Si loin si proche: Recent Episodes

France Médias Monde

Explorez toutes les facettes de la planète avec l'oeil et la sensibilité d'un voyageur curieux. Cette émission de reportages, produite par Ludovic Dunod et Céline Develay-Mazurelle, et présentée par Céline Develay-Mazurelle invite à parcourir le monde, au fil des rencontres, et la France par les chemins de traverse. 48 minutes 30 pour voir le monde avec les oreilles ! *Diffusions le dimanche à 02h10 TU vers l'Afrique ; à 12h10 TU vers le monde et à 13h10 TU vers toutes cibles.* Retrouvez les sujets traités par cette émission sur RFI SAVOIRS = http://savoirs.rfi.fr/

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Au diable Vauvert et sans GPS, l'écrivain et journaliste français signe un éloge des chemins buissonniers et gourmands à travers la France. Et cela vaut le détour !

Se perdre en France, au hasard des nationales et des petites routes, représente pour Victor Coutard, auteur de L'art du détour, un bonheur inégalé, un acte de libération et de résistance aussi. Quitter la grande route et s'égarer à Chassignolles ou Saint-Antonin-Noble-Val, s'y arrêter pour découvrir des campagnes et des tablées vivantes, loin des cartes postales ou de certains clichés de relégation, produit pour lui, d'emblée, un autre rapport au monde, au temps et à l’espace qui nous entoure…

Pour célébrer les vertus du détour, Victor Coutard puise alors dans ses souvenirs d’enfance de voyages interminables pour rejoindre la maison familiale de Bel-Air ou de routes en famille au volant de sa Renault Captur, avec une carte IGN pour seul repère. Le journaliste culinaire convoque aussi son appétit des bonnes auberges qui réenchantent les villages ou des escapades matutinales quand, enfant, il partait à l'aube, sur la pointe des pieds, explorer la forêt voisine. Au détour de ses virées champêtres pour « entrer en résonance avec le monde », le créateur de la réjouissante newsletter « How to get Lost » partage son goût des champignons, du vélo au petit bonheur la chance et des bons vins, dans une France jamais carton-pâte mais un peu sépia parfois.

Ce faisant, il fait de nous, lecteurs ou lectrices, les passagers complices de son vagabondage littéraire pour en arriver à un constat qu’il nous livre sans détour cette fois : notre société en ligne droite, assistée, dirigée par les applis et les « GAFAM », ne nous mène certainement nulle part. Parce qu’il est temps de regarder devant soi avec une attention renouvelée et de renoncer à nos illusions de contrôle, empruntons aujourd'hui les petites routes de France, histoire de se perdre et de se trouver, qui sait, en chemin…

En savoir plus :

  • Sur L'art du détour. Du bonheur de se perdre en France de Victor Coutard. 2026. Éditions Arthaud

  • Sur la newsletter « How to get lost » sur Substack de Victor Coutard. En anglais.

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Yasmine alias « La Go à vélo » est la première femme d'Afrique subsaharienne à voyager sur le continent à vélo depuis 2021. Rencontre avec une militante africaine au sacré palmarès et coup de pédale…

À Abidjan, entre gros échangeurs et embouteillages chroniques, les vélos sont rares, quasiment absents. Mais peut-être un jour, sur les routes de la capitale économique ivoirienne ou ailleurs en Afrique de l’Ouest, vous croiserez une jeune femme à vélo, en combinaison colorée, casque vissé sur la tête ?

Yasmine Diawara alias « La Go à vélo » est un phénomène à sa manière. Car l’Ivoirienne de 35 ans a décidé d’enfourcher son vélo pour arpenter ses contrées africaines, partir à la rencontre de l’autre et plaider pour un certain goût de l’aventure, au moyen d’une mobilité douce, durable, dans un continent où la petite reine demeure encore marginale, voire dédaignée…

Le plus souvent en Afrique, ce sont les Occidentaux qui se lancent de tels défis, qui en ont les moyens. Yasmine, elle, se les est donnés, donnant du sens surtout à ses cyclo-voyages. Car voyager à vélo, c'est prendre possession du paysage, célébrer la beauté et l’échange sur la route, cultiver l’effort, à la portée de tous et de toutes.

Après dix ans passés à développer des projets sociaux avec des institutions internationales et des ONG, Yasmine Diawara quitte son travail en 2024 et se lance à 100% dans ses voyages à vélo. Et deux ans plus tard, elle a traversé 8 pays sur près de 5 000 km.

Sans jouer les modèles ou les aventurières, Yasmine a su faire du vélo un outil de plaidoyer social et profite de ses échappées pour s’arrêter dans les écoles, rencontrer des entrepreneurs et jeunes leaders afin de leur insuffler confiance et fierté, en apprendre plus sur son pays et son continent, la liberté -et ses mollets- pour seul moteur.

À travers ses voyages et ses milliers de kilomètres avalés, Yasmine plaide par l'exemple pour l'autonomie de la jeunesse africaine et des filles, tout en portant dans sa roue la défense d'une mobilité durable dans des villes africaines saturées par le moteur.

Un reportage de Raphaëlle Constant.

En savoir plus :

  • Sur Yasmine Diawara alias La Go à vélo : son Facebook ; Insta & Tik Tok.

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Le majestueux cours d'eau irrigue l'histoire, la géographie et l'identité même du Québec. A Montréal, cité portuaire d’envergure, il faut aller le chercher pour s'en rapprocher. Voyage au fil de l'eau avec des émissaires, amoureux du fleuve.

C’est un fleuve monument, un emblème naturel et identitaire placé au cœur du Québec… Et où que l’on soit sur ses rives, le Saint-Laurent et ses 1197 km de long, qui part des Grands Lacs dont il est le seul émissaire jusqu’à l’océan, exerce une fascination propre aux grands récits et aux grandes aventures en terre d’Amérique.

Pendant longtemps, ce fleuve continent, ce « grand boulevard mouvant » comme l’appelait le chanteur québécois Charlebois, a fait l’effet d’un miroir dans lequel la nation québécoise s’est regardée, inspirant artistes, marins, poètes, riverains, voyageurs ou usagers du fleuve.

Le regarder en majesté, s’en approcher, le vivre pour mieux tenter d’en comprendre les enjeux passés et présents, c’est ce qu'on a fait dans ce voyage… Depuis un endroit bien précis, étonnant de prime abord : Montréal, la grande île posée au bord du Saint-Laurent, avec son port qui a bien saisi l’importance du fleuve et s’est étalé sur ses rives.

À Montréal, pour trouver l’écho du fleuve, il faut alors emprunter des chemins de traverse et se glisser dans des interstices de la ville. Ce que l'on a fait en compagnie d’émissaires du fleuve: marins d'eau douce, artistes, écrivains, pilote du Saint Laurent, océanographes, conférencier, conservatrice ou guide naturaliste qui ont à cœur de le défendre, le raconter et le faire vivre.

Car le Saint-Laurent, plus grand fleuve d’Amérique du Nord, ne vit pas que dans l’est du Canada, sur son impressionnant golfe maritime, mais aussi à Montréal. Là où de plus de plus de riverains cherchent à se le réapproprier pour mieux le protéger, célébrant ainsi sa beauté mais aussi sa fragilité.

Un voyage sonore de Laure Allary et Céline Develay-Mazurelle.

► Pour voyager au fil du Saint-Laurent à Montréal :

  • Tourisme Montréal a concocté une liste des meilleurs spots les pieds dans l’eau : plages, promenades ou guinguettes. Une excursion en petit bateau électrique est notamment proposée par Le Petit Navire

  • Naviguer sur le Saint-Laurent à la voile avec les Jeunes Marins Urbains fondé par le navigateur québécois Yves Plante

  • Vous rendre au Parc National des îles de Boucherville, un sanctuaire de nature typique des bords du fleuve, situé à deux pas de la grande ville

  • Aller au Musée de la Pointe à Callière, cité d’archéologie et d’histoire de Montréal qui raconte les débuts de la ville au bord du fleuve et qui en 2023-24 a imaginé l’exposition « Fleuve Saint-Laurent, échos des rivages »

  • Vous plonger dans les ouvrages du célèbre écrivain autochtone innu Michel Jean, publié en France aux Éditions Points/Seuil

  • En savoir plus sur la formidable corporation des Pilotes du Saint Laurent, un article historique

  • Découvrir l’indispensable travail de l’Organisation Bleue, organisme environnemental fondé en 2018 par Anne-Marie Asselin, biologiste marine et grande amoureuse du Saint-Laurent

  • Suivre les conférences de Serge Lepage, vulgarisateur scientifique et conférencier sur le Saint-Laurent

  • En savoir plus sur l’humoriste et océanographe d’origine sénégalaise Boucar Diouf qui a consacré un spectacle au Saint-Laurent « Magtogoek ou le chemin qui marche »

  • Sur la vie atypique du seul résident permanent du Saint-Laurent, Sébastien Mignault. Par Radio Canada

  • Voir « Le Courrier du Fleuve », le projet de Gwenn Duval, navigatrice et océanographe de formation, de sensibilisation au fleuve

  • Sur les mouvements citoyens de riverains qui tentent de se réapproprier le fleuve. Un reportage de notre correspondant de RFI à Montréal en 2023

  • Découvrir le travail de l’éditeur et illustrateur québécois Jimmy Beaulieu qui a grandi sur l'île d’Orléans et vit désormais à Montréal. Un travail irrigué notamment par le fleuve…

  • De très nombreux ouvrages reviennent sur le Saint-Laurent. Parmi eux, Saint-Laurent Mon amour de Monique Durand paru aux Éditions Mémoires d’Encrier ou « Portraits du Saint-Laurent – Histoires des pêches et récits maritimes » d’Hélène Raymond, paru aux Éditions Multimondes

  • L’écrivaine et réalisatrice Anais Barbeau Lavalette a également écrit « Femme Fleuve » aux Éditions Marchands de Feuille et imaginé l’exposition « Vues du Fleuve » avec sa mère Manon Barbeau. Regards poétiques et engagés au féminin

  • Une compilation ici des ouvrages et écrivain.e.s s’inspirant du Saint-Laurent. Par la Bibliothèque et Archives du Québec

  • Un article intéressant de The Conversation, qui a consacré une série au Fleuve, sur le phénomène d’hypoxie ou manque d’oxygène du Saint-Laurent également victime de l’érosion des berges, l’acidification de ses eaux, de la surpêche sans parler des sécheresses de plus en plus courantes.

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Dans son dernier récit, Lucie Azéma raconte avec délicatesse comment ses voyages, sa vie là-bas l’ont traversé et fondé. Une manière de dire la beauté, la force de tout un peuple et de ne jamais renoncer à l’espoir malgré la fureur des temps récents.

Après avoir vécu au Liban et en Inde, Lucie Azéma arrive vers l’âge de 25 ans en Iran, pour un mois. Elle y passera finalement trois ans. Sa rencontre avec l’Iran et son peuple fut alors une « collision » : inattendue, puissante, déterminante. Á tel point que cette culture persane qui n’est pourtant pas la sienne, ce pays « qui n’appartient pas à [ses] racines » devient progressivement « un point de gravité, un lieu qui a bouleversé [son] existence et redéfini [sa] trajectoire ».

Autrice de Les femmes aussi sont du voyage, L’usage du thé ou Nous avons besoin d’un ailleurs qui n’existe pas, la Française Lucie Azéma est une habituée de nos studios. On aime ses essais documentés, sensibles, mêlant impressions de voyage, analyse distanciée et grande histoire, écrits avec pudeur mais conviction par une écrivaine, voyageuse au long cours, éprise de liberté, profondément humaniste, donc féministe.

Son dernier livre Une saison à Téhéran est sans doute le plus personnel, le plus intime. Car il s'agit bien ici de raconter une histoire d’amour, qui s’est tissée avec le temps, avec ce pays et ses habitants. Au gré de lectures et de flâneries émerveillées; de son apprentissage de la langue et de l’histoire plurimillénaire de la Perse, émaillée d’empires puissants, de dynasties influentes; de temps passé autour d’un thé fumant aux fleurs, au sein de familles iraniennes pour qui Lucie Azéma a une infinie tendresse.

Par les temps qui courent, écrire et publier un récit d’impressions et de joies simples en Iran, c’est audacieux mais salutaire. Car, selon l’autrice, les clichés persistent sur l’Iran qui « ne serait qu’une ruine triste, dangereuse, un repoussoir, un pays qu’il vaut mieux oublier pour le moment, un pays en pause, un pays sans espoir, un pays perdu ». Par contre, dans son récit empreint de poésie et d’histoire(s), parmi des rossignols chantants et des jardins persans, miroirs du Paradis, Lucie Azéma ne fait jamais l’impasse sur la réalité du régime des Mollahs et sa politique qu’elle a elle-même éprouvée. Mais elle s’émeut de voir à quel point le peuple iranien est « déshumanisé depuis presque cinquante ans. Cette déshumanisation est une part essentielle de la guerre, son moyen de survie et de perpétuation ». Un livre sur l’Iran où le cœur parle et qui nous va droit au cœur.

À lire :

  • Une saison à Téhéran. Lucie Azéma. Éditions les corps conducteurs. 2026

  • Nous avons besoin d’un ailleurs qui n’existe pas. Lucie Azéma. Éditions Allary. 2024

  • L’usage du thé, une histoire sensible du bout du monde. Lucie Azéma. Éditions Flammarion. 2022

  • Les femmes aussi sont du voyage, l’émancipation par le départ. Lucie Azéma. Éditions Flammarion. 2021

  • Histoire de l’Iran contemporain. Mohammad-Reza Djalili et Thierry Kellner. Éditions La Découverte. 2024

  • La conférence des oiseaux. Farid al-Din Attar. Éditions Seuil. 2002

  • Le livre des Rois. Ferdowsi. Actes Sud. 1996

  • Robâiyât. Omar Khayyâm. Actes Sud. 2008.

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L’écrivain voyageur anglais s’est lancé dans un vaste périple en Europe, sur les traces de ce prédateur qui à lui seul incarne la liberté et le sauvage, insaisissable et redouté…

Du loup, on ne voit souvent que le passage, avec ces empreintes reconnaissables entre mille. C’est d’ailleurs avec un tampon qui reprend ces empreintes de loup dans son sac à dos, qu’Adam Weymouth est récemment passé en France, pour partager son dernier récit « Dans les pas du loup » paru récemment en France, le dédicacer de cette empreinte de loup, et recevoir le Prix Nicolas Bouvier qui lui a été décerné au Festival « Étonnants Voyageurs » de Saint-Malo.

Déjà remarqué par la presse internationale pour « Les Rois du Yukon », récit d’un long périple sur plus de 3 000 km en canoë en Alaska pour suivre la migration des saumons, Adam Weymouth s’inscrit dans la grande tradition des « travels writers » anglais, livrant sensations et questionnements en chemin. Et pour ce nouveau récit, il a décidé de refaire à 10 ans d’écart le voyage d’un jeune loup slovène, Slavc, qui après plus d’un millier de kilomètres d’errance ou de quête à travers les Alpes, s’est établi en Italie, en Lessinie.

D’une plume alerte et sensible, Adam Weymouth se rapproche de la réalité de l’animal, de sa vie en meute tout en convoquant avec finesse et érudition l’histoire contrariée des hommes et de cette bête, qui peuple les imaginaires depuis toujours. Jadis, le loup, le canis lupus, était le mammifère terrestre le plus répandu sur notre planète… Après quoi, il sera quasiment réduit à l'extinction au XIXè siècle. Aujourd’hui, sa population est estimée à 23 000 individus dans les pays de l'Union européenne, dont un millier en France.

À lire et à voir :

  • Dans les pas du loup, d’Adam Weymouth. Éditions Albin Michel 2026. Prix Nicolas Bouvier 2026

  • Les rois du Yukon, d’Adam Weymouth. Éditions Albin Michel 2021.

  • Le loup, une histoire culturelle, de Michel Pastoureau. Éditions du Seuil. 2018

  • Les diplomates – Cohabiter avec les loups sur une autre carte du vivant, de Baptiste Morizot, Éditions Wildproject. 2016

  • Vivre avec les loups – Livre + Film – Jean-Michel Bertrand, Éditions La Salamandre. 2023

  • La peur du loup, de Geneviève Carbone, Éditions Gallimard. 1991

  • Le site du « Festival Étonnants Voyageurs » qui s’est tenu du 23 au 25 mai 2026 à Saint-Malo.

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Dans son dernier livre, l’écrivaine et journaliste française Virginie Troussier nous invite à un voyage du regard et de la pensée en observant les nuages, présages du temps qui passe et qui s’en vient.

Ils sont le visage du vent et de la pluie. Larmes du ciel en suspens, flocons blancs vaporeux ou menaçants… Plus que tout autre élément naturel, les nuages sont une source d’émerveillement et d’inspiration, propices à la contemplation et la rêverie.

Les paysans, les marins ou les montagnards les regardent aussi avec une attention décuplée, façonnant une certaine science des nuages. Les météorologues les ont classés, inventoriés : Cirrus, griffes cotonneuses dans le ciel, Stratus ou « étendue » pour désigner les formes allongées ; Cumulus pour qualifier ces amas en paquets ou en balles de coton…

Les nuages sont donc des phénomènes précis, amas de vapeur d’eau dans l’atmosphère. Mais avec leurs formes variées, changeantes, leur caractère à la fois singulier et universel, les nuages offrent à toutes et tous des paysages, des horizons infinis, dans lesquels l’autrice férue de mers et de montagnes, Virginie Troussier, nous invite à plonger.

Son Petit éloge des nuages, qui vient de paraître en France, a alors des airs de « Petite philosophie des nuages », interrogeant notre liberté de regard dans un monde truffé d’écrans, la place du mouvement et de l'éphémère dans des vies parfois trop rangées, le rôle de la poésie et du rêve, sel de l’existence et de la création littéraire de cette femme libre, adepte de la voile et de la grimpe, habitée par les mots.

Après avoir grandi dans les Alpes, Virginie Troussier vit désormais entre Paris et la Bretagne. Et depuis une décennie au moins, elle nous livre des récits sensibles d’alpinisme, de destins sportifs ou de vies maritimes qui interrogent notre rapport intime aux éléments, où la géographie importe et nous emporte, autant que les nuances du ciel…

Tout en regardant ce ciel mouvant, Virginie Troussier convoque également dans son livre des destins singuliers : le pharmacien anglais du XVIIIè siècle Luke Howard, « l’homme qui a inventé les nuages », des chasseurs de tornades, des « nimbophiles » réunis en société, des peintres anglais fascinés par les variations du ciel, l’alpiniste Nicolas Jaeger disparu dans les nuages sur la face Sud du Lhotse en 1980, le peintre des alpages Samivel, le philosophe des éléments Gaston Bachelard ou les époux Krafft, volcanologues de renom, en quête de nuages de cendres.

Une fois refermé ce petit éloge, on est alors tenté d’aller dehors, s’allonger sur un bout d’herbe ou de sable et lever le nez, pour avoir nous aussi la tête dans les nuages.

► À lire :

  • Petit éloge des nuages, de Virginie Troussier. Éditions Les Pérégrines. 2026

  • Au milieu de l’été, un invincible hiver, de Virginie Troussier. Éditions Paulsen Guérin. Prix Jules-Rimet 2021

  • L’homme qui vivait haut, de Virginie Troussier. Éditions Paulsen Guérin. 2023

  • La fin des nuages, de Mathieu Simonet. Éditions Julliard. 2023.

► À voir :

  • Le site de l’Atlas international des nuages, par l’Organisation Météorologique Mondiale

  • La journée internationale des nuages, crée par Mathieu Simonet, a lieu chaque année le 23 mars

  • Le site de la Cloud Appreciation Society, une société de nimbophiles, amateurs de nuages

  • Le travail de l’artiste néerlandais Berndnaut Smilde qui place des nuages dans des scènes d’intérieur ou celui de James Turell, immense artiste de la lumière, qui crée notamment des expériences immersives du ciel à travers l’architecture.

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Dans les reliefs et forêts de Macédoine du Nord et d’Albanie, se niche ce grand félin à la fourrure tachetée et aux oreilles pointues, un des mammifères les plus rares au monde. Voyage à pas lents et pistage ​attentif...

Au début des années 2000, alors qu’on le croyait disparu, le lynx des Balkans a été redécouvert, entre les massifs du parc national de Mavrovo au nord-ouest de la Macédoine et les monts de Munella au nord de l’Albanie. Aujourd’hui, une quarantaine de ces animaux seraient présents à l’état sauvage, dans des contrées retirées quoique de plus en plus anthropisées, altérées par l’homme.

Classé par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) comme une espèce en danger critique d'extinction, ce lynx hante depuis longtemps l’imaginaire et les récits populaires dans les Balkans. En Macédoine du Nord, il est un emblème national qui orne les pièces de 5 denars, et en Albanie, on raconte que ceux qui croisent ses yeux en amande deviennent aveugles.

« Lynx lynx balcanicus », c’est le nom de cette sous-espèce du lynx boréal, prédateur solitaire qui avance la nuit ou le soir et que l’on dit insaisissable, fantomatique même. On le surnomme d’ailleurs « le fantôme de la forêt ». Mais au-delà de la fascination qu’il suscite, ce lynx des Balkans fait désormais l’objet d’une surveillance et d'une protection bien spécifiques, dans le cadre d’un programme transnational de rétablissement du lynx des Balkans.

Survivant discret d’un monde en recul, le lynx rôde entre les arbres, franchit les cols, traverse les frontières. Car son territoire, lui, ne connaît pas les lignes sur les cartes. Et dans une région longtemps marquée par les frontières et les tensions, le combat pour cet animal emblématique oblige alors les humains à coopérer et veiller sur le sauvage, ou du moins ce qu'il en reste.

Un voyage sonore entre la Macédoine du Nord et l’Albanie de Sibylle d’Orgeval.

En savoir plus :

  • Sur le programme transnational de rétablissement du lynx des Balkans

  • Sur l’ONG Macedonian Ecological Society impliquée dans ce programme côté Macédoine du Nord. En macédonien.

  • Sur l’association PPNEA: Protection and Preservation of Natural Environment in Albania, engagée dans ce programme côté albanais

  • Sur le parc national de Mavrovo en Macédoine du Nord. En anglais.

  • Sur l'UICN et le classement du lynx des Balkans. En anglais.

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À l’âge de 82 ans, s’est éteint en France, le 9 mai 2026, un grand nom du voyage en Afrique en la personne de Maurice Freund. Hommage en voyages…

En Mauritanie, on l’a surnommé « le frère du désert » ou « le pilier de la tente, la khayma ». Ici ou ailleurs, on l’appelait parfois « Momo » ou « Monsieur Maurice ». Dans la presse, il était « le Robin des airs », « le pirate des airs » aussi.

Celles et ceux qui ont un jour voyagé au Sahel et dans le Sahara connaissent l’empreinte profonde que Maurice Freund, né en Alsace en 1943, et disparu récemment, a laissé derrière lui. À l’annonce de son décès, les hommages ont d’ailleurs plu sur le désert et la toile, venus du Mali, du Burkina Faso, du Tchad, de Mauritanie, d’Algérie, du Niger ou de France ; mais aussi les récits des nombreux voyages, échanges et rencontres qu’il aura permis, rendu possible.

Entrepreneur baroudeur et militant, Maurice Freund aura donc fait voyager des milliers d’Occidentaux sur le continent africain, en particulier dans le Sahel. Mais ce proche de Thomas Sankara et ami de Pierre Rabhi, une figure de l’agroécologie, aura surtout fait du tourisme solidaire, de la démocratisation de l’aérien et du désenclavement des zones subsahariennes, le combat de sa vie. Et ce, en dépit d’un contexte politique, économique et sécuritaire compliqué, qui a beaucoup changé depuis la création de sa coopérative de voyageurs Point Afrique en 1995. Maurice Freund mènera ce combat jusqu’au bout, puisqu’en février 2026, il était encore au Tchad pour évaluer, promouvoir une relance du tourisme dans le nord du pays…

Maurice, on le connaissait bien à Si loin si proche, pour avoir déjà retracé sa trajectoire de pionnier des vols charters, de son vivant, dans une série en deux épisodes, mais aussi pour avoir voyagé à de nombreuses reprises grâce à lui et ses avions, via sa coopérative Point Afrique qui a succédé au Point Mulhouse fondé en 1964.

Aujourd’hui, pour lui rendre hommage, on vous emmène sur certains de ces voyages au Tchad, au Maroc ou en Mauritanie, auprès de peuples du désert qu’il aimait tant… Un hommage à travers enfin, des paroles de certains de ses proches qui reviennent sur l’héritage laissé par Maurice Freund, et que beaucoup entendent défendre, perpétuer… Le 28 mai 2026, la coopérative Point Afrique et ses membres réunis en AG ont annoncé vouloir continuer l'œuvre de Maurice, afin de défendre une certaine idée du voyage : engagé, durable et équitable. Que cela soit dit… Un point c’est tout !

En savoir plus :

  • Sur Point Afrique Voyages, la coopérative de voyageurs fondé par Maurice Freund

  • Sur Maurice Freund et l’épopée du Point Mulhouse puis du Point Afrique. Un podcast Si loin si proche en deux épisodes

  • Sur le Festival « Le Sahara s’invite à Fort Barraux » les 24, 25 et 26 juillet 2026. Avec des délégations venues du Mali, de la Mauritanie, du Tchad, d’Algérie, de Libye et du Niger. Par l’association 20 Degrés Nord dont Jade Mietton

  • Sur le témoignage livré par Maurice Freund lui-même dans « Est-ce ainsi que les hommes volent ? Mémoires d’un Robin des airs » et paru aux Éditions La Martinière.

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Kwe signifie «bonjour» dans de nombreuses langues autochtones et c’est sur le principe de la rencontre, fertile, respectueuse, que les communautés autochtones accueillent et se présentent aux visiteurs de passage. Troisième et dernière étape: à Pessamit, sur la Côte Nord, parmi les Innu, un peuple de tradition nomade, profondément ancré dans son territoire ancestral: le Nitassinan. Aujourd’hui, malgré les blessures coloniales, les Innu de Pessamit s’attachent à partager leur culture millénaire.

Celui ou celle qui pose le pied au Québec, connaît certainement le roman de la Nouvelle France, terre de pionniers et de colons francophones en Amérique. Une terre qui jadis, avant l’arrivée de Jacques Cartier ou Samuel de Champlain, se vivait depuis des millénaires en partage et en mouvement par des hommes et des femmes parmi les lacs, les rivières et la forêt boréale.

Des peuples autochtones, à qui l’on doit -notamment- le nom du Canada, « Kanata » signifiant village en langue iroquoienne ou wendat, ou Québec qui désigne « là où le fleuve se rétrécit » en langue algonquienne. Des peuples qui, pour la plupart, s’appellent, se désignent dans leurs langues simplement « humains ».

C’est donc aux sources de cette humanité en Amérique que l’on vous propose de vous emmener pour une série en 3 épisodes, au Québec autochtone, à la rencontre de communautés que l’on connaît trop mal, à commencer par leurs noms.

Petit rappel : au Québec, il existe 11 nations autochtones : les Inuit et dix Premières Nations parmi lesquelles les Wendat, les Innu, les Anishinaabeg, les Atikamekw, les Mi'kmaq, les Kanien’kehá:ka, les Naskapi, les Eeyouch, les Wolastoqiyik et les W8banakiak.

Leurs communautés se déploient à travers tout le Québec et sont encore placées sous le régime des dites « réserves indiennes », des territoires non cédés par les autochtones mais appartenant à la Couronne, réservés à l’usage d’une « bande indienne » ou d’une communauté autochtone. Longtemps perçus par les allochtones ou non autochtones, comme des lieux clos, interdits, ces communautés sont en fait des lieux de vie ouverts à tous et toutes, des espaces de transmissions et de cultures passionnants. Là-bas, des musées, des sites culturels mais aussi les paysages de rivières, de lacs ou de forêts racontent l’histoire et la grandeur de ces premiers peuples.

Le Québec autochtone est un territoire immense -le Québec est 3 fois plus grand que la France- et les réalités comme les histoires de chaque Nation et à l’intérieur, de chaque communauté, sont multiples voire infinies. Même si elles ont toutes en commun d’avoir été malmenées par la colonisation et la sédentarisation forcée. Mais les autochtones sont toujours là, bel et bien là ; et aujourd’hui, tous et toutes ont à cœur de reprendre la main et le narratif sur qui ils sont et d’où ils viennent.

Troisième étape, à Pessamit, une communauté innu placée au bord du Fleuve Saint Laurent sur la Côte Nord. Autrefois appelés Montagnais, les Innu sont la nation la plus importante en population de la province francophone, soit plus de 20 000 personnes déployées en 11 Communautés, entre le Québec et le Labrador, sur des terres ancestrales qui n’ont jamais été cédées par des accords ou des traités. Présents dans la région depuis des millénaires (des fouilles ont prouvé l'existence d'un peuple de chasseurs remontant à 5 500 ans avant notre ère), les Innu étaient là au moment du passage des « explorateurs » européens Jacques Cartier ou Samuel de Champlain au XVIè et XVIIè siècle. Aujourd’hui, à Pessamit, on dénombre 2 500 habitants environ, dont plus de 80% parlent encore leur langue, l’innu aimun. Car jusque dans les années 50, les Innu ont su garder un lien puissant avec leurs traditions, des traditions mises à mal par les barrages, la colonisation et l’évangélisation. Depuis quelque temps, Pessamit développe l’été des visites guidées, à la découverte d’une culture nomade millénaire, tournée vers l’intérieur des terres, la terre ancestrale, socle de leur pensée et de leur civilisation : le Nitassinan.

Avec des habitants, acteurs, actrices culturel.le.s et touristiques, pêcheur, ancien chef de bande, guides, conteur ou poétesse comme Joséphine Bacon que l’on avait rencontrée en 2021. C’est elle qui nous avait donné envie de partir dans le vaste Nitassinan innu.

Une série en 3 épisodes de Laure Allary et Céline Develay-Mazurelle.

Avec :

- Joséphine Bacon, poétesse innu de renom, originaire de Pessamit

- Robert Dominique,aîné de la communauté et ancien chef de bande de Pessamit

- Kathy Moreau Lacasse, guide innu au centre communautaire Ka Mamuitunanut

- Wilfrid Apik Hervieux,conteur de mythes et légendes innu

- Lily-Rose Bacon,jeune étudiante innu

- Jean-Louis ou Muâku,pêcheur à la truite innu

- Céline Bacon, agent culturel et touristique innu à Pessamit

- Moïse Junior Ashini travaille au camp innu Uamastakenis qu’a créé son père

- Geneviève Ashini,soeur de Moïse, travaille au camp innu Uamastakenis qu’a créé son père.

Pour préparer votre voyage à Pessamit :

  • Le site de Tourisme Autochtone Québec regorge de ressources et d’idées

  • La présentation des 11 Nations du Québec par Tourisme Autochtone Québec et un guide très utile sur comment voyager en pays autochtone

  • Le site du Conseil des Innus de Pessamit

  • En savoir plus sur la poésie de Joséphine Bacon

  • Sur le Camp innu Uamastakenis qui propose une immersion et un hommage à la culture innu en territoire

  • Sur le site traditionnel innu Kanapeut, espace de partage et de connaissances sur l’innu aïtun fondé par Michel et Erik Kanapé

  • Pour en savoir plus sur la culture innu plus largement, allez sur le site de l’institut Tshakapesh ou voir les capsules vidéos de Nametua Innu, mémoire et connaissance du Nitassinan.

À lire et à écouter :

  • Bâtons à message. Tshissinuashitakana, de Joséphine Bacon. Éditions Mémoire d'encrier, 2009

  • Les vertèbres de Joséphine, de Joséphine Bacon et Laure Morali. Éditions Mémoire d’encrier. 2026

  • Eukuan Nin Matshi-Manitu Innushkueu. Je suis une maudite sauvagesse, d’An Antane Kapesh. Éditions Mémoire d’encrier. 2019

  • Tiohtiá:ke, de Michel Jean. Éditions du Seuil, 2023

- Kuessipan,** de Naomi Fontaine. Éditions Mémoire d’encrier. 2011

  • Le peuple rieur. Hommage à mes amis innus, de Serge Bouchard. Lux Éditions. 2018

  • Le passionnant balado produit par Radio Canada Laissez-nous raconter : L’histoire crochie avec Marie-Andrée Gill autour de 10 mots clés à décoloniser

  • La musique du groupe historique innu Petapan. Sur la plateforme de découverte des artistes et des musiques autochtones actuelles Nikamowin.

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Kwe signifie « bonjour » dans de nombreuses langues autochtones et c’est sur le principe de la rencontre, fertile, respectueuse, que les communautés autochtones accueillent et se présentent aux visiteurs de passage. Deuxième étape : dans le Saguenay, au bord du lac Saint-Jean ou Pekuakami, où jadis le peuple ilnu se rassemblait à l’été, avant de repartir nomadiser. Aujourd’hui, on y trouve la communauté ilnu de Mashteuiatsh.

Celui ou celle qui pose le pied au Québec, connaît certainement le roman de la Nouvelle France, terre de pionniers et de colons francophones en Amérique. Une terre qui jadis, avant l’arrivée de Jacques Cartier ou Samuel de Champlain, se vivait depuis des millénaires en partage et en mouvement par des hommes et des femmes parmi les lacs, les rivières et la forêt boréale.

Des peuples autochtones, à qui l’on doit -notamment- le nom du Canada, « Kanata » signifiant village en langue iroquoienne ou wendat, ou Québec qui désigne « là où le fleuve se rétrécit » en langue algonquienne. Des peuples qui pour la plupart s’appellent, se désignent dans leurs langues simplement « humains ».

C’est donc aux sources de cette humanité en Amérique que l’on vous propose de vous emmener pour une série en 3 épisodes, au Québec autochtone, à la rencontre de communautés que l’on connaît trop mal, à commencer par leurs noms.

Petit rappel : au Québec, il existe 11 nations autochtones: les Inuit et dix Premières Nations parmi lesquels les Wendat, les Innu, les Anishinaabeg, les Atikamekw, les Mi'kmaq, les Kanien’kehá:ka, les Naskapi, les Eeyouch, les Wolastoqiyik et les W8banakiak.

Leurs communautés se déploient à travers tout le Québec et sont encore placées sous le régime des dites « réserves indiennes », des territoires non cédés par les autochtones mais appartenant à la Couronne, réservés à l’usage d’une « bande indienne » ou d’une communauté autochtone. Longtemps perçus par les allochtones ou non autochtones, comme des lieux clos, interdits, ces communautés sont en fait des lieux de vie ouverts à tous et toutes, des espaces de transmissions et de cultures passionnants. Là-bas, des musées, des sites culturels mais aussi les paysages de rivières, de lacs ou de forêts racontent l’histoire et la grandeur de ces premiers peuples.

Le Québec autochtone est un territoire immense -le Québec est 3 fois plus grand que la France- et les réalités comme les histoires de chaque Nation et à l’intérieur, de chaque communauté, sont multiples voire infinies. Même si elles ont toutes en commun d’avoir été malmenées par la colonisation et la sédentarisation forcée. Mais les autochtones sont toujours là, bel et bien là; et aujourd’hui, tous et toutes ont à cœur de reprendre la main et le narratif sur qui ils sont et d’où ils viennent.

Deuxième étape, devant l’immense lac Pekuakami ou « lac peu profond », au sein de la communauté ilnu de Mashteuiatsh. Une terre dite de « réserve » de 15 km2 où vivent près de 2000 Pekuakamiulnuatsch sur ses 9 000 membres… Mashteuiatsh signifie dans leur langue, le nehlueun, « là où il y a une pointe » ; une pointe sur le grand lac au bord duquel ils vivent, au cœur du « Nitassinan » innu soit « notre territoire », socle de leur culture nomade millénaire.

Les Ilnu de Mashteuiatsh appartiennent à la grande nation innu. Autrefois appelés Montagnais, les Innu sont la nation la plus importante en population de la province francophone, soit plus de 20 000 personnes déployées en 11 Communautés, entre le Québec et le Labrador, sur des terres ancestrales qui n’ont jamais été cédées par des accords ou des traités.

Malgré l'accaparement de leurs terres, la construction de barrages, l’assimilation à travers la logique des pensionnats autochtones qui avait pour but de « tuer l’indien dans l’enfant », les Ilnu de Mashteuiatsh retissent patiemment, doucement, les fils d’une culture et d’un héritage malmenés par l’histoire coloniale. Tous et toutes continuent de marcher la tête haute, dans les pas de leurs ancêtres que symbolisent les étoiles et qu’à la nuit tombée, on regarde d’un œil différent, une fois au bord du lac…

Rencontre avec des acteurs culturels: écrivain, poétesse, artiste, artisane, chercheuse ou guide, tous et toutes membres de la communauté ilnu

Une série en 3 épisodes de Laure Allary et Céline Develay-Mazurelle.

Avec :

- Michel Jean, écrivain et journaliste innu originaire de la communauté de Mashteuiatsh

- Marie-Andrée Gill, poétesse, scénariste et artiste ilnu

  • Raphaëlle Langevin, artiste et artisane ilnu

  • Uauietilu Robertson-Laforge, guide animateur au Musée ilnu de Mashteuiatsch et musicien

- Katia Kurtness, artiste ilnu et chercheuse en études autochtones à l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue

  • Héléna Delaunière, Responsable des services de recherches au Musée ilnu de Mashteuiatsh. Chargé de projet en archéologie

  • Erika Emond, guide au Musée ilnu de Mashteuiatsh etjeune leader innu de la Relève, un programme conçu pour former les jeunes leaders autochtones.

Pour préparer votre voyage à Mashteuiatsh :

  • Le site de Tourisme Autochtone Québec regorge de ressources et d’idées

  • La présentation des 11 Nations du Québec par Tourisme Autochtone Québec et un guide très utile sur comment voyager en pays autochtone

  • Le site de la communauté ilnu de Mashteuiatsh

  • Le site de Tourisme Sagenay Lac Saint Jean sur Mashteuiatsh et de Tourisme Mashteuiatsh

  • Le site du passionnant Musée ilnu de Mashteuiatsh qui présente des expositions temporaires et une exposition permanente « Tshilanu Ilnuatsh » soit « Nous les Ilnuatsh » repensée en 2020

  • L’artisanat autochtone ilnu de Matsheshu Créations, matsheshu signifiant « renard » en nehlueun

  • Pour dormir tout au bord du Lac Saint Jean, en pod mini-chalet, Hébergement Plage Robertson-Shekutamit Expérience

  • Juste à côté, se trouve le campement Assi Nipi qui mise sur le tourisme régénératif autochtone

  • Pour en savoir plus sur la culture innu plus largement, allez sur le site de l’institut Tshakapesh ou voir les capsules vidéos de Nametua Innu, mémoire et connaissance du Nitassinan.

À lire et écouter :

  • « Kukum », de Michel Jean, Éditions Points, 2022. Le premier roman du journaliste et écrivain ilnu devenu best-seller. Sur la destinée de son arrière grand-mère Almanda qui se mêle à celle du peuple nomade ilnu dont la liberté farouche sera entravée par la colonisation

  • « Tiohtiá:ke », de Michel Jean. Éditions du Seuil, 2023. Un récit fort sur l’itinérance d’un Innu de la Côte Nord débarqué à Montréal et qui, malgré la rue, va trouver entraide et résilience

  • « Uashtenam: allumer quelque chose », de Marie-André Gill. Éditions La peuplade. 2025. Regard sensible et mots pesés sur l’intime et l’instant, par une artiste de son temps

  • « Chauffer le dehors », de Marie-André Gill. Éditions La peuplade. 2019

  • « Le peuple rieur. Hommage à mes amis innus », de Serge Bouchard. Lux Éditions. 2018. L’ouvrage de référence de l’anthropologue québécois Serge Bouchard sur le peuple innu

  • Le passionnant balado produit par Radio Canada « Laissez-nous raconter : L’histoire crochie » avec Marie-Andrée Gill autour de 10 mots-clés à décoloniser

  • La musique solaire de l’artiste ilnu, originaire de Mashteuiatsh Soleil Launière.

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Kwe signifie « bonjour » dans de nombreuses langues autochtones et c’est sur le principe de la rencontre, fertile, respectueuse, que les communautés autochtones se présentent et accueillent les visiteurs de passage.

Première étape : à deux pas de la ville de Québec, dans la communauté de Wendake jadis désignée comme « le village huron », un lieu qui fait office de porte d’entrée dans ce monde qui, bien sûr, n’était pas nouveau.

Celui ou celle qui pose le pied au Québec, connaît certainement le roman de la Nouvelle France, terre de pionniers et de colons francophones en Amérique. Une terre qui, jadis, avant l’arrivée de Jacques Cartier ou Samuel de Champlain, se vivait depuis des millénaires en partage et en mouvement par des hommes et des femmes parmi les lacs, les rivières et la forêt boréale.

Des peuples autochtones, à qui l’on doit -notamment- le nom du Canada, « Kanata » signifiant village en langue iroquoienne ou wendat, ou Québec qui désigne « là où le fleuve se rétrécit » en langue algonquienne. Des peuples qui, pour la plupart, s’appellent, se désignent dans leurs langues simplement « humains ».

C’est donc aux sources de cette humanité en Amérique que l’on vous propose de vous emmener pour une série en 3 épisodes, au Québec autochtone, à la rencontre de communautés que l’on connaît trop mal, à commencer par leurs noms.

Petit rappel : au Québec, il existe 11 nations autochtones, les Inuit et dix Premières Nations parmi lesquels les Wendat, les Innu, les Anishinaabeg, les Atikamekw, les Mi'kmaq, les Kanien’kehá:ka, les Naskapi, les Eeyouch, les Wolastoqiyik et les W8banakiak.

Leurs communautés se déploient à travers tout le Québec et sont encore placées sous le régime des dites « réserves indiennes », des territoires non cédés par les autochtones mais appartenant à la Couronne, réservés à l’usage d’une « bande indienne » ou d’une communauté autochtone. Longtemps perçus par les allochtones ou non autochtones, comme des lieux clos, interdits, ces communautés sont en fait des lieux de vie ouverts à tous et toutes, des espaces de transmissions et de cultures passionnants. Là-bas, des musées, des sites culturels mais aussi les paysages de rivières, de lacs ou de forêts racontent l’histoire et la grandeur de ces premiers peuples.

Le Québec autochtone est un territoire immense -le Québec est 3 fois plus grand que la France- et les réalités comme les histoires de chaque Nation et à l’intérieur, de chaque communauté, sont multiples voire infinies. Même si elles ont toutes en commun d’avoir été malmenées par la colonisation et la sédentarisation forcée. Mais les autochtones sont toujours là, bel et bien là ; et aujourd’hui, tous et toutes ont à cœur de reprendre la main et le narratif sur qui ils sont et d’où ils viennent.

Wendake est une toute petite terre de « réserve » -un terme présent dans la « Loi sur les Indiens de 1876 » encore en vigueur- située tout proche de la ville de Québec. Par sa proximité avec la ville et le rôle de son peuple, les Wendat, dans l’histoire des premiers contacts avec les colons français, cette communauté représente une passerelle, un bon point de départ pour qui voudrait voyager en terre autochtone.

Aujourd’hui, environ 1 500 Wendat, sur les 5 000 recensés, vivent à Wendake, issus d’un peuple survivant, venu des Grands Lacs qui, à la fin du XVIIe siècle, va trouver refuge au bord de la rivière Saint Charles ou « Akiawenhrahk » soit « la rivière à la truite » en wendat. Depuis, les Wendat ont résisté à l’urbanisation et à l’assimilation coloniale et défendent fièrement leur territoire ancestral, le Nionwentsïo, leur passé millénaire comme leur présent moderne, ouvert sur le monde.

Rencontre avec des acteurs culturels : directeur de musée, guides, écrivain, éditeur, juriste, conteurs ou musiciens, tous et toutes membres de la communauté wendat.

Une série en 3 épisodes de Laure Allary et Céline Develay-Mazurelle.

Avec :

- Stéphane Picard, directeur général du Musée Huron-Wendat, situé au sein de l’Hôtel-Musée Premières Nations et chef familial de la Nation Wendat

- Isabelle Sioui, conteuse musicienne, artisane et conférencière wendat

  • Alexane Picard, artisane et juriste wendat spécialisée en droit autochtone

  • Dominic Ste Marie, conteur de mythes et légendes, ancien guide interprète et coordinateur à Tourisme Wendake

  • Daniel Sioui, écrivain et éditeur, fondateur des Éditions Hannenorak et de la librairie du même nom située à Wendake

- Steeve Gros-Louis, danseur traditionnel et propriétaire des restaurants Sagamité situés à Wendake et dans le vieux Québec

  • Jason Picard-Binet, artisan wendat qui a repris l’atelier de mocassins Bastien, un héritage vieux de plus d’un siècle

- Andawa Laveau, artiste wendat, musicien, acteur et guide

- Diane Picard, musicienne gardienne du Tambour Chef-Sacré et fondatrice du groupe des Femmes au Tambour de Wendake « Andicha N’de Wendat ».

Pour préparer votre voyage à Wendake :

  • Le site de Tourisme Autochtone Québec regorge de ressources et d’idées

  • La présentation des 11 Nations du Québec par Tourisme Autochtone Québec et un guide Aashukan très utile sur comment voyager en pays autochtone

  • Le site de la communauté de Wendake

  • L'Hôtel Musée Premières Nations abrite le Musée Huron Wendat et son exposition récemment renouvelée Wendat Endi’ soit « Nous, les Wendat ». Une maison longue Ekionkiestha' est adossée au musée et à l'hôtel.

  • Découvrez le parcours lumineux et immersif Onhwa Lumina qui se vit de nuit à la rencontre de la culture wendat.

  • Les Éditions Hannenorak, seule maison d’édition autochtone au Québec, sont situées comme sa librairie à Wendake. Daniel Sioui, son fondateur, a également initié avec d’autres le foisonnant Salon du livre des Premières Nations Kwahiatonhk!

  • Bastien, artisan autochtone situé à Wendake

  • Le site d’Andicha N’de Wendat, groupe de femmes Tambour à Wendake

  • Dans la ville de Québec, le musée de la civilisation propose un riche parcours muséal sur l’histoire autochtone et coloniale.

À lire et écouter :

  • « Indien stoïque » de Daniel Sioui, Éditions Hannenorak. 2021

  • « Indienne de ville » d’Isabelle Picard, Éditions Flammarion Québec. 2025

  • « Yändata’ / L’éternité au bout de ma rue » de Jean Sioui, Éditions Hannenorak. 2021

  • « Frétillant et agile », de Jocelyn Sioui, Éditions Hannenorak. 2022

  • Le passionnant balado produit par Radio Canada « Laissez-nous raconter : L’histoire crochie » avec Marie-Andrée Gill, autour de 10 mots clés à décoloniser.

  • La musique des Wendat Gilles Sioui et Christian Laveau ou celle d’Andawa Laveau.

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À l’occasion de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions du 10 mai, on part dans la cité des Ducs, premier port esclavagiste de France. À la rencontre d’un singulier duo nantais qui œuvre pour la justice réparatrice : Pierre Guillon de Princé, descendant d’armateurs négriers, et Dieudonné Boutrin, infatigable militant d’origine martiniquaise et descendant d’esclavisés.

Depuis le 18 avril 2026, s’élève à Nantes le Mât de la fraternité et de la mémoire, un monument fort de symboles, hissé, porté par Pierre Guillon de Princéet Dieudonné Boutrin. C’est au pied de ce mât que Pierre a présenté des excuses officielles, pour les actes de ses ancêtres esclavagistes à Saint-Domingue, devant l’ambassadeur d’Haïti notamment. Par ses mots, accompagnés d’un geste symbolique de réparation financière, Pierre a brisé un silence qui pèse depuis des décennies, des siècles sur la ville et le pays. Une démarche rare, unique dit-on en France, qui s’inscrit dans un long processus de réconciliation et de réparation mené par Pierre et Dieudonné.

Depuis leur rencontre, cet épatant duo a mené des visites à deux voix du Mémorial de l’Abolition de l’esclavage situé sur le quai de la Fosse à Nantes. Ce qui les a amenés ensuite à se rapprocher d’autres « héritiers » de l’esclavage, des descendants d’esclavagistes anglais notamment, parmi lesquels la famille Trevelyan, première famille du Royaume-Uni à avoir présenté des excuses officielles dans les Caraïbes, pour faire avancer une cause qui leur tient, à tous et toutes, à cœur : la réconciliation mais surtout la justice réparatrice. Car, 25 ans après le vote en France de la loi Taubira reconnaissant la traite et l’esclavage comme « crime contre l’humanité », qui incluait initialement un volet sur les réparations, des voix s’élèvent, notamment au sein de l’Union africaine ou de la CARICOM dans les Caraïbes. En mars 2026, l’ONU a adopté une résolution présentée par le Ghana pour reconnaitre l’esclavage comme « le plus grave crime contre l’humanité », une résolution qui s’empare également du sujet des réparations.

À 86 ans, Pierre et Dieudonné, 61 ans, fourmillent de projets au sein de l’association La Coque Nomade Fraternité et de la Fédération internationale des héritiers de l’esclavage qu’ils viennent d’initier, avec différents acteurs de la société civile des Caraïbes, d’Angleterre ou du monde lusophone. L’objectif : rendre toujours plus visible cette mémoire et les héritages, les blessures que 400 ans d'esclavage ont laissées derrière eux dans les consciences, les identités et nos sociétés. Un projet de Mât de la fraternité est en cours à Bristol et dans d’autres villes du monde. Et des familles nantaises descendantes d'armateurs, sur l'exemple de Pierre, envisagent désormais de parler et de briser ce silence…

Un reportage de Céline Develay-Mazurelle à Nantes avec Dieudonné Boutrin, Pierre Guillon de Princé, l'historien Bernard Michon, Laura Trevelyan et John Dower, cofondateurs de l'organisation Heirs of slavery, Marie-Annick Gournet, vice-présidente associée de l'université de Bristol spécialisée dans la justice réparatrice, et Aïssata Seck, directrice de la Fondation pour la mémoire de l'esclavage.

En savoir plus :

– Sur l’association La Coque Nomade Fraternité basée à Nantes et fondée par Dieudonné Boutrin

– Sur le Mémorial de l’Abolition de l’Esclavage situé à Nantes sur le quai de la Fosse

– Sur l’organisation Heirs of Slavery fondée par Laura Trevelyan et John Dower, descendants d’esclavagistes britanniques à la Grenade

– Sur les travaux du projet Repairs de l'Agence nationale de la recherche, coordonné notamment par Magalie Bessone, Myriam Cottias et Elisabeth Cunin, avec Jessica Balguy

– Sur la Fondation pour la mémoire de l’esclavage et tous les évènements prévus pour les 25 ans du vote de la loi Taubira

– Sur la base de données Esclavage Indemnités qui rassemble les données sur les indemnités versées aux familles esclavagistes françaises à l’abolition de l’esclavage en 1849 et en 1825 à Haïti par le projet Repairs

– Sur la conférence Reimagining Higher Education as Accountable Partners in Repair and Transformation organisée le 19 mai 2026 à Bristol par Marie-Annick Gournet, vice-présidente associée de l'université de Bristol, en charge de la justice réparatrice

– Sur notre précédent voyage en 2019 à Nantes, sur les traces de la mémoire de l’esclavage colonial. Un reportage d'Inès Edel-Garcia.

À écouter aussiDes lieux qui regardent l’esclavage en face

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Derrière ce drôle d’acronyme, se trouve un réseau mondial d’échanges qui permet d’apprendre et vivre dans des fermes bio et paysannes partout dans le monde, une autre façon de voyager et partager…

Wwoofing signifie en anglais «World Wide Opportunies on Organic Farms», mais à force, l’acronyme est devenu un mot, une pratique à part entière. On dit qu’on wwoofe ou fait du wwoofing en Nouvelle-Zélande ou au Japon… Né au début des années 70 en Angleterre sous la forme de petites annonces, ce réseau compte aujourd’hui 100 000 wwoofeurs à travers le monde et met en relation des candidats à une expérience à la ferme avec des petites exploitations agricoles qui les accueillent, le temps d’un mois maximum.

Le principe est simple : les bénévoles wwoofeurs identifient une ferme membre du réseau dans le pays où ils veulent aller, et peuvent être accueillis, logés, nourris gratuitement contre cinq demi-journées par semaine d’entraide aux activités agricoles. Mais plutôt que de voyage pas cher ou de travail à la ferme, il convient de parler, à propos du wwoofing, d’échanges et de partages autour du vivant, dans l’intérêt et la défense d’une agriculture biologique et d’une paysannerie à taille humaine…

En près de 50 ans, le wwoofing s’est développé au point de devenir un phénomène mondial, qui ajoute un vrai supplément d’âme au voyage, déclenche parfois des transformations de vie et répond certainement à une quête de sens et de changement parmi une jeunesse en mal de repères et de liens avec la nature, face à des modèles hyperconsuméristes et hyperconnectés aux écrans.

Aujourd’hui, le wwoofing est l’un des premiers programmes d’échange éducatif et culturel au monde, présent dans plus de 132 pays, dont la France, les États-Unis, le Mexique, le Bénin, la Chine, l’Australie ou encore le Sénégal. Les wwoofeurs sont surtout des jeunes âgés de 18 à 35 ans et celles et ceux qui le pratiquent deviennent souvent des adeptes convaincus, les membres d’une grande famille bottes aux pieds et mains dans la terre…

Immersion en France dans une ferme de Saône-et-Loire et à la rencontre de wwoofeurs et de wwoofeuses.

Un voyage sonore de Viola Berlanda.

En savoir plus :

  • Sur le réseau international Wwoofing

  • Sur l’association Wwoof France

  • Sur l’histoire du mouvement avec Sue Coppard, la femme à l’origine de ce mouvement devenu mondial. Une conférence TEDx

  • Sur la loi Duplomb sur l’agriculture promulguée le 11 août 2025 et la pétition sans précédent contre cette loi qui a recueilli plus de 2 millions de signatures.

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Au-delà du Cercle arctique, dans les régions septentrionales de Suède, Norvège, Finlande ou de Russie vit le dernier peuple autochtone d’Europe : les Sámis. Voyage en Finlande au cœur du Sápmi, la terre de leurs ancêtres…

Répartis sur un vaste territoire, longtemps dénué de frontières, les Sámis sont aujourd’hui 80 000 habitant.e.s environ. Pendant des milliers d’années, les Sámis ont vécu nomades, de la pêche et de la chasse, au gré des transhumances de leurs troupeaux de rennes, cultivant un mode de vie pacifique, en harmonie avec le monde vivant, à la source de leur cosmogonie. Dans les langues sámies, il n’y a aucun mot pour dire « haine » mais il en existe plus de 300 pour décrire la neige…

Oubliez le terme « Laponie » ou « Lapons », des exonymes coloniaux péjoratifs, qui en suédois, les désignent comme des « porteurs de haillons ». Des siècles de colonisation et d’assimilation ont certes mis à mal l’identité culturelle, artistique et linguistique du peuple sámi; mais depuis 1986, il bénéficie d’une reconnaissance officielle ; il a son drapeau, un Parlement sámi en Norvège, en Suède, et en Finlande depuis 1996.

Et c’est justement en Finlande, qu’est partie Jeanne Lacaille, à la rencontre de celles et ceux qui œuvrent pour faire entendre la voix des Sámis, aujourd’hui encore confrontés à de nombreuses menaces : prédations foncières liées à l’extension de l’agriculture ou le développement de projets miniers ou éoliens sur leurs terres, racisme, surtourisme et bien sûr, changement climatique, la zone arctique se réchauffant quatre fois plus vite que le reste de la planète.

Longtemps écartés des réflexions stratégiques et des décisions politiques concernant leur territoire, les Sámis luttent depuis plus de cinquante ans pour une reconnaissance politique, reconquérir leurs droits, leur identité et leur dignité, et surtout préserver leur terre. Aujourd’hui, toute une jeune génération d’activistes sámis prend le relais des aînés, sur fond de joik, cette tradition chantée sámie parmi les plus anciennes d’Europe, qui résonne particulièrement dans les immensités de la toundra.

Un voyage sonore en deux épisodes de Jeanne Lacaille initialement diffusé en avril 2025.

À écouter aussiEn Finlande, les gardiens du Sápmi #1

Avec :

  • Teija Kaartokallio, présidente de l'association Suoma Sámi Nuorat
  • Taija Aikio, conservatrice de Siida, le musée sámi d'Inari
  • Mikkâl Antti Morottaja alias Amoc, journaliste à Yle Sami Radio et rappeur
  • Anna Näkkäläjärvi-Länsman alias Ánnámáret, musicienne, chanteuse de joiks et éleveuse de rennes
  • Asko Länsman, éleveur de rennes et mari d’Anna
  • Niila-Juhán Valkeapää, secrétaire de l'association Suoma Sámi Nuorat et président du comité des jeunes sámis du Parlement Sámi de Finlande
  • Tuomas Aslak Juuso, second vice-président du Parlement Sámi de Finlande et éleveur de rennes
  • Áslak Holmberg, membre actif de la communauté et ancien président du Conseil Sámi

En savoir plus :

  • sur le Musée Siida, musée sámi et centre pour la nature d’Inari
  • sur le Conseil Sámi ou Saami Council, une ONG créée en 1956 pour la défense du peuple sámi et composée de membres de Finlande, Suède, Norvège et Russie
  • sur le Parlement Sámi en Finlande qui se réunit au Centre culturel sámi Sajos à Inari
  • sur Suoma Sámi Nuorat, l’association des jeunes Sámis de Finlande
  • sur la musique d’Ánnámáret, musicienne et joikeuse sámie
  • sur le rappeur sámi Amoc, son instagram : @amocofficial
  • sur Yle Sámi Radio, la radio des Sámis en Finlande
  • sur le Festival Ijahis Idja organisé par Ánnámáret, qui se tient chaque année, en août, à Inari

Programmation musicale :

  • Mari Boine, Béaïvi Nieïda 1998
  • Hildá Länsmann & Lávre, Jodi 2021

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Au-delà du cercle Arctique, dans les régions septentrionales de Suède, Norvège, Finlande ou de Russie vit le dernier peuple autochtone d’Europe : les Sámis. Voyage en Finlande au cœur du Sápmi, la terre de leurs ancêtres…

Répartis sur un vaste territoire, longtemps dénué de frontières, les Sámis sont aujourd’hui 80 000 habitants environ. Pendant des milliers d’années, les Sámis ont vécu nomades, de la pêche et de la chasse, au gré des transhumances de leurs troupeaux de rennes, cultivant un mode de vie pacifique, en harmonie avec le monde vivant, à la source de leur cosmogonie. Dans les langues sámies, il n’y a aucun mot pour dire « haine » mais il en existe plus de 300 pour décrire la neige.

Oubliez le terme « Laponie » ou « Lapons », des exonymes coloniaux péjoratifs, qui en suédois les désignent comme des « porteurs de haillons ». Des siècles de colonisation et d’assimilation ont certes mis à mal l’identité culturelle, artistique et linguistique du peuple sámi; mais depuis 1986, il bénéficie d’une reconnaissance officielle ; il a son drapeau, un Parlement sámi en Norvège, en Suède, et en Finlande depuis 1996.

Et c’est justement en Finlande, qu’est partie Jeanne Lacaille, à la rencontre de celles et ceux qui œuvrent pour faire entendre la voix des Sámis, aujourd’hui encore confrontés à de nombreuses menaces : prédations foncières liées à l’extension de l’agriculture ou le développement de projets miniers ou éoliens sur leurs terres, racisme, surtourisme et bien sûr, changement climatique, la zone arctique se réchauffant quatre fois plus vite que le reste de la planète.

Longtemps écartés des réflexions stratégiques et des décisions politiques concernant leur territoire, les Sámis luttent depuis plus de cinquante ans pour une reconnaissance politique, reconquérir leurs droits, leur identité et leur dignité, et surtout préserver leur terre. Aujourd’hui, toute une jeune génération d’activistes sámis prend le relais des aînés, sur fond de joik, cette tradition chantée sámie parmi les plus anciennes d’Europe, qui résonne particulièrement dans les immensités de la toundra.

Un voyage sonore en deux épisodes de Jeanne Lacaille, initialement diffusé en avril 2025.

Avec :

  • Teija Kaartokallio, présidente de l'association Suoma Sámi Nuorat
  • Taija Aikio, conservatrice de Siida, le musée sámi d'Inari
  • Mikkâl Antti Morottaja alias Amoc, journaliste à Yle Sami Radio et rappeur
  • Anna Näkkäläjärvi-Länsman alias Ánnámáret, musicienne, chanteuse de joiks et éleveuse de rennes
  • Asko Länsman, éleveur de rennes et mari d’Anna
  • Niila-Juhán Valkeapää, secrétaire de l'association Suoma Sámi Nuorat et président du comité des jeunes sámis du Parlement Sámi de Finlande
  • Tuomas Aslak Juuso, second vice-président du Parlement Sámi de Finlande et éleveur de rennes
  • Áslak Holmberg, membre actif de la communauté et ancien président du Conseil Sámi.

En savoir plus :

  • sur le Musée Siida, musée sámi et centre pour la nature d’Inari
  • sur le Conseil Sámi ou Saami Council, une ONG créée en 1956 pour la défense du peuple sámi et composée de membres de Finlande, Suède, Norvège et Russie
  • sur le Parlement Sámi en Finlande qui se réunit au Centre culturel sámi Sajos à Inari
  • sur Suoma Sámi Nuorat, l’association des jeunes Sámis de Finlande
  • sur la musique d’Ánnámáret, musicienne et joikeuse sámie
  • sur le rappeur sámi Amoc, son instagram : @amocofficial
  • sur Yle Sámi Radio, la radio des Sámis en Finlande
  • sur le Festival Ijahis Idja organisé par Ánnámáret, qui se tient chaque année, en août, à Inari.

Programmation musicale :

  • Amoc & Ailu Valle, Suola ja nuaidi 2025
  • Ánnámáret, Heaikka Iŋger Ánná 2025

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Suivons le rythme du troupeau et le calendrier des montagnes, dans les hauts plateaux bulgares, avec une écrivaine de l’expérience et du grand dehors.

Il y a quatre ans déjà, à l’occasion du Prix Nicolas Bouvier que lui avait décerné, en 2020, le Festival Étonnants Voyageurs de Saint-Malo en France, on avait reçu la poétesse et écrivaine de non fiction, d’origine bulgare, installée en Ecosse: Kapka Kassabova. Autour de ses deux premiers ouvrages : «Lisières» et «L'écho du Lac», mêlant voyage et érudition, poésie et immersion, sillonnant ses terres natales à chaque fois, dans les Balkans. Et après «Elixir», son troisième opus placé dans la vallée reculée de la Mesta, voilà Kapka partie à la rencontre des derniers éleveurs nomades des Monts du Pirin, en Bulgarie, situés non loin de la Mesta…

Dans «Anima», ce quatrième récit entre éloge et élégie du monde pastoral, on croise un peuple nomade millénaire «les Karakachans», Kamen, l’homme au nom de pierre, Sasho, «le berger aux yeux décolorés par la tristesse et l’alcool», Marina, la biologiste qui appelle les loups, les plus vieux moutons du monde, des chiens de garde nobles et résistants et des paysages de montagne qui vous étreignent et vous retiennent.

Anima, c’est l’âme en latin. La racine du mot « animal » aussi, soit tout être qui respire, doué d’une âme, de vie. Ce qui renvoie à l’animisme bien sûr. Les nomades karakachans l’appelaient « psyché ». Elle leur apparaissait sous forme de souffle, de brume ou de vent. Et c’est ce souffle du vivant, la force du lien entre humains et non-humains, que vient capter Kapka sur près de cinq cents pages, au moyen d’un récit puissant, à l’occasion d’une estive parmi six cents moutons, en immersion ; car comme le dit Kapka «ce ne sont pas les grandes idées qui changent le monde mais l’expérience et le vécu des lieux et des gens…». Ainsi, après pas mal de temps passé là-haut, Kapka Kassabova est finalement redescendue pour se faire l’émissaire, à sa manière, de ce monde âpre et en sursis, au bord de la disparition, qui vit encore en harmonie dans ce grand cycle de la nature…

Transhumance sonore et littéraire avec une grande écrivaine de la nature qui nous invite à repenser notre rapport au vivant et au monde finalement.

À lire :

  • «Anima», de Kapka Kassabova. Éditions Marchialy. 2025. Traduit de l’anglais par Morgane Saysana.

  • «Elixir», de Kapka Kassabova. Éditions Marchialy. 2024. Traduit de l’anglais par Morgane Saysana.

  • «L’écho du lac», de Kapka Kassabova. Éditions Marchialy. 2021. Traduit de l’anglais par Morgane Saysana.

  • «Lisières», de Kapka Kassabova. Éditions Marchialy. 2020. Traduit de l’anglais par Morgane Saysana. Prix Nicolas Bouvier 2020.

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Dans « Coyote », Prix Nicolas Bouvier au dernier Festival Étonnants Voyageurs, l’écrivain français nous embarque en road trip le long de la frontière entre le Mexique et les États-Unis, le pouce levé mais surtout à l’écoute des autres.

Longtemps après son retour, Sylvain Prudhomme a continué d’être hanté par le voyage en autostop sur près de 2 500 km, qu’il avait réalisé le long de la frontière américano-mexicaine, en 2018 pour la revue française « America ». Quelques années plus tard, il a alors décidé de rouvrir ses carnets et de nous livrer un récit de non-fiction hybride, mêlant notes personnelles, polaroïds et paroles recueillies sur la route auprès d'automobilistes, mexicains surtout, qui ont bien voulu le prendre en stop. En route, chacun.e se livre à sa guise, dans d’épatants monologues reconstitués par l’auteur, où l’on devine en creux la présence et l’écoute pudique de l’écrivain qui sait s’effacer devant son sujet : la frontière et ceux qui la vivent, la côtoient, l’éprouvent.

Même si, de Tijuana côté Pacifique jusqu'au poste-frontière de Matamoros, non loin du Golfe du Mexique, le mouvement et la route sont partout présents, « Coyote » se tient loin du récit de voyage, du genre autocentré. Il se lit, s’écoute comme un collage, choral et sensible, au sujet d'un territoire désertique hanté par le mur de Trump, son absurdité et sa violence ; hanté aussi par les représentations héritées du cinéma, américain notamment. À ces représentations, l’écrivain oppose la force du témoignage, la complexité du réel, où la frontière se révèle un monde en soi, un entre-deux qui sépare autant qu'il relie. Alors, dans l’habitacle des voitures et des intimités qui s’y racontent, le lecteur devient passager et l’écrivain passeur.

Avec Sylvain Prudhomme, écrivain français et auteur d’une dizaine de romans.

