futur propriétaire ? « ​​​​​​​En tant que président de région, je dirais donc que le rachat de l'ensemble de la multinationale par les Japonais est la meilleure chose qui pouvait nous arriver ».

Pour le président de région, dont la préoccupation reste celle de rendre l'usine, « totalement verte et propre et plus compétitive » tout en maintenant « le plus d’emplois possible, pour que la longue tradition sidérurgique dans cette région se poursuive », l’arrivée de Nippon Steel offre des opportunités. Pour alimenter les futurs fours à arc électrique, la piste d’une alimentation avec de l’hydrogène est étudiée, alors que la région de Košice réfléchit au lancement d’une vallée de l’hydrogène. « La région de Košice est probablement la plus impliquée de toutes les régions slovaques dans le développement de l’hydrogène vert. Nous avons été la première région à disposer de notre propre stratégie régionale en matière d'hydrogène, modèle dont s’est inspiré le gouvernement national ». Radislav Trnka regrette que « U.S. Steel ne s’est jamais impliqué dans ce processus » et entend aborder le sujet avec Nippon Steel. « Les Japonais sont très avancés dans les technologies de l'hydrogène. Donc, je pense que nous trouverons un terrain d'entente ».

Si la fusion en négociation entre Nippon Steel et U.S. Steel heurte le patriotisme américain, à Košice, la page du sidérurgiste américain semble donc déjà tournée. Juraj Varga appelle de ses vœux « ​​​​​​​une décarbonation réussie à Košice », qui permettrait à l’usine de Košice de relever « non seulement un défi, mais de servir aussi d’exemple. C’est ce que nous espérons tous ».

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25 ans après, la Serbie toujours hantée par les bombardements de l'OtanLe 24 mars 1999, l’Otan débutait ses bombardements sur la Yougoslavie dirigée par Slobodan Milosevic. Le dirigeant nationaliste serbe était accusé de préparer une nouvelle campagne de nettoyages ethniques contre les Albanais du Kosovo. Pendant 78 jours, l’Alliance bombarde principalement des cibles militaires, mais les frappes feront aussi des centaines de morts civiles. 25 ans après, le souvenir de ces bombardements est toujours aussi présent dans la société serbe. Dans une Serbie, peuplée en majorité de Slaves orthodoxes, le conflit en Ukraine a ravivé le sentiment anti-occidental...

Un Grand reportage de Louis Seiller qui s'entretient avec Patrick Adam.

Les aurores boréales du Grand Nord canadien, du rêve à la réalité« Les anciens racontent toutes sortes de légendes sur les aurores boréales. Ce seraient nos ancêtres, ils dansent, ils sont heureux, ils nous voient vivre, survivre, lutter, élever nos familles et être forts. Ce serait pour ça que les aurores apparaissent, pour danser. Il existe différentes histoires, celles de chasseurs qui n'arrivent pas à retrouver le chemin de la maison alors une vieille dame jette de l'eau en l'air. La lumière passe à travers et c'est comme ça que les lumières du Nord ont commencé. Comme elles vont d'Est en Ouest, les chasseurs ont pu retrouver leur chemin. » L'histoire que vous venez d'entendre, c'est Bobby Drygeese qui la raconte, il est membre d'une première nation autochtone près de Yellowknife. Des touristes viennent du monde entier dans cette ville du nord du Canada, leur but : voir les aurores boréales, ces voiles de lumière dans le ciel nocturne que l'on ne retrouve que dans les cercles polaires. Yellowknife autoproclamée capitale mondiale des aurores boréales entend réduire sa dépendance aux mines pour tourner son économie vers les lumières du Nord.

Un Grand reportage de Léopold Picot qui s'entretient avec Patrick Adam.

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Septième et dernier épisode de notre série « nouvelles routes de la soie, dix ans après ». Le projet phare de Xi Jinping s’étend dans le Pacifique et vient bousculer l'échiquier géopolitique de la région. Aux Îles Salomon, le rapprochement avec la Chine, lancé sans concertation par le Premier ministre Manasseh Sogavare, divise la classe politique et électrise la société sur fond d’accusations de corruption.

Ce 17 juillet 2023, Manasseh Sogavare revient de Chine, où les pontes du Parti communiste lui ont déroulé le tapis rouge. Le chef du gouvernement salomonais a vu Xi Jinping, le président chinois, et signé neuf nouveaux accords avec Pékin en matière d’agriculture, d’aviation, de tourisme, de commerce, de climat et de maintien de l’ordre. A ses yeux, c’est un triomphe, et il ne cache plus ses ambitions : il veut aligner la stratégie de développement des Salomon sur les « nouvelles routes de la soie ».

Dès sa descente d’avion, il organise une conférence de presse à l’aéroport d’Honiara et se félicite devant les journalistes d’un déplacement « extrêmement fructueux ». Mais très vite, l’exercice d’autocélébration tourne au règlement de compte et les mots du Premier ministre claquent comme des gifles, qu’il lâche mâchoires serrées, droit dans son costume sombre.

« Permettez-moi de répondre aux articles que j'ai pu lire, relayant l'inquiétude de l'Australie et des États-Unis à propos de la coopération policière entre la Chine et les îles Salomon. Cette diplomatie réductrice et coercitive qui consiste à cibler nos relations avec Pékin n'est rien d'autre qu'une forme d'interférence dans nos affaires internes. La Chine n'est pas en train d'envahir ou de coloniser un État étranger. La Chine subvient à nos besoins en matière de maintien de l'ordre et nous sommes en demande de solutions nouvelles à l'ensemble de nos problèmes. Depuis 45 ans, nous sommes laissés de côté et traités comme la basse-cour de nos voisins. Nous devons briser le joug et les chaînes de la dépendance. »

Au sens de l’ONU, les Salomon font partie des pays les moins avancés, au même titre que l’Afghanistan, Haïti ou le Soudan. Le produit intérieur brut plafonne à 2 200 dollars par habitant et la population, en majorité rurale et sous-éduquée, vit sous perfusion étrangère depuis l’indépendance concédée par la tutelle britannique en 1978.

Incapable de boucler son budget, l’archipel a très vite eu besoin de soutien économique et s’est tourné vers son grand voisin, l’Australie, qui reste un partenaire incontournable. Entre 2009 et 2019, les programmes d’assistance australiens ont encore représenté 65% de l’aide internationale versée aux îles Salomon.

Pendant des années, les Australiens ont mis la main au pot sans arrière-pensée, pensant n’avoir rien à craindre de la région Pacifique, une zone sans enjeux stratégiques (« strategically benign », disait-on à Canberra), considérée comme stable, neutre et isolée, que l’Australie chapeautait de loin, sous le regard bienveillant de son vieil allié américain.

Avant l’an dernier, elle n’avait jamais négocié de traités de défense bilatéraux avec les micro-États du voisinage, comme les Fidji ou les Tonga, car la nécessité d’un filet de sécurité fabriqué maille par maille au nord des côtes australiennes, ne s’était jamais fait sentir.

Présence militaire chinoise à trois heures de Brisbane ?A tort. La percée de la Chine aux Salomon fait désormais planer l’hypothèse d’une présence militaire chinoise à trois heures de vol de Brisbane et vient contrarier l’idée d’un espace indopacifique « libre et ouvert » promue par l’administration Biden. Humiliée dans son jardin, en pleine guerre d’influence avec les autorités chinoises, la Maison Blanche s’est dépêchée de rouvrir début 2023 son ambassade des États-Unis à Honiara, après 30 ans d’absence.

Quant au gouvernement australien, il s’est appuyé sur une recette bien connue : accroître, en désespoir de cause, la coopération avec l’exécutif salomonais pour limiter l’emprise de Pékin sur les domaines régaliens.

Depuis que les Salomon avaient appelé l’Australie au secours au début des années 2000 pour rétablir l’ordre après plusieurs épisodes de tensions ethniques et de conflits fonciers, l’entraînement des policiers faisait partie de son pré carré. Et les omniprésents 4x4 à l’emblème kangourou remplis de formateurs « aussie » s’étaient fondus dans le paysage.

Mais la lune de miel entre la Chine et l’équipe Sogavare a grippé la mécanique et l’atmosphère bon enfant du « Police Open Day ». La journée portes ouvertes des forces de l’ordre qui se tient chaque année en plein air dans la capitale, n’est plus tout à fait la même. Sans doute à cause de l’énorme canon à eau anti-émeute offert par les autorités chinoises, qui trône au milieu du pré.

« Bien sûr, on a de l’équipement chinois, nous confie Anseto Maeai, un agent de la Police Response Team, devant son stand d’exposition. Ils nous ont donné des matraques télescopiques, des pinces d’immobilisation, et ici, devant vous, il y a les boucliers tactiques financés par l’Australie et des ensembles balistiques. La police australienne nous aide toujours, dans le cadre de la SIAF, la Force internationale d'assistance à la sécurité. Pour le reste, vous savez, on ne peut pas se permettre de refuser de l'aide, on prend tout ce qu'on nous offre. J'ai moi-même suivi la formation au tir avec les policiers chinois, qui a commencé l'an dernier. C'est assez proche de ce que l’on faisait déjà avec les Australiens, sauf que les Chinois ont leurs propres méthodes d'enseignement, ce n’est pas toujours facile. Avec les Australiens, on peut interagir. Avec la Chine, ça passe par des traducteurs ».

La commissaire-adjointe qui prend la parole sur scène ce jour-là dans son uniforme de gala se nomme Evelyn Thugea. Elle a la particularité d’avoir organisé l’événement, censé renouer le lien entre la police et les citoyens, et d’avoir passé un mois en Chine dans le cadre d’un séminaire de formation destiné aux officiers. La question est simple : quelle est exactement l'étendue des services offerts par la police chinoise à son homologue salomonaise depuis la signature de leur protocole d’entente ? « Nous sommes organisés en différents services, avec plusieurs directions. Chaque direction de la police travaille avec différents partenaires étrangers et je ne ferai aucun commentaire là-dessus, car je ne travaille pas directement avec chacune de ces directions. »

OpacitéUne fois de plus, les Salomon refusent de rendre public un texte ultra-sensible signé avec Pékin, dont le contenu alimente les pires fantasmes. « Imaginez que des policiers chinois soient appelés à encadrer les prochaines élections où Sogavare joue sa peau, nous glisse un diplomate occidental en poste à Honiara. Quelles garanties de sincérité pour le scrutin ? »

La même opacité avait entouré l’accord de sécurité conclu en 2022. Un document explosif, dont seule une version provisoire circule sur les réseaux sociaux, selon laquelle les îles Salomon pourront faire appel à des forces armées chinoises et autoriseront leurs navires à stationner dans l’archipel.

Le Premier ministre a beau nier toute militarisation rampante et promettre à la communauté internationale que la Chine n’est pas là pour ça, personne n’est en mesure de le vérifier. Pas même le patron de l’opposition, Matthew Wale, qui s’y est cassé les dents lorsqu’il a demandé des explications officielles. « Chez nous, l'exécutif peut signer des traités internationaux sans passer par le Parlement, il n'a aucune obligation de communiquer avec les élus. C'est un système très particulier, qui n'avait jamais posé problème auparavant. Mais il en pose depuis cet accord de sécurité signé avec la Chine l'an dernier, qui a rendu l'Australie et les États-Unis très nerveux et qui nous place au beau milieu des rivalités régionales. Personne ne sait ce que contient ce texte ni quels seront ses effets. »

« En réalité, moins le Premier ministre fait preuve de transparence à propos de ces accords, plus cela provoque d'hostilité, estime Matthew Wale. C'est contreproductif, à la fois de la part du gouvernement et de la part des Chinois, alors qu’il y a de la place pour la Chine. Il y a ce sentiment dans la population que si des pays comme l'Australie, les États-Unis ou la France font copain-copain avec Pékin pour des raisons commerciales et profitent de l'argent chinois, pourquoi pas nous ? Ce qui est important, c'est la façon dont on mène cette relation, et la transparence doit en être un élément primordial. »

« Cadeau d’anniversaire pour Pékin »Le péché originel, c'est la bascule qui s’est produite en septembre 2019, quand Manasseh Sogavare a décidé d'établir des relations diplomatiques avec la Chine au détriment de Taïwan, l'allié historique des îles Salomon. Du jour au lendemain, sans explication, le gouvernement salomonais a enterré trois décennies de coopération avec les autorités taïwanaises et fait un choix précipité, clivant, voire suspect, selon le député Peter Kenilorea Jr, qui y voit une manipulation grossière de l’appareil politique.

« Cela faisait 36 ans que nous étions du côté de Taïwan, regrette l'élu. Et pour beaucoup de gens, Taïwan n'avait rien fait de mal, rien qui justifiait d'être jeté dehors. Par ailleurs, c'est un sujet qui n'avait jamais été abordé pendant les dernières élections. Délaisser Taïwan au profit de la Chine ? Personne n'avait fait campagne sur ce thème. Pourtant, dès son arrivée au pouvoir, c'est devenu la priorité du gouvernement et cela a laissé bon nombre d’électeurs perplexes. Dans la phase qui a précédé le scrutin, la Chine poussait de manière très agressive et je pense que des promesses ont été faites en coulisses. Certains groupes politiques ont dû s'engager à reconnaître la Chine s'ils gagnaient les élections. »

« Pour moi, soutient Peter Kenilorea Jr, c'est devenu évident à la lecture de leur première recommandation : il fallait à tout prix passer de Taïwan à Pékin avant le 1er octobre 2019, parce que le 1er octobre coïncidait avec les 70 ans de la Chine communiste fondée par Mao en 1949. Absolument aucun Salomonais n'aurait pu écrire ça, c'est sorti de nulle part. Et là, j'ai compris que la reconnaissance était juste un pur cadeau d'anniversaire pour Pékin. »

Ce que cet ancien cadre des Nations unies suggère avec ses mots choisis, Ruth Liloqula nous le confirme au bazooka entre deux conférences dans un hôtel du centre-ville. D’après cette figure de la société civile salomonaise, plusieurs fois primée pour son combat contre la corruption et représentante aux îles Salomon de l’ONG Transparency International, le chef du gouvernement s’est laissé acheter par le régime chinois.

« La Chine fournit de l'argent liquide pour consolider le parti de Sogavare, accuse-t-elle. 250 000 dollars par tête. J'ai vu de mes propres yeux la liste contresignée par le Premier ministre stipulant qui devait être payé pour survivre à la motion de censure déposée contre lui en 2021. 250 000 dollars pour chaque membre du Parlement prêt à soutenir son action. Aujourd’hui, la plupart de ces élus font partie du gouvernement. Tout le monde en parle mais il va falloir que quelqu'un se lève et s'engage à aller jusqu'au bout. Or, ceux qui détiennent ces informations et pourraient servir de témoins crédibles ne sont pas prêts à y aller, parce que s'ils le font, ils perdront leur emploi. »

Manasseh Sogavare n'a pas souhaité nous recevoir, mais son directeur de la Communication, George Herming, nous accueille au siège de l’exécutif à Honiara. Selon lui, cette liste n’a jamais existé et le système de pots-de-vin dont tout le monde parle est une invention de l’opposition. « On attend toujours des preuves concrètes. Ces accusations ont toujours été proférées pour des raisons politiques par des personnes opposées à la ligne du gouvernement. Si vous avez la preuve que la Chine nous soudoie ou a soudoyé des députés afin d'acheter leur vote, je vous en prie, levez-vous et portez plainte auprès des autorités compétentes, afin que le personnel corrompu soit poursuivi et condamné. Jusqu'ici personne n'a porté plainte, personne n'a d'éléments montrant que telle ou telle personne a reçu telle ou telle somme d'argent. Ce ne sont que des mots, sans aucune preuve tangible ».

Émeutes et communauté chinoise traumatiséeInvérifiable, impossible de suivre la trace d'une valise de billets, mais ces rumeurs et ce climat délétère ont fait des dégâts bien réels au mois de novembre 2021, quand des émeutes ont éclaté à Honiara. Les manifestants ont envahi le Parlement, incendié un commissariat de police et débarqué dans le quartier de Chinatown, qu'ils ont réduit en cendres. L'explosion de violence a fait trois morts et traumatisé la communauté chinoise.

Dix-huit mois plus tard, sous couvert d'anonymat, un commerçant que nous surnommerons M. Chan accepte de nous emmener sur place, dans ce quartier chinois d’Honiara qui ne comprend qu’une seule artère, désormais déserte, où les bâtiments noircis et éventrés ont à peine été nettoyés.

Ses ancêtres arrivés de Chine il y a plusieurs générations avaient fondé leur magasin ici après la Seconde Guerre mondiale. Tout a brûlé, y compris les souvenirs de famille. Entre deux soupirs fatalistes, M. Chan souffle qu’il se bat toujours contre un syndrome de stress post-traumatique. « Il n’y a rien plus à voir. C'était un vieux magasin en bois des années 1950. Le jour des émeutes, des amis m'ont prévenu, ils m’ont envoyé la vidéo. Les gars ont mis le feu à ce magasin-là, ça s’est propagé à côté et c’est venu jusqu’au nôtre. Aux Salomon, les gens utilisent avant tout les manifs pour casser, pour voler ou pour piller. La plupart de ces émeutiers n’étaient pas de vrais manifestants, ils se sont juste dit que c'était l’occasion de piquer des trucs. Le prétexte, c'est "on n’est pas d'accord avec la politique du gouvernement", etc. Mais le plus stupide là-dedans, je vous le pose là : qui les a élus, ces politiciens ? Ce ne sont pas les Chinois qui ont voté pour eux. »

Les troubles ont débouché sur une centaine d'arrestations et polarisé encore un peu plus la société salomonaise, incapable de déterminer par elle-même si les « nouvelles routes de la soie » constituent une aubaine ou un poison pour les îles Salomon.

« Peu importe le donneur »Même les vieux sages comme Johnson Honimae, journaliste et chef de la radio publique salomonaise, que nous rencontrons sur le campus de l'Université d'Honiara, ont du mal à crever l’abcès. « Il y a des doutes parce que la Chine est une nouvelle venue dans la région. Beaucoup de gens ont des a priori. Aux Salomon, nous sommes chrétiens, ce n'est pas le cas de la Chine. Nous sommes un pays démocratique, nous tenons à ces valeurs, ce n'est pas vraiment le cas de la Chine. »

« Mais au bout du compte, poursuit Johnson Honimae, la question, c'est de savoir qui va nous aider le plus possible, parce que nous avons des bouches à nourrir, des besoins de développement considérables et pas assez de revenus. Le commerce du bois s'est écroulé, et grosso modo, même si nous nous asseyons sur une partie de nos convictions, la nécessité à la fin du mois, c'est de joindre les deux bouts. »

En ville, tous les immeubles en dur sont financés et construits par des entreprises étrangères. Les Américains ont aménagé le nouveau Parlement national, Taïwan a offert le siège de l'opposition et le dernier centre de conférences, près de l’aéroport, est une réalisation indonésienne.

Il y a tant à faire, routes, ponts, hôpitaux, communications… Pourquoi s’étonner que la Chine vienne d’emporter un nouveau marché auprès de la Banque asiatique de développement afin de rénover le port international d’Honiara et deux débarcadères en province ?

« Peu importe le donneur, tous les gens qui travaillent dans le secteur du développement ici vous le diront, tempère Thierry Nervale, le directeur français de l’Autorité maritime des îles Salomon, un organe indépendant du gouvernement. Il y a effectivement des projets qui sont menés par des entreprises chinoises comme la China Civil Engineering Construction Corporation (CCECC). Mais dans la majorité des cas, ce n’est pas la Chine qui en est à l’origine, c’est la Banque asiatique de développement qui monte des projets, lance un appel d’offres et choisit les candidats. Et visiblement les entreprises chinoises sont compétitives puisqu’elles sont souvent sélectionnées pour travailler en Asie et dans le Pacifique. »

Pas de raz-de-marée, en tout cas pas pour l'instant. À terme, le gouvernement des Salomon n'exclut pas de travailler directement avec la Chine dans des domaines aussi sensibles que les télécommunications, l'installation de câbles internet sous-marins ou les infrastructures énergétiques. « À la lumière du dernier déplacement de notre Premier ministre à Pékin, il y a des discussions à venir autour des "nouvelles routes la soie", cela dépendra de nos besoins, prévient George Herming, le porte-parole de l’exécutif. Pour ce qui est de l’assistance militaire, ce n’est pas à l’ordre du jour, mais c’est une possibilité. Nous devons nous inspirer de que la Chine a été capable de faire pour se développer. »

À lire aussiRetrouvez l'intégralité de notre dossier sur les «nouvelles routes de la soie»

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Sixième épisode de notre série « Les nouvelles routes de la soie, 10 ans après ». La conquête chinoise de l’Europe passe par Budapest. La Hongrie a été le premier pays européen à signer, en 2015, un accord de coopération avec Pékin dans le cadre de « l’Initiative de la ceinture et de la route ». Parmi les projets phares de ce partenariat : la ligne ferroviaire entre Budapest et Belgrade en construction, prévue pour faire circuler des trains remplis de marchandises chinoises depuis le port grec du Pirée, jusqu’à l’Europe centrale.

De son jardin, situé à quelques mètres des rails, István observe le ballet des engins de chantier. Cet ancien employé des chemins de fer hongrois suit attentivement l’avancée des travaux de rénovation de la ligne Budapest-Belgrade autour de la petite gare de Kelebia, fermée depuis près d’un an, pour travaux. Dans la grande plaine méridionale, cette localité de quelque 2 400 habitants, est la dernière avant la frontière serbe et la ville de Subotica.

Un camion benne déverse du gravier autour des traverses en béton qui portent les rails. La ligne à voie unique, en service depuis 150 ans, doit être modernisée et transformée en ligne à double voie. Mais devant la maison d’István, il pourrait y avoir jusqu’à six voies. « Ici, le train s’arrêtera devant les locaux de la gare de la police aux frontières, un peu plus loin, il y aura la douane et la brigade financière. Selon le projet, des portiques seront installés : les trains passeront à vitesse réduite pour y être scannés, comme cela se fait déjà pour les camions aux postes-frontière », explique le maire de Kelebia, József Maczkó.

Comme István, plusieurs dizaines de personnes vivent tout près de la voie de chemin de fer. Murs anti-bruit, décorations végétales : les initiateurs du projet vont s’efforcer de minimiser les nuisances, assure l’édile : « Lorsque les voyageurs arriveront par le train, ils ne verront pas une zone industrielle lugubre ou une clôture, mais une zone plus verte, luxuriante. Ça a l’air de rien comme ça, mais c’est important et ça n’est pas donné : on parle de centaines de millions de forints [soit plus d’un million d’euros, Ndlr]. »

Le coût du chantier et son financement, c’est justement ce qui préoccupe une partie des résidents de Kelebia. « J’ai très peur que ce chantier coûte beaucoup plus cher que ce qu’ils ont convenu. Ici, on voit clairement que c’est une affaire d’oligarques. On donne du travail aux bons copains, sans savoir s’ils s’y connaissent et s’ils feront du bon boulot », s’emporte Gyulia, un habitant, dans un café du village. « On ne sait rien de ces travaux. Ils nous présentent ce projet en disant que ce sera merveilleux ! Mais on ne sait rien des coulisses », renchérit la propriétaire de l’établissement.

La construction de la section hongroise de la ligne ferroviaire Budapest-Belgrade, soit quelque 150 km sur un total de 350, a été confiée à un consortium rassemblant des groupes chinois et la holding Opus Global. Cette dernière appartient à l’homme le plus riche de Hongrie, l’oligarque Lőrinc Mészáros, ami d’enfance du Premier ministre Viktor Orban. Le coût du projet estimé à près de deux milliards d’euros, est financé à 85% par un prêt chinois. « On parle d’un crédit chinois mais c’est surtout un investissement hongrois. Nous aurions volontiers emprunté de l’argent à l’Europe de l’Ouest, mais ni Siemens, ni Alstom n’étaient intéressés par ce projet et le résultat, c’est que les Chinois ont saisi cette opportunité », soutient le député du Fidesz, Gábor Bányai, fervent défenseur du projet.

Kelebia a tout intérêt à ce que les trains de marchandises passent par ici, souligne pour sa part le maire József Maczkó, se réjouissant à l’avance de l’activité commerciale qui pourrait en découler : « On va accueillir ici l’un des centres de fret de la compagnie nationale de chemins de fer. On percevra aussi la taxe professionnelle. Plus le transport de marchandises sera important, plus il y aura de produits à contrôler et plus la municipalité en tirera profit. »

Contrat secretLe Parlement hongrois a voté en faveur de la mise au secret pour dix ans des détails du contrat de financement par la Chine de la ligne ferroviaire Budapest-Belgrade. Le flou a aussi été maintenu sur l’étude de faisabilité. Le gouvernement défend cette absence de transparence dans cet investissement d’infrastructure le plus important jamais réalisé en Hongrie, par la volonté de ne pas « mettre en danger la politique étrangère hongroise ». « Certaines questions sont si importantes pour un État qu'il n'est pas possible de les rendre publiques. Et dans ce projet, ce sont précisément les effets à long terme qui sont les plus importants », souligne Ágoston Sámuel Mráz, directeur de Nézőpont Intézet, un groupe de réflexion pro-gouvernemental.

Pour autant, ce prêt dont les détails restent entourés de mystère, comporte des risques. « La Hongrie a déjà contracté des emprunts, par exemple pour la centrale nucléaire construite par les Russes. Ce projet risque donc d'alourdir considérablement la dette de la Hongrie », note Agnes Szunomar, professeure d’économie spécialiste de la Chine à l’université Corvinus de Budapest. Autre question qui se pose : le projet est-il viable financièrement ? Pour ses opposants, ses avantages apparaissent bien maigres, au vu de l’argent dépensé. Des économistes ont fait le calcul : il faudrait attendre 2 400 ans avant que cette ligne de chemin de fer ne devienne rentable pour la Hongrie.

Bien qu’étant un projet privé qui ne dépend pas directement du grand plan de Xi Jinping pour faciliter les exportations chinoises via de nouvelles infrastructures, le plus grand des terminaux intermodaux terrestres d'Europe, inauguré en octobre 2022 à Fényeslitke, à proximité immédiate de la frontière entre la Hongrie et l'Ukraine,se targue d’être « la porte occidentale des "nouvelles routes de la soie” », selon l’expression de Janos Talosi, PDG de l’entreprise East-West Gate, interrogé par Le Monde.

Étant donné sa situation géographique centrale en Europe, la Hongrie de Viktor Orban souhaite jouer un rôle de plus en plus important dans « l’Initiative de la ceinture et de la route ». En réalité, Budapest cultive ses relations avec Pékin depuis le début des années 2000. La Hongrie a été le premier pays de l'UE à adhérer au projet des « nouvelles routes de la soie ». « Le gouvernement socialiste qui a précédé celui de Viktor Orban, était, lui aussi, ouvert et amical envers la Chine », rappelle Agnes Szunomar.

L’ancien Premier ministre Péter Medgyessy a facilité la première vague d'investissements économiques chinois dans le pays. Aujourd’hui, la Hongrie accueille de nombreuses institutions culturelles chinoises, un cercle de réflexion, cinq instituts Confucius, une école bilingue, un établissement de médecine traditionnelle chinoise et de nombreuses organisations culturelles. C’est sous le gouvernement de l’actuel Premier ministre que la Hongrie « est devenue l'un des pays de la région les plus vulnérables à l'influence chinoise », note l’Institut Carnegie dans un rapport. « Il semblerait qu'Orban considère le gouvernement chinois - qui donne la priorité aux principes de souveraineté de l'État et de non-intervention dans les affaires intérieures de ses partenaires diplomatiques - comme une alternative à l'Occident libéral, où ses homologues se sont montrés très critiques à l'égard du recul démocratique de la Hongrie. »

Si au début du siècle, « l'objectif principal était de stimuler les relations économiques [sous le gouvernement Orban], on est probablement passé d'une logique économique à une logique plus politique dans les relations », selon la professeure d’économie spécialiste de la Chine à l’université Corvinus.

Université Fudan à Budapest ?La construction d’un campus de la prestigieuse université Fudan de Shanghai à Budapest participe de cette logique. L’établissement devrait ouvrir en 2024 et accueillir 6 000 étudiants et 500 enseignants. Mais sur la friche industrielle du IXe arrondissement de la capitale hongroise, rien ne bouge autour de l’immeuble rouge brique à l’abandon, qui doit constituer le bâtiment principal de Fudan. Le projet, qui a rencontré une vive opposition, a été suspendu.

La maire de l’arrondissement, Krisztina Baranyi, aurait préféré faire construire à la place une cité universitaire pour y accueillir les étudiants des universités budapestoises. Mais cela ne sera pas possible tant que le projet Fudan n’aura pas été officiellement enterré : « Il a été suspendu avant les législatives d’avril 2022. Mais la fondation montée pour superviser cette université est toujours là, ils ne l’ont pas fait disparaitre. Elle continue de recevoir des milliards d’argent public. Cette fondation est une coquille vide, on ne sait pas vraiment ce qu’ils y font », raconte l’édile, qui a pris part à plusieurs manifestations contre le projet.

Les opposants pointent, entre autres, les modes de financement troubles. Le gouvernement a décidé de fournir gratuitement un terrain de 26 hectares, estimé à 2,2 millions d’euros, à l’université Fudan. Selon le média d’investigation Direkt36, l’opération serait presque entièrement financée par un prêt d’1,3 milliard d’euros accordé par la Chine à la Hongrie et il serait principalement construit par des entreprises chinoises. Krisztina Baranyi redoute aussi que ce projet ne se transforme en outil d’influence voire de surveillance pour Pékin. « Nous savons pertinemment comment fonctionnent certaines organisations chinoises, telles que les instituts Confucius ou d’autres instituts d’éducation », dit la maire du IXe arrondissement de Budapest, redoutant que cet établissement chinois ne devienne « un cheval de Troie sur le territoire de l’Union européenne ». Certains universitaires hongrois craignent, en outre que le projet Fudan ne dilue le budget de l'État consacré à l'enseignement supérieur et ne contribue à étouffer la liberté académique.

Pour s’opposer au projet et marquer clairement son opposition à la Chine et au régime communiste au pouvoir à Pékin, la mairie de Budapest a renommé quatre rues entourant le site du futur campus : « voie des martyrs ouïghours », « avenue de Hong Kong libre » , « avenue du Dalaï-lama » et « rue Xie Shiguang », du nom d’un ex-évêque catholique chinois, arrêté plusieurs fois de son vivant pour s’être opposé au contrôle de la religion par les autorités. Ce geste, critiqué par Pékin, pourrait être l’une des raisons pour lesquelles l’université Fudan a suspendu son projet, selon le politologue Agoston Samuel Mraz : « j’ai le sentiment que les partenaires chinois, considèrent qu’il n’est plus très intéressant pour eux de venir s’installer à Budapest parce qu'ils ne sont pas à l’aise dans cette situation où la ville ne soutient pas le projet. Ça n'est plus une question économique, c'est devenu une question politique ».

L’affaire n’est pas enterrée pour autant, tant les relations avec les Chinois sont importantes pour l’équipe Orban, estime, pour sa part Krisztián Takács, conseiller municipal du IXe arrondissement et membre du parti centriste Momentum. « Ce gouvernement a chassé de Budapest l'Université d'Europe centrale, qui était l'une des meilleures universités de Hongrie et il en fait venir une autre de Chine. Pourquoi expulser une université européenne, qui est là depuis longtemps, et en faire venir une autre de Chine ? », s’interroge l’élu.

Le gouvernement de Viktor Orban déroule également le tapis rouge aux entreprises chinoises et sud-coréennes de batteries électriques pour automobiles. Mais cette stratégie se heurte à des résistances locales.

Eva Kozma, mère de famille, milite activement au sein de « l’Association des mamans de Mikepércs », contre l’installation d’une gigantesque usine de batteries, à l’orée du village paisible et verdoyant, où elle a déménagé il y a une bonne quinzaine d’années, soucieuse d’offrir un cadre de vie plus sain à ses enfants. Le fabricant chinois CATL a choisi ce site, à deux heures et demie de route de Budapest, près de Debrecen, la deuxième ville du pays, à quelques kilomètres d’une usine en construction de BMW. Un autre fabricant chinois de batteries au lithium, Eve Energy, a annoncé en juin qu’il s’apprêtait à investir 1,4 milliard de dollars dans la construction d’une usine dans la région.

Redoutant que l’installation d’une usine de batteries ne s’accompagne de pollution sonore, de l’air et des eaux, les associations locales se mobilisent. « On a épluché toutes les autorisations et toutes les données que l’entreprise a bien voulu nous fournir. Le représentant de l’usine nous a dit des choses qui sonnaient bien. Mais ils ne construisent pas un atelier de chocolat ! », s’emporte Eva Kozma.

Révolte des riverainsLes opposants au projet craignent particulièrement que l’usine ne menace l’approvisionnement en eau de la ville. Avec des besoins à hauteur de 3 000 à 6 000 mètres cubes par jour, la demande en eau de l’usine sera supérieure à celle de toute la ville de Debrecen. À Budapest, le représentant hongrois du géant chinois se veut rassurant : « Nous envisageons la possibilité d'utiliser les eaux grises, c'est-à-dire les eaux usées traitées, à la place de l'eau potable ou d'autres eaux dites techniques. Nous sommes ouverts à l'utilisation de ce type d'eau pour couvrir plus de 70 % de nos besoins », affirme Balázs Szilágyi, directeur des affaires publiques de CATL Hongrie.

Des substances toxiques trouvées dans des puits de la ville de Göd, qui accueille une usine de batterie Samsung, a donné de nouveaux arguments aux militants de Mikepercs. « Ces cas ne sont pas avérés et nous n'avons aucune preuve de l'existence d'un quelconque incident sur d'autres sites, balaye Balázs Szilágyi, le représentant du fabricant chinois.Dans le cas de l’usine CATL, il ne sera pas possible de déverser de tels produits dans les eaux souterraines, tout simplement parce qu'il y aura un système d’isolation. Les produits ne pourront tout simplement pas y pénétrer. Nous aurons aussi 12 puits de surveillance des eaux souterraines : il y aura donc un contrôle continu et il sera facile de prouver qu'il n'y a pas de pollution. »

Pas de quoi rassurer Zoltan Timar, le maire de Mikepercz, lui aussi, opposé à la construction de l’usine chinoise. Dans le potager communal qui fournit la cantine municipale en fruits et légumes biologiques, il envisage de créer un jardin témoin. « Nous ferons des prélèvements réguliers pour les faire analyser dans des laboratoires agréés. Si on trouve quoi que ce soit, on se tournera immédiatement vers les autorités, d’autant que le maire de Debrecen a déclaré qu’en cas de constatation d’une contamination, il pourrait faire fermer l’usine. »

Autre inquiétude du maire de Mikepercz : l’arrivée sans doute massive de travailleurs étrangers. Après la crise économique de 2008, la région a connu un exode massif vers l’ouest de l’Europe et affronte aujourd’hui une importante pénurie de main-d’œuvre. « Notre localité paisible et familiale n’y est pas préparée. Je ne veux pas que des foyers de travailleurs s’installent ici », martèle Zoltan Timar, inquiet de la transformation d’un pavillon de sa commune en foyer, où des travailleurs chinois du chantier de l’usine de batterie, s’entassent à 6 ou 8 par chambre. « Je n’ose pas imaginer les risques sanitaires qui peuvent exister dans ces logements. Mais malheureusement, on est impuissant », regrette le maire.

Balázs Szilágyi répond aussi aux craintes concernant l’emploi de travailleurs étrangers : le recrutement se fera, à terme, au niveau local, assure le représentant de CATL. « Nous n'embauchons pas en Chine, soutient-il. Nous ne faisons que transférer temporairement quelques personnes de là-bas, parce qu'elles ont les connaissances nécessaires pour lancer une usine et que nous avons besoin d'elles au début. »

Bien que membre du Fidesz, le parti du Premier ministre Viktor Orban, Zoltan Timar s’oppose à un projet qui s’inscrit dans la stratégie d’ouverture de la Hongrie vers la Chine. Ce qui risque de lui valoir sa carrière politique. Il a d’ailleurs déjà fait les frais d’une campagne de dénigrement, destinée à le discréditer auprès de ses administrés hostiles à l’usine. Conscient de commettre un « suicide politique », il ne compte pas abandonner ce combat, qu’il sait pourtant « voué à l’échec ».

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Cinquième épisode de notre série « nouvelles routes de la soie, dix ans après ». La Turquie occupe une place centrale, entre l’Europe et l’Orient. La Chine l’a bien compris en investissant massivement dans ce pays. Un partenariat qui lui est souvent avantageux. Mais le Covid-19 et la guerre en Ukraine ont rebattu les cartes.

Il faut traverser le Bosphore, détroit qui relie la mer Noire à la mer de Marmara, pour se rendre d’une rive à l’autre d’Istanbul. La plus grande ville de Turquie est à cheval entre le continent européen et asiatique. Côté européen, dans le quartier historique de Sultanahmet, les touristes chinois ont refait leur apparition après le Covid. Ils visitent Sainte-Sophie, le Palais de Topkapi ou encore le grand bazar. En se perdant dans ses ruelles bordées d’échoppes colorées, on trouve des traces ancestrales de la présence chinoise.

La boutique d’antiquités d’Adnan, 40 ans de métier, renferme plus d’un trésor dont deux vases anciens en porcelaine de Chine, bleue et blanche. « Ils datent du XIXè siècle-début XXè, raconte le vendeur, et servaient à transporter de l’eau de zamzam, l’eau sacrée de la Mecque en Arabie saoudite. Les Chinois ont beaucoup produit de céramique blanche et bleue à partir du XVè siècle pour le palais de Topkapi, où se trouve encore aujourd’hui la collection la plus importante et la plus luxueuse au monde de porcelaine blanche et bleue datant de la période Ming », assure Adnan. De la porcelaine chinoise pour le sultan qui vivait dans le palais de Topkapi, à l’époque où Istanbul s’appelait encore Constantinople. Il fallait pour acheminer ces trésors, emprunter les routes terrestres de la soie avant qu’elles ne soient progressivement supplantées par les voies maritimes.

Le port de Kumport, près d’Istanbul, racheté par les ChinoisAujourd’hui, la Chine envoie toujours une partie de ses produits par la mer vers la Turquie, passage obligatoire entre l’Orient et l’Occident. Et pour assurer ses débouchés, elle s’est même payé le luxe d’acheter le troisième port de marchandises en Turquie: Kumport, à une heure d’Istanbul. L’armateur chinois Cosco en a fait l’acquisition en 2015, en rachetant 65% des parts. Depuis, le port fonctionne à plein régime, voire au-delà de ses capacités, selon Hakan Yakupoglü, responsable des douanes pour l’entreprise de fret maritime Narin. « Presque toutes les entreprises chinoises utilisent le port de Kumport, 80 à 90% des bateaux arrivent ici », explique-t-il, devant un ballet incessant de camions transportant des conteneurs. « Cela crée une suractivité qui peut ralentir l’arrivée et l’envoi de conteneurs, avec des retards de 2 ou 3 jours parfois ».

Les marchandises chinoises arrivent en Turquie par bateau, sur ce port racheté par les Chinois, mais pas seulement. Dans le cadre des « nouvelles routes de la soie » lancées, il y a 10 ans, par le président Xi Jinping, la Chine a investi dans des voies ferrées, des autoroutes, des ponts. « Pékin veut profiter de la place centrale de la Turquie pour rayonner en Méditerranée orientale », résume Tolga Bilener, spécialiste de la Chine au département de relations internationales de l’Université Galatasaray d’Istanbul, et toucher un marché turc fort de 85 millions de consommateurs ». Les échanges commerciaux ont bondi, passant de 10 milliards de dollars en 2010 à 45 milliards de dollars aujourd’hui, selon le chercheur, faisant de la Chine le troisième partenaire commercial de la Turquie, mais avec un net avantage pour les entreprises chinoises qui exportent bien davantage de produits qu’elles n’en importent.

La Chine, troisième partenaire commercial de la TurquiePour s’en rendre en compte, il suffit de se rendre au salon Beauty Eurasia, qui a eu lieu mi-juin près d’Istanbul. Les exposants chinois sont venus en force et ils vendent de tout : des emballages pour cosmétiques, des faux ongles, et des équipements laser. Ces machines multifonctions qui épilent, réduisent la cellulite et enlèvent les tatouages, sont fabriquées en Chine, explique sur son stand Rock Duan, directeur des ventes de Perfect laser : « En Chine, nous avons des usines qui fabriquent tous les composants pour ce genre de machines, des ingénieurs qui ont un savoir-faire de 10 à 20 ans, et des coûts de fabrications moins élevés, ce sont des avantages ». L’entreprise cherche des distributeurs en Turquie, un marché avec une population importante. Le pays occupe également une place centrale « proche du Moyen-Orient et de l’Europe, en plein milieu ! », précise-t-il.

Sohar qui travaille à la tête de Nikarich system, un distributeur de ce genre de machines en Turquie s’intéresse de près aux produits chinois : « Nous utilisons beaucoup de produits chinois en Turquie, car malheureusement les équipements qui viennent d’Europe ou d’Amérique sont trop chers pour le marché turc. Avant je travaillais beaucoup avec des entreprises russes, mais au niveau des douanes c’est plus simple entre la Turquie et la Chine, pour envoyer nos paiements en Chine aussi ». Facilités dans les procédures, prix moins élevés, les avantages sont nombreux mais, selon Sohar « il faut aussi reconnaître que les produits fabriqués en Chine ne sont pas forcément de bonne qualité, on les choisit parce qu’ils sont moins chers ».

La Turquie, en pleine crise économique a besoin de la Chine, de son commerce et de ses investissements. Mais les produits chinois ne font-ils pas concurrence aux produits turcs ? Yaman Ungan, directeur général d’Opontia, qui vend plusieurs gammes de cosmétiques turcs, tient un stand au salon Beauty Eurasia. Et selon lui, la Turquie a des atouts pour résister face à la Chine : la qualité des produits turcs et le « softpower culturel » qui permet à son entreprise de séduire les clients au Moyen-Orient. Avec la dépréciation de la monnaie turque, le pays est également devenu plus attractif : « c’est un nouveau centre de production, la Turquie est un peu devenue la Chine de l’Europe, sans être la Chine », affirme Yaman Ungan.

Relocalisations en TurquieAprès le Covid et la hausse des coûts de transports, plusieurs entreprises occidentales ont en effet préféré relocaliser une partie de leur production en Turquie, plutôt que de produire en Chine. Mais certaines entreprises chinoises ont, semble-t-il, également adopté cette stratégie. Ces investissements font partie du programme des « nouvelles routes de la soie ». En 2021, plusieurs entreprises de téléphonie mobiles chinoises ont installé des usines de fabrication en Turquie pour être au plus près des consommateurs.

Tecno est l’une d’entre elles. Installée dans le quartier de Pendik, sur la rive asiatique d’Istanbul, elle emploie plusieurs centaines de personnes, mais est aussi le théâtre de manifestations ces derniers mois, comme ce jour-là où une poignée de syndicalistes vêtus d’une tunique bleue, la couleur du syndicat Türk Metal, sont venus protester contre les conditions de travail chez Tecno. Ils dénoncent une pression permanente sur les ouvriers. « Ils n’ont pas le droit de se parler, leurs chefs sont toujours sur leur dos, il y a des caméras partout », affirme Serkan Gül, président de Türk Metal à Istanbul-rive asiatique. Selon lui, la liberté syndicale n’est pas non plus respectée. « Si un ouvrier se syndique, il est immédiatement renvoyé ». Difficile de vérifier ces affirmations, les entreprises chinoises communiquent très peu.

Le dossier ouïghour empoisonne les relations sino-turquesInvestissements dans les infrastructures, dans les entreprises, les relations économiques sino-turques se sont développées depuis le lancement des « nouvelles routes de la soie ». « C’est dans la tradition de la diplomatie turque de ne jamais mettre les œufs dans le même panier et de diversifier ses partenaires, décrypte Tolga Bilener de l’Université Galatasaray d’Istanbul, tout en sachant que 60% du commerce turc se fait encore avec l’Union européenne et la Russie aussi est un partenaire important ». Mais ces relations trouvent leurs limites aujourd’hui. « On peut parler d’une stagnation. En décembre 2022, le ministre turc des Affaires étrangères a parlé devant le Parlement d’un ralentissement après une période de réchauffement avec la Chine et il a lui-même donné la raison : le dossier ouïghour ».

Le dossier ouïghour est au cœur des relations en dents de scie entre Pékin et Ankara. Cette minorité musulmane et turcophone persécutée en Chine, a trouvé massivement refuge en Turquie, qu’elle considère comme un pays frère, ce qui exaspère Pékin. À Istanbul, ils sont des milliers de Ouïghours à vivre dans le quartier de Zeytinburnu et ses barres d’immeubles sans charme.

Voilée de noir, Mukerem Habit tient une boutique de vêtements traditionnels ouïghours. Cela fait six ans qu’elle vit à Istanbul après avoir quitté la région du Xinjiang en Chine que les Ouïghours appellent encore le Turkestan oriental. « Je suis partie car j’étais opprimée par le gouvernement chinois à cause de ma religion. Mon mari et une de mes filles sont en prison, une autre de mes filles a été internée dans un camp de rééducation », témoigne-t-elle, visiblement émue. Elle se dit en sécurité en Turquie, elle a acquis la citoyenneté du pays.

Les Ouïghours se sentent généralement protégés en Turquie. Le président Recep Tayyip Erdogan a été un des premiers à dénoncer un génocide commis contre cette communauté par les autorités chinoises. Mais les relations entre Ankara et Pékin varient au gré des intérêts économiques et en 2017, le Parlement chinois a ratifié un accord d'extradition avec la Turquie, ce qui inquiète Abdusselam Teklimakan, président d’une association ouïghoure, qui a peur un jour d’être renvoyé en Chine, et de subir le même sort que sa famille : l’internement dans des camps. « Bien sûr, cet accord d’extradition nous inquiète, même si pour l’instant seul le parlement chinois l’a ratifié, pas le Parlement turc, précise-t-il. Tant que le Parlement turc ne l’acceptera pas, nous nous sentirons en sécurité, assène-t-il. S’il le fait, on ne sait pas ce qu’il pourrait arriver à notre communauté. »

Après la guerre en Ukraine, la Turquie nouveau pôle d’attractivitéLes questions politiques et économiques sont étroitement liées dans les relations entre la Turquie et la Chine. Et la question ouïghoure n’est pas le seul point de désaccord entre les deux pays. « Les deux pays sont en compétition en Asie centrale, il y a des divergences au Moyen-Orient sur la Syrie, sur le dossier kurde, rappelle Tolga Bilener, et puis le fait que la Turquie fasse partie de l’Alliance occidentale est déjà un frein naturel pour le développement de ces relations ».

Mais Ankara peut aussi s’en affranchir. Après le Covid et la guerre en Ukraine, la Turquie a renforcé sa place centrale dans la région. La Turquie a été à la manœuvre dans l’accord entre la Russie et l’Ukraine, en juillet 2022, pour l’exportation de céréales ukrainiennes vers le reste du monde et cela « grâce à la force de sa politique étrangère mais aussi sa géographie centrale », rappelle Ahmet Faruk Içik, qui travaille sur les liens avec la Chine au sein de DEIK, une organisation patronale turque.

Du haut de son gratte-ciel dans le quartier d’affaires d’Istanbul, il parie à l’avenir sur le développement de la route transcaspienne, comme « nouvelle route de la soie ». « Avec la guerre entre la Russie et l’Ukraine, la route du Nord [qui va de la Chine à l’Europe en passant par la Russie, Ndlr] a perdu de sa pertinence car il n’y a plus de stabilité. Donc la route transcaspienne qui est stable, elle, est devenue une bonne alternative. Elle va du Kazakhstan à la mer Caspienne à un port d’Azerbaïdjan et ensuite par voie ferrée de la Géorgie à la Turquie. »

Les « nouvelles routes de la soie » lancées, il y a dix ans, par Xi Jinping se trouvent à moment crucial pour la Turquie. Le pays a le choix entre privilégier ses relations avec la Chine, devenue incontournable, rester tourné vers l’Occident, ou ménager tous ses partenaires, quitte à jouer les équilibristes.

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Quatrième épisode de notre série « nouvelles routes de la soie, dix ans après ». Des centaines de « méga-projets » financés par Pékin ont vu le jour en Afrique où ils suscitent l'optimisme des populations mais aussi parfois le scepticisme. Le partenariat « gagnant-gagnant » vanté par la Chine a-t-il réellement profité aux pays partenaires ? Réponse au Kenya, en Zambie, en Ouganda et au Sénégal, où Albane Thirouard, Romain Chanson, Lucie Mouillaud et Théa Olivier ont emprunté ces « nouvelles routes de la soie ».

Il faut compter cinq à six heures de train pour relier Nairobi, la capitale kényane, à Mombasa, ville portuaire de la côte Est. La ligne, lancée en 2017, est le plus grand projet chinois au Kenya : 3,2 milliards de dollars, financés presque intégralement par un prêt de Pékin.

Cet après-midi, au départ de Nairobi, le wagon est rempli. Lilith Omboko, l’une des passagères, travaille à Mombasa. Elle prend le train toutes les deux semaines. « C’est beaucoup mieux que ce que nous avions avant, se réjouit-elle. Le train prenait beaucoup plus de temps, jusqu’à 12 heures. Alors les gens utilisaient surtout le bus, parfois l’avion mais c’est plus cher. »

Il faut compter 1 000 shillings kényans soit sept dollars pour un ticket en classe économique. À l'entrée du wagon, le drapeau de la Chine trône à côté de celui du Kenya. À Mombasa, les voyageurs sont accueillis par la statue du grand explorateur chinois du XIVe siècle, Zheng He. Un personnage historique aujourd’hui figure de proue des « nouvelles routes de la soie ».

Moins de profits qu’attenduEn 2022, la ligne a permis de transporter plus de deux millions de voyageurs mais aussi des marchandises. Son point de départ, le port de Mombasa, est stratégique pour Pékin. « L’intérêt pour le pays s’inscrit dans l’objectif à long-terme de Pékin, qui est de connecter l’océan Indien avec l’intérieur du continent africain, explique Peter Kagwanja, à la tête du think-thank kényan Africa policy institute. L’idée est de débarquer ses biens à Mombasa, de les acheminer jusqu’au Congo puis d’atteindre la côte atlantique et ainsi de faire du commerce avec l’Amérique ».

Le développement du port de Mombasa a toutefois été entaché par des affaires de corruption et de mauvaise gestion. Des critiques régulières contre les projets financés avec des prêts chinois au Kenya et aux bénéfices très décevants. C’est le cas de la ligne Nairobi-Mombasa, déplore Michael Mchege, économiste à l’Université de Nairobi.

« Nous nous retrouvons à devoir utiliser l’argent du contribuable pour rembourser le prêt alors que 60% des revenus de l’État vont déjà dans le remboursement de la dette. Cette dette, ce n’est pas que la Chine d’ailleurs. La part de la Chine c’est environ 20%. Mais le problème, c’est que les autres bailleurs sont prêts à s’asseoir pour négocier un rééchelonnement de la dette, mais pas Pékin. »

À Mombasa, les habitants rencontrés semblent, eux, loin de ces débats. Ces critiques n’ont pas empêché non plus le président kényan William Ruto d’évoquer de futurs projets avec la Chine en juillet dernier (2023) lors d’une rencontre avec Wang Yi, chef de la diplomatie chinoise.

Emprunts chinois en Zambie : « On en a payé les conséquences »Nous mettons maintenant le cap vers la Zambie où l'influence de la Chine est financière. Nous arrivons au terminal 2 de l'aéroport international de Lusaka, financé et construit par des Chinois. La Chine détient la moitié de la dette zambienne. Dans un premier temps, ce recours massif à l'emprunt a favorisé le développement du pays. Éric Rambeloson est un entrepreneur français qui vit à Lusaka depuis plus de 20 ans, il a vu l'évolution de la Zambie et ses dérives.

« En 2011, il y a eu un changement de parti. Le président de l’époque [Michael Sata] a voulu se focaliser sur l’investissement d’infrastructures. La Chine étant présente, ils se sont tournés vers Pékin. On en a payé les conséquences par la suite. »

Le 18 novembre 2020, en pleine pandémie du Covid-19, les autorités annoncent ne plus être en mesure de rembourser ses créanciers. La dette, et le défaut de paiement qui a suivi, ont profondément fragilisé l'économie zambienne, explique Peter Mumba, coordinateur de l’Alliance de la dette, une organisation de la société civile.

« La dette a eu des conséquences sur quasiment l'ensemble des Zambiens. Si vous regardez le budget du pays pour 2022, près de la moitié est consacrée au remboursement de la dette. Ce fardeau a eu un effet sur des éléments fondamentaux de l'économie comme l'inflation, le taux de change et par conséquent, la hausse du coût de la vie. »

Flambée des prixAu City Market, le plus grand marché de Lusaka, la question du coût de la vie fait consensus entre clients et commerçants : les produits de base sont trop chers. Anna Muvenga vend du pain de mie sur un coin de rue. « Le prix du pain augmente, le coût de la vie est de plus en plus cher... On se bat pour survivre. Il y a beaucoup de produits qui deviennent chers, ça fait deux ans que ça dure. »

Robert Mwansa est un passant qui ne comprend pas comment la Zambie, un pays riche en ressources naturelles comme le cuivre, se retrouve à manquer d’argent. « La Zambie produit énormément d'argent chaque année, plus de 20 milliards de dollars par an, donc je ne comprends pas pourquoi cette dette fait souffrir le peuple. On a assez de ressources pour effacer cette dette, l'Afrique est le continent le plus riche du monde, la Zambie est aussi une terre de richesses. »

Robert Mwansa reconnaît que le pays manquait cruellement d'infrastructures et que les nouveaux aménagements sont les bienvenus. Mais une limite a été franchie.

