L'idée d'un revenu fixe qui serait versé à tous sans aucune condition à respecter fait de plus en plus parler et devient un argument politique. Mais qu'en est-il exactement ?
700 milliards d'euros, c'est le coût approximatif de la protection sociale en France chaque année. Plus de 30% de son Produit Intérieur Brut. Des dépenses qui n'empêchent pas aujourd'hui la France d'avoir 8 millions de citoyens vivant sous le seuil de pauvreté. Plus localement on apprenait en début de semaine via une étude menée conjointement par l'INSEE et par l'Agence d'Urbanisme de l'Agglomération de Rennes, que 11% des habitants de l'agglomération vivent sous le seuil de pauvreté. C'est donc incontestable : la protection sociale française possède des limites.
Pour améliorer cette situation, plusieurs solutions sont proposées, notamment celle d'adapter les allocations existantes pour aider les plus pauvres ou de créer de nouvelles aides sociales. Mais dans cette réfléxion, un projet bien ancien revient sur le devant de la scène : le revenu de base.
S'il existe différents courants de militants, le principe général du revenu de base reste le même : chaque citoyen doit pouvoir recevoir une somme fixe mensuellement quelque soit son métier, son âge, son niveau de diplôme, etc. Cependant, la somme versée, allant de quelques centaines à un millier d'euros, et le terme à utiliser varie. On parlera parfois de revenu universel, d'allocation citoyenne, de salaire à vie, etc.
Ce projet qui se veut "citoyen" avant d'être "économique" selon ses défenseurs, remettrait en cause toute la construction de notre société, forgée autour de la valeur travail. En effet, pourquoi aller travailler si nous sommes assurés d'un revenu fixe à la fin du mois ? Et qui ira faire ce qu'on qualifie souvent comme le "sale boulot" ?
Mais par ailleurs, le revenu de base ne permettrait-il pas de revaloriser le bénévolat, l'engagement pour des causes humanitaires ou dans des actions culturelles ? Ne serait-il pas un moyen de nous libérer du travail pour ne pas, comme le dit le slogan, "perdre notre vie à la gagner" ?
Revenu de base : avancée sociale ou institutionnalisation de la pauvreté ?
Nos invités :
-Pascal Branchu (Représentant du Mouvement Français pour un Revenu de Base)
-Michel Renault (Maître de conférence en économie à l'université de Rennes 1)
-Didier Gaillard (Représentant du Syndicat Force Ouvrière 35)
-Jonathan Houillot (Jeunes Républicains 35, dans le reportage de Clément).
C'est le récit d'un combat sans fin. Une bataille contre la commercialisation d'un médicament qui aurait provoqué entre 200 et 300 morts sur le court terme, et jusqu'à 1 800 dans les prochaines années. Ce combat contre le Médiator, c'est celui d'Irène Frachon, pneumologue française travaillant au CHU de Brest. Elle a été la première à dénoncer l'utilisation de ce médicament par ses confrères. N'arrivant pas à se faire entendre au sein des institutions compétentes, elle décide de dévoiler l'affaire au grand public. La voilà devenue lanceuse d'alerte.
Toute cette histoire est racontée dans La fille de Brest, film actuellement à l'affiche que nous vous recommandons chaudement pour toutes les questions qu'il lève. Et ces questions, nous avons décidé de nous les poser aujourd'hui.
Car qu'il s'agisse d'Irène Frachon avec le Médiator, d'Edouard Snowden avec les écoutes de la NSA, de Stéphanie Gibaud avec UBS, d'Antoine Deltour avec les LuxLeaks : les lanceurs d'alerte semblent bien souvent seuls dans leur combat. Pourtant, leurs révélations semblent servir ce qu'on appelle l'intérêt général.
Mais qu'est-ce que ça veut vraiment dire "intérêt général" ? Si on se base sur les exemples que nous venons de citer, défendre l'intérêt général revient à défendre la transparence, à trahir pour la bonne cause le secret des affaires. Mais jusqu'à où peut-on défendre la transparence sans que celle-ci ne représente un risque pour la démocratie ? Les lanceurs d'alerte sont-ils vraiment nos héros d'aujourd'hui ? Doivent-ils être aidés dans leur démarche et comment pouvons-nous les aider ?