À lire :

  • « Coyote ». Sylvain Prudhomme. Éditions de Minuit. 2024

  • « Par les routes ». Sylvain Prudhomme. Éditions Gallimard. 2019

  • « Les Grands » Sylvain Prudhomme. Éditions Gallimard. 2014.

En savoir plus :

  • Sur le Festival Étonnants Voyageurs qui s’est tenu du 7 au 9 juin 2025 à Saint-Malo en France

  • Sur le Super Mama Djombo, orchestre mythique de Guinée-Bissau auquel a rendu hommage Sylvain Prudhomme dans son livre « Les Grands ». Quelques articles dans le site Pan African Music

  • Sur James Agee, auteur de « Louons maintenant les grands hommes », récit méticuleux, total et à hauteur d’homme(s) sur la vie des métayers du vieux Sud américain en 1936. Une référence pour Sylvain Prudhomme.

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Alors que la 3è conférence des Nations unies sur l’Océan se tient à Nice du 9 au 13 juin 2025, il faut plus que jamais écouter, réécouter cette grande voix des océans qu’était Anita Conti.

Née à l’aube du XXè siècle, cette pionnière de l’océanographie moderne, également photographe, vidéaste et écrivaine française, a sillonné les mers du monde en quête de sciences, d’images, de mots et surtout d’horizons. Et suivre le sillage d’Anita Conti, c’est instantanément sentir un vent de liberté souffler, charriant avec lui les mots « avant-garde », « poésie » ou « engagement », mêlés aux intonations enjouées, à jamais gravées dans les archives radiophoniques françaises, de celle que l’on surnommait la Dame de la mer.

Anita Conti, née Caracotchian, a donc traversé son siècle avec une détermination sans faille, seule femme à bord des bateaux de pêche, que ce soit des chalutiers terre-neuvas dans l’Atlantique Nord ou des pirogues des mers chaudes, pendant ses dix années passées en Afrique de l’Ouest. Tour à tour relieuse d’art, journaliste, scientifique, résistante engagée sur les démineurs en 1939, écrivaine, lanceuse d’alerte sur les dégâts de la surpêche industrielle ou précurseure notamment de l’aquaculture, Anita Conti a inspiré des générations d’enfants de la mer.

À ceux qui lui demandaient si elle était un garçon manqué, Anita Conti répondait : « Non, je suis une femme réussie ! » ; une femme qui jusqu’à son dernier souffle, en 1997, à l’âge de 98 ans, va s’attacher à donner une voix aux océans et à ceux qui les peuplent et en vivent…

Un reportage de Céline Develay-Mazurelle et Laure Allary, initialement diffusé en février 2025.

En savoir plus :

  • Sur la 3e Conférence des Nations Unies sur l’Océan qui se tient du 9 au 13 juin 2025 à Nice

  • Sur Les Pêcheries de Fécamp qui avaient imaginé en 2024 l’exposition « Anita Conti, la Dame aux semelles de vent »

  • Sur le Fonds Anita Conti conservé par les Archives de Lorient depuis 2003. Il se compose d'archives papier, d'environ 40 000 photographies, des centaines d'objets et d’une bibliothèque de 1 800 ouvrages.

  • Sur Laurent Girault-Conti, fils adoptif d’Anita qui œuvre, depuis des décennies, à transmettre l’œuvre, la vie et le message d’Anita. Il a notamment publié le très bel ouvrage « Anita Conti et la Bretagne »

  • Sur les ouvrages d’Anita Conti paru en France aux Éditions Payot.

À lire :

  • « Racleurs d’océans ». Anita Conti. Éd. originale 1953. Petite Bibliothèque Payot 2017

  • « Géants des mers chaudes ». Anita Conti. Éd. originale 1957. Petite Bibliothèque Payot 2021

  • « Le carnet Vikings. 70 jours en mer de Barents ». Anita Conti. Éditions Payot 2018

  • « L’océan, les bêtes et l’homme ou l’ivresse du risque ». Anita Conti. Éditions Payot 2019

  • « Anita Conti et la Bretagne ». Laurent Girault-Conti. Éditions Filigrane 2021

  • « Anita Conti ». Catell et Bocquet. Une biographie dessinée parue chez Casterman. 2024

- « Anita Conti, la Dame aux semelles de vent », le catalogue de l’exposition des Pêcheries de Fécamp. 2024.

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Itinérance ferroviaire de Paris à Istanbul, sur le tracé historique de l’Orient-Express. Une éloge de la lenteur et du voyage en train, avec beaucoup d’escales.

Paris-Munich-Vienne-Budapest-Bucarest-Istanbul : c’est le trajet historique de l’Orient-Express inauguré en 1883. Parti pour la première fois depuis la gare de l’Est à Paris, ce train de légende va ouvrir les portes de l’Orient, rapprocher les cultures et les hommes. À l’époque, certains commentateurs allaient même jusqu’à dire que le Bosphore était devenu la banlieue de Paris. L’avion n’en était alors qu’à ses balbutiements et quatre pour rejoindre directement Constantinople et cet Orient rêvé, fantasmé, c’était une vraie révolution ! Jusqu’en 1977, ce train mythique, luxueux, va embarquer toute une aristocratie européenne en mal de grands voyages et d’écrivains en quête de sensations. Aujourd’hui, au XXIe siècle, alors que le train revient en force et que les voyageurs s’interrogent sur l’impact carbone de leurs mobilités, il aura fallu aussi quatre jours à Sibylle d’Orgeval, notre reporter, pour rejoindre les rives du Bosphore, après de multiples escales, de rencontres inattendues, d’images furtives et de changements de train : six au total. Prenez votre billet, embarquement immédiat sur l’Orient pas si Express…

Un voyage sonore de Sibylle d’Orgeval initialement diffusé en mars 2024.

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Perdu dans l’océan Indien, entre les côtes yéménites et somaliennes, l’archipel de Socotra fascine tous ceux qui s’y aventurent. Parmi eux, le reporter français Quentin Müller qui vient de publier un singulier récit de voyage, journalistique et géopolitique. Une ode aussi, sensible, à la grande île décidément magnétique.

Dans le monde, il est des lieux où les superlatifs peinent à dire la force des éléments, la puissance des paysages et des solitudes qu'on y rencontre… L’archipel yéménite de Socotra, situé dans la mer d’Arabie, à l’entrée du Golfe d’Aden, est de ceux-là. Depuis des siècles, des millénaires, les relations qui en ont été faites par les voyageurs, de Marco Polo à Pline l’ancien ou Ibn Battûta ont suscité bien des légendes, faisant de Socotra et ses montagnes le lieu d’origine du phénix sacré, un repaire de pirates ou de sorciers, un jardin d’Eden voire une île cannibale.

Aujourd’hui, même si la guerre du Yémen et la géopolitique tourmentée de la région ont rattrapé ces terres rocailleuses, isolées et longtemps peuplées de bédouins réfugiés dans ses grottes, on dit encore de son île principale, sanctuaire de fascinants arbres dragon, balayée par les vents et les tempêtes, qu’elle est «extraterrestre».

«Le paysage est un état d’âme», disait Victor Hugo, parce qu’il n’existe, peut-être, que dans les yeux de celui ou celle qui le regarde… Aujourd’hui, c’est donc à travers le regard singulier, sensible, précis d’un spécialiste français de la péninsule Arabique et grand amoureux du Yémen, Quentin Müller, que nous allons voyager et regarder Socotra. Le reporter nomade vient de publier en France «L'arbre et la tempête» : un récit personnel, entre quête et enquête, qui replace l’île au cœur d’enjeux géopolitiques majeurs, complexes et qui s’attache surtout à rendre plus proche et plus humaine cette île oubliée du reste du monde. Sauf peut-être de ceux, qui comme lui, un jour, en ont rêvé et y sont allés…

À lire :

  • «L’arbre et la tempête. Socotra, l’île oubliée», de Quentin Müller. Éditions Marchialy. 2025

  • Sur le classement au Patrimoine mondial de l’humanité, de Socotra par l’Unesco

  • Sur l’arbre dragon de Socotra, un reportage de Quentin Müller pour le Monde diplomatique

  • «Voulez-vous que je vous raconte le Socotra d’autrefois?», un article sur l’histoire de Socotra perçu comme un lieu d'exception. 2011. Par l’anthropologue française Nathalie Peutz.

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On file tout au nord du monde, en expédition sur un traîneau à chiens, quelque part sur l'inlandsis du Groënland. À sa tête, une femme, une grande exploratrice méconnue : Arnarulunnguaq.

Arnarulunngaq est un nom qui ne vous dit sûrement rien et pourtant, cette exploratrice inuite, née à la fin du XIXè siècle est un monument à sa manière…

Dans son sillage et celui du traîneau qui file dans le Grand Nord, on retrouve tout un pan de l’histoire de l’exploration de ces confins arctiques, la vie rude, impressionnante de ceux qui les peuplent, une déesse de la mer aux doigts coupés, le mythe de Thulé ou l’illustre anthropologue danois à l’âme aventureuse : Knud Rasmussen, avec l’horizon glacé, à perte de vue…

De 1921 à 1924, Arnarulunngaq a participé à la célèbre cinquième expédition de Thulé de Knud Rasmussen, qui va les emmener, sur près de 3 ans, de Ummannaq au détroit de Béring, à travers l’Arctique canadien jusqu’en Alaska. Cette mission épique et héroïque va permettre de comprendre l’origine du peuple inuit, mais aussi de rassembler une collection de près de 20 000 artefacts, qui aujourd’hui représente l’une des plus grandes collections au monde sur les peuples de l’Arctique, désormais dans les musées danois.

Cette semaine, on part pour un voyage polaire et littéraire, où une fois n’est pas coutume, une femme, qui plus est autochtone, est au centre, avec la navigatrice et écrivaine française Isabelle Autissier, qui voyage, cabote régulièrement dans ces contrées. Elle vient de publier en France aux Éditions Paulsen « La Fille du grand hiver », un récit romancé qui nous raconte la destinée à la fois extraordinaire et terriblement humaine d’Arnarulunngaq, une femme qui, un jour, a percé le plafond de verre ou plutôt de glace…

En savoir plus :

  • Sur Arnarulunngaq, le site de visitgreenland met en lumière cette héroïne. En anglais

  • Sur la célèbre 5e mission de Thulé de Knud Rasmussen. En anglais

  • Sur « La Fille du grand hiver » d’Isabelle Autissier, paru aux Éditions Paulsen

  • Sur Ada Blackjack, une autre femme inuite au destin extraordinaire, surnommée la survivante de l’Arctique ou la « Robinson Crusoé au féminin ». Le livre de Jennifer Niven, préfacé par Isabelle Autissier, est paru aux Éditions Paulsen.

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La cité portuaire bretonne porte en elle l’histoire de cette grande aventure du commerce du lointain, vers l’Asie, au XVIIe et XVIIIe siècle. Une aventure commerciale, maritime, politique, coloniale et esclavagiste.

En 1664, quand l’intendant de Louis XIV, Jean-Baptiste Colbert décide de la création de la Compagnie des Indes orientales, la France arrive en retard dans la compétition commerciale à laquelle se livrent déjà les grandes puissances européennes du XVIIe siècle. Les Portugais qui ont franchi le Cap de Bonne Espérance en 1488 ont ouvert la voie des Indes par la mer et, dix ans plus tard, Vasco de Gama rejoint Calicut en 1498. Dans leur sillage, arrivent ensuite les vaisseaux britanniques ou néerlandais qui fonderont ensuite, au début du XVIIe siècle, de puissantes compagnies de commerce. Car eux aussi, cherchaient à s’affranchir des voies terrestres sur les routes de la soie, afin d’établir des comptoirs et développer ce négoce, le « plus riche commerce du monde », disait-on. L’Orient, l’Asie, les Indes sont alors des terres qui fascinent, perçues comme des contrées lointaines d’abondance, de pierreries, d’étoffes ou d’épices.

En France, la première Compagnie des Indes (il y en aura trois successives) sera donc royale et bénéficie de multiples privilèges : monopole du commerce avec l'Orient, droit de propriété des terres occupées, droit de justice souveraine, d’armer des bateaux de guerre ou droit d’esclavage, etc… Son siège sera établi à Lorient, en Bretagne, une ville qui va naître et se développer avec la Compagnie jusqu’à devenir la porte vers l’Orient, auquel elle doit d’ailleurs son nom. Aujourd’hui, face à la mer, sur le site magnifique de la Citadelle de Port-Louis, le musée de la Compagnie des Indes, ouvert en 1984, retrace cette histoire complexe, mais fondatrice. Dans ce musée truffé d’étoffes, de cartes anciennes, de maquettes de bateaux ou de porcelaines, on raconte donc les épopées maritimes à bord des gros navires de la Compagnie des Indes, les marchandises convoitées et l’économie Monde déjà très concurrentielle au XVIIe siècle.

Mais derrière ces longs voyages aux parfums d’aventure et d’exotisme, se dessinent des logiques de compétition et de prédation telles que l’homme deviendra une marchandise comme les autres. Le système esclavagiste et plantationnaire, notamment dans les Mascareignes soit l’île de La Réunion, Rodrigues et Maurice, faisait, en effet, partie intégrante du fonctionnement de la Compagnie fondée par Colbert, par ailleurs à l’origine du Code noir. Lorient sera donc un port négrier, le premier de France même, pendant une courte période de monopole… Déployées sur tous les continents, les compagnies européennes de commerce vont semer les graines de la mondialisation, ouvrant la voie à une société de consommation où les produits sont fabriqués aux quatre coins du monde, à commencer par la Chine, aujourd’hui justement en guerre commerciale avec les États-Unis…

► Un reportage de Céline Develay-Mazurelle avec Laure Allary.

En savoir plus Sur la destination Lorient Bretagne Sud et préparer votre voyage * Sur le musée de la Compagnie des Indes de Lorient * Sur l’ouvrage de référence Les compagnies des Indes de Gérard Le Bouëdec et Philippe Haudrère, réédition augmentée, Rennes, Editions Ouest-France-Edilarge, mai 2024 * Sur Lorient, la compagnie des Indes et l’esclavage, un article de Jacques Chérel, 2018 * Sur *la Compagnie des Indes et l’île Bourbon- La Réunion, un article de Philippe Haudrère * Sur les indiennes de traite, un article de Krystel Galdé, 2018 * Sur Le café, plaisir au goût d’amertume, une exposition au musée de la Compagnie des Indes, 2022

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L'aventurière et archéologue britannique aura mené une existence à nulle autre pareille, une vie digne d’un roman, faîte d’aventures, d’amours contrariés et d’intrigues politiques. Avec le désert et la Mésopotamie de la fin du XIXe siècle - début XXe pour décor et refuge.

À son sujet, les surnoms sont légion et en disent long : la « Khatoun » soit la sultane en turc, la « Lawrence d'Arabie au féminin , la reine du désert, la reine sans couronne... Et pourtant, rien ne prédestinait Gertrude Bell à un tel destin. Née en 1868 dans une famille anglaise très fortunée, où le destin d'une fille de bonne famille est d'abord de faire de belles noces et de beaux enfants, Gertrude Bell sera à la fois archéologue, alpiniste, exploratrice, diplomate, voire espionne…

Polyglotte et première diplômée d’Oxford en histoire moderne, cette femme a eu l’occasion, comme certaines de ses compatriotes anglaises issues de l’upper-class victorienne, de se mesurer au vaste monde, fuyant les conventions et un milieu certes privilégié, mais très étriqué pour le genre féminin, surtout quand il est intrépide… En même temps, Gertrude affichera des positions contradictoires contre le droit de vote des femmes, considérant qu'elles ne sont pas assez éduquées pour l'exercer. Elle sera fascinée par l'Orient, les cultures et les langues des bédouins locaux qu'elle respectait et traitait en égaux, mais tiendra toujours une stricte position coloniale et britannique.

Malgré l’influence immense qu’elle a eue sur le Moyen-Orient et notamment le fait qu’elle participera à dessiner les contours de l’actuel Irak dans un contexte impérialiste féroce, Gertrude Bell demeure peu connue encore aujourd’hui, en particulier dans le monde francophone. Et c’est certainement ce qui a intrigué, fasciné, notre consœur journaliste de France 24, Roselyne Febvre… Elle lui consacre une biographie romancée parue récemment en France, aux Éditions du Rocher : Le Pacte du désert.

À écouter aussi«Le pacte du désert», Roselyne Febvre explore la vie d'une aventurière oubliée

À travers ce livre, on suit les méandres d’une existence singulière passée à dos de chameau ou de cheval dans le désert d’Arabie, à la rencontre de redoutables chefs bédouins, dans des cénacles et des lointains où la femme n’avait, à cette époque, pour ainsi dire, pas sa place. Gertrude Bell, elle, l’a trouvé dans le désert, trouvant aussi dans les immensités la consolation d’une certaine solitude, sur fond d'amours impossibles et de dépression tenace.

Un nouvel épisode de notre collection « Compagnons /Compagnes de route », série de portraits radiophoniques d’écrivains et d’écrivaines voyageurs et voyageuses. Avec Roselyne Febvre, autrice de Le pacte du désert.

En savoir plus :Sur Le pacte du désert de Roselyne Febvre. Édition du Rocher. 2025

Sur le fond d’archives de Gertrude Bell de l’Université de Newcastle qui concentre photos, cartes et écrits de la grande dame. Une vraie fenêtre sur le temps de Gertrude.

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Surnommé «le pionnier de la musique électronique nomade», le DJ et musicien français Molécule explore la planète avec ses micros et ses machines, en quête d'inspiration et de sons. Avec une prédilection pour les lieux extrêmes et surtout la mer.

Perché sur un phare en pleine mer, embarqué sur un chalutier breton dans l'Atlantique Nord, isolé dans un petit village du Groënland, au cœur de la glace et de l'hiver arctique, Molécule multiplie, depuis plus de dix ans, les expériences immersives et sonores. Son crédo au bout du micro ? Vivre la force, le génie des lieux, ressentir la puissance des éléments naturels, pour mieux en capter les sons et les mettre en musique, mais aussi en images.

Récemment, Molécule, alias Romain De La Haye Sérafini, a ainsi équipé le voilier du skipper Thomas Ruyant d'un dispositif aléatoire d'enregistrement -16 micros et 13 caméras-, durant son tour du monde à la voile en 2020, sur la mythique course du Vendée Globe. De cette expérience, en ressort un film singulier, co-réalisé avec Vincent Bonnemazou: «29 173 miles nautiques», sans commentaires ni voix off, qui tranche avec les récits d’aventure face caméra, qu’on retrouve souvent à propos de ce genre d’exploit sportif.

Autre projet marin, autre expérience inédite de notre homme, désormais installé à Cancale, en Bretagne : aller au plus près de la plus grosse vague au monde, celle de Nazaré située au Portugal, pour en capter la fureur et la beauté. Ce qu’il fera, en 2018, avec la complicité de l'élite des surfeurs de grosses vagues qui, eux seuls, savent se mesurer à cette vague pouvant atteindre jusqu'à 30 mètres. Cette fois-ci, ils seront équipés de micros «binaural» dans les oreilles, sur les combis ou les planches.

Plaçant le silence et l'écoute au cœur de son travail, Molécule s’inscrit, à sa manière, dans cette longue lignée d'audio-naturalistes ou de collecteurs de musiques traditionnelles qui, tout au long du XXè siècle, ont cherché, à travers le globe, les sons du dehors. Sauf que lui ne le fait pas nécessairement pour rendre compte de manière réaliste des paysages sonores. Il privilégie dans sa musique comme dans ses expéditions, l'accident et l'aventure, dans son sens le plus pur : «ce qui adviendra»…

Une rencontre avec Molécule, à l'occasion du Festival du Film d'Aventure de Paris où Molécule et son co-réalisateur Vincent Bonnemazou présentaient leur dernier film.

En savoir plus :

  • Sur l'actualité de l'artiste Molécule qui vient d'achever sa première symphonie avec l'Orchestre de Lille. Performance à venir au Théâtre Zingaro à Paris, les 3 et 4 avril 2025

  • Sur le dernier film de Molécule et Vincent Bonnemazou : «29173 NM», projeté récemment au Festival du Film d'Aventure de Paris

  • Sur le field recording ou enregistrement de terrain des sons du dehors

  • Sur le Festival du Film d'aventure de Paris, organisé au 104 par le voyagiste Terre d'aventures.

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Née à l’aube du XXe siècle, cette pionnière de l’océanographie moderne, photographe, vidéaste et écrivaine française, a sillonné les mers du monde en quête de sciences, d’images et surtout d’horizon.

Suivre le sillage d’Anita Conti, c’est instantanément sentir un vent de liberté souffler, charriant avec lui les mots « avant-garde », « poésie » ou « engagement », mêlés aux intonations enjouées, à jamais gravées dans les archives radiophoniques françaises, de celle que l’on surnommait « La Dame de la mer ».

Née en 1899, Anita Conti, née Caracotchian, a traversé son siècle avec une détermination sans faille, seule femme à bord des bateaux de pêche, que ce soit des chalutiers terre-neuvas dans l’Atlantique Nord ou des pirogues des mers chaudes, pendant ces dix années passées en Afrique de l’Ouest.

Tour à tour relieuse d’art, journaliste, scientifique de terrain, résistante engagée sur les démineurs en 1939, écrivaine, lanceuse d’alerte sur les dégâts de la surpêche ou précurseure de l’aquaculture, Anita Conti a inspiré des générations d’enfants de la mer. À ceux qui lui demandaient si elle était un garçon manqué, Anita Conti répondait : « Non, je suis une femme réussie ! » ; une femme qui, jusqu’à son dernier souffle, en 1997, à l’âge de 98 ans, va s’attacher à donner une voix aux océans et à ceux qui les peuplent et en vivent…

À l’occasion de l’année de la Mer 2025, et dans le cadre de l’exposition « Anita Conti, la femme aux semelles de vent » qui s’est tenue au Musée des Pêcheries de Fécamp, on suit son sillage profond.

Un reportage de Céline Develay-Mazurelle et Laure Allary

En savoir plus :

  • Sur Les Pêcheries de Fécamp qui ont imaginé l’exposition « Anita Conti, la Dame aux semelles de vent »

  • Sur le Fonds Anita Conti conservé par les Archives de Lorient depuis 2003. Il se compose d'archives papier, d'environ 40 000 photographies, des centaines d'objets et d’une bibliothèque de 1 800 ouvrages.

  • Sur Laurent Girault-Conti, fils adoptif d’Anita qui œuvre, depuis des décennies, à transmettre l’œuvre, la vie et le message d’Anita. Il a notamment publié le très bel ouvrage « Anita Conti et la Bretagne »

  • Sur les ouvrages d’Anita Conti paru en France aux Éditions Payot

  • Sur la surpêche et comment se portent les poissons en 2023, par l’Ifremer, institut français de recherche pour l’exploitation de la mer

  • Sur l’Année de la mer 2025.

À lire :

  • « Racleurs d’océans ». Anita Conti. Éd. originale 1953. Petite Bibliothèque Payot 2017

  • « Géants des mers chaudes ». Anita Conti. Éd. originale 1957. Petite Bibliothèque Payot 2021

  • « Le carnet Vikings. 70 jours en mer de Barents ». Anita Conti. Éditions Payot 2018

  • « L’océan, les bêtes et l’homme ou l’ivresse du risque ». Anita Conti. Éditions Payot 2019

  • « Anita Conti et la Bretagne ». Laurent Girault-Conti. Éditions Filigrane 2021

  • « Anita Conti ». Catell et Bocquet. Une biographie dessinée parue chez Casterman. 2024

- « Anita Conti, la Dame aux semelles de vent », le catalogue de l’exposition des Pêcheries de Fécamp. Éditions des Falaises 2024.

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À l’occasion du Festival du Film d’Aventure de Paris, rencontre avec une armatrice et navigatrice franco-suédoise, grande amoureuse des pôles.

Quand elle parle de la mer gelée, Sophie Galvagnon nous embarque avec elle, à bord, littéralement. Très tôt, cette Franco-Suédoise a été attirée par les zones froides du monde et après des études dans la marine marchande en France, elle deviendra à seulement 27 ans, la première femme aux commandes d’un navire d’expédition polaire. Aujourd’hui, à 37 ans, elle continue de se frotter aux conditions extrêmes de la navigation dans les glaces ; elle participe aussi à des projets innovants de navire d’exploration touristiques ou scientifiques dans l’Arctique ou l’Antarctique, nourrissant par-là cet imaginaire polaire tenace qui a envoyé depuis des siècles, des hommes et des femmes, vers ces contrées jadis inconnues et que l’on sait aujourd’hui de plus en plus fragiles et cruciales à la survie de notre planète.

Ce week-end, une fois n’est pas coutume, ce n’est pas à la passerelle d’un bateau que l’on retrouve Sophie Galvagnon, mais dans les salles obscures, dans le cadre du Festival du film d’Aventure de Paris, organisé par le voyagiste français Terres d’Aventures, où Sophie Galvagnon fait office de membre du jury et de conférencière. Car avec elle, la planète blanche n’a jamais été aussi proche...

En savoir plus :

  • Sur le festival du Film d’Aventure de Paris qui se tient au 104 à Paris, du 24 au 26 janvier 2025

  • Sur Selar et le projet de navire polaire décarboné que porte Sophie Galvagnon

  • Sur le projet Polar Pod, une plateforme océanographique en mer australe, imaginée par l’explorateur français Jean Louis-Étienne et sur laquelle a travaillé un temps Sophie Galvagnon

  • Sur l’association Empreinte Polaire, que Sophie a contribué à créer pour mieux faire connaitre et défendre les pôles.

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En Lozère, sur de hauts plateaux arides aux allures de steppes mongoles vivent en liberté, depuis 30 ans, des chevaux de Przewalski. Voyage dans des terres françaises reculées à la découverte de chevaux presque sauvages…

Le Causse Méjean est un pays montagnard, de pierres et de landes rases qu’on dit grandiose, austère, balayé par les vents et les solitudes. C’est là, depuis 30 ans, que l’association française Takh, soit « esprit » ou « cheval sauvage » en mongol, a implanté un troupeau de petits chevaux trapus, de couleur brun clair striés d’une raie de mulet noire le long de la colonne vertébrale. Ces équidés, uniques en leur genre, ressemblent étonnement aux chevaux préhistoriques que l’on retrouve sur les peintures rupestres et portent le nom d’un explorateur russe « Przewalski », qui un jour, au 19e siècle, a croisé leur route en Asie Centrale et les a fait connaître en Europe.

Depuis les années 1960, la race, originaire d’Asie centrale, s’est éteinte à l’état sauvage mais elle a survécu dans des zoos avant d’être introduite en Lozère puis réintroduite en Mongolie, avec le concours des autorités mongoles. Et depuis 2020, l’association Takh développe un projet de centre scientifique et écotouristique, à destination du grand public. Sur le Causse Méjean, l’observation à bonne distance de ces chevaux qui s’épanouissent ici sans aucune intervention humaine, offre un voyage dans l’espace, jusqu’en Asie Centrale mais aussi dans le temps, à une époque où des millions de chevaux vivaient encore à l’état sauvage. Elle permet aussi de comprendre leurs enjeux de survie, leurs relations sociales, leur rôle dans l’écosystème et comment ces chevaux façonnent le territoire, tout en interrogeant le bien être-animal. Ce qui à l’heure de l’Anthropocène, cette nouvelle ère où l’humain a bouleversé le monde en se pensant au-dessus de tout, permet de décentrer le regard et qui sait, de remettre l’homme à sa place… Au pays des Przewalski, nous regardons les chevaux et eux, nous apprennent à regarder le monde autrement.

En savoir plus :

  • Sur l’association Takh et son centre scientifique et écotouristique des chevaux de Przewalski situé au Villaret.

Un voyage sonore de Sibylle d’Orgeval, initialement diffusé en janvier 2024.

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Voyage en eau douce avec le naturaliste et biophysicien français qui, très tôt, a appris à lire l’eau et entend bien, depuis, partager la voix des rivières.

Dans l’eau des rivières, se trame un spectacle insoupçonné, invisible, parmi des mulettes centenaires, des grenouilles kleptomanes, des truites voyageuses ou de féroces et patientes libellules. En regardant la surface de l’eau, rares sont ceux à deviner et interpréter cet incroyable ballet du vivant qui se joue en dessous. Bill François, lui, le sait. Depuis des années, il observe patiemment ce monde aquatique et sillonne pour cela la planète, afin de nourrir ses travaux de recherche en tant que biophysicien, mais aussi ses livres naturalistes et réjouissants.

Après avoir mené de brillantes études, notamment sur la mécanique des fluides appliquée à la nage des bancs de poissons, ce pêcheur passionné a d’abord publié L’éloquence de la sardine paru en 2019 puis Le génie des mers. Mais cette fois, dans son dernier livre, il nous embarque en eau douce, à la découverte de rivières, de fleuves que l’on ne regarde plus et qui pourtant, telles des artères, irriguent nos vies terrestres, nourrissent nos sols et façonnent nos paysages intérieurs comme extérieurs.

Dans La truite et le perroquet paru en France aux Éditions Albin Michel, à travers son regard et sa plume sans cesse émerveillés, Bill François raconte d’incroyables histoires de poissons migrateurs, de loyers jadis payés en aiguilles au Moyen Âge ou de peuples d’Amazonie entièrement tournés vers l’eau et détenteurs d’un fascinant savoir consistant à modifier les couleurs des plumes d’un oiseau, à partir de venins de grenouilles, de graisses de poissons-chats ou d’œufs de tortue. Mais au-delà de cette quête du tapirage, du nom de cette mystérieuse technique qui fascine Bill François et l’entraine jusqu’au Brésil, l’écrivain naturaliste français nous invite à une lecture, une écoute des cours d’eau et de ceux qui les peuplent. Une invitation au voyage, en somme…

► À lire :

  • La truite et le perroquet. Confidences du peuple des rivières, Bill François. Éditions Albin Michel, 2024.
  • Le génie des mers, Bill François. Éditions Flammarion, 2023.
  • L’éloquence de la sardine, Bill François. Éditions Fayard, 2019.
  • Histoire d’un ruisseau, Elisée Reclus. Édition initiale 1869, réédition dans sa version intégrale chez Actes Sud en 2005.

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Engagé dans un processus revendiqué de décolonisation de ses collections, le musée McCord Stewart, musée d’histoire sociale de Montréal, propose désormais l’exposition permanente Voix autochtones d’aujourd’hui, une exposition passionnante et émouvante qui vise à redonner toute sa place aux cultures autochtones du Canada et du Québec en particulier.

(Rediffusion)

C’est une exposition qui invite à l’écoute… Écouter des voix autochtones longtemps silenciées, ignorées, dépréciées, « balayées avec arrogance de l’histoire officielle » nous dit l’exposition. Écouter ce qu’elles ont à nous dire : d’elles-mêmes, de leurs savoirs, de leurs traumas, de leur présent comme de leur passé. Surtout que le plus souvent, les allochtones -non autochtones- connaissent mal ces cultures ou les appréhendent, sans forcément en avoir conscience, à travers des biais, des représentations figées, stéréotypées, héritières des temps coloniaux.

Conçu comme une rencontre entre autochtones et allochtones, ce parcours muséal a été longuement pensé par la commissaire Huronne Wendate Elisabeth Kane qui, pendant 8 ans, a mené un travail inédit de concertation auprès de plus de 800 individus issus des 11 nations autochtones que compte le Québec. L’exposition présente alors une centaine d’objets tirés de la collection du musée et près de 80 témoignages textuels, audio ou vidéo de membres de ces Nations. Guidé par ces voix autochtones, le visiteur part alors à la découverte des savoirs traditionnels des Premières Nations, des traumas de la colonisation jusqu’à la résilience autochtone. Une exposition tel un chemin de vérité mais aussi de réconciliation.

Un reportage à Montréal de Céline Develay-Mazurelle et Laure Allary.

Aller plus loin, aller à Montréal :

  • Sur l’exposition « Voix autochtones d’aujourd’hui. Savoir, Trauma, Résilience » du Musée McCord Stewart

  • Pour découvrir le Montréal Autochtone, un article plein d’infos de Tourisme Montréal

  • Le Festival Présence Autochtone se tient chaque année la première quinzaine d’août à Montréal

  • Sur le Centre d’art autochtone autogéré de Montréal Daphné

  • Pour partir à la rencontre des 11 nations autochtones du Québec, l’indispensable site « Tourisme Autochtone Québec »

  • En ligne, le projet « Rencontres avec les nations autochtones » du Musée McCord Stewart offre une multitude de contenus numériques

  • Écoutez notre rencontre avec Joséphine Bacon, poétesse innue et grande voix autochtone du Québec.

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Road-trip à travers les grands espaces du Sud-Ouest américain, à bord d’une antique Ford Thunderbird, en suivant la route empruntée par les deux héroïnes de ce film culte américain.

Quand on part en virée entre amies aux États-Unis, on dit qu’on est « ready to Thelma and Louise », ce qui en dit long sur la postérité des deux héroïnes du film de Ridley Scott sorti en 1991. Ce road-movie, qui débute en virée joyeuse pour finir en cavale tragique et puissante, en aura pourtant envoyé plus d’une sur la route. C’est le cas de Marine Sanclemente et Catherine Faye, deux autrices françaises nomades qui ont décidé un jour de partir sur les traces de Thelma et Louise sur un coup de tête et de sang, puis d’accélérateur…

De cette échappée américaine, à l’ombre tutélaire de Thelma et de Louise, en épousant le trajet fictionnel de ces deux personnages, de l’Arkansas à l’Arizona, elles en ont tiré un récit écrit à 4 mains : « À la vie, à la mort » publié en France, aux Éditions Paulsen. En chemin, Catherine et Marine croisent et convoquent d’autres femmes bien réelles cette fois : Kadena la pompiste, Jan la bimbo armée jusqu’aux dents, Sheida l’Iranienne de Tulsa, Gloria, Mabel, Daisy ou encore Sunny, rescapée de l’emprise d’un gourou charismatique et violeur.

Échapper, réchapper au patriarcat et à l’emprise machiste pour mieux exister pleinement, librement sur la route, c’est la trame, le motif du film « Thelma et Louise » que viennent aussi interroger Marine et Catherine dans leur livre, dans une ère certes post #MeToo mais dans une réalité américaine à la sauce red-neck qui n’a décidément pas renoncé à Trump. Leur récit, émaillé de réflexions sur le consentement et les contraintes faites aux femmes et à leur corps, fait aussi office de serment d’amitié entre les deux voyageuses, d’ode au voyage et à ses vertus: la curiosité et l’émancipation en tête, quoiqu’il arrive…sur la route.

Une émission initialement diffusée en février 2024

À lire :

  • À la vie, à la mort, de Catherine Faye et Marine Sanclemente. Éditions Paulsen

  • L’année des deux dames, de Catherine Faye et Marine Sanclemente. Éditions Paulsen.

À écouter :

  • Notre échange avec les deux autrices autour d’Odette du Puigeaudeau et Marion Sénones, aventurières des sables.

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Cette semaine, on tombe le haut et le bas pour se mettre tout nu et à nu, afin d’interroger une pratique culturelle, touristique aussi, surtout occidentale : le naturisme.

La France est la première destination naturiste d’Europe, voire du monde, avec 4,7 millions d’adeptes, dont 2,6 millions d’étrangers qui, chaque année, souvent l’été, viennent dans l’hexagone pour vivre nu, ensemble, dans la nature, sans contrainte ni jugement. En prônant un certain retour à la nature dans la tolérance, la sobriété et le plus simple appareil, le naturisme a façonné un mode de vie singulier et alternatif, mais aussi des lieux (campings, centres, communautés…) en Europe, particulièrement sur les littoraux français.

Récemment, à Marseille, une grande exposition Paradis naturistes s’est tenue au Mucem, le Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée. Déjouant les stéréotypes tenaces adossés au mouvement naturiste, pour en comprendre l’histoire, les valeurs et les vertus. Ne laissant aucune question de côté et sans réponse : pourquoi se mettre ainsi tout.e nu.e ? Quelles différences entre naturisme et nudisme ? Quels liens entre nudité et sexualité ? Comment et pourquoi la France est-elle devenue un « paradis naturiste » ? Est-ce une pratique de blancs ? Et si oui, pourquoi ?

Certes, il y a le tabou de la nudité intégrale, visible et collective qui peut bousculer certain.e.s ; mais, une fois cette seule pensée ou vision dépassée, les naturismes – car ils sont pluriels – ont certainement beaucoup à nous apprendre sur notre rapport au corps et au monde. Surtout qu’à l’heure où les questions de respect de l’intégrité corporelle, de bouleversements climatiques, de lutte contre les discriminations ou les violences sexuelles et sexistes sont plus qu’à l’ordre du jour à travers le monde, il est certainement temps d’arrêter de regarder goguenards ces gens à poil et de tous poils. Arrêter de les regarder donc, pour mieux les écouter...

Avec le philosophe français Bernard Andrieu, auteur de Nudités. Philosophie des naturismes et co-commissaire de l'exposition Paradis naturistes au Mucem.

En savoir plus- Sur l’exposition Paradis naturistes qui vient de s’achever au Mucem, Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, situé à Marseille.

  • Sur Nudités. Philosophie des naturismes de Bernard Andrieu aux Éditions Presses universitaires de Rennes. Collection Epures.

  • Sur Monta Stories. Portrait d’un lieu pionnier du naturisme de Chloé Vasselin. Avec Magda Audredie à l’illustration. Un ouvrage autoédité sur l’histoire et les pionniers du Centre Héliomarin de Montalivet, dans le Sud-Ouest de la France.

  • Sur la Fédération française de naturisme : une mine d’infos pour savoir notamment où pratiquer le naturisme en toute liberté. Voir aussi le guide de voyage de Julien Claudé-Pénégry paru chez Hachette Voir la France tout nu.

  • Sur Vivre nu, un essai de la philosophe française Margaux Cassan. Éditions Grasset, 2023.

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Le Bénin a accueilli, en septembre 2023, la 50è édition du Championnat du monde de pétanque. Mais déjà, bien avant cet évènement qui a réuni 37 nations à Cotonou, le pays avait déclaré sa flamme au jeu de boules provençal.

Dans les rues de Porto Novo, Cotonou ou Abomey, il n’est pas rare de croiser sur des boulodromes improvisés des joueurs et des joueuses passionnés, en plein palabre pour savoir qui a emporté le point. Car au Bénin, la pétanque est devenue une affaire sérieuse, un sport national qui a vu émerger des titres et des champions qui ont su se rapprocher tout près du bouchon et fait de leur pays un vice-champion. En 2016 d’abord, après avoir battu la France en triplette masculine, la discipline reine ; puis en septembre 2023, en doublette pendant la compétition qui s’est tenue justement à Cotonou, à ciel ouvert, à l’ombre de sa grande Amazone.

Surtout- et c’est ce que la rue nous apprend-, ce jeu accessible, ouvert à tous, est devenu un loisir populaire et fédérateur dans le pays, comme ailleurs sur le continent, que ce soit à Madagascar, au Burkina Faso ou en Côte d’Ivoire. Arrivée sur le continent dans les valises des Marseillais pendant la colonisation, la pétanque n’est pas qu’une passion béninoise, mais depuis les derniers championnats de Cotonou, on voit bien qu’elle est là-bas un motif de ferveur et d’élan national.

Voyage entre le club mythique PCZAM de Cotonou et les terrains de boule de rue, à la rencontre de passionné.e.s d’hier et d’aujourd’hui, qui tirent et qui pointent !

Un reportage de Raphaëlle Constant initialement diffusé en janvier 2024.

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À l’occasion de sa réouverture, voyage intemporel en audio 3D au cœur de la plus célèbre des cathédrales de France. À partir d’enregistrements réalisés en 2013, dans le quotidien de Notre-Dame de Paris, juste avant que celui ne s’invente ou se réinvente…

Dimanche 8 décembre 2024, des dizaines de milliers de personnes sont attendues à Paris, sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame, pour une réouverture au public, en grande pompe, après cinq ans de travaux titanesques, suite au tragique incendie qui, en 2019, a ravagé l’édifice et médusé le monde.

Certes, le monument a désormais fait peau neuve, dévoilant à l’intérieur une blondeur insoupçonnée de sa pierre, un nouveau mobilier liturgique ou d’éclatantes peintures murales ; mais Notre-Dame de Paris retrouve surtout en ce week-end de célébration, sa vocation première : celle d’être à la fois un fascinant livre de pierre et d’histoire de France, mais aussi un lieu de culte catholique vivant, particulièrement visité.

Avant l’incendie, la cathédrale située sur l’île de la Cité, au cœur du Paris historique, était le monument le plus visité du pays, voire d’Europe, avec 12 millions de visiteurs par an. Aujourd’hui, après sa réouverture officielle, on attend plus de 15 millions de visiteurs.

Alors, au moment même où le monde va découvrir la nouvelle Notre-Dame, on vous offre une photographie sonore en audio 3D de son quotidien, tel que nous l’avions enregistré en 2013 ; du parvis bondé de touristes à la sacristie, en passant par sa nef ou ses deux tours au bestiaire fantastique, pour un voyage à travers le temps : celui des cathédrales.

Une production à écouter au casque avec le Labo RFI.

En savoir plus :

  • Sur le programme de réouverture de la cathédrale

  • Sur les réservations de visite de la nouvelle Notre-Dame

  • Sur les visites de groupe aux abords de la cathédrale proposées par le groupe CASA Notre Dame. Elles ont lieu tout au long du chantier et doivent reprendre prochainement

  • Sur le chantier de rénovation, allez sur Rebâtir Notre-Dame de Paris.

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Faut-il encore voyager ? Comment voyager autrement ? Quels sont les méfaits environnementaux, sociaux ou culturels du tourisme ? Analyse critique d’une culture hyper-valorisée dans nos sociétés contemporaines mais qui peut s’avérer dévorante…

Ces dernières années, le tourisme international a connu une croissance exponentielle, même après la crise sanitaire et en dépit de la crise climatique, suscitant des conflictualités nouvelles, liées notamment au surtourisme. De Barcelone -16 millions de visiteurs en 2023- à Athènes en passant par Venise -30 millions de touristes chaque année-, des manifestations se sont multipliées pour dénoncer la pression immobilière, l'inflation et les nuisances environnementales que génère, à l’heure de l’Anthropocène, le tourisme.

Dans son dernier essai «Dévorer le monde» paru en France, l’anthropologue française et militante écologiste Aude Vidal s’inscrit dans la lignée de ces mouvements et nous invite à réfléchir collectivement et individuellement sur la place qu’a fini par occuper le voyage dans les imaginaires et les modes de vie occidentaux : entre mobilité frénétique, inconscience entretenue et envie de se distinguer socialement. Car voyager pour ses loisirs, qui plus est à l’autre bout du monde, demeure un privilège. 80% de la population mondiale n’a ainsi jamais pris l’avion et seulement 1% de la population mondiale concentre 50% des émissions du secteur aérien.

Mais Aude Vidal, qui s’avoue elle-même grande voyageuse, interroge surtout l’industrie touristique qui pèse lourd dans l’économie mondiale et le PIB de nombreux pays ; une industrie «du surplus, qui privilégie les désirs des uns aux dépens des besoins des autres» et qui, tel un ogre, présiderait en quelque sorte, à la table d’un grand banquet où la planète et ses ressources seraient au menu.

Plus que d’émettre des solutions, des aménagements concrets contre le surtourisme, l’anthropologue s’attache plutôt à repolitiser un champ - le voyage- perçu, voulu comme une parenthèse déréalisée, loin du travail et des tracas du quotidien, pour ceux qui ont la chance et les moyens de partir. Ce faisant, elle dénonce le capitalisme à l'œuvre dans ces dynamiques touristiques et les inégalités croissantes qu’il produit, partout dans le monde.

Avec Aude Vidal, anthropologue française et autrice de « Dévorer le monde ».

À lire :

  • «Dévorer le monde. Voyage, capitalisme et domination». Aude Vidal. Éditions Payot. 2024

  • «Égologie: écologie, individualisme et course au bonheur». Aude Vidal. Éditions Le monde à l’envers. 2017

  • «La vraie vie est ici. Voyager encore?» Rodolphe Christin. Éditions Écosociété. 2020

  • «Désastres touristiques». Henri Mora. Éditions L’échappée. 2022

  • «Habiter une ville touristique». Collectif Droit à la ville Douarnenez. Éditions du commun. 2023

  • Le blog d’écologie politique d’Aude Vidal.

À voir :

  • Mayapolis, un documentaire de Renaud Lariagon sur le tourisme et l’expansion urbaine dans la péninsule du Yucatan, recommandé par Aude Vida. Disponible en ligne.

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Voyage en images avec le plus célèbre des photographes malgaches. Un maître du noir et blanc qui a toujours eu à cœur de partager son regard lumineux, poétique, au-delà des archétypes, sur la Grande Île.

Depuis près de 50 ans et sa base arrière de Fianarantsoa où il a installé son studio et une de ses galeries, Pierrot Men balade son regard, appareil en bandoulière, dans les coins les plus reculés de Madagascar. Connu comme le loup blanc là-bas, celui qui se destinait au départ à la peinture, est aujourd’hui une référence qui inspire toute la jeune génération de photographes malgaches, pour un regard de l’intérieur...

Né en 1954, Chan Hong Men Pierrot dit Pierrot Men voit sa carrière d’artiste photographe décoller après une première distinction à l’international, en 1994 avec le Prix Leica du Concours « Mother Jones » de San Francisco. Depuis, les honneurs et les expositions se succèdent sur le continent africain, comme dans le reste du monde : du Quai Branly à Paris, à la Chine en passant par la Biennale de Bamako ou les États-Unis.

Pour ce disciple revendiqué des grands portraitistes de studios africains comme Seydou Keïta ou Malick Sidibé, cette carrière internationale est une occasion en or de donner à voir son pays mais surtout son peuple, dont il illustre avec patience la réalité sociale et culturelle. Car dans l’œil de Pierrot Men, les travailleurs de l’ombre, charbonniers, briquetiers ou pêcheurs sont dans la lumière, parfois plongés dans une brume matinale ou crépusculaire, frêles silhouettes dans un décor de collines, de baobabs ou de rivages à couper le souffle.

Le rêve, l’enfance, l’immense dignité d’un peuple debout, affairé à travailler et à vivre, dans un pays miné par la pauvreté, c’est ce que l’on retrouve dans les images de Pierrot Men. Des images qui ont donné envie à beaucoup d’aller dans l’île de l’océan Indien et qui offrent surtout une autre perspective sur les habitants des campagnes de Madagascar.

Depuis les Hautes-Terres, au centre-sud du pays, suivons le regard de cet enfant de Madagascar, devenu à sa manière un ambassadeur, un archiviste sensible de l’île.

Un reportage à Madagascar de Raphaëlle Constant.

En savoir plus :

  • Sur le travail de Pierrot Men

  • Pierrot Men a une galerie à Fianarantsoa et une autre à Antananarivo (Tana water Front, Module N°2)

  • Sur les nombreuses publications de Pierrot Men, parmi lesquelles «Des hommes et des arbres» Éditions Carambole 2015 ou «Portraits d'Insurgés, Madagascar 1947», texte de Jean-Luc Raharimanana, Éditions Vents d'ailleurs, 2011.

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Cabotage de fjords en fjords dans l’océan Arctique, autour de l’archipel norvégien situé tout au nord du monde. À bord d’un vieux bateau emblématique qui vient d’achever sa dernière saison dans les eaux glacées du Spitzberg.

Pendant des décennies, le Nordstjernen ou « Étoile polaire » a promené son élégante silhouette dans l’archipel du Svalbard, un territoire émaillé d’îles et de fjords recouverts de glaciers. Construit en 1956 et désormais classé au patrimoine historique norvégien, ce bateau pouvant accueillir une centaine de passagers, a d’abord servi d’express-côtier le long du littoral enclavé de la Norvège, pour ensuite transporter chaque été, des voyageurs en croisière vers le Nord. Or, après une vaste entreprise de rénovation et du fait de son classement, ce vieux navire exploité par la compagnie Hurtigruten, ne correspond plus aux normes en vigueur qui permettent la navigation dans les eaux polaires, selon le Polar Code. Une retraite qui suscite beaucoup d’émotion chez les guides, les touristes de passage ou les locaux qui l’ont toujours connu.

L’occasion de dire adieu à cette «grande et vieille dame» qui a marqué les esprits dans l’archipel, d’aller chercher la banquise jusqu’au 80ème degré de latitude nord, de découvrir les joyaux de l’Arctique, mais aussi d’interroger ce type de voyage dans des terres malmenées par les bouleversements climatiques. Au Svalbard qui compte 3 000 habitants, plus de 130 000 touristes s’y rendent chaque année. Parmi eux, près de la moitié découvrent l’archipel en été et en bateau de croisière.

Un voyage sonore d’Oriane Laromiguière qui a effectué l’un des derniers voyages du Nordstjernen au Spitzberg.

En savoir plus :

  • Sur les croisières au Svalbard par la Compagnie Hurtigruten

  • Sur le navire historique le Nordstjernen. En anglais

  • Sur le Svalbard, l’une des terres habitées les plus au nord du monde.

À lire :

  • Un polar : «Personne ne meurt à Longyearbyen», de Morgan Audic, Albin Michel, 2023

  • Une biographie : «La femme au renard bleu», de Robyn Mundy, Paulsen, 2024

  • Un symbole : «L'ours polaire, vagabond des glaces», de Rémy Marion, Actes Sud, 2024.

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Dans ses récits de voyage comme dans ses romans, l'autrice naturaliste française a toujours préféré les chemins de traverse et les replis du territoire, pour aller chercher l’âme des lieux et des peuples.

Quand elle était petite, Clara Arnaud raconte avoir longtemps eu sur sa table de chevet un globe lumineux, éclairant ses rêves d’ailleurs comme ses veillées nocturnes à bouquiner en cachette de ses parents. Depuis, à 38 ans, l’écrivaine française a déjà publié plusieurs récits de voyage et trois romans, le dernier «Et vous passerez comme des vents fous» ayant reçu de nombreuses distinctions et rencontré le succès en France.

Rencontrer les lieux et ceux qui les peuplent, en livrer l’esprit, une boussole et un carnet de notes en poche, c’est ce qui semble avoir toujours guidé l’autrice nomade, dans ses écrits à mots pesés, comme dans ses voyages à pas lents, toujours à pied et souvent accompagnée d'un cheval. Après des échappées kirghizes, des itinérances en Chine avec deux chevaux, dans le Caucase aussi, ou après deux ans d'expatriation en République Démocratique du Congo, puis au Honduras, Clara Arnaud a désormais posé ses valises dans le Couserans, dans les Pyrénées ariégeoises, en France.

C'est de là qu'elle a puisé l'inspiration pour écrire son dernier roman peuplé d'ours et de bergers qui vient questionner notre rapport au sauvage, dans une écriture à fleur de peau et de territoire. Consciente qu’il n’y a pas qu’un seul monde, Clara Arnaud intercède à sa manière, se plaçant aux coutures des mondes animal, végétal ou humain reliés souvent entre eux sans le savoir. Ce faisant, elle arpente, débusque et interroge nos géographies sensibles, en mettant le corps en mouvement, parfois à l’épreuve, dans des espaces grands et sauvages de préférence.

Bibliographie :

  • «Au détour du Caucase. Conversation avec un cheval». Clara Arnaud. Éditions Actes Sud. Poche Babe. 2024

  • «Et vous passerez comme des vents fous». Clara Arnaud. Éditions Actes Sud. 2023

  • «La verticale du fleuve». Clara Arnaud. Éditions Actes Sud. 2021

  • «L'orage». Clara Arnaud. Éditions Gaïa. 2015.

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Pendant l’esclavage, les résistances et les visages du marronnage en Guyane française ont été multiples. Celui des Bushinengué, descendants de marrons réfugiés en forêt et venus du Suriname voisin, interpelle par la force de leur destin et la vitalité de leur culture, si singulière. Voyage entre l’Ouest guyanais et le littoral, entre passé et présent à la rencontre d’une histoire vivante.

En route sur les traces du marronnage dans ce qui est aujourd’hui un département français grand de 83 000 km2, situé entre le Suriname et le Brésil et recouvert à plus de 95% par la forêt amazonienne, on comprend très vite à quel point cette géographie de montagnes et de marécages, de fleuves tumultueux et de forêts denses, a pu constituer un refuge -hostile mais possible- pour ces fugitifs, ces marrons au temps de l’esclavage qui a duré en Guyane près de 200 ans.

Marronner, c’est résister à l’oppression esclavagiste. C’est à la fois user de ruse à l’intérieur du système mais aussi fuir l’habitation pour constituer, parfois, des sociétés parallèles, marronnes, en marge. Une marge entre le littoral et l’intérieur des terres, immense en Guyane, où s’enfuyaient les marrons mais aussi les Amérindiens qui trouvaient ici refuge loin du joug colonial esclavagiste. Une marge aussi entre la Guyane et le Suriname voisin, où se sont établis le long du fleuve Maroni des communautés marronnes venues du Suriname.

Et c’est justement dans cette marge, passée mais aussi présente, que nous allons naviguer. Guidés par des associations culturelles marronnes, des militants et artistes de la tradition Tembé mais aussi des historiens guyanais qui s’attachent à mettre en lumière toutes les résistances à l’esclavage, et pas seulement le grand marronnage des Bushinengué.

Il faut dire qu’en Guyane française, si les marrons des habitations situées sur la bande côtière ont jadis lutté, fui, pillé, constitués en bandes emmenées par les chefs Simon, Linval, Gabriel ou encore Pompée..., tôt ou tard, ils ont été rattrapés par les milices esclavagistes lancées à leurs trousses. Par contre, dans le cas du Suriname voisin, les Bushinengué littéralement « noirs de la forêt » ont eux, réussi à maintenir des sociétés originales, autonomes ; certains signant des traités de paix avec les autorités néerlandaises, d’autres comme les Bonis fuyant de l’autre côté du fleuve Maroni pour s’installer durablement sur les rives françaises.

Aujourd’hui, les Bushinengué, ces descendants de marrons venus du Suriname, vivent encore majoritairement le long du Maroni, dans les fiefs historiques de Papaïchton, Maripasoula, Grand Santi ou encore Apatou situé bien plus bas sur le fleuve. De plus en plus, ce peuple fier, qui a su maintenir ses traditions dans l’isolement et la relégation, rejoint les villes et la côte. Aussi, il continue d’enjamber le fleuve Maroni du Suriname vers la Guyane, comme il l'a toujours fait à travers le temps. Ce qui vient poser des questions de reconnaissance et de papiers de ce peuple décidément transfrontalier.

Au XXIème siècle, dans une société guyanaise métissée, mais souvent divisée entre les Créoles, les Bushinengué et les Amérindiens, les « Bushi » sortent du bois et revendiquent fièrement leur histoire, leurs cultures ou leur art Tembé, cet art de la fuite qui, jadis, servait de langage codé pour s’échapper et communiquer dans les grands bois. Aujourd’hui, cette tradition, sculptée au départ et désormais peinte, fascine le monde avec ses entrelacs colorés et magnétiques. Et comme les Autochtones, longtemps marginalisés avec les Bushinengué dans la zone dite tribale, ils revendiquent désormais leurs droits. Les Bushinengué représentent de nos jours près d’un ⅓ de la population guyanaise.

Une série en 2 épisodes de Céline Develay-Mazurelle et Laure Allary initialement diffusée en décembre 2023.

En savoir plus :

  • Sur le marronnage en Guyane. Un document pédagogique illustré et synthétique. En PDF

  • Sur les différentes résistances à l’esclavage en Guyane. L’ouvrage édité par le Jeune Historien Guyanais aux Éditions Ibis Rouge

  • « Maroons in Guyane, Past, Present, Future », l’ouvrage de référence des historiens Richard et Sally Price. Il a été réédité dans une version actualisée en 2022 aux Éditions « University of Georgia Press »

  • Le centre culturel « Mama Bobi » œuvre depuis des décennies pour la connaissance et le partage des cultures des gens du fleuve, des Bushinengué

  • Sur l’Ouest guyanais, ses peuples et ses enjeux, actuels comme passés : le blog « Un témoin en Guyane » animé par Joël Roy, militant associatif et ancien enseignant installé en Guyane.

  • Sur l’art Tembe et les marrons de Guyane : deux expositions s’étaient tenues en 2022 et 2023 à Paris. À la Maison de l’Amérique Latine et à la Galerie Dominique Fiat

  • Sur le travail de l’artiste Tembe Franky Amete. Un article récent sur son travail et sa trajectoire

  • Sur l’odyssée des Boni, un groupe Bushinengué venu du Surinam jusqu’en Guyane française : le livre de référence : « Le Monde des Marrons du Maroni en Guyane (1772-1860). La naissance d’un peuple : les Boni », paru aux Éditions Ibis Rouge, 2004. Par l’historien Jean Moomou

  • Les Bushinengue, en images. À travers le travail du photographe italien Nicola Lo Calzo.

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Pendant l’esclavage, les résistances et les visages du marronnage en Guyane française ont été multiples. Celui des Bushinengué, descendants de marrons réfugiés en forêt et venus du Suriname voisin, interpelle par la force de leur destin et la vitalité de leur culture, si singulière. Voyage entre l’Ouest guyanais et le littoral, entre passé et présent à la rencontre d’une histoire vivante.

En route sur les traces du marronnage dans ce qui est aujourd’hui un département français grand de 83 000 km2, situé entre le Suriname et le Brésil et recouvert à plus de 95% par la forêt amazonienne, on comprend très vite à quel point cette géographie de montagnes et de marécages, de fleuves tumultueux et de forêts denses, a pu constituer un refuge -hostile mais possible- pour ces fugitifs, ces marrons au temps de l’esclavage qui a duré en Guyane près de 200 ans.

Marronner, c’est résister à l’oppression esclavagiste. C’est à la fois user de ruse à l’intérieur du système mais aussi fuir l’habitation pour constituer, parfois, des sociétés parallèles, marronnes, en marge. Une marge entre le littoral et l’intérieur des terres, immense en Guyane, où s’enfuyaient les marrons mais aussi les Amérindiens qui trouvaient ici refuge loin du joug colonial esclavagiste. Une marge aussi entre la Guyane et le Suriname voisin, où se sont établis le long du fleuve Maroni des communautés marronnes venues du Suriname.

Et c’est justement dans cette marge, passée mais aussi présente, que nous allons naviguer. Guidés par des associations culturelles marronnes, des militants et artistes de la tradition Tembé mais aussi des historiens guyanais qui s’attachent à mettre en lumière toutes les résistances à l’esclavage, et pas seulement le grand marronnage des Bushinengué.

Il faut dire qu’en Guyane française, si les marrons des habitations situées sur la bande côtière ont jadis lutté, fui, pillé, constitués en bandes emmenées par les chefs Simon, Linval, Gabriel ou encore Pompée..., tôt ou tard, ils ont été rattrapés par les milices esclavagistes lancées à leurs trousses. Par contre, dans le cas du Suriname voisin, les Bushinengué littéralement « noirs de la forêt » ont eux, réussi à maintenir des sociétés originales, autonomes ; certains signant des traités de paix avec les autorités néerlandaises, d’autres comme les Bonis fuyant de l’autre côté du fleuve Maroni pour s’installer durablement sur les rives françaises.

Aujourd’hui, les Bushinengué, ces descendants de marrons venus du Suriname, vivent encore majoritairement le long du Maroni, dans les fiefs historiques de Papaïchton, Maripasoula, Grand Santi ou encore Apatou situé bien plus bas sur le fleuve. De plus en plus, ce peuple fier, qui a su maintenir ses traditions dans l’isolement et la relégation, rejoint les villes et la côte. Aussi, il continue d’enjamber le fleuve Maroni du Suriname vers la Guyane, comme il l'a toujours fait à travers le temps. Ce qui vient poser des questions de reconnaissance et de papiers de ce peuple décidément transfrontalier.

Au XXIème siècle, dans une société guyanaise métissée, mais souvent divisée entre les Créoles, les Bushinengué et les Amérindiens, les « Bushi » sortent du bois et revendiquent fièrement leur histoire, leurs cultures ou leur art Tembé, cet art de la fuite qui, jadis, servait de langage codé pour s’échapper et communiquer dans les grands bois. Aujourd’hui, cette tradition, sculptée au départ et désormais peinte, fascine le monde avec ses entrelacs colorés et magnétiques. Et comme les Autochtones, longtemps marginalisés avec les Bushinengué dans la zone dite tribale, ils revendiquent désormais leurs droits. Les Bushinengué représentent de nos jours près d’un ⅓ de la population guyanaise.

Une série en 2 épisodes de Céline Develay-Mazurelle et Laure Allary initialement diffusée en décembre 2023.

En savoir plus :

  • Sur le marronnage en Guyane. Un document pédagogique illustré et synthétique. En PDF

  • Sur les différentes résistances à l’esclavage en Guyane. L’ouvrage édité par le Jeune Historien Guyanais aux Éditions Ibis Rouge

  • « Maroons in Guyane, Past, Present, Future », l’ouvrage de référence des historiens Richard et Sally Price. Il a été réédité dans une version actualisée en 2022 aux Éditions « University of Georgia Press »

  • Le centre culturel « Mama Bobi » œuvre depuis des décennies pour la connaissance et le partage des cultures des gens du fleuve, des Bushinengué

  • Sur l’Ouest guyanais, ses peuples et ses enjeux, actuels comme passés : le blog « Un témoin en Guyane » animé par Joël Roy, militant associatif et ancien enseignant installé en Guyane.

  • Sur l’art Tembe et les marrons de Guyane : deux expositions s’étaient tenues en 2022 et 2023 à Paris. À la Maison de l’Amérique Latine et à la Galerie Dominique Fiat

  • Sur le travail de l’artiste Tembe Franky Amete. Un article récent sur son travail et sa trajectoire

  • Sur l’odyssée des Boni, un groupe Bushinengué venu du Surinam jusqu’en Guyane française : le livre de référence : « Le Monde des Marrons du Maroni en Guyane (1772-1860). La naissance d’un peuple : les Boni », paru aux Éditions Ibis Rouge, 2004. Par l’historien Jean Moomou

  • Les Bushinengue, en images. À travers le travail du photographe italien Nicola Lo Calzo.

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Récemment, en France, on a beaucoup parlé du défi du youtubeur français Inoxtag, total novice en montagne qui a réussi à atteindre l'Everest. Mais qui connait l'exploit de Sophie Lavaud ? Cette alpiniste franco-suisse, méconnue au départ, arrivée sur la pointe des pieds et des crampons dans le club très restreint des «huitmillistes», a finalement achevé l'ascension des 14 sommets de plus 8000 mètres.

En juin 2023, la Franco-Suisse Sophie Lavaud a achevé au sommet du Nanga Parbat, situé au Pakistan, son marathon des cimes en atteignant son 14ème sommet de plus de 8000 mètres, réussissant là où les Français avaient toujours échoué.

Elle est donc LE premier Français (tous genres confondus), la première Suissesse mais aussi LE premier Canadien (tous genres confondus) à achever ces quatorze 8000. Ce genre de grand chelem himalayen, que seule une quarantaine d'alpinistes au monde détient à ce jour, suscite fascination, admiration mais aussi interrogations sur les évolutions de l'himalayisme et la pratique de l'alpinisme en général.

Or, Sophie Lavaud incarne bien plus que ces nouvelles expéditions guidées, avec porteurs et apports d'oxygène qui viennent bousculer une certaine aristocratie de la haute altitude. Sa trajectoire de femme audacieuse, passionnée de montagnes et de sommets, non professionnelle au départ, qui aura passé onze ans de sa vie à aller au bout de son exploit, nous rappelle que les outsiders, non issus du sérail, ont eux aussi droit à leur part de rêves et de montagnes.

Rencontre à l'occasion du Festival du documentaire et du livre «Le Grand Bivouac» qui s'est tenu du 14 au 24 octobre à Albertville avec l'himalayiste Sophie Lavaud et François Damilano, guide de haute montagne français, écrivain et réalisateur qui l'a suivie et filmée sur plusieurs ascensions.

À lire :

  • «Les quatorze 8000 de Sophie Lavaud», de François Damilano et Sophie Lavaud. Éditions Glénat. 2024

  • «Chroniques himalayennes», de François Damilano. JM Éditions. 2023.

En savoir plus :

  • Sur le le premier film de François Damilano «On va marcher sur l'Everest» consacré à Sophie Lavaud

  • Sur le Festival du documentaire et du livre d'Albertville «Le Grand Bivouac».

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En août 2024, le Garma festival, plus grand rassemblement autochtone d’Australie, s’est tenu en Terre d’Arnhem. Une occasion rare de s’immerger dans le monde aborigène Yolngu.

Au nord du pays, depuis Darwin, pour accéder au Festival Garma, il faut soit faire 1 200 km de routes sur des pistes en terre rouge, muni de permis spécifiques, soit survoler les 700 km qui séparent la capitale du Territoire du Nord et Nhulunbuy, une ville construite dans les années 70 pour desservir une mine de Bauxite. Dans les deux cas, en arrivant, vous êtes dans l’un des coins les plus reculés d’Australie, mais surtout dans des terres de réserves très réglementées, soumises à autorisation spéciale pour les non-autochtones. Le Garma lui, permet cet accès, au cœur d’un rassemblement unique en son genre, initié par le peuple Yolngu et placé dans une vaste clairière cernée de forêts tropicales truffées d’eucalyptus, située sur une falaise surplombant la mer et des rivages escarpés et sauvages.

Ici, c’est donc la terre ancestrale des Yolngu, un groupe aborigène qui, jusqu’au début du XXè siècle, vivait de manière relativement autonome, à l’écart de la brutale colonisation britannique. On parle d’une présence des Yolngu depuis plus de 60 000 ans. Contrairement à d’autres groupes aborigènes, les Yolngu n’ont pas été déplacés, arrachés à ce lien si puissant qui les relie à la terre et au fait de la parcourir. Ce qui fait la force de leur culture, de leur langue et dialectes, de leurs chants et de leurs danses qu’ils ont su maintenir à travers les millénaires et qui s’expriment pendant quatre jours au Garma. Véritables pionniers de la lutte pour les droits fonciers autochtones aborigènes, les Yolngu ont également su faire de cet évènement une tribune où se pressent désormais les hommes politiques australiens de tous bords.

En 2024, près de 3 000 visiteurs, dont la moitié non-aborigènes, se sont immergés dans ce monde peuplé de rêves, d’ancêtres créateurs, d’abeilles, de grues brolga ou de serpents arc-en-ciel ; au son du Yidaki ou Didjeridoo qui est né au nord-est de la Terre d’Arnhem. Un festival pour dire la fierté noire et autochtone, celle d’un peuple debout et maître chez lui.

Un voyage sonore de Sophie Ansel.

En savoir plus :

  • Sur le Garma Festival et la Yothu Hindi Foundation

  • Sur les Yolngu en images et en sons: le projet visuel Twelve canoes

  • Sur les Yolngu, le site du Musée National Australien.