Si j’avais l’occasion de recommencer, je ferais la même chose

Ce ressentiment s'est d’ailleurs exprimé dans les urnes en 2021, lorsque le président Edgar Lungu a dû laisser sa place à Hakainde Hichilema, moins proche des Chinois. Brian Mundubile, ancien membre du gouvernement et chef des députés du Front patriotique était aux premières loges pour observer la dette enfler. Nous le rencontrons à l’Assemblée nationale. « Si j'avais l'occasion de recommencer, dit-il, et bien je ferais la même chose. Je suis sûr que vous avez atterri dans un très bon aéroport, tout le monde l'aime, nous aussi ! J'aime également notre réseau de télécommunications dans tout le pays. Ces emprunts étaient nécessaires. »

Le plan ne s'est pas déroulé comme prévu, dit pudiquement Brian Mundubile. Les retombées économiques espérées ont été empêchées par les ravages d'une sécheresse, puis du Covid-19.

En juin 2023, la Chine a fini par accepter de venir à la table des négociations pour restructurer la dette zambienne. Une bulle d'oxygène qui doit permettre à l'économie du pays de se relancer. Les prévisions de croissance sont bonnes. Les « nouvelles routes de la soie » chinoises ne feront pas de détour, elles continuent de passer par la Zambie.

L’Ouganda « devait créer un compte bancaire avec du cash »Kampala, la capitale ougandaise, est une autre étape incontournable de l’itinéraire tracé par Pékin. Sur de nombreux chantiers de travaux publics, des inscriptions en mandarin fleurissent, signe de la domination des entreprises chinoises dans le secteur.

Ces contrats juteux inquiètent pour leur manque de transparence. Fin 2021, un média local révèle les conditions du prêt accordé par Pékin pour l'agrandissement de l’aéroport d’Entebbe, seul aéroport international du pays. Certaines de ces modalités sont jugées « scandaleuses » par Jane Nalunga.

« Le gouvernement chinois devait approuver le budget et le plan stratégique de l’Autorité civile d’Aviation ougandaise, qui est l’autorité en charge de l'aéroport, détaille la directrice d’un think-tank en recherche économique. Le budget devait d’abord être approuvé, avec peu de dépenses programmées car il fallait rembourser ! Ensuite, le gouvernement ougandais devait créer un compte bancaire où il déposait du cash dans le cas où il échouerait à rembourser l’emprunt et manquait à ses obligations. La Chine avait le droit de saisir cet argent. »

Le ministre ougandais des Finances Mattias Kasaija avait à l’époque bien reconnu des « failles » dans les négociations. Des négociations qu’il avait toutefois défendues devant les députés en novembre 2021. « Nous avons vu que c’était l’alternative la moins chère, et nous avons sauté sur l’occasion, avait-il déclaré. Je pourrais m’excuser et dire que nous n’aurions pas dû accepter certaines de ces clauses, mais comme je vous l’ai dit, le prix, c’est que c’est à prendre ou à laisser ! »

Au Sénégal, un data center équipé par le géant chinois HuaweiCap à l’ouest du continent, où les « nouvelles routes de la soie » atteignent le Sénégal. Dans le pays, l’influence de la Chine est numérique. Hautes barrières, fils électrifiés, gendarmes à l’entrée. Le très sécurisé data center se trouve au milieu des chantiers de Diamniadio, ville nouvelle à une trentaine de kilomètres de Dakar. Inauguré en juin 2022, ce centre a été financé par la coopération chinoise.

Derrière une porte sécurisée, se trouve le cœur du data center. Au milieu d’une salle de 250 m2, trois conteneurs – des modules confinés dans le jargon – renferment des serveurs qui stockent les précieuses données. 80 à 90% d’entre elles viennent des ministères, des agences nationales, des mairies ou des préfectures, le reste venant du privé.

Certains serveurs sont marqués d’un logo Huawei. Le géant du numérique chinois soupçonné d’espionnage par les États-Unis a en effet équipé le data center. Seydi Cheikh Fall est le responsable de la maintenance et du support. « Il n’y a pas forcément que du Huawei, il y a aussi du Nutanix, du Cisco… L’idée c’est d’avoir un mix qui permet de casser le monopole et de ne pas dépendre d’un constructeur. Côté sécurité, ça permet de ne pas s’ouvrir lorsqu’il y a des attaques qui visent ces failles-là. »

Compte tenu de la sensibilité des données, Ousmane Bop, manager des lieux, se veut rassurant sur le choix de travailler avec Huawei. « Huawei est intervenu uniquement dans la construction du data center, dans l’exploitation Huawei n’intervient pas du tout, assure-t-il. On fait un travail d’homologation et de normalisation. La normalisation permet de voir tous les équipements installés au niveau du site, de les tester, de voir les failles et d’être sûrs qu’ils peuvent accueillir les services de nos clients ».

Il est clair que la question de la dépendance numérique se pose

En plus du data center, la Chine a installé 4 500 km de fibre optique au Sénégal, construit les réseaux 3G et 4G, et peut-être bientôt la 5G. Cela fait de Pékin le principal partenaire étranger dans le secteur mais pas le seul explique, Cheikh Bakhoum, directeur général de Sénégal Numérique.

« Nous avons reçu des investissements de la Chine, mais également d'autres pays, comme Israël, les États-Unis, ou ceux de l'Union européenne. Aujourd'hui, la Chine est un des acteurs majeurs avec qui nous travaillons dans le domaine du numérique. Mais au Sénégal, il n'y a pas d'exclusivité. Nous sommes ouverts à tous les pays. »

Nous terminons notre route africaine de la soie à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, à la rencontre d’Ibrahima Niang, spécialiste des relations Chine-Sénégal. « Les groupes qui étaient avant présents sur le marché tels qu’Alcatel, ou Ericsson ne le sont plus parce que Huawei est parvenu à gagner des parts de marché. Il est clair que la question de la dépendance numérique se pose à partir de ce moment », explique-t-il.

Pour les pays africains intégrés aux « nouvelles routes de la soie », la dépendance est avant tout d’ordre économique. Plusieurs observateurs estiment que la Chine peut tout à fait être un partenaire choisi, mais qu’elle ne doit pas être le seul, au risque pour ces États africains de rester en marge des chaînes de valeur et du commerce mondial.

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Troisième épisode de notre série « nouvelles routes de la soie, dix ans après » au Sri Lanka et plus précisément au sud de l’île au 22 millions d’habitants, l'ancien fief du président déchu Gotabaya Rajapaksa. Coup de projecteur sur le port d’Hambantota, construit avant le lancement des « nouvelles routes de la soie » et devenu au fil du temps le symbole des dérives mégalomaniaques des Rajapakse, qui ont plongé le pays dans le chaos et l’une des pires crises économiques et politiques de son histoire.

Pour rejoindre la pointe Sud de l’île depuis la capitale Colombo, il ne faut désormais plus que 3h30. Flambant neuve, inaugurée en 2015, l’extension de l’autoroute du Sud financée et construite par les Chinois est tout un symbole. La première autoroute du pays, qui relie aujourd’hui les ports de Colombo et d’Hambantota et les deux aéroports internationaux de Colombo et de Mattala, fait partie des nombreux projets d’infrastructures développés à coup de milliards de dollars de crédit, et aujourd’hui sous le label des « nouvelles routes de la soie ».

Le cas du port en eau profonde d’Hambantota est encore plus emblématique. Pour rembourser une partie de ses dettes, le Sri Lanka a dû accorder une concession de 99 ans sur les activités commerciales du port à une entreprise publique chinoise (CMPH). Ces projets sont qualifiés « d’éléphant blanc », une expression tirée d’une légende thaïe pour désigner tous ces investissements démesurés qui ont contribué à ruiner le pays. Et dans le cas d’Hambantota, à exacerber le conflit entre l’homme et la faune sauvage.

Un écosystème chambouléDepuis la construction du port d’Hambantota, la coexistence ancestrale entre les humains et les éléphants n’est plus du tout pacifique. Début juillet, en seulement trois jours, quatre villageois ont perdu la vie suite à des attaques d’éléphants sauvages. Ces comportements hostiles s’expliquent par la déforestation et la dégradation de l’habitat naturel des pachydermes, qui les obligent à rechercher des ressources vitales en dehors des forêts et des zones protégées. A Hambantota, les villageois rapportent la mort tragique de 17 personnes en un peu plus d’un mois. Au niveau national et selon les données officielles, 2022 a connu une mortalité record avec 145 décès d’humains et 433 décès d’éléphants

A Gonnoruwa, un village à une dizaine de kilomètres au nord du port, Nanini vient d’apprendre la mort de son fils, piétiné par un pachyderme alors qu’il se rendait à son travail. Le jeune homme avait emprunté comme chaque matin un raccourci, créé par l’entreprise qui a construit l’autoroute pour acheminer son matériel et qui traverse une réserve forestière. L’aire censée être une zone protégée est gérée par le bureau de la faune sauvage. Les villageois dénoncent une absence totale de signalisation ou de clôtures électriques pour protéger les humains. Sur ces terres à majorité cinghalaise et bouddhiste et dont près de la moitié des habitants vit en dessous du seuil de pauvreté, la vie ne tient qu’à un fil.

Roshan Rajika peut en témoigner. Ce passionné d’environnement reçoit chaque jour des appels de villageois paniqués pour lui signaler la présence d’éléphants dans leurs rizières ou à proximité de leur maison. Une nuit, tous les rouleaux électriques des petits commerces dans un des villages ont été saccagés. Un éléphant affamé était passé par là.

Le quadragénaire a filmé des centaines de vidéo de ces créatures majestueuses. Il se souvient du temps où la zone de Karagan Lewaya abritait une riche biodiversité. Autrefois visité par des oiseaux migrateurs et des troupeaux d’éléphants, l’espace est désormais occupé par le complexe portuaire et un gigantesque terrain qui sera transformé à terme en zone industrielle. Roshan en veut beaucoup aux autorités. « Je n’ai rien contre le développement, mais il n’y a eu aucune étude de faisabilité, de protection de la nature ou de stratégie pour éviter le conflit actuel homme-faune. Tous ces projets ont été initiés par notre gouvernement. Quand la construction du port a débuté, les autorités ont bâti des villages pour reloger les fermiers sans tenir compte des éléphants. La construction du port et des nombreux villages a grignoté leur habitat naturel et ce avec la bénédiction des politiciens locaux. »

Des éléphants blancsC’est aussi l’avis de Saman Sudarashana, le secrétaire de l’association des fermiers de la région, qui dénonce les incohérences du gouvernement. « Notre district compte environ 450 éléphants. Le gouvernement a reconnu la région comme une zone de conservation de l’habitat des éléphants tout en lançant des projets de développement comme l’aéroport de Mattala, l’autoroute, un stade de cricket ou encore un gigantesque centre de conférence. Tout cela a été construit au beau milieu des aires protégées poussant les éléphants à venir se nourrir sur les terres agricoles. » Le secrétaire de l’association souligne le ras-le-bol de la population locale. « Personne ne se soucie de notre bien-être ni de celui des animaux. À cause de tous ces projets mal planifiés, des gens perdent leur vie, des maisons sont saccagées. Et les récoltes, cultivées au prix de nombreux sacrifices, sont détruites. Ce n’est pas la faute des éléphants, ce sont les élus qui ont mal géré la situation.

Malgré les fréquentes manifestations et plusieurs grèves de la faim, les fermiers savent qu’ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes. Dans cette zone sèche qui souffre de problèmes chroniques d’approvisionnement en eau potable, l’un des enjeux majeurs sera de trouver des financements pour construire un réservoir d’eau pour les éléphants, seule solution viable et durable, estime Saman Sudarashana.

Ces éléphants blancs ont non seulement ruiné le pays mais aussi bouleversé la vie de centaines de familles, expropriées de leurs terres et relocalisées à des kilomètres plus au nord en échange de maigres compensations. Piyadasa 75 ans tient une petite épicerie en bord de route. C’est aussi le domicile de sa fille et de ses deux petits enfants. Le septuagénaire vivait à l’emplacement du port et cultivait des noix de cajou bio, destinées à l’export. La production lui permettait de vivre très correctement. « Avant 2007, nous pouvions subvenir à nos besoins, vivre de notre travail. J’avais près de six hectares de terres cultivables, se souvient-il nostalgique. Aujourd’hui j’ai tout perdu. Je ne gagne que 10% de ce que je gagnais avant. Toute la région s’est transformée en zone semi-urbaine. Près de 180 familles dont une trentaine qui étaient mes voisins sur le site du port ont été relocalisées dans le village. Et je n’ai eu que 3 200 euros de compensation. »

Impact économiqueInterrogé sur ce qu’il pense de la famille Rajapaksa, dont Hambantota est le fief ancestral, l’épicier répond sans ambages. « Tous les politiques sont pareils. Vous savez, j’ai des liens familiaux avec les Rajapaksa du côté paternel. Mon père m’a toujours dissuadé de voter pour eux. Il me disait : "les Rajapaksa sont tous des escrocs !" Moi, je suis pour Sajith Premadasa, le chef de l’opposition. Je ne soutiens pas non plus l’actuel président Ranil Wickremesinghe car il a des liens de parenté avec la femme de Mahinda Rajapaksa. Ils sont tous corrompus et se protègent les uns les autres. »

Le district d’Hambantota compte environ 600 000 habitants, dont la majorité vit de l’agriculture et de la pêche. Le port de pêche avec son marché se situe à environ 3 km à vol d’oiseau du port international d’Hambantota.

Le regard fatigué, vêtu d’un sarong et d’une chemise à carreaux, Jaufer Moulana, 57 ans, pêche depuis l’âge de 12 ans. Sa vie aussi a été chamboulée depuis la construction du port en eau profonde, qui se trouve sur la route stratégique des cargos entre l’Europe et l’Extrême-Orient.

« Les cargos nous créent pas mal de problèmes. Avant, on pêchait à l’emplacement du port et on attrapait beaucoup de poissons. Aujourd’hui, la Marine nous interdit de nous y attarder à cause du passage des navires. Dans l’idéal, on aimerait pouvoir y aller le soir et rester jusqu’au matin, mais si un navire passe à ce moment-là, nos filets sont détruits. C’est déjà arrivé trois fois cette année. » Jaufer se plaint de l’énorme manque à gagner. « On nous oblige à quitter la zone, avant même d’avoir réussi à attraper assez de poissons. Vous ne pouvez même plus y planter un hameçon ! Je n’arrive plus à rentrer dans mes frais. » Et de fait, ce matin, le pêcheur n’a rien gagné, il n’a même pas pu couvrir ses dépenses d’essence, entre 10 et 15L qu’il a dû acheter à crédit.

Pour comprendre ce sentiment d’abandon et l’inaction des élus, nous avons tenté de rencontrer le secrétaire de la mairie du district, M. Sumanasekara. L’entretien sera de courte durée. Le regard fuyant et le ton sec, l’agent du gouvernement a refusé de répondre à nos questions. Il nous a invité à écrire au ministère de l’Information pour obtenir une autorisation.

Quand une porte se ferme, une autre s’ouvre, disait le célèbre écrivain espagnol Cervantès. Cette règle ne s’applique malheureusement pas à Hambantota. Sous un faux prétexte, la visite du port géré par la compagnie China Merchants Port Holdings, pourtant acceptée des semaines en amont et avec à l’appui une liste de questions que nous souhaitions poser, a été annulé à la dernière minute. Selon le service de presse du port, la personne dont on n’a jamais eu le nom et qui était chargée de nous faire visiter le port a dû quitter le pays de manière impromptu pour assister à des réunions urgentes.

« No Go Zone »Le complexe portuaire ressemble à une base militaire. Les quatre routes menant aux terminaux sont coupées par des check points, truffés de caméras et surveillées par des agents privés et parfois aussi la marine sri-lankaise. Impossible de s’en approcher. Notre chauffeur de tuk-tuk a dû s’arrêter à deux reprises pour un contrôle routier aux abords du complexe portuaire.

Un salarié du port a tout de même accepté de répondre à quelques questions par téléphone et sous couvert d’anonymat. Le jeune homme a confirmé que l’activité principale du port était le transbordement de véhicule. Combien de navires accostent le quai ? Entre dix et quinze selon lui, sur les trois derniers mois et les deux premiers de l’année. C’est la période où le trafic est le plus intense. L’écrasante majorité des employés sont des locaux. Tandis que les Chinois, quelques dizaines, travaillent dans le bâtiment de l’administration portuaire, auquel les Sri-Lankais n’ont pas accès.

Notre interlocuteur ajoute que les salaires sont satisfaisants et que les repas sont fournis par l’entreprise. Une ombre au tableau toutefois : depuis que le port est géré par les Chinois, les promotions se font très rares et l’incertitude demeure étant donné que les contrats sont renouvelés tous les ans. Globalement et pour conclure, l’employé du port voit un impact plutôt positif sur sa vie et celles des jeunes de son village. Une cinquantaine ont pu être embauchés dans le port.

Monsieur 10 %Frappés par une crise économique sans précédent depuis plus d’un an, les villageois résignés, reconnaissent qu’ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes. Le malaise est profond à Hambantota. Un mot revient dans toutes nos conversations : la corruption. Une corruption endémique en particulier dans les sphères du pouvoir et autour du clan politique des Rajapaksa.

Aruna Kulantuga, économiste politique à Colombo dénonce la cupidité des élites. À titre d’exemple, il cite le nom de l’un des frères de l’ex-président : Basil Rajapaksa, ancien ministre des Finances, communément appelé « Monsieur 10 % ». On l’a affublé de ce surnom en raison des commissions qu’il a perçues sur tous les contrats signés ces dernières années. Et dans le cas d’Hambantota, l’économiste revient sur un épisode de 2014, lorsque l’ancien gouvernement Sirisena étranglé par les dettes cherchait une issue de secours.

« Le coût du crédit pour la construction du port était estimé à 1,2 milliard de dollars. Mais l’entreprise qui a construit le port a révélé que la construction avait coûté 900 millions. Où sont passés les 300 millions restants ? Personne ne le sait. Une enquête diligentée en 2014 et menée jusqu’en 2019 a simplement conclu que tout cet argent avait disparu. Il ne se trouve pas dans le pays, ni même en Chine. Cet argent apparaît sur des comptes à Dubaï ou dans des propriétés luxueuses en Grande-Bretagne. Des centaines de millions de dollars ont été blanchis sans qu’on ait pu apporter des preuves. »

Piège de la dette ?En moins de 20 ans, les investissements chinois au Sri Lanka ont augmenté à près de 12 milliards de dollars. Aujourd’hui, le pays doit 10 % de sa dette totale et 20 % de sa dette publique à la Chine seule, soit la plus haute proportion parmi ses nombreux prêteurs.

Etranglé par les prêts, Colombo a dû se résoudre à céder à la Chine l’exploitation de son port du Sud pour 99 ans. Hambantota est ainsi devenu l’exemple par excellence en Occident du « piège de la dette », un terme utilisé pour la première fois en juin 2018 dans une enquête du New York Times et qui a depuis été largement diffusé dans la presse occidentale et parmi les chercheurs pour dénoncer la stratégie prédatrice de la Chine. Le cas du Sri Lanka a dans le même temps écorné les grandes ambitions de prospérité véhiculées par Pékin dans sa promotion des mégaprojets associés aux « nouvelles routes de la soie ».

Mais pour l’analyste économique Thilina Panduwawala, le terme de « piège de la dette » est inapproprié dans le cas du port d’Hambantota. Son travail de recherche consiste comme il dit à séparer « les mythes de la réalité ». Il revient sur les étapes successives du projet. « Les principaux bailleurs sont les Chinoises Exim Bank et China Development Bank. Les emprunts ont débuté vers l’an 2000. Entre 2007 et 2014, le Sri Lanka a emprunté 1,2 milliard pour la construction du port d’Hambantota. Dès 2016, il devient évident que le pays est incapable de rembourser ses dettes. Ranil Wickremesinghe alors Premier ministre évoque au Parlement le lourd fardeau de la dette. Il décide de louer le port à China Merchants Port Holdings en échange de 930 millions de dollars, afin de renflouer les caisses vides en devises étrangères, et d’éviter de contracter de nouvelles dettes. »

C’est à partir de là que l’on commence à parler de confiscation des avoirs par la Chine. Or, en réalité, aucune clause de ce type n’existe dans le contrat, souligne Thilina Panduwawala qui affirme avoir consulté le contrat que lui et son équipe rendront public prochainement. « Le crédit contracté auprès d’Exim Bank continue d’être remboursé, la dette n’a pas été effacée et l’argent perçu par la signature du bail à servi à accroitre les réserves de change », conclut-il.

Aruna Kulatunga réfute également la théorie du piège de la dette. Ce dernier explique comment le clan Rajapaksa, tout puissant au sortir de la guerre civile en 2009-2010, a cherché à asseoir sa popularité en se lançant dans des projets trop coûteux. « Si l’on regarde les chiffres, plus de la moitié des emprunts provient de créances privées, c’est-à-dire du marché obligataire, accordés à des taux assez élevés entre 4 et 8 %, tandis que les taux des prêts bilatéraux étaient plutôt bas de l’ordre de 3 ou 4 %. Le leadership de l’époque a été frappé par un égo démesuré. Pour perpétuer cette adoration, ils ont investi tous azimut sans se soucier des conséquences. »

Toute la responsabilité repose, selon l’économiste politique, sur les autorités sri-lankaises. « Ce ne sont pas les Chinois qui sont arrivés pour nous dire prenez, prenez l’argent, c’est nous qui avons emprunté. On le sait maintenant, car les données commencent à sortir, que les Chinois nous ont conseillé d’aller doucement, de ne pas nous précipiter. »

Principe de neutralitéLe résultat est là. La Chine contrôle désormais le port septentrional et Aruna Kulatunga craint les conséquences géopolitiques de cette situation. « Lorsque vous regardez la carte de l’Asie du Sud, vous voyez un port chinois au Pakistan, au Bangladesh et dans le sud du Sri Lanka. Ces ports forment un triangle parfait qui encercle l’Inde. Notre voisin a donc toutes les raisons de s’inquiéter. Car en cas de confrontation, et c’est possible, on ne peut pas l’exclure, l’Inde sera encerclée. Pourquoi avons-nous accepté cela ? Nous n’aurions jamais dû, ce n’était pas dans notre intérêt. »

L’expert rappelle le principe de neutralité que son pays s’est toujours imposé dans l’histoire contemporaine. « Nous n’aurions jamais dû être entraînés dans cette rivalité. Nous aurions dû garder une politique d’ouverture de nos ports, de nos eaux territoriales, de notre espace aérien. Et non pas vendre ou louer. Et puis 99 ans, c’est long ! On dit que le centre d’affaires Port City à Colombo est un bail de 99 ans. En réalité, c’est bien plus : une partie restera chinoise à tout jamais ! »

Selon Aruna Kulatunga, la Chine compte prochainement investir 4 milliards de dollars supplémentaires, notamment dans la construction d’une raffinerie de pétrole uniquement destinée à l’export. Parmi les candidats sont cités le Chinois Sinopec, le plus grand raffineur d’Asie, ou encore Aramco, le géant pétrolier saoudien.

Pour comprendre l’importance du port d’Hambantota il suffit de regarder une mappemonde. Le port se situe à seulement 10 miles nautiques de la route maritime commerciale Est-Ouest la plus fréquentée au monde. Pour comprendre les enjeux de ce port sur la carte des « nouvelles routes de la soie », nous avons interrogé Yasiru Ranaraja, le directeur de BRI SL. Cette organisation internationale de développement et de conseil s’intéresse de près aux projets en lien avec les « nouvelles routes de la soie » au Sri Lanka et dans la région.

« Les navires chinois qui transportent du pétrole passent par le détroit de Malacca. La Chine achète la grande majorité du pétrole à l’Arabie saoudite, ses navires empruntent la route maritime ouest/est qui passe par Hambantota, puis le détroit de Malacca jusqu’à la mer de Chine du Sud. S’il arrivait quelque chose, la Chine aurait un grave problème. »

Selon Yasiru Ranaraja, l’initiative chinoise comporte plutôt des aspects positifs pour son pays. « Le Sri Lanka pourrait devenir à l’avenir l’emplacement idéal, une base pour le commerce de l’énergie dans la région. Je pense que le port est stratégiquement important aussi bien pour la Chine que pour nous. Le Parlement sri-lankais avait dès les années 1970 des projets pour ce port, ce n’est donc pas nouveau. »

Le district d’Hambantota, considéré comme l’une des régions les plus pauvres du Sri Lanka, a bénéficié d’un flux d’investissements considérables. À ce jour, le port et ses 60 km2 de terrain n’ont pas produit les recettes escomptées. Les activités du complexe portuaire sont encore très loin du rêve de Colombo de transformer l’île en hub régional. Pour développer la région et rendre le port viable et lucratif, Pékin devra injecter dans les prochaines années des milliards de dollars supplémentaires. Des projets titanesques à mille lieux des préoccupations et des attentes de la population.

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Deuxième épisode de notre série « nouvelles routes de la soie, dix ans après ». La Malaisie est un point de passage vital pour le commerce maritime mondial, et en particulier pour la Chine. Pékin y construit des ports et des chemins de fer pour éviter le détroit de Malacca, contrôlé par les Américains. C’est la justification première des « nouvelles routes de la soie ». Mais où est l’intérêt de la Malaisie ? Les populations locales affectées par les projets chinois souffrent du manque de transparence et de la corruption des élites.

En Asie du Sud-Est, la Malaisie occupe une place stratégique. Son versant Ouest longe le détroit de Malacca, qui sépare le pays de l’Indonésie. Il est le passage obligé des routes commerciales maritimes qui relient l'Europe et le Moyen-Orient à l'Asie. Entre le tiers et la moitié des flux mondiaux de marchandises transitent par ce détroit. La Malaisie est donc centrale dans tout projet qui vise à faciliter l'intégration de la région au commerce mondial.

« Cela permet également de faciliter le commerce entre les pays de l’Asean ainsi qu'entre l’Asean, la Chine et d'autres parties du monde », explique Liew Chee Yoong, économiste spécialisé en gouvernance d'entreprise et développement financier à l’université de UCSI de Kuala Lumpur. Cela découle de l'augmentation de la connectivité induite par les projets des « nouvelles routes de la soie ». « Ces projets seront en fait très positifs et peut être très fructueux, compte tenu de ce qui se passe actuellement dans divers pays de l’Asean. »

Un millier de bateaux empruntent le détroit de Malacca chaque jour - et faire passer les marchandises à travers la Malaisie pourrait faire gagner des jours entiers. Afin que les marchandises puissent être transportées plus rapidement et plus efficacement de la côte Est en Ouest, une ligne ferroviaire traversant le pays est en cours de construction, permettant ainsi d’éviter le détroit de Malacca.

Nouvelle voie terrestreC’est à Kuantan, sur la côte Est du pays, ville incontournable sur les « nouvelles routes de la soie », qu’ont débuté les travaux de construction d’une ligne de chemin de fer nommée ECRL (East Coast Railway Link), ou ligne ferroviaire de la côte est, et de gares afin de faciliter le transport des marchandises.

Sauf que ces projets ne font pas l'unanimité auprès des populations locales. À une cinquantaine de kilomètres au nord de Kuantan, la maison de Rokamar, dame âgée au visage souriant, est plantée au milieu d’un grand terrain sur lequel se trouvent des poulaillers, des ateliers de construction… Tout ce que sa famille a bâti depuis plus de 40 ans sera réduit à néant pour faire place à une route bétonnée.

« Nous avons été pris au dépourvu dès le début du projet. Les responsables ne sont venus ici que lorsque les choses ont été finalisées, nous confie Rokamar. Il n'y a donc rien que l’on puisse faire, nous devons accepter ce que Dieu nous a imposé. Je suis en colère que nous soyons forcés d’accepter ces projets et que nous soyons obligés de céder nos terres. »

Sulung, son mari, peau burinée à force de travailler en extérieur, voudrait que le projet soit déplacé de quelques kilomètres. « À proximité, il y a des milliers de kilomètres carrés de marécages, ils pourraient construire là-bas, dit-il en tendant le bras vers un espace vide. Ce n'est pas que nous soyons contre le progrès, mais ils pourraient déplacer la ligne ferroviaire dans la zone marécageuse, il n'y a rien du tout là-bas. Lorsqu'ils sont venus faire des relevés et des mesures, ils nous ont dit que c'était pour construire une route d'accès à la gare. Il ne s'agit même pas d’y installer la voie de chemin de fer, mais une voie d'accès ! »

Rokamar exprime tout haut ce que tous dans leur village pensent tout bas. « Pour moi, ceux qui ne sont pas directement touchés peuvent facilement parler des avantages de l'ECRL. S'ils étaient frappés de plein fouet, comme nous, ils sauraient à quel point c’est un bouleversement de devoir tout changer à sa vie. »

Quelles indemnisations ? Le couple, parents de huit enfants, a toutefois une chance que d’autres n’ont pas : un titre de propriété de leur terre, garantissant un minimum d’indemnisation pour leur perte. Mais pour Razali, qui vit à moins de 5 km de là, ce n’est pas le cas. « Ils disent qu'ils paieront une somme, je cite, “symbolique”, je ne vais pas pouvoir faire grand-chose avec… Je ne peux pas reconstruire ma maison avec une somme symbolique ! » explique le vieil homme, assis en tailleur sur un tapis dans son salon.

« S'ils m'indemnisent correctement, je pourrai, après l’expropriation, aplanir le terrain derrière ma maison, qui est pour le moment un marécage et y construire ma nouvelle maison. S'ils ne m'indemnisent qu'un peu, je pourrai seulement me permettre de drainer ce marécage. Mais je n’aurai pas assez pour construire une maison. Alors je suppose que je vais simplement rester là, assis sur le sol. J'ai fait appel mais ils ne veulent plus m'écouter, alors je n'ai plus d'options. Je veux pouvoir reconstruire ma maison, car je ne peux plus travailler, je suis un vieil homme. »

Sa femme Zakaria a le regard triste, rempli d’incompréhension face à une situation qui les dépasse. « Mon cœur n'est pas en paix, confie-t-elle après un moment d’hésitation. Notre maison, nous y avons vécu si longtemps. C'est comme si on plantait un arbre et que, lorsqu'il porte des fruits, quelqu'un venait l'abattre. C'est difficile pour nous de perdre notre logement, tout s'écroule. Ce fut un sacrifice de toute une vie. Depuis notre jeunesse, on a gagné péniblement notre vie, en faisant des petits boulots pour construire cette maison. Aujourd'hui, nous approchons de la fin de notre vie, nous n'avons plus la force. Ils viennent soudainement tout démolir, cela m'attriste. »

Leur voisine, Wan Zainab, tient une échoppe non loin de là. Elle aussi sera détruite pour laisser place à la construction de la voie ferrée. « C'est triste parce que nous sommes là depuis si longtemps. J'ai démonté les étagères, la plupart des affaires sont maintenant sur le sol, ça ne paye pas de mine, nous dit-elle en montrant le parterre encombré. À ce stade, je n'ai pas d'autre source de revenus si le magasin est démoli. Mais je dois quand même gérer une affaire, trouver un autre endroit. Vendre des choses est la seule chose que je sais faire, je ne connais rien d'autre. »

Wan Zainab a tenté de faire entendre les problèmes qu’elle rencontrait. « Je suis allée au bureau du cadastre. Nous avons demandé ce qu'il en était pour les terres sans titres, et ils ont répondu qu'ils accorderaient une compensation de 30 %. Comment reconstruire avec 30 % de la valeur du bâtiment ? Est-ce suffisant ? »

Des projets qui ne cessent de s’agrandir De retour à Kuantan, nous rencontrons Bakar, une représentante de la communauté locale. Selon elle, l’arrivée des investissements chinois est une bonne nouvelle, même si, ce qui l’inquiète, c’est le Malaysia-China Kuantan Industrial Park situé à Kuantan. Cette entité économique est jumelée au China Malaysia Qinzhou Industrial Park en Chine - un nouveau modèle d'exploitation des capacités de production internationales baptisé « Deux pays, deux parcs ».

« Ce qui est un peu inquiétant, c’est qu'il s'étend, s'étend, s'étend… Il en est maintenant à la troisième ou quatrième phase d’expansion, raconte-t-elle. Le fait que le parc s’étende à ce point signifie que de plus en plus de nos terres sont convoitées par le gouvernement chinois. Mais la réalité qui se cache derrière est discutable et douteuse. Pourquoi ? Parce que nous avons entendu des rumeurs selon lesquelles le bail pourrait nous échapper car ils ont déjà dépensé beaucoup d’argent. »

Cela entraîne d'autres problématiques, souligne-t-elle, qui affectent les Malaisiens. « Ils n'embauchent pas beaucoup de locaux : ils ont leurs propres structures, des condominiums de cinq blocs où vivent tous leurs travailleurs qui viennent de Chine travailler ici. Ils restent à l'intérieur. Cela ne crée donc pas d'emploi, ou très peu. Et puis à l'intérieur, c'est comme en Chine. Ils ont des distributeurs automatiques qui utilisent des yuans, la monnaie chinoise. Ils ont leur propre supermarché. C'est pratiquement comme une ville chinoise ici. Leurs travailleurs ne viennent pas en ville. Ils sont juste confinés à l'intérieur. Nous ne savons pas ce qui se passe à l'intérieur. On voudrait de la transparence. »

Ce constat n’étonne pas l’économiste Liew Chee Yoong. Mais il pense qu’au bout du compte, ceux qui sont affectés par ce développement finiront par le voir sous un meilleur jour : « Je pense qu'il faut penser aux retombées économiques, et qu'il faut se projeter sur le long terme. Cette connectivité peut apporter de nombreux avantages économiques en stimulant l'hôtellerie, le tourisme, les industries logistiques et ainsi de suite, malgré les incertitudes économiques mondiales. »

Malgré toutes les opinions et effets négatifs potentiels, l’économiste estime que les avantages l'emportent. Selon lui, de nombreux pays impliqués dans ce projet en tireront d'énormes bénéfices d'un point de vue économique. Y compris la Malaisie.

Malacca, port en haute merLa ligne de chemin de fer en cours de construction à Kuantan aura pour destination la capitale Kuala Lumpur. Mais elle fera également la jonction avec un autre grand port de la côte ouest, Malacca.

Le plus ancien des ports de Malaisie est marqué par près de 130 ans de colonisation portugaise, et l’on peut apercevoir dans son centre l’héritage de cette époque coloniale. Mais tout autour, ce qui est frappant, ce sont les immeubles abandonnés, les chantiers en cours un peu partout aux abords de la ville.

Ce que déplore Jane, dont le nom a été modifié car elle travaille pour une entreprise sino-malaisienne. Elle a grandi à Malacca et pour elle, le visage de la ville a complètement changé. « Si vous traversez les quartiers de la ville, vous verrez des bâtiments abandonnés. Pourquoi ne pas faire revivre ces bâtiments ? s’interroge-t-elle. Nous sommes une ville historique. La ville est vide partout. Personne ne vient s'y installer. Alors qui gagne de l'argent ? Le nombre de touristes venant à Malacca a considérablement baissé par rapport aux cinq dernières années. »

Elle ne comprend pas la façon dont les travaux s’organisent. « Comme vous avez des yeux, vous pouvez voir tous ces bâtiments abandonnés. Dans un tel état, pourquoi creusent-ils encore ? Si vous voulez vraiment vous développer, il faut peupler et donc remplir d'abord les espaces vides. »

Ce qui l’inquiète le plus, c’est la perte d’identité de sa ville natale. « Ce n'est plus Malacca. Maintenant, il y a des magasins chinois partout. Vous avez une rue où il y a une prédominance de personnes qui ne sont pas de votre pays. Qu’il y ait un quartier chinois, c’est très bien. Mais à présent, tout le monde ne parle que le mandarin. C'est l'une des choses dont je me suis rendue compte et qui a changé tout l'écosystème ici : c’est la langue. »

L’économiste Liew Chee Yoong modère cependant les choses. Selon lui, blâmer uniquement les investisseurs chinois à Malacca n’est pas raisonnable. « Je pense que ces magasins vides et ces nombreux bâtiments sont davantage la conséquence de l'environnement économique du pays, ce qui n'est pas seulement le cas à Malacca, mais aussi ailleurs dans d'autres États de la Malaisie. »

Aux yeux de Liew, cette responsabilité particulière incombe également au gouvernement de l'État de Malacca. Il ne s'agit pas seulement du côté chinois, mais de la manière dont l'ensemble du projet est mis en œuvre et des parties prenantes qui doivent communiquer en premier lieu, et il souligne que le gouvernement local aurait pu faire beaucoup mieux. « Je ne rejetterai donc pas la faute à 100 % sur les Chinois. Oui, ils pourraient avoir une part de responsabilité, mais je pense que le gouvernement de Malacca pourrait en réalité intervenir pour mieux gérer le projet dès les premières étapes. Avant que le projet ne commence, ils devraient mener une enquête auprès de toutes les parties prenantes concernées. »

Manque de transparenceLe quartier historique de la ville est devenu un quartier chinois. Tout est écrit en mandarin. D’innombrables lanternes rouges et jaunes décorent les immeubles et l’une des plus grandes attractions de la ville est le plus vieux temple bouddhiste de Cheng Hoon Teng, dans un pays majoritairement musulman. D’ailleurs, pour qui regarde sa géolocalisation sur son téléphone, il est inscrit Jīcháng jiē - Jonker Street - en caractères chinois.

C’est là que nous rencontrons Lim, un ancien journaliste local doué d’une connaissance approfondie des projets chinois à Malacca. Comme Jane, il est effaré de la rapidité du développement de la ville sans planification appropriée. « Il n'y a pas beaucoup d’informations disponibles publiquement, déplore-t-il. Ils ne divulguent pas vraiment ce qu'ils font. Ils disent qu'il s'agit d'un port en eau profonde, entièrement géré par une société chinoise, la China Communications Construction Company (CCCC). »

« Qui est donc aussi impliqué ? Qui bénéficie des contrats ? Nous devrions avoir plus d'informations à ce sujet, poursuit Lim. Il n'y a pas de transparence. Nous disposons d'informations, mais très limitées. Beaucoup de choses ne sont pas encore terminées. Et certains chantiers sont simplement bloqués, arrêtés à mi-chemin. Par ailleurs, les locaux, quelle que soit l'ampleur des investissements, sont confrontés aux problèmes liés au coût de la vie : si vous n'augmentez pas les salaires pour qu'ils atteignent un niveau adéquat, vous ne pourrez pas bénéficier des projets. Or le coût de la vie a augmenté, mais pas les salaires. À Malacca, le niveau de vie est encore très bas. »

La crainte de Lim : et si les choses tournaient mal pour l’économie malaisienne ? « Le Sri Lanka est le meilleur exemple de la façon dont les choses peuvent mal tourner si vous ne contrôlez pas vos infrastructures essentielles, compare-t-il. Ils construisent un port en eau profonde ici. Que se passera-t-il si nous suivons la voie du Sri Lanka ? Pouvons-nous vraiment rembourser si les choses tournent mal ? Nous ne voulons pas suivre la voie du Sri Lanka. Et je pense qu’il n'est pas le seul. Le Pakistan a également des problèmes, l'Afghanistan, et quelques autres pays d'Asie centrale, ont déjà des difficultés à rembourser la Chine. »

Cependant, souligne Lim, le ton a changé depuis une dizaine d’années. « La Chine est dure en affaires. La situation était très différente sous Hu Jintao, les choses ont changé lorsque Xi Jinping est arrivé au pouvoir. Xi s'enhardit maintenant parce qu'il a un contrôle absolu. Sous le règne de Hu Jintao, tout était encore négociable, mais sous Xi Jinping, les choses sont très, très opaques. On ne sait pas ce qu'il va faire. Qui sait, il pourrait même retirer ses investissements. »

La question de l’absence de transparence revient souvent. Ce qui, selon l’économiste Liew Chee Yoong, témoigne d’une différence culturelle. « Si vous faites des affaires en Chine, et pas seulement dans le cadre des "nouvelles routes de la soie", les Chinois ont tendance à se concentrer davantage sur l'établissement de relations pour commercer. Et, en Chine, les règles ne sont pas non plus très claires. C’est pour cela que ces questions de transparence sont soulevées, ce que je ne conteste pas, je pense que c'est en partie vrai. Mais si vous ne pouvez pas rembourser le prêt, vous ne devriez pas le contracter en premier lieu. Je ne pense pas qu'il faille rejeter la responsabilité à 200 % sur la Chine elle-même. Je pense que les pays concernés doivent gérer correctement leurs finances avant de s'engager. Un pays doit s’engager quand il est prêt, c'est la meilleure stratégie. Mais bien sûr, nous ne pouvons pas attendre trop longtemps, parce que nous avons besoin de compétitivité économique. »

Craintes pour le patrimoineDans le quartier portugais de la ville, nous retrouvons Martin Theseira, ancien pêcheur qui lutte contre l'appropriation de ses terres par les investisseurs chinois. Amoureux de la mer, il nous explique que les îles que nous apercevons dans le port sont artificielles, qu’elles ont été créées de toutes pièces, en peu de temps, avec du sable et de la végétation, en attendant d’y voir de nouveaux complexes de loisirs pousser…

Ces îlots qui détruisent son horizon lui laissent un goût amer. « Ce qui motive des projets comme ça, c'est l'avidité pure et simple, pointe-t-il entre ses dents. Les autorités sont irresponsables d'autoriser de telles constructions parce que, premièrement, ce n'est pas durable. Les dommages causés à l'environnement et à la communauté côtière sont irréversibles. Les biologistes marins nous disent qu'il s'agit d'une diversité marine unique. Notre communauté est affectée car notre mode de vie dépend de la mer. Pour nous, la mer est notre bouée de sauvetage. En réalité, nous nous battons depuis le premier jour et nous sommes toujours dans la même situation. Il n'y a pas d'amélioration réelle parce qu'il n'y a pas d'engagement sérieux. »

Sa grande crainte est la disparition de sa communauté, de son patrimoine et de son héritage. « Je pense que tout disparaîtra dans les dix à vingt prochaines années. Pouvez-vous compenser la perte de l’accès à la mer pour la communauté ? Vous ne pouvez pas. On ne peut pas la remplacer. Aucune somme d'argent ne peut remplacer la disparition de ressources pour la communauté. L'argent n'est pas une compensation qui peut tout régler. »

Les changements sont perceptibles ailleurs, souligne Martin, ce qui appuie son argument. « Nous constatons les changements dans la région, les tensions avec les États-Unis. Les Chinois se montrent très audacieux en mer de Chine méridionale. Mais que pouvons-nous vraiment faire ? Ce sont des superpuissances qui sont en train de montrer leurs muscles. »

L’économiste Liew Chee Yoong souligne cependant que la compétition économique, quelle qu’elle soit, n’est pas une mauvaise chose. « Si l’on parle de commerce économique, d'expansion vers d'autres pays, il s'agit plutôt pour la Chine de montrer son soft power au reste du monde. Ce n’est pas une mauvaise dynamique. Nous-mêmes essayons de nous engager économiquement avec d'autres parties du monde, mais la Chine l'a fait plus tôt que d’autres. Si vous regardez les pays d'Afrique, vous verrez qu'ils ont beaucoup bénéficié des investissements de la Chine sur le continent. Au fil des années, les Chinois se sont développés au Kenya, au Nigeria ou en Tanzanie. La Chine aide d'autres pays à se développer économiquement, et l'Europe et les États-Unis peuvent aussi le faire, il n'y a rien de mal à cela. »

Personne en Malaisie n'ignore la compétition économique mondiale qui se joue ici entre la Chine et les États-Unis. Face au projet tentaculaire des « nouvelles routes de la soie » qui dispose d'importantes réserves de liquidités, les États-Unis ont lancé leur pilier asiatique. Dans l'Indo-Pacifique, Washington multiplie les partenariats économiques avec des dizaines de pays, dont la Malaisie.

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Premier épisode de notre série « Les nouvelles routes de la soie, 10 ans après ». C’est au Kazakhstan que Xi Jinping lançait il y a exactement une décennie ce que Pékin appelle son « projet du siècle ». Le poids lourd des cinq républiques de l’Asie centrale, a-t-il su en profiter ? L’ex-république soviétique reste aujourd’hui sous influence de son mentor historique russe. Mais la guerre en Ukraine pousse le Kazakhstan davantage dans les bras de la Chine qui convoite ses hydrocarbures et sa position géostratégique.

Sur un parking, des dizaines de voitures chinoises rutilantes sont garées l’une à côté de l’autre, en attendant d’être chargées sur des trains de fret. Elles traverseront le Kazakhstan sur des milliers de kilomètres pour arriver, neuf jours plus tard, à leur destination finale : Duisbourg en Allemagne. Nous sommes dans la zone économique spéciale(ZES)de Khorgos, un vaste parc industriel planté au beau milieu de la steppe kazakhe. C’est ici, à la frontière entre la Chine et le Kazakhstan, que les deux pays ont créé un nœud ferroviaire et routier, destiné à devenirun carrefour du commerce mondial, trait d’union entre la Chine et l’Europe.

« Jusqu’en 2014, il n’y avait que des dunes ici, affirme Serguali Seitkazine, habillé d’un gilet orange, casque de chantier vissé sur la tête. Depuis, nous avons aplani le terrain et installé l’eau, les canalisations et l’électricité. » Un producteur de couches pour bébé, un fabricant de nourriture pour bétail et dix autres usines sont déjà implantées et 30 autres doivent suivre, indique le directeur des relations avec les investisseurs. À l’avenir, confie-t-il les yeux brillants, un aéroport international verra le jour, et le géant chinois du commerce en ligne Alibaba livrera ses marchandises dans le monde entier à partir d’un nouvel et immense entrepôt de distribution.

La mer est à 2 500 kilomètresPourtant, rien ne s’y prête. L’endroit est situé près du point eurasiatique de non-accessibilité : la mer la plus proche se trouve à plus de 2 500 kilomètres d’ici. La Chine pouvait difficilement choisir une région moins accueillante pour réaliser ce que le président Xi Jinping appelle « le projet du siècle » : les « nouvelles routes de la soie ».L’objectif : désenclaver l’Ouest chinois pour exporter les produits fabriqués dans l’usine du monde vers les marchés internationaux.

Dix ans après l’annonce par Xi Jinping des « nouvelles routes de la soie », Khorgos peine à attirer les multinationales. Seuls 700 sur les 4500 hectares sont occupés, et cela malgré les réductions d’impôts et les terrains mis à disposition gratuitement aux investisseurs. Mais Hicham Belmaachi y croit : « Quand Khorgos est sorti de terre, beaucoup de professionnels du monde de la logistique n’étaient pas convaincus, affirmant que c’était un projet fou ; mais aujourd’hui, il a son utilité primordiale pour desservir cette région, soutient cet homme d’affaires franco-marocain, envoyé au Kazakhstan en 2015 par son entreprise Dubaï DP World, troisième opérateur portuaire mondial. C’est un projet qui restera dans les livres d’histoire et ce n’est que le début : on va créer une véritable ville très dynamique aux portes de la Chine. »

Cette ville nouvelle s’appelle Nurkent, entourée de vastes plaines de sables, fouettée par des vents de sables en été et des températures qui descendent à moins 20 dégrées en hiver. Avec ses aires de jeux envahies d’herbes folles et ses façades en plâtre déjà défraichies, le triste ensemble de barres d’immeubles ne donne guère envie d’y vivre. À terme, 100 0000 personnes doivent y habiter. Mais jusqu’à présent, seuls 4 000 ouvriers du rail et des douaniers ont élu domicile ici. Parmi eux, Aïmane et sa famille, venue de l’est du Kazakhstan, attirée par les salaires stables et des logements mis à disposition par l’employeur : « Nous travaillons pour la société nationale des chemins de fer. Nous sommes très heureux, parce que nous gagnons bien mieux notre vie ici que chez nous. »

Seule attraction dans ce coin perdu pour Aïmane et ses voisins : le grand centre commercial « Duty free » transfrontalier, une immense zone franche sino-kazakhe où l’on peut acheter des produits hors taxe, pour la plus grande partie de fabrication chinoise.

Le lait de chamelle kazakh côtoie des sacs Armani Après avoir passé quatre postes de contrôles et la zone militaire clôturée et équipée d’une myriade de caméras de vidéosurveillance, le visiteur est projeté dans un univers bien étrange et décidément chinois. Des écrans géants diffusent des publicités pour des rouges à lèvres aux couleurs criantes. Dans les boutiques climatisées, du lait de chamelle en poudre côtoie des sacs Armani. Tous les prix sont affichés en yuan, la monnaie chinoise. La grande carafe en cristal Baccarat de cognac Louis XIII coûte 240 000 yuans, soit 30 000 euros.

À l’horizon, du côté chinois de la frontière, des gratte-ciels d’une trentaine d’étages frappent le regard, comme si Pékin était déterminé à bâtir ici, dans ce désert, une mégapole à l’image de Shenzhen ou de Shanghai.

Un vrai corridor pour relier la Chine et l’Europe

Difficile de s’imaginer les caravanes de chameaux passer par cet endroit à l’époque des anciennes Routes de la soie. Mais, aujourd’hui, des siècles plus tard, ce point sur la carte a la même importance stratégique cruciale pour la Chine. « Khorgos est située sur la frontière chinoise : c’est le point d’entrée vers l’Asie centrale, et l’idée de la Chine était d’établir un vrai corridor pour relier la Chine et l’Europe, explique Hicham Belmaachi. Quand je suis arrivé ici en 2015, le volume de conteneurs était à 150 000 unités. Aujourd’hui, nous en sommes à 600 000 conteneurs. »

Dans la gare d’Altinkhol avec ses bâtiments massifs de style vaguement romain qui ne voient jamais de passagers, des dizaines de conteneurs sont alignés sur la voie ferrée, bourrés de produits « made in China ». China Shipping, Cosco ou encore Maersk, les grands noms du transport mondial ne manquent pas. Le transport par train entre la Chine et l’Europe coûte bien plus cher que le bateau, mais il ne met que deux semaines là où la voie maritime prend deux mois. Les trains partent pleins, mais dix ans après la promesse par le numéro un chinois Xi Jinping de « nouvelles routes de la Soie » bénéfiques pour tous, une partie des trains revient toujours à vide.

Dans le port sec de Khorgos, l’un des plus grands au monde, des ouvriers du rail s’activent sur d’immenses portiques. Tout ici ressemble à un port, sauf que tout autour, il n’y a ni la mer ni un fleuve. Juste une vaste plaine où, de temps en temps, apparaît un cavalier en train de faire brouter son cheval. C’est icique les trains chinois sont déchargés et transbordés vers le rail kazakh, plus large. Pour un train classique de 50 conteneurs, cette opération prend environ une heure. « Nous déchargeons 16 voire 17 trains par jour ici, explique Serguali Seitkazine. C’est quatre fois plus qu’avant la pandémie de Covid-19. La Chine avait fermé la frontière, seul le passage des trains était autorisé. Le chemin de fer a donc fait ses preuves. »

La pandémie a donné un coup d’accélérateur à ce port sec détenu à 49% par le géant chinois du transport maritime Cosco et une autre société chinoise. « Le commerce en ligne a vécu un boom, confirme Hicham Belmaachi. Les navires ayant atteint leur capacité maximale, il a donc fallu se rabattre sur d’autres voies, et le ferroviaire a connu une croissance fulgurante. »

La guerre en Ukraine rebat les cartes La guerre en Ukraine a, elle aussi, redistribué les cartes en Asie centrale et permis à la Chine de s’engouffrer dans la brèche laissée par une Russie affaiblie. « Depuis la guerre, beaucoup d’entreprises internationales se sont retirées de la Russie, et les grandes compagnies maritimes y ont interrompu leur escale, confirme Hicham Belmaachi. Donc il a fallu redessiner complètement la logistique dans cette région du monde, et depuis, les Kazakhs, les Ouzbeks et les Kirghizes se sont tournés directement vers la Chine. »

La Russie demeure le premier fournisseur du Kazakhstan, et lorsqu’en 2022, des émeutes ont secoué le pays, le président Kassym-Jomart Tokaëv a appelé son allié historique Moscou à l’aide. Mais depuis la guerre en Ukraine, les choses évoluent en faveur de la Chine qui étend son influence en Asie centrale.

En 2022, le commerce entre la Chine et le Kazakhstan a augmenté de 34%, c’est plus que pendant les 30 dernières années. De plus en plus de transports de marchandises contournent d’ailleurs déjà la Russie, via la mer Caspienne vers l’Azerbaïdjan et la Turquie. Sur cette voie, la Trans-Caspian International Transport Route (TITR), les exportations ont quasiment triplé depuis début 2023. Une manière pour le Kazakhstan de se détourner de son allié historique, la Russie.

Mais cela prendra du temps. « La Russie a encore des moyens de pression sur le Kazakhstan. Nos exportations de pétrole transitent toujours par le territoire russe, analyse le politologue Dossym Satpaïev, directeur du Risk Assessment Group, une organisation non gouvernementale de conseil.Une partie du territoire du Kazakhstan dépend de l'approvisionnement en électricité de la Russie, et nous recevons du gaz de la Russie. » Mais pour ce consultant en affaires internationales, il est en effet crucial pour son pays de se trouver un contrepoids géopolitique, en exploitant au mieux sa proximité avec ses deux grands voisins et en gardant de bonnes relations avec la Turquie, l’Union européenne et les États-Unis.