Faut-il protéger les lanceurs d'alerte ?
Nos invités :
- Anne-Marie Begué-Simon (Ligue des Droits de l'Homme)
- Hervé Le Jeune (Union des Entreprises 35)
- Emmanuel Maréchal (Amnesty International)
Il aura suffit d'une tentative d'opposition, celle de la Wallonie, pour que l'accord fasse parler de lui. Le CETA, un accord commercial négocié entre l'Europe et le Canada vient d'être approuvé par la Commission Européenne, c'était le 30 octobre dernier. Cet accord, vous ne connaissiez peut-être même pas son existence et pourtant, il est en négociation depuis de nombreuses années. Dans l'ombre, dans les hautes sphères de l'Union Européenne, les négociateurs s'interogent sur l'avenir de l'Europe, sur des mesures qui toucheront ensuite l'ensemble des européens. Mais alors, justement, n'y-a-t-il pas un problème à ce que la citoyens découvrent l'existence d'un traité relativement grand à seulement quelques jours de sa signature par la Commission Européenne ?
Alors bien-sûr, on parle ici d'un accord qui ne sera valable que dans de nombreux mois, voir de nombreuses années. Il doit maintenant être approuvé par le Parlement Européen, dont les membres ont été élus par les citoyens. Et si le Parlement Européen l'approuve, il faudra encore que le texte soit voté par l'ensemble des Parlements nationaux.
Le problème qui se pose c'est le peu d'emprise qu'on les citoyens sur ce traité. Il existe certes un cercle de militants actifs qui s'opposent à ce traité depuis de nombreuses années mais la plupart des citoyens ne semblent pas s'intéresser à ces probématiques. Est-ce lié à un manque de d'informations, de transparence ? Dans ce cas, pourquoi ne pas imaginer une nouvelle façon de gouverner en Europe qui intègrerait davantage la parole des citoyens ?
D'autant plus que ceux-ci semblent vouloir faire valoir leurs voix. Une volonté qui s'exprime par des votes extrèmes. Que ce soit l'Ukip en Grande-Bretangne, le Front National en France, le Parti Populaire au Danemark, le Parti de la Liberté en Autriche ou Aube Dorée en Grèce, les dernirères élections européennes ont vu apparaître un grand nombre de partis d'extrême droite au Parlement européen. Des partis qui veulent quitter l'Union Européenne pour ensuite pouvoir créer de nouvelles alliances.
L'Union européenne fait donc face à des crises internes et externes à ses institutions. Une situation bien désagréable pour une Union qui semble vouloir devenir toujours plus importante et forte, comme on le voit à travers cet accord de libre-échange avec le Canada. Ne faudrait-il pas que l'Union soit plus stable avant d'envisager une ouverture sur le reste du monde ?
Que peut-on encore faire de l'Europe ?
Nos invités :
-Emeric Salmon (Conseiller Régional du Front National)
-Louis Jourdan (Responsable de la communication du Mouvement Européen de Rennes)
-Philippe Salmon (Membre de Nouvelle Donne)
-Thibault Fleuy-Graff (Professeur de droit à l'université Rennes I et responsable du Master II "Politiques Européennes")
Face à une masse d'information toujours plus vaste, quel est le rôle du journaliste ? Et qui peut se permettre de prétendre faire du journalisme ?
Depuis le début de la semaine, la rédaction d’iTélé est en grève afin de faire connaître son opposition à l’arrivée de Jean-Marc Morandini sur la chaîne, actuellement mis en examen pour "corruption de mineur aggravé". Malgré une absence totale de programmes tout au long de la journée, Morandini a pourtant fait son apparition lundi à 18h précises. Pendant une heure, il est revenu sur l’actualité médiatique sans naturellement dire un mot sur la crise que traverse iTélé. Les grévistes, nombreux, dénoncent la mainmise de l’actionnaire majoritaire du groupe Canal, qui détient iTélé, le fameux Vincent Bolloré. Quelques jours plus tard, on apprenait aussi la possible venue du polémiste Eric Zemmour ainsi que des Frères Bogdanov.