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À l’occasion du Festival International des Écrans de l’Aventure de Dijon dont elle est la présidente du jury, la grimpeuse française, alpiniste de renom et aujourd’hui éditrice, revient sur cette vie si singulière qui l’a menée au sommet.

Au sujet de Catherine Destivelle, véritable star de la grimpe dans les années 80-90, plusieurs fois consacrée championne du monde d'escalade, on a usé de tous les superlatifs et qualificatifs plus ou moins heureux, la surnommant pêle mêle «la femme araignée», «la libellule du rocher», «la grimpeuse de l’impossible», «la sauvageonne du vertical» ou encore «l’alpiniste du charme».

Il faut dire qu’en matière de femmes et de sport, d’exploits ou de titres, la règle a longtemps été de les cantonner au féminin, oubliant que parfois elles dament aussi le pion aux hommes, abolissant ainsi les catégories de genre bien persistantes dans nos sociétés comme en montagne. Mais Catherine Destivelle a toujours été au-dessus de ça, traçant sa voie en toute liberté sur les parois du monde, en escalade d’abord, en alpinisme ensuite.

Particulièrement respectée par ses pairs et auréolée en 2020 du prestigieux Piolet d’Or Carrière, la grimpeuse affiche un palmarès impressionnant, inspirant des générations de grimpeurs et d’amoureux de la montagne par ses exploits extrêmes : parfois en solo intégral, sans assurage le long des parois, parfois en version hivernale et solitaire sur les grandes faces Nord des Alpes.

Désormais éditrice à la tête des Éditions du Mont-Blanc, une maison d’édition française qui propose toutes les formes de récits de montagne, du polar aux beaux livres en passant par la BD ou l’ouvrage jeunesse, Catherine Destivelle a aujourd’hui à cœur de transmettre son amour de la montagne et de la grimpe ; une discipline qu’elle défend comme un jeu et surtout un plaisir immense, comme les sommets qu’elle a gravis.

En savoir plus :

  • Sur les Éditions du Mont-Blanc

  • Sur le dernier ouvrage de Catherine Destivelle «Il était une fois l'escalade», une BD co-écrite avec David Chambre sur l'histoire de la discipline

  • Sur le Festival International des Écrans de l'Aventure qui se tient chaque année en octobre à Dijon.

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Dans son dernier livre, l’écrivaine voyageuse française Lucie Azema convoque l’utopie et les ailleurs, réels ou imaginaires, pour dire le besoin que nous avons tous et toutes de rêver à demain et à ailleurs.

Après avoir livré une réjouissante et salutaire analyse féministe du voyage dans son premier livre « Les femmes aussi sont du voyage », après être partie ensuite sur les multiples routes du thé dans son second ouvrage « L’usage du thé. Une histoire sensible du bout du monde », Lucie Azema a décidé de nous emmener ailleurs.

« Nous avons besoin d’un ailleurs qui n’existe pas » : c’est le titre de son dernier essai, érudit mais très didactique qui vient puiser, comme à chaque fois avec l’écrivaine nomade, dans la littérature de voyage et ses figures imposées pour mieux les questionner, les déconstruire, voire les réenchanter. « Réenchanter le voyage », c’est d’ailleurs le sous-titre de ce livre aux allures de manifeste pour tous les coureurs d’horizons, mangeurs de ciel, brûleurs de route, qui enfants, ont rêvé sur les cartes ou lignes de crête, pour mieux se lancer dans le vaste monde, dans des ailleurs réels ou rêvés.

De l’Atlantide à l’île d’Utopie, de l’Eldorado à Katmandou, de cités idéales en paradis perdus, Lucie Azema tisse des réflexions personnelles sur sa vie de femme voyageuse et son rapport au monde à une trame plus collective, celle des rêves de ses congénères occidentaux qui n’ont eu de cesse de projeter des ailleurs, de les chercher, de les inventer. L’autrice revient aussi longuement sur les années 60-70, quand toute une jeunesse occidentale, en quête d’idéal et de vie libre sur la route, s’est lancée sur le « Hippie Trail » ou « Route des Indes », d’Istanbul à Katmandou. Ode à l’imaginaire et au rêve, de puissants motifs de voyage, son livre invite à partir et à ne jamais renoncer à cette promesse qu’incarne l’ailleurs, où qu’il soit : celle d’un monde différent, renouvelé et qui sait meilleur.

À lire :

  • « Nous avons besoin d’un ailleurs qui n’existe pas ». Lucie Azema. Éditions Allary. 2024

  • « L’usage du thé, une histoire sensible du bout du monde ». Lucie Azema. Éditions Flammarion. 2022

  • « Les femmes aussi sont du voyage, l’émancipation par le départ ». Lucie Azema. Éditions Flammarion. 2021

- « L’Utopie », de Thomas More. 1516. Éditions Gallimard Folio 2012

  • « Magic bus, sur la routes des hippies d’Istanbul à Katmandou ». Rory MacLean. Hoëbeke Éditions. 2011

  • « Les villes invisibles », Italo Calvino. Éditions Gallimard. Édition originale 1972. Réédition Folio 2013.

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Voyage dans les terres du ciel, en compagnie de pionniers qui, un jour, ont fait le rêve de chevaucher les nuages et voler comme des oiseaux... ou presque.

Funambules de l’extrême et du vide, ingénieurs ingénieux, inventeurs cocasses et intrépides, ils et elles ont fait fi de la gravité et du danger pour se lancer dans les airs. Et pour cela, ils et elles ont inventé des tas de machines et de procédés, du ballon au vol tracté, du vol à voile ou planeur au deltaplane en passant par le parapente. Ces pionniers et aventuriers du vol non motorisé forment ainsi une curieuse famille que nous présente l’auteur français Gérard Guerrier dans son dernier livre « Rêves d’Icare » paru aux Éditions Paulsen. Et dans leurs trajectoires souvent méconnus, on retrouve tous les ingrédients d’une bonne histoire: du rêve d’abord, une bonne dose de folie et d’imagination au service d’inventions parfois farfelues, de la joie pure aussi, presque enfantine de signer une première dans les airs, et puis du tragique, car bon nombre de ces pionniers vont y laisser des plumes.

Regarder les oiseaux voler et s’imaginer en faire de même, c’est une obsession toute terrestre, un des rêves, disons les plus vieux de l’humanité. Et voyager au gré de ceux qui ont cherché à le réaliser, c’est aussi un peu, voler à leurs côtés…

Avec Gérard Guerrier, auteur de « Rêves d’Icare », paru aux Éditions Paulsen. Un entretien initialement diffusé en novembre 2023.

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À 7 000 km de l’archipel des Comores, loin de l'océan Indien et de la côte sud-est du continent africain, voyage dans la cité portuaire surnommée « la cinquième île des Comores ».

On connaît d’abord Marseille la Phocéenne fondée il y a 2 600 ans, Marseille la Méditerranéenne, la Corse, l’Italienne, l’Arménienne ou encore l’Algérienne, mais beaucoup moins la Comorienne ! Pourtant, selon une légende tenace, Marseille serait la plus grande ville comorienne au monde, devant même Moroni, la capitale de l’archipel ! Aujourd'hui, on estime que la population comorienne – d'origine ou de nationalité – atteint les 100 000 personnes et représente donc 10% des habitants de Marseille.

En arrivant Gare Saint-Charles ou sur le Vieux-Port, dans les rues de la deuxième ville de France, si le métissage ne fait pas l’ombre d’un doute, pour ce qui est de la présence comorienne, il faut aller vers les quartiers nord pour en saisir vraiment l'importance. C'est là que se concentre la communauté comorienne de Marseille, une communauté récente à l’échelle de la longue histoire de la ville, ouverte quoique réputée discrète, mais surtout fière de partager sa culture et son identité à la fois comorienne et marseillaise.

Un reportage de Benoit Godin.

À lire :Les Comoriens à Marseille : d'une mémoire à l'autre de Karima Direche-Slimani et Fabienne Le Houérou. Éditions Autrement, 2002. Bien peu de choses à lire sur la vaste communauté marseillo-comorienne en dehors de cet ouvrage datant de 2002. Forcément daté, il reste malgré tout le livre le plus complet à ce jour sur ce sujet.

La cinquième île : les comoriens de Marseille de Luc Saïd Mohamed Cheikh. Éditions Pragmatic, 2019. Un livre de photographies qui donne à voir quelques aspects de la vie des Comoriens de la cité phocéenne – prière du vendredi, figures politiques, cuisine...

À voir :Le documentaire Planète Marseille, enfants des Comores de Charlotte Penchenier, 2016. Le parcours de trois Marseillais d'origine comorienne (dont Fatima Ahmed, que l’on entend dans notre reportage) qui tentent de concilier leurs différentes parts d’identité.

Sur Marseille, n'hésitez pas à vous rendre chez Marie-Rose Said, « présidente » et cuisinière des « Terrasses de Moroni Mamoudzou », une bonne table comorienne.

À écouter :La série en deux épisodes de Vladimir Cagnolari pour Si loin si proche en 2018 : Je viens de Marseille et je vais à Ouellah, suivi de Je viens de Ouellah et je vais à Marseille. On y suit Chebli Msaïdié, chanteur et producteur de musique de retour au pays. Et on y découvre une tradition comorienne essentielle : le Anda, ou « grand mariage ».

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On fait parler la poudre d’escampette avec la grande écrivaine et voyageuse suisse du siècle passé : Ella Maillart. Voyage dans son pays natal, qui près de 30 ans après sa mort, continue d’honorer sa mémoire et son legs immense.

À Si loin si proche, Ella, c’est une sorte de marraine, d’aînée que l’on convoque souvent, tant elle a ouvert la voie à d’autres sur les chemins de l’ailleurs, de la liberté et de l’Asie. Née en 1903 sur les bords du Lac Léman, Ella Maillart va très tôt tracer sa route au-delà des frontières et des conventions, voyageant seule et refusant « de remplir un destin tout tracé par son sexe » – on dirait genre aujourd’hui…

Tour à tour sportive de haut niveau, marin, reporter, photographe, écrivaine, guide et conférencière jusqu’à l’âge de 80 ans, l’autrice de La voie cruelle ou d'Oasis interdites a laissé derrière elle une œuvre puissante, singulière : des images et des récits dans lesquels son regard bleu perçant avait à cœur de raconter, mettre à jour le monde et dire sa vérité.

Aujourd’hui encore, on est frappé par la modernité, la cohérence de son existence. On la cite et on la lit encore, certain.e.s voyagent sur ses traces en Asie... Et en Suisse, à travers des lieux, des musées ou des expositions temporaires, on continue de célébrer, partager la géographie complexe d’Ella Maillart, « la femme du globe », comme l’avait surnommé le poète Paul Valéry.

Nouvel épisode de notre série de portraits radiophoniques d’écrivain.e.s voyageurs-voyageuses, dans les yeux d’Ella en Suisse. Entre les rives du Léman de son enfance et son refuge d'altitude à Chandolin où elle s'est installée en 1946, entre les vitrines du Musée Rath de Genève qui lui a consacré une rétrospective au printemps 2024 et celles du Musée Bolle de Morges qui s’est penché sur son passé de navigatrice.

Dans Ma philosophie du voyage, Ella Maillart faisait sienne les mots d’Antoine de Saint-Exupéry : « Une mauvaise littérature nous a parlé du besoin d’évasion. Bien sûr, on s’enfuit en voyage à la recherche de l’étendue. Mais l’étendue ne se trouve pas, elle se fonde. Et l’évasion n’a jamais conduit nulle part. » Puis, terminait ainsi : « Ces mots résument ma vie. »

Un voyage sonore de Céline Develay-Mazurelle et Laure Allary.

Partir en Suisse dans les yeux d’Ella : À Chandolin, dans la quiétude des Alpes valaisannes, on retrouve à près de 2 000 mètres, le chalet Atchala d’Ella Maillart et l’émouvant musée qui lui est dédié. Contacter l’Association des Amis d’Ella Maillart pour le chalet, un lieu particulièrement touchant et intouché. L'espace Ella Maillart est tout aussi passionnant. Un vrai voyage dans le temps et dans la vie d’Ella. * Le Musée Rath, musée d’art et d’histoire de Genève, a consacré une grande exposition à l’écrivaine voyageuse et convoqué deux artistes plasticiennes pour interroger le sillon profond qu’a laissé Ella Maillart derrière elle. * Le Musée Bolle de Morges s’est penché sur le passé de navigatrice d’Ella. À partir du travail de l’autrice suisse Carine Bertola, autrice de Ella Maillart Navigatrice. Libre comme l’eau paru aux Éditions Glénat. * Le Musée photo Élysée de Lausanne concentre la fabuleuse collection d’images d’Ella Maillart. * Plus d'infos pour organiser votre voyage sur le site de Suisse Tourisme*.

À lire en voyage : Ella Maillart. Navigatrice. Libre comme l'eau de Carine Bertola. Éditions Glénat 2024 * Ella Maillart, l'intrépide femme du globe de Gwenaëlle Abolivier. Éditions Paulsen 2023 * Les Éditions Payot publient en poche, en France, les différents ouvrages d’Ella Maillart * Regards sur Chandolin* d'Ella Maillart. Éditions Zoé 2021

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Deuxième épisode de notre série à la découverte du passé et du présent africain de la ville éternelle.

« Si tu es à Rome, vis comme les Romains » nous dit l’adage ; mais est-ce possible ici quand on est Noir, venu d’Afrique, débarqué dans une capitale et un pays : l’Italie, où l’immigration est finalement une réalité récente ? Cette question a pris de l’ampleur ces dix dernières années, avec l'afflux continu de bateaux en provenance d'Afrique sur les côtes sud de l'Italie.

Rien qu’entre janvier et septembre 2023, on a dénombré 130 000 personnes entrées par l'Italie, soit le double de l'année précédente sur la même période. De quoi faire prospérer l'extrême droite qui, avec son discours anti-immigration, est arrivée au pouvoir. Mais ces chiffres cachent une réalité bien plus complexe, car la plupart de ceux qui arrivent en Italie, n’y restent pas et s'en vont pour d'autres pays d'Europe. Ceux que nous allons entendre ici, ont décidé, eux, d'y rester. Et c’est dans leur quotidien que nous allons voyager : celui d’Africaines et d’Africains que la vie, le travail, l’amour ou les chemins de l’exil ont amené à vivre à Rome… presque comme des Romains.

Un reportage en deux épisodes de Vladimir Cagnolari initialement diffusé en octobre 2023.

En savoir plus :

  • Sur Pape Kanouté, griot, musicien et écrivain sénégalais, installé à Rome depuis 1995
  • Sur Balkissa Maïga, actrice d’origine malienne vivant à Rome et très investie dans l'aide aux immigrés africains
  • Sur l’action de l’association Baobab Experience qui vient en aide aux migrants qui transitent par Rome
  • Sur l’Orchestra di Piazza Vittorio, un orchestre emblématique du cosmopolitisme de Rome
  • Sur notre premier épisode de cette série Rome l’Africaine #01 : parmi les fantômes de l’empire colonial italien.

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Voyage dans la ville éternelle sur les traces d’une histoire coloniale partout visible mais longtemps restée muette.

Juste après son unification, à la fin du XIXe siècle, l’Italie fait tout pour se doter, comme les autres puissances européennes, d’un empire colonial ; mais elle arrive tard dans la « course »... Et c’est sous l’impulsion du régime fasciste de Mussolini qu’est achevée la conquête de « l’Afrique orientale italienne » : Libye, Somalie, Érythrée et Éthiopie occupées pendant quelques années. Rome se dote alors d’un nouveau quartier et d’une architecture typique qui exaltent le « nouvel empire romain » : musée colonial, ministère des Colonies, rues aux noms des possessions italiennes…

Aujourd’hui, au-delà de ces stigmates de pierre, c’est l’histoire coloniale toute entière du pays qui ressurgit ces dernières années, portée par des jeunes générations et des afro-descendants, malgré de vigoureuses résistances. Car le mythe de la colonisation faite par des « braves gens » a la peau dure, en dépit des évidences historiques. Voyage en cheminant dans la ville à travers un passé colonial italien peuplé de fantômes, de mythes et d’obélisques…

Un reportage en deux épisodes de Vladimir Cagnolari initialement diffusé en octobre 2023.

En savoir plus :

  • Tezeta : un collectif qui s'est donné pour mission de faire connaître l'histoire italienne et révéler la présence notamment érythréenne, en proposant notamment des visites guidées du « quartier africain » de Rome.
  • Le Musée des civilisations ou Muséo delle civilita qui a notamment hérité des collections de l'ex-musée colonial, créé en 1923 pendant l'époque fasciste. Aujourd'hui, ces collections sont exposées, réinterprétées et mises à distance à travers une confrontation avec des oeuvres d'art contemporain.

À lire :

  • L'aventure coloniale italienne et son échec, un article de Philippe Conrad
  • La ville coloniale italienne, un article de Romeo Carabelli
  • L'agression italienne contre l'Éthiopie, une fiche pédagogique utile sur le site Lumni
  • Tous sauf moi (Sangue giusto), Francesca Melandri. Éditions Gallimard 2019
  • Roma negata, Igiaba Scego. Ediesse réédition 2020, non traduit

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Il y a 80 ans, le 15 août 1944, s’est joué dans le Sud de la France, un événement qui va changer le cours de l’histoire. Voyage dans le Var sur les traces du débarquement de Provence.

Opération “Dragoon” ou “Anvil”, c’est le nom qui a été donné à cet immense déferlement de troupes et d’engins sur le littoral provençal, afin de défaire l’Allemagne Nazie et achever la libération de la France, quelques mois après le fameux D.Day, le débarquement en Normandie. Moins connu que le 6 juin, le débarquement en Provence, n’en est pas moins capital pour les Alliés dans leur reconquête de l'Europe ; comme pour la résistance française de l’intérieur ou de l’extérieur qui a largement contribué au succès de ce débarquement.

À l’occasion de l’anniversaire de cet autre débarquement, Raphaëlle Constant nous emmène en voyage dans le Var, sur les lieux de ce moment capital de la Seconde Guerre Mondiale : le long des côtes, entre Toulon, la plage historique de Cavalaire-sur-mer et l’arrière-pays provençal, afin de comprendre ce qu’il reste dans les mémoires de ce jour pas comme les autres. L'occasion aussi de rappeler que la Provence - et plus largement la France - doit sa libération à l'immense sacrifice des combattants venus d’Afrique qui ce jour-là, ont débarqué en nombre.

Un reportage de Raphaëlle Constant.

À lire aussiProvence: en août 1944, l'autre Débarquement qui libéra la France de l'occupation nazie

En savoir plus :

  • La page du site de Var tourisme dédiée à la route du Débarquement de Provence
  • Le site du Mémorial du débarquement de Provence, au sommet du Mont-Faron, à Toulon
  • Le site du cimetière américain de Draguignan
  • Le webdocumentaire de Julien Masson « Mémoire en marche. Sur les traces des tirailleurs sénégalais de 1939-45 ». Une production Si loin si proche avec des témoignages de tirailleurs qui ont pris part au débarquement de Provence
  • Le site de l’association de Jean-Michel Soldi : Operation Dragoon
  • Le documentaire Provence, août 44, l'autre Débarquement, réalisé par Christian Philibert et Laurent Moënard
  • Les ouvrages Mémoire et Histoire : la Résistance et Le Var, la guerre, la résistance, 1939-1945, de l’historien Jean-Marie Guillon.

Tous les contenusDébarquement en Provence

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Photographe et enseignant-chercheur, depuis une quinzaine d'années, l’Italien Nicola Lo Calzo interroge les parallèles entre les expériences queers et décoloniales. De Sao Tomé à Haïti, de la Sardaigne au Bénin en passant par la Guyane, Cuba ou la Louisiane… Voyage aux marges de l'Histoire.

Né en 1979 à Turin, Nicola Lo Calzo aurait pu devenir architecte paysagiste mais le voilà photographe et enseignant-chercheur à l'École Nationale Supérieure d'Arts de Paris-Cergy et Cergy-Paris Université.

Altérité, identité, intersectionnalité et post-colonialité sont les sujets qui l'animent depuis dix ans et ses travaux ont déjà été exposés dans le monde entier, de l’Italie au Mexique en passant par le Nigeria ou encore les Pays-Bas. Nominé au Prix Élysée 2019 et finaliste du prix Niepce en 2020, dans ses travaux, Nicola Lo Calzo met en parallèle le marronnage et l’expérience queer qu'il identifie comme des pratiques de résistance mais aussi de clandestinité, deux zones de pénombre et de dissimulation, deux zones d'auto-émancipation aussi. Les liens entre marronnage et expérience queer sont aussi les moteurs d’un projet au long cours : le projet KAM, soit huit séries photographiques autour des mémoires de l’esclavage et de ses résistances dans les sociétés postcoloniales. Un projet qui, depuis son lancement en 2010, a déjà mené Nicola Lo Calzo des rivages de l’Afrique de l’Ouest aux périphéries de Port-au-Prince à Haïti, en passant par les Mornes de la Guadeloupe, les quartiers oubliés de la Nouvelle-Orléans, les rives du fleuve Maroni en Guyane ou encore les faubourgs de Santiago de Cuba.

Depuis son arrivée à Paris en 2005, Nicola Lo Calzo photographie régulièrement son entourage, sa « queer family » : militant·es, activistes de la lutte contre le sida ou encore artistes du milieu de la nuit parisienne... Une famille choisie composée de destins communs et d’individualités très fortes. Ainsi est né le projet Lyannaj («faire lien, allier ou rallier» en créole) qui, à travers un prisme intersectionnel, donne à voir les pratiques de soin et de résistance qui s’organisent en région parisienne et en outre-mer.

En 2021, Nicola Lo Calzo publie Binidittu (L'Artiere éditions), soit le résultat de trois ans d'enquête en Sicile sur l'histoire de Biniditttu, c'est ainsi qu'était surnommé l’ermite Saint Benoît le More, fils d’esclaves africains né en Sicile au XVIème siècle et canonisé en 1807, devenant ainsi le premier saint noir de l’Église Catholique. Ici, le Saint-Patron de Palerme permet à Nicola Lo Calzo de déployer une réflexion plus vaste sur l’accueil des migrants sur les côtes de «mare nostrum», la Méditerranée.

Escale également à Sao-Tomé-et-Principe, cet archipel du golfe de Guinée réputé pour ses forêts tropicales, ses plages magnifiques, sa chaîne de volcans. Une « île du bout du monde » colonisée dès 1471 par les Portugais qui y ont mis en place une sorte de laboratoire de l’esclavage qui allait conduire à la déportation de millions d’Africains vers les Amériques. Aujourd’hui, à Sao-Tomé-et-Principe, se perpétuent des rites et des traditions théâtrales héritées des premiers colons qui avaient fait venir des comédiens européens pour distraire les esclaves du travail dans les plantations de canne à sucre. Le «tchiloli» et le «danço congo», des rites autant que des héritages immatériels complexes redécouverts à la faveur du mouvement de décolonisation et de l’obtention de l’indépendance par Sao Tomé, en 1975. Et c'est tout l'objet de l'enquête qu'y a mené Nicola Lo Calzo, à retrouver prochainement dans un livre intitulé Tragedia.

En savoir plus :

► Le site web de Nicola Lo Calzo

► Faire un don à SOS Méditerranée.

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Voyage immobile depuis les Vosges avec l'audio-naturaliste et artiste sonore Marc Namblard qui dévoile les trésors de sa sonothèque.

«J'ai assez vite cherché le sens de ma vie au contact de la nature, qui m’a tôt semblé être la seule véritable palpitation du monde.»

Quelques mots de l'audio-naturaliste et artiste sonore Marc Namblard qui, depuis trente ans, promène ses micros au cœur du monde sauvage en quête de sons et de rencontres élémentaires. De ses forêts vosgiennes à celles de l’Amazonie, de l’Alaska aux Cévennes, Marc Namblard nous entraîne dans un voyage aux confins du sensible… Tendez l’oreille ! Un reportage de Jeanne Lacaille.

En savoir plus :

  • Le site web de Marc Namblard
  • L'Esprit des Lieux, un film sur Marc Namblard, de Stéphane Manchematin et Serge Steyer.

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On part dans des mondes inexplorés, souvent méconnus avec le photographe et plongeur professionnel français, qui a consacré sa vie à capturer la fragilité, la force mais aussi la beauté des profondeurs.

Depuis qu’il a appris à plonger tout jeune, Alexis Rosenfeld n’a eu de cesse de s’inventer des projets pour passer le plus de temps possible dans l’eau et y faire des images aussi fascinantes et magnétiques que le sont les fonds marins. Le dernier projet en date : « 1Ocean », une fondation créée en 2021, placée sous l’égide de l’Unesco, qui fait de lui le grand témoin des profondeurs. Pendant une décennie, ce projet le mène dans les mers et les océans du monde, du Pacifique à la Méditerranée en passant par la mer de Corail, pour des expéditions photographiques et scientifiques, dans le but de documenter les fonds marins pour mieux les protéger.

Enfant de Jules Verne et disciple du commandant Cousteau, Alexis Rosenfeld sillonne la planète bleue, avec un regard résolument optimiste, enchanté et engagé. Et dans ses images, à travers son œil-bleu lui aussi, les coraux et les gorgones multicolores sont féériques, les bancs de poissons dansent avec la mer et des jeux de lumières révèlent sous l’eau des forêts profondes, magiques qu’on croirait tout droit sorties de l’enfance…

Sauf que pour Alexis Rosenfeld, la mer est bien plus qu’un décor pour faire de belles images. Elle est une archive vivante du temps passé, le miroir de sa propre quête aussi ; une quête de beauté, de mystères et qui sait, de réponses dans une époque parfaitement déboussolée, même à 200 mètres de profondeur. Ainsi, sa démarche documentaire vise désormais à servir la science et à alerter sur la situation alarmante, souvent invisible voire, impensée, de l’état des océans, premières victimes des bouleversements climatiques en cours.

« Rendre visible l’invisible, explorer l’inexploré », c’est le crédo de notre homme, bien conscient que si 20% de l’océan a été cartographié, seulement 5% a été jusque-là exploré. Tout reste à faire, à découvrir… et à protéger !

En savoir plus :

  • Sur la Fondation « 1Ocean » d’Alexis Rosenfeld avec l’Unesco
  • Sur la grande migration du vivant ou « sardin run » d’Afrique du Sud que suit Alexis Rosenfeld sur plusieurs expéditions
  • Sur la « découverte » de la vallée aux mille roses, récif corallien immense et en bonne santé de Polynésie. Une nouvelle et des images qui ont fait le tour du monde

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Transhumance sonore en Soule, la plus sauvage des sept provinces du Pays basque. En quête d’un chant qui célèbre le sauvage et que seuls quelques bergers continuent de faire résonner dans les montagnes.

Dans les hauteurs des Pyrénées Atlantiques, sur le côté français du Pays Basque, la province de la Soule ou Xiberoa est connue pour abriter un chant aussi fascinant que confidentiel : le basa ahaide. Ce chant ancestral, sans paroles, s’est transmis oralement et il traduit l’émotion du berger-chanteur face à la splendeur, la grandeur des éléments en altitude, quand il se retrouve seul, là-haut dans sa cabane ou cayolar après avoir transhumé à pied avec ses bêtes. Ce chant célèbre alors ces retrouvailles mais aussi une relation intime entre l’homme et son environnement, vivant, avec lequel il fait corps. Traditionnellement, il se dit que le basa ahaide se chante seul, en extérieur ; car la montagne, avec son écho puissant, chante le reste.

Intriguée par ces chants du sauvage, Jeanne Lacaille est partie à la rencontre de bergers et de bergères qui continuent de partir avec des troupeaux en estive à la belle saison ; mais aussi des artistes souletins qui entretiennent, partagent ce répertoire du basa ahaide. Dans une terre de forêts, de gorges vertigineuses et de montagnes, où la vivacité de la culture pastorale fait la fierté de ses 13 000 habitant.e.s qui ne manquent jamais de célébrer en chansons leur langue, leur identité et leurs montagnes.

Un voyage sonore de Jeanne Lacaille.

En savoir plus :

  • Sur La Soule, l’une des provinces les plus sauvages du Pays basque

  • Sur Julen Achiary, artiste de basa ahaide et membre du quartet Haratago

  • Sur le festival Errobiko Festibala qui se tient à Itxassou du 18 au 21 juillet 2024.

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Róise Mhic Ghrianna est une figure irlandaise qui a bercé les gens de son île, passionné les collecteurs de chansons traditionnelles pour inspirer aujourd’hui la jeune génération de musiciens irlandais. Flânerie sonore entre la capitale et son île située au large de la côte ouest de l’Irlande.

On la surnommait la femme aux chansons : «Róise na Amhran» ou Rose la Rousse «Róise Rua». D’elle, il subsiste une voix gravée sur des enregistrements faits dans les années 50, des chansons traditionnelles irlandaises et une image restée célèbre en Irlande.

Sur cette photo de 1953, Róise Mhic Ghrianna se plie à l’exercice de la pose, devant sa maison ; un cliché pris à l’occasion d’une collecte de la National Folklore Commission, une organisation commissionnée par l'État irlandais pour recueillir le patrimoine oral, soit des dizaines de chants en gaélique et en anglais ici interprétés par Róise.

Née en 1879 et décédée en 1964, cette figure féminine a su résister au temps, à la disparition de la société rurale et d’une certaine tradition orale chantée là-bas. Aujourd’hui sur l’île d’Árainn Mhór, petit bout de terre aux falaises aussi abruptes que sauvages, on célèbre la mémoire de la femme aux chansons. Et dans les «Sessions» du pub de Dublin «The Cobblestone», on perpétue et revisite l’héritage de ces récits intimes et collectifs chantés.

Un voyage sonore d’Anne Girard Esposito, avec à la prise de son Guillaume Beauron.

En savoir plus :

  • Le Festival Róise Rua sur l’île d’Árainn Mhór dans le Donegal

  • La National Folklore Commission

  • Le groupe de Brian Mac Gloinn «Ye Vagabonds», fer de lance du renouveau folk en Irlande

  • Les sessions du pub de Dublin The Cobbelstone.

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Fait social total, le tourisme n’échappe pas, dans son passé comme son présent, aux stigmates coloniaux. Parce qu’un autre voyage est possible, il faut le décoloniser…

Depuis de nombreuses années, les études post-coloniales ont démontré à quel point analyser, étudier le fait colonial permettait de comprendre le temps présent et son propre désordre; avec au centre, la survivance de ce legs hérité de la colonisation dans les imaginaires, les savoirs ou les pratiques… Aujourd’hui, on parle ainsi de décoloniser les arts, les musées, l’architecture, l’école, les esprits ou l’histoire... Et le voyage, forcément, en tant que fabrique de l’Autre et de l’ailleurs, n'échappe pas à cette analyse décoloniale, complexe mais fertile.

Des « découvreurs » aux explorateurs en casque colonial assoiffés de conquêtes, des aventuriers en terre inconnue aux touristes avides d’exotisme et d’entre-soi, la galerie de portraits fleure bon, parfois…souvent, ce temps des colonies où l’Europe se vivait en maître naturel de la planète.

Tourisme et colonisation ont d’ailleurs fait bon ménage par le passé. Ainsi, dès la constitution des empires coloniaux, français ou autres, une mise en tourisme des colonies se met en place, comme une manière d’occuper -on disait « pacifier »- le territoire ; mais aussi de s’approprier les paysages et les cultures, de préférence sans les populations locales. Dans les expositions coloniales, on exhibait ces populations à grand renfort de clichés racistes, tout en les reléguant au rang de subalternes ou d’obligés, forcément exotiques. À noter que certains disent encore «j’ai fait la Thaïlande» pour parler de leurs voyages, comme jadis on disait dans le jargon militaire colonial «j’ai fait l’Indochine».

Décoloniser le voyage, c’est savoir se décentrer pour un Occidental et se départir des stéréotypes sur la culture de l’Autre qui essentialisent et se perpétuent. C’est aussi dire et partager l’histoire coloniale dans l’espace public, interroger ses continuités et faire émerger d’autres récits. C’est enfin décoloniser les musées, notamment à travers la restitution des objets et biens culturels pillés pendant la colonisation.

Avec :

  • Saskia Cousin Kouton, anthropologue française spécialiste du tourisme et de la restitution des biens culturels à l’Université Paris Nanterre

  • Souroure Najai à l’origine du compte Instagram @decolonial.voyage, bientôt disponible en podcast.

À lire :

  • « Ogun et les matrimoines. Histoires des Porto-Novo, Xọ̀gbónù, Àjàṣẹ », de Saskia Cousin Kouton. 2024. Éditions Presses Universitaires de Paris Nanterre

  • « Sociologie du tourisme », de Saskia Cousin et Bertrand Réau. 2009. Éditions La Découverte

- « Les femmes aussi sont du voyage », de Lucie Azéma. 2021. Éditions Flammarion. Un chapitre est consacré à la décolonisation du voyage

- « Programme de désordre absolu : décoloniser les musées » de Françoise Verges. 2023. Éditions La Fabrique

  • « L’Orientalisme : L'Orient créé par l'Occident » d’Edward Saïd. 1980. Éditions Seuil. L’ouvrage de référence par un des pionniers du postcolonialisme

- « Les damnés de la terre » de Frantz Fanon. 1961. Éditions Maspero. L’essai de référence par le célèbre militant anticolonialiste.

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Aux confins de l’Europe, tout à l’est de la Pologne jusqu’en Biélorussie, s’étend une forêt mythique, consacrée dernière forêt « primaire » du continent. Mais dans cet espace peuplé de mousses, de lichens, de vieux arbres centenaires, de lynx ou de bisons, l’écho du monde se fait aussi entendre.

Il était une forêt, la « Puszcza » comme on dit en polonais, jadis terrain de chasse des souverains locaux et aujourd’hui réserve de biosphère, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. Là-bas, sur près de 150 000 hectares, le Parc National de Białowieża protège depuis une centaine d’années cette forêt unique en son genre, qui se distingue par ses marécages et l’amoncellement de bois morts laissés sur place. Formée il y a plus de dix mille ans à l’issue de la dernière glaciation, elle est l’un des derniers vestiges de l’immense forêt qui recouvrait jadis les plaines du nord et du centre de l'Europe. Aujourd’hui, on y trouve la plus grande population de bisons d’Europe, animal emblématique du Parc.

Aller à Białowieża, c’est donc faire un voyage dans le temps, aux origines de l’écosystème forestier européen ; en particulier dans la réserve intégrale où l’influence humaine est quasi nulle et où l’on entre seulement accompagné d’un guide. De par son grand âge, sa biodiversité ou sa faune qui s’est épanouie à l’écart des hommes, cette forêt, ouverte au public, fascine et attire le monde. Depuis 2021, elle est aussi au centre de la crise diplomatique et migratoire entre la Biélorussie et la Pologne, qui a décidé de construire un immense mur anti-migrants qui vient balafrer la forêt, un écosystème résilient mais fragile.

Un reportage en Pologne de Sibylle d’Orgeval.

En savoir plus :

  • Sur le Mamal Research Institute de Białowieża

  • Sur l'association de Francis Hallé pour la Forêt primaire

  • Sur le mouvement Grupu Granica qui vient en aide aux migrants à la frontière

  • Sur le livre de Baptiste Morizot et Andrea Olga Mantovani « S’enforester ». Éditions D'une rive à l'autre.

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Voyage à la découverte de la Réserve de Biosphère du Mono, un espace protégé de 346 000 hectares de forêts, de zones marécageuses, de milieux marins ou lacustres situé entre le Togo et le Bénin. Deuxième étape : dans l’aire communautaire de la Bouche du Roy et son fascinant delta.

Havre de paix des oiseaux et des tortues marines, l’aire de conservation communautaire de la Bouche du Roy est un paradis naturel de 10 000 hectares, fait d’îlots et de mangroves. Bien connue des Béninois comme des voyageurs étrangers, la Bouche du Roy est l’embouchure du fleuve Mono, là où il se jette dans l’océan Atlantique. Classée en réserve et reconnue par l’Unesco en 2017, cette aire est donc un site protégé mais aussi habité. 25 000 personnes y vivent au quotidien, dans une vingtaine de villages de pêcheurs, tantôt posés sur la lagune, tantôt insulaires que l’on rejoint en pirogue par des chenaux d’eau. Sur place, l’ONG béninoise Eco Bénin accompagnée par le Comité français de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) développe en concertation avec les populations locales des projets de gestion et de protection des ressources naturelles menacées. Ils misent sur l’écodéveloppement, l’écotourisme, mais aussi le culte vodoun pour sacraliser certains espaces de nature. Voyage à la découverte d’un sanctuaire de biodiversité et des initiatives visant à le protéger.

Un reportage au Bénin en deux épisodes de Raphaëlle Constant.

  • Le site d’Eco Bénin

  • L’histoire de l’ACCB de la Bouche du Roy et ses particularités

  • La page LinkedIn du Comité Français de l’UICN

  • Le site du Programme de Petites Initiatives.

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Voyage à la découverte de la Réserve de Biosphère du Mono, un espace protégé de 346 000 hectares de forêts, de zones marécageuses, de milieux marins ou lacustres situé entre le Togo et le Bénin. Première étape : autour du Lac Ahémé, deuxième plus grand lac du Bénin.

À seulement deux heures du tumulte de la capitale économique Cotonou, ce lac et ses alentours offrent une vraie parenthèse de nature, hors du temps, parmi des villages de pêcheurs bordés de mangroves et de forêts sacrées. Mais le territoire est fragile et pour le protéger, les populations locales misent déjà sur le culte vodoun ou l’agroécologie, puis à terme sur l’écodéveloppement et l’écotourisme, en collaboration avec l’ONG Éco Bénin et le Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Voyage dans un espace en transition, entre eau douce et eau salée, entre sacré et profane, à la rencontre de communautés qui cherchent à repenser l’équilibre homme-nature.

Un reportage au Bénin en deux épisodes de Raphaëlle Constant.

  • Le site d’Éco Bénin

  • La page d’Éco Bénin consacrée au Lac Ahémé

  • La page LinkedIn du Comité Français de l’UICN.

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Longtemps occultée et peu connue des Suisses eux-mêmes, la mémoire coloniale se partage désormais à même la rue et dans les musées de la cité helvétique.

En arrivant dans la capitale cantonale de Neuchâtel, le voyageur peut partir à la découverte de son paisible lac, de son illustre industrie horlogère ou de ses vignobles qui ont façonné son paysage, mais aussi désormais, du passé colonial de la ville. Colonial… le mot peut laisser perplexe au sujet d’un pays, la Suisse, dénué d’accès à la mer et de colonies. Et pourtant, la Confédération a bel et bien un passé colonial, esclavagiste ; et ses villes, de Berne à Zurich en passant par Genève ou Neuchâtel en portent aujourd’hui les traces, après en avoir pour ainsi dire tiré les fruits.

À Neuchâtel, noble cité lacustre de 45 000 habitants, le parcours interactif « Empreintes coloniales » se propose depuis 2023, de faire la lumière sur ce passé, dans l’espace public, au moyen d’une application sur sept sites emblématiques de l’implication coloniale de la ville. Imaginé par des historiens, après une vaste consultation d’habitants et de membres de la société civile, ce projet a vu le jour dans le sillage du mouvement Black Lives Matter, qui a aussi bousculé la vieille Europe, sa statuaire et ses figures controversées.

Ainsi, à l’été 2020, à Neuchâtel, le débat s’est d’abord concentré sur la figure de David De Pury, un négociant neuchâtelois du XVIIIè siècle, qui a trempé dans le commerce esclavagiste et légué sa fortune à la ville, qui l’honorait tel un bienfaiteur. Depuis, la ville a adossé des explications et une œuvre d’art contemporain au pied de la statue de De Pury qui trône encore au milieu de la ville. Les musées de la ville s’engagent aussi dans une décolonisation de leurs collections, que ce soit au Musée d’Art et d’Histoire ou au Musée d’Ethnographie, une institution pionnière en la matière. Avec, en filigrane, la question de la restitution, qui sait, de certaines œuvres pillées en contexte colonial.

Un reportage de Céline Develay-Mazurelle et Laure Allary.

En savoir plus :

  • Sur Neuchâtel et sa région, y aller, y séjourner

  • Sur le parcours connecté « Empreintes coloniales ». Il se découvre uniquement sur place, en visite à Neuchâtel, à travers l’application Totemi.

  • Sur l’exposition permanente « Mouvements » au Musée d’Art et d’Histoire de Neuchâtel et l’héritage colonial dans les musées

  • Sur le Musée d’Ethnographie de Neuchâtel, pionnier en Suisse d’une certaine décolonisation de ses pratiques muséales

  • Sur le consortium « Initiative Benin Suisse » qui rassemble huit musées helvétiques, en collaboration avec le Nigéria autour des fameux « Bronzes du Bénin »

  • Sur « le Musée « colonial » d’une Suisse sans empire », un article du conservateur Julien Glauser écrit à l’occasion des 100 ans du Musée d’Ethnographie de Neuchâtel

  • Sur le passé colonial suisse, un dossier intéressant de swiss.info

  • Sur le chocolat suisse, produit colonial par excellence, un article sur le site très documenté de Colonial-Local, sur les traces coloniales de Fribourg

  • Sur l’exposition « Mémoires. Genève dans le monde colonial » qui se tient au MEG jusqu’au 5 janvier 2025

  • Sur la prochaine exposition du Musée National Suisse de Zurich, sur le passé colonial de la Suisse. Ouverture en septembre 2024.

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Voyage sans frontières entre l’Afrique et son grand désert le Sahara, le Japon et la France, en compagnie d’une voyageuse des sables tenace, qui a su trouver parmi les Touaregs sa place dans le monde.

Française par son père, Japonaise par sa mère et Saharienne par élan et par choix, Alissa Descotes-Toyosaki a tutoyé le désert en 1997 pour la première fois. Ce fut une révélation, son épiphanie. Après quoi pendant des années, elle va parcourir à pied, à dos de chameau ou en 4x4 le Ténéré, le désert malien, mauritanien ou le désert algérien parmi les hauts plateaux du Tassili ou du Hoggar.

Seule femme au milieu d’une quarantaine de Touaregs, elle va embarquer en 1998 sur une caravane de sel, pendant quarante jours, dans le désert du Ténéré jusqu’à l’oasis de Bilma. Puis quelques années après, Alissa décide de pousser le voyage jusqu'au Nigeria, sur 3 000 km à dos de chameau, livrée au vent, au sable et au soleil ; une caravane qu’elle va vivre et documenter patiemment, pendant quatre mois, caméra à l’épaule. Depuis l'Algérie, elle va fonder ensuite une association pour dynamiser l'élevage nomade et diffuser cette culture touarègue qui désormais la traverse, la constitue.

Sahara, 8,5 millions de kilomètres carrés : vaste terrain pour écrire les plus belles pages de sa vie, avec l’humilité qu’exige le désert, à une époque aussi où il était encore possible pour une Occidentale de circuler librement dans ces contrées. Là-bas, les Touaregs ont parfois appelé Alissa « Tamasroyt » en clin d'œil à l’étoile des demoiselles célibataires et chastes; parfois aussi « tishoumart », féminin d’ « ishoumar » en Tamasheq soit l’errante, la vagabonde.

Mais dans son livre qui retrace son parcours de Tokyo à Agadez en passant par Arlit, Paris ou Djanet, dont le premier tome va paraître prochainement aux Éditions Payot, elle est « la Caravanière ». Rencontre avec une femme des sables devenue grand reporter après la catastrophe nucléaire de Fukushima, un évènement qui va la ramener dans les mines d’uranium du Niger, dans un désert devenu zone rouge mais aussi radioactif.

À paraître prochainement:

  • « La caravanière. Tome 1 ». Alissa Descotes-Toyosaki. Éditions Payot

  • Le site de Sahara Eliki, l'association fondée par Alissa Descotes-Toyosaki pour dynamiser l'élevage nomade et diffuser la culture touarègue. En japonais, anglais et français.

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À l’occasion du Festival «Aux Quatre Coins du mot» de la Charité-sur-Loire, visite avant disparition d’un étonnant musée de poche surnommé la Maison des mots.

Sur les quais de la gare, le voyageur qui débarque à la Charité peut lire sur un vieux silo ce message déjà réconfortant, en lettres peintes : «Je ne suis pas seul, il y a les mots». Plus loin, dans les ruelles de cette vénérable cité historique de la Nièvre, posée sur les bords de Loire, c’est une devanture de pharmacie qui affiche une étonnante prescription : « Des mots contre les maux. Votre pharmacien ». Connue pour ses bouquinistes et consacrée jadis Ville du livre, aujourd’hui Cité du mot, la Charité a toujours le mot à cœur et le célèbre sous toutes ses formes pendant son festival chaque année au mois de mai.

Pendant plus de dix ans, à la Charité, les mots ont même eu leur maison ; un lieu atypique et coloré situé dans le centre, aux allures de cabinet de curiosités linguistiques et littéraires. À l’origine de cette Maison des mots : deux drôles d’oiseaux bibliophiles en la personne de John Crombie, un « compositeur de livres » anglais d’origine écossaise et Sheila Bourne, une illustratrice afro-américaine. Ce couple de Parisiens installé à la Charité a ouvert ce lieu en 2010, à la fois atelier de typographe, librairie, maison d’édition et musée de poche débordant de petits livres originaux, imprimés sur place à l’aide d’antiques presses à pédales. Ici, parmi les livres-mobiles et des traductions inédites d'humoristes parfois oubliés, Gutenberg côtoie Alphonse Allais, Samuel Beckett, Pierre-Henri Cami ou Raymond Queneau pour le plus grand plaisir des mots et de jouer avec. Après le décès de ces deux créateurs, le Musée Kickshaws est en passe de définitivement fermer ses portes et le festival a décidé de leur rendre hommage en entrouvrant leur maison-musée une dernière fois. Un voyage dans le temps, au gré des mots: loufoque et passion.

Avec :

  • Gilles Bouley-Franchitti, journaliste, auteur et guide de ces visites éphémères de la Maison des mots

  • Philippe Le Moine, directeur de la Cité du Mot

  • Imogen Sharp, nièce de John Crombie

  • Et des archives de la voix de John Crombie.

En savoir plus :

  • Sur le Festival «Aux Quatre Coins du Mot» de la Charité-sur-Loire

  • Sur les éditions Kickshaws de John Crombie et Sheila Bourne, un article sur l'exposition qui leur était consacré à Paris en 2017.

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Un voyage comme une ode à cette terre située dans le talon de botte de l’Italie, à l'extrême sud du pays...

Depuis une dizaine d’années, le Salento, cette langue de terres majestueuses de la région des Pouilles vit une tragédie sans précédent. Cette tragédie porte ici le nom barbare de Xillela Fastidiosa, une bactérie qui a ravagé des millions d’oliviers centenaires qui façonnaient, comme dans toute la Méditerranée, les paysages mais aussi la culture de ce « finis terrae » italien. On parlait alors de civilisation de l’olivier. Aujourd’hui, cette civilisation-là, cette monoculture, est pour ainsi dire arrivée à son terme dans le Salento. Mais une partie de son peuple a décidé de tirer les leçons de cette tragédie et d’écrire la suite de son histoire, en réinventant de manière plus durable le lien profond qui l’attache à ce territoire de plus en plus désertique. Situé entre Adriatique et Mer Ionienne, entre maquis et falaises, entre Orient et Occident, entre terre ocre et bleu lagon, le Salento est d’une beauté naturelle et culturelle renversante ; mais derrière la carte postale, cette terre souffre comme ailleurs dans le sud de l’Italie, d’un exode rural considérable et d'une désertification critique. Alors pour rester et défendre cette terre, des activistes, artistes, paysans nouveaux comme anciens, des habitants vieux ou jeunes ont décidé de prendre la nature pour guide, afin de ne plus s’égarer.

Un voyage sonore de Viola Berlanda initialement diffusé en septembre 2023.

En savoir plus :

  • Sur la Casa delle agriculture, une coopérative agricole qui à travers de nombreuses initiatives locales défend la biodiversité et la démocratie alimentaire

  • Sur la Notte Verde ou Nuit Verte, un rendez-vous festif et engagé, initié par les habitants et activistes du Salento, qui a lieu à la fin de l'été chaque année

  • Sur le travail artistique et militant de Luigi Copolla, artiste, activiste agro-écologiste né à Lecce.

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Marcel Yabili est juriste de formation mais il est passionné par l'histoire de son pays, la RDC, dont les traces disparaissent peu à peu du paysage et sombrent dans l'oubli. Surtout, l'Histoire est toujours racontée par le prisme des « grands », oubliant les millions de vies contrastées, anonymes qui la composent. Alors, il a décidé de raconter une histoire de son pays et de sa ville Lubumbashi à travers celle de sa famille.

Il en a même fait un musée, ouvert au public sur rendez-vous, dans la maison de ses parents située dans le quartier de Kamalondo : le musée familial de Marcel Yabili. Voyage dans le temps et la mémoire d’un homme, de sa famille et peut-être de tout un pays.

Un reportage de Vladimir Cagnolari initialement diffusé en juillet 2023.

À lire :

  • « Congo. Une histoire », de David Van Reybrouck. Éditions Actes Sud. 2012. Un livre de référence sur l’histoire du Congo où justement la grande et les petites histoires s’entremêlent

  • Un article en anglais d’une universitaire américaine, en visite dans le musée de Mr Yabili.

À écouter :

  • « Lubumbashi en chœurs », un voyage sonore sur la tradition chorale de la ville de Vladimir Cagnolari pour Si loin si proche

  • « Lubumbashi, la cité des mangeurs de cuivre », reportage entre gloire et déchéance de cette cité minière par Vladimir Cagnolari pour Si loin si proche

  • « Katanga Concert », de Louis Armstrong. Un double CD a été édité en 2000 du concert de Satchmo à Lubumbashi en 1960, mais il est épuisé. Des extraits musicaux sont sur Youtube par ici.

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Cap au Nord, sur les mers froides mais le cœur chaud, avec une matelote et écrivaine française tournée vers les autres et l’horizon.

Devenue marin professionnelle sur le tard, Sandrine Pierrefeu arpente depuis une décennie, plusieurs mois durant, les latitudes arctiques ou antarctiques, pour en livrer après, ses impressions de vie et de voyage en mer, à plusieurs, avec des équipages souvent hétéroclites, qui n’ont pas nécessairement le pied marin. La vie à part, exigeante, des gens de mer, dans la promiscuité du bateau et la rudesse des éléments, la servitude et le soin permanent qu’impose un voilier, surtout quand on navigue parmi la glace, l’émerveillement face au grondement des icebergs ou la luminescence d’un plancton : ces détails n’en sont pas pour l’autrice et navigatrice française. Ils sont même le fondement du rapport intime, poétique qu’elle entretient avec la mer et qu’elle partage dans ses écrits aux allures de carnets de bord bourrés d’humour, de rêverie et de sensibilité. Et avec elle, la vague est plus jamais une onde.

Bibliographie

  • « La matelote et les funambules », de Sandrine Pierrefeu. Éditions Glénat. 2024

  • « Partir 66°Nord », de Sandrine Pierrefeu. Éditions Glénat. 2021.

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Un an après le décès de Mahsa Amini, qui a déclenché en Iran un soulèvement populaire sans précédent, rencontre avec François-Henri Désérable, un auteur français parti sur les traces de l’écrivain voyageur suisse Nicolas Bouvier, mais qui va se retrouver emporté par la vitalité, la noblesse et le courage d'un peuple en lutte pour sa liberté.

C’est un voyage qu’il avait cœur de faire depuis longtemps. Et puis la vie, les calendriers, les pandémies ont fait que l’écrivain français François-Henri Désérable s’est retrouvé fin 2022 dans un Iran bouleversé, au plus fort de la répression contre la révolte pour le droit des femmes et la liberté menée par la jeunesse et le peuple iranien. À ce moment-là, peu d’étrangers et encore moins de journalistes ou auteurs pouvaient encore circuler dans le grand État chiite. 

40 jours durant à travers l’Iran, ce passionné de Nicolas Bouvier, l’auteur de « L’usage du monde » passé par là 70 ans plus tôt, va alors circuler prudemment mais en alerte entre le Balouchistan à la frontière du Pakistan jusqu’à Saqqez dans le Kurdistan iranien, en passant par Téhéran, Chiraz ou Ispahan. Finalement, après un interrogatoire par les Gardiens de la Révolution dans un garage anonyme de Saqqez, la ville de naissance de Mahsa Amini, il sera « expulsé » du pays. 

De cet intense voyage, il va en tirer un récit « L’usure d’un monde », paru aux Éditions Gallimard et récemment couronné du Prix Nicolas Bouvier au Festival français Étonnants Voyageurs. Dans ce récit de voyage habité, léger et grave à la fois, résonne l’écho des mots merveilleux de Nicolas Bouvier mais surtout celui de voix iraniennes fortes, engagées contre le régime des Mollahs, des hommes et des femmes négociant au quotidien entre la peur et le courage, la vie et la mort. Et ce voyage, ce témoignage leur rend d'abord hommage.

Aujourd'hui, à l'approche de cette première année du début de ce soulèvement, le régime de la République Islamique multiplie les arrestations de familles de victimes du soulèvement, de journalistes et accentue la répression contre toutes celles qui osent encore retirer leur voile dans la rue ou en ligne. Une loi particulièrement répressive sur le port du voile est en préparation. 

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Marcel Yabili est juriste de formation mais il est passionné par l'histoire de son pays, la RDC, dont les traces disparaissent peu à peu du paysage et sombrent dans l'oubli. Surtout, l'Histoire est toujours racontée par le prisme des « grands », oubliant les millions de vies contrastées, anonymes qui la composent. Alors, il a décidé de raconter une histoire de son pays et de sa ville Lubumbashi à travers celle de sa famille.

Il en a même fait un musée, ouvert au public sur rendez-vous, dans la maison de ses parents située dans le quartier de Kamalondo : le musée familial de Marcel Yabili. Voyage dans le temps et la mémoire d’un homme, de sa famille et peut-être de tout un pays.

Un reportage de Vladimir Cagnolari.

À lire :

  • « Congo. Une histoire », de David Van Reybrouck. Éditions Actes Sud. 2012. Un livre de référence sur l’histoire du Congo où justement la grande et les petites histoires s’entremêlent

  • Un article en anglais d’une universitaire américaine, en visite dans le musée de Mr Yabili.

À écouter :

  • « Lubumbashi en chœurs », un voyage sonore sur la tradition chorale de la ville de Vladimir Cagnolari pour Si loin si proche

  • « Lubumbashi, la cité des mangeurs de cuivre », reportage entre gloire et déchéance de cette cité minière par Vladimir Cagnolari pour Si loin si proche

  • « Katanga Concert », de Louis Armstrong. Un double CD a été édité en 2000 du concert de Satchmo à Lubumbashi en 1960, mais il est épuisé. Des extraits musicaux sont sur Youtube par ici.

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Voyage à contre-courant et en eaux troubles entre le Pacifique et l’Europe, à la découverte de l’aventurier Ahutoru, premier Polynésien à avoir embarqué avec Bougainville et fait le voyage inverse en 1769 jusqu’en France.

Pendant longtemps, l’histoire des « découvreurs » autoproclamés de l’Amérique, de l’Afrique, des Indes ou de l’Océanie s’est écrite à sens unique, du seul point de vue européen ou occidental. Ainsi, selon ce narratif éculé mais persistant, seuls les Occidentaux auraient découvert et braver l’inconnu, seuls les Occidentaux auraient regardé l’autre-sans jamais vraiment le comprendre- et seuls les Occidentaux en auraient fait le récit… C’est alors forcément avec du retard, beaucoup de retard, que nous Occidentaux, nous avons découvert autre chose: que les autres nous regardaient aussi...

Et cette semaine, c’est justement à un renversement du ciel, dans une histoire inversée que nous allons nous plonger, à l’envers du fameux voyage de Louis-Antoine de Bougainville à Tahiti. En suivant le sillage d’Ahutoru, un arioi, un initié qui honorait et diffusait par les arts le culte du Dieu Oro qui, après le passage de la Boudeuse et l'Étoile, va embarquer avec l’équipage français et débarquer en 1769 à Paris, où il va passer environ un an.

De ce découvreur pionnier, on ne sait presque rien mais tout ce que l’on sait de lui est à retrouver dans « Ahutoru ou l’envers du voyage de Bougainville à Tahiti », un livre écrit par l’historienne et enseignante française Véronique Dorbe-Larcade, qui a enquêté, cherché dans les recoins d’une histoire « en lambeaux » pour nous livrer ce récit, tel un miroir de vérité dans lequel les Occidentaux ont longtemps refusé de se voir.

Au travers d’une enquête minutieuse et fouillée, l’autrice rend plus humain et authentique cet homme au destin tragique mais méconnu, un homme qui a bravé les mers, l’incompréhension et la curiosité savante un brin narcissique qu’avaient les hommes au temps des Lumières pour les autres, « non européens ». Pour en finir avec Bougainville et sa cohorte d’affabulations mal placées qui a durablement marqué la Polynésie, à commencer par ses femmes ou vahine enreo tahiti (langue tahitienne). Pour se souvenir surtout d’Ahutoru et de tous ceux qui comme lui, sont allés de l’autre côté du ciel et des mers.

À lire :

  • « Ahutoru ou l’envers du voyage de Bougainville à Tahiti », de Véronique Dorbe-Larcade. Éditions Au vent des îles

  • « Mutismes », de Titaua Peu, Éditions Au vent des îles.

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Au large de Hyères, dans le sud de la France, ce confetti de 7 km2 est un bijou de nature sauvage et d’histoire(s). C’est là, dans cet ancien repaire de pirates, qu’est né le Parc National de Port-Cros, il y a 60 ans. Un nouvel épisode de notre série à la découverte des parcs nationaux français.

Port-Cros est un écrin de verdure et de criques baignant dans les eaux turquoises de la Méditerranée, un repaire de dauphins, de baleines ou de gros mérou et le paradis de la posidonie, cette plante à fleurs indispensable à la vie marine en Méditerranée. Car depuis 1963, Port-Cros est devenu Parc National, le premier parc marin d’Europe : un statut qui l’a rendu pour ainsi dire intouchable, et qui s’est ensuite étendu, dans d’autres mesures, aux îles voisines de Porquerolles et du Levant, ainsi qu’à des zones côtières du continent, juste en face.

Préservée de la spéculation immobilière et de la très forte empreinte humaine qui existe ailleurs sur les côtes méditerranéennes, cette île est un sanctuaire sans voitures ni grandes routes, mais un sanctuaire habité. Durant l’hiver, les Port-Crosiens se comptent sur les doigts d’une main, voire deux, mais ce sont bien ces quelques familles qui s’y maintiennent, qui ont fait l’histoire de l’île et le trésor qu’elle est encore aujourd’hui. Sur Port-Cros, les gardiens du trésor sont les agents du parc national. Ils assurent l’entretien des sentiers, la veille scientifique, la protection des lieux, en mer comme sur terre, mais aussi l’information et le guidage des visiteurs qui viennent randonner ici, pour la plupart à la journée.

Entre mer et sentiers, voyage dans cette île unique avec les agents du parc et de rares habitants qui résistent, par amour de l’île, aux appels du continent.

Un reportage de Vladimir Cagnolari.

À lire- «L'esprit de l'île», de Pierre Buffet, éditions Claire Paulhan 2014

  • «Port-Cros en 1886, île de quarantaine», de Claire Paulhan, éditions Claire Paulhan 2021.

Pour organiser votre voyage - Le site du Parc national de Port-Cros concentre de nombreuses informations utiles sur la biodiversité de l’île, son histoire et la réglementation en cours

  • Le site de Visit Var, office de tourisme du Var, renseigne notamment sur les rares hébergements sur place. Pensez à réserver en avance…

  • Depuis la ville d'Hyères, la compagnie de ferry TLV dessert Port-Cros tous les jours

  • Pour ceux qui viendraient en voilier, le Parc a mis en place, au large de Bagaud et Port-Cros, une zone de mouillages et d’équipements légers, afin de limiter l’impact des ancres marines sur les fonds marins. Réservation de votre bouée en ligne obligatoire.

Écouter nos autres voyages sonores dans les Parcs nationaux français- «Dans le Parc Amazonien de Guyane», une série en 3 épisodes

  • «Les calanques au coeur» par Inès Edel-Garcia

  • «Nuit noire dans les Cévennes» par Sarah Lefèvre.

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« Partir » attire et fascine. On célèbre le départ, on le raconte. Mais qu’en est-il du retour, plus anonyme et indéterminé ? Que nous apprend ce temps suspendu et transitoire, quand on est sur le retour ? Comment revient-on chez soi, après avoir tourné le dos à l’inconnu et à l'extraordinaire ?

« Revenir », c’est le titre du savant essai que vient de consacrer Céline Flécheux à ce qu’elle appelle « l’épreuve du retour », puisant dans un vaste corpus littéraire, philosophique et artistique, en digne enseignante d’esthétique et historienne de l’art qu’elle est.

Après avoir longuement travaillé sur l’horizon, qui appelle au départ et à la mise en mouvement des corps et des imaginaires, l’autrice française, philosophe de formation, interroge donc le retour, ses figures comme le fils prodigue ou Ulysse qui mettra dix ans à rentrer à Ithaque et multiplie les pistes et chemins de réflexion. Car revenir ne va pas de soi. La dissymétrie, le décalage est partout, dans le temps et les lieux retrouvés, en nous et avec les autres. « Car celui qui revient a vu des choses qui ont radicalement modifié et élargi sa vision du monde ; il a compris qu’une autre dimension existait qui jetait le discrédit sur tout ce qu’il avait connu jusqu’alors », écrit Céline Flécheux.

Certes, celui qui revient de voyage en fait parfois après, le récit ; mais très peu finalement raconte le retour, lui préférant le romanesque des départs et des échappées au long cours. Aujourd’hui avec Céline Flécheux, on va donc mettre une pensée, la sienne, sur un impensé : celui du retour ; et questionner par là notre rapport au temps et à l’espace, car si l’on revient quelque part, on ne revient jamais en arrière.

À lire :

  • « Revenir. L’épreuve du retour », de Céline Flécheux. Éditions Le Pommier

  • « L’Odyssée », d’Homère. Éditions Gallimard. Folio Classique

  • « Cahier d’un retour au pays natal », d’Aimé Césaire. Éditions Présence Africaine Poésie.

  • « L’irréversible et la nostalgie », de Vladimir Jankélévitch. Éditions Flammarion.

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Au large de Sfax, dans le golfe de Gabès, cet archipel tunisien sauvage et peuplé de pêcheurs résilients, a des allures de refuge, loin du fracas des villes et du monde. Mais ces îles, comme le mode de vie traditionnel qui s’y est inventé, sont fragiles.

Depuis Sfax, il faut un peu plus d’une heure de ferry pour rejoindre les îles Kerkennah, un archipel long de 40 kilomètres et habité par environ 15 000 habitants. Et en arrivant sur ces îles arides, très plates, émaillées de quelques villages de pêcheurs, de rangs de palmiers et bordées de longues plages tels des bancs de sable, on est déjà loin du continent, avec la mer, la grande bleue, pour horizon.

En même temps, comme partout dans la Méditerranée, Kerkennah est traversé d’influences, berbères d’abord, phéniciennes aussi, avec ces felouques à voile et au mât incliné, romaines, arabes, ottomanes ou siciliennes. Et pendant les temps troublés des luttes décoloniales, Habib Bourguiba, le père de l’indépendance tunisienne, y a même trouvé refuge un temps.

Mais Kerkennah est bien plus qu’un refuge tel un recoin du monde, c’est surtout un miroir du monde qui, par sa position stratégique, reflète notre époque traversée de crises climatiques ou migratoires. L’archipel, qui culmine à seulement 13 mètres, est particulièrement menacé par la montée des eaux liée au réchauffement climatique. Les ressources halieutiques se font de plus en plus rares même si les Kerkénniens continuent de défendre leur méthode de pêche ancestrale, à la charfia, un système de pêcherie fixe en branches de palmiers. Alors, certains cèdent aux sirènes de l’immigration clandestine, pendant que d’autres misent sur le tourisme tout en luttant contre la pollution plastique qu'il entraîne ; afin que Kerkennah ne soit pas tout à fait perdu…

Dans Le miroir de la mer, l’écrivain navigateur Joseph Conrad disait « Si vous souhaitez connaître l’âge du monde, regardez la surface de la mer dans la tempête ». Ici, on ajoutera: regardez aussi à la surface, Kerkennah...

Un reportage de Brice Andlauer.

En savoir plus:

  • Sur les techniques de pêche traditionnelles de Kerkennah uniques au monde et inscrites au patrimoine mondial immatériel de l’UNESCO depuis 2020

  • Sur les enjeux de la montée des eaux qui menace Kerkennah

  • Sur l’arrivée de l’espèce invasive de crabe asiatique en Méditerranée

  • Sur Kerkennah, devenu l’un des principaux points de passage de Méditerranée pour la migration illégale vers l’Europe.

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Il y a 70 ans, le 29 mai 1953, Edmund Hillary et Tensing Norgay entrent dans l’histoire après avoir atteint pour la première fois le Toit du monde, côté népalais. Mais qui sait que côté tibétain, dans les années qui suivent, des cohortes d’alpinistes chinois envoyés par Mao vont se mesurer à l’Everest, un petit livre rouge en poche et un buste de Mao sous le bras ?

C’est bien connu, une histoire en amène une autre… Et c’est justement pendant ses recherches pour son précédent récit « Alpinistes de Staline », couronné en 2020 du prix Albert Londres, que l’écrivain arpenteur français Cédric Gras va découvrir l’épopée chinoise à l’Everest, une épopée assez similaire de la soviétique entre piolet et faucille, idéologie et montagnes, honneurs et tragédie.

Après nous avoir raconté le destin méconnu des frères Abalakov, deux Sibériens héros des cimes en URSS qui vont connaître ensuite les purges staliniennes, l’auteur russophone et russophile s’est donc à nouveau plongé dans un océan de propagande et de rapports tronqués, côté chinois cette fois. Le but : donner corps et vie à ces expéditions himalayennes chinoises peu connues mais éminemment politiques, en particulier après l’invasion du Tibet par la Chine en 1950.

Avant cela, l’alpinisme chinois n’existait pour ainsi dire pas ; et ce sont les camarades russes qui vont former ces prolétaires en col mao qui n’avaient souvent jamais vu de montagne. En ligne de mire : l’Everest par sa face nord, jamais atteint à l’époque, le mystère de l’ascension des alpinistes britanniques Mallory et Irvine, disparus là-bas en 1924 n’ayant jamais été résolu à ce jour.