Comme beaucoup de ses compatriotes, Abzal Dostiyar voit le rapprochement entre son pays et la Chine d’un mauvais œil. L’opposant au régime du président Kassym-Jomart Tokaëv a organisé plusieurs manifestations contre les investissements chinois. Il a été arrêté et emprisonné à maintes reprises. Il craint de voir son pays passer sous emprise chinoise après avoir vécu sous la tutelle soviétique : « Le Kazakhstan compte bien peu à leurs yeux. Le projet des "nouvelles routes de la soie" n’a été bénéfique que pour les Chinois, et nous, on accumule les dettes. Pour gérer les 56 usines construites par la Chine, ils sont venus avec leurs propres ouvriers. Et pour financer une nouvelle avenue dans la capitale Astana, le prêt n’a été disponible que pour des sociétés chinoises. »

Si l’on en croit les statistiques officielles, l’Etat ne croule pas sous des dettes chinoises qui ne s’élèveraient qu’à 2% du PIB. Mais selon le centre de réflexion américain AidData, le Kazakhstan serait en réalité endetté à plus de 10% de son produit intérieur brut vis-à-vis de la Chine, au même niveau que la République démocratique du Congo, le Laos ou le Mozambique.

Pour réduire ses propres risques et garantir ses investissements, Pékin mise d’ailleurs sur ce que l’on appelle « le modèle angolais ». Cela signifie que le jour où le Kazakhstan ne peut plus rembourser en espèces, il doit rembourser ses dettes avec des ressources naturelles en donnant accès à son gaz, son pétrole ou encore son uranium.

La Chine s’appuie sur nos régimes corrompus pour gagner en influence.

Lorsqu’en mai dernier, Xi Jinping a accueilli les dirigeants de l’Asie centrale en grande pompe à Xi’an pour leur promettre de nouveaux investissements et les inviter « à monter à bord du train express de son développement pour bâtir ensemble un avenir meilleur », certains ont pris peur. À l’instar d’Aïna Shormanbaeva, présidente de l’ONG International Legal Initiative : « Nous assistons à une pression de plus en plus forte sur la société civile au Kazakhstan, au Kirghizistan et dans les autres républiques d’Asie centrale, estime cette militante des droits de l’homme. Le projet des "nouvelles routes de la soie" ne fait que renforcer l’influence de la Chine qui s’appuie sur les régimes corrompus dans nos pays afin de gagner en influence. »

Mieux vaut alors se méfier des ogres qui convoitent l’uranium, le gaz et le pétrole du Kazakhstan, mais aussi sa position géostratégique. « En prenant nos distances avec l'ours russe, il ne faut pas tomber dans les griffes du dragon chinois », avertit Dossym Satpaïev. Si l’on en croit cet universitaire, le Kazakhstan a quelques atouts dans ce grand jeu des puissances : c’est particulièrement vrai depuis la guerre en Ukraine, mais aussi à cause de la tension qui croît de jour en jour dans le détroit de Taïwan, voie maritime majeure pour le commerce mondial.

« La Chine sait très bien que s'il y a un conflit militaire autour de Taïwan, alors la route terrestre qui passe par le Kazakhstan doit pouvoir remplacer la voie maritime qui sera bloquée », assure Dossym Satpaïev.Il en est convaincu : le Kazakhstan a toutes les cartes en main pour tenir tête à l’ours russe comme au dragon chinois.

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C’est le prologue de la série spéciale de RFI : « nouvelles routes de la soie, dix ans après ». Qui aurait pu prévoir que ce projet, lancé par le président chinois Xi Jinping le 7 septembre 2013 au Kazakhstan, allait devenir un réseau mondial tentaculaire ? En une décennie, la Chine a dépensé des centaines de milliards d’euros, de l’Asie à l’Europe en passant par l’Afrique, dans les infrastructures mais pas seulement. Désormais, plus de 150 pays adhèrent à ce qui est devenu un label. Stéphane Lagarde, correspondant de RFI à Pékin, a suivi du début à aujourd’hui ce grand projet. Retour avec lui sur dix ans de reportage, entre propagande et réalité, avec un périple le long de l’ancienne route de la soie.

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Il y a un an (en 2022), une immense prison pour jihadistes est prise d’assaut, à Hassaké, dans le nord-est de la Syrie. Un commando de l’organisation État islamique tente de libérer ses membres. 10 jours de combats avec les forces kurdes et un bilan très lourd : plus de 500 morts. L’attaque a laissé des traces et aujourd’hui l’organisation terroriste est toujours active. (Rediffusion)

«Retour à Hassaké, un an après l’attaque de la prison par l’organisation État islamique», un Grand reportage de Murielle Paradon et Julien Boileau.

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À un an tout juste de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Paris, le compte à rebours s’accélère pour les athlètes qui rêvent d’être présents, l’été prochain, dans la capitale française… Ceux qui visent une finale, une médaille, un titre ou même une simple participation à l’évènement le plus prestigieux qui soit pour un sportif… « Grand Reportage » est allé à la rencontre de certains de ses champions qui ont fait des JO une obsession.

« Paris 2024 : leur rêve olympique », un Grand reportage de Cédric de Oliveira et Martin Guez.

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En quelques années, la Russie est parvenue à avancer ses pions en Afrique francophone. De la République centrafricaine au Mali, Moscou a même parfois chassé l'armée française et porté au pouvoir des hommes plus en phase avec ses intérêts. Avec sa milice privée Wagner ou sur internet, la Russie occupe le terrain en Afrique...Sur les réseaux sociaux, certains influenceurs très en vue, ont contribué à faire entrer la Russie sur le continent.

Des personnalités qui diabolisent la France et encensent Moscou avec pour ennemi commun : l'Occident.

« Comment des influenceurs servent la propagande de Vladimir Poutine en Afrique ? », un Grand reportage de Pierre Olivier. Réalisation : Pauline Leduc.

Notre dossierInfluences russes en Afrique

► Sur France 24

  • Du KGB de Khrouchtchev à Poutine, les profondes racines de l’influence russe en Afrique
  • KGB en Afrique : éclairage sur le modus operandi d’une URSS en quête d’influence

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En ce 60è anniversaire de l'indépendance de l'Algérie. C'était le 5 juillet 1962, la fin de plus de 130 années de colonisation par la France. Cette politique, marquée notamment par la ségrégation des personnes dites indigènes, ne s'est pas appliquée que sur le territoire algérien. C'est une histoire peu connue que nous vous racontons aujourd'hui dans Grand Reportage, celle d'une enclave coloniale sur le territoire métropolitain, à l'échelle d'un hôpital.

Dans les années 30, à Bobigny dans la banlieue nord de Paris, est créé l'hôpital franco-musulman, aujourd'hui nommé Hôpital Avicenne. Son fonctionnement est un condensé de l'idéologie, en cours jusqu'en 1962 en Algérie.

«L'Hôpital Avicenne de Bobigny, un héritage colonial», le récit de Marie Casadebaig. (Rediffusion)

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Alors que la France a procédé ce mardi (4 juillet 2023) à une 4ème opération de rapatriement en 1 an, RFI donne la parole aux professionnels qui prennent en charge les enfants de retour de Syrie en Seine-Saint-Denis. Ce département d’Ile-de-France, point d’entrée des rapatriés via l’aéroport de Roissy, a longtemps été le seul à s’occuper de ces mineurs.

Depuis fin 2016, 99 enfants ont ainsi été suivis par les acteurs de la protection de l’enfance du 93, qui ont développé un protocole d’accompagnement qui fait aujourd’hui école dans d’autres départements. En quoi consiste-t-il ? Avec plus de 5 ans de recul, que peuvent dire ces professionnels de l’évolution des enfants ?

« Quelle prise en charge pour les enfants de retour de Syrie ? », un Grand reportage de Laura Martel.

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Depuis une vingtaine d’années, la Nouvelle-Zélande s’est imposée comme l’un des leaders mondiaux dans la revente de crédits CO2. À l’autre bout du monde, des sociétés comme Ikea, Shell ou Boeing s’offrent donc un « droit à polluer » en rachetant le carbone absorbé par les forêts néo-zélandaises, dédiées aux compensations carbone. Pour la plupart monocultures, elles sont constituées uniquement de pins exotiques, qui absorbent plus rapidement le CO2 mais résistent peu aux tempêtes et cyclones australes.

À chaque catastrophe naturelle, des milliers de d’arbres s’échouent sur les plages, les fermes et les habitations, affectant plusieurs régions à travers le pays.

De notre correspondant en Nouvelle-Zélande,

« Ici, on élève de l’air frais ! », s’amuse Warrick James. Située au milieu des Alpes du Sud, la plus grande chaîne de montagne en Nouvelle-Zélande, la ferme de Warrick et sa femme Cece a récemment changé de visage.

Il y a quelques années, ils ont troqué la moitié de leur bétail pour se lancer dans les compensations carbone. Sur plus de 500 hectares, le couple a planté une forêt de pins dédiée à la revente de crédits CO2 : « avec les hauts et les bas dans le secteur de l’élevage, au moins le carbone nous a donné une certaine stabilité ».

Car avec les réductions d’émissions de CO2 imposées aux grandes entreprises à travers le monde, le prix du carbone s’envole. Chaque année, les forêts de Warrick absorbent 50 tonnes de CO2 par hectare. Des tonnes, reconverties en unités et rachetées une trentaine d’euros par le système d’échange de droits d’émissions. « J’ai toujours cru que je n’étais qu’un fermier du sud avec ses vaches et ses moutons, je n’aurais jamais pensé que j’allais un jour avoir des arbres pour absorber du carbone », plaisante Warrick. Et si le couple garde le sourire, c’est parce que l’année dernière, ils ont empoché près de 800 000 euros grâce aux compensations carbone.

Une reconversion qui séduit de plus en plus les éleveurs de bétail. En 2022, 50 000 hectares de fermes d’élevage ont été reconvertis en forêts de compensations carbone.

Au nord du pays, sur la côte Est, Gisborne et sa région appelée en māori, Tairāwhiti. Ici, les fermes de compensations carbone ont eu un impact considérable sur la population. Récemment marqué par les cyclones Hale et Gabrielle durant l’été austral, ce district est constamment affecté par la chute d’arbres provenant de ces forêts. « On en a marre de ce chaos ! », affirment Bridget et son mari Mike.

Ce couple d’horticulteurs a perdu la quasi-totalité de leur ferme de kiwis, dévastée par des tonnes de troncs d’arbres. « En cinq ans, nous avons été affectés trois fois par ces fermes de carbone. Les arbres se sont échoués sur nos terres et notre maison était encerclée par les pins. Et tous ces arbres viennent des forêts de compensations carbone situées 25 kilomètres plus haut. »

Un désastre économique mais aussi écologiqueDans ce décor cataclysmique, où la vase et les arbres recouvrent les rivières et les fermes locales, une voix s’élève, celle de Hera Ngata Gibson. Cette habitante de Tolaga Bay, a vu en l’espace d’une génération, sa région être totalement dévastée par l’industrie du carbone.

Il y a quelques mois, elle a lancé une pétition pour qu’une enquête indépendante fasse la lumière sur les effets néfastes de cette activité dans la région. Une initiative rejetée plusieurs fois par le ministre néo-zélandais de l’Industrie forestière. « Ce que j’ai réalisé avec cette expérience, c’est que le gouvernement et cette industrie n’ont aucune idée de ce qui est important pour nos populations dans ce genre de communauté. L’environnement est ce nous avons de plus cher et cela a affecté toute notre manière de vivre. On se sent submergé par ces débris de bois qu’il y a partout autour de nous… à chaque grande marée, les arbres finissent de nouveau sur les plages. Puis une fois en mer, ils détruisent nos fonds marins. Pour cette petite communauté, au mode de vie très modeste, la mer est l’une de nos ressources principales pour manger, mais aujourd’hui, c’est devenu impossible. »

Car le problème pour cette région de Nouvelle-Zélande, est surtout lié à sa géologie. La côte est de l’île du Nord possède le taux d’érosion le plus élevé au monde. Des sols fragiles et non adaptés à ces monocultures de pins exotiques. Un aspect sur lequel certaines compagnies forestières ont préféré fermer les yeux, face au prix attractif de ces terres.

Pour Renée Raroa, elle aussi originaire de cette région, le futur des compensations carbone passe par un retour aux arbres endémiques de Nouvelle-Zélande. Une problématique qu’elle est allée porter jusqu’au siège des Nations unies, à New-York. Au cours des derniers mois, elle a développé avec l’aide d’autres organisations, un modèle durable de forêt dédiée au carbone. « Ces forêts de monocultures dans cette région ne sont plus viables. Cependant, ces forêts de pins offrent pour le moment la meilleure rentabilité pour les compensations carbone. Alors, sur plus de 900 hectares, nous avons mis en place un nouveau modèle qui observe les données d’une forêt native qui sert à régénérer ces terres mais aussi à offrir des compensations carbones. Avec ces données qui prouvent que l’on peut avoir une activité économique tout en respectant l’environnement, on veut démontrer qu’il est possible de changer cette industrie pour se tourner vers un système de compensation carbone plus durable. »

Aujourd’hui, 90% des fermes de compensation carbone en Nouvelle-Zélande sont composées de pins exotiques.

Une tendance dont certaines communautés souhaitent changer. Quoiqu’il en soit, la Nouvelle-Zélande espère atteindre 2 millions d'hectares de forêts consacrées aux compensations carbone dans les cinq prochaines années.

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Surfant sur la fibre nationaliste en Inde, ce géant des médecines traditionnelles propose des médicaments contre toutes les maladies possibles. Au risque de jouer avec la vie de millions de patients, car aucune étude sérieuse ne conclut à leur efficacité.

De notre envoyé spécial à Haridwar,

Depuis une petite pièce dans le Kerala, au sud de l’Inde, le docteur Abby Philips mène une croisade. « J’ai commencé à faire des vidéos alors que l’Inde était confinée et que de nombreuses informations pseudo-scientifiques circulaient. Patanjali en particulier, avec son mélange de plantes Coronil, censé soigner le Covid. C’était faux et dangereux, il fallait que quelqu'un en parle ! »

Derrière des caméras, un néon décline son nom de Youtuber : The Liver Doc. Ce spécialiste du foie multiplie les vidéos contre les fausses promesses faites au nom de l’ « Ayurveda ». Cette médecine ancestrale indienne s’appuie sur les éléments tels que l’air et le feu. Mais elle est aujourd’hui dévoyée à des fins commerciales. Patanjali, le leader du secteur, est évalué à plus de 6 milliards d’euros mais accusé de graves tromperies envers les patients.

« Les géants de l’Ayurveda comme Patanjali cherchent à faire de l’argent, pas à soigner », avertit le Dr. Abby Philips, qui analyse la composition des produits vendus par la firme. « Dans le Coronil, on trouve du plomb, des solvants industriels, et des plantes sans effet mais toxiques pour le foie. Les médicaments dont ils font la promotion mettent en danger les patients qui y placent leurs espoirs. »

Communication XXLRares sont ceux qui osent s’élever ouvertement contre Patanjali. Et pour cause, son visage médiatique, le gourou (professeur, en hindi) Baba Ramdev, est idolâtré par des dizaines de millions d’Indiens. Il est aussi très proche des nationalistes hindous du BJP au pouvoir en Inde. Depuis l’élection de Narendra Modi en 2014, l’Ayurveda est glorifié par le gouvernement comme une religion, symbole de la puissance de l’Inde ancienne.

Diabète, épilepsie, Alzheimer… Dans ses vidéos massivement suivies, Baba Ramdev fait l’apologie de ses médicaments, censés guérir tous les maux. « Les médecins vous disent que seule une greffe de foie peut vous sauver », lance-t-il ainsi aux patients atteint de cirrhose. « Mais en réalité, il suffit de prendre un comprimé de Livogrit avec de l’urine de vache au réveil et dans un mois vous serez guéris. »

Patanjali prétend désormais prouver scientifiquement l’efficacité de ses cocktails de plantes. À Haridwar, où est établi le siège de l’entreprise, un centre de recherche a été ouvert en 2018. « En Inde, il y a une très riche tradition de plantes médicinales. Pour connaître leur mode d’action, il faut s’engager dans une recherche biologique de pointe », explique en blouse blanche son directeur Anurag Varshney, qui avance que le groupe a « publié plus de 100 articles scientifiques dans des revues internationales. »

Inquiétude croissantePeu de scientifiques sont cependant convaincus par ce mélange des genres. « Ce charlatanisme scientifique rend Patanjali encore plus dangereux », juge Shinmon Jose, immunologiste membre de la Mission pour l'éthique de la santé en Inde. « Les études de Patanjali se contentent de simulations informatiques, de tests sur des rats, alors que le corps humain est bien plus complexe. Leurs hypothèses sont biaisées puisque ses produits sont de toutes façons déjà commercialisés. »

Même parmi les spécialistes des médecines traditionnelles, Patanjali inquiète désormais. « Le problème, c’est de faire passer l’Ayurveda pour une sorte de science parallèle équivalente à la science moderne », juge un professeur de cette médecine ancestrale d’une des plus grandes universités d’Inde, sous condition d'anonymat. « L’Ayurveda est né en observant le corps humain il y a des millénaires, sans microscope. Il nous faut distinguer ce qui est utile de ce qui est périmé. »

Le scandale lié au remède Coronil de Patanjali durant le Covid pousse désormais les langues à se délier. « Patanjali a gagné des dizaines de millions d’euros de façon criminelle en faisant croire aux patients qu’ils pouvaient leur sauver la vie », juge Prem Agarwal, cardiologue. Ancien directeur de la Delhi Medical Association, il a tenté d’incriminer Patanjali sur le plan judiciaire auprès de la Haute Cour de Delhi ou de la Cour Suprême Indienne. Sans y arriver pour l’instant.

« Un jour, Baba Ramdev sera jugé pour ces crimes », veut-il croire. En attendant, le ministère de l’Ayurveda a récemment demandé à Patanjali de retirer 53 publicités mensongères. Mais de nombreuses entreprises continuent à duper les patients. Depuis 2018, près de 20 000 publicités trompeuses liées aux médecines traditionnelles ont été signalées dans les centres de pharmacovigilance indiens.

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Les Kunas de Carti Sugdub au Panama sont aujourd’hui menacés par la surpopulation, mais aussi par le changement climatique qui provoque des inondations de plus en plus fréquentes. Pire : à cause de l'accélération de la montée des eaux, aucun des îlots des San Blas ne devrait plus être habitable d'ici quelques décennies.

Grégoire Pourtier s'est rendu à Carti Sugdub et sur le chantier du village en construction, finalement pris en charge par le gouvernement et où le mode de vie et la culture traditionnelle des Kunas pourraient être bouleversés.

« Les Kunas du Panama face au changement climatique », un Grand reportage de Grégoire Pourtier.

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La forêt amazonienne recouvre 96 % de la Guyane, une jungle parmi les plus riches, les plus diverses au monde, un écosystème, à l'heure du réchauffement climatique, au centre de beaucoup de questions et de débats. Car la Guyane, c'est également un territoire en plein développement, avec une démographie et des besoins en hausse. Pour certains, la forêt et son bois portent de nombreuses opportunités ; pour d'autres, il faut au contraire la préserver au maximum : développement d'un côté, protection de la nature de l'autre. Le débat est complexe.

« En Guyane, le bois de la discorde », un Grand reportage de Simon Rozé.

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Depuis le 27 juillet 1953 et l’armistice de Panmunjeom, les deux Corées sont séparées par une frontière unique : la bien mal nommée « zone démilitarisée » (DMZ). Cette bande de terre, longue de 250 kilomètres et large de quatre, est truffée de mines de barbelés et scrutée de près par des centaines de milliers de soldats. Mais l’absence humaine a été comblée par un développement rapide de la faune et de la flore, transformant l’ancien champ de bataille en un mur vert.

De notre correspondant à Séoul,

À quelques kilomètres de la Corée du Nord, dans la ville de Paju, des éclats de rires viennent rompre le calme d’un quartier paisible. Tous les vendredis, l’équipe du DMZ Ecology Research institutese réunit pour mener des études sur la biodiversité à la frontière intercoréenne. « Aujourd’hui, une partie de l'enquête va se concentrer sur les zones humides proches des rizières, un lieu que nous n’avons pas encore étudié », explique Kim Seung-ho, le directeur de l’ONG.

Voilà plus de dix ans que des bénévoles se rendent au-delà de la ligne de contrôle civile -sorte de zone tampon entre les barbelés de la frontière à proprement parler, où l’accès est contrôlé par l’armée. Impossible de rentrer dans la DMZ en tant que tel. Seules quelques patrouilles s’aventurent du côté sud de la ligne de démarcation et difficile de savoir ce qui se passe au Nord.

Selon l’Institut national de l’écologie, plus de 6 000 espèces de plantes et d’animaux profitent de cette zone, privée d’interférences humaines. Surtout, « la DMZ est devenue un refuge pour 37% des espèces en voie d’extinction de Corée », explique Park Seo-yong, directrice de la politique de la nature et de l’écologie au sein du ministère de l’Environnement. « C’est un trésor de biodiversité dans un territoire limité, car cela représente seulement 1.56% de la Corée du Sud »[0.45% de la péninsule, NDLR]. Au-delà de l’absence humaine, les rivières, les montagnes et les zones humides de la DMZ offrent une diversité permettant à la nature de se développer dans des conditions optimales le long du 38e parallèle.

Une fois les contrôles effectués au check-point, le convoi est escorté par un officiel du ministère de la Défense. La camionnette de Mr Kim roule à vive allure sur des sentiers pendant quelques kilomètres avant de s’arrêter dans la zone de recherche. Parmi la dizaine de bénévoles, chacun joue un rôle bien établi. « Cette personne-là va analyser l’écosystème dans lequel vivent les papillons et elle va observer la végétation, car c’est sa spécialité. Une autre équipe va se concentrer sur le statut de reproduction des oiseaux, des oiseaux d’été et l’habitat des oiseaux migrateurs », détaille Kim Seung-ho.

Les grues à couronne rouge, par exemple, survolent la péninsule l’hiver et se reposent parfois entre les Corées. Pour le directeur de l'Institut, l'objectif du jour est de vérifier que leur habitat naturel n’est pas endommagé par les agriculteurs autorisés à travailler dans la zone ou par les exercices militaires.

Plus d’un million de mines« Mine danger ». L’inscription accompagnée d’une tête de mort sur des panneaux rouges longe les sentiers. Une vision qui, couplée au bruit des tirs de fusil, nous rappelle que cette balade bucolique se déroule à quelques centaines de mètres de la frontière la plus militarisée au monde.

« Là, des deux côtés de la route, il y a des mines. Bien sûr que l'on a envie de traverser et d’aller voir dans ces zones minées, car c’est une nature plus dense, encore mieux préservée, assure Mr Kim. Mais il faut respecter les règles quand on conduit une étude sur une zone militaire. »Si les estimations divergent, au moins un million de mines se trouvent dans la zone.

Parfois des animaux sautent dessus, se blessent, meurent ou provoquent des glissements de terrain. Mais d’après le directeur de l’ONG, la plupart d’entre eux « ont appris à vivre avec. Ils savent où il est possible de passer et quels chemins représentent un danger. »Parmi eux, l’ours noir asiatique détecté par des caméras dans la frontière en 2019, le Porte-musc de Sibérie, mais aussi les chèvres des montagnes, des reptiles et bien d’autres.

Zone en dangerMais cette réserve naturelle accidentelle perdure du fait d’un fragile statu quo, vestige de la guerre froide. « Le plus gros problème, c’est l’activité des armées dans la zone qui endommage durablement l’habitat des plantes comme des animaux, assure le Professeur An Jong-bin, chercheur au Jardin botanique de la DMZ. Le réchauffement climatique commence aussi à influencer négativement la biodiversité. Ce sont les deux principales menaces qui pèsent sur la DMZ. »

L’évolution des tensions entre les Corées affecte la faune et la flore qui y ont élu refuge. En 2018, en plein rapprochement intercoréen, des opérations de déminage communes avaient été menées. Une époque qui semble lointaine. Le retour des conservateurs au pouvoir en Corée du Sud et l’échec des négociations entre Donald Trump et Kim Jong-un a entraîné une hausse des exercices militaires au sud comme au nord de la frontière.

Paradoxalement, une réunification ou un rapprochement n'offrent pas non plus une assurance-vie aux animaux et aux plantes de la DMZ. Une autoroute, des centres commerciaux, des musées ou d'autres projets de développement économique entre les Corées pourraient prendre le pas sur la préservation de l’environnement.

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Au Sénégal, une trentaine de langues minoritaires sont menacées de disparaître, ainsi que la culture et les traditions orales qui y sont associées. Mais, différents acteurs se mobilisent pour les sauvegarder. « Le combat pour les langues locales menacées », un Grand reportage de Théa Ollivier.  

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Se rafraîchir dans des parcs quand le mercure affiche plus de 40 degrés devrait être, dans les prochaines années, à la portée de nombreux habitants d’Arabie saoudite. Le royaume s’est lancé dans un ambitieux programme de plantation d’arbres : dix milliards de plus pour verdir le pays. Un objectif qui souligne les ambitions affichées de l’Arabie saoudite en matière environnementale. Aujourd’hui, l’environnement est évoqué dans tous ses projets de développement.

Pourtant, le pays – producteur de pétrole – a plutôt une image de pollueur. Alors est-il réellement engagé en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique et de la préservation de l’environnement ?

« Arabie saoudite : l’or noir peut-il financer une révolution verte ? », un Grand reportage de Guilhem Delteil.

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Le 20 décembre 2023, plus de 43 millions d’électeurs en RDC seront appelés aux urnes pour élire leur nouveau président. À six mois de ces élections, la campagne s’annonce très tendue avec une opposition remontée contre un régime bien décidé à rester au pouvoir, sur fond de conflit armé dans l’est du pays et de crise sociale. Certains doutent même encore d’une organisation du triple scrutin, présidentiel, législatif et provincial, en temps et en heure, dans un pays où les défis logistiques sont énormes.

Ce week-end, la Commission électorale a ouvert les candidatures pour les sièges de députés et convoqué le corps électoral. Un processus auquel une partie de l’opposition a décidé de ne pas prendre part.

« Élections en RDC : à six mois d’un scrutin sous le signe du défi et de la défiance », un Grand reportage de Paulina Zidi avec Denise Maheho.

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La Lettonie se trouvait en queue de peloton européen du classement 2019 sur l’innovation écologique. Mais cela est en train de changer. Le petit État Balte a mis en place un ambitieux plan d'action afin de promouvoir une économie plus durable, circulaire et plus verte.

« Les pionniers de la bioéconomie en Lettonie », un Grand reportage d'Agnieszka Kumor.

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Avec un ensoleillement exceptionnel, des sous-sols volcaniques et situées dans l'axe des vents alizés, les îles Canaries ne sont pas seulement une destination prisée des touristes. Elles sont aussi dotées d’un fort potentiel en énergies renouvelables. Pourtant, cet archipel espagnol au large du Maroc dépend toujours à 80% des importations de combustibles fossiles pour la production d’électricité. En décembre 2022, le Parlement régional s’est fixé un objectif ambitieux : atteindre 92% de la consommation finale d’énergie grâce aux technologies vertes d’ici 2040. Pour y arriver, les obstacles sont de taille.

« Les îles Canaries face au défi de la transition énergétique », un Grand reportage de Stefanie Schüler.

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Depuis Bruxelles, il faut 40 minutes en tramway pour rejoindre l’un des plus grands musées consacrés à l’Afrique centrale : l’Africa Museum. Bâti à la gloire du roi Léopold II et de la colonisation belge, il a été totalement repensé, il y a cinq ans, et se projette dans l’avenir avec un nouveau directeur, sous l’œil vigilant de la diaspora africaine.

« De l’Africa Museum aux rues de Bruxelles, comment la Belgique tente de décoloniser son patrimoine », un Grand reportage de Claire Fages. Réalisation : Pauline Leduc.

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L’année dernière (2022), 35 personnes ont perdu la vie dans des homicides à Marseille. Cette année, elles sont déjà 23. Les évènements sont toujours aussi violents, si ce n’est plus et se passent parfois le jour. Les armes sont lourdes et les victimes de plus en plus jeunes. Après ces meurtres, que deviennent les familles ? À ce jour, quelques dispositifs psychologiques existent mais restent plutôt méconnus… Alors que les proches reçoivent parfois des menaces, les familles expriment leur besoin de déménager, mais restent souvent vivre sur le lieu du drame…

À Marseille, « mon enfant tué, ma famille abandonnée », un Grand reportage de Justine Rodier.

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La Hongrie est le pays de l’Union européenne qui connait l’inflation la plus élevée. Après avoir atteint 24,5% en avril 2023, elle a baissé, mais reste encore forte à 21,5%. Près d'un tiers des Hongrois admettent aujourd’hui des difficultés financières. La situation est d’autant plus difficile dans le nord-est de la Hongrie, une région touchée par la désindustrialisation, le chômage ou l’exode vers l’ouest du pays ou l’étranger.

Parmi les départements hongrois, celui de Borsod-Abaúj-Zemplén, voisin de la Slovaquie, a la plus faible force de rétention de sa population. Des projets émergent régulièrement pour tenter d’inverser la tendance, avec plus ou moins de succès.

« Nord-est de la Hongrie : des initiatives pour sortir du cercle de la pauvreté », un Grand reportage d’Anastasia Becchio.

Grand reportage réalisé dans le cadre d'un appel d'offres de la DR Régio (Direction générale de la politique régionale et urbaine) de l'Union européenne.

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Défenseur très offensif, Chancel Mbemba gagne des titres partout où il passe. Notamment à Marseille où l'international congolais a été sacré Prix Marc-Vivien Foé dès sa première saison. Si le meilleur joueur africain de Ligue 1 a brillé dans le sud de la France, cette année, tout a commencé pour lui dans les rues de Kinshasa, avant de s'aguerrir en Belgique, à Bruxelles... Avec toujours le même mantra : son fameux « boulot / palais ». Slogan d'une vie d'ascète dédiée au football.

« Congo, boulot, dodo : la méthode Chancel Mbemba fait recette à Marseille », un Grand reportage de Martin Guez, réalisation : Pauline Leduc.

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Ariane 5 décolle depuis le centre spatial guyanais, le 25 décembre 2021, pour sans doute sa plus belle mission : mettre en orbite le télescope James-Webb. Le point d’orgue d’une carrière qui s’achève ce vendredi (16 juin 2023). 27 ans après son premier envol, elle allumera ce vendredi pour la 117è et dernière fois son moteur vulcain : direction l’Espace. Une des plus belles pages de la conquête spatiale se tourne.

RFI vous propose de relire ce livre : « C’était Ariane 5 », un Grand reportage de Simon Rozé.

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Il était le principal bourreau du régime dictatorial de Yahya Jammeh en Gambie. Arrestations, viols, tortures, meurtres… Le Gambien Ousman Sonko a été chef des Renseignements, puis ministre de l’Intérieur et a orchestré la terreur dans son pays pendant deux décennies. Six ans après le départ de l’ancien président, il sera enfin jugé pour crimes contre l’humanité, en Suisse, au Tribunal pénal fédéral. Car, c’est à Berne qu’il a été arrêté en 2017, alors qu’il tentait de demander l’asile. Une première victoire pour les victimes.

« De la Gambie à la Suisse, la quête de justice pour les victimes du régime de Yahya Jammeh », un Grand reportage de Juliette Dubois.

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En Ituri, dans l’est de la RDC, le conflit est d’une rare violence. Les villages sont régulièrement incendiés, les récoltes pillées et les images d'exactions commises souvent à la machette sur des hommes, des femmes et même des enfants sont insoutenables. Les rivalités sur base ethnique et communautaire entre Héma et Lendu sont anciennes et toujours aussi mystérieuses. Qui sont les chefs actuels des milices dites d’autodéfense ?

Quels sont leurs véritables intérêts dans cette région convoitée, riche en or ? Les populations locales n’ont pas la réponse. Ce sont pourtant elles qui sont isolées et épuisées par la guerre dont elles sont prisonnières depuis près de 3 décennies.

« Dans le nord-est de la RDC, les oubliés de la guerre sanglante de l’Ituri », un Grand reportage de Coralie Pierret, réalisation : Nicolas Benita.

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Depuis que des combats ont éclaté au Soudan, le 15 avril 2023, plus de 90 000 Sud-Soudanais ont pris le chemin du retour vers leur pays natal. Ils étaient au Soudan pour travailler, étudier ou se soigner, et beaucoup avaient fui la guerre civile sud-soudanaise. C’est principalement au nord-est du Soudan du Sud qu’ils affluent, vers Renk, une petite ville située au bord du Nil. En attendant de pouvoir continuer leur voyage, ils tentent d’envisager l’avenir, malgré toutes les incertitudes.

« Les vies suspendues des Sud-Soudanais réchappés de la guerre au Soudan », un Grand reportage de Florence Miettaux.

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Le lynx boréal, c’est le plus gros félin d’Europe. Victime des hommes, il avait totalement disparu en Europe de l’Ouest au XIXème siècle. Il y a 50 ans, après sa réintroduction en Suisse, le lynx a réussi à recoloniser quelques forêts des Alpes et du Jura. Ils seraient aujourd’hui quelques centaines dans les montagnes, mais l’espèce est toujours classée « en danger ». Une bonne nouvelle pour l’environnement, mais moins pour les chasseurs et les bergers.

Car comme avec l’ours et le loup, les autres grands prédateurs de ces régions, la cohabitation avec l’homme est souvent difficile.

« En Europe, le lynx à la reconquête de l’Ouest », un Grand reportage de Jeanne Richard.

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Depuis 2016, l’Arabie Saoudite s’est lancée dans une vaste entreprise de modernisation. Modernisation de son économie : elle cherche à être moins dépendante du pétrole et mise sur le développement du tourisme, de nouvelles technologies. Mais modernisation de sa société également : levée de bon nombre de restrictions faites aux femmes, assouplissement des règles religieuses. Le plan, baptisé Vision 2030, est porté par Mohammed ben Salman, prince héritier et dirigeant de facto du pays.

Et sa réalisation dicte aujourd’hui l’action du gouvernement, que ce soient les réformes sur la scène intérieure ou les tentatives d’apaiser les tensions régionales. Alors quel est ce nouveau visage d’un pays jusque-là très fermé ?

« La 'nouvelle Arabie Saoudite' dont rêve Mohammed ben Salman », un Grand reportage de Guilhem Delteil.

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Depuis plusieurs mois, des dizaines de couples de nationalité russe arrivent, chaque jour, à Buenos Aires pour y faire naître leur enfant. Certains viennent s’installer en Argentine pour fuir la Russie de Vladimir Poutine et le spectre de la mobilisation en Ukraine. D’autres repartent dans la foulée de l’accouchement avec un passeport argentin pour leur bébé et la possibilité d’en demander un pour eux dans le futur.

Préoccupées par l’explosion de ce « tourisme de naissance », les autorités argentines ont ouvert une enquête sur ces agences de voyage qui organisent à prix d’or la venue de femmes enceintes dans le pays.

« Les bébés russes de Buenos Aires », un Grand reportage de Théo Conscience.

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Dans l’est de la République démocratique du Congo, il n’est pas rare de croiser des civils armés de kalachnikov, parfois même habillés en treillis militaires. Difficile donc de différencier miliciens et militaires dans la zone. Certains groupes armés - plus d’une centaine de groupes armés, dont certains sont sanctionnés et accusés de crimes de guerre par l’Onu - sévissent dans la région. Et notamment dans celle du Masisi, une région où les terres agricoles et les minerais suscitent des convoitises.

Là-bas, des milices se sont par endroits substituées à l’État et vont jusqu’à administrer des localités. C’était le cas des rebelles du Mouvement du 23 Mars (M23) avant leur retrait en avril 2023. Une présence qui oblige les populations à tout abandonner et à fuir leurs exactions.

« Dans le Masisi, le règne des hommes armés ou l’insécurité permanente », un Grand reportage de Coralie Pierret.

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Dans les villages entre Marseille et Montpellier, il y a une tradition qui draine des milliers de spectateurs, et anime toutes les fêtes locales : c’est celle de la course camarguaise, où des raseteurs, souvent d’origine maghrébine, jouent leur vie face à des taureaux de 400 kilos en essayant de décrocher des cocardes attachées à leurs cornes. Dans ces mêmes villages, pourtant, le Rassemblement national fait des scores record aux élections, et y porter un nom à consonance arabe n’est pas toujours facile.

Entre racisme affiché, et fascination pour ces sportifs qui se mettent chaque jour en danger et font briller les taureaux élevés dans la région, les raseteurs de course camarguaise nous racontent leur quotidien.

« Dans le sud de la France, les enfants d’immigrés face au taureau », un Grand reportage de Frédéric Faux.

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Kladno a, pendant plus d’un siècle, été le haut lieu symbole de la sidérurgie conquérante tchécoslovaque. Mais, depuis vingt-cinq ans, cette ville voisine de Prague porte les stigmates d’une désindustrialisation qui a coïncidé avec la chute du communisme en République tchèque. Une friche industrielle s’étend sur plusieurs centaines d’hectares et défigure la ville jusqu’en son cœur. La mairie, en quête d’une nouvelle zone industrielle, veut réhabiliter l’ancien site laissé à l’abandon. Les enjeux de cette revitalisation sont multiples.

Au début du siècle dernier, Kladno était surnommée la « Manchester tchèque » en raison de son développement industriel rapide après la découverte de mines de charbon dans les années 1850. L’empereur François-Joseph Ier lui accorde, en 1898, le titre de ville minière royale. Quand Karl Wittgenstein installe une fonderie à Kladno, en 1889, plus de 150 mines de charbon sont en activité.

L’entrepreneur et industriel autrichien a fait fortune dans l'acier et la sidérurgie. Il est devenu l'un des principaux « maître de forges » de l’Empire austro-hongrois. Il baptise cette nouvelle usine d'après le nom de sa femme, Léopoldine. La légendaire Poldi est née. Elle devient un emblème de l’industrialisation. C’est l’une des plus importantes usines métallurgiques d’Europe. Un fleuron de l’économie tchèque.

Vaclav Jamek, écrivain de langue française et tchèque, est né à Kladno en 1949. Il se souvient de l’usine Poldi, de la lueur rouge qui éclairait le ciel, quand il était enfant. « De temps en temps, le ciel s'éclairait le soir, d'une grande lueur rouge. C'était lié aux hauts-fourneaux. Quand les hauts-fourneaux ont disparu, la lueur rouge a disparu. Mais je l’ai connue quand j'étais enfant. »

Kladno était aussi une ville rouge aux convictions syndicales bien ancrées. « Maintenant, elle est à droite, précise Vaclav Jamek. Mais jusqu'au changement du régime, la ville a été un centre du mouvement ouvrier. À Kladno, on se souvient toujours de la grande grève de 1889, noyée dans le sang. » Un film, The Strike, immortalise ce conflit social, en 1947.

Son père était ouvrier à Poldi, mais Vaclav Jamek n’a pourtant jamais pénétré dans l’usine. « C'était très sévèrement gardé et je m'arrêtais à la porte quand je venais voir mon père. » Une ville dans la ville. Mais c’était au temps de la toute-puissance du charbon et de la sidérurgie. La splendeur n’est plus qu’un souvenir. L’usine Poldi commence à décliner sous le régime communiste. Après 1989, le processus de privatisation échoue. L’acheteur, Vladimir Stehlik, considéré comme le sauveur de l’industrie nationale, devient le fossoyeur de l’aciérie la plus célèbre du pays. Le scandale tient en haleine les Tchèques pendant des années. L’usine ferme ses portes en 1997 et 20 000 employés se retrouvent au chômage.

Vaclav Jamek a déjà quitté Kladno, mais il se souvient que « les gens étaient assez furieux, d’autant que Poldi n’était pas une entreprise condamnée par avance. C’était vraiment la faute de ceux qui avaient voulu privatiser l’usine ». Kladno devient une cité-dortoir. Elle accueillait chaque jour des dizaines de bus remplis d’ouvriers venus de Prague. Désormais, ses habitants rejoignent Prague, chaque jour, pour y travailler.

Aujourd’hui encore, plus de vingt-cinq ans plus tard, Kladno est comme balafrée : une immense friche industrielle de plusieurs centaines d’hectares dévore le cœur même de la ville.

Les années 1990 signent, à Kladno, la fin de l’activité sidérurgique mais aussi de l’extraction minière. Le musée de la mine de Mayrau reste aujourd’hui le témoin de cette époque révolue depuis la fermeture de la dernière mine du district en 1997. Le musée a ouvert en 1994 à l’occasion du 120e anniversaire de la mine. Il retrace l’épopée minière du site de Vinarice, près de Kladno.

La visite est une plongée dans le quotidien des mineurs de fond. Le temps y semble suspendu. Le dernier chariot remonté, l’immense salle où les centaines de mineurs suspendaient leurs vêtements de travail en fin de journée, avant la douche collective. Autant de lieux figés au dernier jour de travail.

L’ancien maire de Kladno, Dan Jiranek, nous a donné rendez-vous dans la friche, à côté des trois hauts-fourneaux qui trônent toujours sur un vaste terrain vague. Des arbres poussent désormais au sommet des trois immenses cheminées. « Ces trois hauts-fourneaux sont le symbole de l’histoire industrielle du site. C’est aussi le signe que la nature reprend ses droits. »

Dan Jiranek, qui fut maire de Kladno entre 2010 et 2014 puis entre 2018 et 2020, a un lien particulier avec l’usine Poldi. Il fut apprenti, obligé de se former à un travail manuel, car « je ne pouvais pas aller à l’université. Mes parents avaient été expulsés du Parti communiste tchèque pour avoir participé au mouvement de démocratisation de 1968. Après l’intervention soviétique, tous les démocrates qui ne se repentaient pas de leurs erreurs étaient expulsés ».

Dan Jiranek finira par étudier à l’université et travaille à l’unité recherche quand il quitte Poldi, en 1996, quelques mois avant la faillite. Il est élu maire de Kladno en 2010, trois ans après la fermeture de l’usine. La réhabilitation de la friche Poldi n’est pourtant pas sa priorité. « Notre plus grand défi était de traverser avec succès cette période d’incertitude liée à la chute du communisme. Il fallait penser aux milliers d’ouvriers licenciés après la faillite. Avec un taux de chômage de 10%, ce qui est très élevé au regard des standards tchèques, la question centrale était celle des transports en commun pour que les gens puissent se rendre à Prague, où se trouvaient les emplois. Sur cette friche, nous ne pouvions rien faire, car nous avions perdu tout contrôle sur le site, à l’issue de l’échec du processus de privatisation. »

L’équipe municipale décide alors de développer une autre zone industrielle sur du terrain agricole, dans le sud de la ville. « Ce fut l’une des premières zones industrielles modernes en République tchèque », précise Dan Jiranek qui se souvient « de la décision de bon augure quand une compagnie japonaise s’y installe. Cela a incité d’autres investisseurs à venir ». Quelques années plus tard, c’est Lego qui choisit Kladno. Le Danois a désormais deux usines sur place. L’une emploie 2 000 personnes, l’autre 150.

Un succès industriel localSi des entreprises étrangères ont su relancer l’économie locale, la privatisation de Poldi a aussi permis un succès industriel local. Celui de l’entreprise Beznoska, qui commercialise des prothèses orthopédiques. Aujourd’hui, son atelier se trouve toujours dans le bâtiment qui accueillait, depuis les années 1960, la branche prothèse de l’usine Poldi. L’homme de cette réussite industrielle, c’est Vladimir Beznoska. Employé chez Poldi, il venait de prendre sa retraite, après avoir dirigé pendant trente ans la filiale prothèse de Poldi. Son petit-fils et directeur marketing, Pavel Milata, raconte la naissance de l’entreprise familiale. « Après la chute du communisme, les dirigeants tchécoslovaques ont décidé de privatiser l’entreprise Poldi. Les employés ont alors demandé à mon grand-père, qui avait pris sa retraite, de revenir. Il était très strict, mais juste. Les gens l’aimaient beaucoup. C’est ainsi qu’il a abandonné sa retraite et, en 1992, il a fondé la société Beznoska, mais il avait déjà 70 ans. » Vladimir Beznoska reste PDG de l’entreprise jusqu’en 2012. C’est ensuite le père et aujourd’hui le frère de Pavel Milata qui préside aux destinées de l’entreprise. Beznoska exporte environ un tiers de ses implants, principalement en Europe, mais aussi en Afrique du Sud, avec pour projet de pénétrer le marché sud-américain, avec notamment le Brésil.

Les implants commercialisés par la société sont exposés sur une table. Pavel Milata attire notre attention sur une prothèse de hanche. « C’est la cinquième génération. » Conçue par Poldi en 1968, elle a été baptisée « la tige d’acier de Poldi ». Deux cent cinquante mille opérations réalisées avec cet implant. À côté de l’« ancêtre », le petit nouveau : une prothèse beaucoup plus petite, à laquelle Pavel Milata promet un avenir prometteur. Il s’agit d’Elis, un implant trapézo-métacarpien. « Je suis persuadé que cet implant va prendre une dimension considérable dans les années à venir, car les traumatismes du pouce se multiplient en raison de l’utilisation excessive des téléphones portables. »

Le casse-tête de la réhabilitation de la friche industriellePour comprendre le casse-tête que représente, pour chaque équipe municipale de Kladno, la revitalisation de la friche industrielle, il faut regarder une carte de la ville. L’une d’elle trône dans le bureau d’Ondrej Rysk. Conseiller municipal chargé du développement urbain, il est l’une des chevilles ouvrières de cette réhabilitation. On comprend l’ampleur de la tâche quand Ondrej Rysk délimite sur la carte les contours de la friche : « Presque la moitié de la ville est en fait une friche industrielle. Elle commence derrière la mairie, où se trouvait la fonderie, donc à 200 à 300 mètres du centre-ville. » Plus de 350 hectares au total. Une partie sera rattachée à la ville pour la construction de logements et de commerces, l’autre doit accueillir de nouvelles industries, principalement des entreprises de l’industrie légère. Mais, revitaliser une friche industrielle implique une décontamination des sols. À Kladno, le processus est complexe, car la zone ne compte pas moins de 200 propriétaires. « La plupart des terrains de la friche sont des propriétés privées, c’est donc aux propriétaires d’assurer la décontamination. Pas à la mairie », précise le conseiller municipal.

Devant cette tâche immense, la mairie peut compter sur les conseils techniques du UCEEB qui accompagne aussi Prague dans la réflexion sur le développement urbain. Cet institut de recherche pour le développement durable de l’Université technique tchèque de Prague (CVUT) s’est installé sur la friche, il y a neuf ans. Michal Kuzmic est coordinateur de projet pour le UCEEB. Il est impliqué dans le projet SPARCS auquel a adhéré Kladno. L’objectif est de créer un réseau de communautés durables à énergie positive et à zéro carbone. Dans cette perspective, Michal Kuzmic appelle de ses vœux une réhabilitation ambitieuse. « Il y a un véritable intérêt à faire du développement de cette friche une vitrine des nouvelles technologies en matière de production d’énergies renouvelables, de développement durable, de bâtiments à énergie positive. Pour y parvenir, le principal défi est de pouvoir conclure des partenariats au bon moment avec les investisseurs. En tant qu’institut de recherche, nous découvrons parfois l'existence d'investissements lorsqu’ils sont quasiment conclus. C’est un problème, car dans ce cas, vous ne pouvez plus influencer les choix, faire valoir les technologies disponibles. C’est un potentiel gaspillé*. »

Le projet PanattoniAprès des années d’abandon, un projet de revitalisation d’une partie de la friche a émergé à l’initiative de Panattoni associé au groupe d’investissement RSJ. Panattoni, compagnie américaine, est l’une des plus grandes sociétés privées de développement d’espaces industriels dans le monde, avec 53 bureaux en Amérique du Nord, en Europe et en Asie. « L’un des éléments constitutifs de l'ADN de Panattoni, c’est le développement de friches industrielles », nous explique Pavel Sovicka, directeur général pour la République tchèque et la Slovaquie depuis 2008. Il nous reçoit dans ses bureaux installés à Prague et reconnaît que rénover des friches est toujours risqué. « On ne sait jamais avec les friches industrielles ! Vous avez beau tout prévoir, avoir acquis de l’expérience, mais vous ne savez jamais ce que vous allez découvrir tant que vous n’avez pas creusé. » Le développeur d’espaces industriels précise que le précédent propriétaire a assuré la dépollution du sol.

Le projet est de construire deux vastes entrepôts sur 88 500 mètres carrés avec 2 000 emplois à la clé. Pavel Sovicka vante les atouts de cette revitalisation : « Les entreprises bénéficieront d’un emplacement idéal avec des infrastructures déjà disponibles, de la proximité de l'aéroport et des universités de Prague. Pavel Sovicka apprécie la volonté affichée de l’équipe municipale de Kladno de développer son parc industriel, alors qu’à Prague, certains projets engagés en 2014 par Panattoni sont toujours en attente de permis. « À Prague, la principale préoccupation est de savoir combien de logements ou de bureaux seront construits. Les entreprises sont repoussées toujours plus loin de la ville. » Début prévu des opérations cet été, pour une fin des travaux espérée en 2028. Les brochures de Panattoni font souvent référence à Poldi. Interrogé sur cette volonté affichée de s’inscrire dans une continuité historique, Pavel Sovicka acquiesce : « C’est un nom, un logo dont tout le monde se souvient. »

Le choix des entreprisesOndrej Rysk, tout comme Dan Jiranek, ont insisté, lors de nos entretiens, sur la vigilance qu’ils porteraient aux activités des entreprises qui s’installeront. L’un et l’autre rejettent des entreprises chimiques polluantes, ou un grand nom de la logistique, qui implanterait des entrepôts géants générant une intense circulation de camions et peu d’emplois.

Mais seront-ils en mesure d’imposer leurs choix face aux investisseurs ? Si le conseiller municipal reconnaît qu’il sera difficile de s’imposer face au secteur privé, l’ancien maire de Kladno, Dan Jiranek, aujourd’hui président du comité de la Bohême centrale sur l’impact environnemental des activités industrielles, est plus optimiste : « On pourra se le permettre, vu le taux de chômage ici. On pourra dire non à toute entreprise qui ne conviendra pas à notre réglementation en matière d’impact sur l’environnement. On a les moyens de patienter pour avoir des propositions qui correspondent à nos attentes. »

Le club de hockey espère un sponsorUn autre dirigeant espère beaucoup d’une reprise de la vie économique à Kladno. C’est le président du fan club de l’équipe de hockey sur glace : Jaroslav Zelenka. Pour tout amateur de ce sport, le nom de Kladno est immanquablement associé à celui de Jaromir Jagr, le plus grand joueur de hockey tchèque, une idole nationale. Du temps de la grandeur de l’usine Poldi, les finances du club, fondé en 1924, étaient assurées et l’équipe caracolait en tête du championnat.

Aujourd’hui, Jaromir Jagr est revenu dans sa ville d’origine. À 50 ans, il continue à jouer et porte à bout de bras les «Chevaliers de Kladno » qui ont regagné péniblement l’Extraliga (première division), mais restent sous la menace d’une relégation. Le retour de Jaromir Jagr et son implication ravissent Jaroslav Zelenka mais ne sont pas de nature à le rassurer totalement. « Je suis toujours inquiet concernant les finances. Tout repose sur Jaromir Jagr, sur sa capacité à récupérer assez d’argent pour financer le club. » Président du club de fans depuis vingt ans, Jaroslav Zelenka regrette aujourd’hui qu’« il n’y a plus d’entreprise assez importante pour financer un club de hockey, ou si elles en ont les capacités, il n’y a plus de volonté de jouer le rôle de principal sponsor ».

Kladno a aussi son groupe de rock alternatif. Zrni est composé de cinq musiciens. Ils se sont rencontrés alors qu’ils étaient au lycée à Kladno. Jan Fiser, le violoniste, veut croire que la ville de son adolescence a influencé la musique du groupe. La pochette de leur premier album a été prise dans la friche de Poldi, en 2009. « Kladno est une ville laide, mais nous essayons de voir sa beauté cachée. Sur le premier album, Voni, nous avons une chanson dont le refrain dit : "Bonjour, je vais prendre une bière" (rires). Quand on veut voir un peu de poésie dans des endroits laids, il faut parfois prendre une bière ». En février dernier, Zrni a enregistré son dernier album : Siroko Daleko. Et même si, à l’exception du bassiste, ses membres vivent désormais à Prague, l’une des chansons évoque encore Kladno. « Nous avons l'habitude de dire que nous sommes les enfants des fleurs de Kladno, parce que nous étions tous des hippies en ces années-là. Je pense qu’il s'agit surtout d’un certain état d’esprit, la joie d'être entre amis, de faire de la musique, de ne se soucier de rien d’autre. Le temps de notre jeunesse à Kladno. »

À Kladno aujourd’hui, la ville veut croire à une seconde jeunesse. La future zone d’activité, qui s’installera sur la friche Poldi, lui rendra peut-être sa grandeur passée.

(*) Le projet SPARCS a le soutien financier du programme de recherche et d'innovation Horizon 2020 de l'Union européenne.

« Kladno, une ville tchèque à la reconquête de sa friche industrielle », un Grand reportage réalisé par Pauline Leduc.

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En Irlande, les courses de lévriers sont de plus en plus controversées. Plusieurs sponsors se sont retirés et les offices de tourisme n'en font plus la publicité. La polémique date de la sortie d'un documentaire à la télévision irlandaise, il y a quatre ans, où l'on voit des images de chiens tués ou maltraités parce qu’ils ne sont pas assez performants. Les chenils de course et les refuges sont débordés. Face à la voix de plus en plus forte des anti-courses, l'industrie tente de faire perdurer cette tradition vieille d'un siècle.

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Être prêt, toujours, à la guerre… La Finlande, qui vient de rejoindre l’Otan, n’a jamais cessé de se préparer à un éventuel conflit avec la Russie, un voisin avec qui elle partage 1 340 km de frontière terrestre et qu’elle a toujours jugé menaçant et imprévisible. Service militaire obligatoire, abris antiatomiques, stocks de blé, de pétrole, de médicaments… Sa politique dite de « défense totale » implique non seulement les armées, mais les entreprises et la société civile.