Pourtant, faire venir des animateurs en raison de leur notoriété, est une décision qui mérite d’être débattue. Peut-on ainsi mélanger sans problèmes le divertissement, qui caractérise Jean-Marc Morandini, et l’information, la marque de fabrique d’iTélé, bientôt rebatisée Cnews. Il semble que l’on s’approche ici de l’infotainment, un mélange, discutable, d’information et de divertissement. Information, peut-être, mais qu’en est-il de la place du journalisme ? L’information en continue est-elle en train de tuer le journalisme d’investigation, le reportage, l’enquête, ou est-elle complémentaire avec d’autres formes d’information ?
De plus, a l’heure des réseaux sociaux, les sources pour s’informer sont de plus en plus nombreuses. Dans cette masse d’information brassée par les réseaux sociaux, une sélection semble nécessaire.
Alors, à un moment où l’information est omniprésente et mélangée à certaines formes de divertissement, quel est le rôle du journaliste ? Celui-ci doit-il entrer dans la danse où doit-il rester en dehors et proposer une information plus ample, avec plus de recul et de réflexion ? L’effort de la sélection doit-il venir du citoyen ? Qu’en est-il de son comportement face à la masse d’information ?
Nos invités :
-Xavier Debontride : Coprésident du Club de la Presse de Rennes et de Bretagne et journaliste.
-Julie Lallouët-Geffroy : Journaliste indépendante (Reporterre, Oui Demain, etc.)
-Céline et Thomas : Bénévoles au sein d'Acrimed Rennes (Action Critique Médias)
Dans le cadre de la Journée Mondiale du Refus de la Misère, où en est-on en France ? Comment s'en sortir ? La pauvreté est-elle une fatalité ?
"Nous n'avons pas de misère en France" affirmait Patrick Balkany il y a quelques années. L'actuel maire de Levallois Perret et député des Hauts-de-Seine, qui est donc cumulard soit dit en passant, intervenait dans le cadre d'une fausse interview organisée par les Yes Men. Quelques secondes plus tard, Balkany arrivera à dire que les Sans Domiciles Fixe, les SDF, seraient des individus ayant fait le choix de vivre en marge de la société et que par ailleurs, ils vivent "très bien".
Alors, pour être tout à fait transparent, cette interview date de 2005 et on peut toujours espérer que, face à la situation de la France, Balkany ait changé d'avis. Car les chiffres sont alarmants. Environ 10% de la population française, soit 1 million de français, seraient dans une situation de pauvreté.
Bien-sûr la pauvreté entraîne des difficultés matérielle. N'est-ce pas le couple Klur qui dans le film Merci Patron ! de François Ruffin expliquaient que leur seule façon de pouvoir vivre avec 3€ par jour était... de ne pas manger. Mais la misère est aussi une question sociale. La stigmatisation des pauvres est importante en France. La charité en est l'exemple le plus frappant : une situation complexe entre celui qui peut aider et celui qui doit se faire aider, celui qui a de l'argent et celui qui n'en a pas.
Sans prétendre pouvoir supprimer la pauvreté, peut-être faudrait-il revoir les liens qui unissent ceux qui galèrent et ceux qui ont les moyens. Mais comment reconstuire ce lien ? On nous dit régulièrement que l'école est en faute, qu'elle ne fait qu'aggraver les inégalités sociales. Il y-a-il un moyen d'améliorer cette éducation ?
"La misère est-elle une fatalité ?"
Pour en parler nous recevons :
Marcel Le Hir
-Militant ATD Quart Monde
-Auteur de Ceux des Baraquements (2005, Editions Quart Monde)
René Villabessais
-Militant ATD Quart Monde
Héloïse Avril
-En cours de Diplôme d’Accès aux Etudes Universitaires (DAEU) et concernée par les difficultés financières
Dans le cadre de la campagne pour les présidentielles, nous nous questionnons sur la personnalisation de la politique.