Avec son nouveau livre « Alpinistes de Mao », Cédric Gras livre un récit haletant qui s’attache à replacer ces expéditions chinoises dans la grande histoire, entre géographie complexe, géopolitique troublée et controverse sur la réalité de la première ascension à l'Everest, de 1960. Ce faisant, il nous parle aussi de la grande famine qui a décimé le peuple chinois, de la répression aveugle de la Révolution culturelle et du climat insoutenable qui régnait alors, des camps de travail et de rééducation, les laogaïs, où seront envoyés certains alpinistes pourtant héros de l’Everest et d’un Tibet plus que jamais aujourd’hui sous occupation chinoise.

À lire :

  • Alpinistes de Mao. Cédric Gras. Éditions Stock. 2023

  • Alpinistes de Staline. Cédric Gras. Éditions Stock. 2020

  • La mer des cosmonautes. Cédric Gras. Éditions Paulsen. 2017

  • Anthracite. Cédric Gras. Éditions Stock. 2016

  • L'hiver aux trousses. Cédric Gras. Éditions Stock. 2015.

À écouter :

  • Notre podcast « Cimes blanches et étoiles rouges. L'incroyable destin des frères Abalakov » autour du précédent livre de Cédric Gras « Alpinistes de Staline », prix Albert Londres 2020.

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À l’occasion du Festival Étonnants Voyageurs qui se tient, du 27 au 29 mai 2023, à Saint-Malo en France, on prend le bois avec la Québécoise Gabrielle Filteau-Chiba, une écrivaine invitée du festival. Direction le Kamouraska, les épinettes et une cabane solitaire au bord de la rivière tel un refuge pour écrire, renouer et lutter.

Un jour, à l’aune de ses 26 ans, Gabrielle Filteau-Chiba a décidé de quitter le confort étroit de sa ville Montréal et son poste de traductrice, pour aller vivre seule en ermite au cœur de la forêt boréale, dans une cabane sans électricité, eau courante ni réseau téléphonique.

La cabane, c’est d’abord un rêve d’enfance, de repli nourricier et de refuge un peu secret, pour l’imaginaire et les grands rêves qu’on ne s’avoue qu’à soi. Et pour la Québécoise Gabrielle Filteau-Chiba, la cabane, sa cabane dans le Kamouraska où elle va finalement passer trois ans, sera le lieu d’une reconquête personnelle, la réappropriation d’un vaste territoire sauvage souvent préempté par les hommes et le point de départ de sa vie d’écrivaine, la plume trempée dans l’eau d’érable et des rivières.

Depuis, nourrie de ses trois années passées dans le grand silence boréal, au plus près du vivant, parmi les lynx et les coyotes, la trentenaire a publié trois romans écoféministes qui ont rencontré le succès au Québec, en France et au-delà dans le monde. Son premier livre « Encabanée », un roman aux allures de journal intime fiévreux, est venu renouveler à sa manière le genre des récits de cabane, un genre qui, de Henry David Thoreau à Sylvain Tesson, était surtout l’apanage des hommes. « Sauvagines », son deuxième ouvrage, questionne et dénonce le braconnage et le rapport à la faune sauvage qu’entretient le Québec de sa fondation, au temps des coureurs des bois de la Nouvelle France, à nos jours. « Bivouac », son dernier livre raconte, quant à lui, la lutte collective de citoyens et d’éco-warriors pour la défense de pins centenaires contre un projet d’oléoduc, une lutte que l’autrice a elle-même connue et menée dans le Kamouraska.

Bien qu’elle ait recours à la fiction, la trajectoire de Gabrielle Filteau-Chiba comme son rapport intime, poétique à la forêt boréale irriguent ses romans plus vrais que nature, à fleur de peau et de lichen. Et au fil des pages de ce triptyque ardent, l’écrivaine invite le lecteur à se plonger en forêt, à mieux la connaître, à la défendre aussi. Ce qu’elle fait elle-même, achetant pour la protéger, des hectares de forêt avec ses droits d’auteurs tirés de son œuvre déjà traduite en six langues. Une œuvre qui dit, crie parfois, le besoin d’enracinement, de poésie et de grande nature, de justice sociale et climatique d’une femme et peut-être de toute une génération.

Bibliographie

  • « Encabanée », Gabrielle Filteau-Chiba. 2021. Éditions Le mot et le Reste. Édition Folio Poche en 2022.

  • « Sauvagines », Gabrielle Filteau-Chiba 2021. Éditions Stock.

  • « Bivouac », Gabrielle Filteau-Chiba. 2022. Éditions Stock.

Plus d’infos

  • Sur le Festival Étonnants Voyageurs qui se tient de Saint-Malo du 27 au 29 mai 2023

  • Sur le premier épisode de notre série En retrait du monde, récits de cabanes et de refuges.

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Pour son dernier récit « Alaska, l’ultime frontière », la journaliste et autrice française Marie-Hélène Fraïssé continue d’arpenter ces sentiers amérindiens qu’elle aime tant partager. Direction cette fois la côte du grand Nord-Ouest américain, à la rencontre de communautés autochtones fascinantes et résistantes.

Marie-Hélène Fraïssé ne découvre pas. Elle rencontre. Pendant des décennies, la reporter et productrice radio à France Culture, a sillonné l’Amérique du Nord et les recoins de son histoire coloniale, prenant à revers les mythes hollywoodiens de la conquête et donnant à entendre surtout, des voix autochtones longtemps silenciées. En creusant ce sillon amérindien profond, sensible, elle n’aura de cesse d’interroger cette fameuse rencontre entre Premières Nations et colons européens, d’inverser le miroir aussi.

Pour son dernier voyage, Marie-Hélène Fraïssé, partie de Vancouver à Anchorage, a fait le choix du temps long et de la rencontre, sans filet ni ordre de mission. Au gré des rotations de ferry, elle se fait alors passagère dans cet « inside passage » ou passage de l’intérieur, de la côte canadienne à l’Alaska, parmi une myriade d’îles, de fjords, de glaciers et de chenaux, où la pureté et la grandeur des paysages lui offrent une certaine consolation, « alors qu’une perte récente [lui] déchirait le coeur ».

Dans son récit qu’elle nous livre bien des années après ce voyage conçu comme « une entreprise de détachement, d’effacement, de déprise », l’échappée n’est pas tout à fait solitaire. On y croise en effet l’ombre des explorateurs européens James Cook ou Lapérouse, l’écrivain naturaliste américain John Muir ou le photographe Edward S. Curtis passés par là, des Russes chasseurs de loutre, des chercheurs d’or, prospecteurs d’hier et d'aujourd'hui ou encore l'anthropologue français Claude Lévi-Strauss… Avec au centre, des communautés autochtones résilientes et combatives, habitant ces terres du bout du monde depuis des millénaires, à l’ombre d’immenses totems sculptés en forme d’Aigle, de Corbeau ou d’Oiseau-Tonnerre, dans un jeu de masques où l’on comprend vite que l’Ancien et le Nouveau Monde ne sont pas ceux que l’on croit…

Bibliographie :

  • Alaska, l’ultime frontière. Éditions Albin Michel, 2023

  • Western, une autre histoire. Éditions Bayard, 2022

  • L’Eldorado polaire de Martin Frobisher. Éditions Albin Michel, 2017

  • L’impensable rencontre. Éditions Albin Michel, 2014.

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Comment passe-t-on de champion de ski à Prix Nobel de la Paix ? De héros polaire à créateur d’un statut pour les réfugiés ? C’est la question à laquelle s’efforce de répondre l’écrivain français Alexis Jenni, auteur d’une réjouissante biographie consacrée à l'explorateur norvégien passé diplomate. Héros dans son pays la Norvège, Fridtjof Nansen (1861-1930) occupe une place de choix dans le panthéon des grands explorateurs pionniers des Pôles. À son palmarès, on peut notamment citer sa traversée à ski de 1888, la première d’est en ouest du Groënland alors que son cœur, l’inlandsis est encore largement inexploré. Aussi et surtout, Nansen a été le chef d’expédition tenace et visionnaire à l’initiative de la folle odyssée de 3 ans du Fram, un navire enserré dans la glace et conçu spécialement à cet effet. Cette expédition va alors mettre à jour la dérive transpolaire et l’existence d’un fort courant marin sur l’océan Arctique. Après de tels exploits, le Norvégien épris d’aventures, de sciences et d’idéaux va ensuite mettre en place, au sortir de la Première Guerre Mondiale, le passeport Nansen : un document unique qui va représenter la première véritable mesure de protection des réfugiés dans l'histoire du droit international et sauver pour ainsi dire des milliers de vies.Dans les nombreux portraits sépia qui existent de Fridtjof Nansen, il apparaît toujours impeccable, le regard perçant, direct, jamais fuyant, laissant deviner une personnalité sûre d’elle, sérieuse, un brin austère peut-être. Dans ses écrits et journaux de bord, il exprime par contre une vraie sensibilité pour l’environnement arctique, ses lumières, la force de ses paysages comme pour les Inuits qui les peuplent. Toute sa vie, il va d’ailleurs louer le génie autochtone et s’inspirer pour ses expéditions de leurs techniques de vie en milieu polaire tout en condamnant les méfaits de la colonisation. Figure romanesque, romantique et engagée, l’explorateur est donc loin du monolithe héroïque qu’on a voulu forger à son sujet. Une dualité riche, complexe et une trajectoire de vie hors du commun qui mérite le voyage.  Avec Alexis Jenni, auteur de « Le Passeport de Monsieur Nansen ». À lire :- « Le passeport de Monsieur Nansen », d’Alexis Jenni. Éditions Paulsen. 2022- « Vers le pôle », de Fridtjof Nansen. Une version richement illustrée du récit de l’odyssée du Fram, paru aux Éditions Paulsen. 2014- « J’aurais pu devenir millionnaire. J’ai choisi d’être vagabond », d’Alexis Jenni. Le récit de la vie du grand naturaliste américain John Muir est paru en poche aux Éditions Paulsen. 2022.- « J’aurais pu devenir millionnaire. J’ai choisi d’être vagabond », de Clément Baloup. La vie et le parcours de John Muir adapté en BD et paru aux Éditions Paulsen. 2022.

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En Nouvelle-Calédonie, celui qui viendra à la rencontre du peuple kanak se doit d’abord, en guise de bonjour et de respect, de « faire la coutume »: un geste simple mais solennel, où la parole accompagne une offrande symbolique qui signe le début d’une relation, d’une reconnaissance et marque l’entrée dans un monde autochtone, vieux de plus de 3 500 ans.  « Faire la coutume » est le signe le plus quotidien et le plus visible de la culture kanak. Un geste que la plupart des personnes séjournant dans l’archipel découvrent à un moment ou à un autre, en n’y voyant parfois qu’un folklore sympathique et nébuleux, sans en saisir toute la portée. Or, ce genre d’échanges dépasse les simples préalables à l’entrée dans une maison et ces « coutumes », ces discours, ces offrandes (généralement une pièce de tissu accompagnée d’un billet de banque) et contre-offrandes sont présents à chacune des étapes importantes de la vie du peuple autochtone kanak : naissance, passage à l’âge adulte, mariage, mort. Plus l’événement est important, plus ces « coutumes » vont l’être également, impliquant d’autres présents plus importants : monnaies traditionnelles, ignames (la tubercule emblématique du monde océanien)...Dans l’histoire, ce monde mélanésien sera profondément bouleversé par la colonisation française qui va mettre à mal ce socle identitaire puissant que représente la coutume kanak. Après quoi, à force de luttes menées dès les années 1970 par le mouvement indépendantiste porté par les Kanak, la coutume va être de plus en plus reconnue. Et en Nouvelle-Calédonie, un droit coutumier autochtone existe désormais -un cas rare au sein de l’État français- et des institutions comme les aires coutumières et le Sénat coutumier ont vu le jour.Mais au-delà de ce maillage institutionnel complexe, à l’image de l’histoire néo-calédonienne, la coutume structure toujours la vie des Kanak au quotidien, dans une société organisée autour de clans, sous l’autorité dechefferies. Et « faire la coutume » vient rappeler à celui qui arrive le sens du rituel, de l’hospitalité et de la parole donnée. Car prendre le temps de la coutume, c’est prendre le temps de la rencontre et du dialogue… Voyage à la découverte d’une tradition vivante et en mouvement, dans une Nouvelle-Calédonie multiculturelle, abritant des communautés d’origine océanienne, européenne ou asiatique. Sur des chemins traditionnels qui nous amènent jusqu’à l’autre avec un grand A. Un voyage sonore de Benoît Godin. Pour aller plus loin : Le beau et riche livre Coutume kanak, de Sébastien Lebègue (Éditions Au vent des îles / ADCK – Centre culturel Tjibaou, 2018). Une plongée dans la culture du peuple premier de Nouvelle-Calédonie, magnifiée par les photos et dessins de l’auteur. Le site web qui a accompagné sa publication vaut également le détour : Coutume kanak.

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Après 20 années passées sur les plus hautes montagnes du monde et 21 ascensions à plus de 8 000 mètres d’altitude, la trajectoire de ce guide sherpa force le respect. Parce qu'il défend une approche humble, humaniste de son métier et des montagnes, Tendi est une voix qu’il faut écouter dans un contexte ahurissant de marchandisation de l’Everest. Au Népal, dans la chaîne mythique de l’Himalaya, les plus hautes montagnes du monde renferment la mémoire de tous ceux qui les ont arpentées : des Européens, mais aussi des Népalais, des Sherpas surtout, qui depuis les années 1950, n’ont eu de cesse de guider et rendre possible les grandes expéditions occidentales, en quête de records et de premières sur ces vertigineux sommets, à commencer par l’Everest, le Toit du monde culminant à 8 849 mètres. Pendant longtemps, l’histoire de l’Himalayisme —comme beaucoup d’autres histoires- s’est écrite uniquement du côté des Occidentaux. Laissant dans l’ombre, les locaux, les Sherpas, une ethnie tibétaine installée au Népal qui plus que tout autre, connaît et vit au quotidien ces lieux d’altitude, les grimpe, les craint, les vénère aussi. Mais l’histoire n’est jamais écrite d’avance et aujourd’hui, on assiste à une profonde transformation du secteur économique des ascensions et des treks là-bas, à une professionnalisation aussi des guides sherpa. Et de nouvelles figures, locales cette fois, émergent dans le panthéon des « héros » de l’Everest.Tendi Sherpa est de ceux-là, et à sa manière, il représente bien cette nouvelle élite de guide polyglotte et formée. Né en 1983 dans un village reculé de la vallée de Khembalung, celui qui sera enfant moine dans un monastère bouddhiste puis porteur à 13 ans, puis guide et chef d’expédition certifié à l’international, est devenu l’un des guides les plus respectés de son milieu. Comme d’autres Sherpas, Tendi défend une approche plus raisonnée de la montagne, en respect avec le milieu qui les nourrit et les a vus grandir. Chez lui, pas d’obsession de performances ou d’ascension à tout prix. Depuis le terrible accident de 2014 sur l’Everest qui a coûté la vie à 16 Sherpas, il est de ceux qui cherchent à valoriser et défendre le métier, accompagnant avec sa fondation les orphelins de Sherpas décédés en haute montagne ainsi que les écoliers de son village natal, encore très reculé. Le tourisme d’altitude occidental génère des richesses considérables et le déséquilibre est saillant dans un pays encore très pauvre, qui affiche un revenu mensuel moyen de 100 dollars seulement.Suivre le pas pressé de cet enfant des montagnes et de l’Everest, c’est alors comprendre les bouleversements fulgurants qu’a connus le Népal, petit pays coincé entre les géants chinois et indiens ouvert aux étrangers depuis 1951 seulement, et devenu depuis le terrain de jeu des alpinistes du monde entier. Pour les Occidentaux, le plus haut sommet du monde s’appelle Everest mais pour les Sherpas, il sera toujours Chomolungma soit la mère des montagnes.  Avec Tendi Sherpa, guide népalais certifié de l’Union Internationale des Associations de guide de montagne (UIAGM) et Flore Dussey, journaliste suisse et autrice d’une biographie consacrée à Tendi. En savoir plus : - Sur le livre « Tendi Sherpa, plus haut que l’Everest ». Une biographie écrite par Flore Dussey. Éditions Glénat- Sur l’association Népalko Sathi qui mène des projets éducatifs et agro-écologiques dans la vallée de Khembalung- Sur la Fondation Tendi Sherpa et son agence suisso-népalaise Audan Trekking- Sur l’histoire de l’alpinisme depuis 1945 dans l’Himalaya et le monde.

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Ils et elles sont Bédick, Bassari, Coniagui et Dialonké : quatre communautés du Sénégal Oriental mises à l’honneur par le Festival des Ethnies Minoritaires, dont la 6e édition s’est tenue récemment dans la région de Kédougou. Au sud-est du Sénégal, non loin de la Guinée et du Mali voisins, se trouve un trésor national de musiques, de danses et de traditions qui font la grande diversité culturelle du pays. Ce trésor porte ici le nom d’ethnies minoritaires qui s’enracinent et résistent loin des grands centres urbains, dans des cultures animistes ancestrales et fascinantes. À l’occasion du Festival des Ethnies Minoritaires organisé en février 2023 par l’Association des Minorités Ethniques, elle-même soutenue par l’ONG française de coopération internationale Tetraktys, on découvre la force, la persistance mais aussi la fragilité de ces cultures.Et en voyage en Pays Bassari, dans des terres de savanes boisées, de grottes, de cascades et de collines, on comprend bien comment diversité naturelle et diversité culturelle s’entremêlent et se nourrissent depuis toujours. C’est la raison pour laquelle en 2012, l’Unesco a classé cette région rurale et isolée « Patrimoine mondial de l’Humanité », pour ses richesses à la fois naturelles et culturelles. Aujourd’hui, qu’elles soient Coniagui, Bassari, Dialonké ou Bédick, les ethnies minoritaires sont menacées par le réchauffement climatique, l’exode rural et la disparition de certains rituels par manque de transmission d’une mémoire orale.Rencontre avec des villageois, des chefs de coutumes et des guides qui partagent et défendent leurs savoirs, leurs traditions : leur identité.Un reportage à Bandafassi de Raphaëlle Constant.  En savoir plus :- Sur les 4 ethnies minoritaires du Sénégal Oriental, un document utile édité par l’Association des Minorités Ethniques- Sur l’action de l’ONG Tetraktys qui intervient depuis 20 ans au Sénégal Oriental et accompagne le développement d’un tourisme durable dans la région- Sur le projet de circuit culturel et touristique en Pays Bassari La piste du Caméléon- Sur le photographe français Julien Masson, auteur des images qui accompagnent ce voyage sonore.

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Depuis que l’alpinisme ou les sports d’hiver comme le ski se sont développés dans les Alpes et ailleurs, force est de constater la montagne est devenue le terrain d’inégalités profondes. Un domaine d’altitude réservé à ceux qui ont les moyens de l’arpenter, de s’y projeter. Un espace de privilèges, masculin souvent, de blanchité aussi. Comme un plafond, non pas de verre, mais de glace ou de neige… Mais certains s’attachent à le briser. Dans les Alpes, les Grandes Jorasses, les Droites, le Cervin, le Schreckhorn, l’Aiguille Blanche de Peuterey, l’arête du Brouillard, le Weisshorn ou le Mont Blanc font partie des 82 sommets qui s’élèvent à 4000 mètres et plus. Atteindre ces sommets est un vieux et grand rêve d’alpiniste. Le rêve que fait depuis dix ans l’association française 82-4000 Solidaires (un nom donné en écho à ces sommets alpins) va, lui, plus loin. Et consiste à emmener en haute montagne tous ceux qui en sont exclus ; parce qu’une ascension avec un guide coûte cher, parce qu’ils considèrent que là-haut n’est pas leur place, parce que jamais personne, finalement, ne les y a emmené, invité ou accueilli. Aujourd’hui, le ski, sport d’hiver roi dans les montagnes ne concerne que 7% des Français et il en coûte près de 4000 euros pour une semaine au ski, pour une famille de quatre. Aussi, les classes de neige, qui jusque-là offraient au plus grand nombre un premier goût de la montagne, fondent comme neige au soleil : une baisse de 30% par exemple en région parisienne, faute souvent de moyens, en raison de coupes budgétaires. Pourtant, les classes de neige et cette idée plus largement de la montagne pour tous, éducatrice, bienfaitrice, c’était en France un idéal fondateur de l’après-guerre, issu des grands mouvements d’éducation populaire, laïques ou chrétiens, nés à l’entre-deux-guerres dans le sillage des acquis sociaux du Front Populaire. Défendre une montagne accessible, inclusive et solidaire, c’est donc la mission que s’est donnée l’association 82-4000 Solidaires, en collaboration notamment avec le mouvement ATD Quart Monde. Constituée de guides, d’alpinistes français ou de passionnés de montagne, l’association propose des stages d’alpinisme à des personnes en grande précarité et revendique par là un droit aux loisirs et à la montagne pour tous. Depuis 2013, ce réseau de bénévoles a déjà réalisé 75 stages, faisant de la montagne et des ascensions en cordée un outil de construction personnelle, d’insertion sociale et de partage tout simplement.Rencontre avec Hugues Chardonnet, médecin, diacre, guide de haute montagne et fondateur de l’association 82-4000 Solidaires. Plus d’infos :- Sur l’association 82-4000 Solidaires née à Briançon dans les Hautes-Alpes. Une antenne en Haute-Savoie a déjà vu le jour et une nouvelle dans les Pyrénées va prochainement ouvrir.- Sur « Les Rencontres de la montagne partagée » co-organisées chaque année par « 82-4000 Solidaires », « CAF Jeunes en Montagne » et « En passant par le Montagne », 3 associations qui œuvrent pour rendre la montagne plus accessible, solidaire et inclusive.- Sur le mouvement ATD Quart Monde avec lequel collabore l’association 82-4000 Solidaires.À lire :- « Les sommets sont à tous ! Partager la montagne avec les plus pauvres » de Laureline Dubuy et Hugues Chardonnet. Editions Glénat. 2022- « La montagne pour tous. La genèse d’une ambition dans l’Europe du XXe siècle » d’Olivier Hoibian. Editions Le Pas d’oiseau. 2020.-« De la MJC aux sommets alpins. Enjeux autour d’une culture populaire de la montagne ». Un article de la doctorante en géographie Léa Sallenave, datant de 2019, à retrouver ici en ligne-« Les Enfants de la Clarée » de Raphaël Krafft. Editions Marchialy. 2021. Un récit autour de l’arrivée en 2017 de migrants, souvent guinéens, à la frontière franco-italienne, près de Briançon et le réseau d’habitants qui s’est constitué pour les aider.

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Rencontre avec l’ancien champion du monde d’apnée qui a su faire de ses plongées un art de vivre, un rapport au monde et un plaidoyer pour la préservation des océans. « Je ne suis pas un homme-poisson », annonce d’emblée Guillaume Néry. Pourtant, depuis 25 ans qu’il plonge dans les mers du monde, l’apnéiste français a fait de ses nages une danse ; mieux, une évidence. Peut-être parce que dans l’eau, après avoir cumulé les records du monde, puis abandonné toute compétition suite à un accident, Guillaume Néry a trouvé sa place. La juste place que nous cherchons tous, peut-être, face aux éléments naturels. Sa place à lui, c’est celle d’un homme qui arrête, un temps, de respirer pour mieux s’immerger dans un autre monde. Un monde sous-marin, de lenteur et de profondeur. Pour Guillaume Néry, la mer est plus qu’un horizon, c’est une boussole. Le corps ? Un allié, fragile mais indispensable, pour poursuivre cette relation intime qu’il a entamée très tôt avec la mer, lui le Niçois, né il y a 40 ans sur les rives de la Méditerranée où il vit et plonge toujours.Depuis une décennie au moins, l’ancien champion du monde multiplie les initiatives (livres, films, conférences, académie de plongée en apnée...) pour partager sa passion des abysses et alerter sur le drame écologique qui se joue aussi au fond des mers. Et avec lui, la planète bleue n’a jamais si bien porté son nom…Voyage en eaux et en ondes profondes avec l’explorateur des mers, à l’occasion du Festival « Objectif Aventure ». En savoir plus :- Le site de Guillaume Néry. Pour visionner notamment ses vidéos et suivre son actualité.- L’école de plongée Bluenery Academy, fondée à Villefranche-sur-Mer par G. Néry et Bastien Soleil- Le livre « Nature aquatique », de Guillaume Néry. Éditions Arthaud- Le Festival Objectif Aventure qui s’est tenu fin janvier 2023 à Paris.

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Sans cesse repoussées, les limites du monde connu ont toujours fasciné et inquiété l’Occident. Propices à l’imaginaire et au voyage, ces lieux ont d’abord relevé de l’étrange pour être ensuite largement explorés et dominés. Politiques, exotiques ou magnétiques, les lointains ordonnent l’espace et renseignent sur ceux qui s’y projettent. Avant tout élan de voyage et mise en mouvement du corps et des hommes, existe un point de mire, un horizon qui intrigue et dépasse, emmène et embarque. Ainsi, de longue date, les lointains ont nourri l’imaginaire des marins et des marcheurs, des naturalistes ou des découvreurs, des négociants ou des explorateurs. Dans cet équilibre fragile et incertain, entre réel et imaginaire, curiosité savante et esprit de conquête, attirance et répulsion, envie de savoir, mais aussi peur d’apprendre ce qu’il y a là-bas, au loin… «Une histoire des lointains», c’est le nom du dernier ouvrage que vient de publier l’historien et philosophe français Georges Vigarello, qui n’en finit pas de creuser l’histoire du corps et de ses représentations en Occident. Et avec cet ouvrage passionnant, richement illustré, le corps n’est jamais très loin ; puisque Georges Vigarello vient interroger les ressorts de sa mise en mouvement ainsi que la peine des chairs subis en chemin, dans cette quête inassouvie qu’ont toujours eue les Occidentaux pour les lointains. Aussi, il ouvre de sagaces réflexions sur la servitude obligée que ces mêmes Occidentaux ont orchestrée à travers le temps, sur les terres et les êtres des lointains, entre esclavage, colonisation et exploitation. Une traversée des corps, des peurs et des rêves d’ailleurs, mais aussi des dominations, c’est ce qu’offre ce très beau livre, truffé de cartes et de gravures anciennes représentant monstres marins, édens fantastiques ou «sauvages» nus forcément cannibales et repoussoirs. En rapprochant les lointains, l’Occident a bouleversé le monde et changé le cours de l’histoire.

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À l’occasion du Festival Objectif Aventure, Festival international du film d’aventure de Paris, on interroge aujourd’hui le sens de l’aventure. Parce qu’il est temps de déconstruire la figure mythique, solitaire et souvent masculine de l’aventurier, bravant les dangers et l’inconnu à l’autre bout du monde ; et de plaider pour de nouveaux récits et un autre rapport au monde. L’aventure a mille visages ; mais bien souvent, dans les films et les récits d’aventures contemporains, on suit surtout le périple d’âmes solitaires lancées à la découverte du monde, des autres et d’eux-mêmes, que ce soit à vélo, en kayak, à ski ou à pied ; dans des circonstances parfois périlleuses, d’épreuves et de quête surtout.Mais quelle est cette quête au juste ? Que signifie encore aujourd’hui le fait de partir à l’aventure dans un monde déjà largement exploré, cartographié, arpenté ? Pourquoi chercher le risque, l’inconnu sur les chemins, quand d’autres, exilés, le subissent ? Pourquoi partir à l’assaut des sommets quand les glaciers fondent, ou chercher à tester ses limites quand la planète a pour ainsi dire atteint les siennes ?Les récits d’aventures, héroïques et homériques, ont souvent bercé nos enfances et nos imaginaires, comme ils ont guidé nos pas, parfois. Mais où nous mènent-ils finalement aujourd’hui ? L’aventure, cette noble école du courage et de la connaissance du monde, n’aurait-elle pas besoin, elle aussi, de boussole et de nouveaux récits ?C’est ce que nous allons essayer de savoir aujourd’hui, en compagnie de nos trois invités, également invités du Festival : l’anthropologue français et grand amoureux de la marche David Le Breton, la navigatrice et autrice française Isabelle Autissier et l’écrivain voyageur français Cédric Gras. Trois esprits de plein air et d’ouverture avec lesquels on va tâcher, en puisant dans de savoureuses archives radiophoniques, d’avancer dans cette réflexion presque philosophique, sur le sens de l’aventure. Car interroger le sens de l’aventure, c’est aussi interroger le sens de l’existence, de la marche du monde et de la vie… Chiche ! En savoir plus :- Sur le Festival Objectif Aventure de Paris. Une 5è édition présidée par Sylvain Tesson. Du 27 au 29 janvier 2023- Sur l’aventurier, figure de la migration africaine- Sur les femmes aventurières, notre récit radiophonique «Le monde est à elles». Bibliographie :- «Le naufrage de Venise», Isabelle Autissier, Éditions Stock, 2022- «Les alpinistes de Staline», Cédric Gras. Éditions Stock, 2020- «Marcher, éloge des chemins et de la lenteur», David Le Breton, Éditions Métailié, 2012- «Passions du risque», David Le Breton, Éditions Métailié, 2000.

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Portrait du grand écrivain voyageur suisse au gré des géographies sensibles, réelles ou imaginaires qu'il a traversées et si brillamment décrites dans ses récits.  Donner la parole aux images et aux instants fugaces du voyage, c’est ce qu’aura fait toute sa vie Nicolas Bouvier (1929-1998), auteur de «L'usage du monde», récit de son périple en Fiat Topolino jusqu'en Afghanistan dans les années 50 avec son ami peintre Thierry Vernet. Cet ouvrage, devenu culte, a marqué les lettres et les esprits nomades du XXème siècle. Depuis longtemps à Si loin si proche, il est une référence, abondamment cité par nos invités, souvent lu dans ses écrits ou écouté dans de lumineuses archives ; mais jamais, jusqu’à aujourd’hui, nous n’avions eu l’occasion de retracer les contours de sa vagabonde existence, ni d’interroger le sillon profond que Nicolas Bouvier a laissé derrière lui : lui, le baroudeur et laboureur des mots, l’artisan brodeur d’histoires, attelé à son ouvrage et pas n’importe lequel : le récit -après usage- du monde.À l’origine, en grec ou en latin, le mot «géographie» signifie dessiner ou décrire la terre… Et pour Bouvier, parti très tôt sur les routes, la géographie se révèle surtout humaine, faisant du voyage une expérience unique de l'altérité et le matériau de ses écrits exigeants, sans cesse en mouvement. «Je suis un œil et un esprit qui se promènent», disait celui qui va également affûter son regard et son sens de l'image en tant qu'iconographe, métier qu'il exerçait par ailleurs. Voyage au gré des géographies de l'écrivain nomade, de sa Suisse natale jusqu'en Asie centrale en passant par le Japon qui le fascinait tant. En compagnie du géographe genevois Alexandre Chollier, auteur de l'ouvrage richement illustré «Nicolas Bouvier, au gré des géographies», paru aux Éditions Paulsen.Un nouvel épisode de «Compagnons de route», notre collection de portraits radiophoniques d’écrivain.e.s voyageurs et voyageuses. À lire :- «Nicolas Bouvier, Au gré des géographies». Alexandre Chollier. Éditions Paulsen- «Du coin de l’œil, écrits sur la photographie». Nicolas Bouvier. Édition établie et annotée par Alexandre Chollier. Éditions Héros Limite- «L’usage du monde». Nicolas Bouvier. Illustrations Thierry Vernet. Éditions la Découverte.- «Chronique Japonaise». Nicolas Bouvier. Éditions Payot- «Le poisson-scorpion». Nicolas Bouvier. Éditions Gallimard, Folio.- «Routes et déroutes. Entretiens avec Irène Liechtenstein-Fall». Éditions Métropolis. À écouter :- «Poussières et musiques du monde». Un CD d’enregistrements de Nicolas Bouvier de Zagreb à Tokyo. Éditions Zoé- «Le vent des Routes. Entretiens avec et autour de Nicolas Bouvier». Éditions Zoé. Avec la Radio Suisse Romande.

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Fondé au XVIIème siècle par des esclavisés en fuite, ce village, situé à 70 kilomètres de Carthagène, est porteur d’une histoire et d’une culture noire à nulle autre pareille. Sur la place de San Basilio de Palenque, le buste de bronze d’un homme noir qui semble surgir de son socle de pierre, mains tendus et chaînes brisées, rappelle le long passé de lutte et de résistance à l’esclavage qu’a mené cet ancien village fortifié (Palenque signifie palissade), fondé dès le XVIIè siècle par des Noirs marrons ou «Cimarrons». En Amérique et dans les Caraïbes, ces communautés marronnes d’Africains déportés puis réduits en esclavage, qui ont pris la fuite et arraché leur liberté, sont nombreuses, et l’on cite souvent l’exemple des Quilombos au Brésil. Or San Basilio, la Colombienne, serait la première communauté noire libre du Nouveau Monde. Avec à sa tête : le chef légendaire Benkos Bioho qui, dès 1603, a fait plier la couronne espagnole et que l’on retrouve aujourd’hui en statue sur la place du village.Pendant longtemps, San Basilio de Palenque a vécu dans l’isolement et la relégation ; mais depuis quelques décennies, le village, classé en 2005 chef d’œuvre du patrimoine oral et immatériel par l’Unesco, attire de nombreux voyageurs étrangers. Des Afro-Américains ou Européens qui viennent voir de plus près ce morceau d’Afrique en Colombie. Sur les murs colorés de San Basilio de Palenque, la fierté noire se lit partout et la musique afro-colombienne palenquera comme la langue palenquera (un mélange de langues bantoues, espagnole et portugaise) se transmettent encore de génération en génération. Récemment, le pays a connu une petite révolution avec l’élection à la vice-présidence de Francia Marqués, première femme afro-colombienne nommée à un tel poste. Mais la Colombie, qui abrite la deuxième plus grande communauté noire d’Amérique du Sud après le Brésil, a encore du mal à se reconnaître dans sa diversité, pourtant si riche et inspirante.Un reportage de Frédéric Tonin.  À écouter- Son Palenque, Afro-Colombian Sound Modernizers, Vampi Soul, 2014- El Sexteto Tabalá– Colombie : El Sexteto Tabala, Ocora, 1998- El Sexteto Tabalá – Colombie : Les Rois Du Son Palenquero, Buda Musique, 1999- Les joyeuses Ambulances - L’Art De Pleurer Les Ancêtres A San Basilio De Palenque, Buda Records, 2000- Palenque De San Basilio, Ocora 2004- Les productions du label pionnier Palenque Records. À lireEn français:- «L’or et l’obscurité» de Alberto Salcedo Ramos. Éditions Marchialy. Une biographie de Kid Pambélé, premier champion du monde colombien de boxe et grande figure afro-colombienne palenquero.- L’interview de Lucas Silva, fondateur du label Palenque Records sur le site Pan African Music. En espagnol:- Palenque, comunicación territorio y resistencia, de Luis Ricardo Navarro Díaz- Palenque. Primer pueblo libre de América, de Roberto Arrazola Caicedo- Gramática y diccionario biligüe palenquero-español, de Solmery Casseres Estrada À voir :- Les rois créoles de la champeta, de Lucas Silva et Sergio Arria, 1998- Les fils de Benkos, Lucas Silva, 2003- Del Palenque de San Basilio, de Erwin Goggel et Esperanza Bioho, 2003- Herencias, Thomas Belet, 2020.

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Situé tout au nord des États-Unis, non loin du Canada, le Montana est un État rural, immense et sauvage. Là, entre les Rocheuses et les Grandes Plaines, les grands espaces de l’Ouest américain et la promesse de solitude qu’ils renferment, aimante depuis longtemps les rêves des pionniers en quête de liberté. C’est aussi là que se concentre la mémoire des luttes amérindiennes d’hier et d’aujourd’hui.  L’avenir des États-Unis se jouerait-il dans ses marges ? C’est par un récit de voyage aux allures de roadtrip dans le Montana, que l’autrice française Sylvie Brieu tente de répondre à cette question, complexe et passionnante. Car depuis 6 ans, le Montana est son refuge, là où elle vit la moitié du temps, là où elle dit aussi avoir retrouvé le goût de l’Amérique, «celle des origines» écrit-elle. Dans le Montana comme ailleurs dans l’Ouest américain, l’histoire verse souvent dans la mythologie poussiéreuse des pionniers et des cow-boys. Alors, pour s’ouvrir à d’autres récits, plus justes et plus sensibles, Sylvie Brieu a décidé d’arpenter la terre du Montana, à la rencontre de rangers militants, d’écrivains écolos amoureux des grizzlis ou d’amérindiens combatifs et créatifs. À l’occasion du Festival du Grand Bivouac d’Albertville qui s’est tenu en octobre 2022, la journaliste diplômée de Berkeley, membre de la National Geographic Society, très attachée à la cause des peuples autochtones était venue défendre son dernier livre «L’âme de l’Amérique». Surtout, elle avait à cœur de défendre la force et la beauté des cultures amérindiennes du Montana, qu’elles soient Blackfeet, Crows, Nez percés ou Cheyenne, avec à ses côtés Alaïna Buffalo Spirit, une artiste Cheyenne du Nord venue en France pour l’occasion. Rencontre avec deux femmes lumineuses pour un dialogue éclairant sur l’histoire et le présent du Montana. Une histoire empreinte de conquête, de ruée vers l’or, de dépossession des terres amérindiennes par les colons et de guerres mythiques, à commencer par celle des Black Hills qui opposa, à la fin du XIXè siècle, l’armée du Général Custer aux Indiens Sioux et leurs alliés. Une histoire de résilience et de résistance aussi.En savoir plus : - Sur le ledger art d’Alaina Buffalo Spirit, artiste Cheyenne du Nord- Sur l’autrice Sylvie Brieu et son dernier livre «L’âme de l’Amérique» paru aux Éditions Albin Michel- Sur l’action du Northern Plains Resource Council, organisation environnementale du Montana- Sur les écrivains du Montana répartis entre les villes de Livingston et Missoula.

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Aux portes de Marseille, dans les criques rocheuses et les vallons étroits des Calanques, on part à la rencontre de tous ceux qui arpentent, défendent et aiment ce territoire à la fois terrestre et maritime, fragile et extrêmement prisé. Un nouvel épisode de notre série de voyages à la découverte des parcs nationaux français. Au sud de la France, entre Marseille, la Ciotat et Cassis, les Calanques dessinent au bord de la Méditerranée un littoral ciselé et rocailleux, fait de falaises calcaires, de garrigue, de pinèdes et de criques magiques. Mais bien plus qu’un paysage ou un décor de carte postale, cet écrin de nature, unique et majestueux, représente un patrimoine naturel sauvage qu’il faut partager mais surtout protéger. Ainsi en 2012, après un long processus de concertation, le Parc National des Calanques, premier parc péri-urbain de France et d’Europe, a vu le jour. Réparti sur 8500 hectares terrestres et 43 500 hectares marins, ce Parc a suscité dès sa création beaucoup d’attentes et de déceptions parfois.  Surtout, il a attiré, en particulier après la pandémie, de plus en en plus de visiteurs : 3 millions par an au bas mot. Parmi eux, des touristes et des baigneurs d’un jour mais aussi des locaux : pêcheurs, plongeurs ou marcheurs invétérés, tous amoureux de longue date du massif des Calanques. Car bien avant la création du Parc, ce sont eux qui ont dessiné et défendu ces lieux riches d’une biodiversité insoupçonnée mais aussi d’un long passé industriel qui a souvent menacé la survie et la beauté des Calanques. A Marseille, tout le monde a un souvenir dans les Calanques, que ce soit l’odeur des pins, la vie simple et douce dans les cabanons ou les dimanches en famille les pieds dans l’eau turquoise.  Voyage dans une géographie à la fois intime et bien réelle, avec tous ceux qui ont à cœur de vivre et protéger les Calanques. Un reportage d’Inès Edel-Garcia, dans le cadre de notre série sur les Parcs nationaux français. En savoir plus :- Sur le Parc National des Calanques- Sur le système de réservation obligatoire mis en place récemment par le Parc sur la Calanque de Sugiton- Sur Les Excursionnistes Marseillais, association pionnière de la randonnée en France qui fête en 2022 son 125e anniversaire- Sur le mouvement citoyen Clean my Calanques et ses sessions de ramassage de déchets- Sur Les Calancoeurs, club de randonnée spécialiste des Calanques de Marseille- Sur la réplique de la Grotte Cosquer ouverte récemment à Marseille. La grotte ornée, elle, a été découverte en 1985 dans les Calanques. À lire : - «Calanques, les entrevues de l’Aigle» de Karine Huet. Éditions Glénat/Parc National des Calanques. Une série d’entretiens avec les différents acteurs du territoire- «Balades curieuses dans les Calanques». Éditions Glénat. Un éco-guide pour inviter le public à découvrir des sentiers méconnus du Parc.- «Il était une fois dans les Calanques : les dossiers secrets des Calancœurs», de Jean-Marc Nardini et Thierry Garcia. Éditions Calancœurs.

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À l’extrême sud du Sénégal, en Casamance, entre la Guinée-Bissau et la Gambie, se trouve une réserve protégée à nulle autre pareille : un dédale de bancs de sable, de lagunes, de mangroves et d'îlots forestiers, véritable refuge pour les oiseaux, les dauphins ou les tortues marines mais aussi les voyageurs de passage. Découverte au fil de l'eau d'un monde insulaire fascinant, en compagnie d'agents de conservation et d'habitants, véritables gardiens d'une nature riche mais fragile.

Créée en 1978, la Réserve Ornithologique de Kalissaye se déploie sur plus de 30 000 hectares entre les îles du Bliss et de Karones, au cœur du delta du fleuve Casamance. Traversés de marigots, de vasières et de bolongs, les lieux se découvrent en pirogue et à petits pas, pour ne pas déranger les milliers d'oiseaux marins ou d’espèces marines menacées qui viennent y trouver des lieux de ponte et de reproduction. 

Depuis des décennies, la Casamance est une région surtout connue pour abriter l’un des plus vieux conflits sécessionistes du continent; et pourtant, loin des radars des voyageurs et des zones rouges sécuritaires, cette réserve ouverte au public, fait office d'espace de quiétude et de nature unique en son genre. En effet, malgré son classement en réserve protégée par l’État, la ROK demeure habitée et les populations insulaires locales sont étroitement associées à la conservation des lieux, dans une gestion partagée et concertée entre agents des parcs nationaux et villageois, parmi lesquels certains sont désignés comme éco-gardes. Et c’est justement cette gouvernance partagée qui en fait sa force. 

Sur place, malgré de maigres ressources, un manque manifeste d'eau potable et d’électricité, les habitants de la réserve mettent en place des solutions basées sur la nature pour se maintenir sur ces terres isolées. Accompagnés par le Comité français de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), ils réinventent alors chaque jour un mode de vie soucieux de cet environnement qui les entoure, cherchant à préserver la mangrove ou les ressources halieutiques, dans un équilibre déjà fragile et menacé chaque jour un peu plus par les dérèglements climatiques ou la surpêche en cours. 

Parfois, il faut s'éloigner des grands centres pour aller au cœur des choses, et c'est ce qu'enseigne un voyage à Kalissaye, ce bout du monde qui, à sa manière, en est le centre. 

Un reportage en 2 épisodes de Raphaëlle Constant, initialement diffusé en mai 2022.

Pour prolonger le voyage. Liens utiles : - La page Facebook de la Réserve Ornithologique de Kalissaye

- Les objectifs du PPI ou programme de petites initiatives africaines dans la ROK

  • La page Facebook du Comité français de l’UICN.

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À l’extrême sud du Sénégal, en Casamance, entre la Guinée-Bissau et la Gambie, se trouve une réserve protégée à nulle autre pareille : un dédale de bancs de sable, de lagunes, de mangroves et d'îlots forestiers, véritable refuge pour les oiseaux, les dauphins ou les tortues marines mais aussi les voyageurs de passage. Découverte au fil de l'eau d'un monde insulaire fascinant, en compagnie d'agents de conservation et d'habitants, véritables gardiens d'une nature riche mais fragile.

Créée en 1978, la Réserve Ornithologique de Kalissaye se déploie sur plus de 30 000 hectares entre les îles du Bliss et de Karones, au cœur du delta du fleuve Casamance. Traversés de marigots, de vasières et de bolongs, les lieux se découvrent en pirogue et à petits pas, pour ne pas déranger les milliers d'oiseaux marins ou d’espèces marines menacées qui viennent y trouver des lieux de ponte et de reproduction. 

Depuis des décennies, la Casamance est une région surtout connue pour abriter l’un des plus vieux conflits sécessionistes du continent; et pourtant, loin des radars des voyageurs et des zones rouges sécuritaires, cette réserve ouverte au public, fait office d'espace de quiétude et de nature unique en son genre. En effet, malgré son classement en réserve protégée par l’État, la ROK demeure habitée et les populations insulaires locales sont étroitement associées à la conservation des lieux, dans une gestion partagée et concertée entre agents des parcs nationaux et villageois, parmi lesquels certains sont désignés comme éco-gardes. Et c’est justement cette gouvernance partagée qui en fait sa force. 

Sur place, malgré de maigres ressources, un manque manifeste d'eau potable et d’électricité, les habitants de la réserve mettent en place des solutions basées sur la nature pour se maintenir sur ces terres isolées. Accompagnés par le Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), ils réinventent alors chaque jour un mode de vie soucieux de cet environnement qui les entoure, cherchant à préserver la mangrove ou les ressources halieutiques, dans un équilibre déjà fragile et menacé chaque jour un peu plus par les dérèglements climatiques ou la surpêche en cours. 

Parfois, il faut s'éloigner des grands centres pour aller au cœur des choses, et c'est ce qu'enseigne un voyage à Kalissaye, ce bout du monde qui, à sa manière, en est le centre. 

Un reportage en deux épisodes de Raphaëlle Constant, initialement diffusé en mai 2022. 

Pour prolonger le voyage, liens utiles - La page Facebook de la Réserve ornithologique de Kalissaye

- Les objectifs du PPI ou Programme de petites initiatives africaines dans la ROK

  • La page Facebook du Comité français de l’UICN.

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À l’occasion du Festival du documentaire et du livre « Le Grand Bivouac » qui vient de se tenir à Albertville, on part à la découverte d’un chemin original, tracé par la photographe Viviane Lièvre et l’écrivain nomade français Jean-Yves Loude, invité du festival. Ensemble, les deux ethnologues sont partis du Puy-en-Velay jusqu’en Galice en passant par le Portugal, en quête de vierges enceintes, faisant du voyage une quête de vérité, de justice et d’égalité.

Pour sa 21ème édition qui vient de s’achever, le festival français d’Albertville a décidé de célébrer les « identités remarquables », mais aussi de « prendre le monde à témoin ». Témoin du monde et de ses coulisses, Jean-Yves Loude, en est un assurément, tant cet écrivain sillonne le monde -lusophone surtout- depuis plus de 30 ans pour le comprendre et surtout en témoigner à son retour. 

Depuis de nombreuses années, on le suit à Si loin si proche, avec sa compagne Viviane Lièvre, à travers des récits qui nous emmènent sur les traces des mémoires silenciées des Afriques, des Açores à Lisbonne en passant par le continent africain, ou encore dans l’Hindou Kouch où ils ont tous les deux longuement séjourné en tant qu’ethnologues. 

Pour son dernier récit « Le chemin des vierges enceintes », paru aux Éditions Chandeigne, Jean-Yves Loude s’est longuement plongé avec Viviane Lièvre dans les textes saints, dans le Nouveau Testament, ses évangiles canoniques mais aussi apocryphes, avant de se lancer physiquement en quête de représentations bien particulières de la Vierge Marie, le ventre rond, enceinte, allaitante ou parturiente. Des statuettes parfois disparues ou cachées car jugées « irregardables » par le Concile de Trente en 1563.

Leur voyage long de 14 stations, entre la France, le Portugal et l’Espagne, prend alors des allures de jeu de pistes, en quête de ces statuettes qu’il faut aller chercher dans les recoins de l’histoire, dans des églises, des musées ou des chapelles isolées. Chemin faisant, sur cette voie de Compostelle bien à eux, nos deux inspecteurs-voyageurs remontent aux sources du discours misogyne de l’Église et interrogent la faiblesse du rôle dévolu aux femmes, à commencer par Marie, une figure pourtant populaire qui a su traverser les âges et les interdits.

En savoir plus :

  • Sur le récit de Jean-Yves Loude, paru aux Éditions Chandeigne.

- Sur le chemin des vierges enceintes, un site internet avec près de 450 photos de Viviane Lièvre vient compléter le livre.

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À l'occasion du Festival du documentaire et du livre «Le Grand Bivouac» qui a lieu, du 18 au 24 octobre 2022, à Albertville, en Savoie, rencontre avec la documentariste française Anne Pastor qui, depuis plus de vingt ans, part à la rencontre des peuples autochtones, en particulier des femmes. 

Après un projet de plateforme en ligne: «La voix des femmes autochtones» et de nombreuses séries documentaires radio mêlant voyage, reportages et paroles autochtones. La journaliste radio publie aux Éditions Akinomé un beau livre réunissant 40 femmes autochtones, 40 voix qui ont bien décidé de se faire entendre. Des femmes Khanti, Kichwa, Kanak, Anishnabe, Sami, Peuls M'Bororo, Algonquine, etc..., situées aux avant-postes de la lutte contre l'extractivisme, le réchauffement climatique, pour l'égalité et l'émancipation des femmes, la reconnaissance de leur culture et leurs droits. 

Pendant longtemps, les femmes autochtones, 238 millions au bas mot, qu’elles soient de Sibérie Orientale, de l'Équateur, de Nouvelle Calédonie, d’Amérique du Nord, de Norvège, de Guyane et d’ailleurs… ont été méprisées, silenciées, assimilées de force et discriminées doublement: en tant que femmes d’abord et aussi parce qu’elles étaient issues des peuples premiers. Mais aujourd’hui, des voix, leurs voix s’élèvent… 

Depuis de nombreuses années, Anne Pastor fait bien plus que leur tendre le micro, elle est leur porte-voix, leur messagère. Pendant longtemps, trop longtemps, la relation avec les peuples autochtones était une relation à sens unique, teintée de condescendance, de fantasme, d’exotisme et de racisme structurellement bien pensé. On n’écoutait pas ces hommes et peut-être encore moins ces femmes. Alors la première et la plus élémentaire des choses que nous leur devons à tous et à toutes, c’est d’abord de les écouter. Et c’est ce que nous allons faire cette semaine, grâce à Anne Pastor. 

Avec des témoignages sonores du projet «La voix des femmes autochtones».

En savoir plus :

  • Sur la plateforme sonore et multimédia «La voix des Femmes autochtones»

  • Sur les différents documentaires d'Anne Pastor pour Radio France

  • Sur le livre «La voix des femmes autochtones», publié aux Éditions Akinomé

  • Sur «Le Grand Bivouac», Festival du documentaire et du livre d'Albertville.

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Boisson la plus consommée au monde, le thé porte dans son histoire et ses usages les ferments de l’aventure et du voyage, de l’Orient à l’Occident. Le thé, c’est aussi l’indispensable compagnon de route de l’autrice française Lucie Azéma qui lui consacre un ouvrage érudit et personnel, dessinant au passage une philosophie de poche du voyage, entre errances et escales.

Depuis longtemps, au fond d’une tasse à thé, il y en a qui cherchent à lire un certain état du monde à travers les feuilles flottant au fond du bol. On connaît surtout cette pratique divinatoire pour le café, mais elle existe aussi pour le thé. Depuis qu’elle est en âge d’en boire, Lucie Azéma, qui vit désormais entre la Turquie et la France après avoir vécu en Inde, en Iran ou au Liban, voit au fond de sa tasse de thé des routes et des cartes déployées, des caravelles et des porteurs, des caravanes et des empereurs, des voyageurs, des voyageuses et des ailleurs…

Ce monde d’aventure(s), bonne ou mauvaise, elle nous le livre dans son dernier livre « L’usage du thé, une histoire sensible du bout du monde », savant mélange de thés et de voyage, de récits intimes et de grande histoire autour de ce breuvage millénaire, d’instants suspendus, nomades ou immobiles, d’altérité et de retour à soi, une dialectique subtile qui va bien à son autrice, grande voyageuse et amatrice de thé elle-même.

Après avoir écrit un essai remarqué, traduit en plusieurs langues « Les femmes aussi sont du voyage, l’émancipation par le départ », on attendait avec impatience la suite que Lucie Azéma saurait donner à son premier livre qui offrait une vision féministe et enfin renouvelée du voyage, de ses récits et ses figures imposées. La suite, la voici donc : autour du thé et ses multiples routes et déroutes, de la province chinoise du Yunnan, berceau du thé aux rives du Bosphore, des salons anglais aux « chây-khâneh » iraniens en passant par les plantations de l’Inde ou de Ceylan où la colonisation anglaise l’a établi. Parce qu’il en va finalement de l’usage du thé comme du monde…

À lire :

  • « L’usage du thé, une histoire sensible du bout du monde ». Lucie Azéma. Éditions Flammarion. 2022

  • « Les femmes aussi sont du voyage, l’émancipation par le départ ». Lucie Azéma. Éditions Flammarion. 2021

  • « L’usage du monde ». Nicolas Bouvier. Dessins de Thierry Vernet. Editions La Découverte Poche. Réédition 2014

  • « Voyage d’une parisienne à Lhassa ». Alexandra David Néel. Editions Pocket. Réédition 2018

  • « La route du thé et des fleurs ». Robert Fortune. Editions Payot et Rivages. Collection Petite Bibliothèque. Réédition 2017.

À écouter :

  • Adieu Pénélope, pour une relecture féministe du voyage : échange avec Lucie Azéma en 2021, autour de son premier livre « Les femmes aussi sont du voyage, l’émancipation par le départ ».

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La nuit, c’est un territoire, un monde en soi où les 2 000 km2 du Parc National des Cévennes gagnent en immensité, en mystères et en sons. Exploration à pas lents, de nuit et tout ouïe.

Couverts à 70% de forêts, entre hauts-plateaux de granit et vallées truffé​es de châtaigniers, ces lieux de moyenne montagne, situés dans le sud de la France, offrent la nuit de grands voyages : regarder la Voie lactée pour la première fois peut-être ; guetter patiemment le chant des chouettes ; se rapprocher d’un monde sauvage souvent méconnu, redouté parfois ; gagner en hauteur, en clarté et en silence.

Crée en 1970, le Parc National des Cévennes s’étend entre le Gard, la Lozère et l’Ardèche et son cœur conserve un patrimoine naturel et culturel rare, particulièrement protégé. En 2018, le Parc a obtenu le prestigieux label «Réserve internationale de ciel étoilé» (RICE). Aujourd'hui, il est la plus grande RICE d'Europe pour la qualité de son ciel étoilé, la beauté de ses paysages et la richesse de sa faune. Une faune, qui la nuit, de l’Aigoual au Mont Lozère, s’entend et s’écoute. Ici, les gardes moniteurs du Parc veillent à établir des périmètres de quiétude pour la faune sauvage, quand d’autres, depuis l’Observatoire Astronomique des Pises, scrutent les astéroïdes et accueillent l’été des marcheurs fondus d’astronomie et de grands espaces. Dans les Cévennes, les habitants ont de tout temps trouvé refuge dans la nuit et les montagnes, à commencer par les Huguenots, protestants, fuyant la répression après la révocation de l’Édit de Nantes. La nuit, c’est alors un horizon qui s’élargit, une liberté possible.

Un voyage sonore de Sarah Lefèvre.

Ce reportage s’inscrit dans une série de voyages à la découverte des Parcs Nationaux Français, au nombre de 11, en France métropolitaine et dans les Outre-Mer.

En savoir plus : 

- Sur le Parc National des Cévennes et les expériences nocturnes qu’il propose

- Sur l’Observatoire Astronomique des Pises, situé en plein cœur du Parc National des Cévennes

- Sur les séjours « La tête dans les étoiles » d’Azimut Voyage, mêlant astronomie et randonnée itinérante avec un âne dans le Parc

  • Sur Jean Poinsignon, musicien installé en Lozère qui compose avec les sons de la nature et du vivant

  • Sur l’histoire de la création du Parc National des Cévennes

  • Sur les forêts, terreau de luttes et de résistances dans les Cévennes et ailleurs : le livre « Être Forêts » de Jean Baptiste Vidalou. Éditions La Découverte.

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À l'occasion du Festival America qui s'est tenu du 22 au 25 septembre 2022 à Vincennes, en région parisienne, rencontre avec un écrivain qui interroge, depuis plus de 30 ans, à travers ses récits et ses voyages l'Amérique, son histoire, ses blessures et son racisme. 

Dans les années 80, l’Américain Eddy L. Harris décide à 30 ans de se lancer seul, en canoë, sur le Mississippi pour voir « de quel bois il était fait », cherchant dans ses eaux troubles le reflet de sa propre histoire et celle de son pays: les États-Unis. Á l’issue de ce voyage initiatique sur près de 4 000 kilomètres, il va publier « Mississippi Solo », son premier livre devenu par la suite un classique des récits de voyage. Il a aussi relevé le défi qu’il s’était lancé, résumé à sa manière par son vieil oncle Robert : « aller de là où il n’y a pas de Noirs à là où on ne nous aime toujours pas beaucoup. ». Trente ans plus tard, l’écrivain noir américain repart seul sur ce fleuve mythique, immense, qui coule du Nord au Sud et traverse pas moins de 10 États, charriant la mémoire de la colonisation et de l’esclavage dans un pays hanté par ses blessures raciales. De ce nouveau voyage, il en tire un récit, « Mississippi dans la peau », publié en 2022 en France. On y croise pêle-mêle l’ombre de Mark Twain et d’Obama, des barges obèses signes d’une industrialisation effrénée autour du fleuve, des descendants d’autochtones amérindiens et d’autres oiseaux -les tourtes voyageuses- eux aussi décimés par le colon européen avide de prises et de conquête. Chemin faisant, à coup de pagaie et de réflexions puissantes sur ce qu’être Noir signifie encore aujourd’hui aux États-Unis, l’écrivain trace sa route et creuse son sillon, profond. Car entre ces deux livres, Eddy L. Harris a parcouru et écrit le monde, de Harlem où il a vécu un temps, en passant par le Vieux Sud américain, l’Afrique et la France où il a désormais élu domicile.

Quelques ouvrages d’Eddy L. Harris :

  • « Mississippi dans la peau ». 2022. Éditions Liana Levi

  • « Mississippi Solo ». 2020. Éditions Liana Levi. (Publication originale : 1988)

  • « Paris en noir et black ». 2009. Éditions Liana Levi

  • « Harlem ». 2007. Éditions Liana Levi.

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À l'occasion du Festival America qui s'est tenu du 22 au 25 septembre 2022 à Vincennes, en région parisienne, rencontre avec un écrivain qui interroge, depuis plus de 30 ans, à travers ses récits et ses voyages l'Amérique, son histoire, ses blessures et son racisme. 

Dans les années 80, l’Américain Eddy L. Harris décide à 30 ans de se lancer seul, en canoë, sur le Mississippi pour voir « de quel bois il était fait », cherchant dans ses eaux troubles le reflet de sa propre histoire et celle de son pays: les États-Unis. Á l’issue de ce voyage initiatique sur près de 4 000 kilomètres, il va publier « Mississippi Solo », son premier livre devenu par la suite un classique des récits de voyage. Il a aussi relevé le défi qu’il s’était lancé, résumé à sa manière par son vieil oncle Robert : « aller de là où il n’y a pas de Noirs à là où on ne nous aime toujours pas beaucoup. ». Trente ans plus tard, l’écrivain noir américain repart seul sur ce fleuve mythique, immense, qui coule du Nord au Sud et traverse pas moins de 10 États, charriant la mémoire de la colonisation et de l’esclavage dans un pays hanté par ses blessures raciales. De ce nouveau voyage, il en tire un récit, « Mississippi dans la peau », publié en 2022 en France. On y croise pêle-mêle l’ombre de Mark Twain et d’Obama, des barges obèses signes d’une industrialisation effrénée autour du fleuve, des descendants d’autochtones amérindiens et d’autres oiseaux -les tourtes voyageuses- eux aussi décimés par le colon européen avide de prises et de conquête. Chemin faisant, à coup de pagaie et de réflexions puissantes sur ce qu’être Noir signifie encore aujourd’hui aux États-Unis, l’écrivain trace sa route et creuse son sillon, profond. Car entre ces deux livres, Eddy L. Harris a parcouru et écrit le monde, de Harlem où il a vécu un temps, en passant par le Vieux Sud américain, l’Afrique et la France où il a désormais élu domicile.

Quelques ouvrages d’Eddy L. Harris :

  • « Mississippi dans la peau ». 2022. Éditions Liana Levi

  • « Mississippi Solo ». 2020. Éditions Liana Levi. (Publication originale : 1988)

  • « Paris en noir et black ». 2009. Éditions Liana Levi

  • « Harlem ». 2007. Éditions Liana Levi.

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Le 26 septembre 2002, au large des côtes gambiennes, a eu lieu l’une des pires catastrophes maritimes civiles connues à ce jour. 20 ans après, sur la liaison entre Dakar et Ziguinchor, le souvenir du drame du Joola est dans tous les esprits.

Il y a 20 ans, par une nuit de tempête, le Joola sombrait en mer avec à son bord plus de 2 000 passagers de 12 nationalités. La capacité du bateau était de seulement 550 passagers et il n’y aura que 64 rescapés.

Ce naufrage va endeuiller un pays tout entier: le Sénégal et une région la Casamance, frappant aussi au cœur l’humanité dans son ensemble, tant ce drame maritime, humain, nous concerne et nous touche tous encore, 20 ans après. 

20 ans après, l’épave du bateau gît toujours au fond de l’océan, le dossier a été classé sans suite au Sénégal et les voies de recours sont épuisées en France. Aujourd’hui, entre Ziguinchor et la capitale Dakar, les navires font toujours la liaison entre les deux ports, assurant le transport du fret et des passagers. Dans leur sillage, ils charrient aussi la mémoire de ce naufrage, véritable drame national au sujet duquel de nombreuses questions demeurent sans réponses.

20 ans après, Raphaëlle Constant est allée à la rencontre de Malang Badji et Ousseynou Djiba, rescapés du Joola. Elle est également montée à bord du navire Aguène en route pour Ziguinchor, en compagnie de Boubacar Ba, président de l’Association Nationale des familles de victimes du Joola. Un voyage en mer où l’on navigue entre insouciance de la traversée au temps présent et gravité du souvenir, un souvenir qui pèse d’autant plus lourd que les familles de disparus réclament 20 ans après, encore justice. 

Un documentaire de Raphaëlle Constant.

À lire :

  • « Les disparus du Joola ». Adrien Absolu. Éditions J.-C. Lattès. 2020.

  • « Souviens-toi du Joola ». Patrice Auvray. Éditions Globophile. 2015.

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Le 26 septembre 2002, au large des côtes gambiennes, a eu lieu l’une des pires catastrophes maritimes civiles connues à ce jour. 20 ans après, sur la liaison entre Dakar et Ziguinchor, le souvenir du drame du Joola est dans tous les esprits.

Il y a 20 ans, par une nuit de tempête, le Joola sombrait en mer avec à son bord plus de 2 000 passagers de 12 nationalités. La capacité du bateau était de seulement 550 passagers et il n’y aura que 64 rescapés.

Ce naufrage va endeuiller un pays tout entier: le Sénégal et une région la Casamance, frappant aussi au cœur l’humanité dans son ensemble, tant ce drame maritime, humain, nous concerne et nous touche tous encore, 20 ans après. 

20 ans après, l’épave du bateau gît toujours au fond de l’océan, le dossier a été classé sans suite au Sénégal et les voies de recours sont épuisées en France. Aujourd’hui, entre Ziguinchor et la capitale Dakar, les navires font toujours la liaison entre les deux ports, assurant le transport du fret et des passagers. Dans leur sillage, ils charrient aussi la mémoire de ce naufrage, véritable drame national au sujet duquel de nombreuses questions demeurent sans réponses.

20 ans après, Raphaëlle Constant est allée à la rencontre de Malang Badji et Ousseynou Djiba, rescapés du Joola. Elle est également montée à bord du navire Aguène en route pour Ziguinchor, en compagnie de Boubacar Ba, président de l’Association Nationale des familles de victimes du Joola. Un voyage en mer où l’on navigue entre insouciance de la traversée au temps présent et gravité du souvenir, un souvenir qui pèse d’autant plus lourd que les familles de disparus réclament 20 ans après, encore justice. 

Un documentaire de Raphaëlle Constant.

À lire :

  • « Les disparus du Joola ». Adrien Absolu. Éditions J.-C. Lattès. 2020.

  • « Souviens-toi du Joola ». Patrice Auvray. Éditions Globophile. 2015.

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Le 26 septembre 2002, au large des côtes gambiennes, a eu lieu l’une des pires catastrophes maritimes civiles connues à ce jour. 20 ans après, sur la liaison entre Dakar et Ziguinchor, le souvenir du drame du Joola est dans tous les esprits.

Il y a 20 ans, par une nuit de tempête, le Joola sombrait en mer avec à son bord plus de 2 000 passagers de 12 nationalités. La capacité du bateau était de seulement 550 passagers et il n’y aura que 64 rescapés.

Ce naufrage va endeuiller un pays tout entier: le Sénégal et une région la Casamance, frappant aussi au cœur l’humanité dans son ensemble, tant ce drame maritime, humain, nous concerne et nous touche tous encore, 20 ans après. 

20 ans après, l’épave du bateau gît toujours au fond de l’océan, le dossier a été classé sans suite au Sénégal et les voies de recours sont épuisées en France. Aujourd’hui, entre Ziguinchor et la capitale Dakar, les navires font toujours la liaison entre les deux ports, assurant le transport du fret et des passagers. Dans leur sillage, ils charrient aussi la mémoire de ce naufrage, véritable drame national au sujet duquel de nombreuses questions demeurent sans réponses.

20 ans après, Raphaëlle Constant est allée à la rencontre de Malang Badji et Ousseynou Djiba, rescapés du Joola. Elle est également montée à bord du navire Aguène en route pour Ziguinchor, en compagnie de Boubacar Ba, président de l’Association Nationale des familles de victimes du Joola. Un voyage en mer où l’on navigue entre insouciance de la traversée au temps présent et gravité du souvenir, un souvenir qui pèse d’autant plus lourd que les familles de disparus réclament 20 ans après, encore justice. 

Un documentaire de Raphaëlle Constant.

À lire :

  • « Les disparus du Joola ». Adrien Absolu. Éditions J.-C. Lattès. 2020.

  • « Souviens-toi du Joola ». Patrice Auvray. Éditions Globophile. 2015.

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Alors que le retour du patrimoine africain sur le continent s'impose progressivement à l'Europe, l'autrice franco-finlandaise Taina Tervonen est partie entre la France et le Sénégal, sur les traces d'un fascinant trésor. 