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Depuis 40 ans, l’épidémie VIH fait rage. En France, 200 000 personnes sont contaminées. C’est 38 millions dans le monde, dont 54% sont des femmes. Aujourd’hui, les traitements ont évolué et permettent aux personnes séropositives d’avoir une vie quasi-normale. Mais la stigmatisation et la sérophobie restent élevées, tout comme la prévention progresse mais exclut de nombreux publics comme les femmes, les personnes transgenres, immigrées ou travailleuses du sexe.

«Bien vivre avec le VIH ? Oui mais pas pour tout le monde», un Grand reportage de Justine Rodier. (Rediffusion)

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Au moins 853 migrants sont morts à la frontière entre les États-Unis et le Mexique en 2022. C’est le double des années précédentes et un bon nombre de ces décès survient dans le désert de Sonora, en Arizona. Empêchés par les politiques migratoires de plus en plus restrictives, les migrants tentent de trouver d’autres voies d’accès plus furtives, mais aussi plus dangereuses pour entrer sur le territoire américain.

En proie à un environnement hostile et des températures extrêmes, certains ne terminent pas la route. Le désert se transforme alors en un cimetière qui réduit les corps à l’état de squelettes en quelques jours… À Tucson, un groupe de bénévoles, « los capellanes del desierto » (aumôniers du désert) organisent fréquemment des opérations de recherche pour retrouver les corps des disparus. Avec l’aide des médecins de la morgue, ils s’efforcent de redonner un nom aux migrants morts dans le désert.

« Redonner un nom aux migrants morts dans le désert de Sonora », un Grand reportage de Gwendolina Duval.

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Gérées de manière durable, les forêts de la Finlande couvrent les trois quarts de la superficie de ce pays du nord de l’Europe. Cela fait de lui le plus boisé du continent. Les Finlandais investissent plus de 260 millions d'euros par an dans le renouvellement et la croissance des forêts, lesquelles jouent un rôle primordial dans la régulation du climat. La Finlande est aussi un des plus gros producteurs mondiaux de bois scié, de pâte à papier, de carton.

«La Finlande, pays le plus boisé d’Europe», un Grand reportage d'Ariane Gaffuri.

Sites :

  • Metsä, site de production de bois et bioproduits

  • Association des forêts finlandaises

  • Ministère de l’Agriculture et des Forêts

  • Muoto teste la fabrication d’emballages 3D à base de fibres de bois

  • Woodio, créateur d’équipements de salles de bain en bois et résine.

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L’Espagne traverse l’une des pires sécheresses de son histoire récente. Selon l'Observatoire européen de la sécheresse, en avril 2023, près de 80% du territoire espagnol est concerné. En moyenne, ce grand pays agricole accuse un déficit de précipitations de 28%, depuis début octobre 2023. Alors, l'Espagne a beau être équipée d'un grand nombre de bassins de rétention d'eau, l'agriculture est à la peine.

« Sécheresse en Andalousie : le potager de l'Europe déshydraté », un Grand reportage de Pauline Gleize.

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Violences, arrestations, thérapies de conversion, rejets des membres de leur famille… En Ouganda, déjà considéré comme l’un des pays les plus répressifs envers la communauté LGBT, le Parlement a validé le 2 mai 2023 une proposition de loi anti-homosexualité, allant jusqu’à la peine de mort dans certains cas. Le texte doit encore être signé par le président Yoweri Museveni avant sa promulgation.

Dans la capitale Kampala, face à la menace pour leur sécurité, les membres de la communauté LGBT ont toujours dû dissimuler leur identité et leur orientation sexuelle. Une précaution encore plus nécessaire depuis le début de l’année 2023 et l’augmentation des discours de haine dans le pays.

«En Ouganda, la vie cachée de la communauté LGBT», un Grand reportage de Lucie Mouillaud.

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L’invasion de l’Ukraine lancée par la Russie, le 24 février 2022, a accéléré le phénomène de « dérussification ». Le rejet de la langue et de la culture russes, entamé à la suite de l’annexion de la Crimée et la guerre dans le Donbass en 2014, se répand à travers le pays. Après la dé-soviétisation, qui s’est accélérée dans le sillage de la révolution pro-européenne de Maidan, les tentatives d’effacer toutes les références historiques, culturelles, liées au grand voisin et à ses marqueurs idéologiques, se multiplient.

Changement des noms de rues, déboulonnage de statues, retrait de la littérature russe des rayonnages des bibliothèques… même dans les régions de l’Est et du Sud, où la langue russe est prédominante, la guerre fait peu à peu tomber les résistances.

« Ukraine : « dérussifier » pour exister », un Grand reportage d’Anastasia Becchio et Boris Vichith.

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« Jamais la première fois sur un patient ». La simulation en santé est aujourd’hui une méthode pédagogique incontournable pour les étudiants et professionnels de santé. Cela consiste à reproduire des situations de soins pour s’entraîner à des gestes techniques, apprendre à gérer les risques, poser des diagnostics, etc. Sur des mannequins, en réalité virtuelle, ou avec des faux patients qui simulent.

À Amiens, dans le nord de la France, le centre Simusanté existe depuis 10 ans. Il a été pionnier en Europe dans le domaine de la simulation médicale et il est l’un des plus grands du genre.

« La simulation en santé, un centre précurseur à Amiens », un Grand reportage de Lise Verbeke.

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En Grèce, les élections législatives se tiennent le 21 mai 2023. Un scrutin symbolisé par la lutte des deux principaux chefs de partis – Kyriakos Mitsotakis d’un côté, Alexis Tsipras de l’autre – qui sont également les deux derniers Premiers ministres grecs. Dans un pays encore très marqué par les conséquences, à partir de 2008, d’une crise de la dette publique, suivie par l’imposition de politiques d’austérité, les questions économiques sont au cœur de la campagne électorale. Une campagne également contaminée par un scandale d’écoutes dit le « Watergate grec » et un accident de trains meurtriers, début mars 2023, qui a bouleversé le pays.

« Élections en Grèce : continuer à réparer après la crise », un Grand Reportage de Joël Bronner.

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85, 88 ou 95 ans… Ces anciens combattants sont âgés. Ils sont neuf, tous résident à Bondy, en banlieue nord de Paris. Tous sont originaires du Sénégal. Ce sont les survivants de la 3ème et la dernière génération de tirailleurs qui ont combattu pour la France dans les guerres de décolonisation : l’Indochine et l’Algérie notamment. Le gouvernement français a pris une mesure qui leur permet de percevoir leur minimum vieillesse sans obligation de séjourner la moitié de l’année en France.

Ils vont enfin pouvoir retourner dans leur pays d’origine. Sylvie Koffi a fait le voyage avec les neuf premiers à partir.

«9 tirailleurs de retour au Sénégal», un Grand reportage de Sylvie Koffi.

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L'Afrique du Sud, ses paysages de brousse, ses animaux sauvages et ses éoliennes... En pleine crise énergétique, le pays se cherche de nouvelles sources d'électricité et mise – par endroits – sur les éoliennes. Le développement de plusieurs fermes près du parc national des éléphants d'Addo, dans la province du Cap Oriental, suscite la colère d'un groupe de réserves privées. Elles mettent en garde contre l'impact négatif des éoliennes sur le paysage et donc sur le tourisme. À terme, c'est tout un modèle de conservation qui serait menacé.

« Réserves naturelles contre éoliennes », un Grand reportage de Romain Chanson.

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L'inflation est une amie ou plutôt une ennemie de longue date pour les Turcs. Après un pic à plus de 85 % en octobre 2022, elle semble avoir ralenti en début d’année, mais s’établissait toujours à 44 % au mois d’avril 2023, selon des chiffres officiels contestés par certains économistes. Alors que la Turquie se prépare à des élections présidentielle et législatives cruciales dimanche 14 mai 2023, la crise économique pourrait jouer un rôle déterminant dans le scrutin.

C’est la politique économique du président sortant Recep Tayyip Erdogan qui est largement critiquée, même dans ses fiefs électoraux.

« Hyper-inflation en Turquie : la faille d’Erdogan », un Grand reportage d’Alexis Bédu.

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En Turquie, quatre jours avant l’élection présidentielle de ce dimanche (14 mai 2023), le président Recep Tayyip Erdogan est sur la sellette. Dans les sondages, il est au coude à coude avec Kemal Kiliçdaroglu, membre du parti kémaliste CHP, et soutenu par une coalition inédite de six partis. Dans cette course, une partie de l’électorat pourrait faire pencher le scrutin. Les Kurdes, environ 10% des votes, et parmi eux, une majorité de jeunes de moins de 30 ans.

À Diyarbakir, capitale historique du sud-est kurde, ils sont près d’un quart des votants à se rendre aux urnes pour la première fois. Moins conservateurs, moins radicaux et parfois plus laïques que leurs aînés, ils ont grandi dans la guerre des années 2015-2016 entre l’État turc et le mouvement terroriste du PKK, et n’ont connu que le président Recep Tayyip Erdogan au pouvoir. Aujourd’hui, ils veulent croire qu’une solution politique à la question kurde est possible… sans être tout à fait convaincus par les candidats.

« Jeunesse kurde de Turquie : les espoirs face à l’AKP », un Grand reportage de Manon Chapelain.

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Dans le sud de la Louisiane, dans le sud du sud des États-Unis, on parle français depuis plus de 300 ans. Depuis la fondation de la Nouvelle-Orléans. Mais au XXème siècle, parler français était mal vu par les autorités américaines, et même rigoureusement interdit à l’école. La francophonie a donc reculé, jusqu’à il y a quelques années, quand certains, ceux qui parlaient le français louisianais, quasiment en cachette, ont voulu sauver leur langue, leur héritage et leur culture. La loi a changé, les mentalités aussi, et aujourd’hui, la langue française recommence à être parlée par les jeunes générations.

« En Louisiane, chez les irréductibles défenseurs de la francophonie », un Grand reportage de Guillaume Naudin. Réalisation : Pauline Leduc.

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Et si l’élevage pouvait sauver des espèces menacées et en luttant contre le commerce illégal d’animaux ? En Colombie, deuxième pays avec la plus grande biodiversité au monde, chaque année, des milliers d’animaux sauvages sont capturés, pour être revendus illégalement. Parmi les animaux très prisés des collectionneurs, des grenouilles vénéneuses, la grenouille Lehmann. Alors un éleveur tente de freiner le trafic en reproduisant ces espèces menacées. « Et si l’élevage pouvait sauver des espèces menacées ? », un Grand reportage de Najet Benrabaa et Charlotte de Beauvoir.

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Depuis les années 1960, le soleil et la plage, associés à un riche patrimoine historique – à commencer par une vaste ville médiévale classée au patrimoine de l’Unesco – contribuent ici au succès touristique. L’an dernier (2022), l’île grecque de Rhodes et ses quelque 130.000 résidents, ont accueilli environ deux millions et demi de touristes. Soit près de vingt vacanciers pour un habitant. En été, la question du surtourisme se pose et, à l’heure de la nouvelle saison touristique, beaucoup sur l’île commencent à s’interroger : comment encadrer l’expansion d’un secteur rémunérateur pour mieux le faire durer dans le temps ?  « À Rhodes, le tourisme-roi face aux défis du développement durable », un Grand reportage, en Grèce, de Joël Bronner.

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L'agriculture représente 1/5è des émissions de gaz à effet de serre de la France. Parmi les principaux responsables : les rots des ruminants. Le méthane entérique représente, en effet, la moitié de l'empreinte carbone d'une exploitation laitière. Face au réchauffement climatique, la Stratégie nationale bas-carbone de la France encourage une baisse de la consommation de la plupart des viandes. Les élevages sont en parallèle invités à réduire leurs émissions.   « Élevages laitiers : le défi de l’empreinte carbone », un Grand reportage de Pauline Gleize.

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Dans le nord du Nigeria à majorité musulmane, douze États fédérés appliquent la Charia, qu'il s'agisse de droit civil ou de droit pénal. La justice islamique est parfois émancipatrice, puisqu'elle permet de régler plus rapidement les conflits domestiques et matrimoniaux. Mais lorsqu'il s'agit d'affaires criminelles, l'application de la Charia est beaucoup plus controversée. Le droit pénal islamique qui a été réintroduit en 1999, dans le nord du Nigeria, considère par exemple que le blasphème est un crime passible de la peine de mort.   « À Kano, la justice islamique fait la loi », un Grand reportage de Liza Fabbian.

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Chaque année, en Corée du Sud, la consommation de viande de chien diminue et la pratique pourrait même être interdite. Le couple présidentiel s’affirme comme ami des bêtes et défenseur de la cause animale, tandis que la Première dame a pris position en faveur d’une abolition. Du côté de l’opposition, on propose de mettre fin à une tradition jugée obsolète. Une position que semble partager une majorité de Coréens. D’autant que dans les grandes villes, les chiens prennent une place prépondérante et dépassent parfois le rôle de simple animal de compagnie. Pourtant, chaque année, environ un million de chiens sont consommés dans des restaurants. La relation qu’entretiennent les Coréens avec les chiens semble varier selon le genre, la classe sociale, les lieux de vie ou les générations. « Corée du Sud: les chiens, meilleurs amis de l’homme ou meilleurs en soupe ? », un Grand reportage de Nicolas Rocca.

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Cuba, la pire crise économique depuis la chute de l’Union soviétique. À Cuba, le renforcement de l’embargo américain sous la présidence Trump, la réduction des livraisons de pétrole par le Venezuela et enfin la pandémie de Covid-19 ont eu de lourdes conséquences : les Cubains sont aujourd’hui confrontés à une inflation galopante et à des pénuries alimentaires. Pour nourrir la population, le gouvernement castriste porte une attention particulière aux micro-fermes. Installées dans les villes comme en zone rurale, leurs exploitants se heurtent pourtant à de nombreux obstacles. « L’agriculture urbaine et familiale : un pilier dans la lutte contre l’insécurité alimentaire à Cuba ? », un Grand reportage de Stefanie Schüler.

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C’est une des régions les plus démunies et isolées du Soudan du Sud. Dans le Grand Pibor, à l’est du pays, des cycles de conflit incessants opposent la communauté Murle à ses voisins de l’État du Jonglei, les Dinka et les Nuer. Les razzias pour le bétail sont accompagnées d’enlèvements massifs de femmes et d’enfants. Devenu indépendant en 2011, le Soudan du Sud avait sombré dans une guerre civile en 2013, et la signature d’un accord de paix en 2018 n’a pas réussi à endiguer les violences intercommunautaires, dont les femmes paient le prix fort. « Soudan du Sud : les femmes du Grand Pibor prises au piège des conflits », un Grand reportage de Florence Miettaux.

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Fondé en 2014 par Evgueni Prigojine, le groupe Wagner commence son aventure africaine en décembre 2017 lorsque ses premiers hommes atterrissent à Bangui, en Centrafrique. En l’espace de quelques années seulement, le groupe russe s’est aussi implanté en Libye, au Soudan, à Madagascar et au Mali… Une expansion accompagnée d’accusations de violations des droits humains, de prédation économique et d’une redoutable offensive informationnelle au service de son narratif et de ses ambitions… « Quelle stratégie africaine pour le groupe Wagner ? », un Grand reportage de Franck Alexandre et François Mazet.

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RFI s’associe au consortium international d’enquête « Forbidden Stories » pour reprendre le travail de Rafael Moreno, journaliste colombien, tué le 16 octobre 2022, dans des circonstances encore non élucidées. L’un des sujets sur lesquels il enquêtait : l’impact de la grande industrie minière sur l’environnement et la santé des populations dans sa région d’origine, le département de Cordoba. En 2017, la justice colombienne a obligé l’opérateur de la mine de nickel Cerro Matoso S.A à agir pour limiter ces effets nocifs. Six ans après, les dégâts sont toujours là parmi les communautés voisines de la plus grande mine à ciel ouvert de nickel du continent. « Colombie: les voisins maudits de la mine », un Grand reportage d'Aabla Jounaïdi et Angélica Perez.

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En Espagne, une seule mine de charbon est encore en activité, la San Nicolas, vestige d’un passé glorieux niché dans les vallées verdoyantes des Asturies. Depuis 20 ans, le pays se décarbone sans bruit, ni grandes grèves, notamment grâce à de généreuses subventions de l’État espagnol. L’heure est à la reconversion de ces bassins miniers. Or, cette transformation n’est pas évidente pour ces régions dont l’exploitation du charbon a été une monoculture depuis le XIXème siècle. Reportage à Mieres dans les Asturies, au nord-ouest de l’Espagne.   « L'Espagne achève sa décarbonisation », un Grand reportage de Diane Cambon.

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L’Inde est l’un des plus importants producteurs de déchets plastiques au monde: plus de 2 millions de tonnes de plastique sont jetés chaque année, sans jamais être recyclés. Ces sachets ou emballages sont généralement envoyés dans des décharges ou brûlés, ce qui contribue à la pollution et au réchauffement climatique. Mais une alternative existe: depuis plusieurs années, grâce à une technique inventée en Inde, les déchets plastiques sont mélangés au bitume pour construire des routes.  Non seulement cela réduit la pollution, mais cela rend aussi ces routes plus solides et durables. Au Kérala, dans le sud du pays, le gouvernement régional a déployé toute une chaîne logistique, depuis la collecte jusqu’à l’ingénierie, et a déjà construit plus de 5 000 km de routes à base de plastique. «Les routes avec du plastique en Inde, une alternative pour réduire la pollution ?», un Grand reportage de notre correspondant Sébastien Farcis.

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En France, pendant la Seconde Guerre mondiale, environ 100 000 œuvres d’art ont été spoliées aux juifs par les nazis. Des tableaux, des sculptures, des objets d’art, parfois des instruments de musique… volés, pillés, et qu’il a fallu retrouver et rendre après la guerre. Près de 80 ans après la Libération, certaines œuvres n’ont toujours pas retrouvé leur propriétaire, ou plutôt les descendants de leur propriétaire. Des historiens consacrent leur carrière à la traque de ces œuvres qui, souvent, sont exposées, aux yeux de tous, dans les musées. Les identifier, prouver leur spoliation, puis les rendre, est un travail minutieux qui peut durer des années. Une odeur de tabac flotte dans le salon de May Monteux. La pièce n’est pas si petite, mais elle apparaît étriquée : elle est encombrée de meubles, les étagères débordent de livres, de sculptures, de bibelots. Chaque centimètre carré de mur est couvert de tableaux qui ont, pour certains, une histoire particulière : ils ont été volés par les nazis lors de la Seconde Guerre mondiale.Leur propriétaire était Marcel Monteux, le grand-père de May. Ce collectionneur d’art a été spolié, parce qu’il était juif. « Il a été arrêté, interné au camp de Drancy le 31 juillet 1944 et déporté vers Auschwitz, par le convoi n°77, raconte sa petite-fille, assise devant une tasse de café et de vieilles photographies. Il n’a pas eu de chance, car le lendemain, il y avait la grève des cheminots et les trains ne sont plus partis. Il est mort à peine arrivé, il a attrapé le typhus et n’a pas survécu. » Aujourd’hui, May, 90 ans, poursuit le combat de sa grand-mère, son « idole » qui, à la Libération, a réussi à se faire restituer de nombreuses œuvres d’art qui appartenaient à Marcel Monteux. Le collectionneur est d’ailleurs lui-même immortalisé sur une toile : un jeune homme élégant, en costume et nœud papillon, pose avec un cigare et un journal. Le tableau trône dans le salon de May, en face du canapé.Pour retrouver les œuvres spoliées qui ne sont pas revenues à sa famille, la retraitée est aidée par l’historienne Emmanuelle Polack, spécialiste du marché de l’art sous l’Occupation. Elles ont, pour cela, épluché les archives familiales, aidées notamment des notes : « Elle avait une liste assez vague, car mon grand-père, son mari, était très joueur, très flambeur, sourit malicieusement May. Par exemple, quand il empruntait de l’argent, il donnait en gage un tableau. Alors dans le doute, elle avait fait une liste. » Une sorte d’inventaire, donc, de la collection de Marcel Monteux.Grâce à ces notes griffonnées sur du papier jauni, May et Emmanuelle Polack ont pu trouver une preuve supplémentaire pour se faire restituer un tableau : Bord de rivière reflété dans l’eau de Camille Bombois. Ce tableau est accroché dans un musée de Passau, en Allemagne. L’historienne avait repéré, lors de ses travaux, cette toile dont la provenance était suspecte. Elle s’est alors rapprochée de la descendante du collectionneur. Un deuxième tableau, exposé dans le même musée allemand, a aussi été identifié comme appartenant à la famille Monteux, il représente d’ailleurs Jean-Paul Monteux, le père de May, peint par Maurice Denis. Ce sont donc deux œuvres qui ont été retrouvées et devraient être restituées dans les semaines à venir.« Une grande razzia »À son arrivée au pouvoir en 1933, Hitler ne tarde pas à mettre en place des spoliations d'œuvres d’art ou d’autres biens, visant particulièrement les juifs. En France, dès l’été 1940, « il y a une grande razzia, explique Emmanuelle Polack, experte du sujet. Environ 450 caisses [remplies d'œuvres d’art, NDLR] vont aller au sein de l’ambassade d’Allemagne. Très vite, il n’y aura pas assez de place, le Louvre proposera trois salles, puis c’est finalement le musée du Jeu de paume qui deviendra le lieu de stockage des œuvres spoliées ».À la Libération, 60 000 objets culturels spoliés sont retournés en France, grâce au travail de la résistante Rose Valland. Une grande partie a pu être restituée, mais environ 2 000 tableaux, sculptures, objets d’art dont le propriétaire n’a pu être identifié ou retrouvé, ont été confiés à des musées français. « Ces œuvres n’appartiennent pas aux musées nationaux, précise Emmanuelle Polack. Ils n’en sont que les seuls protecteurs. À charge pour eux de poursuivre les recherches de provenance. »« Travail de mémoire »Depuis quelques années, l’historienne aide ainsi le musée du Louvre à restituer, dans ses collections, des œuvres identifiées comme spoliées, ou dont la provenance est suspecte. Elle accompagne les conservateurs des départements dans leurs recherches, les aiguille notamment vers des fonds d’archives qui pourraient fournir des preuves, par exemple un catalogue de vente aux enchères sous l’Occupation qui attesterait d’une vente forcée.Mais la recherche de provenance se complique d’année en année : les propriétaires des œuvres, ou leurs descendants, disparaissent, ou ignorent que leur famille a été victime de spoliation. Emmanuelle Polack en est consciente : « On ne pourra jamais restituer toutes les œuvres, mais ce qui est très important, c’est de faire ce travail de mémoire. Il me semble que nous le devons à la mémoire des victimes des exactions de la Seconde Guerre mondiale. »Aujourd’hui, en France, même quand une œuvre est identifiée comme spoliée dans un musée français, il est nécessaire de passer devant la justice pour la restituer, car les collections nationales sont inaliénables. Il faut donc créer une dérogation à la loi pour chaque œuvre. Mais cette situation pourrait bientôt changer : cette année, le Parlement pourrait adopter une loi-cadre facilitant les restitutions.

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Le 25 mars dernier un pétrolier danois sous pavillon libérien a été pris d'assaut par un groupe de 5 hommes armés au large des côtes du Congo-Brazzaville. Les communications avec le navire ont été interrompues et les 16 membres d’équipage portés disparus. 6 jours plus tard, le 31 mars, le Patrouilleur de Haute-Mer (PHM) - Premier-Maître l’Her de la marine française localise et porte assistance au navire. Avant l’arrivée du navire militaire, les pirates ont le temps de s’échapper en kidnappant 6 marins, toujours introuvables à ce jour. Une semaine avant cette attaque, notre reporter était à bord du bâtiment militaire français au large du Bénin afin de comprendre comment s’organise la lutte contre la criminalité maritime : acte de pirateries, mais aussi pêche illicite, traite d’êtres humains ou trafic de drogue.« Golfe de Guinée, 10 ans de coopération internationale contre la piraterie », c’est un Grand reportage de François Hume-Ferkatadji.

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C’est un spectacle époustouflant, celui des baleines qui chaque année viennent se reproduire, et mettre bas, dans les eaux chaudes de la baie de Samana, au nord de la République dominicaine. Un sanctuaire de cétacés qui attire de plus en plus de visiteurs étrangers. Face aux flots touristiques, les associations écologiques se battent pour préserver l’extraordinaire biodiversité de la baie. « Le sanctuaire de Samana, entre protection des baleines et tourisme de masse », un Grand reportage de Raphaël Moran.

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Kounsitel. Vous connaissez peut-être le nom de ce village ou plutôt de cette petite ville du nord de la Guinée. Il y a deux ans, Kounsitel comptait quelques milliers d’habitants seulement, et puis, il y eut cette rumeur qui se répandit sur Internet et à travers toute l’Afrique de l’Ouest : la terre rouge qui entoure Kounsitel contiendrait d’importantes quantités d’or ! Du jour au lendemain, des aventuriers de tous horizons débarquèrent avec l’espoir de faire fortune. Aujourd’hui le calme revient, un peu. « Kounsitel en Guinée, l’avenir plombé d’une cité d’or » un Grand Reportage de Matthias Raynal.

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À l'heure de la transition énergétique, les terres rares sont le nouvel eldorado minier. Il faut dire que ces composants sont indispensables à la fabrication de batteries électriques et d'éoliennes, notamment. Alors, depuis que le géant minier suédois a annoncé (en janvier avoir découvert le plus grand gisement de terres rares à Kiruna, près du cercle arctique), l'Union Européenne nourrit l'espoir de s'émanciper (un peu) de la Chine, dont elle dépend totalement. Aubaine ou malédiction... Sur place, la question divise et inquiète particulièrement les Samis, le peuple autochtone du Grand Nord, dont l'activité ancestrale - l'élevage de rennes - est directement menacée. « Terres rares en Laponie, les Samis face aux mines », un Grand Reportage de Carlotta Morteo.

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En Birmanie, cela fait maintenant deux ans que l’armée a pris le pouvoir par coup d’état, stoppant net la marche du pays vers un système démocratique. Deux ans que l’ancienne cheffe du gouvernement Aung San Suu Kyi est emprisonnée et tenue au secret, à 77 ans, elle écopé de 33 ans de prison pour corruption lors d’un procès à huis clos. Pourtant dans le pays, la résistance armée à la junte s’organise, surtout dans les zones frontières, avec l’Inde et avec la Thaïlande.  Des groupes de plus en plus nombreux et mieux financés ont vu le jour. En face, l’armée birmane réplique avec des frappes aériennes meurtrières. Le bilan officiel de près de 3000 morts est largement sous-évalué selon les organisations de société civile. Mais ces guérillas rurales se déroulent bien loin de l’œil des médias… Les bombardements terrorisent les populations qui tentent de trouver refuge dans les forêts et toute la vie désormais se réorganise dans la jungle. Alors que les soldats de la junte cherchent désormais une voie de légitimation de leur pouvoir et annoncent pour bientôt de nouvelles élections, les armées ethniques, alliées aux groupes de jeunes combattants des grandes villes, promettent d’intensifier les combats, pour faire tomber les militaires…« La forêt place forte de la résistance Birmane », un Grand reportage de Carol Isoux.

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Depuis la destitution du président Pedro Castillo, début décembre 2022, le Pérou connaît des vagues de protestations anti-gouvernement... Les manifestants refusent la légitimé de la présidente Dina Boluarte. La crise politique a réveillé des problèmes de fond dans la société péruvienne : inégalités, pauvreté, absence de l’État, racisme… dans le sud du pays, dans la région de Puno, près du lac Titicaca, les paysans se mobilisent depuis 4 mois et ne comptent pas s’arrêter là… « Dans le sud du Pérou, la région du lac Titicaca en lutte », un Grand reportage de Juliette Chaignon.

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En Chine aussi, la question des retraites fait débat. Face au vieillissement de la population, les autorités ont tenté plusieurs fois de reculer l’âge de départ, suscitant une véritable bronca sur les réseaux sociaux, dans un pays où de nombreux retraités issus des zones rurales touchent une pension encore dérisoire.  « Chine, la bombe à retardement des retraites », un Grand reportage de Stéphane Lagarde et Louise May.

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En Iran, plus de six mois après la mort de Mahsa Amini, pour un voile mal mis, les manifestations dans la rue se sont calmées. Il faut dire que la répression a été forte. Pour autant, la détermination d’un certain nombre de jeunes reste intacte. Et la colère contre le régime s’exprime, sur des questions qui vont bien au-delà du voile.   « Iran, génération courage », un Grand reportage de Murielle Paradon.

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Quand faire un enfant pour un autre devient un marché. En Colombie, c’est même un marché très développé, on appelle ça « alquiler de vientre », la location de ventre. La gestation pour autrui a donc un prix, entre 3 700 et 5 600 euros. Au point que l’an dernier (2022), la Cour constitutionnelle a demandé au Congrès de réglementer cette pratique. Les projets de loi commencent à être présentés, avec un premier débat au Congrès demain (4 avril 2023).  « Mères porteuses en Colombie, un marché à réguler », un Grand reportage de Najet Benrabaa.

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Plus de 4 000 km séparent le Sri Lanka de l’île de La Réunion. Pourtant, depuis 2018, un axe migratoire s’est ouvert entre les deux territoires. Les ressortissants sri-lankais, arrivent par bateaux de pêche après un périple de plus d’un mois pour traverser l’océan Indien. Persécution ethnique, répression politique, crise économique sont les motifs avancés de cet exil. De fait, le Sri Lanka traverse la pire crise politique et sociale depuis son indépendance en 1948. Depuis 2018, environ 500 personnes sont arrivées ainsi sur l’île dont 2 bateaux avec 87 personnes à bord depuis le seul mois de janvier. Des femmes, des enfants et des hommes dont plus de la moitié ont été reconduits à la frontière. Les autres se lancent dans le difficile parcours de la demande d’asile sur un territoire français qui tente de s’adapter.  « La Réunion, nouvelle terre d'exil des migrants sri-lankais », un Grand reportage de Lola Fourmy.

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C’est un massacre à l’arme chimique dont les traces perdurent aujourd’hui… Il y a 35 ans, Saddam Hussein lançait une opération de répression au Kurdistan irakien, un massacre d’ampleur à l’arme chimique. Le chef d’État irakien voulait punir les Kurdes pour leurs révoltes nationalistes et les accusait de complicité avec l’ennemi iranien. Bilan de ces attaques : 180 000 morts et 9 villages sur 10 entièrement rasés. « Les bombes chimiques de Saddam, une plaie encore ouverte pour les Kurdes d’Irak », un Grand reportage de Théo Renaudon.

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Depuis l’invasion de l’Ukraine et les sanctions internationales contre la Russie, l’Europe très dépendante des hydrocarbures russes connaît une grave crise énergétique. Depuis lors, le nucléaire revient au-devant de la scène. Cette situation est perçue comme une aubaine par le Niger, 5è producteur d’uranium au monde. Cette ressource y est exploitée depuis près de 60 ans par le groupe français Orano, anciennement appelé Areva. Les mines de ses filiales locales, la Cominak et la Somaïr, se trouvent à Arlit, dans la région d’Agadez, dans le nord du pays. Malgré ces ressources, le Niger reste un des pays les plus pauvres au monde.  « Au Niger : l’avenir incertain de l’uranium », un Grand reportage de Gaëlle Laleix.

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Centrafrique 2013 : 10 ans après, les leçons d’une crise. Le 24 mars 2013, une coalition de rebelles, la Seleka, entre dans Bangui, la capitale centrafricaine. Le renversement du président François Bozizé vient conclure plusieurs années de conflits avec les groupes armés du nord et de l’est du pays, mais il marque aussi le début d’une nouvelle phase d’instabilité et de plusieurs années de violences généralisées. Après une décennie, qu’ont retenu les acteurs de l’époque de ces évènements ? De leurs origines et de leur déroulement ? La page est-elle tournée ? « Centrafrique: 10 ans après, les leçons d’une crise », un Grand reportage de François Mazet.

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Au cours des 74 dernières années, Israël a arrêté plus de 10 000 femmes palestiniennes, les soumettant à des traitements cruels et brutaux… Elles sont anciennes détenues ou membres d’association de défense des droits des prisonniers. Elles dénoncent les conditions de détention, les agressions, le harcèlement, les attouchements, le retrait du voile, mais aussi la torture, les raids ou la négligence médicale. Car au-delà de l’enfermement, la peine est aussi politique et religieuse.  « Le calvaire des femmes palestiniennes dans les prisons israéliennes », un Grand reportage d’Alice Froussard.

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En 2019, le taux de surpopulation carcérale atteignait 266% en Côte d'Ivoire. Le pays comptait plus de 18 500 prisonniers pour une capacité de moins de 7 000 places, dans les 34 lieux de détention répartis sur le territoire. Et depuis, la situation n’a qu’empiré. Le ministre de la Justice ivoirien Sansan Kambilé recensait 26 000 détenus en décembre 2022. Leurs conditions de vie sont dégradées : locaux vétustes, accès aux soins insuffisants, malnutrition même puisque les rations sont insuffisantes… Dans cette population, les femmes détenues sont ultra-minoritaires, voire marginales.  Une position qui les rend souvent invisibles aux yeux de l'opinion publique et des responsables politiques. Seule une poignée d’ONG tentent de les faire sortir de l’oubli et d’obtenir pour elles des conditions de détention dignes.«Côte d'Ivoire : les femmes, grandes oubliées du système carcéral» , un Grand reportage de Marine Jeannin.

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Hong Kong détient l’étonnant record (mondial) de la plus haute proportion de femmes dans ses prisons : 19.7% de la population carcérale est féminine. La principale raison de cette statistique étonnante est la longueur des peines qui sont attribuées aux détenues, et en particulier aux mules, qui ont apporté de la drogue à Hong Kong et qui se retrouvent coupées de leurs familles à des milliers de kilomètres de chez elles. Mais depuis les événements de 2019, ce sont aussi des jeunes étudiantes qui se retrouvent enfermées pour plusieurs années à Hong Kong.  «Hong Kong, être femme derrière les barreaux», un Grand reportage de Florence de Changy.

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La France héberge la plus grande prison de femmes de toute l’Europe. Le centre pénitentiaire de Rennes, en Bretagne, compte 213 détenues pour longue peine, et 31 en attente de jugement. Les femmes détenues ne représentent que 3,3% de la population carcérale et leur voix se fait rarement entendre. RFI est allée à leur rencontre pour parler de l’enfermement. Est-ce qu'une femme abandonne son corps quand elle est en prison ? Peut-elle avoir une intimité, une sexualité, quand les cellules font 7m2 et que les corps sont surveillés ? « Le Centre Pénitentiaire de Rennes : le corps des femmes en prison », un Grand reportage de Laurence Théault.

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La situation des prisons et des prisonniers en Bolivie est déplorable, c’est un fait tristement connu, et souvent pointé du doigt (notamment par l’ONU) : violence, addictions, surpopulation carcérale, corruption du personnel, bâtiments en ruine. Parmi tous ceux qui sont derrière les barreaux, une population est encore plus vulnérable : les femmes. Car elles sont oubliées, par leur famille comme par les institutions. Pourtant, même enfermées, elles sont souvent encore cheffes de famille et elles envoient le peu qu’elles gagnent à l’extérieur. Reportage au cœur de la prison d’Obrajes à La Paz, où 300 femmes cohabitent dans un espace originellement fait pour accueillir 150 personnes. Une ville dans la ville, où l’on vit, où l’on travaille, où des enfants naissent, où on loue un toit à mettre sur sa tête. « Femmes en prison, la double peine », un Grand reportage d’Alice Campaignolle et de Maud Calves.  De notre correspondante à La Paz, Alice CampaignolleRosario Vaca Gutierrez a 56 ans, elle est Bolivienne, et au cours des 30 dernières années elle a été incarcérée 11 fois, la plupart du temps dans la prison pour femmes d’Obrajes à La Paz, en Bolivie. Comme une grande partie de ses codétenues, elle a toujours été écrouée pour petit trafic de drogue, pour avoir vendu du crack notamment. Entretien avec celle que l’on appelle Doña Charito, désormais libre et qui tient un petit commerce de pâtisseries.  Alice Campaignolle : Comment était le quotidien au sein de la prison ?Rosario (Doña Charito) : Dans la prison, il faut être attentive en permanence. Car si vous laissez traîner quelque chose 5 minutes, ça va être volé immédiatement. Si vous mettez vos sous-vêtements à sécher sans les surveiller, ils disparaissent ! Pour ma part, j’étais chanceuse, j’avais des culottes bouffantes, et comme ce n’est plus à la mode, personne n’en voulait ! Rires. Mais, il y a vraiment tout type de personnes à l’intérieur, il faut se méfier. Des droguées. Des alcooliques. Des prostituées. Vous pouvez aussi bien acheter de l’alcool comme de la drogue, sans problème. Il y a toujours une « bonne copine » pour te proposer un verre. Mais il faut faire très attention, car tu tombes vite là-dedans, et c’est la dépression assurée. Parce que beaucoup de détenues, moi incluse, n’ont pas de condamnation et rapidement on se dit qu’on ne sortira jamais de cet endroit. (NDLR environ 70% des détenus en Bolivie n’ont pas été jugés) Pour ma part, je n’avais personne sur qui compter, alors pas le choix, il fallait travailler, pour le papier toilette, le shampooing, bref, tout le nécessaire.  AC : Vous avez parlé de prostitution ?Rosario : Oui tout à fait. C’est très organisé, parfois avec la complicité des gardiennes, ou bien ce sont les gardiens les clients. Ou sinon, il y a un supposé frère, un supposé cousin qui vient les jours de visite, mais en réalité il est là pour acheter du sexe. Personnellement je ne suis jamais rentrée là-dedans, s’il y a bien un endroit où j’étais irréprochable, c’était en prison. Je me suis consacrée au travail surtout.AC : Mais ce n’est pas toujours facile d’occuper un emploi pénitentiaire… Rosario : Moi j’ai toujours été au four, je m’occupais de la boulangerie de la prison. Mais tu peux aussi travailler à la laverie par exemple. Lors de ma dernière incarcération, en 2017, ce n’était plus pareil, toutes les détenues se battaient pour obtenir un travail pénitentiaire car la prison était surpeuplée. Moi j’avais une bonne place, et donc j’entendais beaucoup de critiques, du type « Et elle, pourquoi elle a toujours cet emploi, elle ne peut pas laisser sa place ? ». Au fur et à mesure des années, j’ai su gagner le respect des gardiennes et de la direction, donc ils m’ont fait confiance et m’ont laissé ma place.AC : Et vous avez des enfants, de quelle manière vous en êtes-vous occupés pendant toutes ces années ?Rosario : J’ai deux garçons et deux filles, et les deux premiers ont été à mes côtés dans la prison pendant leur enfance, jusqu’à leurs 5, 6 ans. Je ne pouvais donc pas me permettre de ne pas travailler, car si leurs repas étaient assurés par l’administration pénitentiaire, parfois c’était juste une soupe, et ce n’était pas suffisant. Et puis au bout de quelques années, le garçon a été placé dans un foyer, et la fille chez une tante. Pas le choix, la prison ce n’est pas un endroit pour des enfants. Ils voient tout et répètent tout, et les éduquer dans cette ambiance, ça en fait des petits rebelles, de futurs délinquants. Aujourd’hui, ils sont grands, ils ont étudié, les deux garçons sont partis vivre au Chili et les deux filles en Argentine. Ils ont réussi, mais l’une de mes filles m’a dit un jour « où étais-tu quand j’avais le plus besoin de toi ? », ça m’a fait réfléchir.AC : Aujourd’hui, vous êtes sortie, à quoi vous consacrez-vous ?Rosario : Pendant longtemps, je me suis dit « étudier ce n’est pas fait pour moi », j’ai arrêté l’école à 9 ans, nous étions 16 enfants et il fallait aller travailler très jeune. Quand on m’a proposé les cours de l’organisation Manq’a, des cours de boulangerie notamment, j’étais terrifiée, car je ne sais pas écrire vite, je craignais de ne pas y arriver. Et puis il y a eu des ateliers pour travailler l’estime de soi, pour réfléchir à ses liens familiaux, et ça m’a fait beaucoup de bien. J’ai appris à m’ouvrir aux gens. Quand tu vends de la drogue, tu parles peu et mal, et au début j’avais honte de mes mots, je ne savais même pas expliquer comment je faisais mon pain. Aujourd’hui, j’ai confiance en moi et en ma petite entreprise de boulangerie-pâtisserie.

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Le 21 février 2023, le président tunisien affirme que des « hordes » de migrants subsahariens présents en Tunisie sont sources de « violence et de crimes ». Kais Saied dénonce alors une entreprise criminelle pour changer la composition démographique de la Tunisie. Ses propos, dénoncés par des ONG, provoquent une véritable crise : arrêtés, agressés, expulsés de leurs logements, de nombreux Subsahariens sont victimes d’abus. Depuis, des centaines de personnes quittent le pays. « Rester ou Partir ? Les Subsahariens de Tunisie face à la stigmatisation », un Grand reportage de Magali Lagrange.

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C’est une maladie qui touche plus d’une femme sur 10. L’endométriose handicape près de 2 millions de Britanniques, entre douleurs pelviennes, hémorragies, fatigue chronique. Pour certaines, cette maladie chronique empêche de mener une carrière épanouissante. Au Royaume-Uni, les associations ont mis sur pied un programme pour aider les employeurs à soutenir leurs employées malades. « Endométriose : concilier travail et maladie », un Grand reportage d’Emeline Vin.

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Les fonds de la politique de cohésion de l’Union européenne ont changé le visage de certaines villes en Bulgarie qui ont largement souffert de la désindustrialisation post-communiste. C’est le cas de Vratsa. Située au nord-ouest du pays, dans une des régions les plus pauvres du pays, elle vit une véritable renaissance économique grâce aux centaines de millions d’euros de financements européens.  « À Vratsa, en Bulgarie, les fonds européens transforment la ville », un Grand reportage signé Altin Lazaj.   En images

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L'invasion russe en Ukraine, le 24 février 2022, a provoqué une onde de choc en Lettonie. Après 50 ans d’occupation soviétique, le pays balte, indépendant depuis 1991, a vu ressurgir les traumatismes du passé. Depuis le début de la guerre, la population se prépare au pire et se mobilise pour défendre le pays en cas d’attaque alors que les autorités accélèrent la désoviétisation de la Lettonie. « Le spectre de la menace russe à l’ombre de la guerre en Ukraine », un Grand reportage d'Anne Verdaguer. Réalisation : Nicolas Benita.

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Aux frontières de la guerre en Ukraine, la Moldavie accueille le nombre de réfugiés ukrainiens le plus élevé de l'Europe au regard de sa propre population. Chisinau doit gérer cet afflux alors qu'une guerre hybride est menée par la Russie pour affaiblir sa détermination. « Sous pression de Moscou, la Moldavie solidaire des réfugiés ukrainiens », un Grand reportage signé Agnieszka Kumor.  En images

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En Belgique, le système d’asile est en crise. Après une baisse des flux migratoires due à l’épidémie de Covid, le royaume a enregistré 37 000 demandes de protection internationale en 2022, soit 40% de plus qu’en 2021. Aujourd’hui, le réseau d’accueil est saturé, et la place manque pour loger tous les requérants, comme la loi l’exige. Environ 3 000 demandeurs d’asile attendent actuellement une place dans un centre spécialisé. Certains d’entre eux se retrouvent à la rue ou dans des squats. Et les différents partis de la coalition qui dirige le gouvernement fédéral peinent à se mettre d'accord sur des solutions. «Belgique : la crise de l’accueil des demandeurs d’asile s’enlise», un Grand reportage de Laure Broulard.

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Quand l’armée s’entraîne en grand format. Pendant 19 jours, le sud de la France est devenu le théâtre d’une guerre fictive, 30 navires, 1 400 véhicules, une trentaine d’avions, c’était l’opération Orion. Une guerre simulée qui se poursuit jusqu’en avril 2023, après la Marine, ce sera l’armée de terre. Objectif : préparer les armées françaises à une guerre d’ampleur. « Opération Orion, les armées françaises s'entraînent à la guerre », un Grand reportage d'Ariane Lavrilleux.

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Des milliers de familles afghanes ont trouvé refuge depuis que les talibans ont pris le pouvoir en Afghanistan en août 2021. De nombreuses familles ont le choix de l’exil pour pouvoir simplement offrir une éducation à leurs filles privées d’enseignement secondaire et supérieur par les talibans. Loin d’être le lieu d’asile idéal car le Pakistan n’offre pas de réelles perspectives d’emploi et d’intégration aux réfugiés afghans, c’est pourtant au pays des Purs que de nombreuses familles afghanes se sont installées pour pouvoir envoyer leurs filles à l’école. Le Pakistan qui accueillait déjà 3 millions d’Afghans ayant fui leur pays dans les années 90 au cours de la guerre contre l’invasion soviétique, puis lors des 20 années de conflit entre l’ancien gouvernement afghan soutenu par la coalition internationale et les talibans.  « L’asile au Pakistan ou l'exil scolaire des jeunes Afghanes », un Grand reportage de Sonia Ghezali.

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En Côte d'Ivoire, on les qualifie souvent de gros bras, de voyous ou de bandits. Eux préfèrent se définir comme des guerriers et se surnomment « ziguéhis ». Un mouvement né dans les rues d'Abidjan dans les années 80… Inspirés des films d'action popularisés à l'époque par Sylvester Stallone, Bruce Lee ou autre Jean-Claude Van Damme, beaucoup de jeunes urbains ivoiriens désœuvrés s'adonnent à la musculation et aux arts martiaux, et parfois des combats de rue, on passe aux guerres de territoire. Les ziguéhis ont leur propre danse, leurs codes, leur langage. « Ziguéhis, les gladiateurs des rues ivoiriennes », un Grand reportage de Sidy Yansané. En images

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C’est un méga projet qui promet de transformer profondément le sud-est du Mexique. Un train qui traversera toute la péninsule du Yucatan, terre des Mayas sur plus d’un millier de kilomètres. Le train maya. Il prévoit d’accueillir encore plus de touristes, dans cette région où ils étaient déjà presque 20 millions en 2022 venus du monde entier. Il faut dire que la péninsule regorge d’histoire et d’une nature impressionnantes : avec ses plages paradisiaques, sa jungle tropicale et les cénotes, ces puits naturels remplis d’eau douce. Autant de trésors qu’il faut protéger. Alors autour du chantier de cette méga infrastructure ferroviaire, les Mexicains se déchirent. Pour ou contre ? Certains y voient l’espoir du progrès et d’autres une immense catastrophe environnementale. « Le train maya, la ligne qui divise le Yucatan », un Grand reportage de Gwendolina Duval.

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La forêt tropicale recouvre 85% de la surface du Gabon. Avec à peine 2 300 000 habitants et une agriculture peu développée... La pression de l’homme sur la forêt est restée relativement faible. Une nature encore intacte qui peut rapporter gros. Le gouvernement ambitionne de remplacer l’industrie pétrolière qui représente 60% de l’économie du pays, par l’industrie forestière. Pourtant, à l’heure du changement climatique, préserver le poumon vert de l’Afrique est un impératif.  « Forêts du Gabon: concilier économie et écologie », un Grand reportage de Jeanne Richard.

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On les appelle les sportifs SO. Deux lettres pour « Solidarité olympique ». Au total : douze boxeurs, nageurs, sprinters et judokas, tous des boursiers(ères) venu(e)s du Niger, du Congo, de Centrafrique, des Comores, de la Guinée-Conakry et de la Guinée-Bissau se préparent pour décrocher leur qualification aux Jeux Olympiques de Paris où ils représenteront leur pays d’origine. Un dispositif mis en place par le CIO. Et c’est en France, au sein du Centre régional jeunesse et sports près de Rouen que Sylvie Koffi les a suivis.  ⇒ À lire aussi: « Solidarité olympique: des athlètes africains se préparent en France pour décrocher leur qualification aux JO ». En images

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Princesses pour Yankees, femmes de réconfort, ou encore les dames de l’ONU. Voici quelques-uns des surnoms donnés aux prostituées qui vivent près des bases militaires américaines en Corée du Sud. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, des dizaines de milliers de soldats venus des États-Unis sont en poste dans le pays pour faire face à la menace du voisin communiste. Cette présence militaire s’accompagne de prostitution ou d'esclavage sexuel, permis et même à certains moments de l’histoire, encadrés par les autorités américaines et sud-coréennes. Considérées comme des maillons essentiels des relations entre Séoul et Washington, ces femmes aux destins tragiques demandent des comptes.  « Corée du Sud, la prostitution au service de l’armée américaine », un Grand reportage de Nicolas Rocca.

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Le 24 février 2022, l'Ukraine se réveillait en guerre. Un an plus tard si Moscou a échoué à s'emparer du pays, les troupes russes occupent toujours 16% du territoire ukrainien... Combats de tranchées, déluge d'artillerie, usage massif des drones... Notre spécialiste des questions militaires dresse le tableau de 12 mois d'affrontements. « Ukraine : la grande guerre du XXIe siècle », un Grand reportage de Franck Alexandre.► À lire aussi : Il y a un an, débutait la guerre en Ukraine

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Le 6 février, un tremblement de terre de magnitude 7,8 a frappé le sud de la Turquie et la Syrie voisine. Dans le Hatay, l’une des provinces turques les plus touchées, les secours ont tardé à arriver, et les habitants ont dû se débrouiller par eux-mêmes les premières 48 heures. L’aide est finalement venue de toute la Turquie et de l’étranger. Trop tard pour des milliers de familles, qui ont entendu les voix de leurs proches coincés sous les décombres s’éteindre petit à petit. Dans cette partie du pays, le gouvernement turc est largement critiqué. On y dénonce la corruption dans le BTP et les autorités qui ont fermé les yeux sur le non-respect des règles sismiques, dans un pays pourtant situé sur plusieurs failles parmi les plus actives au monde. Deux semaines et demie après le séisme, la Turquie n’a pas fini de compter ses morts. Le bilan provisoire s’élève à plus de 45 000 victimes. Les recherches ont été arrêtées dans plusieurs provinces le week-end dernier, alors que la terre a de nouveau tremblé, lundi soir.  Retour sur les premières heures qui ont suivi cette catastrophe, la plus grave de l’histoire de la Turquie moderne.« Turquie : quand la terre tremble », c’est un Grand reportage de Manon Chapelain.

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Trois ans après l’entrée en vigueur du Brexit, le quotidien des pêcheurs irlandais est devenu infernal. Ils se disent sacrifiés par la décision du Royaume-Uni de quitter l’Union européenne et asphyxiés par des quotas de pêche de plus en plus restrictifs. L’accord prévoit que 25% des droits de pêche de l’UE dans les eaux britanniques soient progressivement transférés au Royaume-Uni d’ici 2026. Les Britanniques semblent donc être les grands gagnants du Brexit face à leurs voisins celtiques qui perdent un pilier de leur économie. Faute de quotas, jusqu’à un tiers des chalutiers irlandais cherchent à quitter l’industrie.« La lente agonie des pêcheurs irlandais », un Grand Reportage de Laura Taouchanov.

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C’est une réalité peu connue en dehors des frontières de la Malaisie : ce pays d’Asie du Sud-Est est un des rares états du globe à avoir mis en place des politiques ambitieuses de discriminations positives envers l’ethnie majoritaire, les Malais musulmans, au détriment des 32% de Malaisiens restants, descendants d’émigrés chinois ou indiens arrivés il y a parfois plusieurs siècles ou bien sous la colonisation anglaise. Une situation unique au monde défendue par des discours assurant que les Malais, intrinsèquement nonchalants, seraient par nature discriminés face aux minorités chinoises et indiennes plus douées pour les affaires. Mais depuis l'indépendance du pays ce statu quo qui détermine l’accès à l’éducation, à la propriété, ou aux allocations de chaque citoyen semble aussi et surtout un enjeu électoral destiné à séduire les 66% de Malais, un électorat qu’espèrent conquérir bon nombre de partis politiques… « En Malaisie, l’obsession de l’ethnie », un Grand reportage de Gabrielle Maréchaux.

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C’est un cri très particulier… Celui du singe hurleur, qui résonne dans les forêts tropicales du sud du Mexique. Mais le primate est menacé, danger d’extinction à cause de l’urbanisation, de l’agriculture, de la chasse, bref des activités humaines. Pourtant, à l’heure du réchauffement climatique, le singe a son rôle à jouer : il est un gardien de la forêt qui aide à sa conservation et son entretien… Dans les Tuxtlas, au sud du Mexique, des scientifiques l’étudient pour mieux le comprendre et peut-être lui donner une chance de survie. Il s’agirait d’apprendre ou plutôt de réapprendre à cohabiter. « Des singes et des hommes », c’est un Grand reportage de Gwendolina Duval.

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L’Inde deviendra, dans quelques années, le pays le plus peuplé du monde. Or, cette population particulièrement jeune aujourd’hui, va rapidement vieillir: le nombre d’Indiens de plus de 60 ans devrait quasiment doubler en 20 ans, pour représenter 15% de la population indienne en 2040. La question est donc: comment peut-on prendre en charge ces personnes âgées ? Traditionnellement, ce sont leurs enfants qui s’en occupent, dans des familles réunies sous un même toit. Mais, ce modèle s’effrite avec l’urbanisation et la mobilité des jeunes actifs. Beaucoup de personnes âgées sont donc abandonnées dans des hospices, alors que les plus riches, eux, bénéficient de l’émergence de services spécialisés de luxe. « En Inde, la famille a moins de place pour les personnes âgées », un Grand reportage de Sébastien Farcis.  (Rediffusion)

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Le 17 février, le Kosovo célèbre les 15 ans de son indépendance. L’anniversaire survient après des mois de tensions, alors que l’Union européenne et les États-Unis poussent à la conclusion d’un accord de « normalisation » des relations avec la Serbie. L’objectif : stabiliser les Balkans dans le contexte de la guerre en Ukraine. Lassés de la crise permanente, les citoyens du Kosovo, Albanais comme Serbes, continuent massivement de prendre le chemin de l’exode. « Kosovo : quinze ans après l’indépendance, un avenir incertain », un Grand reportage de Jean-Arnault Dérens et Simon Rico.