Depuis quelques mois et jusqu’en début d’année prochaine, on n’entend et n’entendra parler que d’eux. Les candidats à la présidentielles rivalisent dans la démonstration de force. Mais que veut dire cette bataille ? Les candidats sont-ils à la recherche de gloire, de reconnaissance médiatique ou veulent-ils donner du crédit à leur programme ?
Tout près d’ici, il y a quelques semaines, se tenait le Space, le Salon International des Productions Animales. Durant les 4 jours de salon, Emmanuel Macron, Jean-François Copé, Nicolas Dupont-Aignan, Stéphane Le Foll, Bruno Le Maire, Jean-Yves Le Drian, Alain Juppé et François Fillon sont allés fouler les allées du Parc Expo. Comme l’affirme la direction du Space : jamais une édition du salon n’avait vu passer autant de politiques.Qu’ils soient présents, c’est bien, mais concrètement, à quoi ça sert ? Certainement pas pour faire des discours originaux. Ceux-ci se ressemblent et la nuance entre les paroles se trouve dans les termes. “Les agriculteurs me trouveront toujours à leurs côtés” lance Alain Juppé, “l’Agriculture doit-être portée au sommet de l’État” selon Bruno Le Maire. Bref, pas de différence flagrante.
Pour comprendre leur présence, il faut plutôt se tourner vers ce qu’elle symbolise. Être au contact des gens, leur donner l’impression de les entendre, de les écouter. Mais surtout, se montrer. Afficher une présence pour ne pas passer pour un candidat mou, inactif ou qui ne serait pas au contact de la population. Pourtant, ce contact est-il vraiment utile quand on sait que 9 français sur 10 n’ont pas confiance dans leurs représentants politiques ? On fait donc face ici à une difficulté. On a d’un côté des personnalités qui veulent incarner un nouveau pouvoir présidentiel en leur personne qui vont à la rencontre, de l’autre côté, de citoyens qui ne semblent plus leur faire confiance.
Avons-nous besoin de personnalités politiques providentielles ?
Pour en parler nous recevons trois invités :
Christian Le Bart
-Professeur de sciences politiques à l'IEP de Rennes
Jim Delémont
-Co-responsable de Sciences Po Rennes Insoumise
Jonathan Houillot
-Membre des Jeunes Républicains 35
On nous dit que les jeunes ne sont pas impliqués dans les actions collectives. Mais est-ce vrai ? Et si oui, est-ce vraiment de leur faute ?
Rennes 2 a trouvé son nouveau combat : le Service Civique Obligatoire. Cette mesure, qui n’est pas majoritairement soutenue par le gouvernement, a fait son apparition dans un amendement de la loi Egalité et Citoyenneté actuellement en débat au Parlement. L’objectif affiché de cette obligation est de pousser les jeunes à se rencontrer afin de favoriser un esprit de cohésion nationale dans un esprit de réflexion post-attentat. Mais pour certains étudiants de l’université bretonne, un tel système ne doit pas voir le jour. Le service civique obligatoire serait selon eux un moyen de sous-payer une main-d’oeuvre de force. Par ailleurs,forcer les jeunes à s’engager dans une association ne fait que renforcer l’idée courante selon laquelle, sans être poussés, les jeunes ne souhaiteraient pas s’engager dans la société voir seraient plus individualistes que leurs aînés. Pourtant, il existe des actions étudiantes. Que ce soit dans le milieu de la culture, de la solidarité, de la politique, de l’accompagnement, etc. Certains jeunes semblent s’engager dans des causes importantes à leurs yeux. Mais sont-ils vraiment nombreux ? Mais quel poid donner à ces jeunes ? Qu’est-ce qui poussent des étudiants à s’engager dans la vie civique ? Que peut-on y gagner mais surtout que recherche-t-on ? Doivent-ils être plus accompagnés que le reste de la population ? “Les jeunes se désintéressent-ils de l'engagement ?” Avec : Claire Guergnon * Service Civique au CROUS * Accompagnatrice Pédagogique chez les Scouts et Guides de France Louise Co-responsable de l'Union des Etudiants Communiste Suzanne Le Goff Membre du collectif "Chatô Sans Frontières"