Pendant longtemps, sur les cartels placés en dessous des objets du patrimoine africain exposés dans les musées de France et d'Europe, on pouvait lire les mots « collecte », voire « don ». Parfois, en plus de la date et la mention du lieu de provenance de ces objets, on pouvait lire le nom d’un homme, officier souvent, qui les aurait « collectés ». Un silence et des éléments de langage qui laissent peu de doute sur le contexte colonial dans lequel ces objets ont été capturés, pillés, pour arriver ensuite dans les collections des musées français et européens. 

Pour Taina Tervonen, qui a grandi au Sénégal, appris le français à l’école sénégalaise mais surtout les héros africains de la Résistance à la colonisation, ce silence des salles Afrique des musées français est assourdissant. L'autrice franco-finlandaise décide alors de partir en quête du trésor de Ségou, dont s'est emparé, en 1890, le colonel français Louis Archinard, au moment de la chute de la capitale de l’Empire Toucouleur. Consultant les archives et la tradition orale africaine, Taina Tervonen suit à la trace ce butin colonial, qui va se disperser et rejoindre les réserves des musées français, loin des regards, comme oublié de nos mémoires. Ce trésor de Ségou est composé de manuscrits, d'armes, de bijoux, d'objets rituels et du quotidien, mais aussi d'un enfant Abdoulaye, enlevé par le colonel Archinard et envoyé en France à la fin du XIXè siècle. Il était le petit-fils du grand chef mystique El Hadj Oumar Tall, héros de la Résistance à la colonisation.

Depuis des décennies, la communauté oumarienne réclame en vains le retour de ces objets. En novembre 2017, lors de son discours de Ouagadougou, le président Emmanuel Macron a officiellement plaidé « pour le retour d’ici 5 ans » des œuvres du patrimoine africain, une annonce qui a suscité de vifs débats en France. En 2018, la France a officiellement rendu au Sénégal le sabre attribué à El Hadj Oumar Tall, qui aurait été pris à Ségou, mais dont on a du mal à déterminer la trajectoire et la provenance. Ce sabre est désormais exposé au Musée des Civilisations noires de Dakar.

C'est donc l'histoire d'un voyage aller ET retour que nous raconte Taina Tervonen, une histoire commune entre la France et l'Afrique, peuplée de fantômes de la colonisation, d'enfants arrachés à leur terre et à leur culture, d'officiers dévorés par leur gloire personnelle, de stratégie de conquêtes et de manipulation, mais aussi d'objets trophées coloniaux, témoins de cette époque violente et longtemps passée sous silence. Dans son récit choral passionnant «Les otages» paru aux Éditions Marchialy, elle donne alors la parole à ses objets; et à sa manière, elle leur donne vie. 

En savoir plus :

  • Sur le rapport rendu en 2018 sur la restitution du patrimoine africain par Felwine Sarr et Bénédicte Savoy

  • Sur «Les vies du Trésor de Ségou». Un article de Daniel Foliard. Revue historique 2018. Cairn.info 

  • Sur Abdoulaye Tall, petit-fils d'El Hadj Oumar Tall, capturé en 1890 et envoyé en France par le Colonel Archinard. Abdoulaye Tall sera la premier Africain à intégrer l'École militaire de Saint-Cyr en France

  • Sur le retour des trésors royaux d'Abomey exposés au Bénin et le processus de réappropriation. Un Grand Reportage de Delphine Bousquet.

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Alors que le retour du patrimoine africain sur le continent s'impose progressivement à l'Europe, l'autrice franco-finlandaise Taina Tervonen est partie entre la France et le Sénégal, sur les traces d'un fascinant trésor. 

Pendant longtemps, sur les cartels placés en dessous des objets du patrimoine africain exposés dans les musées de France et d'Europe, on pouvait lire les mots « collecte », voire « don ». Parfois, en plus de la date et la mention du lieu de provenance de ces objets, on pouvait lire le nom d’un homme, officier souvent, qui les aurait « collectés ». Un silence et des éléments de langage qui laissent peu de doute sur le contexte colonial dans lequel ces objets ont été capturés, pillés, pour arriver ensuite dans les collections des musées français et européens. 

Pour Taina Tervonen, qui a grandi au Sénégal, appris le français à l’école sénégalaise mais surtout les héros africains de la Résistance à la colonisation, ce silence des salles Afrique des musées français est assourdissant. L'autrice franco-finlandaise décide alors de partir en quête du trésor de Ségou, dont s'est emparé, en 1890, le colonel français Louis Archinard, au moment de la chute de la capitale de l’Empire Toucouleur. Consultant les archives et la tradition orale africaine, Taina Tervonen suit à la trace ce butin colonial, qui va se disperser et rejoindre les réserves des musées français, loin des regards, comme oublié de nos mémoires. Ce trésor de Ségou est composé de manuscrits, d'armes, de bijoux, d'objets rituels et du quotidien, mais aussi d'un enfant Abdoulaye, enlevé par le colonel Archinard et envoyé en France à la fin du XIXè siècle. Il était le petit-fils du grand chef mystique El Hadj Oumar Tall, héros de la Résistance à la colonisation.

Depuis des décennies, la communauté oumarienne réclame en vains le retour de ces objets. En novembre 2017, lors de son discours de Ouagadougou, le président Emmanuel Macron a officiellement plaidé « pour le retour d’ici 5 ans » des œuvres du patrimoine africain, une annonce qui a suscité de vifs débats en France. En 2018, la France a officiellement rendu au Sénégal le sabre attribué à El Hadj Oumar Tall, qui aurait été pris à Ségou, mais dont on a du mal à déterminer la trajectoire et la provenance. Ce sabre est désormais exposé au Musée des Civilisations noires de Dakar.

C'est donc l'histoire d'un voyage aller ET retour que nous raconte Taina Tervonen, une histoire commune entre la France et l'Afrique, peuplée de fantômes de la colonisation, d'enfants arrachés à leur terre et à leur culture, d'officiers dévorés par leur gloire personnelle, de stratégie de conquêtes et de manipulation, mais aussi d'objets trophées coloniaux, témoins de cette époque violente et longtemps passée sous silence. Dans son récit choral passionnant «Les otages» paru aux Éditions Marchialy, elle donne alors la parole à ses objets; et à sa manière, elle leur donne vie. 

En savoir plus :

  • Sur le rapport rendu en 2018 sur la restitution du patrimoine africain par Felwine Sarr et Bénédicte Savoy

  • Sur «Les vies du Trésor de Ségou». Un article de Daniel Foliard. Revue historique 2018. Cairn.info 

  • Sur Abdoulaye Tall, petit-fils d'El Hadj Oumar Tall, capturé en 1890 et envoyé en France par le Colonel Archinard. Abdoulaye Tall sera la premier Africain à intégrer l'École militaire de Saint-Cyr en France

  • Sur le retour des trésors royaux d'Abomey exposés au Bénin et le processus de réappropriation. Un Grand Reportage de Delphine Bousquet.

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Alors que le retour du patrimoine africain sur le continent s'impose progressivement à l'Europe, l'autrice franco-finlandaise Taina Tervonen est partie entre la France et le Sénégal, sur les traces d'un fascinant trésor. 

Pendant longtemps, sur les cartels placés en dessous des objets du patrimoine africain exposés dans les musées de France et d'Europe, on pouvait lire les mots « collecte », voire « don ». Parfois, en plus de la date et la mention du lieu de provenance de ces objets, on pouvait lire le nom d’un homme, officier souvent, qui les aurait « collectés ». Un silence et des éléments de langage qui laissent peu de doute sur le contexte colonial dans lequel ces objets ont été capturés, pillés, pour arriver ensuite dans les collections des musées français et européens. 

Pour Taina Tervonen, qui a grandi au Sénégal, appris le français à l’école sénégalaise mais surtout les héros africains de la Résistance à la colonisation, ce silence des salles Afrique des musées français est assourdissant. L'autrice franco-finlandaise décide alors de partir en quête du trésor de Ségou, dont s'est emparé, en 1890, le colonel français Louis Archinard, au moment de la chute de la capitale de l’Empire Toucouleur. Consultant les archives et la tradition orale africaine, Taina Tervonen suit à la trace ce butin colonial, qui va se disperser et rejoindre les réserves des musées français, loin des regards, comme oublié de nos mémoires. Ce trésor de Ségou est composé de manuscrits, d'armes, de bijoux, d'objets rituels et du quotidien, mais aussi d'un enfant Abdoulaye, enlevé par le colonel Archinard et envoyé en France à la fin du XIXè siècle. Il était le petit-fils du grand chef mystique El Hadj Oumar Tall, héros de la Résistance à la colonisation.

Depuis des décennies, la communauté oumarienne réclame en vains le retour de ces objets. En novembre 2017, lors de son discours de Ouagadougou, le président Emmanuel Macron a officiellement plaidé « pour le retour d’ici 5 ans » des œuvres du patrimoine africain, une annonce qui a suscité de vifs débats en France. En 2018, la France a officiellement rendu au Sénégal le sabre attribué à El Hadj Oumar Tall, qui aurait été pris à Ségou, mais dont on a du mal à déterminer la trajectoire et la provenance. Ce sabre est désormais exposé au Musée des Civilisations noires de Dakar.

C'est donc l'histoire d'un voyage aller ET retour que nous raconte Taina Tervonen, une histoire commune entre la France et l'Afrique, peuplée de fantômes de la colonisation, d'enfants arrachés à leur terre et à leur culture, d'officiers dévorés par leur gloire personnelle, de stratégie de conquêtes et de manipulation, mais aussi d'objets trophées coloniaux, témoins de cette époque violente et longtemps passée sous silence. Dans son récit choral passionnant «Les otages» paru aux Éditions Marchialy, elle donne alors la parole à ses objets; et à sa manière, elle leur donne vie. 

En savoir plus :

  • Sur le rapport rendu en 2018 sur la restitution du patrimoine africain par Felwine Sarr et Bénédicte Savoy

  • Sur «Les vies du Trésor de Ségou». Un article de Daniel Foliard. Revue historique 2018. Cairn.info 

  • Sur Abdoulaye Tall, petit-fils d'El Hadj Oumar Tall, capturé en 1890 et envoyé en France par le Colonel Archinard. Abdoulaye Tall sera la premier Africain à intégrer l'École militaire de Saint-Cyr en France

  • Sur le retour des trésors royaux d'Abomey exposés au Bénin et le processus de réappropriation. Un Grand Reportage de Delphine Bousquet.

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Ces deux aventuriers iraniens ont entrepris dans les années 50-60, un improbable tour du monde, à moto d'abord à travers l'Asie, l'Océanie ou l'Amérique, puis en 2 CV sur le continent africain. Le récit de leurs dix ans de voyage, encore largement méconnu dans l'espace francophone, est enfin adapté et traduit en français. Téhéran, été 1954 Issa et Abdullah Omidvar enfourchent leur moto Matchless et tracent un chemin de liberté et de fraternité à nul autre pareil, qui les conduira sur les pistes africaines, les routes sablonneuses de l'Australie ou les voies sinueuses du Tibet. Depuis trois ans, les deux frères préparent ce grand voyage, avec en tête l'idée de rencontrer, filmer et « étudier » les peuples les plus isolés de la planète. Dix ans plus tard, ils auront traversé près de 100 pays, vécu des mois auprès des Aborigènes, des Inuits du Grand Nord, des Pygmées ou d'ethnies reculées d'Amazonie, récoltant au passage de précieux témoignages (écrits, objets, photos et films) d'un monde particulièrement riche, parfois sans frontières, mais déjà secoué par un ordre mondialisé qui a la ferme intention de s'imposer partout. À leur retour en Iran, ils seront accueillis en héros. Leur voyage inédit est un exploit.  Téhéran, années 2000  Jean-Louis Ozsvath, un français passionné de voyages, découvre comme beaucoup, l'existence de ces deux Iraniens pionniers de l'exploration, à travers le musée qui leur est consacré à Téhéran, dans le palais de Saadabad, présenté comme le « premier musée d'ethnologie d'Iran ». Il découvre aussi le récit publié en anglais de ce tour du monde, écrit par Abdullah et Issa. Mieux, Jean-Louis Ozsvath apprend que les deux frères sont encore en vie et continuent de partager leurs souvenirs depuis l'Iran où vit Issa, et le Chili où s'est installé pour sa part Abdullah (jusqu'à sa mort récente à l'été 2022). Il entreprend alors de les rencontrer de Santiago à Téhéran, et d'adapter en français leur récit de voyage, encore totalement méconnu dans le monde francophone. 

Pendant leurs dix années passées sur les routes, les frères Omidvar n'ont pas fait que partager le quotidien des peuples qu'ils ont rencontré. Ils les ont filmés, suivi longuement, cherchant à les comprendre, les connaître sans les préjugés coloniaux qui guidaient alors encore beaucoup d'Européens. Ils étaient Iraniens, leur rapport était différent, le regard neuf souvent, naïf parfois. Mais ce qui frappe en lisant leur récit publié aux éditions Névicata/Elytis, c'est à quel point les deux ethnographes et documentaristes iraniens nous alertent, à leur manière, sur la direction que prend le cours de l'histoire et du monde, dénonçant la surpopulation, la surexploitation des ressources naturelles et la disparition en marche de la richesse et de la diversité culturelle qu'incarnent les peuples premiers. Deux aventuriers pas banals qu'il faut donc suivre et à qui il faut aussi, enfin, rendre hommage.  À lire, à voir et écouter  Le voyage des frères Omidvar : deux aventuriers iraniens à travers le monde d'Issa Omidvar, par Jean Louis Ozsvath. Éditions Nevicata Elytis Un article sur le musée des frères Omidvar et ce que cela dit de notre rapport au voyage, par l'autrice Lucie Azéma dans le Courrier International. Quelques extraits en ligne des films des frères Omidvar, sous-titrés en anglais. La musique enregistrée par frères Omidvar pendant leur tour du monde : Rahavard (2002). Disponible en ligne sur les plateformes audio.

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Ces deux aventuriers iraniens ont entrepris dans les années 50-60, un improbable tour du monde, à moto d'abord à travers l'Asie, l'Océanie ou l'Amérique, puis en 2 CV sur le continent africain. Le récit de leurs dix ans de voyage, encore largement méconnu dans l'espace francophone, est enfin adapté et traduit en français. Téhéran, été 1954 Issa et Abdullah Omidvar enfourchent leur moto Matchless et tracent un chemin de liberté et de fraternité à nul autre pareil, qui les conduira sur les pistes africaines, les routes sablonneuses de l'Australie ou les voies sinueuses du Tibet. Depuis trois ans, les deux frères préparent ce grand voyage, avec en tête l'idée de rencontrer, filmer et « étudier » les peuples les plus isolés de la planète. Dix ans plus tard, ils auront traversé près de 100 pays, vécu des mois auprès des Aborigènes, des Inuits du Grand Nord, des Pygmées ou d'ethnies reculées d'Amazonie, récoltant au passage de précieux témoignages (écrits, objets, photos et films) d'un monde particulièrement riche, parfois sans frontières, mais déjà secoué par un ordre mondialisé qui a la ferme intention de s'imposer partout. À leur retour en Iran, ils seront accueillis en héros. Leur voyage inédit est un exploit.  Téhéran, années 2000  Jean-Louis Ozsvath, un français passionné de voyages, découvre comme beaucoup, l'existence de ces deux Iraniens pionniers de l'exploration, à travers le musée qui leur est consacré à Téhéran, dans le palais de Saadabad, présenté comme le « premier musée d'ethnologie d'Iran ». Il découvre aussi le récit publié en anglais de ce tour du monde, écrit par Abdullah et Issa. Mieux, Jean-Louis Ozsvath apprend que les deux frères sont encore en vie et continuent de partager leurs souvenirs depuis l'Iran où vit Issa, et le Chili où s'est installé pour sa part Abdullah (jusqu'à sa mort récente à l'été 2022). Il entreprend alors de les rencontrer de Santiago à Téhéran, et d'adapter en français leur récit de voyage, encore totalement méconnu dans le monde francophone. 

Pendant leurs dix années passées sur les routes, les frères Omidvar n'ont pas fait que partager le quotidien des peuples qu'ils ont rencontré. Ils les ont filmés, suivi longuement, cherchant à les comprendre, les connaître sans les préjugés coloniaux qui guidaient alors encore beaucoup d'Européens. Ils étaient Iraniens, leur rapport était différent, le regard neuf souvent, naïf parfois. Mais ce qui frappe en lisant leur récit publié aux éditions Névicata/Elytis, c'est à quel point les deux ethnographes et documentaristes iraniens nous alertent, à leur manière, sur la direction que prend le cours de l'histoire et du monde, dénonçant la surpopulation, la surexploitation des ressources naturelles et la disparition en marche de la richesse et de la diversité culturelle qu'incarnent les peuples premiers. Deux aventuriers pas banals qu'il faut donc suivre et à qui il faut aussi, enfin, rendre hommage.  À lire, à voir et écouter  Le voyage des frères Omidvar : deux aventuriers iraniens à travers le monde d'Issa Omidvar, par Jean Louis Ozsvath. Éditions Nevicata Elytis Un article sur le musée des frères Omidvar et ce que cela dit de notre rapport au voyage, par l'autrice Lucie Azéma dans le Courrier International. Quelques extraits en ligne des films des frères Omidvar, sous-titrés en anglais. La musique enregistrée par frères Omidvar pendant leur tour du monde : Rahavard (2002). Disponible en ligne sur les plateformes audio.

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Ces deux aventuriers iraniens ont entrepris dans les années 50-60, un improbable tour du monde, à moto d'abord à travers l'Asie, l'Océanie ou l'Amérique, puis en 2 CV sur le continent africain. Le récit de leurs dix ans de voyage, encore largement méconnu dans l'espace francophone, est enfin adapté et traduit en français. Téhéran, été 1954 Issa et Abdullah Omidvar enfourchent leur moto Matchless et tracent un chemin de liberté et de fraternité à nul autre pareil, qui les conduira sur les pistes africaines, les routes sablonneuses de l'Australie ou les voies sinueuses du Tibet. Depuis trois ans, les deux frères préparent ce grand voyage, avec en tête l'idée de rencontrer, filmer et « étudier » les peuples les plus isolés de la planète. Dix ans plus tard, ils auront traversé près de 100 pays, vécu des mois auprès des Aborigènes, des Inuits du Grand Nord, des Pygmées ou d'ethnies reculées d'Amazonie, récoltant au passage de précieux témoignages (écrits, objets, photos et films) d'un monde particulièrement riche, parfois sans frontières, mais déjà secoué par un ordre mondialisé qui a la ferme intention de s'imposer partout. À leur retour en Iran, ils seront accueillis en héros. Leur voyage inédit est un exploit.  Téhéran, années 2000  Jean-Louis Ozsvath, un français passionné de voyages, découvre comme beaucoup, l'existence de ces deux Iraniens pionniers de l'exploration, à travers le musée qui leur est consacré à Téhéran, dans le palais de Saadabad, présenté comme le « premier musée d'ethnologie d'Iran ». Il découvre aussi le récit publié en anglais de ce tour du monde, écrit par Abdullah et Issa. Mieux, Jean-Louis Ozsvath apprend que les deux frères sont encore en vie et continuent de partager leurs souvenirs depuis l'Iran où vit Issa, et le Chili où s'est installé pour sa part Abdullah (jusqu'à sa mort récente à l'été 2022). Il entreprend alors de les rencontrer de Santiago à Téhéran, et d'adapter en français leur récit de voyage, encore totalement méconnu dans le monde francophone. 

Pendant leurs dix années passées sur les routes, les frères Omidvar n'ont pas fait que partager le quotidien des peuples qu'ils ont rencontré. Ils les ont filmés, suivi longuement, cherchant à les comprendre, les connaître sans les préjugés coloniaux qui guidaient alors encore beaucoup d'Européens. Ils étaient Iraniens, leur rapport était différent, le regard neuf souvent, naïf parfois. Mais ce qui frappe en lisant leur récit publié aux éditions Névicata/Elytis, c'est à quel point les deux ethnographes et documentaristes iraniens nous alertent, à leur manière, sur la direction que prend le cours de l'histoire et du monde, dénonçant la surpopulation, la surexploitation des ressources naturelles et la disparition en marche de la richesse et de la diversité culturelle qu'incarnent les peuples premiers. Deux aventuriers pas banals qu'il faut donc suivre et à qui il faut aussi, enfin, rendre hommage.  À lire, à voir et écouter  Le voyage des frères Omidvar : deux aventuriers iraniens à travers le monde d'Issa Omidvar, par Jean Louis Ozsvath. Éditions Nevicata Elytis Un article sur le musée des frères Omidvar et ce que cela dit de notre rapport au voyage, par l'autrice Lucie Azéma dans le Courrier International. Quelques extraits en ligne des films des frères Omidvar, sous-titrés en anglais. La musique enregistrée par frères Omidvar pendant leur tour du monde : Rahavard (2002). Disponible en ligne sur les plateformes audio.

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Depuis La Charité-sur-Loire située dans le centre de la France, le festival Aux quatre coins du mot célèbre, du 24 au 27 juin 2021, « la bourlingue » et le voyage dans tous ses états. À cette occasion, rencontre avec une pionnière du voyage à moto, aujourd’hui septuagénaire assagie, quoique… 

Cette femme est un phénomène. C’est le premier mot qui vient d’emblée quand on rencontre Anne-France Dautheville, première motarde à avoir fait le tour du monde en solitaire dans les années 70, qui nous régale encore aujourd’hui de ses pétaradants récits de voyage passé sur les routes de la planète. Dans les nombreux articles qui lui sont consacrés, Anne-France Dautheville est tour à tour « la bikeuse », « l’easy rideuse », « la demoiselle à la moto » ou « la vieille qui conduisait des motos », en écho au titre un brin provocateur d’un de ses ouvrages récents. 

Mais au jeu des qualificatifs, Anne-France Dautheville a toujours préféré celui de « bourlingueuse » ; la bourlingue, un terme emprunté aux marins qui signifie avancer contre le vent et plus largement rouler sa bosse à travers le vaste monde. Et sur sa moto, Anne-France a roulé la sienne pendant plus de 10 ans d’Afghanistan au Japon, des Rocheuses à l’Inde en passant par l’Australie ou l’Amérique latine, à une époque où les road trips semblaient sans limites et diablement plus drôles qu’aujourd’hui. 

Autrice de Et j’ai suivi le vent ou de La vieille qui conduisait des motos, Anne-France Dautheville, aujourd’hui 77 ans, ne cultive pas tellement la nostalgie de cette époque, car elle l’a vécu et bien vécu. En 2016, la trajectoire quelque peu oubliée de cette grande voyageuse française a été redécouverte. La grande dame en a alors profité pour livrer de nouveaux ouvrages, toujours pleins d’esprit et d’humour, qui mêlent présent et passé, souvenirs et réflexions tout en conjuguant route, audace et liberté, sainte trinité de son existence pas banale. Car rien ne prédestinait Anne-France, née dans un milieu bourgeois et conservateur à tracer ainsi sa route…

Dans le cadre du festival de La Charité-sur-Loire, Si loin si proche est également invité à présenter des écoutes sonores sur le quai Senghor de nos séries radiophoniques sur les femmes voyageuses. 

(Émission initialement diffusée le 27 juin 2021)

En savoir plus:

  • Sur la programmation du festival Aux quatre coins du mot de La Charité-sur-Loire 

  • Sur les ouvrages d’Anne-France Dautheville parus ou réédités aux Éditions Payot 

  • Sur Bessie Stringfield, première femme noire à avoir traversé l’Amérique à moto dès les années 30 et pionnière encore largement méconnue.

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Chaque année en France, aux beaux jours, ils et elles sont plus d’un millier à prendre leurs quartiers d’été en montagne, le temps d’une estive, avec leur troupeau. Ils et elles sont bergers, bergères : un métier rude et exigeant, un mode de vie singulier et fascinant, un monde pastoral universel et ancestral, que l’on sait exister là-haut, mais qu’en bas, l’on connaît souvent peu ou mal.

(Rediffusion du 25 juillet 2021)

« Aller au-delà du pays », c’est le sens du mot transhumance et c’est le voyage qu’a fait Raphaëlle Constant dans les Alpes de Haute-Provence, dans les pas de Léa Coelho, une bergère souveraine à sa manière dans ses montagnes. À leurs côtés, 200 brebis, une centaine de chèvres et d’autres bergers comme Léa, en route pour des alpages à 1 500 mètres d’altitude, entre la Vallée du Verdon et de la Vaïre. Le monde pastoral change, se féminise dit-on. Mais loin du mythe de la bergère, Léa et ses compagnons de route nous montrent la voie : celle d’un dialogue cohérent, généreux et indispensable entre l’homme et son environnement. Suivons-les !

Un reportage de Raphaëlle Constant.

En savoir plus :

  • La Maison de la transhumance en Provence

  • La Maison du berger et des cultures pastorales alpines dans les Hautes-Alpes

  • Le Centre d’études et de réalisations pastorales Alpes-Méditerranée dans les Alpes de Haute-Provence

  • L’association La Sarriette qui valorise la laine de brebis et les plantes des montagnes des Alpes de Haute-Provence.

À lire :

  • « Bergères en leurs alpages », d’Hélène Armand, Éditions Glénat

  • « Bergère », de Florence Debove, Éditions Transboréal

  • « Dans les pattes des moutons », une BD de Maiiva, Éditions la Cardère, et un film de Natacha Boutkevitch

  • « Un berger, des bergères, Nouveaux enjeux d’un métier en mutation » : une enquête de Guillaume Lebaudy (ethnologue, École des Hautes Études en Sciences Sociales) et Julien Seghers (stagiaire INFOMA du Ministère de l’Agriculture), 2010.

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À l’occasion du bicentenaire de la Société de Géographie, la Bibliothèque Nationale de France propose une exposition qui invite à repenser et déconstruire l’exploration au XIXè siècle. Car au-delà de la figure héroïsée de l’explorateur solitaire, aventurier blanc avide de lointains et de découvertes, existent d’autres visages, d’autres figures longtemps maintenues dans l’ombre : des intermédiaires locaux, des femmes exploratrices, des explorateurs non-européens, etc.

Dépasser le mythe pour entrer dans l’histoire, c’est l’ambition affichée et réussie par la BNF dans son exposition « Visages de l’exploration au XIXè siècle. Du mythe à l’histoire ». Pour cela, elle s’est appuyé sur près de 200 pièces issues des fonds de la Société de Géographie, une société savante fondée à Paris en 1821 afin d’encourager la découverte et la connaissance du monde. À cette époque, après les grandes expéditions maritimes et scientifiques du XVIIIè siècle, les voyages d’exploration se multiplient, encouragés notamment par la Société de Géographie. Dans la presse illustrée ou les récits d’aventure à la Jules Verne, la figure de l’explorateur bravant tous les dangers dans des contrées lointaines et sauvages, devient totémique et prend toute la place. Une culture et un imaginaire de l’exploration se forgent alors, avec au centre l’homme blanc, casque colonial vissé sur la tête et la carabine jamais très loin. Dans les récits d’exploration, la solitude et le courage sont souvent mis en scène, omettant de dire que l’explorateur n’est jamais seul sur le terrain et que son action est parfois loin d’être désintéressée, maintenant ainsi dans l’ombre des auxiliaires ou savants lettrés jouant les intermédiaires, qui ont pourtant rendu l’exploration possible.

Au XIXè siècle, à l’heure où les nations du Vieux Continent ont bien compris que l’exploration du monde était un formidable levier de connaissances, mais aussi de puissance, les appétits coloniaux s’aiguisent. Ainsi dans cette exposition, la figure du militaire conquérant usant de ruse et de violence est aussi présenté et le lien étroit, voire intrinsèque, entre colonisation et exploration est largement déconstruit tout au long du parcours. Enfin, dans la dernière salle consacrée au retour des missions d’exploration, au sujet des objets ramenés par les explorateurs qui figurent encore aujourd’hui dans les musées français, se pose la question brûlante du retour de ces pièces parfois spoliées dans un contexte de domination coloniale.

Dans la grande famille des explorateurs du XIXè siècle, si l’on connaît déjà Dumont Durville, Admunsen, Livingstone, Caillé, Rasmussen ou Stanley, les noms de David Boilat le métis, Eugénie Coudreau, Apatou, El Hadj Ahmed ben Mohammed El Fellati, Nain Singh, Matthew Henson ou encore Mohammed ibn-Omar El Tounsy dit le Tunisien auront enfin un visage.

Un reportage de Céline Develay-Mazurelle.

En savoir plus :

  • Sur l’exposition « Visages de l’exploration au 19e siècle. Du mythe à l’histoire » qui se tient à la BNF jusqu’au 24 août 2022.

- Sur la Société de Géographie, société savante fondée en 1821 et plus ancienne société de géographie au monde.

  • Sur la thématique, la BNF a publié en ligne un dossier très complet. Elle a, par ailleurs, édité un catalogue d’exposition richement documenté et illustré. Sous la direction de l’historienne spécialiste des voyages Hélène Blais et d’Olivier Loiseaux, conservateur général au Département des cartes et des plans de la BNF en charge des collections de la Société de Géographie. Ils sont les deux commissaires de l’exposition.

  • Sur le travail de Camille Lefebvre, historienne spécialiste du Sahel et du Sahara au XIXè siècle et membre du Comité scientifique de l’exposition. Un article sur son livre publié aux Éditions de la Sorbonne en 2015 « Frontières de sable, frontières de papier. Histoire de territoires et de frontières, du jihad de Sokoto à la colonisation française du Niger (xixe-xxe siècles) ».

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Au sud-est de la République Démocratique du Congo, les mines de cuivre ont donné naissance à la seconde ville du pays. À Lubumbashi, s’est alors forgée une culture originale qui perdure, même si son fleuron, la société Gécamines, n'est plus que le fantôme d'elle-même.

Située dans la province du Haut-Katanga, une région particulièrement riche en minerais (cobalt, cuivre…), la capitale minière de la RDC a connu comme en Afrique du Sud, une ruée, un boom minier qui dès le début du XXè siècle va faire naître une des premières cultures ouvrières d'Afrique, dans le giron des sociétés coloniales puis de compagnies paternalistes qui leur succédèrent.

Déjà, plusieurs siècles avant l’arrivée des Belges, les « mangeurs de cuivre » exploitaient artisanalement les ressources de leur terre pour en faire une monnaie d’échange, les fameuses croisettes de cuivre devenues emblématiques du Katanga. Puis, avec la colonisation, la ville, fondée en 1910 sous le nom d’Elisabethville, va bâtir sa prospérité, son architecture mais aussi sa culture autour des mines de cuivre.

C'est l’Union Minière du Haut Katanga, nationalisée en 1967 (elle prendra plus tard le nom de Gécamines), qui donnait alors le tempo de la ville, réglant la vie de ses habitants jusque dans leurs loisirs. Aujourd'hui, la Gécamines n'a plus le monopole du cuivre et du cobalt, et la ville est devenue une métaphore de la mondialisation avec ses concessions géantes gérées par des groupes étrangers. Que reste-t-il de cette histoire et de cette culture, dans la capitale du Katanga qui, en 1960, fit sécession et manqua de devenir indépendant ? C’est ce qu’on est parti chercher, à l’ombre du terril et de la cheminée de l'usine de Lubumbashi désormais à l’arrêt.

Un reportage de Vladimir Cagnolari.

En savoir plus / À lire :

  • Le site de la Gécamines ou Générale des Carrières et des Mines

  • Sur l’effondrement de la Gécamines, un article historique publié dans les Cahiers d'études africaines 

- « Lubumbashi 1910-2010- Mémoire d’une ville industrielle », un livre de Donatien Dibwe dia Mwembu, sous la direction de Bogumil Jewsiewiki. Éditions L’Harmattan.

  • « La société de la Kopperbelt Katangaise », un livre de Donatien Dibwe dia Mwembu. Éditions L’Harmattan.

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Situé au-delà du 60è parallèle Nord, au beau milieu de l’Atlantique Nord, quelque part entre l’Islande et l’Écosse, ce chapelet de 18 îles volcaniques est longtemps resté méconnu et isolé. Aujourd’hui, ces confins sauvages et majestueux attirent de plus en plus de voyageurs, férus de nature et de culture à l’état brut. Surtout que sur place, les attend un peuple fier et attachant, à l’identité féroïenne passionnante.

Aux Féroé, sur ces terres de landes verdoyantes, truffées de moutons, d’oiseaux, de cascades, de montagnes et de falaises déchiquetées par la mer, les panoramas sont sublimes, époustouflants. Encore faut-il que le brouillard épais du Nord n’ait pas décidé de gâcher la vue ? Car là-bas, le climat est rude et particulièrement changeant. Le vent souffle fort et la pluie tombe, paraît-il, près de 300 jours par an.  En ces lieux qui comptent plus de moutons (80 000) que d’habitants (53 000), chaque apparition du soleil fait alors l’effet d’une bénédiction, offrant des lumières typiquement nordiques, entre bleu profond de la mer et ciel mordoré. Sans parler de l’hiver, où il n’y a que 5 heures de lumière par jour. Ainsi, sur ces cailloux de basalte, il faut apprendre à déposer les armes de la certitude et faire avec le temps et les éléments, comme ont finalement appris à le faire, depuis des siècles, les Féroïens, descendants de Vikings et de femmes celtes, longtemps pêcheurs de père en fils. D’ailleurs, parce qu’ici la nature règne en maître, les Féroé ont été surnommées par les Anglais, passés par là pendant la Seconde Guerre Mondiale « The land of maybe », le pays du peut-être…

Aujourd’hui au XXIè siècle, l’archipel subarctique dépend toujours du Royaume du Danemark, mais il dispose depuis 1948 d’une autonomie importante et s’exprime dans sa langue : le féroïen. Longtemps proscrite par les Danois, cette langue a toujours été le socle d’une culture décidément particulière, faite de traditions orales, de sagas nordiques et de ballades héroïques datant du Moyen-Age. Et rares sont les endroits dans le monde, où l’on peut rencontrer, comme c’est le cas aux Îles Féroé, des traditions aussi vivantes et vibrantes parmi la population. Bien sûr, la chasse traditionnelle de cétacés, le fameux Grindadráp est la plus décriée et contestable d’entre toutes, pour son archaïsme et sa violence. En voyage sur place, il est intéressant d’échanger à ce sujet avec les Féroïens, afin de comprendre comment ce peuple s’appuie sur ces traditions mais les interroge aussi. Car la société féroïenne bouge et s’est considérablement développée grâce à l’argent de la pêche, en particulier l’élevage de saumon. En à peine vingt ans, la capitaleTórshavn a vu fleurir cafés, restaurants, galeries d’art et lieux de musique prisés des touristes et des Féroiens. Car la nation est particulièrement musicale, artiste dans l’âme, inspirée par cet environnement naturel si puissant qui l’entoure. Dans ces confins volcaniques battus par les vagues et les vents, on circule désormais facilement entre les îles, via des tunnels sous-marins dernier cri ; et les lieux se prêtent à la randonnée, l’imperméable jamais très loin, sur des sentiers historiques ouverts par les anciens, à une époque où l’on ne pouvait que marcher dans les montagnes. Car au-delà des paysages à couper le souffle, c’est cela que l’on retient d’un voyage aux Féroé : à quel point ce peuple a résisté et lutté pour se maintenir sur ces îles, contre vents, marées et vagues de colonisation, entre survie et harmonie avec la nature.

Un reportage en 2 épisodes de Céline Develay-Mazurelle et Laure Allary.

Avec le concours du Labo RFI.   

Y ALLER :

  • Ouverte en 2019 mais interrompue pendant la pandémie, un vol direct d’Atlantic Airways relie à nouveau, deux fois par semaine, les Féroé à la France. Durée de vol : 2h40 seulement

  • Pour préparer votre voyage, le site de Visit Faroe Islands est une mine d’informations, en anglais. Le territoire étant petit et bien exploré, tout y est, ou presque !

EN VOYAGE :

- Sur place, le mieux est de se baser dans la capitale Tórshavn depuis laquelle on circule facilement entre les îles par les tunnels et les ferrys. L’hôtel Føroyar, idéalement situé sur les hauteurs de la ville, offre une vue imprenable sur le port et la baie.

  • Dans les endroits plus isolés, il est possible de recourir à l’Heimablídni soit « hospitalité à la maison », un concept qui s’est développé avec le tourisme, faute de restaurants dans tout l’archipel. Des Féroïens proposent alors chez eux des plats locaux typiquement féroïens. Une bonne occasion de rencontrer des habitants, souvent anglophones, comme Lena et Jakup qui font l’Heimablidni, dans leur maison-jardin Garðarhúsið, ou chez Harriett et John, un jeune couple touche à tout, éleveur de moutons, commerçant et photographe qui reçoit en table d’hôtes à la maison Hanusarstova, sur l’île d’Esturoy. Harriett, instagrameuse et bergère, fait par ailleurs des clichés romantiques et inspirées de ses bêtes. Elle prépare prochainement un hébergement à la ferme, avec vue sur la mer et les vastes prés.

  • Les îles regorgent de sentiers de randonnée qui mènent à des cascades comme celle de Gásadalur, des lacs comme celui de Sørvágsvatn, parfois en partant de petits villages typiques de pêcheurs avec ses maisons aux toits de tourbe.

  • À découvrir pour les passionnés d’oiseaux l’île de Mykines. C’est le paradis des oiseaux marins (macareux, puffins) qui se gagne par la mer depuis Sorvagur. Attention, la météo peut annuler tout départ à Mykines.

  • Le village de Kirkjubøur, avec ses églises et son histoire très ancienne est un bon point de départ, couplé avec une visite du Musée national des Îles Féroé pour comprendre l’histoire du peuplement et s’imprégner de l’atmosphère féroïenne, faite de légendes et de croyances.

  • Si vous souhaitez être guidé, le site Guide to Faroe Islands propose des tas de visites guidées, en anglais. L’offre est riche et va du tour photo à la rando d’hiver en passant par l’observation des oiseaux ou l’excursion en bateau. Elin Hentze est une guide francophone culturelle reconnue sur place.

  • À Tórshavn, le Paname Café est le refuge idéal et cosy par temps de pluie. Il est adossé à une librairie où les ouvrages sur les Îles Féroé en anglais sont légion.

  • Situé dans la capitale, la Nordic House est un lieu à l’architecture étonnante où il fait bon s’arrêter dans son café vegan. Cette institution culturelle affiche une programmation artistique ambitieuse qui témoigne de la vitalité culturelle des îles.  

À LIRE, ÉCOUTER ET VOIR :

  • La littérature féroïenne est aujourd’hui en plein essor, portée à l’étranger par l’organisme Farlit. À noter que peu d’auteurs féroïens sont traduits en français. Parmi eux, Jóanes Nielsen qui a publié aux Éditions La Peuplade « Les collectionneurs d’images », un ouvrage fort et habité sur le quotidien rude des Féroïens dans les années 60-70, entre poids de l’église et vies de labeur en mer.

  • À Tórshavn, une seule adresse, incontournable et géniale pour les amateurs de musique 100% Féroé : Tutl Records. À la fois magasin de disques, musée de l’histoire de la musique dans l’archipel et producteur d’artistes féroïens depuis près de 50 ans, les lieux ont été initiés par le musicien Kristian Blak, un passeur d’histoires et de musiques unique en son genre. Si vous avez la chance de le croiser à Tutl, il est francophone.

  • Parmi les artistes féroïens, on vous recommande la grande Eivør, artiste féroïenne la plus connue à l’international, ou encore Elin Brimheim Heinesen. Dans la jeune génération, allez écouter la touchante Greta Svabo Bech ou encore les jeunes trublions rock garage Joey and the Shitboys. La Cultural Night qui se tient chaque année en juin, est un bon moyen de découvrir l’effervescence musicale des îles, depuis la capitale.

  • De plus en plus d’étrangers viennent s’installer aux Îles Féroé et beaucoup passent un jour derrière les micros de Stella Zachariassen, une Féroïenne d’origine sri-lankaise et artiste touche-à-tout qui a lancé son podcast Home and Away. The Faroe Islands Podcast. Il fait la part belle aux récits des nouveaux venus dans l’archipel.

  • Parmi ces nouveaux venus, deux photographes français qui vivent depuis 2021 sur place et mène un travail d’images tout en finesse sur les Féroé. D’un côté, Lucas Frayssinet poursuit un travail documentaire au long cours sur les traditions du peuple féroïen, en particulier autour de la pêche. De l’autre, Ophélie Giralt mène actuellement une exploration visuelle et sensible autour de l’enfance et des contes et légendes de l’archipel. À découvrir aussi les images lunaires de Kevin Faingnaert aux îles Féroé.

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Situé au-delà du 60è parallèle Nord, au beau milieu de l’Atlantique Nord, quelque part entre l’Islande et l’Écosse, ce chapelet de 18 îles volcaniques est longtemps resté méconnu et isolé. Aujourd’hui, ces confins sauvages et majestueux attirent de plus en plus de voyageurs, férus de nature et de culture à l’état brut. Surtout que sur place, les attend un peuple fier et attachant, à l’identité féroïenne passionnante.

Aux Féroé, sur ces terres de landes verdoyantes, truffées de moutons, d’oiseaux, de cascades, de montagnes et de falaises déchiquetées par la mer, les panoramas sont sublimes, époustouflants. Encore faut-il que le brouillard épais du Nord n’ait pas décidé de gâcher la vue ? Car là-bas, le climat est rude et particulièrement changeant. Le vent souffle fort et la pluie tombe, paraît-il, près de 300 jours par an.  En ces lieux qui comptent plus de moutons (80 000) que d’habitants (53 000), chaque apparition du soleil fait alors l’effet d’une bénédiction, offrant des lumières typiquement nordiques, entre bleu profond de la mer et ciel mordoré. Sans parler de l’hiver, où il n’y a que 5 heures de lumière par jour. Ainsi, sur ces cailloux de basalte, il faut apprendre à déposer les armes de la certitude et faire avec le temps et les éléments, comme ont finalement appris à le faire, depuis des siècles, les Féroïens, descendants de Vikings et de femmes celtes, longtemps pêcheurs de père en fils. D’ailleurs, parce qu’ici la nature règne en maître, les Féroé ont été surnommées par les Anglais, passés par là pendant la Seconde Guerre Mondiale « The land of maybe », le pays du peut-être…

Aujourd’hui au XXIè siècle, l’archipel subarctique dépend toujours du Royaume du Danemark, mais il dispose depuis 1948 d’une autonomie importante et s’exprime dans sa langue : le féroïen. Longtemps proscrite par les Danois, cette langue a toujours été le socle d’une culture décidément particulière, faite de traditions orales, de sagas nordiques et de ballades héroïques datant du Moyen-Age. Et rares sont les endroits dans le monde, où l’on peut rencontrer, comme c’est le cas aux Îles Féroé, des traditions aussi vivantes et vibrantes parmi la population. Bien sûr, la chasse traditionnelle de cétacés, le fameux Grindadráp est la plus décriée et contestable d’entre toutes, pour son archaïsme et sa violence. En voyage sur place, il est intéressant d’échanger à ce sujet avec les Féroïens, afin de comprendre comment ce peuple s’appuie sur ces traditions mais les interroge aussi. Car la société féroïenne bouge et s’est considérablement développée grâce à l’argent de la pêche, en particulier l’élevage de saumon. En à peine vingt ans, la capitaleTórshavn a vu fleurir cafés, restaurants, galeries d’art et lieux de musique prisés des touristes et des Féroiens. Car la nation est particulièrement musicale, artiste dans l’âme, inspirée par cet environnement naturel si puissant qui l’entoure. Dans ces confins volcaniques battus par les vagues et les vents, on circule désormais facilement entre les îles, via des tunnels sous-marins dernier cri ; et les lieux se prêtent à la randonnée, l’imperméable jamais très loin, sur des sentiers historiques ouverts par les anciens, à une époque où l’on ne pouvait que marcher dans les montagnes. Car au-delà des paysages à couper le souffle, c’est cela que l’on retient d’un voyage aux Féroé : à quel point ce peuple a résisté et lutté pour se maintenir sur ces îles, contre vents, marées et vagues de colonisation, entre survie et harmonie avec la nature.

Un reportage en 2 épisodes de Céline Develay-Mazurelle et Laure Allary.

Avec le concours du Labo RFI.   

Y ALLER :

  • Ouverte en 2019 mais interrompue pendant la pandémie, un vol direct d’Atlantic Airways relie à nouveau, deux fois par semaine, les Féroé à la France. Durée de vol : 2h40 seulement

  • Pour préparer votre voyage, le site de Visit Faroe Islands est une mine d’informations, en anglais. Le territoire étant petit et bien exploré, tout y est, ou presque !

EN VOYAGE :

- Sur place, le mieux est de se baser dans la capitale Tórshavn depuis laquelle on circule facilement entre les îles par les tunnels et les ferrys. L’hôtel Føroyar, idéalement situé sur les hauteurs de la ville, offre une vue imprenable sur le port et la baie.

  • Dans les endroits plus isolés, il est possible de recourir à l’Heimablídni soit « hospitalité à la maison », un concept qui s’est développé avec le tourisme, faute de restaurants dans tout l’archipel. Des Féroïens proposent alors chez eux des plats locaux typiquement féroïens. Une bonne occasion de rencontrer des habitants, souvent anglophones, comme Lena et Jakup qui font l’Heimablidni, dans leur maison-jardin Garðarhúsið, ou chez Harriett et John, un jeune couple touche à tout, éleveur de moutons, commerçant et photographe qui reçoit en table d’hôtes à la maison Hanusarstova, sur l’île d’Esturoy. Harriett, instagrameuse et bergère, fait par ailleurs des clichés romantiques et inspirées de ses bêtes. Elle prépare prochainement un hébergement à la ferme, avec vue sur la mer et les vastes prés.

  • Les îles regorgent de sentiers de randonnée qui mènent à des cascades comme celle de Gásadalur, des lacs comme celui de Sørvágsvatn, parfois en partant de petits villages typiques de pêcheurs avec ses maisons aux toits de tourbe.

  • À découvrir pour les passionnés d’oiseaux l’île de Mykines. C’est le paradis des oiseaux marins (macareux, puffins) qui se gagne par la mer depuis Sorvagur. Attention, la météo peut annuler tout départ à Mykines.

  • Le village de Kirkjubøur, avec ses églises et son histoire très ancienne est un bon point de départ, couplé avec une visite du Musée national des Îles Féroé pour comprendre l’histoire du peuplement et s’imprégner de l’atmosphère féroïenne, faite de légendes et de croyances.

  • Si vous souhaitez être guidé, le site Guide to Faroe Islands propose des tas de visites guidées, en anglais. L’offre est riche et va du tour photo à la rando d’hiver en passant par l’observation des oiseaux ou l’excursion en bateau. Elin Hentze est une guide francophone culturelle reconnue sur place.

  • À Tórshavn, le Paname Café est le refuge idéal et cosy par temps de pluie. Il est adossé à une librairie où les ouvrages sur les Îles Féroé en anglais sont légion.

  • Situé dans la capitale, la Nordic House est un lieu à l’architecture étonnante où il fait bon s’arrêter dans son café vegan. Cette institution culturelle affiche une programmation artistique ambitieuse qui témoigne de la vitalité culturelle des îles.  

À LIRE, ÉCOUTER ET VOIR :

  • La littérature féroïenne est aujourd’hui en plein essor, portée à l’étranger par l’organisme Farlit. À noter que peu d’auteurs féroïens sont traduits en français. Parmi eux, Jóanes Nielsen qui a publié aux Éditions La Peuplade « Les collectionneurs d’images », un ouvrage fort et habité sur le quotidien rude des Féroïens dans les années 60-70, entre poids de l’église et vies de labeur en mer.

  • À Tórshavn, une seule adresse, incontournable et géniale pour les amateurs de musique 100% Féroé : Tutl Records. À la fois magasin de disques, musée de l’histoire de la musique dans l’archipel et producteur d’artistes féroïens depuis près de 50 ans, les lieux ont été initiés par le musicien Kristian Blak, un passeur d’histoires et de musiques unique en son genre. Si vous avez la chance de le croiser à Tutl, il est francophone.

  • Parmi les artistes féroïens, on vous recommande la grande Eivør, artiste féroïenne la plus connue à l’international, ou encore Elin Brimheim Heinesen. Dans la jeune génération, allez écouter la touchante Greta Svabo Bech ou encore les jeunes trublions rock garage Joey and the Shitboys. La Cultural Night qui se tient chaque année en juin, est un bon moyen de découvrir l’effervescence musicale des îles, depuis la capitale.

  • De plus en plus d’étrangers viennent s’installer aux Îles Féroé et beaucoup passent un jour derrière les micros de Stella Zachariassen, une Féroïenne d’origine sri-lankaise et artiste touche-à-tout qui a lancé son podcast Home and Away. The Faroe Islands Podcast. Il fait la part belle aux récits des nouveaux venus dans l’archipel.

  • Parmi ces nouveaux venus, deux photographes français qui vivent depuis 2021 sur place et mène un travail d’images tout en finesse sur les Féroé. D’un côté, Lucas Frayssinet poursuit un travail documentaire au long cours sur les traditions du peuple féroïen, en particulier autour de la pêche. De l’autre, Ophélie Giralt mène actuellement une exploration visuelle et sensible autour de l’enfance et des contes et légendes de l’archipel. À découvrir aussi les images lunaires de Kevin Faingnaert aux îles Féroé.

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Depuis la Guinée et le Fouta Djalon où il tire sa source, le fleuve Sénégal déroule son long ruban d’eau sur près de 1 800 km, pour traverser le Mali, arroser la Mauritanie et le Sénégal où il fait autant office de frontière que de trait d'union, jusqu’à se jeter dans l’océan Atlantique à Saint-Louis, cité historique d’eau douce et salée. 

Les photographes et auteurs Yves Barou et Djibril Sy ont descendu ce fleuve depuis sa source jusqu'à Saint-Louis, promenant leur regard inspiré et curieux «daande maayo», soit au fil de l'eau en poular. Croisant chutes tonitruantes, rives populeuses, barrages, vestiges coloniaux, villages et pirogues de pêcheurs.

Jadis grande voie navigable d'échanges, le fleuve Sénégal a dû composer avec la sécheresse, la salinisation, l'exploitation de ses ressources et la dégradation de son environnement. Surtout, il a façonné les imaginaires comme les réalités de ceux qui vivent sur ses deux rives.

Avec le Sénégalais Djibril Sy et le Français Yves Barou, suivez-nous à l'écoute de la voix d'un grand fleuve. 

Une émission initialement diffusée le 24 janvier 2021.

En savoir plus :

  • «Daande Mayo, en descendant le fleuve Sénégal», de Djibril Sy et Yves Barou. Éditions Tohu Bobu. 2020. Un beau livre photo agrémenté notamment de textes du géographe et climatologue sénégalais Alioune Kane

  • Le site de l'association saint-louisienne La Liane, au bénéfice de laquelle tous les bénéfices du livre sont reversés 

- Sur l'enjeu de rendre le fleuve Sénégal navigable, autour du projet de l'OMVS ou «Organisme de mise en valeur du fleuve Sénégal» réunissant le Mali, le Sénégal, la Mauritanie et la Guinée. Un document instructif de l'IAGF ou «Initiatives sur l'Avenir des Grands Fleuves».

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Au panthéon des écrivains voyageurs, le Britannique Bruce Chatwin tient une place résolument à part. Consacré chef de file dans les années 80 du « travel writing », il refusait cependant ce terme qu’il jugeait insignifiant.

En même temps, l’auteur de « En Patagonie » ou du « Chant des pistes », avec ses allures de dandy baroudeur, a envoyé un paquet de voyageurs, sac au dos, sur les pistes argentines ou australiennes.

Fasciné par le mode de vie nomade, Bruce Chatwin était toujours sur le départ ou de retour de quelque part. Mort en 1989 à 48 ans, il a donc fait de sa courte vie un voyage, une errance, de l’Italie au Soudan, de l’Afghanistan au Bénin, de la Grèce au Brésil. Ce faisant, il ne cessait d’écrire et de nourrir par le mouvement, l’étude et les rencontres, la matière de ses prochaines histoires, des récits souvent de vies lointaines et fascinantes.

Plus de 30 ans après sa disparition, suivez-nous avec Jennifer Lesieur, auteure de « Tu marcheras dans le soleil », une biographie très personnelle de l’écrivain, sur les pas de cet esthète aventurier tout aussi impatient qu’érudit, qui avait en horreur le domicile et la vie sédentaire.

Cette émission s’inscrit dans la collection Compagnons de route, série de portraits radiophoniques d’écrivains-voyageurs. Elle a été initialement diffusée en septembre 2019. 

→ À lire :

  • « Tu marcheras dans le soleil », de Jennifer Lesieur. Éditions Stock

  • « Œuvres Complètes », de Bruce Chatwin. Éditions Grasset

  • « Songspirals : Sharing women's wisdom of Country through songlines ». Gay’Wu group of women.

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Entre le sud-ouest de la France et le nord de l’Espagne, s’est jouée au XVIIè siècle une chasse aux sorcières éclair, qui va marquer les esprits. Et aujourd’hui, le Pays Basque revendique la mémoire de ses « Sorginak », loin des clichés folkloriques. Tremblez, les sorcières sont de retour !

Pendant près de 300 ans, en Europe et ailleurs dans le monde, des hommes, la raison dans une main et la croix dans l’autre, ont mené dès le XVè siècle une inlassable chasse aux sorcières, imaginant des simulacres de procès, des tortures indicibles et des meurtres de masse s'abattant surtout sur les femmes. Au XVIIè siècle, au Pays Basque, alors que les hommes étaient partis pêcher au large des côtes canadiennes, on a raconté que des messes noires se tenaient en forêt, dans des grottes, au sommet de la Rhune, dans la montagne Jaizkibel ou sur les plages d’Hendaye. Et sous le règne d’Henri IV, d’importants procès en sorcellerie ont eu lieu dans la région, en particulier en 1609.

Cette date reste gravée dans la mémoire des Basques, comme elle l’est dans les monuments qui rendent hommage aux victimes de ces procès. Et de part et d’autre de la frontière, en Espagne et en France, des guides culturels, des historiens locaux et des musées s’attachent à rappeler le contexte qui a présidé à ces expéditions meurtrières, visant des femmes trop affranchies mais aussi une région et une culture basque trop rebelle à l’ordre établi et au pouvoir royal.  

Plus largement, ce pan de l’histoire, jadis méconnu voire méprisé, est désormais largement appréhendé et déconstruit dans une lecture de genre salutaire. Et en Europe, souffle enfin un vent de justice et de réhabilitation de ces femmes accusées à tort d’être maléfiques dans une fabrique du mal et de la domination à peine croyable. La figure de la sorcière, édentée et au nez crochu, est alors devenue en Occident une icône féministe. Parce qu’elle dit beaucoup du sort réservé aux femmes à travers les siècles et de notre rapport au monde invisible et païen. Et c’est ce que l’on découvre au Pays Basque, en suivant le sillage de la « Sorgin »…

Un reportage d’Inès Edel-Garcia.

À découvrir : 

- Le musée des sorcières à Zugarramurdi a ouvert en 2007 dans un ancien hôpital. Au premier étage, on découvre comment le mythe de la sorcière est né. On y présente les 33 personnes originaires de la vallée, accusées de sorcellerie et condamnées au procès de Logroño organisé par l'Inquisition espagnole en 1610. Le deuxième étage est consacré à la mythologie basque, aux rites et à la figure de l'herboriste.

  • À Saint-Pée-sur-Nivelle, sur la place rebaptisée «Place 1609» par l’association Lapurdi 1609, la sculpture Oroit Mina (En souvenir de la douleur) de Nestor Basterretxa a été érigée en 2009 à l’occasion des commémorations des 400 ans des procès du Labourd. Derrière, on devine le château de Saint-Pée-sur-Nivelle aujourd’hui en ruines. C’est là que s’était établi le tribunal laïc du juge Pierre de Lancre.

  • Depuis 2020, le guide Julien Gaüzère propose la Marche des sorcières, une randonnée transfrontalière de 8 km (3h30) au départ des grottes de Sare. La balade s’achève dans le village de Zugarramurdi avec la visite de la grotte. Aujourd’hui, c'est un site touristique payant, mais jusqu’au début des années 2000, la grotte accueillait chaque été une importante Fête des sorcières qui réunissait 15 000 personnes environ.

  • La Sorgin Gaua (Nuit de la sorcière) est organisée chaque année à Ciboure par l’association Donibane Ziburuko Ihauteriak. Au programme : défilé en habits traditionnels au rythme des cloches et danse autour du feu en mémoire des akelarre.

  • Le projet «Sourcière» du duo d’artistes -Y-est né en 2019. Pendant deux ans de résidence artistique au sein de la structure COOP, les artistes plasticiennes Julie Laymond et Ilazki de Portuondo ont mené une enquête sur l’empreinte de la magie sur le territoire basque en partant sur les traces d’Inessa de Gaxen, une femme condamnée à l'exil après le procès de Logroño. Ce travail a donné lieu à une première exposition à Orthez en septembre 2021.

À lire :

Sur les chasses aux sorcières et la figure de la sorcière dans le monde :

  • Silvia Federici, Caliban et la sorcière, Éditions Entremonde et Senonevero, 2014 

  • Mona Chollet, Sorcières, la puissance invaincue des femmes, Éditions La Découverte, Zones, 2018 

  • Céline Du Chéné, Les Sorcières - Une histoire de femmes, Éditions Michel Lafon, 2019 

  • Catherine Clément, Le musée des sorcières, Éditions Albin Michel, 2020.

Sur les chasses aux sorcières et la mythologie au Pays Basque :

  • Jacques Ospital, La chasse aux sorcières au Pays Basque en 1609, Éditions Piperrak-Pimientos, 2009 

  • Claude Labat, Sorcellerie ? : ce que cache la fumée des bûchers de 1609, Elkar Éditions, 2009

  • José Miguel Barandiaran Ayerbe, Brujería y brujas. Testimonios recogidos en el País Vasco, Txertoa, 2008

  • Toti Martínez de Lezea, Leyendas de Euskal Herria, Erein, 2004.

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De l'Afrique aux Balkans, voyage sur les traces d'un explorateur et cartographe oublié du XIXème siècle, avec l'écrivain français Guillaume Jan.

Partir sur les traces des anciens, illustres ou inconnus, c'est un exercice de style littéraire, intellectuel et sensible auquel s'adonnent volontiers les écrivains dit voyageurs, tous rassemblés du 4 au 6 juin 2022, à Saint-Malo, en Bretagne, pour le Festival Étonnants Voyageurs. 

Pour ces écrivains, c’est souvent une façon de tremper la plume dans le romanesque des aventuriers avides et désorientés des siècles passés. Une façon aussi d’ancrer leur pas et leurs mots dans un territoire plus vaste, dans l’espace mais surtout le temps. C’est une manière de se dire aussi qu’avant soi, d’autres avaient tracé les mêmes chemins et de gagner par-là en perspective ou en complexité.

Convoquer les figures anciennes, et marcher dans leurs pas, c’est surtout, peut-être, un moyen d’élargir sa famille vagabonde, de se trouver des pairs dans les entreprises solitaires que sont le voyage et l’écriture.

Et c'est en somme ce qu’aime à faire depuis plus de 10 ans l’écrivain nomade français Guillaume Jan, notre invité, également présent ce week-end au Festival de Saint Malo. Dans son dernier récit «Alias Lejean», il tisse ainsi le motif de ses propres voyages à ceux d’un aventurier du XIXème siècle : un Breton comme lui, oublié de nos mémoires, qu’il a découvert sur le tard, un presque homonyme qui s’appelle Guillaume Lejean. Chemin faisant, l’écrivain français fait de ce cartographe un vieux père idéal, un aîné dont il aurait suivi la route à 150 ans d’écart, des Balkans à l’Afrique, sans le savoir, «avant même de le connaître», écrit-il. Car entre les deux hommes, au-delà du nom, les correspondances sont troublantes et les jeux de miroirs nombreux.

Des livres de Guillaume Jan :

  • «Le baobab de Stanley» 2009. Réédition Éditions Livre de Poche 2016

  • «Traîne Savane. 20 jours avec David Livingstone» 2014.  Réédition Éditions Livre de Poche 2015

  • «Samouraïs dans la brousse». Éditions Paulsen 2018

  • «Alias Lejean» Éditions Stock 2022.

En savoir plus sur Guillaume Lejean :

  • Un portrait dans la bibliothèque de l'IRD

  • Autour de la biographie de Marie Thérèse Lorrain sur le cartographe et voyageur breton paru aux Éditions Les Perséides

  • Un article paru en 2018 dans les Cafés Géographiques. Avec des dessins et gravures de Guillaume Lejean 

  • La carte ethnographique des Balkans établie en 1861 par Guillaume Lejean.

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Depuis dix ans, chacun à leur manière, Félix Blume et Sophie Berger parcourent le monde qu’ils écoutent, enregistrent et recomposent dans des pièces sonores comme autant de fenêtres sur le large. Cette semaine, on leur donne la parole et surtout on leur tend l’oreille !

Quand, en 1953, Nicolas Bouvier part avec son acolyte Thierry Vernet jusqu’en Afghanistan et au-delà, l’écrivain voyageur suisse emmène avec lui un enregistreur portable Nagra, encore à l’état de prototype, que lui a prêté son inventeur Stefan Kudelski. Durant ce voyage mythique qu’il relate dans son livre tout aussi mythique « L’Usage du monde », le Nagra deviendra son sésame, mais aussi le ferment du lien précieux qu’a eu toute sa vie, Nicolas Bouvier avec le monde, les sons venant irriguer plus largement son écriture ciselée, fine et sensible. 

Jusque-là, cet enregistrement de terrain ou «field recording» était une pratique, une démarche réservée aux seuls professionnels, ethnomusicologues ou audio-naturalistes. Et puis, la technologie aidant, capter les sons du dehors sera à la portée de voyageurs à l’écoute de ce chant du monde, qu’ils collectent, composent et restituent dans une vaste polyphonie aux accents scientifiques ou artistiques.

Chez Félix Blume, le voyage s’est invité dans sa vie alors qu’il était preneur de son sur des documentaires, souvent tournés à l’étranger. Il a donc commencé à nous envoyer des cartes postales sonores depuis le Mali ou le Venezuela, avec la complicité d'Arteradio, site pionnier et inventif du podcast en France. Ensuite, ce sont des fresques qu’il s’est mises à peindre avec ses micros, collectant les cris des marchands ambulants de Mexico ou le dialogue subtil entre la forêt amazonienne profonde, les animaux et les hommes qui la peuplent. En parallèle, entre Mexico, le Brésil et la France où il vit tour à tour, Félix Blume imagine de délicates installations sonores, dans les arbres au Mexique, les forêts en Belgique ou sur des pontons en Thaïlande, des créations aux allures d’invitation à voyager, dialoguer et surtout écouter.

Sophie Berger, elle, a 36 ans et place le voyage au cœur de sa démarche sonore. Formée à l’ENSATT (École Nationale des Arts et Techniques du Théâtre), elle a décidé, à l’issue de ses études en 2012, de partir marcher trois mois le long de la Loire, micro tendu et oreilles grandes ouvertes. Depuis, elle a embarqué et enregistré trois mois durant sur un gros porte-conteneur depuis le Havre jusqu’en Chine et retour. Elle s’est lancée jusqu’à l’île de Pâques ou Rapa Nui et pris le large pour les Terres Australes et Antarctiques Françaises, afin d’en ramener le son froid et pénétrant du vent à de telles latitudes. Artiste sonore indépendante, elle brode à chaque fois des pièces sensibles et immersives qui laissent une grande place au silence et à l'imaginaire de l'ailleurs. 

En parlant de leur travail et de leur position d’écoute et de prise de son, ces deux Français, vagabonds des ondes, nous racontent leurs voyages et leur usage sonore du monde à eux.

Pour aller et écouter plus loin :

- Le travail sonore de Félix Blume

- Les créations sonores de Sophie Berger

  • Sur « l’enregistrement de terrain », le livre d’Alexandre Galand « Field recording, l’usage sonore du monde en 100 albums », paru aux Éditions «Le mot et le reste» est une ressource précieuse

  • Prolongez le voyage avec Monica Fantini, artisane de sons et de création avec «Écouter le monde» diffusé sur l'antenne de RFI. 

Écouter le monde est également une plateforme internet qui a pour vocation à partager et éditer les sons du monde, échos de notre quotidien de nos territoires et de notre humanité. Plus d'infos ici.

  • Pour toutes les oreilles nomades et sensibles, Arteradio, site français pionnier du podcast, offre depuis près de 20 ans de grands voyages sonores, notamment avec Félix Blume et Sophie Berger... 

  • Cet été 2021, Phonurgia Nova lance la première édition du Dinard Podcast Festival, avec 4 nuits d'écoutes sous casque sur la plage du 28 au 31 juillet, des ateliers de formation et des rencontres professionnelles du 15 juillet au 15 août 2021.

Une rencontre initialement diffusée le 11 juillet 2021.

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À l’extrême sud du Sénégal, en Casamance, entre la Guinée-Bissau et la Gambie, se trouve une réserve protégée à nulle autre pareille : un dédale de bancs de sable, de lagunes, de mangroves et d'îlots forestiers, véritable refuge pour les oiseaux, les dauphins ou les tortues marines mais aussi les voyageurs de passage. Découverte au fil de l'eau d'un monde insulaire fascinant, en compagnie d'agents de conservation et d'habitants, véritables gardiens d'une nature riche mais fragile.

Créée en 1978, la Réserve Ornithologique de Kalissaye se déploie sur plus de 30 000 hectares entre les îles du Bliss et de Karones, au cœur du delta du fleuve Casamance. Traversés de marigots, de vasières et de bolongs, les lieux se découvrent en pirogue et à petits pas, pour ne pas déranger les milliers d'oiseaux marins ou d’espèces marines menacées qui viennent y trouver des lieux de ponte et de reproduction. 

Depuis des décennies, la Casamance est une région surtout connue pour abriter l’un des plus vieux conflits sécessionistes du continent; et pourtant, loin des radars des voyageurs et des zones rouges sécuritaires, cette réserve ouverte au public, fait office d'espace de quiétude et de nature unique en son genre. En effet, malgré son classement en réserve protégée par l’État, la ROK demeure habitée et les populations insulaires locales sont étroitement associées à la conservation des lieux, dans une gestion partagée et concertée entre agents des parcs nationaux et villageois, parmi lesquels certains sont désignés comme éco-gardes. Et c’est justement cette gouvernance partagée qui en fait sa force. 

Sur place, malgré de maigres ressources, un manque manifeste d'eau potable et d’électricité, les habitants de la réserve mettent en place des solutions basées sur la nature pour se maintenir sur ces terres isolées. Accompagnés par le Comité français de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), ils réinventent alors chaque jour un mode de vie soucieux de cet environnement qui les entoure, cherchant à préserver la mangrove ou les ressources halieutiques, dans un équilibre déjà fragile et menacé chaque jour un peu plus par les dérèglements climatiques ou la surpêche en cours. 