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Grand reportage nous emmène aujourd’hui à la découverte d’un lieu historique, une institution au cœur de Jérusalem: l’Hôpital Saint-Louis, le plus ancien hôpital de la ville. Au milieu du conflit israélo-palestinien, les hôpitaux de la Ville sainte sont un véritable havre de paix. Tout le monde y est soigné : musulmans, juifs et chrétiens, sans distinction entre les confessions. Médecins, infirmiers, sont arabes palestiniens, ou juifs israéliens, et travaillent ensemble en harmonie. « Jérusalem : les hôpitaux de la paix », un Grand reportage de Sami Boukhelifa.

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Ça fait plus d’une semaine que le centre et le sud du Chili sont ravagés par d’énormes  incendies. Malgré l’arrivée de l’aide internationale, les conditions climatiques : fortes chaleurs, sécheresse et vents intenses attisent les feux et compliquent le travail des pompiers sur le terrain. Bilan provisoire : une vingtaine de personnes tuées, plus de 1 400 maisons brûlées et des milliers d’hectares partis en fumée. Une trentaine de personnes ont été arrêtées par la police, soupçonnées d’être à l’origine de ces incendies. « Le combat du Chili contre un brasier meurtrier », un Grand reportage de Naïla Derroisné.

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C’est un État souvent érigé en modèle. Le Kerala, dans le sud-ouest de l’Inde, caracole en tête de tous les indicateurs de développement humain. La santé et l’éducation y sont gratuites. Et au Kerala, les Hindous, musulmans et chrétiens cohabitent en toute quiétude. Pourtant, le modèle a ses limites. Réélus, lors des législatives de 2021, les communistes veulent aujourd’hui séduire la classe moyenne et prouver que leur alternative laïque et égalitaire peut s’inscrire dans l’Inde du XXIe siècle.  De notre correspondant à Bangalore, Côme Bastin avec Ashik Sumakaran Ce jour-là, à Trivandrum, la crème du Communist Party of India célèbre les 70 ans de la maison d’édition marxiste Prabhat. « Bienvenue au Kerala, Camarade. Vous savez, les communistes ont été acteurs majeurs de l’Indépendance de l’Inde », nous aborde C. Divakaran. « Influencés par la révolution russe de 1917, nous avons défait les monarques, redistribué les terres, instauré l’éducation gratuite, et la santé pour tous, s’enthousiasme cet ancien ministre de l’Agriculture. C’est pour ça qu'aujourd'hui les Kéralais ont l’espérance de vie la plus longue d’Inde ! »Octobre rouge, Camarade, Révolution… Un lexique qui peut surprendre… comme les drapeaux rouges, les portraits de Marx et de Staline dans les rues. Mais c’est bien par les urnes que les communistes sont arrivés au pouvoir au Kerala. En alternance avec le Parti du Congrès de Gandhi, ils y ont appliqué des politiques résolument de gauche. « Ici, le salaire minimum pour un ouvrier est de 800 roupies par jour. Dans le Gujarat, l'État de Narendra Modi, c’est 300 roupies. Beaucoup pensaient qu’un tel modèle allait freiner la croissance, décrit Thomas Isaac, ancien ministre des Finances. Au contraire, le PIB par tête du Kerala est supérieur au reste du pays. »Les chiffres lui donnent raison. Le Kerala bénéficie du plus haut taux d’alphabétisation à 97 % et de l’espérance de vie la plus longue, à 76 ans. Récemment, c’est dans le domaine de la santé que le Modèle du Kerala a fait parler de lui. Nous roulons jusqu’au village de Poozhanad pour visiter un centre de santé publique.À l’accueil, Vinod Kumar et sa femme ont pris rendez-vous en ligne. Ils présentent leur carte « eHealth ». Celle-ci contient les données de santé de leur fille et lui afin d'être pris en charge immédiatement. « Au Kerala, grâce aux centres de santé familiaux, c’est beaucoup plus facile pour les villageois d’accéder aux traitements, explique le docteur Vinoj, 43 ans, en charge de l’établissement. Avec sa carte, monsieur reçoit des soins à hauteur de 350 euros par an. Nous avons aussi des infirmières qui visitent les domicile. »On trouve dans le Kerala quelque 500 centres de santé comparables. Hématologie, en biochimie ou neurologie : la gamme de soins qui y est dispensée est impressionnante. Ce maillage sanitaire a permis de mieux tester, tracer et isoler la population lors du pic du Covid. « Où est le hic ? », se demandera le sceptique. « Nous avons la dette la plus élevée de tous les États indiens, parce que les communistes ont tendance à trop dépenser, alerte Shashi Tharoor, célèbre diplomate devenu député du parti du Congrès dans la capitale Trivandrum. Nous n’avons quasiment pas d’industrie. Nous avons le taux de chômage le plus élevé en Inde pour les jeunes : 40 % ! »« La bureaucratie entraîne la fuite des cerveaux du Kerala vers des contrées plus capitalistes », regrette Raghuchandran Nair, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie. « Même si la situation s’améliore ».Conscient de l’urgence de séduire la jeunesse, le gouvernement communiste a en effet lancé un des plus grands incubateurs technologiques d’Inde. À Cochin, les gratte-ciel poussent, signe que la classe moyenne trouve racine. Le succès de la Biennale d’art contemporain, plus grand festival du genre en Asie, participe aussi de ce nouveau souffle. « Dans ce quartier, il y avait beaucoup de dépôts d’épices pour les bateaux. Mon rêve était d’y construire un village artistique, raconte Firoz Baba, artiste de 50 ans. Depuis la biennale, artistes et acheteurs du monde entier affluent. On a ouvert treize galeries dans ce bâtiment ! »Une réussite que les communistes aiment revendiquer. Mais pour Shashi Tharoor, le « modèle du Kerala » n’est l'apanage d’aucun parti. « Au XIXe siècle, le niveau d'inégalité était absolument terrible au Kerala. La société du Kerala a donc vu naître des intellectuels réformateurs et anti-castes. La culture égalitaire et communiste y a puisé ses racines. »Au-delà des partis, le Kerala est porté par sa société civile. On y trouve le plus grand nombre d’ONG par habitants. Ici, 26 % de musulmans et 18 % de chrétiens cohabitent en paix avec les hindous. Le parti nationaliste BJP de Narendra Modi a d’ailleurs perdu son unique siège au sein de l'Assemblée en 2021. « Le problème, c’est que les Keralais réfléchissent trop », a justifié le malheureux candidat.

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La question des transgenres s’invite dans l’actualité au Pakistan. Après la nomination aux Oscars du film Joyland. Le film raconte l’histoire d’un homme marié qui tombe amoureux d’une danseuse de théâtre érotique trans. Dans ce pays musulman conservateur, le film a été dans un premier temps censuré par le gouvernement sous la pression de partis islamistes, avant d’être finalement autorisé à la diffusion à partir du 16 novembre 2022, cependant très peu de cinémas le diffusent. La polémique autour de Joyland a mis un coup de projecteur sur la question des Transgenres. Les khwaja siras (une expression désignant les personnes intersexuées en ourdou) bénéficient d’un statut particulier dans la loi pakistanaise. Or, la communauté n’a cessé d’être discriminée et mise au ban de la société.« Transgenres : le combat des khwaja siras au Pakistan », un Grand reportage de Sonia Ghezali.

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En Espagne, la loi sur l’égalité des personnes transsexuelles, plus connue comme la loi trans, est sans doute une des lois les plus controversées de la législature. Rejetée par l’opposition de droite et source de division au sein de la coalition de gauche au pouvoir, la loi vient d'être approuvée in extremis fin décembre 2022. Ce texte qui cherche à élargir les droits des minorités a aussi mis en péril l’unité au sein du mouvement féministe. Le texte consacre le droit à la « libre détermination de l’identité de genre ». Le débat houleux, même le mouvement LGBTI s’inquiète des répercussions négatives et d'une montée de la transphobie. « L'Espagne adopte une loi transgenre historique mais polémique », un Grand reportage de Diane Cambon.

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En 2022, la France a connu plus de 7 000 incendies de forêt, dont celui du massif de la Montagnette, proche d’Avignon. Les flammes ont tout dévasté sur leur passage, détruisant faune et flore. Dès le lendemain du feu, les populations sont encore sous le choc mais les professionnel.le.s s’activent déjà pour constater les dégâts et prendre les premières mesures. « Après l’incendie, que devient la forêt ? », un Grand reportage de Justine Rodier.

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Ils sont une poignée mais leur présence est symbolique. Depuis le début de l'invasion russe, une dizaine de volontaires taïwanais sont partis servir en Ukraine. L'une d'entre eux, Jonathan Tseng y est décédé en novembre 2022. Pour tous, l'Ukraine représente un miroir de Taïwan, archipel démocratique menacé d'invasion par la Chine. De retour à Taïwan, ces volontaires cherchent aujourd'hui à renforcer la préparation de Taïwan à un éventuel conflit.  « Partir en Ukraine pour ensuite défendre Taiwan », c'est un Grand reportage d'Adrien Simorre.

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Il y a un an, une immense prison pour jihadistes est prise d’assaut, à Hassaké, dans le nord-est de la Syrie. Un commando de l’organisation État islamique tente de libérer ses membres. 10 jours de combats avec les forces kurdes et un bilan très lourd : plus de 500 morts. L’attaque a laissé des traces et aujourd’hui l’organisation terroriste est toujours active.  «Retour à Hassaké, un an après l’attaque de la prison par l’organisation État islamique», un Grand reportage de Murielle Paradon et Julien Boileau.

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C’est l’histoire d’un savoir-faire qui a bien failli disparaître et qui connaît un nouvel engouement spectaculaire. C’est l’histoire de créateurs français désormais célèbres jusqu’au Japon. C’est l’histoire d’un territoire en déclin, la Creuse, dans le centre de la France, qui voit s’implanter une nouvelle génération d’artisans. C’est l’histoire de la tapisserie d’Aubusson que RFI vous raconte aujourd’hui. Une tradition ancestrale, classée en 2009 au Patrimoine culturel immatériel de l’Humanité par l’Unesco alors qu’il ne restait que 2 filatures. Aujourd’hui, lissiers et lissières tissent des tentures monumentales inspirées de Tolkien ou Miyazaki…  «Le renouveau de la tapisserie d’Aubusson», un Grand reportage de Sébastien Jédor, réalisé par Pauline Leduc.

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Le Grand reportage d’aujourd’hui nous emmène dans la ville de Maicao (Terre de maïs en langue indigène) dans le nord-est de la Colombie. La plus grande communauté de musulmans du pays andin y vit. Ce sont des descendants de Syriens, Libanais, Palestiniens et Turcs arrivés à la fin du XIXè siècle de l’Empire ottoman. Depuis, le nombre de musulmans dans le pays ne cesse de croître. Aujourd’hui, plusieurs villes disposent de mosquées ou de salles de prière. Alors que la majorité du pays est de confession chrétienne.  Notre correspondante en Colombie, s’est rendu à Maicao un vendredi saint, jour de grande affluence pour la prière à la mosquée.«Avec les musulmans de Colombie», un Grand reportage de Najet Benrabaa.

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Connaissez vous svalbard ? Un archipel glacé, pas très loin du pôle Nord, la moitié de l’année il fait jour ou nuit, en permanence... Propriété de la Norvège, svalbard est régi par un Traité séculaire qui assure la libre circulation des ressortissants des pays signataires. À Longyearbyen, la capitale de l’archipel, 2500 habitants de 52 nationalités différentes forment donc une des communautés des plus cosmopolites et soudées de la planète.  «Svalbard, un autre monde est possible», un Grand reportage d'Emilien Hofman.

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C’est une région au carrefour des grandes puissances, des grandes tendances du monde contemporain : forte de 685 millions d’habitants, l’Asie du Sud-Est, un ensemble de 11 pays dont l’Indonésie, la Malaisie, la Thaïlande ou encore le Vietnam… se trouve aujourd’hui en première ligne de la guerre d’influence que se livrent les États-Unis et la Chine. Les deux géants s’y affrontent dans tous les domaines : culturel, militaire, et tout particulièrement dans les domaines économique et technologique. On entend d’ailleurs souvent pour décrire cette rivalité l’expression « néo guerre froide ». C’était particulièrement visible, il y a quelques semaines, lorsque s’est ouvert le sommet du G20 à Bali en Indonésie, où Xi Jinping et Joe Biden se sont rencontrés pour la première fois depuis l’élection du président américain. Pourtant, en toile de fond de ces tensions, les responsables politiques, les chercheurs et les sociétés civiles des pays de l’Asie du Sud-Est, souvent pris en étau entre les deux puissances, tentent de tourner cette confrontation à leur avantage et appellent à une véritable multipolarité du monde.   «L’Asie du Sud-Est, prise en étau entre les États-Unis et la Chine ?», un Grand reportage de Carol Isoux.

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Depuis le 23 janvier 2020, la Corée du Nord est plus coupée du monde que jamais. Les autorités ont annoncé la fin du tourisme dans un pays déjà très isolé. Petit à petit, les humanitaires et diplomates ont quitté la capitale, les contrôles à la frontière chinoise, principal point d’accès, se sont renforcés. Covid, mauvaises récoltes, sanctions internationales, l’économie royaume est en mauvaise santé. Mais que sait-on réellement du quotidien des 25 millions de Nord-Coréens après ces trois années d’isolement ?  «Trois ans de fermeture, comment s’informer sur la Corée du Nord ? »,  un Grand reportage de Nicolas Rocca.

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Il y a un peu plus de 5 mois, en Colombie, un président de gauche était, pour la première fois, investi à la tête du pays. Au cœur du programme de Gustavo Petro: une réforme fiscale, agraire, des programmes sociaux, mais surtout une paix négociée avec l’ensemble des groupes armés. Dans ce pays très polarisé, qui n’a jamais connu la paix, comment les Colombiens perçoivent-ils les premières initiatives du président ? Grand reportage signé Marie Normand, dans la région de Cali, dans l’ouest du pays…  «Colombie : la paix totale du président Petro est-elle possible ?», un Grand reportage de Marie Normand, réalisation : Pauline Leduc.

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Le 22 janvier 1963, le président français Charles de Gaulle et le chancelier allemand Konrad Adenauer signent le Traité de l’Élysée, traité qui est considéré comme la pierre fondatrice de l’amitié franco-allemande. C’était il y a 60 ans. Le symbole d’autant plus fort que moins de vingt ans auparavant, la guerre et ses atrocités ravageaient encore le Vieux continent. Cette amitié, «ce couple», comme disent les Français, ce n’était pas gagné d’avance. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la rancœur et la méfiance règnent encore en France… L’Allemagne, est toujours considérée l’ennemie. «France - Allemagne: comment les peuples se sont réconciliés», un Grand reportage de Niklas Mönch.

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Dans le nord de Marseille, la psychiatrie est en souffrance. En manque de médecins, et depuis peu de soignants. Édouard Toulouse, le seul hôpital psychiatrique des quartiers Nord a de plus en plus de mal à remplir correctement sa mission. Mal desservi et loin du centre-ville, le nord de Marseille n’a rien à envier aux déserts médicaux de la ruralité française… Et au final, ce sont les patients qui en pâtissent dans une zone où se trouvent certains des quartiers les plus pauvres de France. «Santé mentale dans les quartiers Nord : l’accès aux soins devenu impossible», un Grand reportage de Yoram Melloul.(Rediffusion)

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Un tiers du pays andin est recouvert par la forêt amazonienne. Depuis des années, les scientifiques alertent sur les dangers de la déforestation et de l’exploitation minière sur le territoire colombien et au niveau mondial. Mais, rien n’y fait. La déforestation gagne du terrain. D’après le ministère de l’Environnement colombien, le pays andin a perdu plus de 3 millions de forêt en 20 ans. La protection de cette forêt est primordiale pour le nouveau président de gauche Gustavo Petro. Il veut agir vite et propose la création d’un fonds d’urgence pour l’Amazonie. De quoi s’agit-il ? Et comment le mettre en application ?   «Colombie: qui pour sauver l'Amazonie de la déforestation ?», un Grand reportage de notre correspondante en Colombie, Najet Benrabaa, qui s’est rendue à Leticia, dans la forêt amazonienne.

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C’est un dispositif unique en France : un centre d’accompagnement et de prévention entièrement dédié aux personnes poursuivies pour violences conjugales, en grande majorité des hommes. Le centre, qui se trouve à Lille, permet d’héberger ces auteurs présumés. Et ils sont suivis, de manière renforcée, par une équipe pluridisciplinaire pour éviter la récidive. Une prise en charge globale pendant plusieurs mois, avant leur jugement, pour les aider à se responsabiliser et à sortir du déni. «Responsabiliser les auteurs de violences conjugales pour éviter la récidive», un Grand reportage de Lise Verbeke.

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En Malaisie on trouve des tigres un peu partout : sur les drapeaux de la capitale, Kuala Lumpur, sur le logo de la voiture nationale, sur celui de la première banque du pays, et dans tous les discours des hommes politiques qui raffolent de la métaphore du tigre pour évoquer l’économie du pays. Le tigre est donc partout sauf où il doit être, dans la nature. On en comptait 3 000 dans les années 50, moins de 150 aujourd’hui. Une disparition annoncée ? Peut-être pas… «Les derniers tigres de Malaisie», un Grand reportage de Gabrielle Maréchaux.

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La Suède, un des pays les plus multiculturels d'Europe, puisque 20% de sa population est née à l'étranger... la Suède ferme la porte aux immigrés. C'est le message envoyé par le nouveau gouvernement de droite, élu grâce au soutien de l'extrême-droite au Parlement, qui a fait de la lutte contre l'immigration l'une de ses priorités. Les mesures, innombrables,  inquiètent les associations : si elles visent à restreindre les nouvelles arrivées, elles vont aussi compliquer la vie des étrangers déjà sur place. De quoi fragiliser le modèle suédois du vivre-ensemble.  «La Suède ferme ses portes aux immigrés», un Grand reportage de Carlotta Morteo à Stockholm.

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Le projet pétrolier en Ouganda et en Tanzanie fait l’objet d’une critique sans précédent. Une plainte a même été déposée à Paris contre TotalEnergies, l’actionnaire majoritaire… La première plainte du genre, pour des présumés manquements au devoir de vigilance de l’entreprise. Ce projet d’extraction pétrolier et son pipeline le plus long chauffé au monde va impacter la vie de milliers de personnes… «En positif», avancent certains ; «en négatif», dénoncent les détracteurs. «Ouganda/Tanzanie, dans les coulisses du projet pétrolier controversé de Total», un Grand reportage de Charlotte Cosset, réalisé exceptionnellement en collaboration avec Julie Pietri de Radio France, et à la technique Gilles Gallinaro.

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Les plages paradisiaques de l’Île Maurice sont les stars des agences de tourisme. All inclusive dans de grands hôtels et paysage de rêve… L’envers du décor : c’est une destruction de la biodiversité à très grande vitesse. Avec le dérèglement climatique, plus de 57% de la faune endémique aurait déjà disparu en l’espace de 50 ans seulement, selon un récent rapport du State World’s Trees. Le lagon souffre de pollutions répétées, les coraux agonisent. Les sols sont infestés d’intrants chimiques utilisés notamment dans la culture de la canne à sucre. L’Île Maurice est d’ailleurs en tête du classement mondial sur la concentration de pesticides. «Île Maurice, lagon pollué et pesticides à volonté», un Grand reportage d’Alexis Bédu.

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Le retour des œuvres d'art pillées durant la colonisation a commencé au Nigeria. Des accords actant le transfert de la propriété des trésors volés dans l'ancien Royaume de Bénin ont été signés, ces derniers mois, avec des musées aux États-Unis, en Allemagne et en Grande-Bretagne. Quelques dizaines d'objets – connus sous le terme générique de «Bronzes de Bénin» - ont même été rapatriés en grande pompe sur le territoire nigérian. Ces restitutions ont une signification toute particulière pour les habitants de Benin City – l'ancienne capitale du Royaume d'Edo, annexé par les Britanniques à la fin du XIXème siècle. «Le retour des bronzes dans l'ancien Royaume de Bénin», un Grand reportage de Liza Fabbian.

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En novembre 2021, la branche logistique d’Alibaba inaugurait sa plateforme européenne à Liège Airport. L’arrivée du géant du e-commerce chinois s’inscrit dans un vaste plan d’agrandissement de cet aéroport, dédié principalement au transport de marchandises. Si la majorité des responsables politiques et des syndicats wallons ont longtemps soutenu ce projet, les riverains dénoncent depuis 20 ans les nuisances sonores engendrées par un aéroport qui fonctionne 24h/24h. Alors que les recours se multiplient contre le projet d’extension de l’aéroport, le gouvernement wallon devra trancher, d’ici février 2023, sur les nouvelles conditions d’exploitation.« À Liège, l’arrivée d’Alibaba cristallise les oppositions contre l’aéroport », un Grand reportage de Pauline Bandelier.

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La France renforce sa présence sur le flan Est de l’Europe, non loin de l’Ukraine… Depuis quelques semaines, elle engage des moyens lourds, une vingtaine de véhicules blindés d'infanterie, et un escadron de 13 chars Leclerc en Roumanie. Le conflit en Ukraine a placé Bucarest aux avant-postes des missions de réassurance de l’Alliance Atlantique… «Mission Aigle : les chars Leclerc en 1ere ligne», un Grand Reportage de Franck Alexandre.

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Depuis 40 ans, l’épidémie VIH fait rage. En France, 200 000 personnes sont contaminées. C’est 38 millions dans le monde, dont 54% sont des femmes. Aujourd’hui, les traitements ont évolué et permettent aux personnes séropositives d’avoir une vie quasi normale. Mais la stigmatisation et la sérophobie restent élevées, tout comme la prévention progresse mais exclue de nombreux publics comme les femmes, les personnes transgenres, immigrées ou travailleuses du sexe.  «Bien vivre avec le VIH ? Oui mais pas pour tout le monde», un grand reportage de Justine Rodier.

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Chaque année, 10 tonnes d’or seraient extraites illégalement des sols de la Guyane française. Les sites d’extraction aurifère prolifèrent dans certaines communes, comme Maripasoula, Sainte-Elie ou encore Papaïchton. Le village de Saül, situé dans le sud du territoire, aurait pu connaître un destin similaire, des centaines de chercheurs d’or creusant le sol, détruisant au passage la forêt et polluant les rivières au mercure. Mais les habitants, élus, associations et le Parc Amazonien de Guyane ont dressé une autre voie : celle d’un tourisme tourné vers la nature. « En Guyane, le village de Saül choisit la voie de l’écotourisme contre l’orpaillage », un grand reportage réalisé par Emma Chevaillier.

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Grand reportage est aujourd’hui en Arménie, cette petite république du Caucase dont la frontière a été bombardée par l’Azerbaïdjan en septembre. La menace d’un retour de la guerre plane depuis sur ces deux pays, qui ont déjà connu trois conflits de haute intensité dans le Haut-Karabakh en trente ans. Depuis la dernière guerre de 2020, perdue par l’Arménie, les violations du cessez-le-feu sont fréquentes, et Aucun traité de paix n’a encore été signé. Il faut dessiner la nouvelle frontière et cela inquiète coté arménien où certains préfèrerait la guerre à une mauvaise paix « En Arménie, l’impossible frontière avec l’Azerbaïdjan », un grand reportage de Manon Chapelain

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C'est une île perdue au milieu du canal du Mozambique, au large de Madagascar dans l'océan Indien. Mayotte ! A 8000km de la métropole, ce confetti français grand comme 3 fois la taille de Paris est le département le plus pauvre de France. Chaque année des dizaines de milliers d'étrangers en situation irrégulière, souvent venus des Comores voisines, affluent sur l'île avec l'espoir de s'y faire soigner, d'y travailler ou tout simplement d'y mener une vie meilleure. Malgré des moyens policiers importants, cette augmentation incessante de la population engendre trafics et insécurité qui pénalisent l'ensemble des habitants et rendent la vie sur l'île de plus en plus infernale et violente.Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin s'y rendra pour passer le 31 décembre 2022 aux côtés des policiers et devrait annoncer des moyens supplémentaires.«Mayotte, une île à la dérive». Un Grand reportage de Pierre Olivier.

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Facile de donner des noms de rappeurs... Ça l'est beaucoup moins quand on veut citer des rappeuses. Un manque de visibilité qui se retrouve au niveau mondial et notamment en Amérique latine. Ici, quand on est une femme, féministe, c’est quasi mission impossible d’atteindre une certaine renommée dans les grands réseaux de distribution de la musique rap. La faute à des portes fermées, aux préjugés, un manque de moyens et un sentiment de ne pas être légitime…  Alors, pour se faire connaître, les rappeuses d’Amérique latine passent par des organisations féministes puissantes, en réseaux, intercontinentales. Elles misent sur l’entraide et refusent de faire partie de la grande distribution musicale pour garder leur authenticité. Un reportage de Maud Calvès.«S’unir pour exister : le combat des rappeuses féministes d’Amérique latine», un Grand reportage de Maud Calvès.(Rediffusion du 12 octobre 2022)

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En Afrique, les parents, leurs enfants et leurs petits-enfants vivent souvent au même endroit. Les maisons de retraite, les Ehpad n'ont pas bonne réputation. Les personnes âgées vivent avec leur famille jusqu’à leur dernier souffle, c’est la règle, une loi sociale d’airain qu’on ne s’amuse pas à bafouer, au risque d’attirer sur soi la honte, le déshonneur. Comment s’organisent les relations entre les différentes générations ? Quel est le statut des personnes âgées ?  «Vieillir en Afrique, une affaire de famille», un Grand reportage de Matthias Raynal. (Rediffusion du 16 juin 2022).

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En France, la précarité énergétique touche 1 ménage sur 5. 12 millions de personnes qui ont froid chez elles en hiver, car elles ne peuvent pas payer les factures, et/ou parce qu’elles vivent dans une passoire thermique. La région des Hauts-de-France est l’une des plus touchées de l’Hexagone. 62% des précaires énergétiques sont des propriétaires occupants. Des associations ont fait de la rénovation de leurs logements une priorité.  «Précarité énergétique : l’urgence de rénover les passoires thermiques», un Grand reportage de Lise Verbeke.

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Champs asséchés, bétail décimé, et population affamée… La Somalie connaît une terrible sécheresse, la pire depuis plus de 40 ans. Selon l’ONU, elle affecte presque 8 millions de personnes : soit la moitié des habitants. Dans les zones sous administration des islamistes shebabs, les populations subissent une double pression : celle de la faim et celle du groupe jihadiste, filiale d’al-Qaïda. «Somalie : les populations entre sécheresse et jihadisme», un Grand reportage de Florence Morice.

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Un dépôt de pétrole en feu, une centrale électrique bombardée, 3 morts dans des explosions... Chaque semaine, la Russie apporte son lot d’informations sur les zones frontalières atteintes par des tirs ukrainiens. La télévision d’État s’est même mise à évoquer la possibilité que l'armée ukrainienne franchisse la frontière, la population elle oscille entre angoisse, combativité, sourde, inquiétude et tristesse. «Russie: fragments d'une vie frontalière», un Grand reportage dans la région de Belgorod, d'Anissa El Jabri.

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En Irak, depuis trois ans, les graves sécheresses se répètent. Les températures ont encore dépassé les 50° dans le sud du pays, l’été dernier (2022), et les précipitations trop faibles pendant l’année n’approvisionnent pas suffisamment les cours d’eau. Dans l’impossibilité de cultiver leurs terres, les agriculteurs abandonnent progressivement leurs maisons et vont s’entasser dans les quartiers informels, comme à Bassora. Là, ils tentent de survivre au jour le jour, malgré l’absence d’aide et les crispations qui se créent autour de ces nouveaux arrivants. «L’exode rural en Irak : le risque social d’un changement climatique toujours plus rapide», un Grand reportage de Marie-Charlotte Roupie.

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Le débat sur la fin de vie suscite beaucoup de commentaires, de passions et de crispations parfois dans la société. Cet automne, le cas Jean-Luc Godard a relancé la question de la légalisation de l’aide au suicide en France. Comme c’est le cas, en Suisse, depuis des dizaines d’années. Là-bas, la pratique fait consensus. Mais, ça ne veut pas dire qu’elle ne fait plus débat. «Suisse : la mort tranquille», un Grand reportage de Jérémie Lanche.

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Ce Grand reportage nous emmène dans le sud du Nigeria, dans le Delta du Niger, une région essentielle pour l'économie du pays. Il y a un an (2021), elle était secouée par une nouvelle catastrophe liée à la production pétrolière. Plusieurs villes et villages de l'État de Bayelsa ont été ravagés par une marée noire et une pollution au gaz. La faune, la flore, les ressources halieutiques sont contaminées, pour plusieurs années, avec des conséquences sur la vie économique locale. «Nembe, la malédiction des hydrocarbures», un Grand reportage de Moïse Gomis.

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Vous l'avez vécu en direct sur RFI, le 16 novembre 2022. La Nasa lançait sa première mission du programme Artémis, programme qui doit reconduire l'agence spatiale américaine et ses partenaires vers la Lune. 50 ans après la dernière mission Apollo, l'enjeu est de taille : il s'agit cette fois d'installer une présence humaine pérenne sur notre satellite. Un programme hors-normes qui s'étalera sur des années dont nous vous proposons de revivre la première étape. «Artémis : sur la Lune pour y rester», un Grand reportage de Simon Rozé.

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Alors que la biodiversité apparaît menacée un peu partout dans le monde, elle renaît, et massivement dans les bananeraies de la Martinique et de la Guadeloupe. La filière banane des deux îles françaises s’est engagée, depuis 2008, à un mode de production durable en réduisant considérablement les pesticides. Éthique et écologique, la nouvelle banane française tire son épingle du jeu dans un marché français de plus en plus concurrentiel. «La banane française de plus en plus verte», un Grand reportage signé Altin Lazaj.

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Ils viennent des régions de Ségou et de Mopti, dans le centre du Mali. Mais ils ont fui. Tout récemment. Plus de 620 000 Maliens sont actuellement déplacés internes ou réfugiés dans les pays voisins, selon les Nations unies. Après une période relativement stable, leur nombre a significativement augmenté au cours des derniers mois. Ces Maliens ont fui les persécutions jihadistes : celles du Jnim, notamment, lié à al-Qaïda. Ils ont également fui les exactions de l'armée malienne et de ses supplétifs russes, que Bamako continue de présenter comme de simples instructeurs, quand la plupart des pays africains, européens ou américains les désignent comme des mercenaires du Groupe Wagner. Ils ont fui, enfin, les violences des chasseurs traditionnels dozos, alliés des forces maliennes.Par mesure de sécurité, RFI a préservé l'anonymat de ces femmes et de ces hommes qui ont accepté de témoigner : leurs noms sont modifiés, certains détails éludés.«Mali: quand il ne reste que la fuite, récits de victimes». Réalisation: Ewa Piedel. Un Grand reportage de David Baché.

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Le Pakistan est le quatrième producteur mondial de lait au monde. 35 à 40 millions de personnes dépendent de la production laitière au Pakistan. Ce géant démographique avec une population de 220 millions de personnes, est aussi l’un des principaux consommateurs de produits laitiers. La production est essentiellement artisanale et échappe largement au contrôle sanitaire.   80 % du lait s’achète en vrac et non traité. Une aubaine pour les producteurs et les revendeurs crapuleux… mais aussi pour les fermiers qui tentent de survivre à l’inflation et font face à la fonte de leurs bénéfices. Certains ont recours à des méthodes peu scrupuleuses pour augmenter le volume du précieux liquide.  «L'arnaque du lait au Pakistan, un désastre sanitaire», un Grand reportage de Sonia Ghezali et Shahzaib Wahlah.(Rediffusion du 26 janvier 2022)

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L’État du Gujarat, aussi peuplé que la France, élit à partir de ce jeudi 1er décembre son Assemblée. C’est ici que Narendra Modi a bâti sa légende avant de prendre la tête de l'Inde. Dans cet État vitrine, on trouve des ponts et autoroutes flambants neufs, la plus grande statue du monde, le plus grand stade de cricket du monde. Mais les populations tribales, les musulmans et les basses castes semblent oubliés par le modèle des nationalistes hindous. De notre correspondant en Inde,Dans la ville de Vadodara, ils sont des milliers à être venus voir leur héros, Narendra Modi. Ancien ministre en chef du Gujarat, le Premier ministre indien fait campagne activement dans « son » État, qu’il aime présenter comme un modèle. « Le BJP, c'est synonyme de développement », juge, parmi la foule, Jadhi Shahire, 46 ans. « Modi l’a prouvé avec de nombreuses usines et des infrastructures de classe mondiale au Gujarat. Les autres États devraient s’en inspirer ! »Parmi les dernières réalisations du BJP dans le Gujarat, la plus grande statue du monde (182 mètres), érigée à côté d’un barrage géant. Un chantier que Ramesh Vasava, défenseur des populations locales, semble moins apprécier que les touristes : « L'eau stockée dans le barrage permet de générer de l'électricité et d’alimenter des fermes éloignées. Les touristes, certains agriculteurs, les entrepreneurs, sont contents. Mais les locaux, eux, se sont fait voler leurs terres et n’ont plus d’eau. »Au bord d’une route neuve, des familles expulsées tentent de manifester. « On a été informés la veille et embarqués sur un camion avec nos bagages », raconte Balu Bhai, 49 ans. « Tout le monde devrait être relogé correctement, mais le BJP a supprimé cette clause. Environ 15 000 personnes sont affectées. » Un homme âgé brandit des documents de propriété. « J’ai été déplacé dans un village qui est devenu une île à cause de la montée des eaux liée au barrage. Il faut prendre le bateau pour y accéder et il n’y a pas d'électricité ! Le gouvernement fait la sourde oreille. »Ambiance plus détendue sur les berges rénovées de la rivière Sabarmati, qui traverse Ahmedabad, la grande agglomération du Gujarat, avec 8 millions d'habitants. « Ce qu’a fait le BJP pour la ville, c’est excellent pour les personnes âgées », se réjouit un couple venu admirer un nouveau pont piéton futuriste. Des indicateurs peu flatteursPlus au nord, s’élance le plus grand stade du monde, baptisé au nom de l’enfant prodige du Gujarat. « Modi est notre héros », explique un de ses partisans. « Il a fourni de l'électricité et de l'eau à tous les villages. L’opposition parle d’inégalités pour polémiquer. »Un enthousiasme qui se heurte à la réalité. Si le PIB du Gujarat le place en cinquième position parmi les États indiens, l’indicateur de développement humain (IDH) est à la traîne, en 21e position. Le Gujarat ne consacre que 13% de son budget à l'éducation, une somme faible et inégalement répartie. « Dans 92% des villages, les Intouchables ne peuvent entrer dans les temples. Dans 54% des écoles publiques, ils font une queue séparée pour le déjeuner », dénonce Martin Macwan, défenseur des droits humains et co-auteur d'une importante étude. « Le "Modèle du Gujarat" coexiste très bien avec les inégalités. »Dans l’immense bidonville musulman de Bombay Hotel, coincé entre un lac toxique et une décharge géante, ces inégalités sautent aux yeux. Rashida, la cinquantaine, travaille pour l’association Jan Vikas. « Les gens ont été forcés de s'installer dans ce véritable trou à merde », lance la travailleuse sociale. « J’essaie de faire ce que je peux pour améliorer leur sort. » « L'odeur est abominable et les déchets s'infiltrent dans les maisons », se plaint auprès d’elle une femme âgée. « Cela crée énormément de maladies que les gens n'ont pas les moyens de soigner. On doit cuire nos aliments avec du plastique, faute de pouvoir acheter du bois. »Le souvenir tenace des émeutes de 2002Comme beaucoup, Rachida s’est installée ici après les terribles émeutes anti-musulmanes de 2002. « Un jour, on a appris que des musulmans avaient fait brûler un train. Je ne voulais pas y croire. Mais une foule d’hindous extrémistes est venue nous tuer et nous avons dû fuir. » Vingt ans plus tard, la tragédie hante encore les esprits et ghettoïse le tissu urbain. « Après 2002, on m'a viré de mon usine sous le motif que j'étais musulman », raconte Muaf Seikh, 64 ans. « Aujourd’hui, même un petit marchand de légumes musulman se voit demander ses papiers lorsqu’il s’aventure dans un quartier hindou. »Les discriminations ne touchent pas que les musulmans ou tribaux. Juste à côté de l’Ashram de Gandhi, icône de la nation et opposant aux castes, se cache un bidonville. « Nous n'avons pas d'électricité et on doit pirater l'eau sur les tuyaux de la ville », se plaint Ishwar, hindou de basse caste, né ici il y a 30 ans. « Lorsque des VIP rendent hommage à Gandhi, la municipalité installe des filets pour nous cacher. » En dépit de ces injustices, de la concurrence du parti du Congrès ou de l’AAP, le BJP peut compter sur une majorité confortable, juge Deepali Trivedi, fondatrice du média indépendant Vibes of India. « Les indicateurs de développement humains, ça n'a pas beaucoup d’impacts ici. Ce qui compte, ça reste malheureusement l’identité, la caste, la communauté. »

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Combien de temps encore Paul Biya sera-t-il le président du Cameroun ? Assumée ou inavouée, la question irrigue les débats. Paul Biya aura 90 ans en février 2023. Il est au milieu de son septième mandat et garde le mystère sur ses intentions pour 2025 et sur ses préférences, s'il en a, sur le scénario de l'après-Biya. Le 6 novembre 2022, son parti a célébré les 40 ans de son accession à la présidence en 1982. Une occasion pour le RDPC de démontrer sa position dominante... tandis que les opposants dénoncent le manque d’ouverture politique.

«Cameroun: 40 ans de présidence Biya et des lendemains incertains», un Grand reportage d'Amélie Tulet, réalisé par Donatien Cahu.

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Le chômage, le manque de logements, les maladies chroniques, c’est le quotidien des premières nations du Québec, dont près de la moitié vivent dans des réserves surpeuplées imposées par le gouvernement du Canada au XIXè siècle. Confrontés à cette réalité, une partie des jeunes tentent de trouver de nouveaux chemins pour se dessiner un avenir. C’est le cas, notamment, dans certaines réserves où vivent des Innus, une des 11 nations autochtones du Québec.

«Au Canada, la jeunesse autochtone renoue avec son identité», un Grand reportage de Pascale Guéricolas.

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Au Nigeria, toute une jeunesse rêve de «japa» - un mot yoruba qui signifie littéralement «s'enfuir», «s'échapper» - en somme, «quitter le pays et partir pour l'étranger». Alors que les enfants des classes moyennes et supérieures tentent d'obtenir des bourses d'études avant de se faire embaucher en Grande-Bretagne ou aux États-Unis, les plus pauvres n'hésitent pas à prendre la route, dans l'espoir de traverser la Méditerranée. Dans le sud-est du Nigeria, de très nombreuses initiatives ont été mises en place ces dernières années afin de retenir la jeunesse et d'encourager les retours «volontaires».

«Nigeria: partir à tout prix», un Grand reportage de Liza Fabbian.

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Au Nigeria, toute une jeunesse rêve de «japa» - un mot yoruba qui signifie littéralement «s'enfuir», «s'échapper» - en somme, «quitter le pays et partir pour l'étranger». Alors que les enfants des classes moyennes et supérieures tentent d'obtenir des bourses d'études avant de se faire embaucher en Grande-Bretagne ou aux États-Unis, les plus pauvres n'hésitent pas à prendre la route, dans l'espoir de traverser la Méditerranée. Dans le sud-est du Nigeria, de très nombreuses initiatives ont été mises en place ces dernières années afin de retenir la jeunesse et d'encourager les retours «volontaires».

«Nigeria: partir à tout prix», un Grand reportage de Liza Fabbian.

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Le chômage a baissé, ces dernières années, en France. Mais avec un taux à 7,4%, l'Hexagone ne flirte pas encore avec le plein emploi. Pourtant, dans certains secteurs d'activité, le marché de l'emploi est tendu. Chauffeurs, chaudronniers, aides à domicile ou encore ingénieurs... de nombreux métiers peinent à recruter. Un chiffre, l'an dernier (2021), 44 % des employeurs anticipaient des difficultés au moment du recrutement à tel point que certains commencent à changer leurs pratiques.

«Pénurie de main-d'œuvre en France : quand la balle change de camp», un Grand reportage de Pauline Gleize.

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Où héberger les demandeurs d’asile dans un pays qui traverse une crise du logement sans précédent ? Aux Pays-Bas, faute de place durant l’été dans le seul centre d’enregistrement, 700 personnes ont dû dormir à l’extérieur de la structure, à même le sol. Un nourrisson est décédé. Pour répondre à l’urgence, le gouvernement a affrété en septembre 2022, deux bateaux de croisière pour une durée de six mois. En attendant qu’une solution plus pérenne soit trouvée.

« Aux Pays-Bas, les migrants restent à quai », un Grand reportage de Nicolas Feldmann. Réalisation : Donatien Cahu.

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En visitant la ville de Kherson, récemment libérée, Volodymyr Zelensky a affirmé que des crimes de guerre y avaient été commis. Selon le président ukrainien, les forces russes sont responsables des «mêmes atrocités» que dans d’autres régions d’Ukraine qu’elles occupaient. Libérée en grande partie en septembre-octobre, la région de Kharkiv a aussi connu son lot de violences. Des militaires russes et leurs alliés des entités séparatistes de Louhansk et Donetsk y ont pratiqué des exécutions sommaires et des tortures. Les équipes de l’enquêteur en chef de la région de Kharkiv ont mis au jour au moins 22 sites russes utilisés pour torturer des Ukrainiens. 

«Torturés sous l’occupation russe : des témoins racontent», un Grand reportage d’Anastasia Becchio et Boris Vichith.  Réalisation : Ewa Piedel.

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Il y a 7 mois, le 22 avril 2022, l’Assemblée nationale centrafricaine adoptait une loi légalisant l’utilisation des cryptomonnaies dans le pays. Le bitcoin devenait une monnaie officielle, à côté du franc CFA, et le gouvernement lançait en juillet 2022 le projet Sango, sa propre monnaie numérique, censée transformer radicalement l’économie. Révolution pour les uns, impasse voire arnaque pour les autres, les avis sont tranchés sur ce projet qui peine à démarrer.

«Le pari crypto en Centrafrique : miracle ou mirage ?», un Grand reportage à Bangui de François Mazet et Rolf-Steve Domia-Leu.

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Les stades et autres infrastructures du Mondial de football du Qatar ont, en grande partie, été construits par des ouvriers népalais. Or, dans cet Émirat, les conditions de travail sont extrêmement difficiles, voire périlleuses: depuis 10 ans, plus de 1 000 ouvriers népalais sont décédés au Qatar, souvent dans des conditions suspectes.

«Mondial du Qatar: les familles des travailleurs népalais réclament justice», Sébastien Farcis.

Diaporama(Photos @Sophie Rodriguez)

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C’est dans la ville universitaire d’Uppsala, en 1922, qu’est né le Rasbiologiska Institutet, l’Institut de biologie raciale, le premier au monde financé par un État, bien avant celui qui allait naître plus tard dans l’Allemagne nazie. Ces « chercheurs », alors, essayaient d’établir scientifiquement la supériorité de la race nordique, notamment par rapport aux autochtones samis. Ceux que l’on appelait alors les Lapons ont été photographiés, mesurés. Leurs squelettes ont été exhumés, étudiés. Une page sombre que la Suède, un siècle plus tard, tente de tourner.

« En Suède, la sombre histoire de l’Institut de biologie raciale », un Grand reportage de Frédéric Faux.

(Rediffusion du 30 mars 2022)

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En France, convertir d’anciens véhicules au biogaz agricole et leur donner une deuxième vie, c’est possible. Tout commence à la ferme avec du fumier de vaches et des déchets alimentaires, à partir desquels on fabrique du biométhane. Ce biogaz est ensuite épuré, mis en bouteilles et intégré dans un véhicule ! En France, près d'un véhicule gaz sur six roule au BioGNV (biogaz naturel véhicule), avec une réduction de 80 % des émissions de CO2. 

«De la ferme au biogaz, en route pour la mobilité verte», un Grand reportage d'Ariane Gaffuri.  Sites internet :  - Association des Agriculteurs méthaniseurs de France  

- RM GAZ équipements GPL & GNV 

  • Le 4L Trophy

  • Réseaux de station Bretagne Mobilité GNV (BMGNV).

Diaporama

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Après l’Amazonie, la forêt du Bassin du Congo est la forêt tropicale la plus étendue au monde. À cheval sur six pays, d’une surface totale de 180 millions d’hectares, le plus grand puits de carbone de la planète capte à lui seul une gigantesque quantité de gaz à effet de serre, ces fameux gaz à l’origine du changement climatique. Alors qu’il est devenu un acteur incontournable de la lutte contre les bouleversements du climat, il est aujourd’hui menacé.

« Protéger les forêts du Bassin du Congo, dernier espoir pour la planète », un Grand reportage de Paulina Zidi.

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C’était le 3 septembre 2022… Anne Hidalgo, la maire de Paris, annonçait un plan de sobriété énergétique. Objectif : alléger la facture de gaz et d’électricité, comme le demande le gouvernement pour faire face à la flambée des prix de l’énergie. Objectif aussi : lutter contre le changement climatique puisque notre utilisation des énergies fossiles, gaz, pétrole et charbon, est la principale source d’émission de gaz à effet de serre, et donc du réchauffement climatique. Mais, ce plan d’urgence ne suffira pas.

Dans un monde en surchauffe, la capitale française comme toutes les villes du globe, devra aussi se transformer pour rester vivable à l’avenir.

«Paris s’adapte». Un Grand reportage de Jeanne Richard.

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Un tiers des Pays-Bas se trouve sous le niveau de la mer. Ce pays du nord de l’Europe a toujours vécu entouré d’eau, il subit régulièrement des inondations. Pourtant, il s’est adapté en gagnant des terres sur la mer, les fameux polders, et en créant des barrières protectrices. Mais avec le réchauffement climatique, les phénomènes météo extrêmes se multiplient et le niveau de la mer pourrait monter jusqu’à 2 mètres d’ici 2100.

« Les Pays-Bas face au défi de la montée des eaux », un Grand reportage de Murielle Paradon. Réalisation : Ewa Piedel.

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La neutralité carbone dès 2050, c'est l'objectif ambitieux que s'est fixé la France qui concentre la majorité de ses émissions de CO2 sur ses grands bassins industriels. L'un d'entre eux, en particulier, devra fournir un effort considérable, il s'agit de celui de Dunkerque dans le nord du pays qui, à lui seul, génère 21% des émissions industrielles de la France avec ses 460 entreprises industrielles et son port de commerce. L'agglomération s'est saisie à bras le corps du sujet depuis déjà quelques années, et a fait de la décarbonation un enjeu stratégique dont dépend son avenir économique.

« La décarbonation de la France passera par Dunkerque », un Grand reportage signé Anne Verdaguer.

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Phoenix, la capitale de l’Arizona, est la ville la plus chaude des États-Unis. Construite en plein désert, les températures en été affichent désormais régulièrement 45° en journée, et rarement en dessous de 30° la nuit. Conséquence du réchauffement planétaire et du développement urbain, la chaleur extrême fait chaque année plus de morts. La jeune maire démocrate veut renverser la tendance. Son objectif : faire de Phoenix la ville la plus durable des États-Unis. Pour cela, il faut impérativement faire baisser la température dans la cité, mais aussi utiliser son ensoleillement exceptionnel pour entamer la transition énergétique. En attendant les résultats tangibles de cette nouvelle politique, les habitants de Phoenix doivent s'adapter.

« Phoenix : une ville en première ligne du changement climatique », un Grand reportage de Stefanie Schüler.

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Élévation du niveau de la mer, réchauffement et acidification de l’océan… sans compter les inondations, sécheresses et catastrophes naturelles à répétition, les nations du Pacifique sont en danger de disparition totale, comme l’alerte le dernier rapport du GIEC. Les regards des pays insulaires sont tournés vers la COP. Aux îles Fidji, la santé et la sécurité alimentaire des 900 000 habitants sont déjà en danger. Les conséquences du réchauffement climatique, c’est pour eux le quotidien.

De notre envoyée spéciale aux Fidji,

Le petit village de Narikoso, sur l’île d’Ono, dans l’archipel de Kadavu, petit bout de paradis au bord de l’eau bleu turquoise, n’est accessible que par bateau. À peine le pied posé à terre, force est de constater que l’océan s’est déjà frayé un chemin entre les maisons faites de planches de bois et de toits en taule.

Katerina Ravasea, la chef du village, a le regard espiègle, mais la voix triste, lorsqu’elle explique que depuis quelques années, l’océan ne cesse de se rapprocher de sa maison. « On voit l’eau monter, de plus en plus, et les vagues passent par-dessus le mur de pierre que nous avons construit pour empêcher l’eau de nous envahir. C’est ma maison ici, c’est ici que je veux mourir malgré tout. » 

Le gouvernement s’est rendu dans le village et a promis d’aider les habitants à déménager. « Sur les 23 maisons que le gouvernement nous a promis de déplacer, seulement sept l’ont été. Nous attendons qu’on vienne pour les autres, depuis des mois. Ce qui me blesse, c'est qu’on nous a promis des choses et nous attendons toujours ». Katerina Ravasea explique qu’une équipe de scientifiques est venue inspecter les sols et ils ont fait état de la présence d’eau en dessous des maisons du village. La chef sait que quoi qu’il arrive, il faudra déplacer tout le monde. 

Certains habitants du village ont déjà déménagé. C’est le cas de Joseva Rabonu, père de deux enfants. Il habitait sur le bord de mer, sa maison est à présent située un peu plus haut, sur une colline. « J’ai voulu déménager, car les anciens du village qui vivaient ici n’avaient pas de problèmes, mais nous, on voit bien la différence, observe-t-il.Ceux de ma génération, on sait très bien que le changement climatique existe, je vois de mes propres yeux le niveau de la mer monter. Vous voyez le mur de pierres là-bas ? Avant, il était au sec, maintenant la mer est passée par-dessus. »

Sa crainte principale aujourd’hui, c’est de savoir où ses enfants pourront vivre. « Je pense qu’il sera difficile de vivre ici pour eux. C’est pour ça qu’on se relocalise plus haut, même si je porte toujours mon ancienne maison dans mon cœur. Mais l’eau monte à une vitesse folle et on constate aussi l’érosion du sol. Mieux vaut vivre plus haut. Même si maintenant, il faut tout porter en haut de la colline… Quand on va pêcher, c’est ça le plus difficile, la distance. » Catastrophes naturelles plus fréquentes Les villages en bord de mer sont affectés par la montée du niveau de la mer, mais ceux qui se trouvent en hauteur subissent aussi les conséquences du réchauffement climatique, car les rivières le long desquelles ils se sont installés ne cessent de grossir, notamment à cause de l’érosion des sols, provoquant des inondations sans précédent.   

C’est le cas dans le village de Naqali, situé à une trentaine de kilomètres au nord de Suva, la capitale des îles Fidji. Dans cette verdure luxuriante, une rivière gonflée traverse les plantations longées de bananiers. « Avant je pouvais franchir cette rivière à pied, si facilement, mais maintenant, c'est trop large et trop profond », explique Mosese Vosabeci, le représentant du village. 

Vêtu de sa chemise traditionnelle bleue et fleurie et de son sulu, la jupe noire que portent les hommes aux Fidji, il nous emmène devant les champs qui appartiennent au village. D’un geste de la main, il montre là où l’eau s'engouffre lors de grandes crues. « Ce qui est dangereux, c’est que la rivière monte et recouvre nos plantations qui se trouvent un peu plus bas que nos maisons. Sauf que lorsque nos plantes sont touchées, ce sont nos provisions qui le sont aussi, car nous dépendons de nos plantes pour nous nourrir, mais aussi pour les vendre au marché, c’est ce qui nous rapporte de l’argent, et c’est ce qui nous permet d’envoyer nos enfants à l’école ». 

Maritana Korosinu, une jeune femme d’une trentaine d’années, vit à Naqali depuis dix ans. Ici, elle cultive du taro, le cousin polynésien de la pomme de terre. Le changement climatique, pour elle, cela veut parfois dire tout reconstruire et repartir à zéro. « Ces plantations, c'est notre source de revenus, c'est grâce à ces plantes que nous aidons nos enfants et notre famille à se nourrir et à gagner de l'argent. Quand les cyclones nous frappent, nous sommes durement touchés. »

Elle raconte qu’elle voit le changement de climat comparé à l’époque où elle est arrivée à Naqali. « Maintenant, tout a changé, il y a plus de cyclones, nous luttons beaucoup plus qu’avant. Quand un cyclone arrive ici, nos moyens de subsistance sont complètement détruits parce que nous dépendons entièrement de nos cultures pour gagner notre vie et élever nos enfants. »  Préparer le territoire Le changement climatique est une réalité bien présente aux îles Fidji, comme partout ailleurs dans le Pacifique. Parmi les solutions possibles pour lutter contre de trop grands changements, il y a celles basées sur la nature, comme planter des mangroves. « La mangrove joue un rôle important dans l'écosystème côtier et marin. C'est là que les poissons viennent et pondent leurs œufs. La plupart des poissons viennent pondre dans les zones de mangrove et repartent vers les zones de récifs, donc la mangrove est un trésor dans les zones côtières », explique Etika Qica, qui travaille au sein de l’UICN, un réseau qui réunit et mobilise les connaissances et les ressources de plus de 1400 organisations environnementales à travers le monde. 

« Elles empêchent l'érosion côtière, s’il y a de fortes pluies qui secouent la mer, les vagues frappent d'abord la mangrove avant d'atteindre le récif, c'est pourquoi la mangrove n'est pas un endroit agréable pour se promener, c'est très boueux, mais ces boues sont vraiment planifiées stratégiquement par la nature pour absorber tous les polluants avant qu'ils n'atteignent le récif corallien. Enlevez la mangrove et vous tuez tous vos magnifiques récifs coralliens à côté. Et bien sûr, toutes les formes de vie qui s’y trouvent », prévient-il.

Mais planter de la mangrove n’est pas suffisant selon lui. Il est temps de penser à des solutions adaptées. « Ce qui nous inquiète tous, c'est de savoir où nous allons aller, où nous vivrons. On prévoit que la plupart de nos îles seront sous l'eau dans les 50 prochaines années. Vous l'entendez, mais vous n'y croyez pas vraiment. Si vous vivez sur un atoll, l'augmentation du niveau de la mer est une réalité, d'autant plus quand vous avez les grandes marées. Mais je pense que même nos solutions basées sur la nature ne pourront pas relever le défi. Nous avons besoin maintenant d'aider la nature. Il est temps que nous trouvions des infrastructures vertes pour aider nos zones côtières. Planter des mangroves ne suffira pas. »

L’UICN collabore avec les locaux pour construire des murs marins, aider à la reconstruction des récifs coralliens afin de réduire les impacts sur les zones côtières. « C'est vraiment urgent. Il faudra redessiner nos villages. Où va-t-on les relocaliser ? Il faut être proactif. Et ne laissez pas nos communautés se débrouiller avec ça. Nous sommes confrontés chaque année à des pertes de vies humaines, dans certaines de ces communautés côtières, car elles ne sont pas prêtes. » Perte de la terre au détriment de la mer Les scientifiques qui travaillent au sein de la Communauté du Pacifique, la principale organisation scientifique et technique régionale, accompagnant le développement de la région, tentent au mieux d’alerter sur les risques qu’encourent les îles de la région face au réchauffement climatique. 

Ils ont créé une maquette en 3D d’un atoll et étudié l'impact de l'élévation du niveau de la mer et de l'inondation sur les îles basses. Selon eux, si le niveau de l’océan augmente de 80 cm d’ici 2100, un grand nombre de petites îles seront complètement inondées et leurs sources d’eau potable empoisonnées par l’eau salée : elles deviendront inhabitables. 

« Je pense que nous ne saisissons toujours pas l'urgence et le besoin que nous avons dans la région en matière d'adaptation au climat, élabore Hervé Damlamian, le chef de projet prévision et surveillance des océans. Pour le moment, on met de la rustine à droite à gauche. Les problèmes sont encore abordés de façon sectorielle, mais ce n'est absolument pas ce dont notre région a besoin ».

L’océanographe explique la nécessité de cartographier les vulnérabilités des îles du Pacifique. « Il faut s'atteler à la sécurité alimentaire, examiner la question des transports, de la connectivité et de l'énergie. S’assurer d’avoir de l’eau potable. Nous avons besoin d’une ligne conductrice de notre adaptation qui peut vraiment s'attaquer à tous ces problèmes de vulnérabilité en même temps. Si nous voulons vraiment être honnête sur les besoins de la région en termes d'adaptation, avoir ces petits fonds dédiés pour une approche sectorielle autour de l'adaptation au climat, ça ne va pas suffire et nous allons droit au mur. Ce dont nous avons besoin, c'est d'augmenter nos financements et nos investissements.»

Malgré tout, il est cependant encore tout à fait possible d’agir selon lui et c’est la raison pour laquelle les regards sont tournés vers la COP27. « Il y a beaucoup de frustrations dans la région lorsque l’on voit les différentes COP se dérouler, nous les suivons avec grande attention. C’est à la fois porteur d’espoir et de frustrations auxquelles les communautés du Pacifique sont confrontées. Pour nous qui vivons et respirons dans cette partie du monde, il semble évident que le besoin est urgent et que nous n'avons plus le temps d'attendre, nous n'avons plus le temps d’appliquer des rustines un peu partout, avec de petits investissements. Nous aimerions voir peut-être un peu plus d'ambition et d'engagement de la part des pays développés comme la France pour vraiment s'engager dans cette voie. Il faut soutenir ces cultures uniques et les identités culturelles que nous avons dans la région du Pacifique et s'assurer que ces identités et ces cultures qui font partie de notre patrimoine mondial seront toujours là pour les générations futures et que nous vivrons toujours tous ici. »

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C’est jour de vote aux États-Unis pour les élections de mi-mandat. Il s’agit de renouveler l’ensemble de la Chambre des représentants à Washington et un tiers du Sénat, et donc de désigner la majorité au Congrès pour les deux prochaines années. Les responsables locaux sont également désignés. Tout cela se passe alors que la régularité des élections est de plus en plus contestée, notamment côté républicain. Dans le pays, les scrutins nationaux sont organisés localement : dans chaque comté de chaque État. Ce sont les gens qui organisent les élections sur le terrain qui sont directement confrontés au déni électoral. Ils ont du mal à le comprendre et pourtant ils continuent à y croire et à organiser des élections du mieux qu’ils peuvent.

« Dans les entrailles de la machine électorale américaine », un Grand reportage de Guillaume Naudin, réalisation : Pauline Leduc.

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La COP27 débute aujourd’hui (7 novembre 2022). La station balnéaire de Charm el- Cheikh, en Égypte, voit arriver depuis hier soir (6 novembre 2022) des délégations du monde entier. Emmanuel Macron, Joe Biden, Giorgia Meloni… Les pays riches sont attendus au tournant, lors de cette COP africaine. Lors des accords de Paris, ils avaient promis 100 milliards de dollars par an aux pays les plus vulnérables. Mais, l’Occident rechigne. En attendant, l’Égypte ne boude pas son plaisir. Mais, les ONG craignent ne pas pouvoir s'exprimer dans cette dictature où les manifestations sont interdites.

«L’Égypte, hôte de la COP27», un Grand reportage d’Édouard Dropsy.

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La Suède, un pays considéré comme un modèle en terme d’écologie et qui est souvent idéalisé dans l’imaginaire collectif. Il faut dire que le pays a su développer, depuis plusieurs décennies, une politique climatique que de nombreux autres pays occidentaux lui envient. En France, le président Emmanuel Macron a même fait de la Suède une source d’inspiration. Mais, la Suède est aussi un pays de contradiction : à la pointe en termes de tri sélectif, de recyclage et d’énergies vertes, elle est aussi la patrie d’IKEA et d’H&M, des enseignes qui ont exporté un modèle basé sur l’hyperconsommation qui a conquis de nombreux pays dans le monde. Et il faudrait aujourd’hui plus de 4 planètes si le reste du monde se mettait à vivre comme les Suédois.

«Le paradoxe suédois : entre modèle et illusion climatique», un Grand reportage signé Anne Verdaguer. Réalisation : Pauline Leduc.

Rediffusion du 1 juillet 2022.

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À cinq jours des élections de mi-mandat aux États-Unis les nouvelles économiques ne sont pas bonnes pour le président Joe Biden et les candidats du parti démocrate : les prix continuent de s’envoler dans presque tous les secteurs - du jamais vu outre-Atlantique depuis 40 ans.

Loin devant les autres thèmes de campagne, comme l’avortement ou les menaces qui pèsent sur la démocratie américaine, la préoccupation numéro 1 des électeurs cette année est l’inflation. 46% des Américains se sentent désormais « financièrement vulnérables ». Au mois de mars ils n’étaient que 37%. Comment s’organise le quotidien quand le coût de la vie devient trop cher ?

« Les Américains face à l’inflation », c’est un Grand reportage de Stefanie Schüler.

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À une semaine des élections de mi-mandat aux États-Unis, une catégorie de la population est particulièrement courtisée : les Américains hispaniques. Historiquement démocrate et plutôt abstentionniste, cette population jeune est en train de s’affirmer… et de changer de camp. De plus en plus se présentent comme des conservateurs, des républicains, voire des convaincus de l’idéologie de Donald Trump. 

Houston compte la population hispanique qui a le plus augmenté de tous les États-Unis ces 10 dernières années, + 363 000 personnes. Aujourd’hui, forte de deux millions d’hispaniques, elle est devenue la deuxième ville de cette communauté, derrière Los Angeles (4,8 millions).

« États-Unis : les hispaniques au coeur de la dynamique électorale », c’est le Grand reportage de Thomas Harms, à Houston.

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Loin des grands tours cyclistes, loin des grandes compétitions, c'est une course un peu particulière qui s'est tenue la semaine dernière en Suisse, à Aigle, au siège de l'Union cycliste internationale. Le championnat féminin d'Afghanistan, organisé pour la toute première fois depuis que les talibans ont repris le pouvoir à Kaboul en août 2021... 

Elles étaient 50 concurrentes à enfourcher leur vélo. Des Afghanes venues du monde entier pour l'occasion : du Canada, de France, d'Italie d'Allemagne ou même de Singapour. Elles ont retrouvé le parfum du bitume et celui de la liberté.

« En Suisse, les cyclistes afghanes remontent en selle », un Grand reportage de Martin Guez.

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Nous sommes au Pérou, à Cerro de Pasco, considérée comme «la capitale minière du pays», à plus de 4 000 m d’altitude dans les Andes. Là-bas, les enfants souffrent de multiples pathologies. Leur point commun : tous vivent littéralement au bord d’une gigantesque mine à ciel ouvert.  

«Au Pérou, la mine et la lente agonie des enfants de plomb», un Grand reportage de Wyloën Munhoz-Boillot.

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Dans l’est de la RDC, les populations vivent depuis près d’un an avec le retour du M23. Ancienne rébellion vaincue en 2013, elle a repris les armes à la fin de l’année 2021. Depuis le mois de juin 2022, les rebelles occupent Bunagana, ville stratégique car frontalière avec l’Ouganda. Ce retour de la rébellion, ni l’armée congolaise, ni la Monusco, la mission de maintien de la paix de l’ONU n’ont pu l’empêcher. Depuis quelques jours, les combats ont repris, provoquant à nouveau d’importants mouvements de population. Dans ce contexte, la mission de l'ONU est de plus en plus contestée et ses opposants dénonce son inaction.

« Guerre au Nord-Kivu : quel avenir pour les casques bleus de la Monusco ? », un Grand reportage de Paulina Zidi.

⇒ À écouter aussi sur RFI : L'armée de RDC annonce le «départ» de la Monusco de Butembo, l'ONU parle d'un «redéploiement»

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Ils sont ceux que l’on ne veut pas voir, qui mettent mal à l’aise. Ceux que l’on chasse et déplace depuis trente ans en France, dans le triangle nord-est parisien, à coups d’opérations policières médiatisées. Des centaines de toxicomanes vivent dans la grande précarité et consomment dans l'espace public. Ils sont des dangers pour eux-mêmes et un enfer pour les riverains. Les évacuations successives ne font que déplacer le problème, la situation  s'enlise et illustre l’incapacité persistante des pouvoirs publics à trouver une solution durable pour aider ces consommateurs à s’en sortir. 

«Le crack à Paris : on évacue, mais après...», un Grand reportage de Laurence Théault.

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Après avoir disparu dans les années 50, les punaises de lit sont de retour et leur présence s’est accrue ces dernières années. Selon une étude réalisée en 2021 par le cabinet Ipsos, près de 5 millions de Français et Françaises ont été confronté.e.s à ce problème depuis 2016. Ces insectes ne sont pas vecteurs de maladie, mais provoquent des problèmes dermatologiques parfois graves et engendrent une dégradation de l’état de santé psychologique comme l’insomnie, ayant ainsi des répercussions sur la vie professionnelle, familiale et sociale.

«En France, le fléau grandissant des punaises de lit», un Grand reportage de Justine Rodier.

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Le patrimoine architectural roumain est en souffrance, plus de 600 monuments historiques classés sont aujourd'hui dans un état de dégradation avancée. Les réhabiliter n'est pas une mince affaire. Depuis 2016, l'association Monumentum met en place un projet « l'Ambulance pour monuments », dans le but justement de venir en aide à ses monuments historiques classés laissés à l'abandon.

«En Roumanie, la réhabilitation des monuments en péril», un Grand reportage de Benjamin Ribout.

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Des Andes, on connaît surtout les lamas, aussi les alpagas, mais on connaît moins la vigogne. Plus petite et plus fine, elle est sauvage, avec des allures de gazelle. Si la laine d’alpaga est très recherchée, celle de la vigogne est hors de prix, pour ne pas dire inestimable. L’animal aujourd’hui est protégé, dans tous les pays andins où il vit, son espèce n’est plus menacée. Direction la Bolivie où la saison de la tonte des vigognes a démarré en septembre et durera jusqu’en décembre.

«La fibre de vigogne, ce trésor de l’Altiplano», un Grand reportage d'Alice Campaignolle.

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C’est une histoire largement méconnue et oubliée au Mexique. Au XVIè et au XVIIè siècle, on estime qu’environ 250 000 personnes, victimes de l’esclavage, seraient arrivées en provenance d’Afrique dans la Nouvelle Espagne. Aujourd’hui encore, beaucoup de Mexicains eux-mêmes ignorent leur histoire et leurs origines africaines, pourtant elle est considérée comme l’un des trois piliers de la culture mexicaine avec les racines indigène et espagnole. Les traces de l’Afrique subsistent au Mexique. Elles se retrouvent au cœur des populations, mais aussi dans de nombreux domaines de l’histoire des arts au quotidien.

«Sur les traces des descendants d’Afrique au Mexique», un Grand reportage de Gwendolina Duval.

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Le numéro un chinois qui devrait être reconduit pour un troisième mandat cette semaine lors du XXème congrès du PCC, finira t-il par faire de Hong Kong une ville chinoise comme les autres ? En réalité, les deux premiers mandats de Xi Jinping ont déjà signé la fin de la métropole vibrante et ouverte qu’était Hong Kong. Pékin a trahi sa promesse de garantir un haut degré d’autonomie pendant 50 ans à l’ex-colonie britannique. Les 7 millions de Hongkongais vivent dans un climat de peur et d’incertitude, depuis que le régime chinois a imposé sa loi sur la sécurité nationale en 2020. Toute critique est désormais passible de lourdes peines de prison. Vivre sous une chape de plomb ou partir en exil ? Cette question taraude de nombreux Hongkongais. Peu à peu, la métropole se vide de ses habitants. 

«Hong Kong: l’ancienne ville rebelle réduite au silence par Pékin», un Grand reportage signé Heike Schmidt.

En images

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Karim Benzema a remporté le Ballon d’Or hier (17 octobre 2022) qui récompense le meilleur joueur de la planète lors de la saison écoulée… À bientôt 35 ans, l’attaquant français a été irrésistible la saison passée avec le Real Madrid et entre un peu plus au panthéon de son sport… Lui, le phénomène de précocité qui a tout gagné avec le club espagnol, mais a aussi vécu une histoire contrastée avec l’Équipe de France… 

«Karim Benzema, itinéraire d’un Ballon d’Or», un Grand Reportage de Cédric de Oliveira et Antoine Grognet.

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Que reste-t-il de la société civile en Chine ? Alors que vient de s’ouvrir le 20ème Congrès du PCC, que le président chinois Xi Jinping est sur le point d’obtenir un troisième mandat, retour aujourd’hui sur celles et ceux qui ont disparu, ces dix dernières années, en Chine. Des avocats, des intellectuels, des stars du show biz, des patrons, des sportifs ont été « effacés » après avoir osé contester, même de loin, l’ordre et la stabilité chers au parti.

« Cancel China, les disparus de l’ère Xi Jinping », un Grand reportage de Stéphane Lagarde et Louise May.

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Le Sado est un fleuve au sud de Lisbonne et avant de se jeter dans l’océan atlantique il se transforme en baie. Réserve naturelle, étape migratoire des oiseaux, activités de pêche mais aussi industrielle se partagent l’estuaire, poumon aquatique menacé. Sur l’immense plan d’eau des femmes accompagnent la marée chaque jour pour au bout de six heures d’un travail éreintant ramener à terre un monstre marin, le mouron, un ver de vase qui sert à la pêche de loisirs. 

Elles luttent à leur manière pour protéger un art de vivre particulier. Comme en réponse, à l’autre extrémité de la baie, une biologiste lutte pour préserver l’environnement délicat de la baie.

« Portugal : les gardiennes du Sado », un grand Reportage de Marie-Line Darcy.

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Grand Reportage nous emmène aujourd’hui en Autriche, où une randonnée retrace l’exode des Juifs vers la Palestine après la Seconde Guerre mondiale. À l’été 1947, entre 5000 et 8000 survivants de la Shoah, en majorité originaires d’Europe de l’Est, quittent clandestinement l’Autriche pour rallier l’Italie et gagner ensuite la Palestine. Ils durent, pour cela, marcher plus de 8 heures et traverser le col du Krimmler Tauern, haut de 2600 mètres. 

Un trajet éprouvant que des centaines de volontaires refont chaque été, sous la houlette de l’association « Alpine Peace Crossing », afin de rendre hommage à ces rescapés. Isaure Hiace était aux côtés des marcheurs, en juillet dernier.

« En Autriche, une randonnée pour se souvenir de l’exode des Juifs après la Seconde Guerre mondiale », un grand Reportage d’Isaure Hiace.

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Facile de donner des noms de rappeurs... Ça l'est beaucoup moins quand on veut citer des rappeuses. Un manque de visibilité qui se retrouve au niveau mondial et notamment en Amérique Latine. Ici, quand on est une femme, féministe, c’est quasi mission impossible d’atteindre une certaine renommée dans les grands réseaux de distribution de la musique rap. La faute à des portes fermées, aux préjugés, un manque de moyens et un sentiment de ne pas être légitime… 

Alors, pour se faire connaître, les rappeuses d’Amérique latine passent par des organisations féministes puissantes, en réseaux, intercontinentales. Elles misent sur l’entraide et refusent de faire partie de la grande distribution musicale pour garder leur authenticité. Un reportage de Maud Calvès.

« S’unir pour exister : le combat des rappeuses féministes d’Amérique Latine » un grand Reportage de Maud Calvès.

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La planète uberisée…en 13 ans d’existence, l’entreprise américaine Uber s’est imposée dans 72 pays. Mais toujours pas rentable le modèle économique est menacé et le modèle social de plus en plus remis en cause. Jusqu’à la commission européenne qui envisage une directive pour mieux encadrer certaines pratiques. En France les travailleurs de plateformes dénoncent les méthodes du géant de la tech américaine.

Ils sont livreurs UberEats sans-papiers qui réclament régularisation, ils sont chauffeurs de VTC de plus en plus nombreux et donc de moins en moins payés. Aujourd’hui, reportage déambulatoire dans Paris. Sur ces rues et avenues que les livreurs et chauffeurs Uber arpentent chaque jour. 

«Livreurs sans-papiers, chauffeurs mal payés, quand le modèle Uber vacille» un grand Reportage d’Alexis Bédu.

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Tous les agriculteurs sont touchés par le changement climatique, mais les viticulteurs le sont plus que les autres : non seulement le climat change leur matière première, le raisin, mais il modifie aussi le profil des vins. Pour ce reportage, nous nous sommes rendus dans l'une des plus grandes régions viticoles du monde, le Languedoc, et plus précisément dans l'appellation Pic-Saint-Loup, symbole du renouveau qualitatif de ce terroir. 

Depuis 2016, et une grêle historique, pas une année sans accident climatique. Cet été les records de chaleur n'ont pas été battus, mais il a fait entre 35 et 40° pendant presque deux mois, sans pluie. Alors les viticulteurs subissent… et s’adaptent.

« Comment faire du vin en temps de changement climatique ? », un grand Reportage de Frédéric Faux.

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En Colombie, des peuples autochtones luttent contre l'installation du plus grand parc éolien du pays sur leur territoire. Le projet a pourtant été inauguré dans le désert de la Guajira, dans le nord-est de la Colombie, et ce malgré les protestations et les procédures judiciaires en cours. Cela a créé une grande polémique, d'autant que le peuple indigène Wayuu qui est le propriétaire des terres, fait partie des communautés autochtones les plus vulnérables du pays. Pourquoi ce parc éolien pose-t-il problème ? Notre correspondante en Colombie, Najet Benrabaa, s'est rendue sur place pour voir ce qu'il en est. (Rediffusion)

«Colombie: la Guajira 1, le plus grand parc éolien colombien, le parc de la discorde», un Grand reportage de Najet Benrabaa.

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Grand reportage aujourd’hui parmi les tatoueurs de Bornéo. Dans le nord-ouest de l’île, une nouvelle génération s’acharne ainsi à sauver de l’oubli les tatouages à vocations sociales, spirituelles et thérapeutiques de leurs ancêtres. Avec un succès limité, car si cette partie de l’île de Bornéo appartient aujourd’hui à la Malaisie, le passé colonial anglais et les conversions de masse au christianisme et à l’islam ont rendu les populations assez hostiles à cette célébration des corps tatoués avec la technique de percussion perpendiculaire…  

«Les tatouages de Bornéo : une tradition devenue rébellion», un Grand reportage de Gabrielle Maréchaux.

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Grand reportage aujourd’hui parmi les tatoueurs de Bornéo. Dans le nord-ouest de l’île, une nouvelle génération s’acharne ainsi à sauver de l’oubli les tatouages à vocations sociales, spirituelles et thérapeutiques de leurs ancêtres. Avec un succès limité, car si cette partie de l’île de Bornéo appartient aujourd’hui à la Malaisie, le passé colonial anglais et les conversions de masse au christianisme et à l’islam ont rendu les populations assez hostiles à cette célébration des corps tatoués avec la technique de percussion perpendiculaire…  

«Les tatouages de Bornéo : une tradition devenue rébellion», un Grand reportage de Gabrielle Maréchaux.

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BTS, Black Pink, Psy, Seventeen, Big-bang, ces groupes de K Pop mondialement connus ont envahi depuis de nombreuses années les magasins de disques, ont empilé les vues sur YouTube et généré des revenus colossaux pour leur pays : la Corée du Sud. Ces différents groupes sont les locomotives d’une industrie dont l’influence est culturelle car ils sont écoutés de Riyad à Mexico en passant par Londres, Bangkok ou Dakar.

Les stars, surnommés des « idoles » font rêver des jeunes et de moins jeunes du monde entier, qui caressent le rêve de devenir à leur tour les porte-étendards de la K-Pop de demain. Mais, ce genre musical qui s’étend du rap à la pop est aussi caractérisé par la proéminence d’un marketing à tout épreuve et la fidélité des fans.  

Plongée dans une industrie aux contours uniques, dont l’influence ne cesse de grandir et représente un atout phare pour un petit pays de 52 millions d’habitants. 

«K-Pop, la fabrique d’un phénomène», un Grand Reportage de Nicolas Rocca.

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BTS, Black Pink, Psy, Seventeen, Big-bang, ces groupes de K Pop mondialement connus ont envahi depuis de nombreuses années les magasins de disques, ont empilé les vues sur YouTube et généré des revenus colossaux pour leur pays : la Corée du Sud. Ces différents groupes sont les locomotives d’une industrie dont l’influence est culturelle car ils sont écoutés de Riyad à Mexico en passant par Londres, Bangkok ou Dakar.

Les stars, surnommés des « idoles » font rêver des jeunes et de moins jeunes du monde entier, qui caressent le rêve de devenir à leur tour les porte-étendards de la K-Pop de demain. Mais, ce genre musical qui s’étend du rap à la pop est aussi caractérisé par la proéminence d’un marketing à tout épreuve et la fidélité des fans.  

Plongée dans une industrie aux contours uniques, dont l’influence ne cesse de grandir et représente un atout phare pour un petit pays de 52 millions d’habitants. 

«K-Pop, la fabrique d’un phénomène», un Grand Reportage de Nicolas Rocca.

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Dans le nord de Marseille, la psychiatrie est en souffrance. En manque de médecins, et depuis peu de soignants.. Édouard Toulouse, le seul hôpital psychiatrique des quartiers Nord a de plus en plus de mal à remplir correctement sa mission. Mal desservi et loin du centre-ville, le nord de Marseille n’a rien à envier aux déserts médicaux de la ruralité française… Et au final, ce sont les patients qui en pâtissent dans une zone où se trouvent certains des quartiers les plus pauvres de France.

«Santé mentale dans les quartiers Nord : l’accès aux soins devenu impossible», un Grand reportage de Yoram Melloul.

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Dans le nord de Marseille, la psychiatrie est en souffrance. En manque de médecins, et depuis peu de soignants.. Édouard Toulouse, le seul hôpital psychiatrique des quartiers Nord a de plus en plus de mal à remplir correctement sa mission. Mal desservi et loin du centre-ville, le nord de Marseille n’a rien à envier aux déserts médicaux de la ruralité française… Et au final, ce sont les patients qui en pâtissent dans une zone où se trouvent certains des quartiers les plus pauvres de France.

«Santé mentale dans les quartiers Nord : l’accès aux soins devenu impossible», un Grand reportage de Yoram Melloul.

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Au Suriname, petit pays d'Amérique du Sud, vivent plusieurs peuples marrons. Leurs ancêtres ont fui l'esclavage des plantations coloniales pour se réfugier en forêt et y créer des sociétés libres. Ils étaient alors désignés par le terme de « marron » -, désignant les fugitifs. Trois siècles après leur fuite, les sociétés noires-marronnes du Suriname continuent de se battre pour leurs droits. Longtemps discriminés, les Marrons affirment aujourd'hui leur place au sein de la société surinamaise.

«Les Marrons du Suriname, des peuples en lutte», un Grand reportage d'Hélène Ferrarini.

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Au Suriname, petit pays d'Amérique du Sud, vivent plusieurs peuples marrons. Leurs ancêtres ont fui l'esclavage des plantations coloniales pour se réfugier en forêt et y créer des sociétés libres. Ils étaient alors désignés par le terme de « marron » -, désignant les fugitifs. Trois siècles après leur fuite, les sociétés noires-marronnes du Suriname continuent de se battre pour leurs droits. Longtemps discriminés, les Marrons affirment aujourd'hui leur place au sein de la société surinamaise.

«Les Marrons du Suriname, des peuples en lutte», un Grand reportage d'Hélène Ferrarini.

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Au Suriname, petit pays d'Amérique du Sud, vivent plusieurs peuples marrons. Leurs ancêtres ont fui l'esclavage des plantations coloniales pour se réfugier en forêt et y créer des sociétés libres. Ils étaient alors désignés par le terme de « marron » -, désignant les fugitifs. Trois siècles après leur fuite, les sociétés noires-marronnes du Suriname continuent de se battre pour leurs droits. Longtemps discriminés, les Marrons affirment aujourd'hui leur place au sein de la société surinamaise.

«Les Marrons du Suriname, des peuples en lutte», un Grand reportage d'Hélène Ferrarini.

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Ce dimanche 2 octobre 2022, 210 millions de Brésiliens seront appelés aux urnes pour élire leur président. Quatre ans après l’arrivée au pouvoir du président/(candidat ?) d’extrême droite Jair Bolsonaro, le bilan est lourd : une mauvaise gestion de la pandémie de Covid-19, qui a fait plus de 600 000 morts au Brésil, une crise économique, morale… Autant de défis pour celui qui remportera l’élection, et devra réconcilier une société profondément divisée. Car avec le retour de l’ancien président Lula sur la scène politique, le duel Lula-Bolsonaro cristallise les tensions. Menaces aux journalistes, agressions des soutiens à l’un des deux camps, intimidations des candidats… la campagne présidentielle est plus polarisée que jamais. 

«Présidentielle au Brésil : un pays coupé en deux», un Grand reportage de Sarah Cozzolino. Réalisation : Pauline Leduc.

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Ce dimanche 2 octobre 2022, 210 millions de Brésiliens seront appelés aux urnes pour élire leur président. Quatre ans après l’arrivée au pouvoir du président/(candidat ?) d’extrême droite Jair Bolsonaro, le bilan est lourd : une mauvaise gestion de la pandémie de Covid-19, qui a fait plus de 600 000 morts au Brésil, une crise économique, morale… Autant de défis pour celui qui remportera l’élection, et devra réconcilier une société profondément divisée. Car avec le retour de l’ancien président Lula sur la scène politique, le duel Lula-Bolsonaro cristallise les tensions. Menaces aux journalistes, agressions des soutiens à l’un des deux camps, intimidations des candidats… la campagne présidentielle est plus polarisée que jamais. 

«Présidentielle au Brésil : un pays coupé en deux», un Grand reportage de Sarah Cozzolino. Réalisation : Pauline Leduc.

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Ce dimanche 2 octobre 2022, 210 millions de Brésiliens seront appelés aux urnes pour élire leur président. Quatre ans après l’arrivée au pouvoir du président/(candidat ?) d’extrême droite Jair Bolsonaro, le bilan est lourd : une mauvaise gestion de la pandémie de Covid-19, qui a fait plus de 600 000 morts au Brésil, une crise économique, morale… Autant de défis pour celui qui remportera l’élection, et devra réconcilier une société profondément divisée. Car avec le retour de l’ancien président Lula sur la scène politique, le duel Lula-Bolsonaro cristallise les tensions. Menaces aux journalistes, agressions des soutiens à l’un des deux camps, intimidations des candidats… la campagne présidentielle est plus polarisée que jamais. 

«Présidentielle au Brésil : un pays coupé en deux», un Grand reportage de Sarah Cozzolino. Réalisation : Pauline Leduc.

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Grand reportage nous emmène aujourd’hui à Jérusalem, pour un voyage à travers le temps. De l’an 1187, durant les Croisades, jusqu’à récemment, 1967, et la conquête de la Ville sainte par Israël. Près de 800 ans d’histoire. Une période marquée par la présence de Maghrébins à Jérusalem. Des pèlerins musulmans ou des combattants, venus jadis d’Afrique du Nord pour grossir les troupes de Saladin, et reprendre la ville aux croisés. Leurs descendants marocains, algériens et tunisiens, vivent toujours à Jérusalem. Avant l’occupation israélienne, ils avaient même leur propre quartier dans la ville. Seule leur zaouïa, un édifice religieux musulman, existe toujours.

« Jérusalem : des terres maghrébines en Orient », un Grand reportage de Sami Boukhelifa.

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Grand reportage nous emmène aujourd’hui à Jérusalem, pour un voyage à travers le temps. De l’an 1187, durant les Croisades, jusqu’à récemment, 1967, et la conquête de la Ville sainte par Israël. Près de 800 ans d’histoire. Une période marquée par la présence de Maghrébins à Jérusalem. Des pèlerins musulmans ou des combattants, venus jadis d’Afrique du Nord pour grossir les troupes de Saladin, et reprendre la ville aux croisés. Leurs descendants marocains, algériens et tunisiens, vivent toujours à Jérusalem. Avant l’occupation israélienne, ils avaient même leur propre quartier dans la ville. Seule leur zaouïa, un édifice religieux musulman, existe toujours.

« Jérusalem : des terres maghrébines en Orient », un Grand reportage de Sami Boukhelifa.

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Grand reportage nous emmène aujourd’hui à Jérusalem, pour un voyage à travers le temps. De l’an 1187, durant les Croisades, jusqu’à récemment, 1967, et la conquête de la Ville sainte par Israël. Près de 800 ans d’histoire. Une période marquée par la présence de Maghrébins à Jérusalem. Des pèlerins musulmans ou des combattants, venus jadis d’Afrique du Nord pour grossir les troupes de Saladin, et reprendre la ville aux croisés. Leurs descendants marocains, algériens et tunisiens, vivent toujours à Jérusalem. Avant l’occupation israélienne, ils avaient même leur propre quartier dans la ville. Seule leur zaouïa, un édifice religieux musulman, existe toujours.

« Jérusalem : des terres maghrébines en Orient », un Grand reportage de Sami Boukhelifa.

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Le film «The Woman King» sort aujourd’hui (28 septembre 2022) dans les salles françaises, quelques jours après une avant-première qui a enthousiasmé le public à Cotonou. Cette super-production hollywoodienne, avec à l’affiche l’actrice oscarisée Viola Davis, met à l’honneur les Amazones, une unité d’élite entièrement composée de femmes qui a protégé le royaume du Dahomey, dans l’actuel Bénin, aux XVIIIè et XIXè siècles. Au-delà de la fiction, que reste-t-il aujourd’hui de cette figure historique, en train de devenir un symbole du pays ?

«Bénin : sur les traces des Amazones du Dahomey», un Grand reportage de Magali Lagrange.

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Le film «The Woman King» sort aujourd’hui (28 septembre 2022) dans les salles françaises, quelques jours après une avant-première qui a enthousiasmé le public à Cotonou. Cette super-production hollywoodienne, avec à l’affiche l’actrice oscarisée Viola Davis, met à l’honneur les Amazones, une unité d’élite entièrement composée de femmes qui a protégé le royaume du Dahomey, dans l’actuel Bénin, aux XVIIIè et XIXè siècles. Au-delà de la fiction, que reste-t-il aujourd’hui de cette figure historique, en train de devenir un symbole du pays ?

«Bénin : sur les traces des Amazones du Dahomey», un Grand reportage de Magali Lagrange.

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«Bénin : sur les traces des Amazones du Dahomey», un Grand reportage de Magali Lagrange.

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C’est une petite bâtisse rose perchée à plus de 3 000 m d’altitude dans la Cordillère des Andes. L’école de Las Vallas, dans la province de Catamarca en Argentine, accueille les enfants de la communauté autochtone Diaguita qui vit presque coupée du monde dans cette vallée proche de la frontière avec le Chili. À Las Vallas, pas de route ni de signal téléphonique. Le village le plus proche est à plusieurs heures de marche. Pour s’y rendre, les cinq professeurs de cette petite école traversent chaque semaine la réserve naturelle de Sierra de Belén. Sur place, ils sont à la fois enseignants, infirmiers et assistants sociaux. Une forme de sacerdoce pour ces hommes et ces femmes qui mettent de côté leur vie de famille pour garantir le droit à l’éducation de ces enfants.

« Las Vallas, l’école perdue au milieu des Andes », un Grand reportage de Théo Conscience.

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C’est une petite bâtisse rose perchée à plus de 3 000 m d’altitude dans la Cordillère des Andes. L’école de Las Vallas, dans la province de Catamarca en Argentine, accueille les enfants de la communauté autochtone Diaguita qui vit presque coupée du monde dans cette vallée proche de la frontière avec le Chili. À Las Vallas, pas de route ni de signal téléphonique. Le village le plus proche est à plusieurs heures de marche. Pour s’y rendre, les cinq professeurs de cette petite école traversent chaque semaine la réserve naturelle de Sierra de Belén. Sur place, ils sont à la fois enseignants, infirmiers et assistants sociaux. Une forme de sacerdoce pour ces hommes et ces femmes qui mettent de côté leur vie de famille pour garantir le droit à l’éducation de ces enfants.

« Las Vallas, l’école perdue au milieu des Andes », un Grand reportage de Théo Conscience.

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C’est une petite bâtisse rose perchée à plus de 3 000 m d’altitude dans la Cordillère des Andes. L’école de Las Vallas, dans la province de Catamarca en Argentine, accueille les enfants de la communauté autochtone Diaguita qui vit presque coupée du monde dans cette vallée proche de la frontière avec le Chili. À Las Vallas, pas de route ni de signal téléphonique. Le village le plus proche est à plusieurs heures de marche. Pour s’y rendre, les cinq professeurs de cette petite école traversent chaque semaine la réserve naturelle de Sierra de Belén. Sur place, ils sont à la fois enseignants, infirmiers et assistants sociaux. Une forme de sacerdoce pour ces hommes et ces femmes qui mettent de côté leur vie de famille pour garantir le droit à l’éducation de ces enfants.

« Las Vallas, l’école perdue au milieu des Andes », un Grand reportage de Théo Conscience.

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Au Sénégal, le naufrage du Joola marque encore les esprits. Ce bateau qui faisait la navette entre Dakar et Ziguinchor, ville en Casamance au sud du pays, a chaviré dans la nuit du 26 au 27 septembre 2002. Officiellement 1 863 morts, plus de 2 000, selon les associations de familles de victimes. Et seulement 64 rescapés. Une des plus grandes catastrophes de la navigation civile au monde.

«Vingt ans après, la mémoire du Joola», un Grand reportage de Théa Ollivier.

►À écouter aussi sur RFI: l'émission Si loin si proche «20 ans après le naufrage du Joola: la mer n'est pas un cimetière».

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Au Sénégal, le naufrage du Joola marque encore les esprits. Ce bateau qui faisait la navette entre Dakar et Ziguinchor, ville en Casamance au sud du pays, a chaviré dans la nuit du 26 au 27 septembre 2002. Officiellement 1 863 morts, plus de 2 000, selon les associations de familles de victimes. Et seulement 64 rescapés. Une des plus grandes catastrophes de la navigation civile au monde.

«Vingt ans après, la mémoire du Joola», un Grand reportage de Théa Ollivier.

►À écouter aussi sur RFI: l'émission Si loin si proche «20 ans après le naufrage du Joola: la mer n'est pas un cimetière».

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Au Sénégal, le naufrage du Joola marque encore les esprits. Ce bateau qui faisait la navette entre Dakar et Ziguinchor, ville en Casamance au sud du pays, a chaviré dans la nuit du 26 au 27 septembre 2002. Officiellement 1 863 morts, plus de 2 000, selon les associations de familles de victimes. Et seulement 64 rescapés. Une des plus grandes catastrophes de la navigation civile au monde.

«Vingt ans après, la mémoire du Joola», un Grand reportage de Théa Ollivier.

►À écouter aussi sur RFI: l'émission Si loin si proche «20 ans après le naufrage du Joola: la mer n'est pas un cimetière».

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Deux cent mille Sud-Coréens adoptés à l’étranger depuis 1953. Un record mondial embarrassant pour un petit pays de désormais 52 millions d’habitants. Comment expliquer que, durant plusieurs décennies, la majorité des enfants adoptés à l’étranger aient pour origine la Corée du Sud ? La dixième économie mondiale peine à affronter un passé douloureux. Enquête. (Rediffusion du 29 mars 2022)

De notre correspondant à Séoul

Bertha et Harry Holt. L’origine de l’adoption en Corée du Sud a une sonorité américaine. En 1955, ce couple fait modifier une loi au Congrès des États-Unis afin d’adopter huit orphelins de la guerre de Corée (1950-1953). Alors que plus de 100 000 Sud-coréens se retrouvent sans parents à l’issue du conflit fratricide qui divise la péninsule, les images de ces enfants émeuvent les foyers outre-Atlantique. La Holt est créée en 1956 et des Sud-Coréens commencent progressivement à être envoyés à l’étranger via cette agence d’adoption. À cette époque, le pays est détruit par la guerre, la pauvreté omniprésente et l’économie nord-coréenne plus fleurissante que celle du Sud. Pourtant, c’est 30 ans plus tard, dans les années 1980, que l’adoption internationale en Corée du Sud atteint son paroxysme. Un enfant par heure Durant l’année 1986, près de 9 000 enfants sud-coréens sont envoyés à l’étranger, soit un toutes les heures. Un chiffre impressionnant aux explications variées. À l'époque, seuls les enfants abandonnés ou orphelins étaient éligibles à l’adoption internationale. Dans une Corée du Sud à l’économie balbutiante et aux mœurs conservatrices, de nombreux enfants sont abandonnés. Par manque de moyens pour certains et par pression sociale pour d’autres : les enfants amérasiens (nés de soldats américains et de femmes coréennes) sont mal vus tout comme ceux nés hors mariage, ou d’une mère célibataire. Une spécificité culturelle loin d’expliquer à elle seule l’ampleur du phénomène. « Je ne peux pas croire que des dizaines d’enfants aient été abandonnés chaque jour par leurs parents dans les années 1980 », affirme Lee Kyung-eun, chercheuse en droit international et spécialiste du sujet. Ces dernières années, de nombreux adoptés estiment l’avoir été contre la volonté de leurs parents biologiques.

C’est le cas de Kim Yooree. Cette quarantenaire a été adoptée en France à l’âge de onze ans, elle a ensuite retrouvé ses parents biologiques. « En 1994, mon père me soutient qu’il ne m’a jamais abandonnée et ma mère me disait la même chose, mais je ne les croyais pas. Et puis cet hiver, je suis allée à la mairie afin de consulter le livret de famille de mon père. Là, j’ai vu que j’étais encore officiellement sa fille, avec un numéro d’identité coréen, il n’y avait aucune trace de mon adoption. »

Un cas malheureusement loin d’être isolé, selon Han Boonyoung, elle-même adoptée au Danemark et en cours d’écriture d’une thèse sur le sujet à l’université nationale de Séoul. « Tous les adoptés n’étaient pas des orphelins, le système de l’adoption en Corée du Sud a rendu des enfants orphelins afin qu’ils puissent partir à l’étranger », explique Han. « Le problème central est que, jusqu’en 2011, tout le processus administratif de l’adoption était géré par les agences. » Holt East et les autres agences récupéraient les enfants dans les orphelinats, les hôpitaux ou bien les commissariats et s’occupaient ensuite des procédures administratives sans qu’aucun contrôle de l’État, ou presque, ne soit effectué.

« Dans les années 1970 et 1980, la Corée du Sud n’est pas encore un pays aussi développé et la Holt a pris en charge les questions de l’enfance déshéritée en Corée du Sud. Et l’État sud-coréen s’est satisfait de ce deal », résume Yves Dénéchère, professeur d’histoire contemporaine à l’université d’Angers et spécialiste de l’adoption internationale. À l’époque, Chun Doo-hwan dirige la Corée du Sud d’une main de fer. Sa priorité est de nettoyer les rues de la pauvreté alors que le pays s’apprête à accueillir deux événements sportifs de grande ampleur : les Jeux asiatiques de 1986 et les Jeux olympiques de 1988. Et tous les moyens sont bons. Cette politique de « purification sociale » renforce l’utilisation des centres de bien-être, des véritables camps de concentration où étaient entassés les marginaux de la société sud-coréenne. Les enfants trouvés ou trop pauvres sont envoyés à l’étranger.

« En 1976, le gouvernement sud-coréen a annoncé la décision d’arrêter l’adoption internationale d'ici à 1985. Mais cette décision a été rendue nulle par la volonté du gouvernement militaire de promouvoir l’adoption à partir de 1981 », explique de son côté Kim Ji-yeon, directrice de la division du bien-être enfantin au sein du ministère de la Santé. Du côté des agences d'adoption, on s’accommodait de cette stratégie gouvernementale. « À l'époque, l’adoption internationale était vue comme une action humanitaire, et la question était : qu’est-ce qui est le plus important, respecter les règles ou envoyer les enfants à l’étranger ? », assure un expert qui souhaite rester anonyme. Volonté politique Les Jeux olympiques sont aussi le début de la fin, explique Yves Dénèchere. « À ce moment-là, il y a une prise de conscience que ce n’est pas normal qu’un pays qui accède au développement confie l’adoption de ses enfants à un organisme international et envoie autant d’enfants à l’étranger. » Face à la couverture médiatique de la presse étrangère, très critique envers ce système d' « exportation d’enfants », le Pays du matin calme effectue une mue partielle. Le nombre d’adoptions chute considérablement, mais ce n’est qu’en 2011 que les procédures sont réellement renforcées. Néanmoins, malgré les demandes de certains adoptés, aucune enquête n’est prévue par les autorités sud-coréennes. Interrogé sur le sujet, le ministère de la Santé estime « vouloir s’excuser à travers ses actions claires et qu’une excuse insuffisante ou maladroite n’aiderait pas à résoudre ce dossier, mais pourrait même blesser les adoptés ou les personnes concernées. »

Adam Crapser a, lui, porté plainte contre la Holt et l’État sud-coréen. Adopté aux États-Unis, il s’est vu refuser la nationalité américaine à 41 ans, les tribunaux ne reconnaissant pas sa procédure d’adoption. Contraint de revenir dans un pays dont il ne connaissait rien, il estime avoir été la victime d’un système et de ses irrégularités. Un procès historique dont l’issue pourrait soulager des adoptés en quête de vérité.

NDLR : la Holt a refusé de répondre aux questions de RFI.

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Deux cent mille Sud-Coréens adoptés à l’étranger depuis 1953. Un record mondial embarrassant pour un petit pays de désormais 52 millions d’habitants. Comment expliquer que, durant plusieurs décennies, la majorité des enfants adoptés à l’étranger aient pour origine la Corée du Sud ? La dixième économie mondiale peine à affronter un passé douloureux. Enquête. (Rediffusion du 29 mars 2022)

De notre correspondant à Séoul

Bertha et Harry Holt. L’origine de l’adoption en Corée du Sud a une sonorité américaine. En 1955, ce couple fait modifier une loi au Congrès des États-Unis afin d’adopter huit orphelins de la guerre de Corée (1950-1953). Alors que plus de 100 000 Sud-coréens se retrouvent sans parents à l’issue du conflit fratricide qui divise la péninsule, les images de ces enfants émeuvent les foyers outre-Atlantique. La Holt est créée en 1956 et des Sud-Coréens commencent progressivement à être envoyés à l’étranger via cette agence d’adoption. À cette époque, le pays est détruit par la guerre, la pauvreté omniprésente et l’économie nord-coréenne plus fleurissante que celle du Sud. Pourtant, c’est 30 ans plus tard, dans les années 1980, que l’adoption internationale en Corée du Sud atteint son paroxysme. Un enfant par heure Durant l’année 1986, près de 9 000 enfants sud-coréens sont envoyés à l’étranger, soit un toutes les heures. Un chiffre impressionnant aux explications variées. À l'époque, seuls les enfants abandonnés ou orphelins étaient éligibles à l’adoption internationale. Dans une Corée du Sud à l’économie balbutiante et aux mœurs conservatrices, de nombreux enfants sont abandonnés. Par manque de moyens pour certains et par pression sociale pour d’autres : les enfants amérasiens (nés de soldats américains et de femmes coréennes) sont mal vus tout comme ceux nés hors mariage, ou d’une mère célibataire. Une spécificité culturelle loin d’expliquer à elle seule l’ampleur du phénomène. « Je ne peux pas croire que des dizaines d’enfants aient été abandonnés chaque jour par leurs parents dans les années 1980 », affirme Lee Kyung-eun, chercheuse en droit international et spécialiste du sujet. Ces dernières années, de nombreux adoptés estiment l’avoir été contre la volonté de leurs parents biologiques.

C’est le cas de Kim Yooree. Cette quarantenaire a été adoptée en France à l’âge de onze ans, elle a ensuite retrouvé ses parents biologiques. « En 1994, mon père me soutient qu’il ne m’a jamais abandonnée et ma mère me disait la même chose, mais je ne les croyais pas. Et puis cet hiver, je suis allée à la mairie afin de consulter le livret de famille de mon père. Là, j’ai vu que j’étais encore officiellement sa fille, avec un numéro d’identité coréen, il n’y avait aucune trace de mon adoption. »

Un cas malheureusement loin d’être isolé, selon Han Boonyoung, elle-même adoptée au Danemark et en cours d’écriture d’une thèse sur le sujet à l’université nationale de Séoul. « Tous les adoptés n’étaient pas des orphelins, le système de l’adoption en Corée du Sud a rendu des enfants orphelins afin qu’ils puissent partir à l’étranger », explique Han. « Le problème central est que, jusqu’en 2011, tout le processus administratif de l’adoption était géré par les agences. » Holt East et les autres agences récupéraient les enfants dans les orphelinats, les hôpitaux ou bien les commissariats et s’occupaient ensuite des procédures administratives sans qu’aucun contrôle de l’État, ou presque, ne soit effectué.

« Dans les années 1970 et 1980, la Corée du Sud n’est pas encore un pays aussi développé et la Holt a pris en charge les questions de l’enfance déshéritée en Corée du Sud. Et l’État sud-coréen s’est satisfait de ce deal », résume Yves Dénéchère, professeur d’histoire contemporaine à l’université d’Angers et spécialiste de l’adoption internationale. À l’époque, Chun Doo-hwan dirige la Corée du Sud d’une main de fer. Sa priorité est de nettoyer les rues de la pauvreté alors que le pays s’apprête à accueillir deux événements sportifs de grande ampleur : les Jeux asiatiques de 1986 et les Jeux olympiques de 1988. Et tous les moyens sont bons. Cette politique de « purification sociale » renforce l’utilisation des centres de bien-être, des véritables camps de concentration où étaient entassés les marginaux de la société sud-coréenne. Les enfants trouvés ou trop pauvres sont envoyés à l’étranger.

« En 1976, le gouvernement sud-coréen a annoncé la décision d’arrêter l’adoption internationale d'ici à 1985. Mais cette décision a été rendue nulle par la volonté du gouvernement militaire de promouvoir l’adoption à partir de 1981 », explique de son côté Kim Ji-yeon, directrice de la division du bien-être enfantin au sein du ministère de la Santé. Du côté des agences d'adoption, on s’accommodait de cette stratégie gouvernementale. « À l'époque, l’adoption internationale était vue comme une action humanitaire, et la question était : qu’est-ce qui est le plus important, respecter les règles ou envoyer les enfants à l’étranger ? », assure un expert qui souhaite rester anonyme. Volonté politique Les Jeux olympiques sont aussi le début de la fin, explique Yves Dénèchere. « À ce moment-là, il y a une prise de conscience que ce n’est pas normal qu’un pays qui accède au développement confie l’adoption de ses enfants à un organisme international et envoie autant d’enfants à l’étranger. » Face à la couverture médiatique de la presse étrangère, très critique envers ce système d' « exportation d’enfants », le Pays du matin calme effectue une mue partielle. Le nombre d’adoptions chute considérablement, mais ce n’est qu’en 2011 que les procédures sont réellement renforcées. Néanmoins, malgré les demandes de certains adoptés, aucune enquête n’est prévue par les autorités sud-coréennes. Interrogé sur le sujet, le ministère de la Santé estime « vouloir s’excuser à travers ses actions claires et qu’une excuse insuffisante ou maladroite n’aiderait pas à résoudre ce dossier, mais pourrait même blesser les adoptés ou les personnes concernées. »

Adam Crapser a, lui, porté plainte contre la Holt et l’État sud-coréen. Adopté aux États-Unis, il s’est vu refuser la nationalité américaine à 41 ans, les tribunaux ne reconnaissant pas sa procédure d’adoption. Contraint de revenir dans un pays dont il ne connaissait rien, il estime avoir été la victime d’un système et de ses irrégularités. Un procès historique dont l’issue pourrait soulager des adoptés en quête de vérité.

NDLR : la Holt a refusé de répondre aux questions de RFI.

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Deux cent mille Sud-Coréens adoptés à l’étranger depuis 1953. Un record mondial embarrassant pour un petit pays de désormais 52 millions d’habitants. Comment expliquer que, durant plusieurs décennies, la majorité des enfants adoptés à l’étranger aient pour origine la Corée du Sud ? La dixième économie mondiale peine à affronter un passé douloureux. Enquête. (Rediffusion du 29 mars 2022)

De notre correspondant à Séoul

Bertha et Harry Holt. L’origine de l’adoption en Corée du Sud a une sonorité américaine. En 1955, ce couple fait modifier une loi au Congrès des États-Unis afin d’adopter huit orphelins de la guerre de Corée (1950-1953). Alors que plus de 100 000 Sud-coréens se retrouvent sans parents à l’issue du conflit fratricide qui divise la péninsule, les images de ces enfants émeuvent les foyers outre-Atlantique. La Holt est créée en 1956 et des Sud-Coréens commencent progressivement à être envoyés à l’étranger via cette agence d’adoption. À cette époque, le pays est détruit par la guerre, la pauvreté omniprésente et l’économie nord-coréenne plus fleurissante que celle du Sud. Pourtant, c’est 30 ans plus tard, dans les années 1980, que l’adoption internationale en Corée du Sud atteint son paroxysme. Un enfant par heure Durant l’année 1986, près de 9 000 enfants sud-coréens sont envoyés à l’étranger, soit un toutes les heures. Un chiffre impressionnant aux explications variées. À l'époque, seuls les enfants abandonnés ou orphelins étaient éligibles à l’adoption internationale. Dans une Corée du Sud à l’économie balbutiante et aux mœurs conservatrices, de nombreux enfants sont abandonnés. Par manque de moyens pour certains et par pression sociale pour d’autres : les enfants amérasiens (nés de soldats américains et de femmes coréennes) sont mal vus tout comme ceux nés hors mariage, ou d’une mère célibataire. Une spécificité culturelle loin d’expliquer à elle seule l’ampleur du phénomène. « Je ne peux pas croire que des dizaines d’enfants aient été abandonnés chaque jour par leurs parents dans les années 1980 », affirme Lee Kyung-eun, chercheuse en droit international et spécialiste du sujet. Ces dernières années, de nombreux adoptés estiment l’avoir été contre la volonté de leurs parents biologiques.

C’est le cas de Kim Yooree. Cette quarantenaire a été adoptée en France à l’âge de onze ans, elle a ensuite retrouvé ses parents biologiques. « En 1994, mon père me soutient qu’il ne m’a jamais abandonnée et ma mère me disait la même chose, mais je ne les croyais pas. Et puis cet hiver, je suis allée à la mairie afin de consulter le livret de famille de mon père. Là, j’ai vu que j’étais encore officiellement sa fille, avec un numéro d’identité coréen, il n’y avait aucune trace de mon adoption. »

Un cas malheureusement loin d’être isolé, selon Han Boonyoung, elle-même adoptée au Danemark et en cours d’écriture d’une thèse sur le sujet à l’université nationale de Séoul. « Tous les adoptés n’étaient pas des orphelins, le système de l’adoption en Corée du Sud a rendu des enfants orphelins afin qu’ils puissent partir à l’étranger », explique Han. « Le problème central est que, jusqu’en 2011, tout le processus administratif de l’adoption était géré par les agences. » Holt East et les autres agences récupéraient les enfants dans les orphelinats, les hôpitaux ou bien les commissariats et s’occupaient ensuite des procédures administratives sans qu’aucun contrôle de l’État, ou presque, ne soit effectué.