Parfois, il faut s'éloigner des grands centres pour aller au cœur des choses, et c'est ce qu'enseigne un voyage à Kalissaye, ce bout du monde qui, à sa manière, en est le centre. 

Un reportage en 2 épisodes de Raphaëlle Constant. 

Pour prolonger le voyage. Liens utiles : - La page Facebook de la Réserve Ornithologique de Kalissaye

- Les objectifs du PPI ou programme de petites initiatives africaines dans la ROK

  • La page Facebook du Comité français de l’UICN.

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À l’extrême sud du Sénégal, en Casamance, entre la Guinée-Bissau et la Gambie, se trouve une réserve protégée à nulle autre pareille : un dédale de bancs de sable, de lagunes, de mangroves et d'îlots forestiers, véritable refuge pour les oiseaux, les dauphins ou les tortues marines mais aussi les voyageurs de passage. Découverte au fil de l'eau d'un monde insulaire fascinant, en compagnie d'agents de conservation et d'habitants, véritables gardiens d'une nature riche mais fragile.

Créée en 1978, la Réserve Ornithologique de Kalissaye se déploie sur plus de 30 000 hectares entre les îles du Bliss et de Karones, au cœur du delta du fleuve Casamance. Traversés de marigots, de vasières et de bolongs, les lieux se découvrent en pirogue et à petits pas, pour ne pas déranger les milliers d'oiseaux marins ou d’espèces marines menacées qui viennent y trouver des lieux de ponte et de reproduction. 

Depuis des décennies, la Casamance est une région surtout connue pour abriter l’un des plus vieux conflits sécessionistes du continent; et pourtant, loin des radars des voyageurs et des zones rouges sécuritaires, cette réserve ouverte au public, fait office d'espace de quiétude et de nature unique en son genre. En effet, malgré son classement en réserve protégée par l’État, la ROK demeure habitée et les populations insulaires locales sont étroitement associées à la conservation des lieux, dans une gestion partagée et concertée entre agents des parcs nationaux et villageois, parmi lesquels certains sont désignés comme éco-gardes. Et c’est justement cette gouvernance partagée qui en fait sa force. 

Sur place, malgré de maigres ressources, un manque manifeste d'eau potable et d’électricité, les habitants de la réserve mettent en place des solutions basées sur la nature pour se maintenir sur ces terres isolées. Accompagnés par le Comité français de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), ils réinventent alors chaque jour un mode de vie soucieux de cet environnement qui les entoure, cherchant à préserver la mangrove ou les ressources halieutiques, dans un équilibre déjà fragile et menacé chaque jour un peu plus par les dérèglements climatiques ou la surpêche en cours. 

Parfois, il faut s'éloigner des grands centres pour aller au cœur des choses, et c'est ce qu'enseigne un voyage à Kalissaye, ce bout du monde qui, à sa manière, en est le centre. 

Un reportage en 2 épisodes de Raphaëlle Constant. 

Pour prolonger le voyage. Liens utiles : - La page Facebook de la Réserve Ornithologique de Kalissaye

- Les objectifs du PPI ou programme de petites initiatives africaines dans la ROK

  • La page Facebook du Comité français de l’UICN.

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Voyager en tant que femme au XXIème siècle est encore une conquête. Pour se lancer, il faut donc s’armer de confiance, de mots et de modèles féminins. L’autrice Lucie Azéma s’y est récemment employée, en détricotant dans son essai, les mythes, en déconstruisant les biais sexistes, misogynes qui ont largement prévalu dans les récits de voyage et en convoquant de sacrées aventurières.

« Les hommes ont des voyages, les femmes ont des amants », a dit André Malraux. Cette phrase résume à elle seule la place longtemps réservée aux femmes, réduites à leurs intérieurs et à qui la seule aventure que l’on concédait peut-être était celle du cœur. Et puis, il y a ce mythe persistant de Pénélope, figure sédentaire, fidèle, qui tisse et détisse son ouvrage pendant qu’Ulysse, lui, parcourt le monde. À la femme l’attente. À l’homme, l’aventure !

Pourtant, dès la moitié du XIXᵉ siècle, des occidentales intrépides ont décidé de se lancer et de parcourir le monde pour mieux le raconter. Certaines devaient partir incognito, déguisées en homme, d’autres attendaient le deuil d’un mari ou d’un père pour oser le voyage. Encore trop méconnues, ces pionnières demeurent des sources d’inspiration indispensables pour toutes celles qui envisagent aujourd’hui de voyager seule. 

Après des années de voyage et de lectures, Lucie Azéma a décidé d’écrire le livre qu’elle aurait aimé lire jeune fille, soit une relecture féministe de la trajectoire de ces pionnières, de leurs écrits et aussi de ceux de leurs homologues masculins, écrivains-voyageurs. 

Dans son essai « Les femmes aussi sont du voyage. L’émancipation par le départ », la journaliste française se livre à une déconstruction brillante et documenté du voyage au féminin, mettant en lumière à quel point le récit du monde s’est écrit entre hommes, blancs de surcroît, et comment ce fameux « male gaze » ou « regard masculin » s’est longtemps attaché à érotiser les ailleurs, surjouer l’exploit viriliste et inventer l’Autre, l’étranger, dans un rapport forcément inégalitaire, dominant et colonialiste. 

À partir de ses propres expériences de voyageuse et de lectrice, Lucie Azéma encourage alors les femmes à plonger dans les récits d’Isabelle Eberhardt, Nellie Bly, Jane Dieulafoy, Odette du Puigaudeau, Isabella Bird, Alexandra David-Néel, Anne-Marie Schwarzenbach et tant d’autres, à puiser dans leurs forces comme dans leurs doutes, pour mieux partir et accéder à cette puissante liberté que seule la route sait nous offrir. À tous et à toutes!

(Rediffusion du 11 avril 2021).

À lire / À écouter :

  • «Les femmes aussi sont du voyage. L’émancipation par le départ» de Lucie Azéma. Éditions Flammarion 

  • «Le monde est à elles. Histoires d’aventurières» : L’émission chorale et littéraire que nous avons consacrée à ces pionnières en 2019. Vous y trouverez plusieurs idées et références de lecture 

  • «Balade féministe à Paris: à la recherche des femmes» : Une déambulation sonore et engagée dans l'Est parisien, en 2021, avec Charlotte Soulary, fondatrice de La guide de voyage, qui revisite Paris en mettant les femmes au centre.

  • «Isabelle Eberhardt, un destin nomade» : Un portrait radiophonique et littéraire de la grande écrivaine amoureuse du désert, réalisé en 2019, depuis ses terres natales à Genève.

  • «Odette du Puigaudeau et Marion Sénones, aventurières des sables» : Rencontre en 2020 autour de ces deux voyageuses singulières et largement oubliées, avec Marine Sanclemente et Catherine Faye, qui ont cherché leurs traces dans l'Adrar Mauritanien et au Maroc. 

  • «Sur les traces d’Alexandra David-Néel» : De l’Himalaya à Digne-les-Bains, voyage et reportage à la découverte de la plus grande exploratrice du XXᵉ siècle. 

  • «Nellie Bly. Dans l’antre de la folie» de Virginie Ollagnier. Éditions Glénat. Une BD récente qui retrace un épisode passionnant de la vie de la reporter nomade, pionnière du journalisme d’immersion, ici dans un hôpital psychiatrique.

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Voyage dans les Caraïbes, là où s’est écrite une page fascinante, ambigüe et méconnue de l’histoire de l’humanité. (Rediffusion)

1938 : alors que l’Europe s’apprête à basculer dans l’horreur nazie et que l’Autriche, annexée par les forces d’Hitler, vient de « céder à la force », les juifs d’Allemagne et d’Europe ont pris les routes de l’exil mais le monde lui, ferme déjà ses portes aux réfugiés… sauf la petite République Dominicaine située sur l’île d’Hispaniola.

À cette époque, lors de la conférence d’Evian, Rafael Trujillo, président dictateur de la République Dominicaine, propose d’accueillir 100 000 réfugiés juifs sur son île. Finalement, ils seront moins d’un millier à pouvoir rejoindre ces terres baignées par l’Atlantique et la Mer des Caraïbes, très loin de la vieille Europe bientôt à feu et à sang…

Aujourd’hui, sur cette île devenue une destination balnéaire prisée, des descendants de cette singulière communauté juive perpétuent la mémoire de leurs ancêtres qui ont contribué à bâtir au Nord, la petite ville de Sosua. Et une écrivaine française Catherine Bardon, grande amoureuse de la République Dominicaine, autrice d’une grande saga romanesque autour de cette histoire, contribue également à la partager. C’est elle qui va nous guider de Saint-Domingue à Sosua sur les traces de cette incroyable histoire. 

Un reportage de François-Xavier Freland.

Pour prolonger le voyage :

  • La saga « Les déracinés », de Catherine Bardon est parue aux Éditions Les Escales et rééditée en France chez Pocket

  • Le site de l’Office du tourisme de République Dominicaine

  • Le site du « Sosua Virtual Museum » rassemble en ligne de nombreuses ressources sur la petite communauté juive dominicaine

  • La page de ce site touristique regorge d’informations historiques et de photographies sur la colonie El Batey de Sosua

  • Les archives photos de Sosua de la JDC ou « American Jewish Joint Distribution Committee » qui, dès 1914, est venu en aide aux juifs d’Europe et a participé à l’installation des juifs de Sosua. 

  • Plus d’infos sur cette organisation qu’était la JDC, autrement appelée le « Joint », dans l’encyclopédie multimédia de la Shoah, de l’United States Holocaust Memorial Museum.

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Depuis les Alpes françaises, rencontre au sommet avec le physicien et philosophe français des sciences, grand amoureux de montagnes et d’alpinisme.

À l’occasion du Festival International du Film Aventure et Découverte de Val d’Isère qui vient de se tenir du 19 au 22 avril 2022 dans les Alpes françaises, on célèbre la montagne et l’aventure, en compagnie d'Étienne Klein, homme de sciences et homme de radio, vulgarisateur de la physique moderne, mais aussi alpiniste amateur passionné, penseur à sa manière de ce monde à la verticale qu’est celui de la montagne et de l’alpinisme.

En 2020, Étienne Klein a fait paraître «Psychisme ascensionnel», un livre d’entretiens dans lequel il partage son rapport, sa relation à la montagne: à la fois intime, esthétique, savante et physique. Cette année, il a été choisi pour présider le jury du Festival International du Film Aventure et Découverte de Val d’Isère aux côtés de Céline Develay-Mazurelle, productrice de l'émission, Charles Dubouloz, alpiniste français qui en janvier 2022 a réalisé l'exploit de grimper la face nord des Grandes Jorasses en solo et en hivernal et Marine Barnérias, réalisatrice et productrice, autrice de Rosy, un film personnel sur un grand voyage qu'elle décide d'entreprendre pour conjurer la maladie qu'on venait alors de lui annoncer.

Depuis 25 ans, ce festival est un rendez-vous majeur de l’aventure en France, offrant à voir des films et des aventuriers qui nous emmènent à la découverte du monde, de ceux qui le peuplent et l’arpentent, en quête de sens et de vérité, de sensations et de beauté. Et de longue date pour les hommes, la Montagne, c’est un sacré terrain de jeu et d'aventures, un espace de fraternité et de risques, un lieu d’émerveillement et de dépassement, un terrain de conquête mais surtout de quête, à la verticale de soi et du monde…

En savoir plus sur :

  • Le Festival International du Film Aventure et Découverte de Val d’Isère qui s'est tenu du 19 au 22 avril 2022.

Le Festival International du Film Aventure & Découverte de Val d’Isère renoue avec son public pour célébrer ses 25 ans en salles et en ligne. Lors de ces quatre soirées, les 11 films de la sélection officielle sont présentés par Sylvain Tesson en présence des aventuriers et réalisateurs. Le jury, présidé cette année par le physicien et philosophe des ...

  • «Psychisme ascensionnel», un livre d'Étienne Klein, paru en 2020, aux Éditions Arthaud.

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Dans l’Ouest américain, parmi les immensités des plaines ou des Rocheuses, la nature sauvage fait office, depuis longtemps, de refuge pour les pionniers et les rêveurs en quête d’horizon et de liberté. De longue date, les écrivains arpenteurs s’en sont saisi pour célébrer la grandeur de ses paysages mais aussi tendre un miroir à l’Amérique et ses vieux mythes fondateurs. L’écrivain du Montana Pete Fromm est de ceux-là.

Devenu célèbre à travers le monde avec « Indian Creek » , un récit d’hivernage dans les montagnes entre l’Idaho et le Montana, à l’hiver 1978, Pete Fromm est un écrivain du genre sédentaire, tant il est attaché à sa terre d’adoption : le Montana. Pourtant, ses livres, des récits à la première personne et surtout des romans, offrent aux lecteurs de grands voyages, sensibles et à hauteur d’hommes, à travers l’Ouest américain.

Aux États-Unis, l’Ouest est un mythe fondateur, une promesse de vie nouvelle, entre esprit de conquête et de frontière. C’est aussi là que s’est forgé un rapport complexe mais fertile à la grande nature, qu’on appelle en Amérique la « wilderness ». Ceux qui mettent en mots ce monde peuplé de lynx, de grizzlis et de vie au grand air, appartiennent au « nature writing » ou « écriture de nature », un genre littéraire profondément lié aux grands espaces américains, où le sauvage rôde dehors comme il sommeille en chacun de nous.

Né en 1958 dans le Wisconsin et débarqué étudiant dans le Montana, Pete Fromm a longuement aiguisé son regard et ses sens, au contact d’une nature préservée. En effet, après son expérience dans les Rocheuses à Indian Creek, il va partir en voyage en Nouvelle Zélande puis passer huit ans comme « Park Ranger » dans les parcs et les rivières du Wyoming, du Nevada ou du Texas, avant de se lancer comme écrivain et connaitre le succès avec son premier ouvrage « Indian Creek ».

Dans ses livres, ne cherchez pas l’exploit personnel ou la description béatement lyrique d’une aventure en pleine nature ! Car Pete Fromm écrit surtout sur la nature humaine. Il convoque alors la Black Foot River ou les Rocheuses pour décrire avec d’autant plus de finesse et d’acuité la complexité et la force des liens intimes et familiaux qui unissent les personnages de ses romans.

Son dernier livre, « Le lac de nulle part », paru en France aux Éditions Gallmeister, nous embarque ainsi en canoë, à travers une myriade de lacs au Canada, en compagnie d’une curieuse équipée familiale : un père et ses deux enfants, les jumeaux Al et Trigg qui vont inexorablement s’enfoncer dans l’inconnu. Ce roman haletant, est un voyage en eaux troubles, où le lac devient le miroir du passé de cette famille désunie et meurtrie. Bien plus qu’un décor, la nature devient un personnage à part entière de ce récit, comme elle l’est d’ailleurs dans tous les autres livres de Pete Fromm.

À l’occasion de son passage en France en avril, Pete Fromm revient à nos micros sur la relation simple et généreuse qu’il entretient avec la littérature, la nature et le Montana, un Etat immense et sauvage qui a inspiré bon nombre d’écrivains.

À lire :

  • « Le lac de nulle part ». Pete Fromm. Éditions Gallmeister. 2022

  • « La vie en chantier ». Pete Fromm. Editions Gallmeister. 2019

  • « Mon désir le plus ardent ». Pete Fromm. Editions Gallmeister. 2018

  • « Le nom des étoiles ». Pete Fromm. Editions Gallmeister. 2016

  • « Indian Creek». Pete Fromm. Editions Gallmeister. 2006.

En savoir plus:

  • Sur les éditions Gallmeister, une maison d’édition française spécialisée au départ en littérature nord-américaine, et connue pour ses ouvrages de nature writing

  • Sur le concept de wilderness, un des fondements des sociétés nord-américaines

  • Sur l’école dite du Montana, une communauté d’écrivains dont la base arrière a toujours été la ville universitaire de Missoula.

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À l’occasion de la réouverture du Musée départemental Albert Kahn à Boulogne-Billancourt, en région parisienne, on part sur la planète, haute en couleurs et en images, de ce banquier philanthrope iconoclaste et visionnaire du XIXè siècle.

Le voyage c’est « garder les yeux grands ouverts », disait celui qui, en 1898, une fois sa banque fondée, va créer sa première entreprise philanthropique : les bourses « Autour du monde ». Ces bourses de voyage de 15 mois, financés par Kahn, étaient alors destinés à des agrégés français, hommes d’abord, femmes et étrangers ensuite, dans l’idée de modifier le regard des élites, de les décentrer et les ouvrir au monde par l’expérience et l’immersion.

Né en 1860 dans une famille juive alsacienne, Albert Kahn va orchestrer ensuite, au début du XXè siècle, une entreprise de collecte et d’inventaire de la beauté et de la réalité du monde, unique son genre : les Archives de la Planète. 72 000 autochromes,180 000 mètres de pellicules cinéma et 4 000 plaques stéréoscopiques noir et blanc vont être ramenés par une douzaine d’opérateurs, véritables aventuriers de l’image envoyés dans plus d’une cinquantaine de pays. 

Un siècle plus tard, ces images sont saisissantes par leur couleur et l’intimité qu’elles dégagent encore, l’autochrome étant le premier procédé photographique en couleur naturelle inventé en 1903 par les Frères Lumière. Les films, en noir et blanc, obtenus eux à l’aide du Cinématographe créé aussi par les Frères Lumière en 1895, offre de fascinantes fenêtres sur l’état du monde au début du XXè siècle, entre progrès techniques, Première guerre mondiale et temps coloniaux.

Aujourd’hui, dans le Musée départemental Albert Kahn de Boulogne-Billancourt, ces images se dévoilent dans une nouvelle muséographie et des espaces entièrement repensés par l’architecte japonais Kengo Kuma, situés sur l’ancien domaine de 4 hectares du banquier. À l’époque de Kahn, les lieux, aux allures de campus, servaient de base arrière à son projet philanthropique tourné vers un idéal de paix et de progrès, de fondations en bourses de voyage, d’imprimerie en laboratoire de biologie ou de développement de films. Aujourd’hui, ces lieux servent d’écrin à de nouveaux espaces permanents et temporaires d’exposition, qui offrent une plongée inédite dans l’œuvre et la trajectoire hors-norme de cet homme.

Un homme insaisissable en quête de lumières et d’harmonie qui finira ruiné par la crise de 1930, et qui aura finalement passé toute sa fortune et son temps à défendre une meilleure connaissance du monde et des peuples, afin de garantir la paix et l’entente, sa grande œuvre, son idéal envers et contre tout.

Un reportage de Céline Develay-Mazurelle.

En savoir plus :

  • Sur le Musée Départemental Albert Kahn situé dans les Hauts-de-Seine

  • Sur Les Archives de la Planète, disponibles ici en open data

  • Sur l’exposition temporaire et inaugurale du nouveau musée intitulée « Autour du monde ». Du 2 avril au 13 novembre 2022, cette exposition passionnante s’empare du voyage, du tour du monde entrepris par Albert Kahn en 1908-1909 aux différentes représentations et imaginaires que le voyage convoque et suscite, à travers la photographie et le film du début du XXè siècle à nos jours.

Diaporama

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«Ir con el chance», c'est ainsi que l'on désigne l'auto-stop en Colombie. C'est le mode de transport et d'écriture, en mouvement, qu'a choisi la jeune autrice Iliana ​Holguín Teodorescu sur près de 9 000 kilomètres en Amérique du Sud.   

Tailler la route, partir et échapper aux mille murs qui nous entourent, s’en remettre au hasard et à l’imprévu, qui n’en a pas rêvé ces derniers temps, alors que la planète a connu et connaît encore confinements, distanciations et sédentarités forcées !

En octobre 2020, peu avant que le monde ne bascule dans l’immobile, un premier livre, un récit de voyage «Aller avec la chance» est sorti en France, aux Éditions Verticales, comme un éloge du voyage désorganisé et de la route au doigt mouillé ou, plutôt, pouce levé. Car entre ses lignes, souffle un vent puissant, celui du départ ou de la fuite, de la liberté désinvolte mais impérieuse, le genre qui embarque le lecteur très vite, très loin, dans la remorque d’un camion péruvien avec deux femmes incas ou dans la cabine enfumée d’un routier chilien solitaire et peu bavard. 

Deux ans et quelques confinements plus tard, ce «road book» initiatique sort en poche en France, auréolé du Grand Prix 2021 de l'Héroïne Madame Figaro. Actuellement, son autrice Iliana ​Holguín Teodorescu, âgée de 21 ans, propose sur les scènes françaises, son accordéon sous le bras, de mettre en musique son récit et son voyage en auto-stop sur la Panaméricaine, de la Colombie jusqu’au Chili. 

Rencontre avec une jeune femme à l'âme nomade et «décalée» dit-elle, qui certainement, se cherche encore sur la route. Parce que le voyage est une chance, pour ne pas dire un privilège, il faut savoir la saisir et ça, Iliana Holguín Teodorescu l'a compris. 

En savoir plus :

- Sur le spectacle «Aller avec la Chance» de la Compagnie Cigala Vertige, avec Iliana ​Holguín Teodorescu et Fabricio Leiva Cerón 

  • Sur les voyages en auto-stop, Wikipédia a un site spécifique : Hitchwiki

  • Sur la Panaméricaine, route la plus longue du monde qui relie l'Alaska à la Terre de feu.

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La cité, située sur la côte nord-est du pays, est la ville la plus africaine du continent américain.

La baie de tous les Saints, c’est là que l’histoire du pays a commencé au XVIème siècle. Première capitale du Brésil, Salvador est aussi le premier marché d’esclaves du Nouveau Monde où, pendant 4 siècles, plus de 4 millions d’Africains ont été déportés. Ce qui vaut aujourd’hui à Salvador le surnom de «Rome noire», en référence à ses 360 églises et à son héritage africain, partout présent. Aujourd’hui, 86% de la population à Salvador se déclare noire.

Chaque année, le 2 février, dans la cité bahianaise, comme ailleurs au Brésil, on célèbre Iemanjá, la déesse des eaux, issue du panthéon yoruba et arrivée sur les côtes américaines par les galères d’esclaves. Et à cette occasion, on part à la découverte de la culture afro-brésilienne qui a façonné l’âme de Salvador dans sa musique, sa gastronomie ou ses croyances. Le Candomblé, religion syncrétique afro-brésilienne, réunit ainsi de nombreux adeptes dans la région de Bahia.

À Salvador, cette âme noire est perceptible à chaque coin de rue, mais son histoire, de l’esclavage à nos jours, est encore trop peu racontée et lisible dans la ville. Dans le centre historique du Pelourinho, les figures de la résistance noire sont rares et souvent méconnues. Aujourd’hui, des Afro-Brésiliens ravivent cette mémoire, afin de déconstruire l’empreinte laissée par la société plantationnaire et esclavagiste sur les consciences. Au Brésil, pays encore très conservateur et inégalitaire, le racisme structurel reste omniprésent.

Un reportage de Sarah Cozzolino.

En savoir plus :

  • Sur les visites guidées et tours Afro de « Like a Sotero » par la guide Sayuri Koshima

  • Sur Ilê Aiyê, premier bloco, ou groupe de musique noir du Carnaval

  • Sur les poupées noires « Amor.a » et leur kit éducatif antiraciste

  • Sur le terreiro ou lieu de culte de Candomblé La Casa de Òsùmàrè

  • Sur le racisme structurel au Brésil, un Entretien avec Djamila Ribeiro, autrice de l'ouvrage Pequeño manual antirracista. Ce « Petit manuel antiraciste » est un des ouvrages les plus vendus en 2020 au Brésil.

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Depuis plus de 20 ans, l’écrivain et documentariste français arpente les montagnes d’Orient. Il vient de publier un recueil de nouvelles tel une ode chorale et sensible à ces montagnes et tous ceux qui les peuplent.

«Si haute soit la montagne, on y trouve toujours un sentier», dit le proverbe afghan. Au gré de ses multiples voyages sur les sentes escarpées des montagnes d'Asie Centrale, des replis de l’Hindou Kouch jusqu’au Pamir en passant par le Ladakh ou les monts Zagros, entre Iran et Irak, Louis Meunier a emprunté d'innombrables sentiers, en quête d'histoires et d'une certaine vérité du monde. Ces chemins vont l’amener à suivre des nomades d’Iran en transhumance, des cavaliers afghans dans une partie fiévreuse de Bouzkachi, ce polo des hauts plateaux, ou des alpinistes, afghans toujours, partis à l’assaut du Mont Noshaq. 

«Si haute soit la montagne», c’est d'ailleurs le titre de son dernier livre, un recueil de nouvelles inspirées de ses multiples voyages, où Louis Meunier nous entraîne à la découverte d’hommes et de femmes libres et fiers, ivres d’espoirs et d’immensités, des montagnards au cœur pur, enfants des hauteurs et du grand air. Tandis qu'en contrebas, depuis des siècles, se joue le grand désordre des Empires et de l'Histoire. 

Sur les cartes, les montagnes font souvent office de frontières ou de lisières. Mais sous les mots de Louis Meunier, elles deviennent aussi traits d’union, tout en demeurant sanctuaires ou refuges à ciel ouvert. Parce que ces montagnes d’Orient sont finalement le centre de sa vie et de sa propre quête de liberté, de ses récits, mieux, du monde !

À lire :

  • «Si haute soit la montagne», de Louis Meunier. Éditions Calmann-Lévy, 2022

  • «Voyage en France buissonnière», de Louis Meunier. Éditions Kero, 2018

  • «Les Cavaliers afghans», de Louis Meunier. Éditions Kero, 2014.

À voir :

  • «Nomades d'Iran, l'instituteur des Monts Zagros», ZED & Taimani Films Productions, 2020

  • «Kabullywood»,Taimani Films Production, 2017

  • «Les Cavaliers afghans, sur les traces de Joseph Kessel en Afghanistan», Zycopolis Productions, 2016

  • «Prisonniers de l'Himalaya», Taimani Films Production, 2012

  • «7 000 mètres au-dessus de la guerre», Taimani Films et Memento Productions, 2011.

En savoir plus :

  • Sur l'épopée équestre de Louis Meunier et son livre «Les cavaliers Afghans». Si loin, si proche, 29/08/2014. 

  • Sur l'espace d'expression pour les Afghans sur le site en persan de RFI : «Écho d'Afghanistan».

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Nouvelle escale dans notre grand voyage sur les traces de la mémoire de l’esclavage. Après Nantes, Liverpool, la Louisiane ou les îles de La Guadeloupe, on prend la direction de La Rochelle, deuxième port négrier de France au XVIIIè siècle.

Encre marine et chaînes d’esclaves. Chairs noires et pierres blanches. Ces mots hantent la visite de ceux qui cherchent les traces du passé négrier de cette belle cité marine et marchande, située au cœur du Golfe de Gascogne, et qui, très tôt, s’est lancé dans cet « infâme trafic ». 

En effet, dès le XVIè siècle, La Rochelle est le premier port français à s’engager dans le commerce transatlantique d’êtres humains et de denrées dites coloniales pour devenir au XVIIè siècle le premier port négrier du Royaume de France. En tout, on dénombre 427 navires partis de la cité rochelaise, des navires qui vont déporter plus de 130 000 Africains de l’autre côté de l’Atlantique. Aujourd’hui, au coin de la rue, à La Rochelle, on retrouve le nom d’un de ces bateaux négriers, l’Armide. Et depuis 2021, la ville a choisi d’adosser des explications à ce nom de rue, comme elle l’a fait pour six autres plaques de rue portant le nom d’armateurs négriers ou de descendants d’esclavagistes rochelais. 

Ce travail de mémoire et de partage du passé négrier de La Rochelle a donc fait son chemin, sous l’impulsion d’associations comme «Mémoria» ou «Mémoires et Partages», qui a débuté à Bordeaux et ouvert récemment une antenne à La Rochelle. Elle propose aujourd’hui des visites guidées de «La Rochelle négrière». 

À l’issue du Black History Month ou Mois de l’Histoire des Noirs en France qui s'est tenu en février 2022, on part comprendre comment se raconte et se retrouve ce passé dans une ville qui a, en partie, bâti sa prospérité sur l’esclavage et le commerce triangulaire. Les traces sont là, des quais du Vieux port aux belles façades de pierre blanche, des rues de la Vieille ville au Musée du Nouveau Monde, situé dans un hôtel particulier, jadis propriété d’un planteur esclavagiste rochelais ayant fait fortune à Saint-Domingue, l’actuelle Haïti. Ouvert en 1982, ce musée est l’un des tout premiers musées français à avoir partagé ce passé à la fois tragique et fondateur. 

Un reportage de Céline Develay-Mazurelle et Laure Allary.

En savoir plus :

  • La Mairie de La Rochelle a édité un parcours sur les traces de l’esclavage dans la ville. À retrouver et télécharger ici avant votre visite 

  • Sur l’histoire de la traite rochelaise au XVIIIè siècle, une exposition virtuelle disponible ici et un dossier pédagogique élaboré par les archives départementales de Charente Maritime

  • Sur le Musée du Nouveau Monde ouvert en 1982 qui revient longuement dans ses salles sur le passé négrier de la ville

  • Sur l’antenne rochelaise de l’association Mémoires et Partages qui organise des visites guidées «La Rochelle négrière» dans la ville 

  • Sur l’action de l’association Mémoires et Partages créé par Karfa Diallo à Bordeaux, autour de visites du «Bordeaux Nègre» 

  • Sur l’association Mémoria, une association mémorielle pionnière créée par Josy Roten

  • Sur la Fondation pour la mémoire de l’esclavage.

À lire : 

  • «Mémoire noire, histoire de l'esclavage : Bordeaux, La Rochelle, Rochefort, Bayonne». Un ouvrage collectif de référence. Éditions Mollat. 2020

  • «La Rochelle, l'Aunis et la Saintonge face à l'esclavage». Ouvrage collectif sous la direction de Mickaël Augeron et Olivier Caudron. Éditions Les Indes savantes. 2012

- «La Rochelle, second port négrier français», de Jean-Michel Deveau. Cahiers des Anneaux de la Mémoire. Nantes 2007.

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Cet écrivain, éditeur et voyageur français étudie et arpente depuis deux décennies les plis et les replis de la Mongolie, une mer de terres dont il a fait sa terre mère. 

Longtemps interdite, la Mongolie a toujours fasciné les voyageurs les plus impénitents, intrépides mais aussi patients. Marc Alaux, éditeur et voyageur français passionné par le pays, est de cette trempe-là. Depuis 20 ans, il nourrit une passion savante pour ces contrées immenses, souvent perçues comme virginales et préservées du monde moderne. Or, depuis les années 90 et la chute du bloc soviétique, la jeune nation mongole connaît des bouleversements profonds, tout en maintenant des traditions pastorales millénaires.

Grande comme trois fois la France et peuplée de seulement trois millions d’habitants, la Mongolie s’étire longuement de la Russie à la Chine, telle une étoffe de prairies pures et immenses, de montagnes sacrées ou de déserts froids, traversée d’hommes aux cœurs tendres et nobles, nomades avant tout. Après avoir sillonné le pays sur plus de 7 000 kilomètres, Marc Alaux a décidé de se poser un hiver durant, au sein d’une famille d’éleveurs nomades bayad, à l’ouest du pays. Un séjour dont il fait le récit dans son dernier ouvrage «Ivre de Steppes». Initié au métier de berger, il va goûter à la fraternité sous la yourte, aux tâches pastorales et au temps partagé, parfois par moins 40 degrés. À ses côtés, la Mongolie dévoile alors ses nuances et sa grandeur non pas seulement de paysages, mais d’âme.

Une rencontre avec Marc Alaux initialement diffusé en mars 2021.

Quelques livres de l’auteur :

  • «Ivre de steppes», Marc Alaux. Éditions Transboréal 

  • «Sous les yourtes de Mongolie», Marc Alaux. Éditions Transboréal

  • «La vertu des steppes», Marc Alaux, Éditions Transboréal

  • «Proverbes et dictons de Mongolie», Marc Alaux et Charlotte Marchina. Éditions Géorama

  • «Mongolie. Entre l’ours et le dragon», Marc Alaux. Éditions Nevitaca. 

À écouter, lire et voir :

  • «Une anthologie du Köömi mongol». Routes Nomades et Buda records. Un double CD de chants diphoniques et autres pépites collectées et assemblées par l’ethnomusicologue français Johanni Curtet

  • Le groupe de métal mongol The Hu, connu dans le monde entier

  • Les films de Byambasuren Davaa «Le chien jaune de Mongolie» ou «L’histoire du chameau qui pleure»

  • L’œuvre du grand auteur mongol Galsan Tschinag, parue notamment en France aux Éditions Métailié.

- «Nomad’s land. Éleveurs, animaux et paysage chez les peuples mongols», de Charlotte Marchina, aux Éditions Zones Sensibles. Par une anthropologue spécialiste passionnée, après 23 mois d'enquête passés auprès d'éleveurs de Sibérie et de Mongolie.

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À l’occasion du «Black History Month» qui se tient en France et dans le monde en février, on vous propose de repartir en voyage au fil des pages du Green Book. Pendant 30 ans, durant la ségrégation en Amérique, ce guide de voyage a permis aux citoyens et voyageurs noirs de tailler eux aussi la route…

Prendre la voiture et filer à travers les grands espaces, c’est un des mythes fondateurs du voyage en Amérique. Sauf que pendant la ségrégation, cette liberté individuelle, arrachée à la route, n’allait pas de soi pour les Noirs, cantonnés, confinés dans leur propre pays. Voyager pour les citoyens noirs se faisait alors à leurs risques et périls, dans l’épreuve et la crainte. Et pourtant, ils ont pris la route et arraché cette liberté, avec l’aide d’un étonnant petit livre vert : le Green Book. 

À la fois guide de voyage et de survie pour les Africains-Américains au temps de la ségrégation raciale, ce guide créé en 1936 par Victor H. Green, un postier de Harlem, s’est proposé de répertorier les lieux sûrs où ils pouvaient s’arrêter en chemin, à travers tout le pays… 

Récemment, Hollywood s’est emparé de ce guide, un objet aussi fou et impensable que l’époque à laquelle il essayait de répondre. Cependant, il demeure encore peu connu aux États-Unis et encore plus en Europe. Publié pendant 30 ans, le «Negro Motorist Green Book» raconte surtout l’ingéniosité, la résilience et l’incroyable vitalité de la communauté noire, malgré l’adversité et les lois Jim Crow. Ce que l’on appelle l’expérience noire, en regard du conte de fées que l’Amérique blanche, elle, aimait à se raconter… 

Un récit radiophonique en 2 épisodes de Céline Develay-Mazurelle et Laure Allary, initialement diffusé en avril 2021.

Avec le concours de la documentariste américaine Candacy Taylor et autour des archives sonores qu'elle a récoltées, dans le cadre d'une collecte pour l'American Folklife Center de la Library of Congress.

En savoir plus :

  • Sur Candacy Taylor et son livre «Overground Railroad», paru en 2020 aux États-Unis aux Éditions Abrams, fruit d’une immense investigation sur près de 80 000 kilomètres et plus de 5 000 sites recensés par le Green Book, à travers les États-Unis. Un livre passionnant et émouvant. 

  • Candacy Taylor a par ailleurs mené un précieux travail de collecte de témoignages sur le Green Book pour l'American Folklife Center de la Library of Congress. À découvrir en ligne. 

  • Le Schomburg Center for Research in Black Culture concentre différentes éditions du Green Book, allez sur le site de la New York Public Library pour les parcourir en version digitale. 

  • Sur l'enjeu actuel de l'incarcération de masse des Africains-Américains, en écho à la question de la mobilité noire aux États-Unis, regardez le documentaire «13th» de Ava Duvernay. Il est disponible gratuitement en ligne ! 

  • Sur le dernier livre de l’historienne et américaniste française Sylvie Laurent : «Pauvre petit Blanc. Le mythe de la dépossession raciale». 2020. Éditions de la Maison des sciences de l'homme. 

Pour prolonger le voyage :

  • «Black American Dream», notre série radiophonique en 3 épisodes sur la route des droits civiques en Alabama et en Géorgie qui nous a mis sur la voie du Green Book. 

  • «Le chemin de fer clandestin au Canada», une autre série radiophonique en 3 épisodes sur les innombrables chemins de liberté dessinés et foulés par les Africains-Américains au temps de l'esclavage.

► Pour réécouter Le Green Book, épisode 1.

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À l’occasion du «Black History Month» qui se tient en France et dans le monde en février 2022, on vous propose de repartir en voyage au fil des pages du Green Book. Pendant 30 ans, durant la ségrégation en Amérique, ce guide de voyage a permis aux citoyens et voyageurs noirs de tailler eux aussi la route…

Prendre la voiture et filer à travers les grands espaces, c’est un des mythes fondateurs du voyage en Amérique. Sauf que pendant la ségrégation, cette liberté individuelle, arrachée à la route, n’allait pas de soi pour les Noirs, cantonnés, confinés dans leur propre pays. Voyager pour les citoyens noirs se faisait alors à leurs risques et périls, dans l’épreuve et la crainte. Et pourtant, ils ont pris la route et arraché cette liberté, avec l’aide d’un étonnant petit livre vert : le Green Book. 

À la fois guide de voyage et de survie pour les Africains-Américains au temps de la ségrégation raciale, ce guide créé en 1936 par Victor H. Green, un postier de Harlem, s’est proposé de répertorier les lieux sûrs où ils pouvaient s’arrêter en chemin, à travers tout le pays… 

Récemment, Hollywood s’est emparé de ce guide, un objet aussi fou et impensable que l’époque à laquelle il essayait de répondre. Cependant, il demeure encore peu connu aux États-Unis et encore plus en Europe. Publié pendant 30 ans, le «Negro Motorist Green Book» raconte surtout l’ingéniosité, la résilience et l’incroyable vitalité de la communauté noire, malgré l’adversité et les lois Jim Crow. Ce que l’on appelle l’expérience noire, en regard du conte de fées que l’Amérique blanche, elle, aimait à se raconter… 

Un récit radiophonique en 2 épisodes de Céline Develay-Mazurelle et Laure Allary, initialement diffusé en avril 2021.

Avec le concours de la documentariste américaine Candacy Taylor et autour des archives sonores qu'elle a récoltées, dans le cadre d'une collecte pour l'American Folklife Center de la Library of Congress.

En savoir plus :

  • Sur Candacy Taylor et son livre «Overground Railroad», paru en 2020 aux États-Unis aux Éditions Abrams, fruit d’une immense investigation sur près de 80 000 kilomètres et plus de 5 000 sites recensés par le Green Book, à travers les États-Unis. Un livre passionnant et émouvant. 

  • Candacy Taylor a par ailleurs mené un précieux travail de collecte de témoignages sur le Green Book pour l'American Folklife Center de la Library of Congress. À découvrir en ligne. 

  • Le Schomburg Center for Research in Black Culture concentre différentes éditions du Green Book, allez sur le site de la New York Public Library pour les parcourir en version digitale. 

  • Sur l'enjeu actuel de l'incarcération de masse des Africains-Américains, en écho à la question de la mobilité noire aux États-Unis, regardez le documentaire «13th» de Ava Duvernay. Il est disponible gratuitement en ligne ! 

  • Sur le dernier livre de l’historienne et américaniste française Sylvie Laurent : «Pauvre petit Blanc. Le mythe de la dépossession raciale». 2020. Éditions de la Maison des sciences de l'homme. 

Pour prolonger le voyage :

  • «Black American Dream», notre série radiophonique en 3 épisodes sur la route des droits civiques en Alabama et en Géorgie qui nous a mis sur la voie du Green Book. 

  • «Le chemin de fer clandestin au Canada», une autre série radiophonique en 3 épisodes sur les innombrables chemins de liberté dessinés et foulés par les Africains-Américains au temps de l'esclavage.

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Nouvel épisode de « Compagnons de route », notre série de portraits d’écrivain.e.s voyageurs et voyageuses. À la découverte d’une femme pressée, mais oubliée : Titaÿna, icône des années folles et seule femme grand reporter de son époque. 

Née en 1897 dans les Pyrénées-Orientales, Élisabeth Sauvy a choisi pour nom de plume Titaÿna, « par indépendance et individualisme », espérant que ce nom d’origine catalane qui évoque « l’héroïne d’un mystère inconnu (...) soit un gage de réussite ». Et à sa manière il l’a été, puisque la journaliste et écrivaine française, férue d’aventures et de sensations fortes, s’est hissée un temps, au rang de grand reporter, aux côtés de Joseph Kessel ou Albert Londres. Jusqu’à ce qu’elle perde pied, se confonde dans la collaboration et tombe en disgrâce puis dans l’oubli. 

Retour aux années 1920, le public est avide de récits au long cours et d’horizons lointains. Le monde s’est élargi au sortir de la Grande Guerre et dans la presse, toute puissante, un genre nouveau : le reportage littéraire, triomphe. C’est durant cette parenthèse effervescente et particulièrement créative des années folles que Titaÿna va enchaîner les voyages, les publications dans la presse et les livres comme Loin, La caravane des morts, Une femme chez les chasseurs de têtes ou Les ratés de l’aventure.

Pionnière de l’aviation, voyageuse risque-tout et féministe d’avant-garde, Titÿana multiplie les heures de vol, les accidents et les tours du monde. Sans cesse en quête de scoop et de reconnaissance, elle est avide à la fois de rencontres sincères avec des peuples méconnus d’Indonésie ou d’Océanie, mais aussi d’interviews exclusives des puissants de son époque (Mussolini, Atatürk, Liautey ou encore Hitler), des interviews qu’elle obtient sans souci de l’étiquette et parfois de la contradiction strictement journalistique. Un temps, elle va aussi s’essayer au cinéma documentaire, consciente déjà qu’elle tient là un nouveau langage pour raconter le monde et les autres. 

Un jour au Maroc, le lendemain sur un cargo pour l’Amérique, Titaÿna est un personnage fascinant, trouble et insaisissable. Mais au-delà de son destin brisé - elle finira en exil aux États-Unis, oubliée de tous, et décèdera seule en 1966 -, ses écrits restent et frappent encore aujourd'hui par leur modernité. Pionnière du journalisme d’immersion et d’impressions, à hauteur d’homme ou plutôt de femme, elle va critiquer de sa plume acérée et poétique, les ravages de la colonisation et les mirages de l’exotisme, encore si puissants en son temps. Une lucidité, un humanisme qu’elle ne mettra, hélas, pas à profit, pendant la Seconde Guerre mondiale. 

Aujourd’hui, en France, ses écrits sont redécouverts. Ses livres sont notamment réédités aux Éditions Marchialy. Et la biographie qu’a consacrée le journaliste et écrivain Benoît Heimermann à Titaÿna est ressortie en 2020. Ce livre hyperdocumenté, sensible et passionnant, se lit comme un roman d’aventures et demeure à ce jour une référence pour qui voudrait suivre cette femme de lettres dans un milieu d’hommes, que l’on a surnommé en son temps « la femme aux semelles de vent ». 

Avec Benoît Heimermann, auteur de Titaÿna. L’aventurière des années folles disponible aux Éditions Points Aventure / Seuil.

Quelques ouvrages de Titaÿna : Une femme chez les chasseurs de tête, Titaÿna. 1934. Réédition 2016 aux Éditions Marchialy.  Les ratés de l’aventure, Titaÿna. 1938. Réédition 2020 aux Éditions Marchialy. La bête cabrée, Titaÿna. Aux Éditeurs associés - Les Éditions du Monde moderne, 1925. Loin, Titaÿna. Éditions Flammarion. 1929.   

Quelques ouvrages de Benoît Heimermann :   Titaÿna. L’aventurière des années folles, une biographie de Benoît Heimermann. 1994. Réédition 2020 aux Éditions Point Aventures / Seuil. La Ligne Latécoère-Aéropostale, Benoît Heimermann. 2011. Villalobos-Latécoère Éditions. Femmes des pôles, Benoît Heimermann. Éditions Paulsen. 2016. Albert Londres. La plume et la plaie, Benoît Heimermann. Éditions Paulsen. 2020.

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Au cœur des Balkans, dans les méandres du Danube, ce grand fleuve d’Europe qui traverse dix pays, se trouve un îlot de sable et d'utopies de 7 km2 baptisé «Liberland». 

Liberland, c’est un nom digne des «Voyages de Gulliver», au même titre que Liliput ou Laputa, sauf que cette terre-là n’est pas tout à fait imaginaire pour ceux qui l’ont créée de toutes pièces. Proclamée en 2015 par un jeune Tchèque épris de liberté économique et individuelle, cette micro-nation située entre la Serbie et la Croatie affiche un slogan attrayant: «Vivre et laisser vivre». 

Derrière ce slogan, se trouve un projet politique de nation off-shore issue de la pensée libertarienne, une pensée qui puise ses racines chez les pères fondateurs de l’Amérique, où la liberté et la propriété sont érigées en valeurs cardinales, l’État réduit à son strict minimum délaissant au passage tous services publics et toute logique de solidarité. 

À peine proclamé, le Liberland a instantanément suscité la curiosité des journalistes, l'élan de candidats à l'immigration et apatrides de tous bords, mais aussi la réaction des autorités croates qui empêchent désormais l'accès à ce petit bout de «terra nullius». Désormais virtuelle, cette tentative de nation libertarienne, dans une région malade de ses nationalismes, raconte beaucoup de notre époque, où la défiance citoyenne envers les institutions n’a jamais été aussi puissante, audible.

Liberland, c’est donc là que sont partis le romancier Timothée Demeillers et le journaliste indépendant Grégoire Osoha, pour aller voir de plus près la réalité de cette nation et l’élan qu’elle incarne réellement, entre complotisme, désir absolu de liberté, anarchisme de droite et cryptomonnaie. De ce périple, ils en ont tiré un livre «Voyage au Liberland», paru aux Éditions Marchialy. Dans cette enquête haletante, pas tout à fait récit de voyage, on croise d’intrigants liberlandais, certains mus par une sincère mais vague utopie, d’autres par un agenda politique très concret. Le tout sous le regard médusé plus qu’amusé des locaux, Serbes ou Croates qui tentent déjà de panser les plaies des guerres qu’ils ont vécues. 

Avec Timothée Demeillers et Grégoire Osoha.

En savoir plus:

  • Sur le récit «Voyage au Liberland» paru aux Éditions Marchialy

  • Sur les micro-nations: Bruno Foligny a rédigé un atlas de ces royaumes d'aventures que sont les micro-nations. Paru aux Éditions Gallimard

​- Sur la pensée libertarienne: Sébastien Caré a analysé la genèse et les fondements de cette utopie libérale. Un livre paru chez PUF

  • Sur Ayn Rand, écrivaine des années 30 d'origine russe et grande figure du mouvement libertarien aux États-Unis. Un article d'Usbek et Rica sur l'influence que son oeuvre exerce encore aujourd'hui dans la Silicon Valley

  • Sur les projets d'îles artificielles menées par Peter Thiel, le fondateur de Paypal, un libertarien convaincu. Avec le «Sea Standing Institute», il envisage un projet d'îlots off-shore en Polynésie française. Un article de Libération

  • Sur la tentation sécessionniste actuelle, un article d'Usbek et Rica.

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On suit le sillage d’un grand navigateur et astronome oublié de nos mémoires et des récits d’expéditions polaires: Pythéas. Parti de Marseille jusqu’au Grand Nord, quatre siècles avant notre ère, l’explorateur grec fit pourtant d’incroyables découvertes. 

À l'occasion du Festival de la radio et de l'écoute «Longueur d'ondes» qui se tient à Brest, du 26 au 30 janvier 2022, on va donc suivre un marin grec et non breton, en la personne de Pythéas le Massaliote. Et on va le faire en compagnie de l’écrivain François Garde, invité du festival et auteur de « À perte de vue la mer gelée », une biographie imaginaire de Pythéas.  

Parti de Marseille plus de 300 ans avant J.-C. pour une expédition vers l’Atlantique Nord, Pythéas découvrit une île jusque-là inconnue: Thulé, devenue par la suite nimbée de mystère et de poésie. Cap au Nord, ce septentrion mystérieux qu'aucun homme n'avait jusque-là atteint, il fut aussi le premier à rapporter que la mer pouvait geler, à situer précisément la Grande-Bretagne et à expliquer le phénomène des marées. À son retour, il rassembla ses travaux et observations dans un traité, « De l’Océan », qui fut largement commenté et copié pendant l’Antiquité, mais dont aucune page n’a survécu à l’épreuve du temps. 

Dans son récit paru aux Éditions Paulsen, le haut-fonctionnaire, ancien administrateur supérieur des Terres Australes et Antarctiques Françaises et écrivain féru des mondes polaires, François Garde, s’attache à réhabiliter cette figure mal connue et longtemps traitée d’affabulateur. Et ce faisant, par la grâce du roman et de sa puissance d'évocation, il livre une formidable ode au voyage, au-delà de ce que l’on sait et connaît.

Une émission enregistrée à Brest, lors du Festival de la radio et de l’écoute de Brest: Longueur d’ondes.

Quelques ouvrages de François Garde:

  • «À perte de vue la mer gelée». François Garde. Éditions Paulsen. 2021. Prix Victor du livre polaire et Prix Marine Bravo Zulu 2021. 

  • «Marcher à Kerguelen». François Garde. Éditions Gallimard. 2018. 

  • «Paul-Émile Victor et la France de l’Antarctique». François Garde. Éditions Louis Audibert 2006.

  • «Ce qu’il advint du sauvage blanc». François Garde. Éditions Gallimard. 2012. Prix Goncourt du premier roman 2012.

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Au sud de la RDC, Lubumbashi est surtout connue pour être la capitale du cuivre et le coffre-fort du Congo. Pourtant, à l’ombre des terrils et des églises, une solide tradition chorale s’est ancrée dans la ville, portée par des musiciens classiques et des chanteurs passionnés.

Chaque dimanche, dans le quartier de Makomeno, avec ses flamboyants et sa vue imprenable sur le terril et l’emblématique cheminée d’usine de la ville, on croise un fascinant ballet de choristes qui, une fois la messe terminée, se dispersent dans le grand parc situé juste derrière l’église Saint Eloi, afin de répéter d’autres chants, religieux ou profanes. 

Pour eux comme pour les chanteurs des dizaines de chorales que compte la ville, la musique est une passion de tous les instants, le sel de leur existence, même si elle ne remplit pas la marmite. Qu’ils soient banquiers, ouvriers, tailleurs ou avocats, ces choristes ont pris souvent très tôt le goût de la musique classique occidentale, cultivant un art bien particulier d’harmoniser les chants, qu’ils soient religieux ou populaires. 

Cette tradition chorale s’est développée à l’ombre des terrils mais surtout des églises, au temps de la colonisation belge, quand la ville, fondée en 1910, s’appelait alors Elisabethville. Elle a fait émerger des figures, comme Joseph Kiwele, grand compositeur katangais né en 1912 et décédé en 1961, qui a également adapté des chants traditionnels pour des chœurs classiques. Aujourd’hui, ses dignes successeurs continuent à défendre et porter haut ce patrimoine méconnu, mais précieux dans une ville dénuée de tout conservatoire ou école de musique. 

En ces temps de crise économique, alors que la prospérité lushoise d’antan n’est plus qu’un fantôme, les chorales sont des sanctuaires où se mélangent les classes sociales, les genres et les âges, qui cultivent le bonheur d’être ensemble et transcendent un quotidien fait de difficultés. 

Un reportage de Vladimir Cagnolari.

En savoir plus:

  • Sur les chorales au Congo

  • Sur la chorale des petits chanteurs à la croix de cuivre

  • Sur la chorale Les Troubadours de Lubumbashi

  • Sur le compositeur katangais (et plus tard politicien) Joseph Kiwele

  • Sur la Missa Luba et la Missa Katanga

  • Sur Serge Kakudji, chanteur lyrique qui a débuté dans les Troubadours de Lubumbashi et fait aujourd’hui carrière en Europe

  • Sur le paysage musical de Lubumbashi, un panorama dressé en 2005 par Vladimir Cagnolari.

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Apôtre du voyage à pas lent, ancien journaliste français et écrivain voyageur sur le tard, Bernard Ollivier a créé en 2000 l'association Seuil, une association de réinsertion de jeunes en difficulté par la marche et le voyage.

Marcheur impénitent, il est également l’auteur de «La vie commence à 60 ans», «Marche et invente ta vie» ou «La longue marche», un triptyque fameux sur la route de la soie qu’il a parcourue à pied sur plus de 12 000 kilomètres et qui lui a valu le Prix Joseph Kessel en 2001.

Cela fait longtemps que l’on croise son chemin et ses ouvrages, mais nous ne l’avions encore jamais rencontré. Or, si le confinement en 2020 a pu avoir un mérite, c’est peut-être celui de nous avoir permis de faire plus ample connaissance avec nos voisins. C’est ce qu’a fait pour nous Raphaëlle Constant qui s’était à l'époque confinée à deux pas de chez Bernard Ollivier. Une fois le confinement levé, elle est donc allée à la rencontre de son voisin, l’écrivain voyageur... Qui, depuis son vaste jardin, nous livre son chemin de vie, son regard sur le sens de la marche, la crise actuelle et le rôle des seniors dans la société occidentale.

Un reportage de Raphaëlle Constant, avec Xavier Gibert de RFI Labo, initialement diffusé en juin 2020.

En savoir plus :

  • Sur l’association Seuil créée par Bernard Ollivier, qui permet à travers la marche, à des jeunes à la dérive de refranchir le seuil d’une société qui les rejette

  • Sur l’association Air(e), son dernier projet écologique visant à créer des lieux de vie et de fraternité sous la forme de petits villages autonomes. 

Sélection bibliographique : Longue marche, suite et fin. Éditions Phébus. 2016 Marche et invente ta vie. Éditions Arthaud. 2015 Aventures en Loire, 1000 Km à pied et en canoë. Éditions Phébus. 2009 La vie commence à soixante ans. Éditions Phébus. 2008 La longue marche : À pied de la Méditerranée jusqu’en Chine par la route de la soie (Tome 3) : Vent des steppes. Éditions Phébus. 2003 La longue marche : À pied de la Méditerranée jusqu’en Chine par la route de la soie (Tome 2) : Vers Samarcande. Éditions Phébus. 2001 La longue marche : À pied de la Méditerranée jusqu’en Chine par la route de la soie (Tome 1) : Traverser l’Anatolie. Éditions Phébus. 2000.

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Près de deux ans après le début de la pandémie mondiale qui rétrécit, entame, un peu plus chaque jour, nos élans d’horizons et de voyage, alors que le « monde d’après » se fait attendre et que l’industrie du tourisme continue d’être frappée de plein fouet par les restrictions sanitaires, on ouvre cette année 2022 par un état des lieux du voyage.

En plus d’un siècle, le voyage a connu de profondes mutations, des accélérations inédites jusqu’à ces temps actuels encore figés, sur fond de crise climatique, économique et sanitaire. En 1950, on dénombrait 25 millions de voyageurs internationaux. En 2019, ils étaient 60 fois plus nombreux soit 1,5 milliard, sachant que 95% des touristes se concentrent sur seulement 5% de la planète. Cette industrie de masse vient alors menacer des sites naturels et touristiques, sans forcément toujours profiter aux populations locales. La pandémie actuelle nous donne alors une occasion inédite de repenser le voyage et de l’interroger dans ses fondements, ses excès comme ses vertus.

Et c’est ce que nous allons faire en compagnie de Jean-Didier Urbain, anthropologue français spécialiste du voyage et des phénomènes touristiques. Pourquoi voyage-t-on ? Comment est né le tourisme, du Grand Tour avec ses aristocrates anglais du 18e et 19e siècle sillonnant l’Europe pour s’éduquer, à la démocratisation des vacances, via notamment l’instauration des congés payés en 1936 en France? Pourquoi tant de mépris vis-à-vis du touriste supposé grégaire, en regard de la figure anoblie du voyageur ? Comment a évolué le voyage, pour le meilleur et pour le pire ? Quelles sont les nouvelles formes émergentes de voyage ? Quel sens lui donner aujourd’hui ? Autant de questions et de réponses pour renouveler le regard et inventer, qui sait, un autre voyage…

Un entretien au long cours avec Jean-Didier Urbain

Bibliographie :

-« L’idiot du voyage » de Jean-Didier Urbain. 1991. Editions Payot

-« Une histoire érotique du voyage » de Jean-Didier Urbain. 2017. Editions Payot

-« L’envie du monde » de Jean-Didier Urbain. 2001. Edition Bréal

-« Le Voyage était presque parfait : essai sur les voyages ratés » de Jean-Didier Urbain. 2008. Editions Payot

-« Sur la plage, mœurs et coutumes balnéaires aux XIXe et XXe siècles » de Jean Didier Urbain. 2002. Editions Payot

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Terre de légendes, mystique voire sacrée, déchirée par son histoire récente et désormais orpheline de son Dalaï-Lama, le Tibet a toujours suscité la fascination chez les Occidentaux.

Les lieux, isolés, situés à plus de 4 000 mètres d'altitude en moyenne, peuplés de nomades et de dévots bouddhistes, ont longtemps été interdits aux Européens, aux étrangers.

Pourtant, qu'ils soient missionnaires, écrivains, officiers, scientifiques, hommes ou femmes, certains ont bravé la géographie complexe des hauts plateaux tibétains, explorant incognito le pays des neiges, afin d’en percer les secrets jusque-là très bien gardés.

À l’occasion du Festival du Grand Bivouac qui s'est tenu du 17 au 20 octobre 2019, à Albertville dans les Alpes françaises, rencontre avec Louis-Marie Blanchard, auteur avec sa fille Elise de «L’exploration du Tibet, missionnaires, espions et aventuriers au pays des Neiges», paru aux Éditions Paulsen.

Voyage au fil de récits d'explorations épiques, en compagnie d'un missionnaire aventureux aux allures de Don Quichotte, d'un espion japonais déguisé en pèlerin mongol, d'un Suédois cartographe endurant, jadis consacré plus grand explorateur au monde et d'une dame Lama nommée Alexandra...

Une rencontre initialement diffusée en octobre 2019

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Voyage en terre de contes, au Danemark, sur les traces du plus célèbre des Danois: Hans Christian Andersen. Un écrivain mondialement célèbre pour ses contes mais dont le destin, hors norme, demeure peu connu. 

Rarement, un auteur aura autant puisé dans sa singulière existence matière à imaginer et écrire des histoires fantastiques, à la beauté tragique et étrange, mettant en scène de fragiles princesses au petit pois, un roi tout nu, une sirène opiniâtre ou des fleurs qui vont au bal pendant que les enfants sont au lit. 

Né en 1805 à Odense sur l’île de Fionie, dans une famille aimante mais très pauvre, l’auteur de la Reine des Neiges, la Petite Fille aux Allumettes ou le Vilain Petit Canard a très tôt trouvé refuge dans l’imaginaire et la fantaisie, nourrissant le rêve de jouer, plus grand, sur une scène de théâtre. Parti seul à Copenhague dès l’âge de 14 ans, Andersen a dû lutter contre le froid, la faim et bon nombre de préjugés pour devenir l’immense écrivain reconnu dans le monde entier, qu’il a été de son vivant et qu’il est encore aujourd’hui. 

Près de 150 ans après sa mort, dans les rues de Copenhague, la figure d’Andersen est partout présente: dans le nom des rues, les vitrines de souvenirs mais aussi dans le statuaire de la ville, où il apparaît souvent tel un magicien du XIXe siècle, avec sa longue cape de voyage et son chapeau haut de forme. À Odense, sa ville natale, un tout nouveau musée Andersen immersif et ambitieux, a ouvert ses portes en juin 2021. Imaginé par le studio d’architecture du japonais Kengo Kuma, les lieux invitent le visiteur à plonger dans un univers enchanté et inquiétant, truffé de fleurs métalliques, de silhouettes découpées au ciseau qui s’animent et d’objets qui parlent. Ici, on est très loin de l’univers Disney qui a adapté certains des récits les plus célèbres d’Andersen. La visite est poétique, teintée de la douce ironie dont Andersen avait le génie dans ses écrits, et ramène à des territoires de l’enfance insoupçonnés sinon oubliés. 

Maître incontestable du papier découpé, Andersen a laissé derrière lui plus de cent soixante contes ainsi que six romans, une trentaine de pièces de théâtre, une impressionnante correspondance, trois recueils de poésie, quatre mille cinq cents pages de journaux intimes et sept récits de voyages. « Voyager, c’est vivre » disait-il. Et Andersen passera en effet sa vie, en nomade solitaire et farfelu, sans enfants ni famille, sur les routes du vaste monde, à la table des rois, des reines et des plus grands artistes de son temps. 

Auteur de trois autobiographies, il a tenu à faire de sa vie un conte. Et c’est ce conte là que l’on vous raconte ici, entre Odense et Copenhague, entre hier et aujourd'hui, entre fiction et réalité, entre magie du conte et mélancolie de la vie.

Un voyage en son 3D de Céline Develay-Mazurelle et Laure Allary, réalisé en collaboration avec le Labo RFI et Xavier Gibert. À écouter impérativement au casque !

Pour préparer votre voyage sur les pas d'Andersen :  Le site de Visitdenmark regorge d’informations en français sur Andersen et les différents sites reliés au grand homme. A travers tout le Danemark, et particulièrement dans la jolie ville de Odense mais aussi l’élégante capitale Copenhague  Le musée ou HC Andersens Hus situé dans la ville d’Odense est un lieu incontournable qui mérite le voyage (1h30 en train seulement depuis Copenhague). Ouvert en juin 2021, sa scénographie est hypermoderne et son architecture impressionnante. Ce musée est adossé à la maison de naissance d’Andersen. Non loin, on peut également visiter la petite maison où Andersen a grandi.  Pour voyager en contes et en lettres : Oeuvres. Tome I & II. Hans Christian Andersen. Collection La Pléiade. Editions Gallimard. 1992,1995. L’ensemble de ses contes ici réunis et quelques récits de voyage ainsi qu'une autobiographie dans une belle traduction de Régis Boyer. Contes d’Andersen illustrés par Edmund Dulac. Editions BNF. 2016. Il ne faut pas passer à côté des sublimes aquarelles de Dulac qui a su saisir avec son pinceau l’étrange beauté des contes d’Andersen.  Le conte de ma vie. Hans Christian Andersen. Editions Les Belles Lettres. 2019. Parce que le plus extraordinaire récit d’Andersen est sans doute celui qu’il a fait de sa vie Les papiers découpés d’Andersen. Editions Ion. 2018. Pour découvrir les étranges silhouettes et compositions découpées dont Andersen avait le génie.  Andersen, les ombres d’un conteur. Nathalie Ferlut. Editions Casterman. 2016. Une BD qui raconte avec brio qui se cache derrière les contes mondialement connus du grand écrivain danois.

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À l’occasion des 150 ans de la Commune de Paris, dernière révolution en date de l’histoire de France, on part sur les traces de ces évènements qui ont marqué les esprits, la capitale et son peuple parisien. Car du 18 mars au 28 mai 1871, pendant 72 jours, s’est jouée une tentative inédite de République démocratique et sociale, réprimée finalement dans un bain de sang, de siège en barricades, du centre de Paris à ses faubourgs, entre Versaillais et Communards.   

150 ans plus tard, la mémoire de cette insurrection populaire et ouvrière divise encore et ravive les clivages politiques. Largement absente du récit républicain, des grandes commémorations nationales ou des manuels scolaires, il faut donc aller chercher cette histoire, à même le pavé parisien, afin d’en saisir les enjeux, les idéaux dont elle était porteuse et la répression dont elle a fait l’objet.

C’est ce qu’a fait Sarah Lefèvre, de la Butte aux Cailles à la Butte Montmartre, des Tuileries au Père Lachaise, à la rencontre de celles et ceux qui entretiennent la mémoire de la Commune de Paris et cherchent à la conjuguer au temps présent.

«La Commune de Paris n’est pas morte» : une série en deux épisodes de Sarah Lefèvre, initialement diffusés en mai 2021.

Pour aller plus loin :

- À lire :

  • « La Commune de 1871 expliquée en images », de Laure Godineau, Éditions Seuil (2021)

  • « La Semaine sanglante », de Michèle Audin, Éditions Libertalia (2021)

  • « Paris 1871, l’histoire en marche, 21 circuits pédestres sur les traces de la Commune », de Josef Ulla, aux Éditions libertaires (2020)  

  • « La Commune, Histoire et souvenirs », de Louise Michel, Éditions La Découverte-Poche (2015)

  • « Souvenirs d’une morte vivante, une femme dans la Commune de 1871 », de Victorine Brocher, Éditions Libertalia (2017)

  • « L'Insurgé », de Jules Vallès, éditions Livre de Poche (1972).

  • À voir :

  • Le film référence « La Commune (Paris, 1871) », de Peter Watkins, 2000. À visionner sur le site de la plateforme documentaire Tënk

  • Le film « Les Damnés de la commune », documentaire de Raphaël Meyssan, 2019.

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À l’occasion des 150 ans de la Commune de Paris, dernière révolution en date de l’histoire de France, on part sur les traces de ces évènements qui ont marqué les esprits, la capitale et son peuple parisien. Car du 18 mars au 28 mai 1871, pendant 72 jours, s’est jouée une tentative inédite de République démocratique et sociale, réprimée finalement dans un bain de sang, de siège en barricades, du centre de Paris à ses faubourgs, entre Versaillais et Communards.

150 ans plus tard, la mémoire de cette insurrection populaire et ouvrière divise encore et ravive les clivages politiques. Largement absente du récit républicain, des grandes commémorations nationales ou des manuels scolaires, il faut donc aller chercher cette histoire, à même le pavé parisien, afin d’en saisir les enjeux, les idéaux dont elle était porteuse et la répression dont elle a fait l’objet.

C’est ce qu’a fait Sarah Lefèvre, de la Butte aux Cailles à la Butte Montmartre, des Tuileries au Père Lachaise, à la rencontre de celles et ceux qui entretiennent la mémoire de la Commune de Paris et cherchent à la conjuguer au temps présent.

« La Commune de Paris n’est pas morte » : une série en deux épisodes de Sarah Lefèvre, initialement diffusée en mai 2021.

Pour aller plus loin :

► À lire et à écouter :

- Le blog de Michèle Audin, écrivaine française passionnée par la Commune de Paris

- Le journal illustré de la Commune du collectif Raspouteam et les émissions thématiques diffusées sur Fréquence Paris Plurielle

  • «Paris 1871, l’histoire en marche, 21 circuits pédestres sur les traces de la Commune» de Josef Ulla, aux Éditions libertaires (2020)

  • «La Commune au présent, Une correspondance par-delà le temps» de Ludivine Bantigny, aux éditions La Découverte (2021)

  • «La Commune n'est pas morte, Les usages politiques du passé de 1871 à nos jours» d'Éric Fournier, aux éditions Libertalia (2013)

  • «Le Cri du Peuple», une bande dessinée de Tardi et Vautrin, aux éditions Casterman (réédité en 2021).