« Dans les années 1970 et 1980, la Corée du Sud n’est pas encore un pays aussi développé et la Holt a pris en charge les questions de l’enfance déshéritée en Corée du Sud. Et l’État sud-coréen s’est satisfait de ce deal », résume Yves Dénéchère, professeur d’histoire contemporaine à l’université d’Angers et spécialiste de l’adoption internationale. À l’époque, Chun Doo-hwan dirige la Corée du Sud d’une main de fer. Sa priorité est de nettoyer les rues de la pauvreté alors que le pays s’apprête à accueillir deux événements sportifs de grande ampleur : les Jeux asiatiques de 1986 et les Jeux olympiques de 1988. Et tous les moyens sont bons. Cette politique de « purification sociale » renforce l’utilisation des centres de bien-être, des véritables camps de concentration où étaient entassés les marginaux de la société sud-coréenne. Les enfants trouvés ou trop pauvres sont envoyés à l’étranger.

« En 1976, le gouvernement sud-coréen a annoncé la décision d’arrêter l’adoption internationale d'ici à 1985. Mais cette décision a été rendue nulle par la volonté du gouvernement militaire de promouvoir l’adoption à partir de 1981 », explique de son côté Kim Ji-yeon, directrice de la division du bien-être enfantin au sein du ministère de la Santé. Du côté des agences d'adoption, on s’accommodait de cette stratégie gouvernementale. « À l'époque, l’adoption internationale était vue comme une action humanitaire, et la question était : qu’est-ce qui est le plus important, respecter les règles ou envoyer les enfants à l’étranger ? », assure un expert qui souhaite rester anonyme. Volonté politique Les Jeux olympiques sont aussi le début de la fin, explique Yves Dénèchere. « À ce moment-là, il y a une prise de conscience que ce n’est pas normal qu’un pays qui accède au développement confie l’adoption de ses enfants à un organisme international et envoie autant d’enfants à l’étranger. » Face à la couverture médiatique de la presse étrangère, très critique envers ce système d' « exportation d’enfants », le Pays du matin calme effectue une mue partielle. Le nombre d’adoptions chute considérablement, mais ce n’est qu’en 2011 que les procédures sont réellement renforcées. Néanmoins, malgré les demandes de certains adoptés, aucune enquête n’est prévue par les autorités sud-coréennes. Interrogé sur le sujet, le ministère de la Santé estime « vouloir s’excuser à travers ses actions claires et qu’une excuse insuffisante ou maladroite n’aiderait pas à résoudre ce dossier, mais pourrait même blesser les adoptés ou les personnes concernées. »

Adam Crapser a, lui, porté plainte contre la Holt et l’État sud-coréen. Adopté aux États-Unis, il s’est vu refuser la nationalité américaine à 41 ans, les tribunaux ne reconnaissant pas sa procédure d’adoption. Contraint de revenir dans un pays dont il ne connaissait rien, il estime avoir été la victime d’un système et de ses irrégularités. Un procès historique dont l’issue pourrait soulager des adoptés en quête de vérité.

NDLR : la Holt a refusé de répondre aux questions de RFI.

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C’est l’une des conséquences du réchauffement climatique : les vendanges ont commencé en avance cette année, et sont même déjà terminées dans certains terroirs. Chaleur intense et sécheresse, une situation que connaissent bien les vignobles du Ningxia. Cette région semi-désertique du nord-ouest de la Chine, à force de volonté politique, est devenue en quelques années un eldorado pour les producteurs.

«Sur la route des vins du Ningxia», un Grand reportage de Stéphane Lagarde et Louise May.

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C’est l’une des conséquences du réchauffement climatique : les vendanges ont commencé en avance cette année, et sont même déjà terminées dans certains terroirs. Chaleur intense et sécheresse, une situation que connaissent bien les vignobles du Ningxia. Cette région semi-désertique du nord-ouest de la Chine, à force de volonté politique, est devenue en quelques années un eldorado pour les producteurs.

«Sur la route des vins du Ningxia», un Grand reportage de Stéphane Lagarde et Louise May.

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C’est l’une des conséquences du réchauffement climatique : les vendanges ont commencé en avance cette année, et sont même déjà terminées dans certains terroirs. Chaleur intense et sécheresse, une situation que connaissent bien les vignobles du Ningxia. Cette région semi-désertique du nord-ouest de la Chine, à force de volonté politique, est devenue en quelques années un eldorado pour les producteurs.

«Sur la route des vins du Ningxia», un Grand reportage de Stéphane Lagarde et Louise May.

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Comment aider psychologiquement les migrants à Paris ? Un nouveau projet pourrait surprendre puisqu'il s'agit d'apprendre aux migrants l'apiculture... Lancé en 2019, le Rucher Solidaire des Missions étrangères de Paris en plein coeur de la capitale, s'étale sur plusieurs mois, rythmé par des cours théoriques et pratiques. Et le constat est là, les abeilles améliorent la santé mentale des exilés et les aident à se reconstruire en soignant le syndrome de stress post-traumatique. 

«À Paris, des abeilles pour apaiser les souffrances des migrants», un Grand reportage de Lise Verbeke.

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Comment aider psychologiquement les migrants à Paris ? Un nouveau projet pourrait surprendre puisqu'il s'agit d'apprendre aux migrants l'apiculture... Lancé en 2019, le Rucher Solidaire des Missions étrangères de Paris en plein coeur de la capitale, s'étale sur plusieurs mois, rythmé par des cours théoriques et pratiques. Et le constat est là, les abeilles améliorent la santé mentale des exilés et les aident à se reconstruire en soignant le syndrome de stress post-traumatique. 

«À Paris, des abeilles pour apaiser les souffrances des migrants», un Grand reportage de Lise Verbeke.

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Comment aider psychologiquement les migrants à Paris ? Un nouveau projet pourrait surprendre puisqu'il s'agit d'apprendre aux migrants l'apiculture... Lancé en 2019, le Rucher Solidaire des Missions étrangères de Paris en plein coeur de la capitale, s'étale sur plusieurs mois, rythmé par des cours théoriques et pratiques. Et le constat est là, les abeilles améliorent la santé mentale des exilés et les aident à se reconstruire en soignant le syndrome de stress post-traumatique. 

«À Paris, des abeilles pour apaiser les souffrances des migrants», un Grand reportage de Lise Verbeke.

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Plus vulnérables aux maladies venant des villes et vivant dans des zones où l’accès est difficile, les indigènes d’Amazonie sont des populations dont la santé est particulièrement fragile. Aujourd’hui encore, ils sont victimes du paludisme, de maladies sexuellement transmissibles, et du Covid-19. Même s’il existe un secrétariat spécialisé en santé indigène, ils n’ont accès qu’aux soins de base. Des dentistes aux ophtalmologues, depuis 2015, l’ONG « Doutores da Amazônia », « Docteurs d’Amazonie », amène des médecins spécialistes au cœur des territoires indigènes. Immersion dans le parc indigène du Xingu, le plus grand territoire indigène du pays. 

« Indigènes d’Amazonie, les laissés pour compte du système de santé », un Grand reportage de Sarah Cozzolino. Réalisation : Pauline Leduc.   Caio Machado, président et co-fondateur de l’ONG « Doutores da Amazônia », est chirurgien dentiste à São Paulo. En 2015, il a créé avec son frère l’ONG Docteurs d’Amazonie pour venir en aide aux peuples indigènes, délaissés par le système de santé public. Il répond aux questions de notre correspondante Sarah Cozzolino.

RFI : Comment les indigènes d’Amazonie ont-ils vécu la pandémie de Covid-19 ?

Caio Machado : Ils ont été très touchés par la pandémie, et notamment parce que leur culture a été un accélérateur de contagion. Leur mode de vie en communauté, dans les grandes « malocas », les maisons traditionnelles, ne leur permettaient pas de respecter les gestes barrières recommandés, comme le port du masque ou la quarantaine. Les rituels funèbres, par exemple, sont très importants dans leur culture, et il a été impossible de les empêcher de les réaliser. Au début de la pandémie, les médecins n’entraient plus en territoire indigène. Ça a été le moment pour ces peuples de remettre à l’honneur leurs médecins traditionnels, notamment avec la figure du « pagé », ce chaman qui communique avec les esprits. La médecine traditionnelle est très forte dans ces régions, elle passe avant la médecine occidentale. Pour des raisons de culture mais aussi de communication : les médecins traditionnels font partie des villages indigènes, ils parlent la même langue que leurs patients. Les médecins « classiques » sont des Blancs qui ont étudié en ville et ne comprennent pas les langues indigènes. 

Nous avons été la première ONG à pouvoir entrer en territoire indigène. En 2020, nous avons fait une expédition dans l’État de Rondônia sur les rivières Guaporé et Mamoré, avec un bateau-hôpital, pour venir en aide aux peuples isolés d’Amazonie. Dans cette région, on compte près de 10 000 indigènes. Parmi ceux que nous avons pu tester, 80% étaient contaminés. C’est là que j’ai été contaminé par le Covid-19 pour la première fois. Pourtant, seulement deux personnes sont mortes. Selon eux, c’est grâce aux effets d’un thé à base de racines qu’ils prenaient, confectionné par les médecins traditionnels de la région. S’il y a eu un impact positif de cette pandémie, c’est d’avoir redonné de l’importance à ces savoirs ancestraux.

Quel est l’état de santé général des indigènes dans ces régions isolées, comme le parc du Xingu ?

Ils manquent de tout. Dans ces régions, le secrétariat spécial à la santé indigène (SESAI), a implanté depuis 1999 des « districts » de santé, censés fournir des soins de « base » à ces populations. Leur champ d’action est très rudimentaire : c’est surtout de la prévention, de l’orientation et quelques examens très basiques. Dans 90% des cas, les indigènes devraient se déplacer en ville, parce que les équipements nécessaires n’arrivent pas jusqu’ici. Mais la difficulté principale, c’est justement le déplacement. Dans le Xingu, pour pouvoir faire des opérations dites de « moyenne et haute complexité », ou des examens approfondis, il faut faire douze heures de route en moyenne, avec des moyens de transport très précaires. Il faut ensuite pouvoir se nourrir et se loger en ville, c’est très compliqué.

Pourtant, les équipements, qui pesaient autrefois des tonnes sont aujourd’hui disponibles en formats réduits. Ils pèsent entre 20 et 30 kilos. Notre ONG parvient à amener ces technologies de pointe dans ces territoires lors de nos missions. On aimerait montrer aux pouvoirs publics que cette situation doit changer, des investissements doivent être faits.

Comment expliquer ces lacunes ?

Ces populations indigènes sont mises de côté depuis très longtemps, elles sont extrêmement abandonnées par les pouvoirs publics. Il y a d’abord une mauvaise gestion. Pourquoi est-ce que l’argent des déplacements que doivent faire ces indigènes pour accéder à des services en ville n’est pas investi dans des équipements de bonne qualité sur place, des professionnels de santé qualifiés et payés dignement ? Pourquoi l’État ne fait pas ce travail ? Je pense que la réponse est politique.

Les gestionnaires de ces institutions ne sont pas des professionnels de santé et ne comprennent pas la responsabilité de la santé. Au Brésil, les indigènes n’ont jamais été une priorité pour personne car ils sont trop peu pour élire qui que ce soit. On parle de 850 000 indigènes pour 210 millions de Brésiliens : pour les politiciens, ils ne méritent pas les investissements nécessaires. Lors de nos actions, pour ce que nous ne pouvons pas résoudre, nous sommes obligés de leur prescrire des ordonnances, mais ça ne sert à rien. Nous devons créer des solutions durables pour ces régions.

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Plus vulnérables aux maladies venant des villes et vivant dans des zones où l’accès est difficile, les indigènes d’Amazonie sont des populations dont la santé est particulièrement fragile. Aujourd’hui encore, ils sont victimes du paludisme, de maladies sexuellement transmissibles, et du Covid-19. Même s’il existe un secrétariat spécialisé en santé indigène, ils n’ont accès qu’aux soins de base. Des dentistes aux ophtalmologues, depuis 2015, l’ONG « Doutores da Amazônia », « Docteurs d’Amazonie », amène des médecins spécialistes au cœur des territoires indigènes. Immersion dans le parc indigène du Xingu, le plus grand territoire indigène du pays. 

« Indigènes d’Amazonie, les laissés pour compte du système de santé », un Grand reportage de Sarah Cozzolino. Réalisation : Pauline Leduc.   Caio Machado, président et co-fondateur de l’ONG « Doutores da Amazônia », est chirurgien dentiste à São Paulo. En 2015, il a créé avec son frère l’ONG Docteurs d’Amazonie pour venir en aide aux peuples indigènes, délaissés par le système de santé public. Il répond aux questions de notre correspondante Sarah Cozzolino.

RFI : Comment les indigènes d’Amazonie ont-ils vécu la pandémie de Covid-19 ?

Caio Machado : Ils ont été très touchés par la pandémie, et notamment parce que leur culture a été un accélérateur de contagion. Leur mode de vie en communauté, dans les grandes « malocas », les maisons traditionnelles, ne leur permettaient pas de respecter les gestes barrières recommandés, comme le port du masque ou la quarantaine. Les rituels funèbres, par exemple, sont très importants dans leur culture, et il a été impossible de les empêcher de les réaliser. Au début de la pandémie, les médecins n’entraient plus en territoire indigène. Ça a été le moment pour ces peuples de remettre à l’honneur leurs médecins traditionnels, notamment avec la figure du « pagé », ce chaman qui communique avec les esprits. La médecine traditionnelle est très forte dans ces régions, elle passe avant la médecine occidentale. Pour des raisons de culture mais aussi de communication : les médecins traditionnels font partie des villages indigènes, ils parlent la même langue que leurs patients. Les médecins « classiques » sont des Blancs qui ont étudié en ville et ne comprennent pas les langues indigènes. 

Nous avons été la première ONG à pouvoir entrer en territoire indigène. En 2020, nous avons fait une expédition dans l’État de Rondônia sur les rivières Guaporé et Mamoré, avec un bateau-hôpital, pour venir en aide aux peuples isolés d’Amazonie. Dans cette région, on compte près de 10 000 indigènes. Parmi ceux que nous avons pu tester, 80% étaient contaminés. C’est là que j’ai été contaminé par le Covid-19 pour la première fois. Pourtant, seulement deux personnes sont mortes. Selon eux, c’est grâce aux effets d’un thé à base de racines qu’ils prenaient, confectionné par les médecins traditionnels de la région. S’il y a eu un impact positif de cette pandémie, c’est d’avoir redonné de l’importance à ces savoirs ancestraux.

Quel est l’état de santé général des indigènes dans ces régions isolées, comme le parc du Xingu ?

Ils manquent de tout. Dans ces régions, le secrétariat spécial à la santé indigène (SESAI), a implanté depuis 1999 des « districts » de santé, censés fournir des soins de « base » à ces populations. Leur champ d’action est très rudimentaire : c’est surtout de la prévention, de l’orientation et quelques examens très basiques. Dans 90% des cas, les indigènes devraient se déplacer en ville, parce que les équipements nécessaires n’arrivent pas jusqu’ici. Mais la difficulté principale, c’est justement le déplacement. Dans le Xingu, pour pouvoir faire des opérations dites de « moyenne et haute complexité », ou des examens approfondis, il faut faire douze heures de route en moyenne, avec des moyens de transport très précaires. Il faut ensuite pouvoir se nourrir et se loger en ville, c’est très compliqué.

Pourtant, les équipements, qui pesaient autrefois des tonnes sont aujourd’hui disponibles en formats réduits. Ils pèsent entre 20 et 30 kilos. Notre ONG parvient à amener ces technologies de pointe dans ces territoires lors de nos missions. On aimerait montrer aux pouvoirs publics que cette situation doit changer, des investissements doivent être faits.

Comment expliquer ces lacunes ?

Ces populations indigènes sont mises de côté depuis très longtemps, elles sont extrêmement abandonnées par les pouvoirs publics. Il y a d’abord une mauvaise gestion. Pourquoi est-ce que l’argent des déplacements que doivent faire ces indigènes pour accéder à des services en ville n’est pas investi dans des équipements de bonne qualité sur place, des professionnels de santé qualifiés et payés dignement ? Pourquoi l’État ne fait pas ce travail ? Je pense que la réponse est politique.

Les gestionnaires de ces institutions ne sont pas des professionnels de santé et ne comprennent pas la responsabilité de la santé. Au Brésil, les indigènes n’ont jamais été une priorité pour personne car ils sont trop peu pour élire qui que ce soit. On parle de 850 000 indigènes pour 210 millions de Brésiliens : pour les politiciens, ils ne méritent pas les investissements nécessaires. Lors de nos actions, pour ce que nous ne pouvons pas résoudre, nous sommes obligés de leur prescrire des ordonnances, mais ça ne sert à rien. Nous devons créer des solutions durables pour ces régions.

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Plus vulnérables aux maladies venant des villes et vivant dans des zones où l’accès est difficile, les indigènes d’Amazonie sont des populations dont la santé est particulièrement fragile. Aujourd’hui encore, ils sont victimes du paludisme, de maladies sexuellement transmissibles, et du Covid-19. Même s’il existe un secrétariat spécialisé en santé indigène, ils n’ont accès qu’aux soins de base. Des dentistes aux ophtalmologues, depuis 2015, l’ONG « Doutores da Amazônia », « Docteurs d’Amazonie », amène des médecins spécialistes au cœur des territoires indigènes. Immersion dans le parc indigène du Xingu, le plus grand territoire indigène du pays. 

« Indigènes d’Amazonie, les laissés pour compte du système de santé », un Grand reportage de Sarah Cozzolino. Réalisation : Pauline Leduc.   Caio Machado, président et co-fondateur de l’ONG « Doutores da Amazônia », est chirurgien dentiste à São Paulo. En 2015, il a créé avec son frère l’ONG Docteurs d’Amazonie pour venir en aide aux peuples indigènes, délaissés par le système de santé public. Il répond aux questions de notre correspondante Sarah Cozzolino.

RFI : Comment les indigènes d’Amazonie ont-ils vécu la pandémie de Covid-19 ?

Caio Machado : Ils ont été très touchés par la pandémie, et notamment parce que leur culture a été un accélérateur de contagion. Leur mode de vie en communauté, dans les grandes « malocas », les maisons traditionnelles, ne leur permettaient pas de respecter les gestes barrières recommandés, comme le port du masque ou la quarantaine. Les rituels funèbres, par exemple, sont très importants dans leur culture, et il a été impossible de les empêcher de les réaliser. Au début de la pandémie, les médecins n’entraient plus en territoire indigène. Ça a été le moment pour ces peuples de remettre à l’honneur leurs médecins traditionnels, notamment avec la figure du « pagé », ce chaman qui communique avec les esprits. La médecine traditionnelle est très forte dans ces régions, elle passe avant la médecine occidentale. Pour des raisons de culture mais aussi de communication : les médecins traditionnels font partie des villages indigènes, ils parlent la même langue que leurs patients. Les médecins « classiques » sont des Blancs qui ont étudié en ville et ne comprennent pas les langues indigènes. 

Nous avons été la première ONG à pouvoir entrer en territoire indigène. En 2020, nous avons fait une expédition dans l’État de Rondônia sur les rivières Guaporé et Mamoré, avec un bateau-hôpital, pour venir en aide aux peuples isolés d’Amazonie. Dans cette région, on compte près de 10 000 indigènes. Parmi ceux que nous avons pu tester, 80% étaient contaminés. C’est là que j’ai été contaminé par le Covid-19 pour la première fois. Pourtant, seulement deux personnes sont mortes. Selon eux, c’est grâce aux effets d’un thé à base de racines qu’ils prenaient, confectionné par les médecins traditionnels de la région. S’il y a eu un impact positif de cette pandémie, c’est d’avoir redonné de l’importance à ces savoirs ancestraux.

Quel est l’état de santé général des indigènes dans ces régions isolées, comme le parc du Xingu ?

Ils manquent de tout. Dans ces régions, le secrétariat spécial à la santé indigène (SESAI), a implanté depuis 1999 des « districts » de santé, censés fournir des soins de « base » à ces populations. Leur champ d’action est très rudimentaire : c’est surtout de la prévention, de l’orientation et quelques examens très basiques. Dans 90% des cas, les indigènes devraient se déplacer en ville, parce que les équipements nécessaires n’arrivent pas jusqu’ici. Mais la difficulté principale, c’est justement le déplacement. Dans le Xingu, pour pouvoir faire des opérations dites de « moyenne et haute complexité », ou des examens approfondis, il faut faire douze heures de route en moyenne, avec des moyens de transport très précaires. Il faut ensuite pouvoir se nourrir et se loger en ville, c’est très compliqué.

Pourtant, les équipements, qui pesaient autrefois des tonnes sont aujourd’hui disponibles en formats réduits. Ils pèsent entre 20 et 30 kilos. Notre ONG parvient à amener ces technologies de pointe dans ces territoires lors de nos missions. On aimerait montrer aux pouvoirs publics que cette situation doit changer, des investissements doivent être faits.

Comment expliquer ces lacunes ?

Ces populations indigènes sont mises de côté depuis très longtemps, elles sont extrêmement abandonnées par les pouvoirs publics. Il y a d’abord une mauvaise gestion. Pourquoi est-ce que l’argent des déplacements que doivent faire ces indigènes pour accéder à des services en ville n’est pas investi dans des équipements de bonne qualité sur place, des professionnels de santé qualifiés et payés dignement ? Pourquoi l’État ne fait pas ce travail ? Je pense que la réponse est politique.

Les gestionnaires de ces institutions ne sont pas des professionnels de santé et ne comprennent pas la responsabilité de la santé. Au Brésil, les indigènes n’ont jamais été une priorité pour personne car ils sont trop peu pour élire qui que ce soit. On parle de 850 000 indigènes pour 210 millions de Brésiliens : pour les politiciens, ils ne méritent pas les investissements nécessaires. Lors de nos actions, pour ce que nous ne pouvons pas résoudre, nous sommes obligés de leur prescrire des ordonnances, mais ça ne sert à rien. Nous devons créer des solutions durables pour ces régions.

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Les Italiens votent à la fin de la semaine, et sans enthousiasme. La chute du gouvernement Draghi en plein été et la convocation d’élections anticipées ont laissé les citoyens amers et désabusés, près de 40% ne savent pas si – ni pour qui – ils iront voter….  Une certitude pourtant : c’est la coalition emmenée par le parti post-fasciste Frateli d’Italia (Frères d’Italie) qui s’apprête à dominer le Parlement. La droite grignote y compris les dernières régions acquises à la gauche, comme l’Emilie Romagne, dans le centre du pays.

«Législatives en Italie : désenchantement et tentation de l’extrême», un Grand reportage de Juliette Gheerbrant.

► À lire, à écouter : Législatives en Italie: Giorgia Meloni, à l’extrême droite toute

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Les Italiens votent à la fin de la semaine, et sans enthousiasme. La chute du gouvernement Draghi en plein été et la convocation d’élections anticipées ont laissé les citoyens amers et désabusés, près de 40% ne savent pas si – ni pour qui – ils iront voter….  Une certitude pourtant : c’est la coalition emmenée par le parti post-fasciste Frateli d’Italia (Frères d’Italie) qui s’apprête à dominer le Parlement. La droite grignote y compris les dernières régions acquises à la gauche, comme l’Emilie Romagne, dans le centre du pays.

«Législatives en Italie : désenchantement et tentation de l’extrême», un Grand reportage de Juliette Gheerbrant.

► À lire, à écouter : Législatives en Italie: Giorgia Meloni, à l’extrême droite toute

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Les Italiens votent à la fin de la semaine, et sans enthousiasme. La chute du gouvernement Draghi en plein été et la convocation d’élections anticipées ont laissé les citoyens amers et désabusés, près de 40% ne savent pas si – ni pour qui – ils iront voter….  Une certitude pourtant : c’est la coalition emmenée par le parti post-fasciste Frateli d’Italia (Frères d’Italie) qui s’apprête à dominer le Parlement. La droite grignote y compris les dernières régions acquises à la gauche, comme l’Emilie Romagne, dans le centre du pays.

«Législatives en Italie : désenchantement et tentation de l’extrême», un Grand reportage de Juliette Gheerbrant.

► À lire, à écouter : Législatives en Italie: Giorgia Meloni, à l’extrême droite toute

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Près de 1 400 personnes sont mortes, 13 000 blessées dans les inondations destructrices au Pakistan. Près d'un tiers du pays est submergé, 33 millions de personnes, soit un habitant sur 7 est affecté. Résultat du réchauffement climatique, le Pakistan a reçu cinq fois plus de pluie que la normale en 2022, des pluies de mousson record qui ont débuté mi-juin 2022 combinées à la fonte accélérée des glaciers avec ces crues et dommages colossaux.

Encore des chiffres… Plus de 6 700 km de routes, 269 ponts ; 1,8 million d'habitations ont été endommagées ou détruites à travers le Pakistan.

« Je n’ai jamais vu de carnage climatique de cette ampleur », a déclaré le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres.

« Le Pakistan sous les eaux, le destin de milliers de familles bouleversées », un Grand reportage de Sonia Ghezali.

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Près de 1 400 personnes sont mortes, 13 000 blessées dans les inondations destructrices au Pakistan. Près d'un tiers du pays est submergé, 33 millions de personnes, soit un habitant sur 7 est affecté. Résultat du réchauffement climatique, le Pakistan a reçu cinq fois plus de pluie que la normale en 2022, des pluies de mousson record qui ont débuté mi-juin 2022 combinées à la fonte accélérée des glaciers avec ces crues et dommages colossaux.

Encore des chiffres… Plus de 6 700 km de routes, 269 ponts ; 1,8 million d'habitations ont été endommagées ou détruites à travers le Pakistan.

« Je n’ai jamais vu de carnage climatique de cette ampleur », a déclaré le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres.

« Le Pakistan sous les eaux, le destin de milliers de familles bouleversées », un Grand reportage de Sonia Ghezali.

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Près de 1 400 personnes sont mortes, 13 000 blessées dans les inondations destructrices au Pakistan. Près d'un tiers du pays est submergé, 33 millions de personnes, soit un habitant sur 7 est affecté. Résultat du réchauffement climatique, le Pakistan a reçu cinq fois plus de pluie que la normale en 2022, des pluies de mousson record qui ont débuté mi-juin 2022 combinées à la fonte accélérée des glaciers avec ces crues et dommages colossaux.

Encore des chiffres… Plus de 6 700 km de routes, 269 ponts ; 1,8 million d'habitations ont été endommagées ou détruites à travers le Pakistan.

« Je n’ai jamais vu de carnage climatique de cette ampleur », a déclaré le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres.

« Le Pakistan sous les eaux, le destin de milliers de familles bouleversées », un Grand reportage de Sonia Ghezali.

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À Trieste, ville du nord-est de l'Italie, aux portes de la Slovénie, une femme hors du commun, Lorena Fornasir, soigne les pieds martyrisés des migrants du Moyen-Orient qui ont cheminé sur les routes menant au cœur de l'Europe. Elle se rend chaque jour avec son mari, Andrea Franchi sur la Piazza della Libertà. Cette place, proche de la gare, est à la fois un point d'arrivée et de départ pour des migrants «clandestins» en quête d'une vie plus humaine.  

«Entre les mains prodigieuses de Lorena à Trieste», un Grand reportage de notre correspondante en Italie, Anne Le Nir.  

Remerciements à la photographe Elisa Da Lio.

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À Trieste, ville du nord-est de l'Italie, aux portes de la Slovénie, une femme hors du commun, Lorena Fornasir, soigne les pieds martyrisés des migrants du Moyen-Orient qui ont cheminé sur les routes menant au cœur de l'Europe. Elle se rend chaque jour avec son mari, Andrea Franchi sur la Piazza della Libertà. Cette place, proche de la gare, est à la fois un point d'arrivée et de départ pour des migrants «clandestins» en quête d'une vie plus humaine.  

«Entre les mains prodigieuses de Lorena à Trieste», un Grand reportage de notre correspondante en Italie, Anne Le Nir.  

Remerciements à la photographe Elisa Da Lio.

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À Trieste, ville du nord-est de l'Italie, aux portes de la Slovénie, une femme hors du commun, Lorena Fornasir, soigne les pieds martyrisés des migrants du Moyen-Orient qui ont cheminé sur les routes menant au cœur de l'Europe. Elle se rend chaque jour avec son mari, Andrea Franchi sur la Piazza della Libertà. Cette place, proche de la gare, est à la fois un point d'arrivée et de départ pour des migrants «clandestins» en quête d'une vie plus humaine.  

«Entre les mains prodigieuses de Lorena à Trieste», un Grand reportage de notre correspondante en Italie, Anne Le Nir.  

Remerciements à la photographe Elisa Da Lio.

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Un été sous 40 degrés et quinze mois passés presque sans une goutte de pluie. Ces conditions climatiques extrêmes sont vécues au nord du Mexique, elles mettent à l’épreuve la métropole de Monterrey, deuxième ville du pays, cité prospère et modèle de réussite économique grâce au développement de son bassin industriel. Au pied de la Sierra Madre, Monterrey et 5 millions d’habitants n’ont plus d’eau. Une partie des robinets de la ville se sont coupés, il y a des mois.

La sécheresse exceptionnelle de cette année est responsable, bien sûr, mais pas seulement… Le Mexique paye aussi les erreurs de sa gestion et un manque de conscience de l’importance du précieux liquide. La détresse de la population oblige l’État à réagir et débloquer d’importants moyens pour répondre à l’urgence, mais les solutions trouvées sont-elles viables au long terme ?

« Demain, le Mexique aurait-il encore de l’eau ? », c’est un Grand reportage de Gwendolina Duval.

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Un été sous 40 degrés et quinze mois passés presque sans une goutte de pluie. Ces conditions climatiques extrêmes sont vécues au nord du Mexique, elles mettent à l’épreuve la métropole de Monterrey, deuxième ville du pays, cité prospère et modèle de réussite économique grâce au développement de son bassin industriel. Au pied de la Sierra Madre, Monterrey et 5 millions d’habitants n’ont plus d’eau. Une partie des robinets de la ville se sont coupés, il y a des mois.

La sécheresse exceptionnelle de cette année est responsable, bien sûr, mais pas seulement… Le Mexique paye aussi les erreurs de sa gestion et un manque de conscience de l’importance du précieux liquide. La détresse de la population oblige l’État à réagir et débloquer d’importants moyens pour répondre à l’urgence, mais les solutions trouvées sont-elles viables au long terme ?

« Demain, le Mexique aurait-il encore de l’eau ? », c’est un Grand reportage de Gwendolina Duval.

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Un été sous 40 degrés et quinze mois passés presque sans une goutte de pluie. Ces conditions climatiques extrêmes sont vécues au nord du Mexique, elles mettent à l’épreuve la métropole de Monterrey, deuxième ville du pays, cité prospère et modèle de réussite économique grâce au développement de son bassin industriel. Au pied de la Sierra Madre, Monterrey et 5 millions d’habitants n’ont plus d’eau. Une partie des robinets de la ville se sont coupés, il y a des mois.

La sécheresse exceptionnelle de cette année est responsable, bien sûr, mais pas seulement… Le Mexique paye aussi les erreurs de sa gestion et un manque de conscience de l’importance du précieux liquide. La détresse de la population oblige l’État à réagir et débloquer d’importants moyens pour répondre à l’urgence, mais les solutions trouvées sont-elles viables au long terme ?

« Demain, le Mexique aurait-il encore de l’eau ? », c’est un Grand reportage de Gwendolina Duval.

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Après le déclin industriel en France, ce qu’on appelle les friches, ces terrains laissés à l’abandon, font l’objet d’un regain d’intérêt. Et pour cause, la loi « climat et résilience » met un coup de frein à l’étalement urbain quand on sait que 20 à 30 000 hectares d'espaces naturels, agricoles ou forestiers sont construits, chaque année, et c’est l’une des premières causes du changement climatique, de l'érosion et de la perte de biodiversité. 

« France : la réhabilitation des friches industrielles », un Grand reportage d’Ariane Gaffuri.

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Après le déclin industriel en France, ce qu’on appelle les friches, ces terrains laissés à l’abandon, font l’objet d’un regain d’intérêt. Et pour cause, la loi « climat et résilience » met un coup de frein à l’étalement urbain quand on sait que 20 à 30 000 hectares d'espaces naturels, agricoles ou forestiers sont construits, chaque année, et c’est l’une des premières causes du changement climatique, de l'érosion et de la perte de biodiversité. 

« France : la réhabilitation des friches industrielles », un Grand reportage d’Ariane Gaffuri.

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Après le déclin industriel en France, ce qu’on appelle les friches, ces terrains laissés à l’abandon, font l’objet d’un regain d’intérêt. Et pour cause, la loi « climat et résilience » met un coup de frein à l’étalement urbain quand on sait que 20 à 30 000 hectares d'espaces naturels, agricoles ou forestiers sont construits, chaque année, et c’est l’une des premières causes du changement climatique, de l'érosion et de la perte de biodiversité. 

« France : la réhabilitation des friches industrielles », un Grand reportage d’Ariane Gaffuri.

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Les travaux d’un projet pétrolier Tilenga/EACOP en Ouganda sont lancés. Ce projet est opéré par un consortium d’entreprises ougandaise, chinoise et française. TotalEnergies y est majoritaire. C’est un projet de 10 milliards de dollars qui prévoit l’extraction du pétrole sur les abords du lac Albert et la construction d’un pipeline chauffé de plus de 1 443 kilomètres pour l’exporter via la Tanzanie.  

Des défenseurs des droits de l’homme et de l’environnement ont lancé une campagne pour mettre fin à ce projet #StopEACOP. Face aux nombreuses critiques et pressions, TotalEnergies a décidé pour la première fois d’ouvrir ses chantiers en Ouganda à la presse. 

« TotalEnergies en Ouganda, un projet pétrolier à l’heure du dérèglement climatique », un Grand reportage de Charlotte Cosset.

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Les travaux d’un projet pétrolier Tilenga/EACOP en Ouganda sont lancés. Ce projet est opéré par un consortium d’entreprises ougandaise, chinoise et française. TotalEnergies y est majoritaire. C’est un projet de 10 milliards de dollars qui prévoit l’extraction du pétrole sur les abords du lac Albert et la construction d’un pipeline chauffé de plus de 1 443 kilomètres pour l’exporter via la Tanzanie.  

Des défenseurs des droits de l’homme et de l’environnement ont lancé une campagne pour mettre fin à ce projet #StopEACOP. Face aux nombreuses critiques et pressions, TotalEnergies a décidé pour la première fois d’ouvrir ses chantiers en Ouganda à la presse. 

« TotalEnergies en Ouganda, un projet pétrolier à l’heure du dérèglement climatique », un Grand reportage de Charlotte Cosset.

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Les travaux d’un projet pétrolier Tilenga/EACOP en Ouganda sont lancés. Ce projet est opéré par un consortium d’entreprises ougandaise, chinoise et française. TotalEnergies y est majoritaire. C’est un projet de 10 milliards de dollars qui prévoit l’extraction du pétrole sur les abords du lac Albert et la construction d’un pipeline chauffé de plus de 1 443 kilomètres pour l’exporter via la Tanzanie.  

Des défenseurs des droits de l’homme et de l’environnement ont lancé une campagne pour mettre fin à ce projet #StopEACOP. Face aux nombreuses critiques et pressions, TotalEnergies a décidé pour la première fois d’ouvrir ses chantiers en Ouganda à la presse. 

« TotalEnergies en Ouganda, un projet pétrolier à l’heure du dérèglement climatique », un Grand reportage de Charlotte Cosset.

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Le 60e anniversaire de l'indépendance de l'Algérie, c'était le 5 juillet 1962, souligne la fin de plus de 130 années de colonisation par la France. Cette politique, marquée notamment par la ségrégation des personnes dites indigènes, ne s'est pas appliquée que sur le territoire algérien. C'est une histoire peu connue que nous vous racontons aujourd'hui dans Grand reportage, celle d'une enclave coloniale sur le territoire métropolitain, à l'échelle d'un hôpital.

Dans les années 30, à Bobigny dans la banlieue nord de Paris, est créé l'hôpital franco-musulman, aujourd'hui nommé hôpital Avicenne. Son fonctionnement est un condensé de l'idéologie, en cours jusqu'en 1962 en Algérie.

« L'Hôpital Avicenne de Bobigny, un héritage colonial », une grand reportage de Marie Casadebaig.

(Rediffusion du 5 juillet 2022)

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Le 60e anniversaire de l'indépendance de l'Algérie, c'était le 5 juillet 1962, souligne la fin de plus de 130 années de colonisation par la France. Cette politique, marquée notamment par la ségrégation des personnes dites indigènes, ne s'est pas appliquée que sur le territoire algérien. C'est une histoire peu connue que nous vous racontons aujourd'hui dans Grand reportage, celle d'une enclave coloniale sur le territoire métropolitain, à l'échelle d'un hôpital.

Dans les années 30, à Bobigny dans la banlieue nord de Paris, est créé l'hôpital franco-musulman, aujourd'hui nommé hôpital Avicenne. Son fonctionnement est un condensé de l'idéologie, en cours jusqu'en 1962 en Algérie.

« L'Hôpital Avicenne de Bobigny, un héritage colonial », une grand reportage de Marie Casadebaig.

(Rediffusion du 5 juillet 2022)

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Le 60e anniversaire de l'indépendance de l'Algérie, c'était le 5 juillet 1962, souligne la fin de plus de 130 années de colonisation par la France. Cette politique, marquée notamment par la ségrégation des personnes dites indigènes, ne s'est pas appliquée que sur le territoire algérien. C'est une histoire peu connue que nous vous racontons aujourd'hui dans Grand reportage, celle d'une enclave coloniale sur le territoire métropolitain, à l'échelle d'un hôpital.

Dans les années 30, à Bobigny dans la banlieue nord de Paris, est créé l'hôpital franco-musulman, aujourd'hui nommé hôpital Avicenne. Son fonctionnement est un condensé de l'idéologie, en cours jusqu'en 1962 en Algérie.

« L'Hôpital Avicenne de Bobigny, un héritage colonial », une grand reportage de Marie Casadebaig.

(Rediffusion du 5 juillet 2022)

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Quand  les armes ne sont jamais loin de la politique : en Irak, les partis disposent de milices et, le 29 août, la crise politique s’est transformée en lutte armée. Des tirs d’obus de mortier, des affrontements à l’arme automatique dans la zone verte, la zone gouvernementale à Bagdad. Bilan : une trentaine de morts en 24 heures. Dès le lendemain, un calme relatif a été rétabli. Les deux camps qui s’affrontent depuis les législatives d’octobre dernier pour la formation du gouvernement ont levé les camps qu’ils avaient installés. Mais la rivalité, elle, demeure. Les Irakiens, eux, sont dans leur majorité indifférents à cette bataille.

Irak: un désir de changement », un grand reportage de Guilhem Delteil et Bertrand Haeckler.

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Quand  les armes ne sont jamais loin de la politique : en Irak, les partis disposent de milices et, le 29 août, la crise politique s’est transformée en lutte armée. Des tirs d’obus de mortier, des affrontements à l’arme automatique dans la zone verte, la zone gouvernementale à Bagdad. Bilan : une trentaine de morts en 24 heures. Dès le lendemain, un calme relatif a été rétabli. Les deux camps qui s’affrontent depuis les législatives d’octobre dernier pour la formation du gouvernement ont levé les camps qu’ils avaient installés. Mais la rivalité, elle, demeure. Les Irakiens, eux, sont dans leur majorité indifférents à cette bataille.

Irak: un désir de changement », un grand reportage de Guilhem Delteil et Bertrand Haeckler.

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Quand  les armes ne sont jamais loin de la politique : en Irak, les partis disposent de milices et, le 29 août, la crise politique s’est transformée en lutte armée. Des tirs d’obus de mortier, des affrontements à l’arme automatique dans la zone verte, la zone gouvernementale à Bagdad. Bilan : une trentaine de morts en 24 heures. Dès le lendemain, un calme relatif a été rétabli. Les deux camps qui s’affrontent depuis les législatives d’octobre dernier pour la formation du gouvernement ont levé les camps qu’ils avaient installés. Mais la rivalité, elle, demeure. Les Irakiens, eux, sont dans leur majorité indifférents à cette bataille.

Irak: un désir de changement », un grand reportage de Guilhem Delteil et Bertrand Haeckler.

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Le 15 août 2022 à 00h01, le dernier soldat français de la force Barkhane au Mali refermait le portail de la plateforme opérationnelle désert de Gao. Onze heures plus tard, le dernier détachement militaire franchissait la frontière avec le Niger, mettant un terme à près de dix années de présence de l’armée française dans ce pays. Quelques jours auparavant, le dernier convoi logistique quittait ce qui fut la plus grande base Opex depuis l’Afghanistan. Installée sur quelque 200 hectares, elle a accueilli jusqu’à 3 000 hommes. Notre envoyée spéciale a exceptionnellement pu se rendre sur place pour assister à ce départ. 

► Reportage photos Mounia Daoudi

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Le 15 août 2022 à 00h01, le dernier soldat français de la force Barkhane au Mali refermait le portail de la plateforme opérationnelle désert de Gao. Onze heures plus tard, le dernier détachement militaire franchissait la frontière avec le Niger, mettant un terme à près de dix années de présence de l’armée française dans ce pays. Quelques jours auparavant, le dernier convoi logistique quittait ce qui fut la plus grande base Opex depuis l’Afghanistan. Installée sur quelque 200 hectares, elle a accueilli jusqu’à 3 000 hommes. Notre envoyée spéciale a exceptionnellement pu se rendre sur place pour assister à ce départ. 

► Reportage photos Mounia Daoudi

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Le 15 août 2022 à 00h01, le dernier soldat français de la force Barkhane au Mali refermait le portail de la plateforme opérationnelle désert de Gao. Onze heures plus tard, le dernier détachement militaire franchissait la frontière avec le Niger, mettant un terme à près de dix années de présence de l’armée française dans ce pays. Quelques jours auparavant, le dernier convoi logistique quittait ce qui fut la plus grande base Opex depuis l’Afghanistan. Installée sur quelque 200 hectares, elle a accueilli jusqu’à 3 000 hommes. Notre envoyée spéciale a exceptionnellement pu se rendre sur place pour assister à ce départ. 

► Reportage photos Mounia Daoudi

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Un scandale qui a bien failli être passé sous silence au Royaume-Uni. L’histoire des postiers accusés à tort d’avoir volé de l’argent dans la caisse. La pire erreur de l'histoire judiciaire britannique récente. Des vies ruinées, certains ont connu la prison. Une affaire qui a mis 20 ans à être entièrement dévoilée. 736 femmes et hommes condamnés pour rien. Ils attendent encore des réparations. Voici leur histoire. 

(Rediffusion du 12 mai 2022)

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Un scandale qui a bien failli être passé sous silence au Royaume-Uni. L’histoire des postiers accusés à tort d’avoir volé de l’argent dans la caisse. La pire erreur de l'histoire judiciaire britannique récente. Des vies ruinées, certains ont connu la prison. Une affaire qui a mis 20 ans à être entièrement dévoilée. 736 femmes et hommes condamnés pour rien. Ils attendent encore des réparations. Voici leur histoire. 

(Rediffusion du 12 mai 2022)

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Un scandale qui a bien failli être passé sous silence au Royaume-Uni. L’histoire des postiers accusés à tort d’avoir volé de l’argent dans la caisse. La pire erreur de l'histoire judiciaire britannique récente. Des vies ruinées, certains ont connu la prison. Une affaire qui a mis 20 ans à être entièrement dévoilée. 736 femmes et hommes condamnés pour rien. Ils attendent encore des réparations. Voici leur histoire. 

(Rediffusion du 12 mai 2022)

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La date est gravée à jamais… Le 14 juillet 2016, vers 22h45, un camion blanc lancé à tout allure sur la promenade des Anglais, fonce dans la foule qui vient d’assister au feu d’artifice de la fête nationale. Dans sa course folle, le poids lourd tue 86 personnes et en blesse plus de 400. Des hommes, des femmes, mais aussi des enfants. Et puis, il y a ceux qui ont tout vu, ceux qui ont perdu un proche sous leurs yeux, ou encore ceux qui ont aidé en attendant les premiers secours.

Comment vit-on après une telle épreuve ? Est-il possible de se reconstruire ? Six ans après le drame, qu’est-ce que représente le procès qui doit débuter ce lundi, pour ceux dont la vie a basculé à jamais ?

« Attentat de Nice : paroles de victimes », un reportage de Lucie Bouteloup.

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La date est gravée à jamais… Le 14 juillet 2016, vers 22h45, un camion blanc lancé à tout allure sur la promenade des Anglais, fonce dans la foule qui vient d’assister au feu d’artifice de la fête nationale. Dans sa course folle, le poids lourd tue 86 personnes et en blesse plus de 400. Des hommes, des femmes, mais aussi des enfants. Et puis, il y a ceux qui ont tout vu, ceux qui ont perdu un proche sous leurs yeux, ou encore ceux qui ont aidé en attendant les premiers secours.

Comment vit-on après une telle épreuve ? Est-il possible de se reconstruire ? Six ans après le drame, qu’est-ce que représente le procès qui doit débuter ce lundi, pour ceux dont la vie a basculé à jamais ?

« Attentat de Nice : paroles de victimes », un reportage de Lucie Bouteloup.

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La date est gravée à jamais… Le 14 juillet 2016, vers 22h45, un camion blanc lancé à tout allure sur la promenade des Anglais, fonce dans la foule qui vient d’assister au feu d’artifice de la fête nationale. Dans sa course folle, le poids lourd tue 86 personnes et en blesse plus de 400. Des hommes, des femmes, mais aussi des enfants. Et puis, il y a ceux qui ont tout vu, ceux qui ont perdu un proche sous leurs yeux, ou encore ceux qui ont aidé en attendant les premiers secours.

Comment vit-on après une telle épreuve ? Est-il possible de se reconstruire ? Six ans après le drame, qu’est-ce que représente le procès qui doit débuter ce lundi, pour ceux dont la vie a basculé à jamais ?

« Attentat de Nice : paroles de victimes », un reportage de Lucie Bouteloup.

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C'est un marché en pleine expansion qui pèse aujourd'hui 15 milliards d'euros dans le monde, et qui est encore largement inexploité. Les algues, véritable or vert en puissance, souffrent d'une mauvaise réputation, la faute en grande partie aux marées vertes ou autres algues sargasses qui s'échouent sur les côtes. Pourtant, elles pourraient aussi apporter des solutions à de grands défis mondiaux comme la séquestration du carbone ou la faim dans le monde.

Utilisées à la fois dans les domaines de l'alimentaire, de la cosmétique, de la pharmacopée ou encore de l'agriculture, les algues constituent, aujourd'hui, un atout notamment pour la France qui est le dixième producteur mondial.

« La ruée vers l'algue », un grand reportage signé Anne Verdaguer, en Bretagne. Réalisation : Nicolas Benita.

(Rediffusion du 9 mars 2022)

► Pour aller plus loin :

  • La révolution des algues, de Vincent Doumeizel, aux éditions Équateurs

  • Les superpouvoirs des algues, de Régine Quéva, aux éditions Larousse

  • L’association Foodalgues

  • L’écomusée des Goémoniers et de l'Algue à Plouguerneau

  • France Haliotis

  • Bord à bord 

  • Neptune éléments

► Remerciements :

  • Henri Courtois de Bord à bord

  • Vincent Doumeizel

- Philippe Potin

- Régine Queva

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C'est un marché en pleine expansion qui pèse aujourd'hui 15 milliards d'euros dans le monde, et qui est encore largement inexploité. Les algues, véritable or vert en puissance, souffrent d'une mauvaise réputation, la faute en grande partie aux marées vertes ou autres algues sargasses qui s'échouent sur les côtes. Pourtant, elles pourraient aussi apporter des solutions à de grands défis mondiaux comme la séquestration du carbone ou la faim dans le monde.

Utilisées à la fois dans les domaines de l'alimentaire, de la cosmétique, de la pharmacopée ou encore de l'agriculture, les algues constituent, aujourd'hui, un atout notamment pour la France qui est le dixième producteur mondial.

« La ruée vers l'algue », un grand reportage signé Anne Verdaguer, en Bretagne. Réalisation : Nicolas Benita.

(Rediffusion du 9 mars 2022)

► Pour aller plus loin :

  • La révolution des algues, de Vincent Doumeizel, aux éditions Équateurs

  • Les superpouvoirs des algues, de Régine Quéva, aux éditions Larousse

  • L’association Foodalgues

  • L’écomusée des Goémoniers et de l'Algue à Plouguerneau

  • France Haliotis

  • Bord à bord 

  • Neptune éléments

► Remerciements :

  • Henri Courtois de Bord à bord

  • Vincent Doumeizel

- Philippe Potin

- Régine Queva

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C'est un marché en pleine expansion qui pèse aujourd'hui 15 milliards d'euros dans le monde, et qui est encore largement inexploité. Les algues, véritable or vert en puissance, souffrent d'une mauvaise réputation, la faute en grande partie aux marées vertes ou autres algues sargasses qui s'échouent sur les côtes. Pourtant, elles pourraient aussi apporter des solutions à de grands défis mondiaux comme la séquestration du carbone ou la faim dans le monde.

Utilisées à la fois dans les domaines de l'alimentaire, de la cosmétique, de la pharmacopée ou encore de l'agriculture, les algues constituent, aujourd'hui, un atout notamment pour la France qui est le dixième producteur mondial.

« La ruée vers l'algue », un grand reportage signé Anne Verdaguer, en Bretagne. Réalisation : Nicolas Benita.

(Rediffusion du 9 mars 2022)

► Pour aller plus loin :

  • La révolution des algues, de Vincent Doumeizel, aux éditions Équateurs

  • Les superpouvoirs des algues, de Régine Quéva, aux éditions Larousse

  • L’association Foodalgues

  • L’écomusée des Goémoniers et de l'Algue à Plouguerneau

  • France Haliotis

  • Bord à bord 

  • Neptune éléments

► Remerciements :

  • Henri Courtois de Bord à bord

  • Vincent Doumeizel

- Philippe Potin

- Régine Queva

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Parce qu’elles étaient enceintes et célibataires, que la honte pesait trop lourd, elles ont vécu dans des institutions religieuses. C’était en Irlande jusque dans les années 90. On leur disait qu’elles devaient payer leur dette et donc assurer de très lourdes tâches ménagères. Très souvent, elles devaient y abandonner leur enfant. 23 ans après la fermeture de la dernière Mother and Baby Homes, les survivants continuent de se battre pour faire valoir leurs droits.

« Illégitimes d’Irlande, oubliés de la République », un grand reportage d’Emeline Vin.

(Rediffusion du 21 juin 2021)

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Parce qu’elles étaient enceintes et célibataires, que la honte pesait trop lourd, elles ont vécu dans des institutions religieuses. C’était en Irlande jusque dans les années 90. On leur disait qu’elles devaient payer leur dette et donc assurer de très lourdes tâches ménagères. Très souvent, elles devaient y abandonner leur enfant. 23 ans après la fermeture de la dernière Mother and Baby Homes, les survivants continuent de se battre pour faire valoir leurs droits.

« Illégitimes d’Irlande, oubliés de la République », un grand reportage d’Emeline Vin.

(Rediffusion du 21 juin 2021)

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Parce qu’elles étaient enceintes et célibataires, que la honte pesait trop lourd, elles ont vécu dans des institutions religieuses. C’était en Irlande jusque dans les années 90. On leur disait qu’elles devaient payer leur dette et donc assurer de très lourdes tâches ménagères. Très souvent, elles devaient y abandonner leur enfant. 23 ans après la fermeture de la dernière Mother and Baby Homes, les survivants continuent de se battre pour faire valoir leurs droits.

« Illégitimes d’Irlande, oubliés de la République », un grand reportage d’Emeline Vin.

(Rediffusion du 21 juin 2021)

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Face au réchauffement climatique, les énergies renouvelables s’imposent comme l’une des solutions incontournables. Elles seront largement évoquées lors de la COP 26, du 1er au 13 novembre 2021, en Écosse. En France, le gouvernement souhaite quasiment doubler le parc éolien d’ici dix ans, objectif : passer de 8% à 15% la part de l’éolien dans production électrique nationale. Département n°1 dans l'implantation d’éoliennes : la Somme, dans le Nord, avec comme corolaire une fronde des habitants et des élus. Ils parlent de saturation de l’espace et s’opposent de plus en plus aux projets en cours.

« Dans le département de la Somme, les éoliennes n’ont plus le vent en poupe », un grand reportage de Lise Verbeke.

(Rediffusion du 1er novembre 2021)

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Face au réchauffement climatique, les énergies renouvelables s’imposent comme l’une des solutions incontournables. Elles seront largement évoquées lors de la COP 26, du 1er au 13 novembre 2021, en Écosse. En France, le gouvernement souhaite quasiment doubler le parc éolien d’ici dix ans, objectif : passer de 8% à 15% la part de l’éolien dans production électrique nationale. Département n°1 dans l'implantation d’éoliennes : la Somme, dans le Nord, avec comme corolaire une fronde des habitants et des élus. Ils parlent de saturation de l’espace et s’opposent de plus en plus aux projets en cours.

« Dans le département de la Somme, les éoliennes n’ont plus le vent en poupe », un grand reportage de Lise Verbeke.