►À voir :

  • Le film référence «La Commune (Paris, 1871)» de Peter Watkins, 2000. À visionner sur le site de la plateforme documentaire Tënk

  • Le film « Les Damnés de la commune», documentaire de Raphaël Meyssan, 2019.

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Nouvel épisode de notre série de voyages à travers le passé et le présent noir des grandes villes du monde. Direction Madrid, capitale d’un pays situé à seulement 14 km des côtes africaines mais qui ignore encore largement son africanité. 

Dire que l’Espagne est proche de l’Afrique relève de l’évidence. Géographique d’abord, l'Espagne étant le seul pays d’Europe à conserver des territoires (Ceuta et Melilla) sur le sol africain. Historique aussi. La période musulmane de la péninsule ibérique (711-1492) où de nombreux Nord-Africains ont foulé le sol d’Al Andalus, est une page importante de la longue histoire du métissage dans la péninsule, faite d’héritages croisés entre monde arabe, grec, latin, juif mais aussi africain. À tel point que l'on disait que l’Afrique commençait au pied des Pyrénées. 

Aujourd’hui à Madrid, capitale conservatrice et castillane peuplée de plus de 3 millions d’habitants, comme ailleurs dans le pays, cet héritage est largement méconnu voire ignoré. Il en va de même pour l’histoire esclavagiste et coloniale, les Espagnols n’ayant pas fait grande publicité, à l’inverse des Portugais, de leur entreprise coloniale en Afrique, notamment en Guinée Équatoriale. 

«Afro-espagnols» nés en Espagne, Africains du continent arrivés plus récemment ou «Afro-latinos» venus d’Amérique du Sud, les personnes noires du pays seraient au nombre de 1 à 2 millions. Et parmi elles, 700 000 seraient de nationalité espagnole. Très peu de données officielles existent à ce sujet et la communauté africaine et afro-descendante d’Espagne, consciente de son invisibilité, cherche aujourd’hui à se compter et à se rassembler.  

À Madrid, c’est à Lavapiés que l’on peut retrouver le visage multiculturel de la ville. S'y côtoient des Espagnols, des immigrés sénégalais et bangladais, des touristes internationaux... Des militants anti-racistes s’y rassemblent et font cause commune, notamment pour défendre les sans-papiers africains de la ville. Dans les grandes institutions culturelles de Madrid, en revanche, les visages et l’histoire noire demeurent invisibles, comme maintenus dans un angle mort du récit national espagnol. Il faut alors aller les chercher. C’est ce qu’a fait notre reporter partie à la découverte d’Afro-madrilènes qui font bouger la ville et les lignes d’un pays qui a du mal à regarder son africanité en face.  

Un reportage d’Inès Edel-Garcia.

Ce reportage s’inscrit dans le cadre de notre série de voyages à la rencontre des diasporas africaines que ce soit à Bruxelles, Lisbonne ou encore Berlin, etc.

Intervenants : Antumi Toasijé, Justo Bolekia Boleká, Elena García, Becha Sita Kumbu, Serigne Mbayé, Vanessa Cadena, Yeison García López, Rubén H. Bermúdez, Ana Cebrián Martínez.

À découvrir : 

  • Le Museo de America propose jusqu'en février 2022 une exposition temporaire sur l'esclavage et l'héritage culturel de l'Afrique dans les Caraïbes. 

  • Certains lieux incontournables de Madrid sont intimement liés à l'histoire esclavagiste et coloniale de l'Espagne. Par exemple, des ventes aux enchères de personnes réduites à l'esclavage ont eu lieu sur la Plaza Mayor et des «zoos humains» ont été organisés au parc du Retiro. Quant au luxueux quartier de Salamanca, il est étroitement lié au Marquis de Vinent, un esclavagiste qui s'est enrichi de la traite transatlantique.

  • Au Musée du Prado, découvrez l'oeuvre de Juan de Pareja, en particulier La Vocación de San Mateo sur laquelle cet ancien esclave noir et membre de l'atelier de Velázquez s'est auto-représenté.

  • À deux pas de la gare d'Atocha, la basílica-parroquia Nuestra Señora de Atocha abrite une vierge noire très similaire à la Moreneta que l'on trouve aussi en Catalogne. Jusqu'au XVIIe siècle, au sein de l’Église catholique, les personnes noires étaient représentées comme des figures proches du pouvoir.

- Lavapiés est le quartier multiculturel de Madrid. Calle Esgrima, vous rencontrerez Becha Sita Kumbu qui a fait de son atelier de couture BeshaWear une boutique solidaire et anti-raciste. Plus bas sur la calle Mesón de Paredes, le Sindicato de Manteros a récemment ouvert une boutique nommée «Pantera» pour soutenir financièrement les vendeurs de rue sans papiers. En descendant sur la calle Embajadores, en face du Mercado de San Fernando, vous découvrirez la fresque «En mémoire à Mame Mbaye et à nos frères et soeurs victimes migrantes... qui luttent pour obtenir leurs papiers» - ce vendeur de rue est décédé en 2018 après une course poursuite avec la police.

  • À Madrid, la diaspora équato-guinéenne se concentre plutôt en banlieue Sud, dans les communes de Léganès, Móstoles, Alcorcón, Fuenlabrada, Getafe, Parla ou encore Torrejón de Ardoz où est né le hip-hop espagnol. Chaque 15 août, la communauté Bubi y célèbre la Madre Bisila, la patronne de l'île guinéenne de Bioko.

  • Les anciens abattoirs de Matadero Madrid ont longtemps accueilli le festival Conciencia Afro et la rédaction de la revue en ligne Negrxs. Le collectif vient d'ailleurs de lancer une campagne de crowdfunding pour créer un «Espacio Afro» en toute indépendance.

À lire :

  • Rogelio López Cuenca, Los Bárbaros, lugares de memoria del colonialismo español en Madrid, 2016

  • Juan Valbuena, Ojos que no ven, corazón que no siente, 2018

  • Observatorio Español del Racismo y la Xenofobia, Seminario sobre el legado de las personas africanas y afrodescendientes a España, 2020

  • Lucía Asué Mbomio Rubio, Las que se atrevieron, Sial/Casa de África, 2017

  • Rubén H. Bermúdez, Y tú, ¿Por qué eres negro ?, Encuadernación Rústica, 2018

  • Moha Gerehou, Qué hace un negro como tú en un sitio como este, Península, 2021.

À voir :

  • Miguel Ángel Rosales, Gurumbé, canciones de tu memoria negra, 2016, 75'

  • Telemadrid, Eso no se pregunta : Negros, 2018, 40'

  • Javier Fernández Vázquez, Anunciaron Tormenta, 2020, 88'

  • Rubén H. Bermúdez, A todos nos gusta el plátano, 2021, 61’.

Diaporama

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Joséphine Baker entre au Panthéon, le 30 novembre 2021. La grande icône du XXe siècle est la première femme noire admise dans le temple de la République.

Immense artiste à la fois chanteuse, danseuse et comédienne, mais aussi inlassable militante antiraciste et résistante contre l’Allemagne nazie, Joséphine Baker a mené mille vies qui, ensemble, tiennent plus du roman d’aventures ​ou d’espionnage que du conte de fées.  

Rares sont les artistes à avoir autant marqué les esprits et les mémoires que cette Joséphine-là : une femme de légende, née en 1906, surnommée en son temps encore colonial, la «vénus noire» ou «déesse créole» et dont l’existence entière exprime surtout un profond et farouche désir d’émancipation. De Cuba à Dakar en passant par la marche des droits civiques de Washington, l’Américaine débarquée à Paris en 1925, a toujours affiché une grande indépendance.

Il y a quelques années, Sarah Lefèvre nous avait emmenés pour une série radiophonique à travers les mondes et les vies de Joséphine. Aujourd’hui, alors qu’elle entre au Panthéon, on vous propose une nouvelle version de ce voyage. Un voyage entre son Missouri natal, les scènes de Broadway, ce Paris des Années folles qui l’a consacrée, Casablanca en temps de guerre ou son château des Milandes situé dans le Périgord, refuge de ses rêves de fraternité les plus fous. 

Un portrait radiophonique de Sarah Lefèvre. 

À lire : 

  • « Joséphine Baker », de Catel & Bocquet. Casterman Écritures. 2016. Une grande enquête biographique en BD devenu un classique 

  • « Un château sur la lune. Le rêve brisé de Joséphine Baker », de Jean-Claude Bouillon Baker. Éditions Hors Collection, 2012. Le témoignage d'un enfant de Joséphine qui raconte sa mère, la danseuse, la chanteuse, mais aussi la femme engagée   

  • « Joséphine Baker contre Hitler : la star noire de la France libre », de Charles Onana. Éditions Duboiris, 2006. L'auteur de cet essai a retrouvé des archives militaires ainsi que celles des renseignements généraux et du FBI qui témoignent des combats de Baker contre Hitler, les Nazis et le racisme, notamment à l’occasion de la Marche de Washington en 1963, avec Martin Luther King pour les droits civiques et l’égalité raciale.

À voir :  

  • « Zouzou », un film de Marc Allégret avec Jean Gabin, 1934 

  • « Princesse Tam Tam », d'Edmond T. Gréville, 1935. 

Où aller :

  • Au Panthéon de Paris après le 30 novembre 2021 et l'entrée dans ses murs de Joséphine Baker. À cette occasion, le Panthéon ouvrira gratuitement ses portes au grand public les 4 et 5 décembre 2021

  • Au Château des Milandes, situé en Dordogne. Entièrement repensé par Angélique de Saint-Exupéry, sa propriétaire, cette maison-musée retrace fidèlement la vie de l’artiste et celle de sa tribu arc-en-ciel de 12 enfants, tout en insistant sur son engagement pendant la résistance 

  • Dans la villa du Vésinet, dans les Yvelines, où Joséphine Baker a vécu avant la guerre. Elle appartient désormais à un propriétaire privé, mais, une fois par an, à l’occasion des Journées du patrimoine en octobre, la Société d'histoire de la ville organise des visites dans le parc de la villa.

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Rencontre avec une nomade de la toundra, une poétesse rare qui voyage à travers les mots, et nous montre ainsi le chemin.

Joséphine Bacon est une grande voix de la poésie francophone, une grande voix autochtone aussi. Née au Québec en 1947, à Pessamit, sur la Côte Nord du fleuve Saint-Laurent, Joséphine illumine le monde et ceux qui veulent bien l’écouter de ses mots et de sa profonde humanité, mettant à l’honneur et en lumière sa culture innue. Pendant des années, Joséphine Bacon a marché dans les pas et les récits des anciens, se faisant l’interprète de sa culture et de sa communauté auprès de linguistes ou d’anthropologues québécois.

En 2009, elle publie son premier recueil « Bâtons à message. Tshissinuatshitakana » aux Éditions Mémoire d’Encrier; et depuis, celle qui se dit poète par accident n’a eu de cesse de nous tendre le bâton de parole, écrivant toujours dans sa langue l’innu-aimun et le français qu’elle a appris « tranquillement », dit-elle avec pudeur, dans un pensionnat. Elle a reçu de nombreuses distinctions parmi lesquelles le Prix Samuel de Champlain pour le Canada en 2019.

En octobre 2021, Joséphine Bacon était l’invitée du Festival du film documentaire et du livre d’Albertville « Le Grand Bivouac ». Sur place, la grande dame de 74 ans a animé des ateliers de poésie et présenté le film « Je m’appelle humain » qui lui est consacré. Ce documentaire juste et sensible, réalisé par Kim O’Bomsawin, a reçu le Prix Médias du Grand Bivouac.

À lire :

  • Bâtons à message. Tshissinuashitakana, Montréal, Mémoire d'encrier, 2009

- Nous sommes tous des sauvages, en collaboration avec José Acquelin, Montréal, Mémoire d'encrier, 2011

  • Un thé dans la toundra. Nipishapui nete mushuat, Montréal, Mémoire d'encrier, 2013

- Uiesh / Quelque part, Montréal, Mémoire d'encrier, 2018.

En savoir plus :

  • Sur la culture Innue, le site Nametau innu est une mine d’informations et de connaissances

  • Sur Mémoire d’encrier, maison d’édition fondée en 2003 à Montréal qui publie les ouvrages de Joséphine Bacon

  • Sur Terre innue, société de production autochtone qui a produit « Je m’appelle humain », documentaire de Kim O’Bomsawin consacré à Joséphine Bacon. Ce film a reçu le Prix Médias au Festival du Grand Bivouac

  • Sur le palmarès de l’édition 2021 du Festival du film documentaire et du livre d’Albertville « Le Grand Bivouac ». Céline Develay-Mazurelle, productrice de Si loin si proche, est membre du jury du Prix Médias.

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Rencontre avec un auteur français impertinent et irrévérencieux, ancien pilier du magazine satirique de BD « Fluide Glacial » qui, avec humour et drôlerie, désacralise le voyage. 

Le voyage, c’est bien connu, n’est jamais aussi savoureux que quand il est pavé d’échecs. Bruno Léandri, écrivain post-soixante-huitard un brin anar, l’a bien compris. Il vient de publier un sémillant petit livre jaune au titre parfaitement provoc’ « J’aime pas les voyages », truculente compilation de ses déconvenues et déconfitures en voyage, paru aux Éditions du Trésor. 

Après avoir passé près de 40 ans à « Fluide Glacial », aux côtés du grand dessinateur Gotlib, il a notamment publié « La grande encyclopédie du dérisoire », un recueil de curiosités scientifiques cocasses, un livre sur les derniers de l’histoire, mais aussi « Les ratés de l’aventure » qui vient de sortir en poche et qui s’amuse, avec malice, à déboulonner la statue de l’explorateur intrépide, sans peur et sans reproches. 

À l’heure où les réseaux sociaux nous inondent de vies parfaites et de voyages réussis, on va donc démystifier le voyage. Parce que oui, plus d’une fois, le voyage peut être raté, voire pathétique. Et cela en dit long, bien sûr, sur nous et notre époque. 

Une rencontre enregistrée à l’occasion du Festival du film documentaire et du livre du Grand Bivouac qui a eu lieu, en octobre 2021, à Albertville.

À lire :

  • « J’aime pas les voyages. Aventures d’un anti-aventurier », de Bruno Léandri. Éditions du Trésor. 2021

  • « Les ratés de l’aventure », de Bruno Léandri. Éditions du Trésor. 2019. Sorti en Poche chez Gallimard en janvier 2021

  • « Le voyage était presque parfait. Essai sur les voyages ratés », de Jean-Didier Urbain. Éditions Payot et Rivages. 2008.

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Peu de villes dans le monde convoquent autant de superlatifs et de contrastes que la bruyante mégapole de Bombay, nommée officiellement depuis 1995 Mumbaï, et coincée sur une étroite péninsule sur la côte ouest de l’Inde. 

Ici, en 60 ans, on est passé de 4 à plus de 22 millions d’habitants, des «migrants» venus de tout le pays, attirés par les lumières et les sirènes d'une capitale économique au PIB jusque-là de 300 milliards de dollars. À elle seule, la ville concentre toute la fureur et l’élan du sous-continent indien, dont on a souvent dit qu’elle était la Porte.

La première fois que Côme Bastin a posé le pied sur cette planète, parmi la foule, entre gratte-ciels futuristes, vestiges coloniaux indo-britanniques et bidonvilles envahis de plastique, il s’est tout de suite demandé : mais comment ça marche ? Alors, pour nous cette semaine, il a décidé d’y retourner pour tenter d’y répondre. À la rencontre d’amoureux de la ville, de travailleurs acharnés : livreurs, laveurs ou recycleurs, on découvre un colosse urbain aussi fascinant que monstrueux, dont le modèle de croissance et d’expansion est forcément éprouvé par la pandémie actuelle et les bouleversements climatiques.  

Un reportage de Côme Bastin initialement diffusé en février 2021.

Pour prolonger le voyage sur la planète Bombay :  

En livres

« Bombay Maximum City », de Suketu Mehta. Éditions Buchet-Chastel, 2006

« Shantaram », de Gregory David Roberts. Éditions Flammarion, 2007

« La Nuit aux Étoiles », de Shobhaa De. Éditions Actes Sud, 2010

« Le Ministère des sentiments blessés », de Altaf Tyrewala, Actes Sud, 2018

« Le Rickshaw de Mr. Singh », d’Olivier Da Lage, 2019.

En films

« Slumdog Millionaire », d’après le livre de Vikas Swarup, 2009

« The Lunchbox » Ritesh Batra, 2013

« Sacred Games », une série d’après le livre de Vikram Chandra, 2018

« Attaque à Mumbai », d’Anthony Maras, 2018

« Monsieur », de Rohana Gera » (avec Rahul Vohra) 2018.

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Alors que vient d’avoir lieu, en France, une commémoration officielle attendue autour du massacre du 17 octobre 1961, on vous propose de repartir à l’ouest de Paris, dans la préfecture des Hauts-de-Seine, qui a été fortement marquée par ces événements tragiques et longtemps passés sous silence. De longue date, Nanterre a été façonnée par l’immigration, algérienne notamment, sauf que durant les Trente Glorieuses, à Nanterre comme ailleurs, la place qui a été faite aux travailleurs immigrés, appelés à rebâtir la France dès l’après-guerre, s’est surtout appelée « bidonvilles ».

Rien qu’à Nanterre, il y a eu une douzaine de bidonvilles. Là, à l’ombre des nouvelles tours du quartier d’affaires de La Défense et des cheminées d’usines alors en quête de main d’œuvre à bon marché, les rêves de milliers d’immigrés, souvent maghrébins, se sont échoués sur des terrains en friche, dans les travées boueuses de ces cités d’infortune, de bois et de tôle. Jusqu’au début des années 70, dans les bidonvilles de Nanterre, 14 000 personnes vont y inventer une vie, souvent loin des regards, à la lisière des cités et de nos consciences. 

Aujourd’hui, ces lieux ont disparu mais la mémoire des bidonvilles a marqué l’image de cette ville, jadis fief de l’immigration algérienne qui, sous l’impulsion des projets du Grand Paris, fait désormais peau neuve, voire place nette. Craignant que cette mémoire ne s’efface, certains Nanterriens cherchent inlassablement à la partager et la faire exister dans l’espace public, à même la rue. En les suivant dans la ville, ils nous rappellent aussi le besoin d’écrire et bâtir une histoire commune entre l’Algérie et la France. 

En compagnie d’acteurs associatifs et d’enfants des bidonvilles, tous très attachés à Nanterre, ou en visite avec la Société d’histoire de Nanterre, suivez-nous sur les chemins d’une mémoire vive, sensible et populaire. 

Un reportage d’Inès Edel-Garcia initialement diffusé en novembre 2020.

En savoir plus :

À lire :

  • « Un Nanterre algérien, terre de bidonvilles », d’Abdelmalek Sayad. Éditions Autrement, 1995

  • « Rue des Pâquerettes » de Mehdi Charef, Éditions Hors d’atteinte, 2019

  • « Chroniques du bidonville – Nanterre en guerre d’Algérie », de Monique Hervo. Éditions Seuil 2001

  • « Vivants », de Mehdi Charef. Éditions Hors d’atteinte, 2020

  • « Vivre au Paradis, d'une oasis à un bidonville », de Brahim Benaïcha. Éditions Desclée de Brouwer, 1999

  • « Demain, Demain - Nanterre, bidonville de la Folie 1962-1966 », de Laurent Maffre. Actes Sud BD / Arte Éditions, 2012

  • « Du bidonville à la cité », de Victor Collet. Éditions Agone, 2019

  • « La rue des Prés. Habiter un bidonville à Nanterre », de Serge Santelli et Isabelle Herpin. Société d’Histoire de Nanterre, 2020.

À voir :

  • À Nanterre, allez à la rencontre, dès que possible, des libraires passionnées de El Ghorba mon amour, une librairie ouverte en 2020 dans le quartier des Provinces Françaises, en face de l’université.

  • Poussez la balade le long du Parc du chemin de l’île. Une exposition pérenne de photos prises par Serge Santelli en 1968 sur les bidonvilles de la rue des Prés, est accrochée sur les grilles du Parc.

  • Pour les journées du Patrimoine, la Société d’histoire de Nanterre organise des visites historiques de la ville. 

  • Les photographies de Jean Pottier, photojournaliste de Nanterre, qui a documenté pendant des années avec son appareil, les bidonvilles de Nanterre.

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À l’occasion du Festival du documentaire et du livre du Grand Bivouac d’Albertville qui cette année, met à l’honneur «Terre Humaine», on revient sur l’histoire et l’esprit de cette grande collection littéraire française, qui a bousculé les sciences humaines et renouvelé la littérature de voyage comme le regard sur les autres et l’ailleurs.

C'est une collection unique en son genre, indissociable de son immense créateur, presque centenaire : Jean Malaurie.

En 1955, à son retour de Thulé où il apprend l'existence d'une base américaine secrète sur les terres ancestrales des Inuits, l'explorateur et ethnogéologue français Jean Malaurie décide de publier en urgence son récit d'hivernage «Les Derniers rois de Thulé» mais aussi de créer un mouvement de pensée, une collection manifeste aux Éditions Plon, où chaque livre se doit d'être un combat. Le but : donner la parole à ceux qui ne l'ont pas, des lettres à ceux qui n'ont pas d'écriture, une voix aux grands hommes qui s'ignorent, qu'ils soient paysans, marins, ouvriers, prêtres ou encore prisonniers. 

Ainsi, depuis plus de 65 ans, Terre Humaine agit comme une sentinelle, associant enquête ethnologique, engagement personnel, exigence d’écriture, souci de vérité et de justice. Malaurie parle d'anthropologie narrative. 

Pionnière de la non-fiction, cette collection a su faire d'ouvrages de sciences humaines des succès grand public, comme avec «Tristes Tropiques» de Claude Lévi-Strauss ou «Le Cheval d'Orgueil» de Pierre-Jakez Hélias, ouvrant par là des horizons insoupçonnés à bien des lecteurs et des voyageurs. Très tôt, elle a également invité à décoloniser le regard comme le voyage, en plaidant pour des récits de l'intérieur, intègres et lucides, mais aussi pour le témoignage des autochtones eux-mêmes. Aujourd'hui, la collection compte plus de cent ouvrages. 

Voyage au gré de chefs-d'œuvre qui ont façonné cette collection décidément particulière, en compagnie de Philippe Charlier, nouveau directeur de la collection Terre Humaine. 

Louons les grands hommes mais aussi les grandes collections littéraires !

À lire :

  • « Les derniers Rois de Thulé. Avec les esquimaux polaires, face à leur destin » de Jean Malaurie. Pocket. Terre Humaine Poche. 5ème édition. 2001.

  • « Tristes Tropiques » de Claude Lévi-Strauss. Pocket. Terre Humaine Poche. Édition originale 1955.

  • « Louons maintenant les grands hommes » de James Agee et Walker Evans. Terre Humaine. Éditions Plon. Édition originale 1972

  • « Le Cheval d'Orgueil » de Pierre-Jakez Hélias. Terre Humaine. Éditions Plon. Édition originale 1975

  • « Pour l'Afrique j'accuse » de René Dumont. Terre Humaine. Éditions Plon. Édition originale 1986

  • « Soleil Hopi. Autobiographie d'un indien hopi, chef du clan soleil » de Donc C. Talayesva. Pocket. Terre Humaine Poche. 2005

  • « Vaudou. L'homme, la nature et les dieux. Bénin », de Philippe Charlier. Terre Humaine. Éditions Plon. 2020.

En savoir plus :

  • Le site des Éditions Plon, lisez. Collection Terre humaine

  • Le site du Grand Bivouac, festival du film documentaire et du livre d'Albertville qui célèbre en 2021 sa 20e édition, en ligne et en salles et où une soirée spéciale Terre humaine est organisée. 

  • La thèse de doctorat de David Couvidat «La collection "Terre  humaine" de Jean Malaurie (1955-2015) : littérature, anthropologie et photographie».

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En matière d'art contemporain, la capitale économique ivoirienne est depuis longtemps un terreau fertile. Après avoir traversé les années de crise et de conflits, la ville fait peau neuve, et de plus en plus de galeries et fondations d’art contemporain fleurissent au bord de la lagune Ebrié. Des lieux qui partagent et encouragent la création contemporaine africaine et ivoirienne, tout en cherchant à l’ouvrir au plus grand nombre, à commencer par le MuCAT, Musée des Cultures contemporaines Adama Toungara, inauguré en 2020 dans le quartier populaire d’Abobo, situé au Nord d’Abidjan.

Peintres, sculpteurs, performers et plasticiens, dont beaucoup sont issus de l’école des Beaux-Arts d’Abidjan, trouvent alors des espaces pour exposer, vendre leurs œuvres et vivre de leur art, suivant les traces de leurs illustres aînés Ouattara Watts, Ernest Dükü ou Jems Koko Bi... Car à Abidjan, il y a l'argent et des fortunes capables d’acquérir toiles et sculptures, de faire collection, dans un marché international qui lorgne de plus en plus vers l'Afrique. 

Du quartier des affaires du Plateau, à Abobo, en passant par le quartier chic et vert de Cocody, suivons Vladimir Cagnolari parti prendre le pouls de l’Abidjan Arty. D’ateliers en expositions street-art, de vernissages en inauguration de galerie, Abidjan est zo ! Un reportage de Vladimir Cagnolari.

En savoir plus :

  • Sur le MuCAT, Musée des Cultures contemporaines Adama Toungara situé à Abobo

  • Sur le travail de l'artiste ivoirien Peintre Obou

  • Sur la Fondation Donwahi pour l'Art contemporain ouverte en 2008 à Cocody 

  • Sur la Rotonde des arts, autre adresse incontournable à Abidjan, dirigée par Yacouba Konaté, une figure des arts en Côte d'Ivoire

  • Sur la Galerie Pièce Unique/ Fondation BJKD inaugurée récemment 

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Du haut de ses 5 165 mètres, le mont Ararat s’élève souverain, dominant Erevan, la capitale arménienne. Dans le pays, on le retrouve un peu partout, représenté en peinture ou en photo sur les murs des maisons, des écoles ou des musées, sur les paquets de cigarettes, les bouteilles de cognac. Surtout, le Mont Ararat figure sur les armoiries de la petite République du Caucase qui en a fait de longue date un emblème national, le symbole de sa renaissance et de la résilience de son peuple à travers les siècles et la valse des empires.

Or, depuis 1923, cette montagne sacrée pour les chrétiens d’Arménie -l’arche de Noé s’y serait échouée- est située côté turc et demeure particulièrement difficile d’accès. La frontière entre l’Arménie et la Turquie, toute proche d’Ararat, est en effet fermée à double tour et surveillée par les Russes. Pour rejoindre ce volcan, il faut alors passer par la Géorgie et faire un détour de 800 kilomètres, alors qu’à vol d’oiseau, il n’est qu’à une cinquantaine de kilomètres à peine.

Ainsi, le Mont Ararat est devenu une vision pour les Arméniens, le reflet de leur identité tourmentée et de leurs espoirs, un horizon indépassable mais bel et bien tangible, sauf quand ses deux sommets ne disparaissent pas dans les nuages. En octobre 2020, il y a un an, éclatait entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan une seconde guerre du Haut-Karabagh, à l’est de l’Arménie cette fois. Et ce conflit qui aura duré quarante-quatre jours, résonne encore jusqu’au pied de la montagne mythique.

Un reportage de Constance Léon.

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Faire du voyage une érudition sensible, c’est un art auquel s’emploie brillamment l’autrice d’origine bulgare, livre après livre.

Que l’on referme «Lisière», son premier ouvrage traduit en français ou «L’écho du Lac» tout juste publié, on en ressort à chaque fois avec l’impression tenace d’avoir fait soi-même, lecteur, un grand voyage… du genre qui «vous fait ou vous défait», comme disait Nicolas Bouvier.

L’écrivain voyageur suisse, on le retrouve sur le chemin de Kapka, puisqu’elle a reçu en 2020 pour «Lisière» le prix Nicolas Bouvier, décerné par le grand festival français «Étonnants Voyageurs» ; mais aussi parce que Bouvier avait très tôt perçu, ce que Kapka, enfant bulgare née en 1973 à l’ombre du rideau de fer, a connu dans sa chair : soit la force et la fureur des Balkans, terres de larmes et de musique, de brassages et d’exodes, d’empires déchus et de nations malades, de destins singuliers qui, ensemble, conjuguent au pluriel notre grande histoire humaine. 

Installée aujourd’hui en Écosse dans les Highlands, après des années passées sur les routes, Kapka Kassabova a décidé de retourner sur les lieux de son enfance, aux confins de l’Europe, afin d’en déployer la carte mentale et physique, dans des zones frontalières à la géographie «traumatisée» pour Lisière ou aux abords des lacs Prespa et Ohrid, entre Macédoine, Albanie et Grèce à la croisée des civilisations et des cultures pour «L’écho du lac».

Les éléments naturels : la forêt, les montagnes ou les lacs irriguent l’écriture poétique et mosaïque de Kapka Kassabova, comme ils conduisent ses pas en chemin. Et puis, il y a les hommes et les femmes qui vivent en ces lieux, y survivent souvent, les hantent parfois. En véritable disciple d’Hérodote, Kapka écoute et collecte les destins romanesques -mais vrais- de ces habitants. Mêlant récits familiaux, mythes antiques et légendes locales, elle donne alors à ses récits un souffle épique, presque magique mais aussi une dimension chorale qui dépasse son seul voyage, à l’écoute de lieux longtemps passés sous silence. 

Voyage à l’est et au sud de l’Europe, entre la Grèce, la Bulgarie, la Turquie ou encore la Macédoine et l’Albanie, en compagnie d’une écrivaine pour qui la géographie façonne l’histoire et l’âme des peuples. 

Bibliographie :

  • «L’écho du lac. Guerre et paix dans les Balkans», Kapka Kassabova. Éditions Marchialy. Traduit de l’anglais par Morgane Saysana

  • «Lisière. Voyage aux confins de l’Europe», Kapka Kassabova. Éditions Marchialy. Traduit de l’anglais par Morgane Saysana.

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L'histoire se lit sur les noms de rue, les murs et les monuments de nos villes. C'est ce qui fait mémoire et patrimoine, ce qu'on découvre en voyage. Or à Paris, comme ailleurs, force est de constater que les femmes sont encore largement absentes de ce récit à ciel ouvert.

C’est en voyage que Charlotte Soulary, trentenaire baroudeuse et ancienne porte-parole de l’association française «Osez le féminisme», a fait ce constat. Une fois de retour à Paris, elle décide en 2018 de créer une plateforme collaborative et un guide auto-édité «La guide de voyage» qui revisite Paris en mettant les femmes au centre. Parmi elles, on trouve Marie Laurencin, grande peintre méconnue de la première partie du XXème siècle, Olympe de Gouges féministe pionnière de la Révolution française, Simone de Beauvoir autrice du «Deuxième sexe», Marguerite Durand et Hubertine Auclert, deux grandes suffragettes françaises qui ont milité pour le droit de vote, finalement acquis de haute lutte en France en 1944, ou encore Louise Michel, figure fondatrice de la Commune de Paris et enseignante militante féministe.

Se lancer sur les traces de ces femmes, célèbres ou anonymes, qui ont fait la capitale, relève souvent du jeu de pistes. Mais au bout, il y a la promesse de découvrir des destins inspirants, souvent méconnus. Chemin faisant, on renouvelle aussi son regard, en relisant l'histoire de France à travers celle des luttes féministes qu'on enseigne peu. On interroge enfin ce phénomène dit «d'invisibilisation» qui a longtemps consisté à marginaliser ou silencier dans l'espace public, le vécu des femmes, leur parole ou leur contribution...

Si les mécanismes d'invisibilisation sont complexes, nichés entre inconscient collectif, auto-censure des femmes elles-mêmes et évidence que l'histoire a surtout permis aux grands hommes d'émerger, les chiffres, eux, sont parlants. En France, 2% des rues portent des noms de femmes. À Paris, on arrive à plus de 10% après un effort récent de la municipalité et sous l'impulsion de collectifs féministes militants. Le Panthéon n'a accueilli que récemment des grandes femmes: Marie Curie en 1995, Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz en 2015 et Simone Veil en 2018. Avant cela, c'est uniquement en tant qu'épouse qu'une femme y avait été admise. Enfin, sur 110 stations, le métro parisien en compte seulement 4 voire 6 qui portent le nom d'une femme.

Dans l'Est parisien, entre le cimetière du Père Lachaise et la place de la République, suivez-nous avec Charlotte Soulary, pour une balade féministe qui donne de l'élan et fait rimer voyage avec engagement.

Parce que «le féminisme ne se résume pas à une revendication de justice, parfois rageuse, ni à telle ou telle manifestation scandaleuse ; c'est aussi à la promesse, ou du moins l'espoir, d'un monde différent et qui pourrait être meilleur.» Benoîte Groult.

Un reportage de Céline Develay-Mazurelle et Laure Allary initialement diffusé le 07/02/2021.

Playlist musicale spéciale Balade féministe à Paris: retrouvez ICI ou LA les musiques de l'émission et d'autres chansons féministes  

En savoir plus:

  • Sur La guide de voyage, plateforme collaborative qui place les femmes au cœur du voyage. Le guide papier de Paris, auto-édité, est en vente en ligne sur ce site. Dépêchez-vous, il en reste peu en stock ! Des visites guidées sont aussi ponctuellement proposées. 

  • Sur la librairie Violette and Co, une des très rares librairies féministes et LGBT (Lesbiennes, gay, bi et transsexuelles) de Paris voire de France. Située au 102 rue de Charonne, Paris 11ème, cette adresse incontournable a été ouverte en 2004 par Catherine Florian et Christine Lemoine. C'est un repère qui accueille aussi expositions, ateliers d'écriture et résidences.

  • Sur la Bibliothèque Marguerite Durand située dans le 13e arrondissement de Paris. Ce lieu, première bibliothèque officielle de documentation féministe, concentre des archives inestimables du féminisme en France, dont plus de 60 000 documents légués par Marguerite Durand (1864-1936) fondatrice du journal féministe La Fronde et suffragette militante.

  • Sur la Féministhèque, une initiative récente portée par l’association «Humans for Wome» de bibliothèque de prêt d’ouvrages exclusivement centrés sur les questions de féminisme, de genres et de la libération de la parole des femmes. Elle est située dans le quartier de Bastille à Paris (voir sur le site pour les horaires, fonctionnement et adresse).

  • Sur le Collectif Georgette Sand, auteur de «Ni vues, ni connues. Panthéon, histoire, mémoire: où sont les femmes ?», Éditions Pocket. Cet ouvrage choral cherche à redonner aux femmes leur place dans l'histoire, à travers le récit du destin de 80 femmes qui ont œuvré dans les sciences, les arts ou encore la politique.

  • Sur la carte interactive du Matrimoine parisien initié par des étudiantes de l'école du Louvre, qui recense les créations féminines de Paris.

  • Sur le projet Les MonumentalEs, lancé par la Ville de Paris en 2018 pour rendre hommage aux femmes célèbres oubliées ou méconnues. Il a été porté par des spécialistes de l'histoire des femmes, du féminisme et de l'histoire de l'Art telles que Genre et Ville, Femmes et Sciences, HF, Black Queer Art, Collectif Georgette Sand.

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On va prendre de la hauteur, cette semaine, entre Paris, New York, le Sahara et la cordillère des Andes. Direction les étoiles, la lune ou peut-être bien la terre ! Compagnon de route : Antoine de Saint-Exupéry, écrivain-aventurier et poète-aviateur. Disparu en mer à seulement 44 ans, l’auteur se taille encore une place à part dans le monde des lettres françaises. Car au-delà de sa notoriété et de celle de son Petit Prince, livre le plus traduit au monde après la Bible et le Coran, Saint-Ex’ a toujours fait de sa vie un roman, puisant dans ses multiples voyages et ses exploits aéronautiques, matière à ses livres. (Rediffusion)

Né en 1900 dans une famille d’aristocrates, Antoine de Saint-Exupéry va très tôt s’adonner à sa passion de l’aviation, faisant de l’avion un moyen de parcourir et regarder le monde. Pionnier des lignes Latécoère Toulouse-Casablanca-Dakar dès 1926, devenue ensuite l’Aéropostale, il entrera dans la légende aux côtés d’autres chevaliers du ciel comme Jean Mermoz, Didier Daurat ou Henri Guillaumet. Ses expériences de chef d’escale aux portes du Sahara à ses vols sur la ligne de Patagonie, qu’il va contribuer à créer, vont inspirer et irriguer toute son œuvre, de Courrier Sud (1929), Vol de Nuit (1931), Terre des hommes (1939) en passant par Le Petit Prince, publié en France après sa mort en 1946. Héraut d’une morale basée sur l’action et le sens du devoir, l’aventurier s’engagera aussi dans la Seconde Guerre mondiale, bien que cabossé par ses innombrables accidents d’avion et déclaré inapte au vol. Sa disparition mystérieuse en mer, à bord d’un F-5 Lightning lors d’une mission de reconnaissance, continue de fasciner. Mais surtout, le personnage, ses écrits puissants et sa foi inébranlable en l’humanité inspirent encore des générations à travers le monde.

Géographie sensible dans le mouvement du monde, avec Thomas Fraisse, auteur d’Antoine de Saint-Exupéry, l’oasis à conquérir…, une biographie parue aux Éditions Transboréal.

Dans le cadre de notre série radiophonique « Compagnons de route » consacrée aux écrivains voyageurs.

Une émission initialement diffusée le 14/01/2018.

Liens utiles :

  • Pour vous plonger dans la vie et l’actualité de Saint-Exupéry, le site de la Succession Antoine de Saint-Exupéry-D’Agay est extrêmement documenté et mis à jour.

  • Pour entrer dans la folle aventure de l’Aéropostale, une association de passionnés entretient la Mémoire d’Aéropostale.

  • Pour revivre les lignes Latécoère en Afrique ou en Amérique du Sud, allez voir le site du Raid Latécoère-Aéropostale.

  • Pour en savoir plus sur la genèse du Petit Prince, les Éditions Gallimard ont publié un document très complet sur l’histoire du conte.

À lire : Œuvres complètes (2 tomes) d’Antoine de Saint-Exupéry. Collection Bibliothèque de la Pléiade (no 98 et 454), aux Éditions Gallimard (1994, 1999). Antoine de Saint-Exupéry, l’oasis à conquérir… de Thomas Fraisse, aux Éditions Transboréal. Saint-Exupéry, le dernier vol d’Hugo Pratt, aux Éditions Casterman BD.  

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Quand le 6 avril 1909, des hommes ont atteint pour la première fois le Pôle Nord, l'histoire n’a retenu le nom que d’un seul d'entre eux: Robert Edwin Peary, ingénieur civil de la Marine et explorateur américain. À ses côtés pourtant, sur cette mer de glace, il y avait aussi 4 Inuits et un homme noir: Matthew Henson, aventurier aussi important que méconnu de l'histoire de l'exploration polaire. (Rediffusion)

Après une première mission au Nicaragua, Matthew Henson a été dès 1891, de toutes les expéditions de Peary jusqu’au Pôle Nord géographique, finalement atteint après 7 tentatives sur plus de 23 ans. Mais à leur retour de cette expédition mythique et contestée de 1909, Peary aura droit à tous les honneurs tandis qu’Henson, son fidèle compagnon, recevra une montre, une chaîne en or et une maigre pension. Il finira gardien de parking à Brooklyn jusqu’à sa réhabilitation récente et posthume. 

Suivre la trajectoire de cette figure boréale, peu connue dans le monde francophone, c’est l’assurance d’une plongée fascinante dans de folles expéditions polaires, avec en toile de fond des enjeux fondateurs de l'Amérique moderne: la question raciale au sortir de l’abolition de l’esclavage en 1865, la course à la conquête des pôles et l’idéal d'accomplissement de la connaissance du monde, la figure mythique et persistante de «pionniers civilisateurs» qui usent souvent de la science pour arriver à leurs fins, comprendre parfois, conquérir surtout… 

À l'occasion de la publication pour la première fois en français, par l’anthropologue Kamel Boukir, de «Journal d'un explorateur noir au Pôle Nord», le journal de bord de Matthew Henson, retour sur la vie hors-norme d’un descendant d’esclaves que rien ne prédestinait à se hisser sur le toit du monde et qui a su vaincre les immensités polaires et les préjugés racistes de son époque.

Pour aller plus loin :

  • «Journal d’un explorateur noir au Pôle Nord». Matthew Henson. Préface et traduction de Kamel Boukir. Éditions Zones Sensibles

  • «Ultima Thulé. De la découverte à l’invasion d’un haut lieu mythique». Jean Malaurie. Éditions Le chêne.

  • «Minik. L’Esquimau déraciné». Kenn Harper. Éditions Terre Humaine/Pocket.

Une émission initialement diffusée le 14/03/2021

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Plus que tout autre, l’écrivain a placé sa vie et son œuvre sous le signe du voyage et de la bourlingue, de l’Europe à la Russie en passant par les Amériques. 

Né Fréderic Louis Sauser en 1887, le Suisse, naturalisé français, a écrit et réécrit son existence, aussi bouillonnante que le XXe siècle qu’il a traversé et marqué de son empreinte, avec sa trogne gouailleuse, sa gueule légendaire à la Prévert et son verbe riche et puissant. 

Poète visionnaire, auteur goulu, fécond et un brin mythomane, Blaise Cendrars est l’auteur de « Bourlinguer », « La prose du Transsibérien », « Emmène-moi au bout du monde », « L’or » ou « L’homme foudroyé ». Des romans, des poèmes, des récits fondateurs, où finalement ce qui importe, ce n’est pas tant qu’il ait lui-même voyagé, mais qu’il fasse voyager son lecteur.

En juin 2021, soixante ans après la mort de Cendrars, le Festival « Aux quatre coins du mot » de La Charité-sur-Loire en France, a mis à l’honneur la bourlingue et son génial « inventeur ». Et à cette occasion, nous avons rencontré le grand spécialiste français Claude Leroy ainsi que Bastien Mouchet, deux « cendrarsiens », amoureux indéfectibles de celui qui avait, selon la formule d’Henri Michaux, « le voyage dans le ventre ». 

Un nouvel épisode de « Compagnons de route », série radiophonique de portraits d’écrivains voyageurs, sur les traces du plus insaisissable d’entre eux. Par Céline Develay-Mazurelle et Laure Allary

En savoir plus :

« Constellation Cendrars », site de référence sur l’auteur, autour du Centre d’Etudes Blaise Cendrars et de l’Association Internationale Blaise Cendrars

Le festival « Aux quatre coins du mot » de La Charité-sur-Loire avait pour thème en 2021 « Bourlinguer ».

La Pléïade a publié en Franceles Œuvres Complètes de Blaise Cendrars

L’INA a réédité en 2011 « En bourlinguant avec Blaise Cendrars », passionnante série d’entretiens radiophoniques entre Cendrars et Michel Manoll, datant de 1950.

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Au coeur du vieux Paris, sur l'île Saint-Louis, se trouve un lieu à nul autre pareil: la librairie Ulysse, consacrée plus ancienne librairie de voyage au monde. (rediffusion)

Dans cet antre à l’odeur de papier et d’encre, difficile de se frayer un chemin, tant les lieux sont truffés, du sol au plafond, de manuscrits anciens ou récents, de cartes, de comptes rendus d'expédition au long cours, de beaux livres photo, de guides ou de numéros introuvables de vieilles revues de voyage.

Si les lieux sont exigus, la promesse d’horizon, elle, est grande pour celui qui s’y aventure. Surtout qu’à l’intérieur, du haut de ses 80 printemps, une femme règne et veille sur ce trésor qu’elle a créé et assemblé à son image: singulière, exigeante, frondeuse et affranchie.

Après dix ans de voyage à travers le monde, Catherine Domain a donc ouvert sa librairie en 1971. Très vite, les lieux sont devenus un repaire, un temple pour les bourlingueurs français mais aussi étrangers, amateurs d'une certaine idée du voyage : à pas lent, curieux et éclairé.

Il faut dire que Catherine a tutoyé les géants et que les lieux, fréquentés par l'écrivain suisse Nicolas Bouvier ou l'explorateur Théodore Monod, ont eu pour marraine, l'écrivaine suisse Ella Maillart, et pour parrain, le dessinateur italien et père de Corto Maltese, Hugo Pratt.

Mais, les mythes peuvent être encombrants, Catherine en sait quelque chose... Alors, depuis plus de 25 ans, chaque premier mercredi du mois, elle reçoit devant sa librairie, à même la rue, le Cargo Club, un apéro convivial pour tous les amateurs de voyage en cargo et au long cours.

Parce que le livre et le voyage n'ont pas dit leur dernier mot, suivez-nous à la rencontre d'un lieu et sa libraire, uniques au monde.

En savoir plus:

- Sur la Librairie Ulysse, 26 rue Saint-Louis en l'Île, 75004 Paris. Ouverte du mardi au vendredi de 14h à 20h.

  • Sur le Cargo-club, le rendez-vous des amateurs de voyage en cargo et au long cours. Chaque premier mercredi du mois devant la librairie Ulysse.

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Raj kashyap good

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À l’occasion du Festival International du Film d’Aventure de la Rochelle qui se tient ce week-end dans l’ouest de la France et où nous sommes conviés en tant que membre du jury officiel, on vous propose de réentendre une échappée littéraire et féministe, sur les traces d’aventurières pionnières.

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À l’occasion des 30 ans de la chute du Mur de Berlin tombé le 9 novembre 1989, suivez-nous à nouveau dans la capitale allemande avec Vladimir Cagnolari, parti pour nous il y a deux ans, à la rencontre d’Africains qui, avant même les indépendances, s’installèrent à Berlin, de part et d’autre de ce Mur, symbole de la Guerre froide.

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À l’occasion du 75ème anniversaire du Débarquement, on prend la direction de la Normandie, dans le nord-ouest de la France.

(Rediffusion du 2 juin 2019).

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Terre de légendes, mystique voire sacrée, déchirée par son histoire récente et désormais orpheline de son Dalaï-Lama, le Tibet a toujours suscité la fascination chez les Occidentaux.

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Cette semaine, on part à l'assaut des sommets, depuis le Festival du Voyage d'Albertville dont la 18ème édition se tient du 17 au 20 octobre 2019 en Savoie, au coeur des Alpes françaises, pour un voyage à la verticale de soi et du monde, en compagnie de  :- Stéphanie Bodet, ancienne championne d'escalade française passée écrivaine qui continue de grimper sur les grandes parois du monde- Doma Sherpa Pinasa et Kalpana Maharjan, deux journalistes et «summiteuses» qui, comme de plus en plus de femmes népalaises, ont décidé de se hisser, elles aussi, au sommet de l'Everest.

Des femmes, premières de cordées, qui gravissent et déplacent, à leurs manières, des montagnes, loin du virilisme conquérant qui a longtemps prédominé dans le milieu de l'alpinisme... 

→ En savoir plus :- Sur Le Grand Bivouac, Festival du voyage, du film documentaire et du livre d'Albertville- Sur la trajectoire et l'actualité des vagabonds de la verticale Stéphanie Bodet et Arnaud Petit- Sur le film d'Anne Benoit-Janin «Les belles envolées. L'Everest, un tremplin pour les Népalaises»- Sur l'agence de trek «Rêve de Népal» créé par la Népalaise francophone Yangji Sherpa- Sur le Prix Médias du Grand Bivouac auquel participe chaque année «Si loin si proche», avec Libération, Grands Reportages, Ushuaïa TV et Le Dauphiné Libéré.

→ À lire :- «Habiter le monde», de Stéphanie Bodet. Éditions Gallimard L'arpenteur- «À la verticale de soi», de Stéphanie Bodet. Éditions Guérin-Paulsen- «Parois de légende, les plus belles escalades autour du monde», d'Arnaud Petit et Stéphanie Bodet. Éditions Glénat.

→ À voir :- «La vie au bout des doigts» ou «Opéra vertical», deux films cultes de Jean-Paul Janssen qui ont mis en lumière l'esthète grimpeur français Patrick Edlinger.- «Free solo», un film sidérant d'Elizabeth Chai Vasarhelyi et Jimmy Chin, sacré meilleur film documentaire aux Oscars 2019, sur l'ascension d'Alex Honnold en solo intégral, soit aucun assurage, des 914 mètres de granit de la face ouest d'El Capitan aux États-Unis.

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Des marchés d’Afrique de l’Ouest aux échoppes de Château-Rouge à Paris, en passant aujourd’hui par les défilés des plus grands créateurs de mode, le wax est un tissu qui attire l’œil, suscite l’engouement autant que le débat. En Afrique, ce textile imprimé au moyen de cire (d’où son nom : wax), aux couleurs vives et aux motifs très parlants, demeure le plus couru du continent.

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Des marchés d’Afrique de l’Ouest aux échoppes de Château Rouge à Paris, en passant aujourd’hui par les défilés des plus grands créateurs de mode, le wax est un tissu qui attire l’œil, suscite l’engouement autant que le débat.En Afrique, ce textile imprimé au moyen de cire (d’où son nom : wax), aux couleurs vives et aux motifs très parlants, demeure le plus couru du continent.Tissu emblématique né au temps colonial, le wax est un produit d’importation qui a voyagé de l’Asie vers l’Europe, pour terminer sa course en Afrique. Là, il s’est peu à peu installé pour être adopté sur le continent au point de se confondre avec un tissu « africain ».

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Au panthéon des écrivains voyageurs, le Britannique Bruce Chatwin tient une place résolument à part. Consacré chef de file dans les années 80 du « travel writing », il refusait cependant ce terme qu’il jugeait insignifiant. En même temps, l’auteur de « En Patagonie » ou du « Chant des pistes », avec ses allures de dandy baroudeur, a envoyé un paquet de voyageurs, sacs aux dos, sur les pistes argentines ou australiennes.Fasciné par le mode de vie nomade, Bruce Chatwin était toujours sur le départ ou de retour de quelque part. Mort en 1989 à 48 ans, il a donc fait de sa courte vie un voyage, une errance, de l’Italie au Soudan, de l’Afghanistan au Bénin, de la Grèce au Brésil. Ce faisant, il ne cessait d’écrire et de nourrir par le mouvement, l’étude et les rencontres la matière de ses prochaines histoires, des récits souvent de vies lointaines et fascinantes.30 ans après sa disparition, suivez-nous avec Jennifer Lesieur, auteur de « Tu marcheras dans le soleil », une biographie très personnelle de l’écrivain, sur les pas de cet esthète aventurier tout aussi impatient qu’érudit, qui avait en horreur le domicile et la vie sédentaire.Cette émission s’inscrit dans la collection Compagnons de route, série de portraits radiophoniques d’écrivains-voyageurs.

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Depuis quelques années, la capitale de la Géorgie connaît une transformation inédite, à l’image de l’évolution du pays.Libérée du joug soviétique depuis 1991 et entrée de plein pied dans l’économie libérale, la ville se rêve en « mini-Dubaï du Caucase », cherchant à attirer capitaux étrangers et visiteurs du monde entier.En 2018, plus de 5 millions de touristes sont allés en Géorgie, un pays qui compte seulement 3 700 000 habitants.Vieille cité de plus de 1 500 ans, Tbilissi a désormais sa biennale d’art contemporain, sa Fashion Week, ses bars branchés et ses ouvrages d’architecture monumentale qui font la fierté de ses élus, parfois moins de ses habitants.Comment ces habitants justement, vivent-ils cette mutation aussi rapide que complexe ? Une mutation qui rappelle les enjeux d’une époque et d’une région surtout : la Transcaucasie traversée d’influences, un pied en Asie, l’autre en Europe, entre la Russie, la Turquie, l’Azerbaïdjan et l’Arménie.

Balade dans les ruelles et les avenues de la ville aux côtés d’habitants, amoureux d’un Tbilissi authentique, sans passéisme, ni nostalgie.

Un reportage d’Arnaud Contreras.

(Rediffusion du 3 février 2019).

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À plus de 2 000 mètres d’altitude, au centre de La Réunion, bat le cœur sauvage et palpitant de l’île de l’océan Indien.Ce cœur qui bat, on est allé l’entendre de plus près, en marche sur les sentiers escarpés de Mafate, à la découverte d’un sanctuaire naturel haut perché, tel un nid d’aigle.Car dans ce cirque volcanique de 100 km2, parmi les parois rocheuses et les pitons abrupts, il n’y a pas de routes, pas de voitures et pas d’électricité courante.Jadis refuge d’esclaves en fuite et aujourd’hui terrain de jeu des randonneurs, Mafate est surtout un cœur vivant, à l’âme résolument créole.Un monde en soi, classé à l’Unesco, où 800 Réunionnais, répartis sur 9 îlets souvent séparés par des heures de marche, continuent de s’accrocher à « la vie lontan ».Un reportage d’Hortense Volle.

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Cap au large du Finistère, à bord du Rara Avis, « l’oiseau rare », l’un des trois-mâts de l’AJD, une association française créée en 1951 par le Père Jaouen. Basée à l’Aber Wrac'h, port breton situé au nord de Brest, cette association s’engage pour la réinsertion des jeunes à la dérive : délinquants, toxicomanes ou détenus, par la navigation et le voyage en mer.

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Au Canada, tout à l’ouest du Québec, se trouve l’un des coins les plus reculés de la province francophone : le Témiscamingue. Cette région de 19 000 km2, peuplé de seulement 16 000 habitants, est encore trop méconnue, comme sa région voisine, l’Abitibi où nous étions déjà partis en voyage il y a quelques années.

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C’est un train unique en son genre, un petit train de voyageurs, à taille humaine, qui file à travers les immensités désertiques de Mauritanie, sur une voie mythique.En effet, le Train du Désert circule sur la seule voie ferrée du Sahara, reliant sur près de 700 kilomètres Nouadhibou, la capitale économique du pays située sur la côte Atlantique, à Zouerate, cité minière du Nord-Ouest.Construit en 1962 par la MIFERMA, Société Anonyme des Mines de Fer de Mauritanie, cette « ligne des sables » a été mise en service en 1963 pour acheminer du minerai de fer, pilier de l'économie mauritanienne.En 2007, pour des raisons de sécurité, le ministère des Affaires étrangères français avait fermé une partie de l'Adrar aux touristes français.Mais, depuis octobre 2018, après 10 ans d’absence, le Train du Désert, initié par la coopérative Point Afrique, a repris du service.À bord, amoureux du train et du désert renouent avec la grandeur des paysages, entre plateaux de sable fin et montagnes ocres.Surtout, ils découvrent la vie des travailleurs du rail et de la mine ainsi que l’histoire de cette ligne de fer et de vie.En chemin, ils croisent aussi l’interminable train minéralier, train le plus long et le plus lourd d'Afrique qui circule sur la voie.Embarquez avec nous de Choum à Zouerate en passant par Ben Amira pour un voyage au rythme du train.

Un reportage de Raphaëlle Constant avec RFI Labo et Benjamin Sarralié.(Rediffusion du 17 février 2019).

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Sur la grande côte, à plus de 50 kilomètres de Dakar au Sénégal, le village de pêcheurs traditionnels de Cayar a décidé de prendre son destin en main, dans un contexte de mondialisation, de pêche industrielle intensive, de flambée du prix de l’essence et surtout de pénurie de poissons.Pilier de l’économie du Sénégal, la pêche représente le premier poste d’exportation du pays, un secteur qui génèrerait 600 000 emplois directs et indirects. Et à Cayar, il suffit de se rendre sur la longue plage du village, parmi les nuées de pirogues et le quai de pêche pour s’en rendre compte.(Rediffusion du 7 avril 2019).

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Rencontre avec l’ethnogéologue français né en 1922, écrivain, éditeur, explorateur polaire et ardent défenseur des autochtones du Grand Nord.(Rediffusion du 13 octobre 2018).

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Pendant des siècles, des millénaires, la seule aventure que l’on concédait bien souvent aux femmes, c’était celle du cœur. L’aventure, le voyage à travers les chemins du monde était une affaire d’hommes et de pantalon. La place d’une femme était à la maison qui, telle Pénélope, toute à son ouvrage, attend sagement le retour d’Ulysse parti braver les mers et les dangers. Et puis, au XIXème siècle, des Occidentales, longtemps réduites au statut de courtisanes ou de femmes d’intérieur, se sont lancées dans « le Grand Dehors », à l’extérieur.(Rediffusion du 10 mars 2019).

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« Il faut le croire pour le voir », c’est la devise de ce petit village des Deux-Sèvres, peuplé de 360 habitants, baptisé depuis près de 30 ans « Nombril du Monde ».(Rediffusion du 6 octobre 2018).

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On part sur les traces d’une femme de lettres et de sables cette semaine, un personnage singulier, rebelle aux ordres du monde, scandaleux pour certains, fascinant pour beaucoup d’autres.Car Isabelle Eberhardt, née en Suisse en 1877, de père inconnu dans une famille d’aristocrates anarchistes en exil, a été décidément en avance sur son époque.Partie à l’âge de 20 ans pour Annaba, dans l’Algérie coloniale, elle va tour à tour se faire cavalier arabe, bédouin du désert, disciple soufie, arpenteur d’horizons et surtout écrivaine.Morte brutalement dans le désert à 27 ans, elle va laisser derrière elle plus de 2 000 pages, témoignage précieux et sensible du monde arabe et musulman du début du 20ème siècle.(Rediffusion du 14 avril 2019).

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Au coeur de l’océan Atlantique, les neuf petites îles des Açores forment un archipel aussi magique que stratégique. Situées à 1 500 km de l’Europe continentale, Santa Maria, São Miguel, Terceira, Graciosa, São Jorge, Pico, Faial, Corvo et Flores demeurent encore très méconnues.(Rediffusion du 2 juin 2018).

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À la fin de la Première Guerre mondiale, une ligne aérienne mythique a été initiée par un industriel français, Pierre-Georges Latécoère. Son projet, créer une liaison postale aérienne entre trois continents : l’Europe, l’Afrique et l’Amérique du Sud. Cette épopée moderne, à la conquête du ciel, va alors traverser neuf pays pour délivrer du courrier et relier les hommes. Cent ans après le premier décollage de la Ligne Latécoère Aéropostale en 1918, soixante avions se sont envolés, en septembre 2018, dans le sillage de l’Aéropostale. D’escale en escale, de Cap Juby à Saint-Louis du Sénégal en passant par Casablanca et Nouadhibou, la mémoire des pionniers de l’aviation tels que Mermoz, Saint-Exupéry ou Guillaumet revit. Le Raid Latécoère-Aéropostale, créé en 2007, rassemble tous les ans des passionnés d’aviation, envieux de parcourir cette ligne de légende. Et en cette année de centenaire, le voyage a des allures de grand pèlerinage jusqu’en Afrique. Attachez vos ceintures et embarquez avec nous, de Toulouse jusqu’à Dakar au Sénégal sur le trajet de la ligne Latécoère-Aéropostale.

Un grand reportage en 2 épisodes de Raphaëlle Constant avec RFI Labo.(Rediffusion du 23 décembre 2018)

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À la fin de la Première Guerre mondiale, une ligne aérienne mythique a été initiée par un industriel français, Pierre-Georges Latécoère. Son projet, créer une liaison postale aérienne entre trois continents: l’Europe, l’Afrique et l’Amérique du Sud. Cette épopée moderne, à la conquête du ciel, va alors traverser neuf pays pour délivrer du courrier et relier les hommes. Cent ans après le premier décollage de la Ligne Latécoère Aéropostale en 1918, soixante avions se sont envolés, en septembre 2018, dans le sillage de l’Aéropostale. D’escale en escale, de Cap Juby à Saint-Louis du Sénégal en passant par Casablanca et Nouadhibou, la mémoire des pionniers de l’aviation tels que Mermoz, Saint-Exupéry ou Guillaumet revit. Le Raid Latécoère-Aéropostale, créé en 2007, rassemble tous les ans des passionnés d’aviation, envieux de parcourir cette ligne de légende. Et en cette année de centenaire, le voyage a des allures de grand pèlerinage jusqu’en Afrique. Attachez vos ceintures et embarquez avec nous, de Toulouse jusqu’à Dakar au Sénégal sur le trajet de la ligne Latécoère-Aéropostale.

Un grand reportage en 2 épisodes de Raphaëlle Constant avec RFI Labo.

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Le 21 octobre 2018, à La Havane, sur la scène de la Cécilia, près de 500 choristes français et 250 choristes cubains ont célébré la Rumba, le chant et les rythmes afro-cubains.Cet évènement unique est le point d’orgue d’un projet hors-normes porté depuis des années par Karim Ammour, compositeur et chef d’orchestre du collectif vocal Urban Voices.Depuis 2012, cet ensemble nantais rassemble 1 000 chanteurs amateurs, autour d'un répertoire différent chaque année.Cette année, la moitié d’entre eux a décidé de s’offrir le voyage jusqu'à la Havane, pour se plonger dans la culture populaire cubaine, où l’Afrique n’est jamais loin et la musique partout.

Un reportage de Sarah Lefèvre.

(Rediffusion du 11 novembre 2018)

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On suit cette semaine, les trajectoires solitaires de deux « hobos » du XXIème siècle, des jeunes Européens vagabonds qui, un jour à 20 ans, sont partis, la liberté sous le bras et le sac sur le dos.

La Suissesse Sarah Gysler et le Français Eliott Schonfeld ont à eux deux moins de 50 ans. Et en suivant leurs pas, on traverse aussi bien les steppes mongoles que l’Atlantique en bateau stop. On atteint le Cap Nord ou l’Australie, puis on se faufile en Alaska pour mieux se perdre en Colombie ou en Amazonie. Depuis d’ailleurs, ces deux-là ne sont jamais tout à fait rentrés...

Signe des temps, leurs trajectoires respectives - ils ne voyagent pas ensemble - sont suivies par des dizaines de milliers d’internautes. Car chemin faisant, ils interrogent le monde qu’ils traversent, en « mode survie », faisant le choix du dénuement dans un monde d’opulence et d’écrans, sans itinéraires, ni téléphone ou sous vaillants.

Parce que « le monde appartient à ceux qui rêvent tôt », on se penche sur les itinéraires d’enfants pas si gâtés, devenus adultes sur la route. Des jeunes qui ont préféré aux modes d’emploi, les cartes topographiques et les atlas du monde.

(Rediffusion du 17 mars 2019).

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Dès le XVIIIème siècle, l’alpinisme est né au pied du Mont Blanc, en France. Aujourd’hui, dans la vallée de Chamonix, en Savoie, consacrée capitale mondiale de l’alpinisme, on retrouve ces innombrables histoires de conquête et de sommets. C’est de cette vallée glacière qu’est partie la première cordée à la conquête du Mont Blanc, à 4 810 mètres d’altitude, en 1786. C’est aussi là que les premiers curieux, des scientifiques et des touristes, arrivent au début du XIXème siècle, de toute l’Europe, surtout d’Angleterre à la découverte des Alpes. Ils participent ainsi au développement de l’alpinisme sportif et du tourisme montagnard.Rapidement, la montagne devient à la mode et la fièvre des sommets touche de plus en plus de voyageurs, emmenés par des guides locaux. Edward Whymper, Michel Croz, Roger Frison Roche, Gaston Rébuffat, Maurice Herzog, Lionel Terray : tous ces grands noms, entrés dans les annales, ont marqué la vallée et les mémoires.Et 150 ans après la naissance de l’alpinisme, alors qu’un classement de cette discipline au patrimoine immatériel de l’humanité par l’Unesco est à l’étude, on continue de marcher sur les pas de ces pionniers. Un reportage de Raphaëlle Constant.(Rediffusion du 28 juillet 2018).

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Abidjan, capitale économique de la Côte d’Ivoire, a longtemps été surnommée la Perle des lagunes. En effet, la ville est bâtie autour d’un plan d’eau unique et précieux, qui lui donne tout son cachet, son charme. Or, la lagune Ebrié qui porte le nom des tout premiers riverains, s’est peu à peu troublée, polluée depuis de longues années par les hommes et leurs usines... Ce qui fait dire à regret à certains que la perle des lagunes est devenue la poubelle des lagunes.

Certains Abidjanais ont alors décidé d’en prendre soin, engagés à la sauver et la mettre en valeur. Car la lagune, c’est l’identité d’Abidjan, son miroir, son poumon, son eau, ses ressources en poissons et ses îles confettis aux allures de bout du monde, à la fois si loin et si proches de la ville. L'idée fait donc son chemin : Si Abidjan sauve sa lagune, la lagune sauvera sans doute Abidjan.

Un reportage lagunaire de Vladimir Cagnolari.

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On part cette semaine au Bénin, direction Porto-Novo, capitale africaine singulière et créative. Là où sur les rives de la lagune, le culte ancestral Vaudou ou Vodoun (mot originel en langue Fon) s’est enraciné en Afrique avant d’essaimer jusqu’aux Amériques. À Porto Novo, dans le centre historique, on trouve des places traditionnelles dites « vodoun », qui racontent aussi l’histoire et le peuplement de la ville. Mais bien souvent, le voyageur passe à côté, sans se rendre compte que ces lieux sont chargés de divinités, de fétiches, de temples et d’arbres sacrés.

Partant de ce constat, un chantier de réhabilitation de ces places a été initié dès 2015 par le Centre culturel, artistique et touristique « Ouadada », dans le cadre d’une coopération entre les villes jumelles de Porto-Novo et Cergy-Pontoise en France. Six places ont pour l’instant été rénovées. Ce projet qui associe artisans locaux, vodounons, dignitaires et habitants, a aussi invité des artistes béninois pour faire des lieux des galeries d’art à ciel ouvert. Le but : protéger, partager un patrimoine vodoun souvent difficile d’accès et méconnu, et développer à travers le tourisme des espaces longtemps délaissés, propriétés de familles qui peinent à les entretenir.Voyage dans des lieux de culture et de nature rares à Porto-Novo, une ville africaine longtemps préservée ou « endormie », mais de plus en plus pressée.

Un reportage de Péroline Barbet.

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En pleine campagne bourguignonne, Luzy, commune de 2 000 habitants, accueille depuis la fin de l’année 2018, 45 demandeurs d’asile d’origine guinéenne, afghane, soudanaise, ou iranienne, etc. Pour ces hommes, ces femmes et ces enfants ayant fui les persécutions chez eux, Luzy fait figure de halte sur les routes de l’exil. Pour l’instant, ils sont suspendus à la réponse que les autorités françaises vont donner à leurs demandes d’asile.Ces quinze dernières années, Luzy perdait des habitants. Mais, depuis trois ans, il en gagne et le village renaît, notamment grâce à l’arrivée de ces nouveaux Luzicois, venus du monde entier.Engagés à les recevoir le mieux possible, les habitants de Luzy se sont mobilisés pour donner du sens à l’accueil et au vivre ensemble, entre parties de foot, cours de français, tournois de pétanque et bals trad’.

Un grand reportage de Sarah Lefèvre.

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Au sud-ouest de l’Inde, ce petit État côtier de plus d’un million et demi d’habitants, affiche une identité singulière, à part dans la très grande Inde. À l’étranger, on connaît surtout Goa pour ses plages paradisiaques et ses communautés hier hippies, aujourd’hui techno. Or, on sait moins que Goa, longtemps surnommée « La Lisbonne de l’Orient », a connu plus de 4 siècles et demi de colonisation portugaise. Elle était même la capitale des Indes portugaises, au carrefour des civilisations hindoues, musulmanes, chrétiennes et des échanges de perles, d’épices ou de soie. En 1961, quatorze ans après le départ des Britanniques et sept ans après les Français, Goa va finalement rejoindre l’Union Indienne. Cette longue histoire portugaise a laissé des traces, encore visibles aujourd’hui, dans la culture, le patrimoine et l’esprit de ses habitants. À Panjiim, la capitale de Goa, le carnaval, tradition héritée des Portugais, bat son plein chaque année, avant le carême. À Fontainhas, le vieux quartier portugais de Panjiim, on évolue parmi les belles bâtisses coloniales aux murs colorés, entre les touristes de plus en plus nombreux et une communauté indo-portugaise discrète, à l’identité complexe, métissée, créole. Pour ces Goanais, c’est là qu’on trouve l’âme de Goa.Un reportage de Gaspard Illitch.

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On met les voiles à Saint-Malo, en France, au Festival « Étonnants voyageurs » qui se tient du 8 au 10 juin 2019, dans la cité corsaire. Depuis près de 30 ans, ce rendez-vous incontournable explore les sentiers littéraires du monde et du voyage.

Escale en lettres capitales en compagnie de Michel Le Bris, capitaine de ce curieux vaisseau peuplé d'enfants de Joseph Conrad, Jack London, Robert Louis Stevenson et de cousins d'Ella Maillart ou Nicolas Bouvier.

L'éditeur, écrivain français spécialiste de piraterie et grand amoureux de Stevenson, insatiable conteur mais aussi lecteur, a récemment publié «Pour l'amour des livres» aux Éditions Grasset.

Cette semaine, avec lui, on revient sur les livres de sa vie, ceux qui donnent envie d’écrire mais surtout de partir...

Voyage de livres en îles, dans un archipel littéraire singulier et foisonnant, la mer pour seul horizon.

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À l’occasion du 75e anniversaire du Débarquement, on prend la direction de la Normandie, dans le nord-ouest de la France.

Sur la côte, de nombreux sites mémoriels et touristiques honorent le fait militaire et l’exploit des alliés libérateurs. C’est d’ailleurs souvent ce que l’on retient de ce grand moment de l’Histoire, occultant le sort des civils à l’été 1944, pris en étau entre les forces alliées et allemandes et contraints à l’exode sous d’incessants bombardements.

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Sur l’île de Fogo, à 2 800 mètres d’altitude, un impétueux volcan tutoie les nuages et domine l’archipel de confettis volcaniques qu’est le Cap-Vert. Le Pico de Fogo est le plus haut sommet, mais aussi le dernier volcan encore en activité de tout l’archipel. Or, depuis plus d’un siècle, malgré les éruptions et l’isolement, des hommes s’accrochent aux parois abruptes de celui qu’on surnomme « Le grand homme » et vivent dans un bout du monde aux allures de lune noire, le centre de l’ancien cratère : la caldeira.

En 2014, une éruption a enseveli les deux villages de la caldeira, mais aujourd’hui, les habitants sont revenus vivre à l’ombre de leur volcan, pour cultiver la terre volcanique plutôt prodigue, et reconstruire leurs maisons et leurs pensions. Car ce décor de lave et de cendres attire les touristes et trekkeurs du monde entier. Parmi eux, une majorité de Français qui partent à l’ascension du Grand Pico, dans des paysages hors du commun.

Ici, point d’électricité ou d’eau courante, et encore moins de route goudronnée pour accéder au village de Portela situé à 1 700 mètres d’altitude, celle-ci ayant été ensevelie lors de la dernière éruption. Les habitants de la caldeira ont eux-mêmes creusé à la main une piste pour rouvrir l’accès et la vie au village.

Un reportage d’Hortense Volle dans la caldeira, auprès d’habitants résistants et résilients.

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En écho à la journée du 10 mai, journée de commémoration du souvenir des victimes de la traite et de l’abolition de l’esclavage, on vous emmène à Nantes, premier port négrier de France, qui a mis du temps à regarder son passé esclavagiste en face.Au XVIIIème siècle, la cité des Ducs, située à l’ouest de la France, concentrait 43% des expéditions françaises transatlantiques. Mais, pendant longtemps, ce passé honteux, douloureux a été occulté et rien dans la ville ne permettait de comprendre à quel point Nantes avait été façonné par cette histoire et s’était enrichi de ce « commerce du crime », comme l’appelait l’Abbé Grégoire, abolitionniste de la Révolution Française.En 2012, Nantes sera finalement la première ville de France à avoir un Mémorial de l’Abolition de l’esclavage, fruit de l’inlassable travail d’historiens locaux et du combat de membres de la communauté antillaise et afro-descendante de Nantes, dès les années 80. Des citoyens qui, encore aujourd’hui, ont le devoir de mémoire et d’histoire chevillé au corps, afin non plus d’apaiser les mémoires, mais d’éveiller les consciences.

Voyage sur les chemins d’une mémoire vive, entre le Château des Ducs de Bretagne, le Mémorial, les rues et les quais de Nantes qui affichent encore les traces de ce passé esclavagiste, la Maison de l’Afrique ou les Archives de la ville.

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Il y a 170 ans, le 27 avril 1848, la France abolit définitivement par décret l’esclavage dans ses colonies. Chaque année, le 10 mai, a lieu la journée nationale des mémoires de la traite, l’esclavage et leurs abolitions.

A cette occasion, on vous emmène tout à l’est de l’Hexagone, sur la Route des abolitions de l’esclavage, dans un coin de France métropolitaine où l’on ne s’attend pas à retrouver cette histoire et cette mémoire.

Et pourtant, depuis 1998, loin des côtes atlantiques françaises et de leurs ports négriers, loin de l’Afrique, des Caraïbes et des Amériques où, pendant quatre siècles, la traite occidentale a sévi et déporté plus de 15 millions d’Africains, cette route, pionnière mais méconnue, retrace sur cinq sites culturels le parcours de figures abolitionnistes et humanistes. Parmi elles, l’Abbé Grégoire, « ami des hommes de toutes les couleurs », pendant la Révolution française, Victor Schœlcher, père de la seconde abolition française de l’esclavage ou Toussaint Louverture, ancien esclave affranchi à Saint-Domingue devenu général d’armée française, héros abolitionniste et grande figure émancipatrice des Noirs. En allant à la rencontre de ces grands personnages et de leurs combats, on comprend aussi mieux l’évolution des mouvements abolitionnistes en France et dans le monde.

Suivez-nous du Haut-Rhin en Meurthe-et-Moselle en passant par la Haute-Saône et le Doubs sur les traces d’hommes qui, en leur temps, ont œuvré pour la liberté de leurs semblables. Un reportage de Cyrielle Bedu.(Rediffusion du 5 mai 2018).

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Durant deux semaines, on vous invite aux Comores, sur la plus grande des îles de l’archipel, Ngazidja, aussi appelée Grande Comore. L’été correspond aux grandes vacances en France, et à 9 000 km de là, aux Comores, c’est la saison où les « Je viens », les Comoriens de la diaspora, rendent visite à leur famille dans leurs terres d’origine. C’est aussi la saison des « grands mariages », des cérémonies souvent fastueuses, animées par les orchestres de taarab. Et cette semaine, toujours en compagnie de Chebli Msaïdié, artiste comorien passé par Marseille puis Paris, et revenu s’installer au pays, on va se plonger dans ce marathon de fêtes somptueuses et de rituels très codifiés qu’est le « Anda », le fameux « grand mariage » traditionnel comorien. Cette institution, capitale et ancestrale, rythme l’été en Grande Comore comme elle façonne la société comorienne, les rapports d’honneur et de pouvoir. A Marseille, les grands mariages animent aussi la communauté comorienne très présente dans la cité portuaire française. Par contre, la débauche de moyens et d’argent que le « grand mariage » implique est aujourd’hui de plus en plus contestée.

Un reportage en 2 épisodes, entre Marseille et les Comores, de Vladimir Cagnolari.

(Rediffusion du 25 novembre 2018).

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Durant deux semaines, on vous invite aux Comores, sur la plus grande des îles de l’archipel, Ngazidja, aussi appelée Grande Comore. L’été correspond aux grandes vacances en France, et à 9 000 km de là, aux Comores, c’est la saison où les « Je viens », les Comoriens de la diaspora rendent visite à leur famille dans leurs terres d’origine. C’est aussi la saison des Grands mariages, des cérémonies souvent fastueuses, animées par les orchestres de taarab.

Cette semaine, on voyage sur les pas de Chebli Msaïdié, chanteur et producteur de musique passé par Marseille en France, une ville connue pour être « la 5ème île des Comores », puis Paris, et revenu récemment s’installer au pays. Un « je viens » qui a choisi de rester et de célébrer les 50 ans de l’orchestre que son père a fondé.

Un reportage en 2 épisodes de Vladimir Cagnolari.(Rediffusion du 18 novembre 2018)

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[Reportage en son 3D] Suite à l’incendie du 15 avril 2019 qui a ravagé l’édifice, sous les yeux ébahis du monde entier, on vous propose de réentendre un grand reportage, réalisé en 2013 à Notre-Dame de Paris, sur l’île de la Cité, au cœur du Paris historique.

À l’époque, nous avions arpenté en long et en large la plus célèbre des églises de France, du parvis bondé de touristes à la sacristie, en passant par sa nef ou ses deux tours au bestiaire fantastique évoquant autant le roman de Victor Hugo que le grand artisan de la restauration du monument dès 1845 : Violet Leduc. Nous avions donc tourné les pages de ce grand livre de pierre et d’histoire, qui semblait traverser les siècles et veiller sur les Parisiens.Voyage au cœur du quotidien d’un lieu de culte jusque-là très vivant, où se mêlaient curieux du monde entier, fidèles du petit matin et prêtres en aube blanche, au rythme des nombreuses messes de la cathédrale et sur fond d’histoire de France.En 2013, nous la décrivions, impassible et immuable. Aujourd’hui, ce grand « livre de l’humanité », selon les mots de l’écrivain Victor Hugo, va ouvrir un nouveau chapitre de sa longue histoire : celui de sa reconstruction, le monde entier à son chevet.

Un reportage de Céline Develay-Mazurelle et Xavier Gibert en version remaniée, avec RFI Labo et disponible ici en son 3D binaural. À écouter absolument au casque depuis cette page !

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On part sur les traces d’une femme de lettres et de sables cette semaine, un personnage singulier, rebelle aux ordres du monde, scandaleux pour certains, fascinant pour beaucoup d’autres.Car Isabelle Eberhardt, née en Suisse en 1877, de père inconnu dans une famille d’aristocrates anarchistes en exil, a été décidément en avance sur son époque.Partie à l’âge de 20 ans pour Annaba, dans l’Algérie coloniale, elle va tour à tour se faire cavalier arabe, bédouin du désert, disciple soufie, arpenteur d’horizons et surtout écrivaine.Morte brutalement dans le désert à 27 ans, elle va laisser derrière elle plus de 2 000 pages, témoignage précieux et sensible du monde arabe et musulman du début du 20ème siècle.

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Sur la grande côte, à plus de 50 kilomètres de Dakar au Sénégal, le village de pêcheurs traditionnels de Cayar a décidé de prendre son destin en main, dans un contexte de mondialisation, de pêche industrielle intensive, de flambée du prix de l’essence et surtout de pénurie de poissons.Pilier de l’économie du Sénégal, la pêche représente le premier poste d’exportation du pays, un secteur qui génèrerait 600 000 emplois directs et indirects. Et à Cayar, il suffit de se rendre sur la longue plage du village, parmi les nuées de pirogues et le quai de pêche pour s’en rendre compte.

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Après Bruxelles, Genève, Paris, Lisbonne ou encore Berlin l’Africaine, on continue d’explorer le passé et le présent noir des grandes villes du monde... Mais cette fois, on tourne le dos aux capitales de la vieille Europe pour vous emmener de l’autre côté de l’Atlantique, au Canada, terre d’immigration par excellence, où près de 500 000 de ces immigrés seraient nés en Afrique.A Montréal, au Québec, la présence noire, africaine et caribéenne principalement, est historique, la Nouvelle France ayant notamment pratiqué l’esclavage au XVIIème et au XVIIIème siècle.Mais c’est surtout dans les années 60, que des Haïtiens puis des Africains sont venus poser leurs valises au bord du Fleuve Saint-Laurent. Depuis, francophonie oblige, l’immigration africaine représente la 2ème immigration au Québec.Du Balattou, club mythique des nuits africaines à la Maison de l’Afrique en passant par le quartier de la Petite Bourgogne, fief historique des Noirs de la ville ou le marché Jean Talon, suivez-nous à la rencontre d’ambassadeurs africains de Montréal.Un reportage d’Hortense Volle.

(Rediffusion du 9 juin 2018).

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On voyage cette semaine au fil de malentendus de l’histoire, des malentendus nés de la rencontre, voire la collision entre Occidentaux dits « civilisés » et « Sauvages » prétendus. Tout cela sur fond de conquête espagnole, de « découverte » des Amériques, de colonisation, de récits d’exploration, de terrain ethnographique ou de tourisme. Car qu’est-ce que la rencontre ? Qui est le sauvage ? Et qu’est-ce que l’Autre avec un grand A ?

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On suit cette semaine, les trajectoires solitaires de deux « hobos » du XXIème siècle, des jeunes Européens vagabonds qui, un jour à 20 ans, sont partis, la liberté sous le bras et le sac sur le dos.

La Suissesse Sarah Gysler et le Français Eliott Schonfeld ont à eux deux moins de 50 ans. Et en suivant leurs pas, on traverse aussi bien les steppes mongoles que l’Atlantique en bateau stop. On atteint le Cap Nord ou l’Australie, puis on se faufile en Alaska pour mieux se perdre en Colombie ou en Amazonie. Depuis d’ailleurs, ces deux-là ne sont jamais tout à fait rentrés...

Signe des temps, leurs trajectoires respectives -ils ne voyagent pas ensemble- sont suivies par des dizaines de milliers d’internautes. Car chemin faisant, ils interrogent le monde qu’ils traversent, en « mode survie », faisant le choix du dénuement dans un monde d’opulence et d’écrans, sans itinéraires, ni téléphone ou sous vaillants.

Parce que « le monde appartient à ceux qui rêvent tôt », on se penche sur les itinéraires d’enfants pas si gâtés, devenus adultes sur la route. Des jeunes qui ont préféré aux modes d’emploi, les cartes topographiques et les atlas du monde.

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Pendant des siècles, des millénaires, la seule aventure que l’on concédait bien souvent aux femmes, c’était celle du cœur. L’aventure, le voyage à travers les chemins du monde était une affaire d’hommes et de pantalon. La place d’une femme était à la maison qui, telle Pénélope, toute à son ouvrage, attend sagement le retour d’Ulysse parti braver les mers et les dangers. Et puis, au XIXème siècle, des Occidentales, longtemps réduites au statut de courtisanes ou de femmes d’intérieur, se sont lancées dans « le Grand Dehors », à l’extérieur.

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Autour de la 116ème rue, entre le boulevard Frederik Douglass et la 5ème avenue, « Little Senegal » est le fief africain de Harlem. Comme Chinatown ou Little Italy, ce quartier d’immigrés fait l’identité de New York. Dès les années 80, des Sénégalais sont arrivés à Harlem. C’était encore un ghetto et les loyers étaient abordables. Dans cet épicentre de la culture noire, l’Afrique résonne depuis les années 20 et le mouvement culturel de « la Renaissance de Harlem ». A cette époque, les artistes noirs américains ont puisé leur inspiration dans une Afrique mythique, comme un retour aux origines. Aujourd’hui, on prend le chemin inverse, de l’Afrique à l’Amérique. Direction Harlem. Un reportage de Sarah Lefèvre.(Rediffusion du 22 septembre 2018).

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À New-York, dans le sud de l’île de Manhattan, Harlem, fief historique de l’Amérique noire, est en pleine mutation. Jusque dans les années 2000, les touristes n’osaient que très peu s’aventurer entre la 96ème et la 155ème rue. Mais le quartier, longtemps perçu comme dangereux, est devenu un objet de désirs immobiliers. Les promoteurs investissent massivement, misant sur la proximité du quartier avec Central Park et le reste de Manhattan. La rénovation des « brownstones », ces maisons mythiques en grès rouge, et la construction de résidences haut de gamme ont attiré de nouveaux habitants, bien plus riches. Entre Starbucks et les restaurants étoilés, Harlem porte encore fièrement les traces de son histoire, sa culture noire et ses luttes pour l’émancipation des Africains-Américains. Voyage entre la Mecque et le Ghetto, dans un quartier de légendes.

Un reportage de Sarah Lefèvre. (Rediffusion du 15 septembre 2018).

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C’est un train unique en son genre, un petit train de voyageurs, à taille humaine, qui file à travers les immensités désertiques de Mauritanie, sur une voie mythique.En effet, le Train du Désert circule sur la seule voie ferrée du Sahara, reliant sur près de 700 kilomètres Nouadhibou, la capitale économique du pays située sur la côte Atlantique, à Zouerate, cité minière du Nord-Ouest.Construit en 1962 par la MIFERMA, Société Anonyme des Mines de Fer de Mauritanie, cette « ligne des sables » a été mise en service en 1963 pour acheminer du minerai de fer, pilier de l'économie mauritanienne.En 2007, pour des raisons de sécurité, le ministère des Affaires étrangères français avait fermé une partie de l'Adrar aux touristes français.Mais, depuis octobre 2018, après 10 ans d’absence, le Train du Désert, initié par la coopérative Point Afrique, a repris du service.A bord, amoureux du train et du désert renouent avec la grandeur des paysages, entre plateaux de sable fin et montagnes ocres.Surtout, ils découvrent la vie des travailleurs du rail et de la mine ainsi que l’histoire de cette ligne de fer et de vie.En chemin, ils croisent aussi l’interminable train minéralier, train le plus long et le plus lourd d'Afrique qui circule sur la voie.Embarquez avec nous de Choum à Zouerate en passant par Ben Amira pour un voyage au rythme du train.

Un reportage de Raphaëlle Constant avec RFI Labo et Benjamin Sarralié.

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Cette semaine, on embarque à bord d’un voilier, à travers la Méditerranée, de l’Adriatique à la mer Egée, de celle de Marmara jusqu’à la mer Noire : là où se mêlent les eaux...« Là où se mêlent les eaux », c’est aussi le nom d’un récit de voyage paru en 2018 en France, aux éditions La Découverte, et écrit à quatre mains par Laurent Geslin et Jean-Arnault Dérens, deux journalistes habitués à sillonner, pour RFI notamment, les Balkans, ces confins de l’Europe, trop souvent méconnus et négligés.Mais cette fois, ce n’est pas dans les terres ou en voiture qu’ils nous emmènent. C’est en bateau, de port en port, pour un cabotage au long cours, jusque dans le Caucase, loin des soubresauts de l’actualité.Chemin faisant, les deux voyageurs dessinent les contours sensibles de ce vaste coin du monde, où tout se mêle, se mélange : dieux grecs et migrants afghans, ombres de Tito et d’Ulysse, empires déchus et nations fragiles, drapeaux rouges et bruns, vents de la Bora et du Meltem.Voyage à la rencontre de minorités oubliées et de terres de mélange, au gré du vent et des courants.Avec Jean-Arnault Dérens et Laurent Geslin.

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Depuis quelques années, la capitale de la Géorgie connaît une transformation inédite, à l’image de l’évolution du pays.Libérée du joug soviétique depuis 1991 et entrée de plein pied dans l’économie libérale, la ville se rêve en « mini-Dubaï du Caucase », cherchant à attirer capitaux étrangers et visiteurs du monde entier.En 2018, plus de 5 millions de touristes sont allés en Géorgie, un pays qui compte seulement 3 700 000 habitants.Vieille cité de plus de 1 500 ans, Tbilissi a désormais sa biennale d’art contemporain, sa Fashion Week, ses bars branchés et ses ouvrages d’architecture monumentale qui font la fierté de ses élus, parfois moins de ses habitants.Comment ces habitants justement, vivent-ils cette mutation aussi rapide que complexe ? Une mutation qui rappelle les enjeux d’une époque et d’une région surtout : la Transcaucasie traversée d’influences, un pied en Asie, l’autre en Europe, entre la Russie, la Turquie, l’Azerbaïdjan et l’Arménie.

Balade dans les ruelles et les avenues de la ville aux côtés d’habitants, amoureux d’un Tbilissi authentique, sans passéisme, ni nostalgie.

Un reportage d’Arnaud Contreras.

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C’est un curieux bateau, aux allures de résidence d’artistes du grand large. Son capitaine : Titouan Lamazou, peintre-navigateur français à l’inspiration vagabonde.Son équipage peuplé de linguistes océaniens, d’écrivains martiniquais ou polynésiens et de plasticiens africains, promet à lui seul de grands voyages et de grands desseins.Depuis des décennies, Titouan rêve à ce bateau qui l’emmènerait, lui et d’autres, au gré du vent et des courants, ailleurs, regarder le beau et le monde en face.Le « bateau-atelier », c’est le nom de ce projet de résidence itinérante qu’il défend depuis des décennies, et qui devrait prochainement voir le jour. C’est aussi le nom de l’exposition que l’artiste présente actuellement au Musée du Quai Branly-Jacques Chirac, à Paris.L’occasion de rencontrer ce grand voyageur, en escale dans son atelier parisien tel une île dans le grand archipel du monde.

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Cette semaine, nous partons à la rencontre des Kalash du Pakistan, minuscule et magnétique peuple païen qui survit encore aujourd’hui, dans les replis de l’Hindu Kush, au nord-ouest du pays, à la lisière de l’Afghanistan.Depuis des siècles, ces « kafirs » ou « infidèles », polythéistes de l’Himalaya vivent au rythme de la nature et des saisons, maintiennent leur culture et leurs traditions dans trois étroites vallées, tout en fascinant le monde.Jusqu’au 1er décembre 2019, le Musée des Confluences de Lyon leur consacre une passionnante exposition, conçu tel un cheminement dans la pensée kalash et dans les pas de trois « étonnants voyageurs ».En effet, les ethnologues français Jean-Yves Loude et Viviane Lièvre ainsi que le photographe Hervé Nègre ont passé, entre 1976 et 1990, près de 3 ans auprès de ces quelque 3 000 montagnards, vivant parmi les « fées » et les dieux bienveillants.Huit voyages et quinze ans d’études à la rencontre de ce peuple de pasteurs à la culture chamanique ancestrale, mais menacée.Avant que la société moderne n’efface leurs traces, suivez donc avec nous celles des Kalash !

Avec les ethnologues français Jean-Yves Loude et Viviane Lièvre et le photographe Hervé Nègre.

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Depuis les années 1970, une petite communauté de pêcheurs sénégalais vit et travaille dans le bassin d’Arcachon, sur la côte atlantique française.Pêcheurs pour la plupart dans leur pays, ces hommes de l’ethnie sérère, ont quitté leur terre natale, au confluent des fleuves Sine et Saloum pour exercer leur métier particulièrement éprouvant, loin de leurs familles.A Arcachon, cité balnéaire française réputée, de la ville d’été et ses navettes pleine d’estivants en partance pour le Cap Ferret, à la ville d’hiver et ses somptueuses villas du XIXème siècle situées sur les hauteurs, on est très loin du quotidien harassant des pêcheurs de l’Atlantique.Pourtant, inlassablement, toute l’année, une centaine de navires, des chalutiers mais surtout des fileyeurs, sortent jusqu’à 10 jours en mer, dans le Golfe de Gascogne. C’est sur ces longues « marées » que l’on retrouve à bord les Sénégalais.

Voyage entre terre et mer, avec Sybille d’Orgeval notre reporter partie à la rencontre de ces travailleurs de l’ombre, géants anonymes des mers.

Un reportage de Sybille d’Orgeval.

(Rediffusion du 16 juin 2018).

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Il a inspiré des générations de plumes vagabondes. Et la seule évocation de son nom nous emmène loin, très loin : ailleurs. Avec Olivier Weber, auteur de Jack London, l’appel du grand ailleurs, paru aux Editions Paulsen, on part à la découverte de la vie romanesque et trépidante du grand écrivain américain, né en janvier 1876 et mort à seulement 40 ans.

De la baie de San Francisco où il a grandi au Grand Nord canadien, du Détroit de Béring aux bas-fonds de Londres, d’errances américaines, accroché aux wagons de marchandises en amarrages aux quais des mers du Sud, le romancier va tracer très tôt et très vite sa route et sa plume.

Enfant de Melville et de Stevenson, élève de Conrad et grand frère de Kerouac, Jack London est aujourd’hui consacré « père de tous les bourlingueurs ». Sa gueule d’ange-bagarreur, aux yeux clairs et à la mâchoire épaisse, est entrée dans la mémoire collective.

Ses ouvrages tels que les mythiques Croc-Blanc ou l’Appel de la forêt ont marqué des millions d’enfants et d’adolescents, faisant de lui l’un des auteurs les plus traduits au monde. Mais souvent, beaucoup ne connaissent de London que le nom, devinant son ardeur littéraire sans s’être réellement aventuré dans la langue nerveuse et le monde puissant de cet homme aussi écrivain qu’aventurier. Ailleurs, c’est donc là où nous allons cette semaine, pour voir si Jack London y est.

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Plus qu’un conte, la vie de Charlie Chaplin est une épopée, un voyage à travers l’histoire du cinéma et le 20e siècle que l’artiste aura marqué de son empreinte. Né dans les bas-fonds de Londres en 1889, le cinéaste passé maître dans l’art du pantomime, est devenu une star planétaire à Hollywood en créant son personnage de vagabond : Charlot.Contraint à l’exil sous le maccarthysme, Chaplin et sa famille trouvent refuge en 1953, en Suisse, à Corsier-sur-Vevey, sur les hauteurs du lac Léman. C’est là, après 25 ans de vie paisible avec sa femme Oona et ses huit enfants, qu’il va s’éteindre le 25 décembre 1977 à 88 ans. Aujourd’hui en 2016, le Manoir de Ban est devenu un musée consacré à l’icône du cinéma muet. Le Chaplin’s World propose une immersion vivante dans son univers cinématographique, son imaginaire et son génie créateur.

Suivez-nous à la rencontre d’un homme engagé qui, entre deux guerres mondiales, montée du nazisme et Guerre Froide, a su raconter son époque avec pour armes le cinéma et surtout l’humour.

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À la fin de la Première Guerre mondiale, une ligne aérienne mythique a été initiée par un industriel français, Pierre-Georges Latécoère. Son projet, créer une liaison postale aérienne entre trois continents : l’Europe, l’Afrique et l’Amérique du Sud. Cette épopée moderne, à la conquête du ciel, va alors traverser neuf pays pour délivrer du courrier et relier les hommes. Cent ans après le premier décollage de la Ligne Latécoère Aéropostale en 1918, soixante avions se sont envolés, en septembre 2018, dans le sillage de l’Aéropostale. D’escale en escale, de Cap Juby à Saint-Louis du Sénégal en passant par Casablanca et Nouadhibou, la mémoire des pionniers de l’aviation tels que Mermoz, Saint-Exupéry ou Guillaumet revit. Le Raid Latécoère-Aéropostale, créé en 2007, rassemble tous les ans des passionnés d’aviation, envieux de parcourir cette ligne de légende. Et en cette année de centenaire, le voyage a des allures de grand pèlerinage jusqu’en Afrique. Attachez vos ceintures et embarquez avec nous, de Toulouse jusqu’à Dakar au Sénégal sur le trajet de la ligne Latécoère-Aéropostale.

Un grand reportage en 2 épisodes de Raphaëlle Constant avec RFI Labo.

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À la fin de la Première Guerre mondiale, une ligne aérienne mythique a été initiée par un industriel français, Pierre-Georges Latécoère. Son projet, créer une liaison postale aérienne entre trois continents: l’Europe, l’Afrique et l’Amérique du Sud. Cette épopée moderne, à la conquête du ciel, va alors traverser neuf pays pour délivrer du courrier et relier les hommes. Cent ans après le premier décollage de la Ligne Latécoère Aéropostale en 1918, soixante avions se sont envolés, en septembre 2018, dans le sillage de l’Aéropostale. D’escale en escale, de Cap Juby à Saint-Louis du Sénégal en passant par Casablanca et Nouadhibou, la mémoire des pionniers de l’aviation tels que Mermoz, Saint-Exupéry ou Guillaumet revit. Le Raid Latécoère-Aéropostale, créé en 2007, rassemble tous les ans des passionnés d’aviation, envieux de parcourir cette ligne de légende. Et en cette année de centenaire, le voyage a des allures de grand pèlerinage jusqu’en Afrique. Attachez vos ceintures et embarquez avec nous, de Toulouse jusqu’à Dakar au Sénégal sur le trajet de la ligne Latécoère-Aéropostale.

Un grand reportage en 2 épisodes de Raphaëlle Constant avec RFI Labo.

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Le plus grand explorateur du XXème siècle est une femme.

Première femme occidentale entrée en 1924 à Lhassa, cité interdite du Tibet, Alexandra David-Néel est aussi entrée dans les mémoires.Véritable monument du voyage, cette femme infiniment libre, à la fois journaliste, cantatrice, exploratrice, écrivain, photographe, orientaliste et bouddhiste convaincue, continue, près de 50 ans après sa mort, à fasciner les âmes vagabondes et aventureuses à travers le monde.Son esprit, anticonformiste et libertaire, frappe par sa modernité et sa farouche indépendance, à une époque où les femmes prenaient peu la poudre d’escampette pour l’Orient et ses contrées himalayennes.Ses multiples voyages qui vont la mener de Ceylan au Sikkim, en passant par l’Inde, la Chine et le Tibet bien sûr, vont marquer son époque, et au-delà les générations suivantes.Ses nombreux écrits, entre récits de voyage et ouvrages savants sur le bouddhisme, vont participer à mieux faire connaître le Tibet, mais aussi le bouddhisme tibétain. Tous ceux qui l’ont lue, mais aussi côtoyée de près ou de loin s’en souviennent.En 1928, de retour du Tibet, Alexandra va poser ses valises à Digne-les-Bains, dans les Alpes de Haute-Provence. C’est là qu’aujourd’hui, dans sa « résidence de la méditation », on retrouve une maison-musée émouvante retraçant la vie, les aventures et les engagements d’Alexandra David-Néel. C’est aussi là que vit son ancienne secrétaire particulière, Marie-Madeleine Peyronnet, qui a partagé les dix dernières années de la vie d’Alexandra jusqu’à sa mort, à près de 101 ans.

Suivez-nous sur ses traces, de l’Himalaya à Digne-les-Bains, à la rencontre de cette dame Lama nommée Alexandra.

Un reportage de Céline Develay-Mazurelle et Laure Allary. Dans la collection « Compagnons de route », série de portraits radiophoniques de grands écrivains-voyageurs.

(Rediffusion du 7 juillet 2018).

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50 ans après Mai 68, on tourne le dos à Paris et au quartier latin, théâtre à l'époque de l'insurrection étudiante et l'on vous emmène en Ardèche, dans le sud de la France, l'un des départements français les plus «marqués» par ce printemps social aux allures de rendez-vous manqué.En effet, après les évènements de Mai 68 qui ont embrasé la France gaulliste, de jeunes citadins déçus par les suitees donnés au mouvement, vont partir à la campagne, en Ardèche notamment, pour bâtir un autre monde, plus proche de la terre et loin de la société de consommation.Aujourd'hui, cet idéal de retour à la terre s'est mué en véritable mode de vie. Et sans le revendiquer, ces néo-ruraux, enfants de 68, ont façonné l'identité de leurs terres d'adoption, des terres cévenoles sauvages et préservées, de petits paysans engagés dans le territoire et pionniers du bio.Le 10 mai 1968, pendant la nuit des barricades, on pouvait lire sur les murs de Paris : « Prenez vos désirs pour la réalité ! ». Eux l’ont fait, et nous en parlent.Un reportage de Sarah Lefèvre.

(Rediffusion du 12 mai 2018).

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Durant deux semaines, on vous invite aux Comores, sur la plus grande des îles de l’archipel, Ngazidja, aussi appelée Grande Comore. L’été correspond aux grandes vacances en France, et à 9 000 km de là, aux Comores, c’est la saison où les « Je viens », les Comoriens de la diaspora, rendent visite à leur famille dans leurs terres d’origine. C’est aussi la saison des « grands mariages », des cérémonies souvent fastueuses, animées par les orchestres de taarab. Et cette semaine, toujours en compagnie de Chebli Msaïdié, artiste comorien passé par Marseille puis Paris, et revenu s’installer au pays, on va se plonger dans ce marathon de fêtes somptueuses et de rituels très codifiés qu’est le « Anda », le fameux « grand mariage » traditionnel comorien. Cette institution, capitale et ancestrale, rythme l’été en Grande Comore comme elle façonne la société comorienne, les rapports d’honneur et de pouvoir. A Marseille, les grands mariages animent aussi la communauté comorienne très présente dans la cité portuaire française. Par contre, la débauche de moyens et d’argent que le « grand mariage » implique est aujourd’hui de plus en plus contestée.

Un reportage en 2 épisodes, entre Marseille et les Comores, de Vladimir Cagnolari.

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Durant deux semaines, on vous invite aux Comores, sur la plus grande des îles de l’archipel, Ngazidja, aussi appelée Grande Comore. L’été correspond aux grandes vacances en France, et à 9 000 km de là, aux Comores, c’est la saison où les « Je viens », les Comoriens de la diaspora rendent visite à leur famille dans leurs terres d’origine. C’est aussi la saison des Grands mariages, des cérémonies souvent fastueuses, animées par les orchestres de taarab.

Cette semaine, on voyage sur les pas de Chebli Msaïdié, chanteur et producteur de musique passé par Marseille en France, une ville connue pour être « la 5ème île des Comores », puis Paris, et revenu récemment s’installer au pays. Un « je viens » qui a choisi de rester et de célébrer les 50 ans de l’orchestre que son père a fondé.

Un reportage en 2 épisodes de Vladimir Cagnolari.

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Le 21 octobre 2018, à la Havane, sur la scène de la Cécilia, près de 500 choristes français et 250 choristes cubains ont célébré la Rumba, le chant et les rythmes afro-cubains.Cet évènement unique est le point d’orgue d’un projet hors-normes porté depuis des années par Karim Ammour, compositeur et chef d’orchestre du collectif vocal Urban Voices.Depuis 2012, cet ensemble nantais rassemble 1 000 chanteurs amateurs, autour d'un répertoire différent chaque année.Cette année, la moitié d’entre eux a décidé de s’offrir le voyage jusqu'à la Havane, pour se plonger dans la culture populaire cubaine, où l’Afrique n’est jamais loin et la musique partout.

Un reportage de Sarah Lefèvre.

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Il y a 70 ans, en 1948, le Windrush, navire de la Marine britannique, débarquait près de Londres avec à son bord près de 500 Caribéens venus s’installer en Angleterre, pour reconstruire le pays. Beaucoup posèrent alors leurs valises à Notting Hill mais surtout à Brixton, un quartier populaire du sud de Londres. Ils seront bientôt rejoints par des dizaines de milliers d’autres qui feront de Brixton, l’un des hauts lieux de la présence antillaise dans le pays. Dans les années 70, le quartier respirait la Jamaïque au son du reggae et des sound-systems. Il attirait aussi les punks, devenant ainsi un quartier rebelle, fief des contre-cultures à l’anglaise. Or, depuis une quinzaine d’années, comme d’autres coins de la capitale britannique, Brixton change et devient à la mode. Bars branchés, restaurants et clubs remplacent peu à peu les petits commerces d’antan, modifiant le visage de ce quartier mythique. Mais son histoire, singulière et métissée, pétrie de musique et de luttes dans une société longtemps hostile envers ses « Black British », est encore partout présente.Car sous les pavés de Brixton, Kingston est bien toujours là !Un reportage de Vladimir Cagnolari.(Rediffusion du 21 juillet 2018).

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A l’occasion du Festival du Voyage d’Albertville, le Grand Bivouac, où il était invité pour des masterclass et des ateliers, rencontre avec un photographe mondialement connu par son seul prénom: Reza.Depuis près de 40 ans, Reza sillonne le monde et ses conflits, appareil en main, en quête d’humanité et de poésie parmi les champs de ruines et les routes de l’exode, de l’Afghanistan au Rwanda, en passant par le Liban ou les Balkans. Ses images ont fait l’objet d’innombrables expositions, d’une trentaine de livres mais aussi de nombreuses publications, notamment dans le «National Geographic».Parce que cet Iranien d’origine n’oubliera jamais le jour où l’Iran, pays de poètes et de couleurs, s’est drapé de noir, il a décidé de consacrer sa vie à partager les regards, illustres ou anonymes, d’âmes rebelles, fières et résistantes. Depuis plusieurs années, il s’engage auprès des enfants et organise des ateliers photo dans les camps de réfugiés ou les quartiers populaires du monde…Le grand poète persan Rûmî du XIIIème siècle a écrit : «Il y a une voix qui n'utilise pas les mots. Écoute !» Avec, Reza, on aurait envie d’ajouter : Regarde !

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Cette semaine, on voyage sur un chemin, long et sinueux, très loin des sentiers touristiques : celui des Afro-Equatoriens pour la reconnaissance de leurs droits, leur culture et leur identité. Depuis son indépendance en 1822, ce petit pays d’Amérique latine affiche une grande diversité culturelle, à l’image de son continent.

(Rediffusion du 26 mai 2018).

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Cette semaine, on pose nos valises et nos micros au Festival du Grand Bivouac, festival français du voyage d’Albertville qui, cette année, nous promet un « beau chambardement » qui ne serait « ni de la naïveté, encore moins de l’angélisme. Mais un regard attentif, réaliste et bienveillant sur le monde ».Et aujourd'hui, il sera justement question de regards, en compagnie de deux âmes nomades, deux photographes invités sur le Grand Bivouac à partager leurs images et leurs voyages.

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Rencontre avec l’ethnogéologue français né en 1922, écrivain, éditeur, explorateur polaire et ardent défenseur des autochtones du Grand Nord.

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« Il faut le croire pour le voir », c’est la devise de ce petit village des Deux-Sèvres, peuplé de 360 habitants, baptisé depuis près de 30 ans « Nombril du Monde ».

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Au cœur de l’océan Atlantique, les neuf petites îles des Açores forment un archipel aussi magique que stratégique. Situées à 1 500 km de l’Europe continentale, Santa Maria, São Miguel, Terceira, Graciosa, São Jorge, Pico, Faial, Corvo et Flores demeurent encore très méconnues.

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Autour de la 116ème rue, entre le boulevard Frederik Douglass et la 5ème avenue, « Little Senegal » est le fief africain de Harlem. Comme Chinatown ou Little Italy, ce quartier d’immigrés fait l’identité de New York. Dès les années 80, des Sénégalais sont arrivés à Harlem. C’était encore un ghetto et les loyers étaient abordables. Dans cet épicentre de la culture noire, l’Afrique résonne depuis les années 20 et le mouvement culturel de « la Renaissance de Harlem ». A cette époque, les artistes noirs américains ont puisé leur inspiration dans une Afrique mythique, comme un retour aux origines. Aujourd’hui, on prend le chemin inverse, de l’Afrique à l’Amérique. Direction Harlem. Un reportage de Sarah Lefèvre.

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À New-York, dans le sud de l’île de Manhattan, Harlem, fief historique de l’Amérique noire, est en pleine mutation. Jusque dans les années 2000, les touristes n’osaient que très peu s’aventurer entre la 96ème et la 155ème rue. Mais le quartier, longtemps perçu comme dangereux, est devenu un objet de désirs immobiliers. Les promoteurs investissent massivement, misant sur la proximité du quartier avec Central Park et le reste de Manhattan. La rénovation des « brownstones », ces maisons mythiques en grès rouge, et la construction de résidences haut de gamme ont attiré de nouveaux habitants, bien plus riches. Entre Starbucks et les restaurants étoilés, Harlem porte encore fièrement les traces de son histoire, sa culture noire et ses luttes pour l’émancipation des Africains-Américains. Voyage entre la Mecque et le Ghetto, dans un quartier de légendes. Un reportage de Sarah Lefèvre.

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Cette semaine, on part dans la principauté de Monaco, loin des casinos et des hôtels de luxe, sur les traces d’un étonnant personnage, plutôt méconnu aujourd’hui : le Prince Albert 1e. De 1885 à 1915, ce souverain aux allures de capitaine haddock a pourtant sillonné le monde et mené plus de 28 expéditions scientifiques, des Açores au Spitzberg, multipliant les explorations et les découvertes.

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Après dix ans d’absence, les touristes reviennent fouler le sable de l’Adrar, en Mauritanie, avec à chaque étape comme un parfum de retrouvailles. Depuis 2007, ce morceau du Sahara était fermé aux voyageurs, classé zone rouge, « formellement déconseillé », par le ministère français des Affaires étrangères, après l’assassinat de quatre touristes français, près de la frontière du Sénégal et de la Mauritanie.

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Pour trois semaines, Si loin si proche part à la conquête de l’Ouest canadien. Une aventure en trois parties dans un vaste pays qui appelle au voyage. De Toronto à Vancouver, avec un arrêt dans les Prairies du Saskatchewan.3ème et dernier épisode sur la côte Pacifique, dans la plus asiatique des cités d’Amérique.Entre mer et montagnes, la ville de Vancouver est connue pour son cadre de vie exceptionnel, son dynamisme économique, ses loyers astronomiques, mais aussi son visage asiatique.Dans cette cité multiculturelle de près de 650 000 habitants, plus de la moitié de la population de sa métropole est asiatique et un habitant sur 4 parle quotidiennement une langue asiatique.Et pourtant ce visage, connu de beaucoup, est souvent mal appréhendé, se limitant actuellement aux unes des quotidiens économiques et des gazettes de l’immobilier.(Rediffusion du 25 novembre 2017).

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Pour trois semaines, Si loin si proche part à la conquête de l’Ouest canadien. Une aventure en trois parties dans un vaste pays qui appelle au voyage. De Toronto à Vancouver, avec un arrêt dans les Prairies du Saskatchewan.Deuxième épisode au centre du pays, à la rencontre d’une des plus petites minorités du pays : les Fransaskois.(Rediffusion du 18 novembre 2017).

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Pour trois semaines, Si loin si proche part à la conquête de l’Ouest canadien. Une aventure en trois parties dans un vaste pays qui appelle au voyage. De Toronto à Vancouver, avec un arrêt dans les Prairies du Saskatchewan.Premier épisode à bord d’un train de légende, l’un des derniers transcontinentaux du monde en service, lointain cousin d’Amérique du Transsibérien : le Transcanadien !

(Rediffusion du 11 novembre 2017).

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Dans la commune d’Ixelles, bat le cœur africain, congolais surtout, de la ville : Matonge. Le nom vient d’ailleurs d’un quartier de Kinshasa réputé pour son ambiance et ses artistes.C’est là, au beau milieu de la capitale européenne que, depuis les années 60, se retrouve la communauté congolaise parmi les boutiques de wax, les restaurants, les clubs de rumba et les coiffeurs africains.(Rediffusion du 17 février 2018).

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Dans la commune d’Ixelles, bat le cœur africain, congolais surtout, de la ville : Matonge. Le nom vient d’ailleurs d’un quartier de Kinshasa réputé pour son ambiance et ses artistes.C’est là, au beau milieu de la capitale européenne que, depuis les années 60, se retrouve la communauté congolaise parmi les boutiques de wax, les restaurants, les clubs de rumba et les coiffeurs africains.(Rediffusion du 10 février 2018).

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Dès le XVIIIème siècle, l’alpinisme est né au pied du Mont Blanc, en France. Aujourd’hui, dans la vallée de Chamonix, en Savoie, consacrée capitale mondiale de l’alpinisme, on retrouve ces innombrables histoires de conquête et de sommets. C’est de cette vallée glacière qu’est partie la première cordée à la conquête du Mont Blanc, à 4 810 mètres d’altitude, en 1786. C’est aussi là que les premiers curieux, des scientifiques et des touristes, arrivent au début du XIXème siècle, de toute l’Europe, surtout d’Angleterre à la découverte des Alpes. Ils participent ainsi au développement de l’alpinisme sportif et du tourisme montagnard.Rapidement, la montagne devient à la mode et la fièvre des sommets touche de plus en plus de voyageurs, emmenés par des guides locaux. Edward Whymper, Michel Croz, Roger Frison Roche, Gaston Rébuffat, Maurice Herzog, Lionel Terray : tous ces grands noms, entrés dans les annales, ont marqué la vallée et les mémoires.Et 150 ans après la naissance de l’alpinisme, alors qu’un classement de cette discipline au patrimoine immatériel de l’humanité par l’Unesco est à l’étude, on continue de marcher sur les pas de ces pionniers.

Un reportage de Raphaëlle Constant.

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Il y a 70 ans, en 1948, le Windrush, navire de la Marine britannique, débarquait près de Londres avec à son bord près de 500 Caribéens venus s’installer en Angleterre, pour reconstruire le pays. Beaucoup posèrent alors leurs valises à Notting Hill mais surtout à Brixton, un quartier populaire du sud de Londres. Ils seront bientôt rejoints par des dizaines de milliers d’autres qui feront de Brixton, l’un des hauts lieux de la présence antillaise dans le pays. Dans les années 70, le quartier respirait la Jamaïque au son du reggae et des sound-systems. Il attirait aussi les punks, devenant ainsi un quartier rebelle, fief des contre-cultures à l’anglaise. Or, depuis une quinzaine d’années, comme d’autres coins de la capitale britannique, Brixton change et devient à la mode. Bars branchés, restaurants et clubs remplacent peu à peu les petits commerces d’antan, modifiant le visage de ce quartier mythique. Mais son histoire, singulière et métissée, pétrie de musique et de luttes dans une société longtemps hostile envers ses « Black British », est encore partout présente.Car sous les pavés de Brixton, Kingston est bien toujours là !Un reportage de Vladimir Cagnolari.

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Sur les rives du Bosphore, loin des regards, survit une petite minorité orthodoxe parlant le grec : les Rums. Ces hellénophones de Turquie, installés sur ces terres depuis des millénaires, étaient au nombre de 120 000 au moment de la naissance de la République de Turquie en 1923. Mais aujourd’hui, ils sont à peine 2 000, répartis entre l’archipel des Iles aux Princes, fief historique de la communauté Rum et la mégalopole turque d’Istanbul à laquelle ils sont très attachés.

(Rediffusion du 17 mars 2018).

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Le plus grand explorateur du XXème siècle est une femme.

Première femme occidentale entrée en 1924 à Lhassa, cité interdite du Tibet, Alexandra David-Néel est aussi entrée dans les mémoires.Véritable monument du voyage, cette femme infiniment libre, à la fois journaliste, cantatrice, exploratrice, écrivain, photographe, orientaliste et bouddhiste convaincue, continue, près de 50 ans après sa mort, à fasciner les âmes vagabondes et aventureuses à travers le monde.Son esprit, anticonformiste et libertaire, frappe par sa modernité et sa farouche indépendance, à une époque où les femmes prenaient peu la poudre d’escampette pour l’Orient et ses contrées himalayennes.Ses multiples voyages qui vont la mener de Ceylan au Sikkim, en passant par l’Inde, la Chine et le Tibet bien sûr, vont marquer son époque, et au-delà les générations suivantes.Ses nombreux écrits, entre récits de voyage et ouvrages savants sur le bouddhisme, vont participer à mieux faire connaître le Tibet, mais aussi le bouddhisme tibétain. Tous ceux qui l’ont lue, mais aussi côtoyée de près ou de loin s’en souviennent.En 1928, de retour du Tibet, Alexandra va poser ses valises à Digne-les-Bains, dans les Alpes de Haute-Provence. C’est là qu’aujourd’hui, dans sa « résidence de la méditation », on retrouve une maison-musée émouvante retraçant la vie, les aventures et les engagements d’Alexandra David-Néel. C’est aussi là que vit son ancienne secrétaire particulière, Marie-Madeleine Peyronnet, qui a partagé les dix dernières années de la vie d’Alexandra jusqu’à sa mort, à près de 101 ans.

Suivez-nous sur ses traces, de l’Himalaya à Digne-les-Bains, à la rencontre de cette dame Lama nommée Alexandra.

Un reportage de Céline Develay-Mazurelle et Laure Allary. Il s’inscrit dans la collection « Compagnons de route », série de portraits radiophoniques de grands écrivains-voyageurs.

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Depuis cinquante ans, ce petit pays anglophone d’Afrique de l’Ouest est surtout connu à travers le monde, pour avoir affronté revers de l’histoire, misère endémique, guerre civile ou virus Ebola.Pourtant, ce coin du globe d’une infinie beauté et d’une richesse naturelle rare abrite aussi un peuple métissé, tolérant, digne et surtout résistant. Peu connaissent l’histoire captivante de sa capitale Freetown, un temps, surnommée l’Athènes de l’Afrique de l’Ouest et terre d’accueil dès le XVIIIème siècle, d'anciens esclaves affranchis venus des Etats-Unis ou des Antilles.Pays pauvre mais terre riche, la Sierra Leone et sa capitale cumulent les paradoxes, surprennent et fascinent celui qui veut bien s’y attarder.Voyage sans cartes ou presque, dans ce petit Etat côtier adossé à des montagnes « rugissantes », selon les navigateurs portugais du XVème siècle... d’où son nom : Sierra Leone !

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Cette semaine, on voyage en France mais très loin de l’hexagone, dans les Terres Australes et Antarctiques Françaises : les TAAF, une collectivité d’outre-mer isolée, dénuée d’habitants permanents, mystérieuse et encore très méconnue.

Rares sont les voyageurs à pouvoir s’y rendre, mais Stéphanie Légeron et Bruno Marie ont eu cette chance... Après six mois passés sur une période de deux ans dans les cinq districts des TAAFS répartis aux confins du globe, du sud de l’Océan Indien à l’Antarctique, ces deux passionnés de voyage et de découverte sont revenus de ce périple unique, un très bel ouvrage sous le bras, paru aux Editions Insulae. L’occasion de repartir dans ces confettis de République, terres de science et de nature, chargés d’histoires de naufrages et de conquête. Des lieux dont les seuls noms : Kerguelen, Juan de Nova, Crozet, Tromelin ou Terre Adélie suscitent l’imaginaire, le rêve et l’ailleurs.

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Depuis les années 1970, une petite communauté de pêcheurs sénégalais vit et travaille dans le bassin d’Arcachon, sur la côte atlantique française.Pêcheurs pour la plupart dans leur pays, ces hommes de l’ethnie sérère, ont quitté leur terre natale, au confluent des fleuves Sine et Saloum pour exercer leur métier particulièrement éprouvant, loin de leurs familles.A Arcachon, cité balnéaire française réputée, de la ville d’été et ses navettes pleine d’estivants en partance pour le Cap Ferret, à la ville d’hiver et ses somptueuses villas du XIXème siècle situées sur les hauteurs, on est très loin du quotidien harassant des pêcheurs de l’Atlantique.Pourtant, inlassablement, toute l’année, une centaine de navires, des chalutiers mais surtout des fileyeurs, sortent jusqu’à 10 jours en mer, dans le Golfe de Gascogne. C’est sur ces longues « marées » que l’on retrouve à bord les Sénégalais.

Voyage entre terre et mer, avec Sybille d’Orgeval notre reporter partie à la rencontre de ces travailleurs de l’ombre, géants anonymes des mers.

Un reportage de Sybille d’Orgeval.

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On continue cette semaine d’explorer le passé et le présent noir des grandes villes du monde... Après Bruxelles, Genève, Paris, Lisbonne ou encore Berlin l’Africaine, on tourne le dos aux capitales de la vieille Europe pour vous emmener de l’autre côté de l’Atlantique, au Canada, terre d’immigration par excellence, où près de 500 000 de ces immigrés seraient nés en Afrique.A Montréal, au Québec, la présence noire, africaine et caribéenne principalement, est historique, la Nouvelle France ayant notamment pratiqué l’esclavage au XVIIème et au XVIIIème siècle. Mais c’est surtout dans les années 60, que des Haïtiens puis des Africains sont venus poser leurs valises au bord du Fleuve Saint-Laurent. Depuis, francophonie oblige, l’immigration africaine représente la 2ème immigration au Québec.Du Balattou, club mythique des nuits africaines à la Maison de l’Afrique en passant par le quartier de la Petite Bourgogne, fief historique des Noirs de la ville ou le marché Jean Talon, suivez-nous à la rencontre d’ambassadeurs africains de Montréal.Un reportage d’Hortense Volle.

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Au coeur de l’océan Atlantique, les neuf petites îles des Açores forment un archipel aussi magique que stratégique. Situées à 1500 km de l’Europe continentale, Santa Maria, São Miguel, Terceira, Graciosa, São Jorge, Pico, Faial, Corvo et Flores demeurent encore très méconnues.

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Cette semaine, on voyage sur un chemin, long et sinueux, très loin des sentiers touristiques : celui des Afro-équatoriens pour la reconnaissance de leurs droits, leur culture et leur identité. Depuis son indépendance en 1822, ce petit pays d’Amérique latine affiche une grande diversité culturelle, à l’image de son continent.

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À l’occasion du Festival international du film et du livre « Étonnants Voyageurs » qui se tient à Saint-Malo du 19 au 21 mai 2018, on va filer les saisons du voyage en compagnie de Cédric Gras, écrivain voyageur russophile et russophone et auteur invité cette année. Après nous avoir fait découvrir l’Extrême-Orient russe et l’Antarctique, il rassemble dans son dernier ouvrage, intitulé « Saisons du voyage », souvenirs de sa jeunesse nomade et réflexions sur le sens du voyage au 21e siècle. Dans une langue ciselée et sans artifices, cet amoureux des confins et des sommets revient sur sa trajectoire, qui l’a souvent mené à l’Est du monde, tout en interrogeant celle de sa génération en quête de rencontres « authentiques » et d’ailleurs. Âme slave, mais plume française, Cédric Gras nous emporte, avec mélancolie, mais lucidité, dans un monde, celui du voyage, peuplé de mythes fondateurs et d’étoiles à conquérir. À une époque où l’avion a fini d’abolir les distances et l’exploration n’a plus de sens que si l’on regarde la voûte céleste...

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50 ans après Mai 68, on tourne le dos à Paris et au quartier latin, théâtre à l'époque de l'insurrection étudiante et l'on vous emmène en Ardèche, dans le Sud de la France, l'un des départements français les plus "marqués" par ce printemps social aux allures de rendez-vous manqué.

En effet, après les évènements de Mai 68 qui ont embrasé la France gaulliste, de jeunes citadins déçus par les suites donnés au mouvement, vont partir à la campagne, en Ardèche notamment, pour bâtir un autre monde, plus proche de la terre et loin de la société de consommation.

Aujourd'hui, cet idéal de retour à la terre s'est mué en véritable mode de vie. Et sans le revendiquer, ces néo-ruraux, enfants de 68, ont façonné l'identité de leurs terres d'adoption, des terres cévenoles sauvages et préservées, de petits paysans engagés dans le territoire et pionniers du bio.

Le 10 mai 1968, pendant la nuit des barricades, on pouvait lire sur les murs de Paris : « Prenez vos désirs pour la réalité ! ». Eux l’ont fait, et nous en parlent.

« Sous les pavés, la terre », c’est un reportage de Sarah Lefèvre.

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Il y a 170 ans, le 27 avril 1848, la France abolit définitivement par décret l’esclavage dans ses colonies. Chaque année, le 10 mai, a lieu la journée nationale des mémoires de la traite, l’esclavage et leurs abolitions.

A cette occasion, on vous emmène tout à l’est de l’hexagone, sur la Route des abolitions de l’esclavage, dans un coin de France métropolitaine où l’on ne s’attend pas à retrouver cette histoire et cette mémoire.

Et pourtant, depuis 1998, loin des côtes atlantiques françaises et de leurs ports négriers, loin de l’Afrique, des Caraïbes et des Amériques où pendant quatre siècles la traite occidentale a sévi et déporté plus de 15 millions d’Africains, cette route, pionnière mais méconnue, retrace sur cinq sites culturels le parcours de figures abolitionnistes et humanistes. Parmi elles, l’Abbé Grégoire, « ami des hommes de toutes les couleurs » pendant la Révolution française, Victor Schœlcher, père de la seconde abolition française de l’esclavage ou Toussaint Louverture, ancien esclave affranchi à Saint-Domingue devenu général d’armée française, héros abolitionniste et grande figure émancipatrice des Noirs. En allant à la rencontre de ces grands personnages et de leurs combats, on comprend aussi mieux l’évolution des mouvements abolitionnistes en France et dans le monde.

Suivez-nous du Haut-Rhin en Meurthe-et-Moselle en passant par la Haute-Saône et le Doubs sur les traces d’hommes qui en leur temps ont œuvré pour la liberté de leurs semblables. Un reportage de Cyrielle Bedu.

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A l’occasion du 170e anniversaire de l’abolition de l’esclavage, le 27 avril 2018 dans l’hexagone et le 27 mai en Guadeloupe, nous vous proposons de repartir dans les Antilles françaises, sur les chemins d’une mémoire sensible : celle de l’esclavage.

Longtemps ignorée, enfouie parce que douloureuse, cette mémoire se partage désormais en Guadeloupe. Le Mémorial ACTe : Centre caribéen d’expressions et de mémoire de la traite et de l’esclavage de Pointe-à-Pitre, accueille depuis juillet 2015 des visiteurs du monde entier. Ce lieu, unique en France, leur offre une expérience à la fois immersive et instructive de l’esclavage à l’échelle des Caraïbes voire du monde.

De nombreux sites mémoriels répartis sur l’ensemble des îles de Guadeloupe sont rassemblés autour de la Route de l’Esclave. Tous racontent, incarnent l’horreur du système esclavagiste mais aussi l’empreinte qu’il a laissé partout, sur le territoire et les consciences.

Les Guadeloupéens s’approprient cette histoire, à la fois collective et intime, en recherchant aussi leurs racines et leurs ancêtres. De cimetières d’esclaves en habitations, du Fort Delgrès aux rues de Pointe-à-Pitre où résonnent les tambours du gwo-ka, du musée Schoelcher au Mémorial ACTe, en passant par les Archives départementales de Guadeloupe, les chemins de la mémoire sont ici multiples et très forts.

Un voyage mémoriel, sensible, qui donne à voir autrement les îles de Guadeloupe et leurs habitants, et après lequel on ne regarde plus jamais pareil les champs de canne.

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A l’occasion du 170e anniversaire de l’abolition de l’esclavage, le 27 avril 2018 dans l’hexagone et le 27 mai en Guadeloupe, nous vous proposons de repartir dans les Antilles françaises, sur les chemins d’une mémoire sensible : celle de l’esclavage.

Longtemps ignorée, enfouie parce que douloureuse, cette mémoire se partage désormais en Guadeloupe. Le Mémorial ACTe : Centre caribéen d’expressions et de mémoire de la traite et de l’esclavage de Pointe-à-Pitre, accueille depuis juillet 2015 des visiteurs du monde entier. Ce lieu, unique en France, leur offre une expérience à la fois immersive et instructive de l’esclavage à l’échelle des Caraïbes voire du monde.

De nombreux sites mémoriels répartis sur l’ensemble des îles de Guadeloupe sont rassemblés autour de la Route de l’Esclave. Tous racontent, incarnent l’horreur du système esclavagiste mais aussi l’empreinte qu’il a laissé partout, sur le territoire et les consciences.

Les Guadeloupéens s’approprient cette histoire, à la fois collective et intime, en recherchant aussi leurs racines et leurs ancêtres. De cimetières d’esclaves en habitations, du Fort Delgrès aux rues de Pointe-à-Pitre où résonnent les tambours du gwo-ka, du musée Schoelcher au Mémorial ACTe, en passant par les Archives départementales de Guadeloupe, les chemins de la mémoire sont ici multiples et très forts.

Un voyage mémoriel, sensible, qui donne à voir autrement les îles de Guadeloupe et leurs habitants, et après lequel on ne regarde plus jamais pareil les champs de canne.

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A l’occasion du 50ème anniversaire de la mort de Martin Luther King, le 4 avril 1968, au Lorraine Motel à Memphis dans le Tennessee, on vous propose de repartir sur la route des droits civiques dans le sud des Etats-Unis.Là, entre l’Alabama et la Géorgie, dans le « Dixie » comme on surnomme le sud du pays, se raconte l’une des pages les plus fascinantes, sombres aussi, de l’histoire récente des Etats-Unis : la lutte des Noirs américains pour la liberté et l’égalité raciale.Ce voyage vous emmène à la rencontre de celles et ceux qui ont lutté aux côtés de Martin Luther King et qui, 50 ans après sa mort, perpétuent et partagent la mémoire et le combat du pasteur King.Une série initialement diffusée en 2016.

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A l’occasion du 50ème anniversaire de la mort de Martin Luther King, le 4 avril 1968, au Lorraine Motel à Memphis dans le Tennessee, on vous propose de repartir sur la route des droits civiques dans le sud des Etats-Unis.Là, entre l’Alabama et la Géorgie, dans le « Dixie » comme on surnomme le sud du pays, se raconte l’une des pages les plus fascinantes, sombres aussi, de l’histoire récente des Etats-Unis : la lutte des Noirs américains pour la liberté et l’égalité raciale.Ce voyage vous emmène à la rencontre de celles et ceux qui ont lutté aux côtés de Martin Luther King et qui, 50 ans après sa mort, perpétuent et partagent la mémoire et le combat du pasteur King.Une série initialement diffusée en 2016.

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A l’occasion du 50ème anniversaire de la mort de Martin Luther King, le 4 avril 1968, au Lorraine Motel à Memphis dans le Tennessee, on vous propose de repartir sur la route des droits civiques dans le sud des Etats-Unis.Là, entre l’Alabama et la Géorgie, dans le « Dixie » comme on surnomme le sud du pays, se raconte l’une des pages les plus fascinantes, sombres aussi, de l’histoire récente des Etats-Unis : la lutte des Noirs américains pour la liberté et l’égalité raciale.Ce voyage vous emmène à la rencontre de celles et ceux qui ont lutté aux côtés de Martin Luther King et qui, 50 ans après sa mort, perpétuent et partagent la mémoire et le combat du pasteur King.Une série initialement diffusée en 2016.

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Après dix ans d’absence, les touristes reviennent fouler le sable de l’Adrar, en Mauritanie, avec à chaque étape comme un parfum de retrouvailles. Depuis 2007, ce morceau du Sahara était fermé aux voyageurs, classé zone rouge, « formellement déconseillé », par le ministère français des Affaires étrangères, après l’assassinat de quatre touristes français, près de la frontière du Sénégal et de la Mauritanie.

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Sur les rives du Bosphore, loin des regards, survit une petite minorité orthodoxe parlant le grec : les Rums. Ces hellénophones de Turquie, installés sur ces terres depuis des millénaires, étaient au nombre de 120 000 au moment de la naissance de la République de Turquie en 1923. Mais aujourd’hui, ils sont à peine 2 000, répartis entre l’archipel des Iles aux Princes, fief historique de la communauté Rum et la mégalopole turque d’Istanbul à laquelle ils sont très attachés.

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Claude François disparaissait, il y a 40 ans. Aujourd’hui, le succès de ses chansons et l’idolâtrie autour de son image sont toujours aussi vifs. Au sud de Paris, sa tombe et sa maison sont visitées par des dizaines de milliers de personnes chaque année. A Paris, une place porte son nom près de son domicile. En partant sur les pas de Claude François, c’est un personnage complexe et un phénomène de société toujours bien vivant qui se dévoilent.

Un reportage et une émission de Ludovic Dunod.

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Département isolé du centre de la France, l’un des moins peuplés de l’Hexagone, avec 26 habitants au km2, le Cantal cherche depuis une dizaine d’années à attirer de nouveaux habitants, à travers notamment des sessions d’accueil d’actifs.Derrière ce terme, se cache un dispositif public inédit lancé par le Conseil Départemental, afin de lutter contre l’extinction de ses villages et la disparition de ce qui fait aussi le territoire et son attrait: les gens.En voyage sur ses petites routes en lacets, parmi les forêts et les gorges du Cantal, ce pays de près de 6000 km2 peut faire l’effet à certains d’un désert de montagnes, trop enclavé, isolé du bruit du monde, dont il faut justement partir…Au contraire, pour d’autres, ces lieux, à la nature silencieuse et authentique, sont une destination, un aboutissement : celui d’un long chemin. Le choix aussi d’une autre voie, d’une autre vie…Cette semaine, on vous emmène à la rencontre de nouveaux Cantaliens qui ont décidé de prendre le temps de vivre et de regarder leur pays d’adoption. Et on va le regarder avec eux ! Un reportage de Martine Abat.

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Jean-Pierre Brouillaud a définitivement perdu la vue à 15 ans. Depuis, il a décidé de faire de sa vie un voyage. En 40 ans, seul ou accompagné, il a parcouru la planète, sur tous les continents, de déserts en volcans, d’Amazonie en Afghanistan. Chemin faisant, il a su faire de la cécité une richesse pour mieux rencontrer l’autre, quand certains n’y voyaient qu’un handicap.

D’Asie en Océanie, en passant par l’Afrique ou l’Amérique Latine, cet explorateur pas comme les autres, vit les lieux à défaut de les voir, l’écho de sa canne blanche pour boussole, pour mieux partager et ressentir les paysages.Sa trajectoire hors du commun nous invite à aiguiser nos sens et à mieux regarder le monde. Car s’il est aveugle, Jean-Pierre Brouillaud n’en a pas moins un vrai regard.(Rediffusion du 30 juillet 2016).

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Dans la commune d’Ixelles, bat le cœur africain, congolais surtout, de la ville : Matonge. Le nom vient d’ailleurs d’un quartier de Kinshasa réputé pour son ambiance et ses artistes.C’est là, au beau milieu de la capitale européenne que, depuis les années 60, se retrouve la communauté congolaise parmi les boutiques de wax, les restaurants, les clubs de rumba et les coiffeurs africains.

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Dans la commune d’Ixelles, bat le cœur africain, congolais surtout, de la ville : Matonge. Le nom vient d’ailleurs d’un quartier de Kinshasa réputé pour son ambiance et ses artistes.C’est là, au beau milieu de la capitale européenne que, depuis les années 60, se retrouve la communauté congolaise parmi les boutiques de wax, les restaurants, les clubs de rumba et les coiffeurs africains.