(Rediffusion du 1er novembre 2021)

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Face au réchauffement climatique, les énergies renouvelables s’imposent comme l’une des solutions incontournables. Elles seront largement évoquées lors de la COP 26, du 1er au 13 novembre 2021, en Écosse. En France, le gouvernement souhaite quasiment doubler le parc éolien d’ici dix ans, objectif : passer de 8% à 15% la part de l’éolien dans production électrique nationale. Département n°1 dans l'implantation d’éoliennes : la Somme, dans le Nord, avec comme corolaire une fronde des habitants et des élus. Ils parlent de saturation de l’espace et s’opposent de plus en plus aux projets en cours.

« Dans le département de la Somme, les éoliennes n’ont plus le vent en poupe », un grand reportage de Lise Verbeke.

(Rediffusion du 1er novembre 2021)

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En hommage à notre confrère Toufik Benaichouche qui nous a quittés le 5 décembre 2019, nous vous proposons de redécouvrir ce Grand reportage «Le Lac Baïkal: expérience pour non-voyants», diffusé initialement le 17 avril 2017 à l’antenne et sur rfi.fr.

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Peut-on se passer de pesticides et d’engrais chimiques ? En Occident, le débat sur le glyphosate divise les agriculteurs, et certains Européens vont jusqu’à dire qu’il serait trop difficile d’éliminer tous ces intrants chimiques des champs. Pourtant, le tout biologique est possible: en Inde, un État régional, le Sikkim, a interdit, depuis 4 ans, l’utilisation de tout pesticide ou engrais chimique. La production n’a presque pas souffert, les produits sont bien meilleurs et surtout, les consommateurs en raffolent.Sikkim, l’État indien à l’agriculture 100% biologique, un Grand reportage de Sébastien Farcis.

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Comment faire la paix en Afghanistan ? C’est une question majeure dans ce pays déchiré par près de 40 ans de guerre. La semaine dernière, le président américain a annoncé que les pourparlers avaient repris entre les États-Unis et les talibans après que Donald Trump a suspendu les négociations en septembre 2019, mettant fin à plus de 10 mois de discussions à Doha au Qatar.

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La démission du président Evo Morales et la transition houleuse qui a suivi, ont révélé, en pleine lumière, les fractures de la société bolivienne. Même si la société a évolué depuis 2006, les conflits de classe et les tensions raciales n’ont pas disparu durant les mandats du premier chef d’État indigène du continent. Ce dernier s’était fait le champion de l’inclusion des peuples autochtones.

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L’afflux massif des travailleurs polonais en France après la Première Guerre mondiale est un évènement sans précédent dans l’histoire. Les deux pays signent, en 1919, une Convention qui définit les modalités de recrutement, de transport et d’embauche des Polonais.

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C’est une grande inconnue des statistiques officielles car au Proche-Orient, la démographie, c’est la guerre. Pourtant, l’émigration des jeunes Palestiniens de Gaza, mais aussi de Cisjordanie, s’accélère ces dernières années. Pris en tenaille entre la crise économique et la permanence de l’occupation israélienne, mais aussi la désintégration du mouvement national palestinien, ils sont de plus en plus nombreux à faire le choix de l’exil. Un choix qui n’est jamais anodin.

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Frontalière de la France, la région du Bade Wurtenberg est l’une des plus riches d’Allemagne, et son taux de chômage – autour de 3% en 2019 – l’un des plus bas du pays. Pour faire face à la pénurie de main d’œuvre locale, les entreprises des secteurs en tension – notamment la boulangerie, l’hôtellerie restauration et les services à la personne – emploient des demandeurs d’asile, qui peuvent travailler dès trois mois après l’enregistrement de leur demande.

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Le Venezuela vit la pire crise migratoire de son histoire. Selon l’OIM, l’Organisation internationale des migrations, au moins 4,6 millions de Vénézuéliens ont quitté leur pays depuis 2015. Ils fuient la crise économique et une inflation stratosphérique estimée par le FMI à 200 000 % en 2019. Et comme il ne s’agit pas d’un pays en guerre, la plupart de ces migrants laissent leur famille au Venezuela et tentent de leur envoyer de l’argent. Cela crée toute une génération d’enfants et de personnes âgées qui sont « laissés derrière », avec le sentiment d’être abandonnés dans leur propre pays.

Au Venezuela, les oubliés de la migration, un grand reportage de Benjamin Delille.

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Fin septembre le GIEC rendait un rapport alarmant de 900 pages sur la montée des océans et ses conséquences dramatiques pour l’humanité. Selon le groupe d’experts climat de l’ONU le niveau des mers pourrait augmenter de 1,10 mètre d’ici 2100.

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Le magazine de la rédaction nous emmène aujourd’hui au Mexique, à Ciudad Juarez, une ville située à la frontière avec les États-Unis.

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Utiliser des emballages pour fabriquer des jouets, ou alors acheter en vrac, composter, fabriquer soi-même ses cosmétiques… il y a de multiples façons d’alléger le contenu de sa poubelle.

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Avec une croissance économique et démographique soutenue, le continent africain est la région du monde qui connaît la plus forte croissance en matière de déchets. En 2016, l’Afrique subsaharienne en a généré 174 millions de tonnes, majoritairement des déchets organiques. Soit 460 grammes par habitant et par jour.

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C’est le cri de colère d’une Malaisienne. La décision de la Chine de fermer ses portes aux plastiques étrangers, début 2018, a plongé l’industrie mondiale du recyclage dans le chaos, et l’Asie du Sud-Est croule sous les rebus envoyés par l’Occident.

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Les décharges sauvages sont un problème planétaire et la France n’en est pas exempte.

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En République démocratique du Congo, la capitale fait face à de graves problèmes d’assainissement. Le nouveau gouverneur Gentiny Ngobila a lancé Kin Bopeto, Kinshasa Propre, mais les défis financiers, matériels et humains sont énormes.

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Depuis près d’un mois, le Liban est en pleine révolution. Le 17 octobre 2019, la population descend dans la rue pour protester contre le projet du gouvernement de taxer l’application WhatsApp, un nouvel impôt jugé insupportable dans un contexte économique très difficile.

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Les Sri Lankais élisent leur nouveau président ce samedi 16 novembre 2019. Parmi les 35 candidats, un homme est favori : c’est Gotabhaya Rajapaksa, frère de l’ex-président Mahinda Rajapakse.

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En France, chaque année, près de 270 000 femmes sont victimes de violences, qui peuvent aller jusqu’au meurtre : tous les deux à trois jours, une femme est assassinée par son conjoint ou son ex-conjoint.

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Le 17 novembre 2019 va marquer le trentième anniversaire de la révolution de Velours à Prague. Quelques jours après la chute du Mur de Berlin, la violente répression d’une manifestation étudiante a été suivie par une forte mobilisation populaire contre le régime communiste tchécoslovaque, qui a fini par céder.

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En Argentine, les péronistes Alberto Fernandez et Cristina Fernandez de Kirchner font leur retour à la Maison Rose.

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30 ans de la chute du Mur, après ce 9 novembre 1989 qui a surpris par sa rapidité. Très vite, c’est l’effondrement du régime et en quelques mois, deux Allemagnes qui n’en font plus qu’une.

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2019 : année internationale des langues autochtones, nous dit l'Unesco. L'occasion de mettre en avant ces langues qui ont résisté aux vagues de colonisation. Des langues souvent menacées et que les instances internationales nous appellent aujourd'hui à préserver au nom de la diversité linguistique.

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«On a perdu beaucoup de nos droits en tant que citoyens. Nous sommes dans le noir. Il y a trois semaines des tirs d'artillerie ont touché une famille qui était en train de dîner et à cause des coupures d'internet, personne ne l'a su immédiatement. Le gouvernement veut couvrir cela».

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En Bolivie, il y a les Andes et l’Amazonie. Plus de la moitié du territoire est couvert par le bassin amazonien. Des forêts tropicales que l’on a vues brûler, ces dernières semaines. Mais, les incendies ne sont pas le plus grand danger que courent les forêts boliviennes.

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Une page se tourne pour la cité Gagarine, un ensemble d’immeubles construit au début des années 60 à Ivry-sur-Seine près de Paris. Elle avait été inaugurée par le célèbre cosmonaute soviétique, premier homme dans l’espace.

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Grand reportage vous emmène aujourd’hui dans l’un des plus petits royaumes d’Afrique, le Lesotho, territoire montagneux enclavé dans l’Afrique du Sud, qui est devenu en 2017, le premier pays africain à légaliser la culture du cannabis médicinal. Le cannabis, c’est presque une tradition.

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Saviez-vous que les agriculteurs français sont obligés d'acheter, chaque année, des semences inscrites dans un catalogue officiel ? Que ce catalogue est contrôlé par l'industrie semencière, avec la bénédiction de l'État ?

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Au Pérou, l’industrie minière est non seulement la principale activité économique, mais c’est aussi la principale source de conflits. L’un des conflits miniers majeurs, c’est celui de la vallée de Tambo, située à 1.000 km au sud de Lima, la capitale péruvienne.

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Tout au long du mois, une grande campagne de communication Octobre rose est lancée en France pour sensibiliser les femmes au dépistage du cancer du sein. Pendant la maladie, elles sont accompagnées, très entourées par le milieu médical.

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Connaître ses origines, connaître le nom du donneur de gamètes qui a permis sa conception. Ce sera désormais possible pour les futurs enfants nés par PMA, grâce aux nouvelles lois de bioéthique, votées en France.

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Grand Reportage vous emmène en Uruguay qui vote, ce dimanche 27 octobre 2019, pour renouveler son Parlement et élire son nouveau président. À la faveur de chiffres alarmants, le thème de l’insécurité s’est imposé dans la campagne.

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Les Argentins votent, ce dimanche 27 octobre 2019, dans un contexte de grave crise économique et sociale, l’une des pires de l’histoire du pays. Depuis près d’un an et demi, l’inflation, la pauvreté et le chômage augmentent en flèche.

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À Moria, sur l’île grecque de Lesbos, près de 14 000 demandeurs d’asile s’entassent dans un espace prévu pour 3 000 personnes. C’est le plus grand camp de réfugiés d’Europe, il est totalement saturé. En cause, le regain de réfugiés en provenance de Turquie par la mer, depuis cet été 2019. Le camp est au bord de l’embrasement, un incendie volontaire a tué une femme, en septembre 2019.

Moria, le camp malade de l’Europe, c’est un Grand reportage de Joël Bronner.

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Le loup est réapparu en France au début des années 1990, après avoir totalement disparu pendant soixante ans. Aujourd’hui, il est désigné l’ennemi public numéro un par certains éleveurs de brebis qui manifestent, et parfois de manière virulente, pour leur droit de tirer sur les loups.

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« Moscou est un État à part, tous nos impôts partent là-bas. Ici on a la forêt, le pétrole, le gaz, on a beaucoup de richesses mais tout l'argent qu'on gagne part à Moscou.  Notre argent va à Moscou, et eux en échange, ils nous donnent leurs poubelles. »

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En Afrique du Sud, la danse est plus qu’un héritage traditionnel ou un divertissement : elle est un outil politique et contestataire, et le mouvement fait partie de la culture de la lutte.

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En Irak, les familles dont un membre a rejoint les rangs de l’État islamique sont-elles intentionnellement marginalisées par le gouvernement irakien? C'est ce que dénoncent aujourd'hui de nombreuses ONG et organisations de défense des droits de l'homme. Deux ans après la fin des conflits dans le pays, beaucoup de ces hommes, femmes, enfants, fichés «État islamique», car l'un de leurs proches a un jour rejoint l'organisation jihadiste, ne parviennent pas à obtenir des documents d'identité. Sans papiers, tout leur est refusé. Elle dénonce une mise au ban institutionnalisé, ce que les autorités réfutent.

«Irak: la vie sans papiers et sans droits des proches de l’État islamique», un Grand reportage signé Lucile Wassermann.

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Après avoir été longtemps reportés les chiffres officiels de la pauvreté en Egypte ont finalement été publiés cet été (2019). 32,5% de la population égyptienne vit sous le seuil de la pauvreté. C’est quasiment 5% de plus qu’il y a 4 ans. (cf. 27,8%). La stabilité économique était pourtant l’un des engagements d’Abdel Fattah el Sissi, élu président de la République en 2014. Le mécontentement gagne, mais au pays des Pharaons, la critique est interdite sous peine de répression féroce.«En Égypte : pas de quartier pour les pauvres», un Grand reportage de Nadia Blétry.

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« Source de Paix », c’est la nouvelle guerre d’Erdogan lancée, le 9 octobre 2019, dans le nord de la Syrie. L’objectif du président turc : chasser les miliciens kurdes de sa frontière sud, et y créer «  une zone de sécurité » pour reloger une partie des 3 600 000 Syriens réfugiés sur son sol.

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Les sondages en témoignent, les Italiens restent favorables à l’accueil des migrants et les organisations catholiques jouent un rôle crucial. Exemple avec ce centre de demandeurs d'asile, Un monde meilleur, où la coopérative Auxilium se bat pour leur insertion dans la société italienne. « Un monde meilleur » ou le modèle catholique de l’intégration des migrants, c’est un Grand reportage de Juliette Gheerbrant.

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Grand Reportage vous emmène en Pologne. Pays aux 30 millions d'électeurs qui s’apprêtent à voter dimanche, le 13 octobre 2019, pour renouveler leur Parlement. Le parti PiS, Droit et Justice, au pouvoir depuis 2015, part largement favori. Ces ultra-conservateurs dominent la campagne électorale. Comme il y a quatre ans (2015), ils promettent de généreux programmes sociaux. Ils ont aussi imposé un des thèmes majeurs de cette campagne : la défense de la famille traditionnelle. Un homme, une femme, des enfants, face à ce qu’ils appellent « l’idéologie LGBT ». La communauté lesbienne, gay, bi et trans est attaquée de toutes parts depuis plusieurs mois. Par l’Église catholique, très influente en Pologne. Par les nationalistes, qui insultent les participants aux marches des fiertés. Et donc par le PiS au pouvoir.Un Grand Reportage de Thomas Giraudeau.

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La Thaïlande, pays de taille modeste, avec 65 millions d’habitants, est pourtant le 5ème pollueur mondial des océans. Les Thaïlandais utilisent en moyenne 8 sacs plastique par jour et par personne. En plus, depuis que la Chine a interdit, en 2018, l’importation des déchets plastiques en provenance d’Europe et d’Amérique, des tonnes de poubelles sont arrivées dans la région. Aux portes des villes, des décharges monstres débordent. La faune marine se meurt. En réaction, un mouvement citoyen anti-plastique est en train d’émerger dans le pays. En première ligne de ce mouvement, on trouve la jeunesse et les moines bouddhistes. Pour ces derniers, la protection de l’environnement est aussi un devoir religieux.

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Aujourd’hui, Grand Reportage vous emmène en Guinée forestière. Aux confins du pays, à plus d’un millier de kilomètres de la capitale Conakry, non loin du Libéria et de la Côte d’Ivoire, se trouve la forêt de Ziama, 120 000 hectares de forêt classée reconnue réserve de biosphère par l’Unesco, et qui abrite les derniers spécimens d’éléphants de la région. Le « Sily », comme on le nomme en langue locale, emblème du pays et surnom de son équipe de foot, est aujourd’hui presque disparu. À Conakry, beaucoup pensent qu’il s’agit d’une légende, nos reporters sont donc partis à leur recherche. Ils vous emmènent avec eux « Sur la piste des derniers Sily », c’est un Grand reportage signé Carol Valade et Raphaël Krafft.

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Ces 9 et 10 octobre 2019, se tient à Lyon une importante conférence internationale du Fonds mondial contre le paludisme, le sida et la tuberculose, où les chefs d’États et de gouvernements doivent s’engager à augmenter le financement de la lutte contre ces trois maladies. L’une d’entre elles est généralement oubliée: c’est la tuberculose. Elle est perçue dans les pays occidentaux comme un mal d’un autre temps, et pourtant, la tuberculose est depuis trois ans la maladie infectieuse la plus meurtrière du monde, devant le sida : 10 millions de personnes sont infectées chaque année dans le monde, et 1 600 000 en meurent. Un pays est particulièrement dévasté par ce fléau : c’est l’Inde. Il compte 1/4 des cas de tuberculose dans le monde. Les autorités sont lancées dans une course infernale pour réduire son impact et lutter contre une forme encore plus dangereuse de tuberculose : celle qui résiste aux antibiotiques traditionnels. Par chance, de nouveaux médicaments viennent de voir le jour et les associations se battent pour que les patients les obtiennent avant de mourir.Tuberculose en Inde : la lutte contre un fléau oublié, c’est un Grand reportage de Sébastien Farcis.

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Comment gagner sa vie quand on est un ancien demandeur d’asile, qu’on ne parle que mal le français ? La solution vient parfois de région rurale, ainsi la Normandie où de nombreux secteurs peinent à recruter. Il s’agit d’emplois peu payés, souvent saisonniers mais, pour ces réfugiés, c’est un premier pied dans le monde du travail.

«Les réfugiés, main-d’œuvre providentielle en Normandie ?», un Grand reportage de Lou Garçon.

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C’est le plus vaste Château du Val de Loire. Et le rêve d’un roi, François 1er, qui en ordonne la construction en 1519.Symbole de puissance royale, et emblème de la Renaissance en France, Chambord fête ses 500 ans. Au programme, une exposition, de nouveaux décors, des illuminations, un colloque de l’Unesco, ou encore la mise en vente des premières bouteilles du vin de Chambord. Des projets à foison, pour faire vivre ce patrimoine. Perdu au milieu de la forêt, le château attire désormais plus d’un million de visiteurs par an. Sarah Tisseyre nous emmène le visiter.(Rediffusion du 10 juin 2019).

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En RDC, l’avortement clandestin fait des ravages. C’est même l’une des trois principales causes de mortalité maternelle dans le pays. En théorie, depuis 2018, l'accès à l’IVG s’est assoupli. Mais la réalité est tout autre. Un Grand reportage de Florence Morice.

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En Afrique du Sud, la danse est plus qu’un héritage traditionnel ou un divertissement : elle est un outil politique et contestataire, et le mouvement fait partie de la culture de la lutte.

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La Chine célèbre, ce mardi, le 70e anniversaire de la République populaire de Chine. C’était le 1er octobre 1949, Mao proclamait la naissance de la Chine communiste place Tiananmen. Des témoins se souviennent.

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Leur vie a basculé le 28 septembre 2009. C’était il y a 10 ans en Guinée, un matin de fin de saison des pluies, humide et gris. Des milliers de manifestants se retrouvent au stade du même nom à Conakry pour défier la junte militaire dirigée par Moussa Dadis Camara, qui avait un temps juré de rendre le pouvoir aux civils avant de se raviser. Des dizaines de militaires, gendarmes, milices et membres de la garde présidentielle, certains en civil investissent le stade, bouclent les issues et vident leurs chargeurs sur la foule avant de passer à l’arme blanche. 157 personnes sont tuées, 1 400 blessés et 109 femmes violées selon l’ONU. Victimes directes, responsables politiques ou simples témoins… ils racontent cette journée fatidique et ses conséquences sur leurs trajectoires personnelles. Tragédie du 28 septembre, trajectoires individuelles, c’est un Grand reportage de Carol Valade, réalisé par Ewa Piedel.

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Inondations exceptionnelles, guerre commerciale… les temps sont durs pour les fermiers américains. La dette des exploitants agricoles devrait continuer à grimper cette année, et rien ne permet d’assurer que l’immense marché chinois redevienne rapidement accessible. Pour compenser en partie leurs pertes, la Maison Blanche a octroyé une enveloppe de 28 milliards d’aide aux agriculteurs étalée sur deux ans. La profession a massivement voté pour Donald Trump en 2016, mais certains commencent à s’interroger. Guerre commerciale, les fermiers en première ligne, un Grand reportage dans le Minnesota, de notre correspondante aux États-Unis, Anne Corpet.

►Pour lire le reportage d'Anne Corpet : cliquez ici

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J-2 avant le scrutin présidentiel en Afghanistan. 9,8 millions d’électeurs seront appelés aux urnes pour élire leur futur président. Les femmes sont de plus en plus nombreuses à aller voter. L’éducation des filles reste néanmoins un défi majeur dans ce pays en guerre, depuis près de 4 décennies. Les forces gouvernementales font face aux talibans et au groupe État islamique. Les écoles de filles sont régulièrement prises pour cibles dans le pays, surtout dans les zones reculées.Près de la moitié des jeunes Afghans en âge d’être scolarisés ne le sont pas, dont une majorité de filles.

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En mai 2000, après 22 ans d’occupation, les derniers chars israéliens quittaient le sud du Liban. Dans leur retrait, les soldats de Tsahal emmenaient avec eux près de 7 000 Libanais : des miliciens et leurs familles, membres de l’Armée du Liban Sud, l’ALS, une milice supplétive israélienne.19 ans plus tard, des centaines de familles vivent séparées par une frontière infranchissable. Au Liban, le sort de ces anciens collaborateurs ravive les souffrances de l'occupation. Mais, certains de leurs proches tentent de garder contact. Grand Reportage de Nicolas Feldmann.

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Amazonie, Sibérie, Afrique centrale… cet été 2019 a été désastreux pour les grandes forêts de la planète, dans un contexte d’inquiétudes généralisées sur le changement climatique et ses conséquences. Aux portes de l’Union européenne, en Ukraine de l’Ouest, les forêts se portent aussi mal. Elles souffrent de coupes illégales depuis des années, le bois étant majoritairement destiné à l’exportation vers des États-membres de l’Union européenne. Le nouveau président Volodymyr Zelensky a juré d’y mettre un terme. Mais il a aussi promis de développer le potentiel touristique des montagnes des Carpates, qui pourrait entraîner aussi de sérieuses coupes d’arbres. Cette contradiction apparente est illustrée par un projet très controversé de nouvelle station de ski, dans le massif de Svydovets. Un Grand reportage de Sébastien Gobert.

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Dans la nuit du 20 au 21 septembre 1979, l’empereur Bokassa 1er est évincé du pouvoir par l’ancien président David Dacko, un renversement fomenté dans le plus grand secret par la France. Paris ne supporte plus le comportement de plus en plus fantasque de cet homme qui s’est auto-proclamé empereur deux ans plus tôt. En cause notamment : son rapprochement avec la Libye et sa répression féroce de manifestations étudiantes. Retour donc sur cette nuit particulière du 20 juillet 1979, avec des acteurs centrafricains et français de l’époque.«Il y a 40 ans, la chute de l’empereur Bokassa», un Grand reportage de Charlotte Cosset et de Pierre Firtion.

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Au Soudan, le 18 décembre 2018, les manifestants s’emparent des rues de Khartoum. Leur revendication principale : la chute du régime d’Omar El Béchir. Leur mot d’ordre : paix, justice et liberté. 4 mois plus tard, le président-dictateur, à la tête du pays depuis plus de 30 ans, est destitué mais les manifestants ne lâchent rien, ils réclament un gouvernement civil. À 4 500 km de là, la diaspora soudanaise en France, qui a quitté le pays pour l’oppression et la guerre, vit cette révolution avec beaucoup d’espoir, quelques craintes et la douleur d’être loin de l’histoire qui s’écrit. Réfugiés soudanais en France : exil, intégration et révolution.(Rediffusion du 8 mai 2019).

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Sauver des villages abandonnés en intégrant des demandeurs d’asile : c’est le pari fait par plusieurs villages de Calabre, certains dès la fin des années 90. Surnommée « la ville des migrants », la localité de Riace a notamment accueilli jusqu’à 600 personnes, pour quelque 2 000 habitants. Une expérience brutalement interrompue en octobre 2018 avec l’arrestation du maire de la ville, Domenico Lucano. Mis en examen à la suite de soupçons d'aide à l'immigration illégale et d’irrégularités dans l’octroi de subventions, il est depuis assigné à résidence hors de Riace. À trois kilomètres de là, la localité de Camini accueille toujours 90 personnes étrangères, majoritairement des réfugiés syriens, et multiplie les projets. Un modèle aujourd’hui en sursis, alors que l’actuel Système de protection pour demandeurs d’asile et réfugiés se termine à la fin de l’année. Un Grand reportage de Pauline Bandelier.

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C’est une grande inconnue des statistiques officielles car au Proche-Orient, la démographie, c’est la guerre. Pourtant, l’émigration des jeunes Palestiniens de Gaza, mais aussi de Cisjordanie, s’accélère ces dernières années. Pris en tenaille entre la crise économique et la permanence de l’occupation israélienne, mais aussi la désintégration du mouvement national palestinien, ils sont de plus en plus nombreux à faire le choix de l’exil. Un choix qui n’est jamais anodin.

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C’était une première dans l’histoire d’Israël. Le 29 mai 2019, Benyamin Netanyahu avait échoué à former un gouvernement et fait voter la dissolution de la Knesset, (le Parlement), pourtant élue un mois et demi plus tôt. La crise est née du refus d’un de ses alliés, Avigdor Liberman, d’entrer dans sa majorité : il dénonçait les concessions faites au parti religieux, notamment sur une réforme du service militaire visant à incorporer plus de juifs ultra-orthodoxes. Pour la seconde fois, en cinq mois, les électeurs israéliens votent ce mardi 17 septembre 2019. Et les rapports entre l’État et la religion se sont imposés comme un des thèmes de la campagne.« En Israël, la place de la religion est contestée », c’est un Grand reportage de Guilhem Delteil.

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Au-delà du drame environnemental, la multiplication des feux en Amazonie menace également la vie des tribus autochtones qui peuplent cette forêt. Depuis son élection, le président brésilien Jair Bolsonaro encourage ouvertement l'exploitation des terres amazoniennes au détriment des droits des indigènes. Un discours qui attise les tensions. Les affrontements entre agriculteurs, orpailleurs et peuples indigènes sont de plus en plus fréquents. Un défenseur de la cause indigène a d’ailleurs été tué, au début du mois de septembre 2019. Face à cette situation, les femmes indigènes tentent elles aussi de s'organiser pour faire entendre leur voix. Direction l'État de Rondonia proche de la frontière bolivienne.

«Défense de l'Amazonie, le combat des guerrières indigènes», un Grand reportage d'Oriane Verdier. Réalisation : Ludivine Amado.

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Manger les tortues marines et en particulier la tortue-luth, aujourd’hui, c’est interdit.La tortue-luth fréquente tous les océans de la planète, mais sa survie est gravement menacée par le braconnage, les filets de pêche, la pollution et l'urbanisation du littoral. Elle figure sur la liste de l'UICN des espèces en voie de disparition. Mais en Guyane française, le Plan de Restauration Tortues Marines élaboré à partir de 2007, puis le Plan National d’Action Tortues Marines à partir de 2014, ont permis de voir les grandes et majestueuses tortues revenir pondre sur les plages de Guyane.Les pêcheurs ne mangent donc plus de tortues, bien au contraire, ils sont devenus des acteurs importants de leur protection.

«Guyane: une escale protégée pour les tortues marines», un Grand reportage d’Agnès Rougier, réalisé par Pierre Chaffanjon.

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Le chantier du château fort de Guédelon offre aux visiteurs un saut dans le temps. Sa construction nous ramène au XIIIème siècle en pleine forêt au cœur de la Bourgogne. Depuis maintenant 21 ans, des artisans construisent l’édifice avec les gestes et les techniques employés sous le règne de Philippe Auguste. Ils sont près d'une centaine à participer à ce projet fou. Ouvert au public, le chantier passionne les visiteurs car il reste à ce jour une expérience unique au monde. Le château de Guédelon, un livre d'histoire à ciel ouvert. Authentique château médiéval au XXIème siècle, un Grand reportage de Patricia Lecompte.

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Grand reportage est à Lampedusa, nous sommes le 20 août 2019, à 23h, l’odyssée de l’Open Arms est terminée. Après 19 jours d’attente, le navire humanitaire espagnol peut enfin entrer dans le port de la petite île sicilienne. À son bord, il reste 83 migrants sur les 147 secourus lors de trois opérations distinctes. Les mineurs non accompagnés, les femmes enceintes, les personnes malades avaient tous déjà pu descendre. La justice italienne avait autorisé le navire à entrer dans les eaux territoriales, mais le ministre de l'Intérieur, en pleine crise politique, avait entamé un bras-de-fer. C'est un procureur de Sicile qui y met fin. Ce mardi 20 août 2019, il monte à bord, et devant l'urgence de la situation sanitaire, il ordonne le débarquement immédiat et place le navire sous séquestre.

L’interminable errance des migrants de l’Open Arms, un reportage de Juliette Gheerbrant, réalisé par Pierre Chaffanjon.

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La montée en puissance de l'escadron de drones 1/33 Belfort et de son appareil le Reaper a justifié la récente création d'une escadre dite de surveillance, de reconnaissance et d'attaque, sur la base aérienne de Cognac dans le sud-ouest de la France. RFI a pu pénétrer dans l'une des stations de pilotage et d'exploitation du drone Reaper. Plus gros drone des forces aériennes françaises, il est exploité quotidiennement au Sahel pour lutter contre les groupes terroristes. Visite guidée avec les aviateurs les plus régulièrement en mission avec les forces françaises. Le drone Reaper : une révolution dans le renseignement aérien tricolore, c'est un Grand reportage de Franck Alexandre.

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Grand reportage vous emmène aujourd’hui dans l’un des plus petits royaumes d’Afrique, le Lesotho, territoire montagneux enclavé dans l’Afrique du Sud, qui est devenu en 2017, le premier pays africain à légaliser la culture du cannabis médicinal. Le cannabis, c’est presque une tradition. Depuis des siècles, le peuple Sotho fait pousser la marijuana, que l’on appelle localement la « matékoané » en langue Sotho. Le gouvernement en a fait l’un de ses axes de développement. Le Lesotho, pionner africain du cannabis, un Grand reportage de Noé Hochet-Bodin.

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Nous allons dans les campagnes françaises. Ces territoires ruraux qui se vident. Les derniers chiffres de recensement (2016) révélés par l'Insee, début janvier 2019, le démontrent. La France connaît un second épisode « d'exode rural ». La quasi-totalité des 15 000 communes rurales ou isolées de France sont rongées par la dévitalisation de leur centre. Le mouvement des « gilets jaunes » a fait rejaillir ce problème. Ils l'ont répété sur les ronds-points, notamment dans les zones rurales : ils ont le sentiment d'être « abandonnés ». 

Nous sommes allés dans le département de l'Indre, dans le centre de la France. Ce sentiment d'abandon y est très fort. Que ce soit dans le centre-ville d'Issoudun, sous-préfecture, qui peine à retrouver son dynamisme, dans le village de Paudy où le dernier commerce peut baisser le rideau d'un jour à l'autre, ou dans la petite ville du Blanc où la maternité a récemment fermé malgré une lutte acharnée des habitants pour la sauvegarder.

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Les manifestants ont fait plier Carrie Lam. La Première ministre de Hong Kong a retiré le projet de loi qui a attisé la colère des manifestants depuis trois mois. Un texte qui aurait permis l’extradition de suspects vers la Chine continentale. Mais ce geste suffira-t-il à calmer la colère des jeunes ? Car leurs revendications se sont élargies à mesure que les violences policières s’abattaient sur eux. Hong Kong, jeunesse rebelle, un grand reportage signé Aabla Jounaïdi.

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Grand reportage vous emmène au contact de ces migrants, rescapés de la traversée meurtrière de la Méditerranée. RFI est allée rencontrer des survivants, ceux qui ont passé des semaines, des mois, parfois des années dans les centres de détention en Libye. Là-bas, ils ont dû tout supporter : humiliations, exploitation, violences extrêmes. Pour certifier les tortures qu’ils ont subies, mais aussi pour guérir les cicatrices qu’elles ont laissées, en Sicile, des professionnels de santé italiens ont appris à mettre des mots sur l’indicible. « Migrants en Libye, les traces de la torture », un grand reportage de Cécile Debarge.

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RFI est aujourd’hui au Mexique, à l’écoute de ces femmes victimes de violences dans la rue, dans les transports, au travail, mais aussi et peut être surtout, chez elles. La violence conjugale, 43% des Mexicaines en sont victimes. On compte neuf féminicides par jour dans l’indifférence générale. « Violences conjugales au Mexique, un drame invisible », un grand reportage d’Alix Hardy à Mexico.

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Venise, la ville mythique, suffoque sous le poids du tourisme et la colère gronde. Récemment, un nouveau problème est apparu, un nouveau fléau, disent les plus mécontents. Ce sont ces immenses bateaux de croisière, parfois hauts comme des immeubles, qui défilent devant la place Saint-Marc. En juin, l’un de ces paquebots a d’ailleurs heurté un quai. Tourisme, Venise sous-perfusion toxique, un grand reportage de Pauline Gleize.

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Avec la consommation galopante de nouvelles technologies au quotidien combinée à l'obsolescence programmée, les déchets électroniques sont en plein boom. Dans les pays développés, le recyclage reste un procédé coûteux. L'exportation vers le Ghana est, pour certains, une solution à bas coût ; pour d'autres, un trafic juteux. La convention de Bâle interdit pourtant, depuis 1989, d'exporter ces déchets vers des pays tiers. Mais au Ghana, ce sont en moyenne 40 000 tonnes de déchets électroniques qui arrivent illégalement chaque année.

Ces télévisions obsolètes ou tablettes défectueuses finissent leur vie en banlieue d'Accra. Agbogbloshie, avec son ambiance post-apocalyptique, est la plus vaste décharge de déchets électroniques au monde. Selon l'ONG écologiste Blacksmith Institute, Agbogbloshie est la zone la plus polluée au monde, devant Tchernobyl. Ce recyclage informel fait vivre des milliers de chiffonniers modernes, mais les tue à petit feu.

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La Côte d’Ivoire a longtemps été une terre de transit et de destination pour les migrants. 25% de sa population est constituée d’étrangers. Depuis quelques années, elle est aussi devenue une terre de départ pour les migrants, en quête d’un avenir meilleur en Europe. Ce phénomène de migration clandestine s’est accentué depuis 2015, et a connu un pic de départ en 2016 avec autour de 13 000 personnes, se réclamant de la nationalité ivoirienne arrivant illégalement en Italie.

En Côte d’Ivoire, les trois quarts de la population ont moins de 35 ans. Le pays connaît, depuis 2012, des taux de croissance mirobolants (7,4% en 2018), et pourtant les jeunes des classes populaires ne cessent de rêver d’un eldorado européen fantasmé, qui s’oppose dans leur esprit à un avenir bouché, à l’absence de perspective dans leur pays.

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En France, comme ailleurs dans les pays riches, les grandes surfaces alimentaires -en clair, les supermarchés - sont en pleine mutation. Les comportements et les exigences des consommateurs changent, les technologies évoluent, la concurrence s'élargit, les grandes enseignes sont donc obligées de s'adapter. De nouveaux acteurs sont également apparus, ces dernières années, notamment dans les filières bio ou équitables. Eux aussi évoluent et font preuve d'innovation.

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En février 2019, de violentes manifestations ont éclaté en Haïti. Pendant 11 jours, cette mobilisation, baptisée « opération pays lock » (« pays bloqué »), a paralysé l'ensemble des activités économiques et commerciales. À travers tout le pays, des citoyens protestaient - assiettes vides à la main - contre la corruption et la vie chère. Et pour cause : fin février 2019, le taux d'inflation a passé la barre des 17%, un record en 10 ans. À la flambée des prix s'ajoute la dévaluation de la monnaie nationale, la gourde, face au dollar américain. Cette conjoncture économique a de lourdes conséquences sur le quotidien des Haïtiens. Toute la société en est affectée. «Haïti : quand la vie devient trop chère», un grand reportage de Stefanie Schüler et Marc Kingtoph Casimir.

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Taxer la plus-value lors de la revente de la résidence principale... La proposition a été lancée par un citoyen, lors du grand débat initié par l’exécutif en pleine crise des « gilets jaunes ». Bien qu'il ne s'agisse pour le moment que d'une piste de travail, cette éventualité effraye aussi bien les professionnels de l’immobilier que les propriétaires.

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Les marches pour le climat se sont multipliées, ces derniers mois, dont certaines à l'initiative de lycéens et d'étudiants. Mais, parmi les premiers à se rendre compte des aléas de la météo, figurent les agriculteurs. Dans la plaine du Pô et, en particulier entre Milan et Turin où est produite la majeure partie du riz italien, ils sont parfois confrontés à des périodes de sécheresse. Cet hiver n'a pas été pluvieux et les réserves d'eau n'ont pas pu se faire à cette période. Depuis, la région a bien reçu des précipitations, mais cela ne suffit pas à rassurer tout le monde et, en particulier, les consortiums d'irrigation.

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Le grand reportage d'aujourd'hui nous emmène en Colombie pour parler du cannabis médical. Son usage thérapeutique a été légalisé, il y a deux ans, en 2017. Depuis, le marché n'a cessé de croître. On parle d'un marché mondial juteux, dont la valeur est estimée à 11 milliards de dollars en 2015, et devrait atteindre les 54 milliards en 2025. La Colombie pourrait devenir le premier producteur mondial dans les années à venir.On fait le point sur un marché en pleine croissance, avec nos correspondantes à Medellin, Najet Benrabaa et Sarah Nabli. Elles ont visité une des plus grosses compagnies productrices de cannabis médical, et la première a avoir obtenu les licences d'exploitation, l'entreprise colombo-canadienne Pharmacielo.Vous entendrez également le témoignage des patients qui utilisent la marijuana médicinale.

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L’Unesco songe à retirer le Mont Nimba, le point culminant ouest-africain avec ses 1 752m d’altitude, de la liste du patrimoine mondial en péril. La montagne, située à la frontière ivoiro-guinéenne figure dans cette liste depuis 1992, en raison de l'important braconnage et des exploitations minières qu'elle subit, du côté ivoirien et du côté guinéen. Mais aujourd'hui, la réserve naturelle, riche d'une grande zone écologique et couverte de forêts denses classées, se porte mieux du côté ivoirien, grâce notamment au travail des agents de l’Office Ivoirien des Parcs et des Réserves (OIPR) et des communautés villageoises. Une protection rare dans un pays qui a déforesté 90% de ses forêts en 50 ans. Le Mont Nimba, un joyau sous haute protection, un grand reportage de Youenn Gourlay.

Rediffusion du 24 juin 2019.

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Grand Reportage nous emmène aujourd'hui au Sénégal, en Casamance. Les 3 régions de Ziguinchor, Sédhiou, Kolda ont été durement touchées par le conflit entre l'État sénégalais et les indépendantistes du MFDC, le Mouvement des Forces démocratiques de Casamance. Aujourd'hui encore, le processus de paix n'est pas achevé. Durant les premières années du conflit jusqu'en 1998, l'armée comme les rebelles ont posé des mines sur tout le territoire. Les engins explosifs ont fait près d'un millier de victimes, en grande majorité, des civils. Des opérations de déminage ont été menées ces dernières années, mais elles ne sont pas terminées. Il reste près d'un tiers de la région à déminer. Un déminage par à-coups donc, qui a repris depuis la fin du mois de février 2019.

(Rediffusion du 23 mai 2019)

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L’environnement se porte mal, les différents rapports sur l’état de la biodiversité et du climat le montrent. Il faut donc le défendre, et l’un des moyens est la justice. Ces derniers temps, des retentissants procès climat se multiplient en Europe et dans le monde : ce sont les ONG et les citoyens qui initient ces actions. Mais, certains États renforcent également les moyens de la justice en faveur de la nature : l’Espagne s’est dotée dès 2006 d’un Parquet de l’environnement - avec la Suède, c’est le seul pays de l’Union européenne à l’avoir fait. Grâce à ces procureurs spécialisés et la police espagnole de l'environnement, les criminels sont mieux poursuivis.(Rediffusion du 20 juin 2019).

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Cette année, le manga bénéficiera d’une place de choix au 46e Festival international de la bande dessinée qui s’ouvre, ce jeudi 24 janvier 2019, à Angoulême. La surface d’exposition double pour les éditeurs avec 2 500 mètres carrés dédiés à la bande dessinée japonaise et la venue de six mangakas, les auteurs nippons. Une reconnaissance attendue depuis longtemps par les éditeurs. Un peu plus d’une bande dessinée sur trois vendue en France est un manga. L’Hexagone est même le deuxième pays consommateur de mangas, après le Japon. La France, l’autre pays du manga, c’est un grand reportage de Sophie Torlotin.

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Au Soudan, le 18 décembre 2018, les manifestants s’emparent des rues de Khartoum. Leur revendication principale : la chute du régime d’Omar El Béchir. Leur mot d’ordre : paix, justice et liberté. 4 mois plus tard, le président-dictateur, à la tête du pays depuis plus de 30 ans, est destitué mais les manifestants ne lâchent rien, ils réclament un gouvernement civil. À 4 500 km de là, la diaspora soudanaise en France, qui a quitté le pays pour l’oppression et la guerre, vit cette révolution avec beaucoup d’espoir, quelques craintes et la douleur d’être loin de l’histoire qui s’écrit. Réfugiés soudanais en France : exil, intégration et révolution.(Rediffusion du 8 mai 2019).

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C’est le plus vaste Château du Val de Loire. Et le rêve d’un roi, François 1er, qui en ordonne la construction en 1519.Symbole de puissance royale, et emblème de la Renaissance en France, Chambord fête ses 500 ans. Au programme, une exposition, de nouveaux décors, des illuminations, un colloque de l’Unesco, ou encore la mise en vente des premières bouteilles du vin de Chambord. Des projets à foison, pour faire vivre ce patrimoine. Perdu au milieu de la forêt, le château attire désormais plus d’un million de visiteurs par an. Sarah Tisseyre nous emmène le visiter.(Rediffusion du 10 juin 2019).

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C’était il y a un an… Trois associations italiennes, la Caritas, l’association Gandhi, la Communauté Sant’Egidio ont inauguré le premier couloir humanitaire entre l’Éthiopie et l’Italie. En 2018, il a permis l’arrivée de 500 réfugiés érythréens, sud-soudanais et somaliens qui vivaient dans des camps de réfugiés le plus souvent. Au-delà d’un voyage sûr et légal, le projet prévoyait un parcours d’intégration d’une durée d’un an. Au total 106 familles et 90 personnes seules ont été réparties dans 87 villes du nord au sud de l’Italie. Depuis leur arrivée, l’objectif du couloir humanitaire était clair : donner aux réfugiés les outils de devenir autonomes en un an afin qu’ils volent ensuite de leurs propres ailes. Un objectif ambitieux, dont les résultats ont été disparates tant les scénarios ont été nombreux et variés. Que sont devenus ces réfugiés ? Quelles ont été leurs difficultés ? Quel bilan tirer de cette expérience pionnière ? Cécile Debarge les a rencontrés à Sorrente et à Catane. Migrants, un an après le couloir humanitaire, c’est un Grand reportage de Cécile Debarge.(Rediffusion du 5 juin 2019).

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Grand reportage nous emmène aujourd’hui au Liban, sur les pas de réfugiés palestiniens. Ils sont officiellement près de 175 000 à vivre dans des camps, et sont les victimes à la fois de discriminations au Liban et de l’absence de solution politique sur la scène internationale, bien que l’ONU ait sanctionné le droit au retour des Palestiniens qui ont été chassés de leurs terres en 1948, lors de la création d’Israël, ainsi que de leurs descendants. S’il y a un domaine où se voient ces inégalités, c’est celui de la santé. Un cas avait bouleversé l’opinion, l’hiver dernier : la mort d’un petit enfant qui souffrait d’une tumeur, il n’avait pas pu être admis à temps dans une unité de soins intensifs. Au Liban, les Palestiniens dépendent de l’UNRWA, l’agence des Nations unies pour ces réfugiés de Palestine, et du Croissant-Rouge palestinien, pour avoir accès aux soins.. Mais, ces institutions sont sous pression financière. Se soigner ressemble souvent à un parcours du combattant.(Rediffusion du 4 juin 2019).

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C’est la plus grande incarcération de masse du XXIème siècle : au Xinjiang dans l’extrême ouest de la Chine, près d’un million d’Ouïghours – une minorité turcophone et musulmane – sont détenus dans des camps de rééducation, selon l’ONU. Washington n’hésite plus à appeler ces centres entourés de barbelés des « camps de concentration », et estime que le nombre de détenus pourrait avoisiner les 3 millions. Au nom de la lutte antiterroriste, une véritable purge s’opère au Xinjiang, où la Chine a instauré un système de surveillance totalitaire pour contrôler les Ouïghours. Mais, la répression qui s’abat sur la région ne s’arrête pas aux frontières. Pékin traque la minorité aussi ailleurs dans le monde et jusqu’en France, où près d’un millier de Ouïghours se sont exilés. Harcèlements, menaces, disparitions : les Ouïghours de France vivent dans la peur. Un Grand reportage d’Heike Schmidt.(Rediffusion du 28 mai 2019).

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En 2017, la présidence estonienne du Conseil n’est pas parvenue à faire adopter un cadre commun sur la gestion des sols arables en Europe. La plupart des pays membres ayant préféré garder leurs stratégies nationales. Ils devraient pourtant regarder du côté de leur petit voisin du nord-est de l'Europe. Sortie de l'ère collectiviste en 1991, l'Estonie avec son million 300 000 habitants a dû s'adapter à l'économie du marché. Paradoxalement, cette période difficile a permis aux sols de se reposer après l'agriculture intensive du passé.(Rediffusion du 27 mai 2019)

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RFI vous emmène dans le nord de la Birmanie, une région confrontée au problème de la drogue… Le pays est le 2ème producteur au monde d’opium, après l’Afghanistan, et surtout l’un des plus gros producteurs de méthamphétamines. Dans l’État Kachin, une région frontalière avec la Chine, où les combats ont repris en 2011 entre l’armée birmane et les rébellions ethniques, la consommation de drogue y est extrêmement élevée. Un véritable défi sanitaire, en raison du développement des épidémies comme le VIH, et à cause d’un accès aux soins difficile. Tout cela dans un pays où les usagers de drogue sont très fortement stigmatisés, où la politique très répressive criminalise les petits consommateurs. Le nord de la Birmanie face au fléau de la drogue, c’est un Grand reportage de Sarah Bakaloglou.(Rediffusion du 30 mai 2019)

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Grand Reportage nous emmène dans l'ouest de l'Irlande... une terre agricole multiséculaire, mais où la colère gronde depuis des mois. La colère des éleveurs de vaches allaitantes. Le secteur bovin irlandais n'a jamais autant produit, ni jamais autant exporté. Mais ces fermiers, souvent à la tête de petites exploitations, s'estiment lésés au profit des industriels qui, selon eux, concentreraient les revenus du secteur. Ajoutez à cela les incertitudes liées au Brexit et à l'avenir du commerce mondial, et la coupe est pleine pour les éleveurs.(Rediffusion du 24 mai 2019).

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Grand Reportage nous emmène aujourd'hui au Sénégal, en Casamance. Les 3 régions de Ziguinchor, Sédhiou, Kolda ont été durement touchées par le conflit entre l'État sénégalais et les indépendantistes du MFDC, le Mouvement des Forces démocratiques de Casamance. Aujourd'hui encore, le processus de paix n'est pas achevé. Durant les premières années du conflit jusqu'en 1998, l'armée comme les rebelles ont posé des mines sur tout le territoire. Les engins explosifs ont fait près d'un millier de victimes, en grande majorité, des civils. Des opérations de déminage ont été menées ces dernières années, mais elles ne sont pas terminées. Il reste près d'un tiers de la région à déminer. Un déminage par à-coups donc, qui a repris depuis la fin du mois de février 2019.

(Rediffusion du 23 mai 2019)

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À quelques semaines des élections européennes, on va faire un tour en Italie, où le parti du ministre de l'Intérieur italien Matteo Salvini a le vent en poupe. La Ligue (qui s'appelait, il y a quelques mois encore, la Ligue du Nord) a ces derniers mois obtenu des résultats inédits aux élections régionales anticipées, notamment dans le sud de l'Italie. Partout il a doublé, voire triplé ses scores par rapport aux élections nationales, d'il y a seulement huit mois.

En Basilicate, une région de l'extrême Sud située entre la Calabre et les Pouilles, la Ligue est devenue ainsi la première force de droite, au sein d'une coalition qui a permis de faire tomber l'un des derniers bastions de la gauche italienne, et d'avancer sur un territoire jusque-là chasse gardée du Mouvement 5 étoiles, le parti anti-système avec qui la Ligue gouverne au niveau national. Grand reportage de Carlotta Morteo.(Rediffusion du 2 mai 2019).

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Nous partons aujourd'hui en Afghanistan, sur les terres du Wakhan. Des cols qui culminent à plus de 5 000 mètres d'altitude, des moutons Marco Polo  reconnaissables par leurs cornes en spirale, des maisons en terre ou des yourtes. Les montagnes du Pamir, où se trouve le corridor du Wakhan en Afghanistan, sont mythiques. C'est là que vivent les communautés wakhi et kirghize. Le Wakhan est l'exception afghane. Le conflit afghan n'a pas pénétré sur ses terres, mais si la population est préservée, son isolement est son principal ennemi de survie.(Rediffusion du 1er mars 2019)

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Depuis des années, l'actualité est ponctuée de naufrages tragiques, en Méditerranée. Cette mer est devenue un cimetière, mais un cimetière d'anonymes. En Italie, une femme cherche à connaître l'identité de chaque noyé. Cristina Cattaneo est médecin légiste à Milan... elle a écrit un livre sur son travail, Naufragés sans visage. En France, il sortira en septembre 2019 chez Albin Michel.Franceline Beretti est allée à la rencontre de son équipe au service des morts.(Rediffusion du 19 mars 2019).

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Le 9 avril 2019, se tiendront des élections en Israël, l’occasion de découvrir l’un des phénomènes migratoires les plus surprenants de ces dernières années : l’apparition d’une communauté israélienne à Berlin, en Allemagne.La ville fut la capitale du régime nazi, qui causa la mort de 6 millions de Juifs européens pendant la Seconde Guerre mondiale.Impensable, il y a encore quelques années : des milliers d’Israéliens se sont établis à Berlin où leur présence est visible, notamment dans la vie artistique ou culinaire de la capitale allemande.

(Rediffusion du 4 avril 2019).

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Àl’occasion de la Journée internationale de la Francophonie, RFI vous emmène au Vietnam. Un pays où le français a certes perdu du terrain ces dernières années, mais où les échanges scolaires avec les pays francophones se multiplient et redonnent le sourire aux amoureux de la langue de Molière. Exemple avec ce jumelage entre le Lycée Hanoi-Amsterdam et le Lycée Louis Le Grand à Paris, deux établissements d’excellence notamment dans les matières scientifiques. Pour les meilleurs élèves vietnamiens, le choix du français est désormais perçu comme un tremplin vers de brillantes études à l’étranger.

Remerciements : Un grand merci aux directions des Lycées Hanoï-Amsterdam et Louis Le Grand, à la Fondation Odon Vallet, ainsi qu’aux différents services de l’Ambassade de France à Hanoï qui nous ont aidés à réaliser ce reportage.   

(Rediffusion du 20 mars 2019).

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Le troisième volet de notre série de reportages sur les services publics en France, est aujourd'hui dédié à la santé. Au sein de l'Hôpital public, les urgences sont souvent perçues comme le meilleur symbole de l'universalité de l'accès aux soins. Et dans le même temps, les professionnels ne cessent d'alerter sur une saturation croissante des services qui peut mettre en danger la vie des patients. En banlieue parisienne, le Centre hospitalier intercommunal de Créteil tente de trouver des solutions pour désengorger ces urgences.(Rediffusion du 13 mars 2019).

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Le Vatican organise une conférence sur les viols et agressions sexuelles commis au sein du clergé. Aux États-Unis, le scandale a particulièrement touché la Pennsylvanie. Selon le rapport d’un grand jury rendu public l’été 2018, 301 prêtres se sont rendus coupables d’agressions sexuelles, au cours des 70 dernières années. Au moins mille victimes ont été recensées, mais beaucoup se terrent encore dans le silence. Pendant des décennies, les diocèses de l’État ont dissimulé les preuves de ces crimes dans des archives secrètes, organisé le transfert des prêtres accusés d’agressions de paroisse en paroisse, afin d’éviter les poursuites. Aujourd’hui, les victimes réclament justice.«Agressions sexuelles, le terrible péché de l’église catholique», un Grand reportage en Pennsylvanie, signé Anne Corpet.(Rediffusion du 20 février 2019).

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À Phnom Penh, il s’est longtemps installé à tous les coins de rues, dans l’attente de clients ou de marchandises à transporter.Le tuktuk cambodgien, sorte de calèche attelée à une moto, est devenu un mode de transport emblématique au Cambodge… Mais aujourd’hui, il déserte les rues de la capitale au profit des voitures, mais surtout au profit des rickshaws.Des tricycles motorisés indiens, mis en avant par les applications de transports qui se sont multipliées.Une évolution coûteuse pour les 10 000 chauffeurs de tuktuk estimés de la capitale cambodgienne, dont les revenus ont déjà été entamés par la concurrence.

Tuktuk, véhicule cambodgien en voie de disparition ?, un Grand reportage de Juliette Buchez, réalisation de Pierre Chaffanjon.

(Rediffusion du 27 février 2019).

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En faillite en 2010, le Portugal est aujourd’hui dans le peloton de tête des pays européens avec des taux de croissance et de chômage meilleurs que la France ou l’Allemagne. Ce petit pays de 10 millions d’habitants qui a connu, comme la Grèce, la tutelle de la troïka et les mesures d’austérité, s’est redressé de manière spectaculaire grâce au tourisme, aux retraités européens attirés par des mesures fiscales incitatives, mais surtout grâce au dynamisme des jeunes entrepreneurs portugais et étrangers, l’esprit start-up à Lisbonne.